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USA: guerre cybernétique et militarisation de l'espace (2)

Publié le 03/12/2009 à 07:15 par djamazz

LA NOUVELLE POLITIQUE SPATIALE EXPLICITÉE EN 2006

La nouvelle politique spatiale nationale reçut l’approbation présidentielle le 31 août 2006 (et remplace donc celle ayant fait l’objet de la Directive Présidentielle NSC-49 / NSTC-8 datant du 14 septembre 1996).

Elle prend acte qu’au cours des cinquante dernières années les Etats-Unis ont pris la tête dans l’exploration spatiale tant dans le domaine civil que commercial et militaire.

Dans le nouveau siècle, ceux qui sauront faire un usage efficace de l’Espace jouiront d’une prospérité et d’une sécurité leur donnant un avantage certain sur ceux qui ne sauront pas en faire le même usage. Pour les Etats-Unis, la liberté d’action dans l’Espace est tout aussi importante que la puissance aérienne ou la puissance maritime. C’est une priorité absolue pour les Etats-Unis que de disposer de capacités spatiales solides, efficaces et efficientes afin de s’assurer de la supériorité spatiale définie en ces termes :

 

La supériorité spatiale est ce niveau de contrôle dans le domaine spatial dont une force bénéficie sur une autre et qui lui permet de conduire des opérations à un moment donné et à un endroit donné sans que la force adverse puisse interférer de manière prohibitive. La supériorité dans l’Espace peut être circonscrite dans le temps et dans l’espace, ou bien elle peut être de grande ampleur et persistante. Parvenir à la supériorité spatiale est une préoccupation majeure puisqu’elle permet le contrôle et l’exploitation du domaine spatial en vue de fournir des effets spatiaux DANS et A TRAVERS l’espace. L’Armée de l’Air parvient à la supériorité spatiale grâce à des opérations de contre-espace, comprenant des opérations offensives et défensives, toutes deux se fondant sur une connaissance solide de la situation spatiale.

Source : SPACE OPERATIONS Air Force Doctrine Document 2-2), Ch.4 Executing Space Operations, p.31, 21 Novembre 2006

La conduite des programmes et activités spatiaux doit obéir à quelques principes énoncés comme suit :

- Si tous les pays ont le droit d’explorer et d’utiliser l’Espace à des « fins pacifiques », aucun, précise Washington, ne doit pouvoir revendiquer une quelconque souveraineté sur le cosmos ou des corps célestes ;

 - La coopération avec d’autres pays devra servir à protéger et à promouvoir la liberté dans le monde ; Ø La liberté de circulation et d’opérer dans l’Espace, étant un droit, ne devra souffrir aucune entrave ;

- Les États-Unis considèrent que les capacités spatiales (9) sont vitales pour leurs intérêts nationaux et se réservent donc le droit de protéger ces capacités, de dissuader quiconque chercherait à les limiter ou à les gêner, de réagir à toute ingérence et d’interdire, éventuellement, l’usage de capacités spatiales à des adversaires mettant en danger les intérêts américains (10);

- Aucun accord de contrôle des armements, aucun nouveau régime juridique ni aucune restriction ne devront porter atteinte aux droits des Etats-Unis de mener des recherches, de développer, de faire des essais et de se livrer à des opérations ou activités dans l’Espace lorsqu’il y va de leurs intérêts vitaux ;

- Le développement d’un secteur commercial dynamique sera encouragé et facilité, et ce d’autant plus, qu’une synergie maximale sera recherchée entre les capacités spatiales civiles et la sécurité nationale (11).

Les États-Unis poursuivent les buts suivants dans l’Espace:

- renforcer le leadership du pays dans l’Espace et s’assurer que les capacités spatiales seront disponibles à temps pour faire avancer les objectifs du pays en matière de sécurité nationale, de sécurité du territoire et de politique étrangère ;

- donner les moyens de mener des opérations sans être gênés dans et à travers l’Espace afin de défendre leurs intérêts ;

- accroître la présence de l’homme grâce à des robots à travers le système solaire ;

- augmenter les bienfaits de l’exploration civile, de la découverte scientifique et des activités environnementales;

- permettre au secteur civil américain d’être mondialement compétitif et dynamique fin de promouvoir l’innovation, renforcer le leadership du pays, et assurer la protection du pays, du territoire et la sécurité économique ;

- permettre à la technologie et à la science de poursuivre les mêmes buts ;

- encourager une coopération internationale mutuellement bénéfique avec les autres pays et les consortia étrangers dans le domaine des activités spatiales tout en promouvant les objectifs du pays en matière de sécurité nationale, de sécurité du territoire et de politique étrangère.

Afin de réaliser ces objectifs, le gouvernement des États-Unis devra :

- former des professionnels de l’Espace selon les vœux de Peter B. TEETS, ancien Ministre en exercice de l’Armée de l’Air, Directeur du Bureau de Reconnaissance Nationale (NRO) et Directeur exécutif du Pentagone pour les questions spatiales :

Les États-Unis doivent, au cours des quelques années qui viennent, élaborer un corps de gens expérimentés, ayant d’immenses connaissances et habiles à appliquer l’espace au combat. Nous parlons ici d’une nouvelle race de guerriers qui, en fin de compte, transformeront la puissance et l’étendue de la guerre de la même manière que les professionnels de la guerre aérienne le firent au siècle dernier(12).

Le Commandement de l’Espace a besoin de personnels ayant à la fois une expérience des opérations spatiales et de l’acquisition. Suite à un rapport de la Commission sur l’Espace, une carrière sur mesure fut proposée aux scientifiques de l’Espace, aux responsables de l’acquisition et aux opérateurs. Ce programme d’échange opérationnel donne aux uns et aux autres une compréhension élargie de l’ensemble de la mission du Commandement. Ces professionnels sont affectés tant dans les centres d’opérations que dans les grands Commandements Combattants (COCOMs).

- améliorer le développement et l’acquisition de systèmes spatiaux ;

- augmenter et renforcer les partenariats entre les organismes gouvernementaux ;

- renforcer et soutenir la science liée à l’Espace, la technologie et la base industrielle.

La sécurité nationale des États-Unis dépend de manière vitale des capacités spatiales, et cette dépendance ne fera que grandir. Il importe, par conséquent, de définir des :

- principes directeurs de sécurité nationale pour l’Espace ;

- principes directeurs pour l’Espace civil ;

- principes directeurs pour l’Espace commercial ;

- une coopération spatiale internationale ;

- une puissance nucléaire spatiale ;

- un spectre de fréquences radio et une gestion des orbites et une protection contre les interférences ;

- procédures d’amoindrissement et d’identification des débris orbitaux ;

- une politique efficace d’exportation ;

- une classification de sécurité ayant trait à l’Espace.

 

MILITARISATION DE L’ESPACE

Dans un Webmemo (13) de 2005, Jack Spencer et Kathy Gudgel de la HERITAGE FOUNDATION, présentaient succinctement la Quadriennal Defense Review de 2005 dans laquelle le législateur abordait deux sujets « innommables » (unmentionable, sic), à savoir la réaction des Etats-Unis à la modernisation de l’Armée Populaire de Libération chinoise et le rôle que l’Espace devrait jouer, d’un point de vue militaire, à l’avenir dans la planification et les opérations.

D’après les auteurs du Webmemo, les Etats-Unis jouissent d’une avancée significative dans l’utilisation de l’Espace à des fins militaires. La question est de savoir comment les Etats-Unis doivent procéder afin de conserver, protéger et accroître les avantages dont ils disposent actuellement.

Exporter la guerre dans l’Espace

Ils constataient que, bien que plusieurs pays possédaient, en théorie, la capacité de se livrer à une guerre dans l’Espace, aucun d’eux ne s’était engagé dans cette voie. Les Etats-Unis, conseillaient- ils, doivent travailler à dissuader les « éléments hostiles » d’employer de telles capacités et se préparer à réagir et à minimiser les conséquences de telles attaques en cas d’échec de la dissuasion.

Les opérations spatiales pourraient se révéler essentielles pour assurer la victoire au cours de conflits futurs, et ce d’autant plus que les forces nucléaires dépendent des satellites pour les pré-alerter et désigner des objectifs (14).

Si d’aucuns s’inquiètent de cette « militarisation de l’Espace » (une question éminemment technique, au demeurant) (15), d’autres constatent que ce « seuil » a déjà été franchi ne serait-ce que parce que l’Espace a été au centre des préoccupations des planificateurs militaires dès la QDR de 2001 et constamment par la suite, notamment dans les documents officiels suivants:

- la Doctrine Interarmées des Opérations Spatiales (Joint Doctrine for Space Operations) de 2002,

- la Doctrine de l’Armée de l’Air des Etats-Unis sur les Opérations dans le Contre-Espace (Air Force Counterspace Operations) de 2004,

- la Stratégie de Défense Nationale (National Defense Strategy) de 2005,

- la Doctrine des Opérations Spatiales de l’Armée de l’Air (SPACE OPERATIONS Air Force Doctrine Document 2-2) du 21 novembre 2006,

- la Quadriennal Defense Review 2010 en cours de préparation.

D’après Peter BROOKES (16), Beijing et Moscou ambitionnent de contester la pré-éminence des Etats-Unis dans l’Espace et croient pouvoir menacer les moyens spatiaux américains. Lucide et réaliste, le général KEHLER sait que « Les capacités spatiales américaines ne domineront plus sans partage ». (17)

La protection de ces moyens, et donc de la liberté d’action des Etats-Unis dans la quatrième dimension, doit être considérée comme une priorité nationale. Echouer à maintenir cette supériorité dans l’Espace ne pourrait que conduire à la débâcle dans cette dimension non seulement pour les Etats-Unis pour aussi pour leurs alliés et amis, précise Peter BROOKES.

 

Comment attaquer un satellite 

Les États-Unis, l’Union Soviétique / la Russie, et la Chine ont étudié et démontré des techniques d’attaque de satellites dès les années 1960 et 1970. L’on peut citer l’utilisation de :

1. missiles lancés du sol

2. missiles nucléaires

3. missiles lancés de l’air

4. systèmes co-orbitaux

5. intercepteurs basés dans l’Espace

6. lasers

7. fréquences radio pour brouiller les signaux émis par les satellites.

Source : AIR FORCE Magazine, Vulnerability in Space, p.27,June 2008

Dans un discours (17) prononcé devant la Commission du Budget du Sénat le 09 mai 2007, Robert GATES, Secrétaire d’Etat à la Défense, mettait en garde contre les missiles à longue portée déjà détenus ou en cours de fabrication par certains Etats (dont ceux désignés par le Président George W. BUSH comme faisant partie de l’Axe du Mal (Axis of Evil). Les Etats-Unis doivent se doter d’une capacité ABM « défensive », enjoignit-il alors. D’où les négociations entamées alors avec la Pologne et la République tchèque en vue d’établir un site de lancement dans la première et une station de radar dans la seconde, sans oublier la modernisation du système de radar d’alerte au Royaume-Uni.

Il ne faisait aucun doute pour lui que la Chine constituait une préoccupation majeure pour les Américains:

Le test récent d’une arme anti-satellite par la Chine souligna la nécessité de continuer à élaborer des capacités dans l’Espace. La politique du gouvernement américain dans ce domaine reste dans la logique des principes de longue date qui furent posés au cours de l’Administration Eisenhower, tel que le droit de libre circulation et l’utilisation de l’Espace à des fins pacifiques. Les progrès spatiaux sont cruciaux pour les capacités de communications militaires américaines, la surveillance et la reconnaissance. Le budget de base prévoit environ $ 6.0 milliards pour poursuivre la mise au point et sur le terrain de systèmes qui préserveront la suprématie des Etats-Unis tout en assurant un accès sans entraves, fiable et sûr à l’Espace.

Les principes déjà affirmés dans la Doctrine de 2006 étaient donc réaffirmés avec constance en 2007, notamment le droit de libre circulation et l’utilisation de l’Espace à des fins pacifiques et l’accès sans entraves, fiable et sûr à l’Espace. Il n’est pas anodin qu’alors le Secrétaire d’Etat à la Défense parle de « suprématie » et non de « supériorité ». Ce subtil distinguo n’aura certainement pas échappé aux Chinois.

Peter BROOKES pensait donc que Washington était fondé à rejeter la proposition présentée par la Russie et la Chine d’élaborer un Traité sur la prévention d’une course aux armements dans l’Espace sidéral (Prevention of an Arms Race in Outer Space ou PAROS) lors d’une Conférence sur le Désarmement organisée par l’ONU en février 2008 à Genève.


À suivre

Jean-Claude Bessez
: Docteur en civilisation britannique et américaine, analyse géopolitique et des questions militaires.

NOTES

(1) Ce concept est parfaitement expliqué et illustré dans la VIDEO REAL PLAYER du site suivant de la USN :http://forcenet.navy.mil/FORCEnet.mpg  Pour des photos et graphiques de synthèse, se reporter à : http://www.defense-update.com/photos/stss.html (site EUCOM.MIL)http://forums.bf2s.com/viewtopic.php?id=130974  (blog)

(2) CNN, Warfare by remote, in The World Untold Stories, 09 August 2009

(3) USAF AFSC Fact Sheet September 2009http://www.af.mil/information/factsheets/factsheet.asp?fsID=155

(4) Le Centre de SCHRIEVER mène des Wargames dont le Vème a fait l’objet d’un numéro spécial de la revue HIGH FRONTIER, The Journal for Space & Missile Professionals, Volume 5, Number 4, August 2009

(5)http://www.af.mil/information/bios/bio.asp?bioID=6008

(6) Adam J. HEBERT, Toward Supremacy in Space, January 2005http://www.airforce-magazine.com/MagazineArchive/Pages/2005/January%202005/0105space.aspx

(7) Rebecca GRANT, Vulnerability in Space, June 2008http://www.airforce-magazine.com/MagazineArchive/Pages/2008/June%202008/0608space.aspx

(8) Rebecca GRANT, Insecurity in Space, October 2009http://www.airforce-magazine.com/MagazineArchive/Pages/2009/October%202009/1009space.aspx

(9) AIR FORCE Magazine, January 2005, p.25 : « Le Commandement de l’Espace veut mettre au point des systèmes de contrôle spatial afin de défendre les moyens orbitaux des Etats-Unis ».

(10) SPACE OPERATIONS Air Force Doctrine Document 2-2, Ch. 4 Executing Space Operations, Assured Access p.32 & Counter Space Operations, 21 November 2006

(11) SPACE OPERATIONS Air Force Doctrine Document 2-2, Ch. 4 Executing Space Operations, p. 34 & p.36

(12) SPACE OPERATIONS Air Force Doctrine Document 2-2, Ch.5 Development of space professionals, p.38-40 ; AIR FORCE Magazine, January 2005, p.27

(13) SPENCER Jack & GUDGEL Kathy, Webmemo N° 819, HERITAGE FOUNDATION, August 11, 2005

(14) SPACE INTELLIGENCE PREPARATION OF THE OPERATIONAL ENVIRONMENT ou IPOE (p.24 USAF SPACE OPS DOCTRINE 2006)

(15) SPACE OPERATIONS Air Force Doctrine Document 2-2, Orbit Fundamentals, Strengths and Limitations of Space Operations, Appendix A, p.43

(16) Cette approche de Peter BROOKES fit l’objet d’une critique documentée de la part de Phil SMITH de la Secure World Foundation.
Peter BROOKES, Opinion: Marking the boundaries of weapon use in space, Jane's Defence Weekly, 22 July 2008. Peter Brookes est senior fellow à l’Heritage Foundation - un think-tank américain –et ancien secrétaire adjoint à la Défense.
Phil SMITH, Brains, not brawn, will halt arms race in space, JANE’s Defence Weekly, 24 September 2008, p.31

(17) Testimony as Delivered by Secretary of Defense Robert M. GATES, 106 Dirksen Senate Office Building, Washington, D.C., Wednesday, May 09, 2007
http://www.defenselink.mil/speeches/speech.aspx?speechid=1150  

ANNEXE 1

Le texte qui suit est la traduction in extenso d’un article de doctrine rédigé dans un style concis propre aux Field Manuals (TTA en français), et fort instructif, par le Général de Division William L. SHELTON fin 2007 dans la très officielle revue JOINT FORCES QUARTERLY publiée par la NATIONAL DEFENSE UNIVERSITY (1).

LA DOCTRINE SPATIALE DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE

Le Commandant du Commandement Stratégique Américain a mis sur pied la composante de commandement fonctionnelle Interarmées pour l’Espace (JFCCSPACE) en vue d’optimiser la planification, l’exécution et la gestion de cette force des opérations spatiales au Ministère de la Défense.

Le Commandant de la 14ème Air Force fut nommé Commandant du JFCCSPACE en vue de mener des opérations spatiales, d’exercer le contrôle opérationnel (OPCON) des forces d’alerte spatiales et balistiques désignées au nom du Comandant de Commandement Stratégique des Etats-Unis d’Amérique (USTRATCOM) , et d’agir en tant qu’autorité coordinatrice de l’Espace Mondial.

Dans son rôle d’autorité coordinatrice, le Commandant du JFCCSPACE veille à l’unité d’effort en mettant au point, coordonnant et menant une planification de campagne spatiale de niveau opératif et l’élaboration de la stratégie venant appuyer le Commandement Stratégique des Etats-Unis d’Amérique (USTRATCOM) et les autres Commandements unifiés (2).

Par le biais de la planification et de l’exécution du contrôle spatial, de l’appui, et des opérations de renforcement de la force, le Commandement du JFCCSPACE fournit des effets au profit des Commandants des Commandements unifiés, des effets tels que l’indication du positionnement, la navigation et l’échéancier à des fins militaires et civiles ; la fourniture de transmissions en direction d’endroits éloignés situés au-delà de systèmes de communications terrestres en vue directe ; et contribuant à la connaissance de l’espace du champ de bataille et à sa caractérisation grâce à des systèmes spatiaux.

L’état final désiré par le JFCCSPACE est l’unité de Commandement et d’effort dans la fourniture sans entraves d’effets spatiaux Interarmées couvrant tout le spectre au profit des Commandements bénéficiaires de cet appui et la capacité à bénéficier des avantages que procure la dimension spatiale aux adversaires ayant des intentions hostiles envers les Etats-Unis.

Afin de parvenir à cet état final désiré, les Etats-Unis doivent disposer de capacités basées dans l’Espace et qui soient robustes, efficientes et efficaces. Egalement, nos centres d’opérations (le Centre des Opérations Spatiales Interarmées et les Centres des Opérations Aériennes) doivent collaborer étroitement afin de produire les effets spatiaux exigés par les Commandants des Commandements unifiés.

Afin d’assurer la liberté d’opérer dans l’Espace aux Etats-Unis et à ses alliés (3), le Commandant du JFCCSPACE s’attache prioritairement à parvenir à une connaissance de la situation dans l’Espace qui soit plus persistante et plus prévisible, et qui s’intègre à toutes les sources possibles de renseignement. En élargissant la connaissance de l’espace du champ de bataille à la dissuasion spatiale, cette connaissance de la situation spatiale donne au Commandant accès aux indications et alertes qui peuvent caractériser la capacité et l’intention d’un adversaire.

En prenant pour socle l’amélioration de la connaissance de la situation spatiale, le Commandant peut élaborer un plan de campagne fondé sur les objectifs des Commandements unifiés, afin de conduire des opérations de niveau tactique en rapport avec les opérations stratégiques, l’alerte anti-missile, le contrôle défensif de l’Espace, et le contrôle offensif de l’Espace.

La connaissance de la situation spatiale autorise de cette manière le Commandement et le Contrôle des ressources spatiales et donc de réaliser les effets spatiaux désirés.

L’intégration réussie des capacités basées dans l’Espace aux opérations militaires américaines augmente la dépendance envers ces capacités, mais aussi le besoin de telles capacités.

La Politique Spatiale Nationale de 2006 met en exergue le fait que le pays se trouve dans une dépendance critique vis-à-vis des capacités spatiales, et que cette capacité ne fera qu’augmenter.

Une utilisation et une exploitation croissante de l’Espace accroît la menace dans la dimension spatiale, conformément au précédent historique de l’utilisation de la dimension terrestre, aérienne et cyberspatiale.

La protection de ressources spatiales contre des attaques et la caractérisation et la qualification d’évènements atypiques en attaques potentielles contre des ressources spatiales sont des entreprises extrêmement complexes.

Mais cela constitue des conditions préalables absolues si l’on veut s’assurer que des capacités spatiales soient disponibles pour assurer la sécurité nationale des Etats-Unis, la sécurité du territoire américain, et promouvoir les objectifs de politique étrangère.

Sans jamais perdre de vue l’avenir, le Commandant du JFCCSPACE garde au nombre de ses priorités l’amélioration des capacités de connaissance de la situation spatiale, le renforcement des partenariats du Ministère de la Défense, et la mise au point de tactiques, techniques et procédures (TTPs) propres à assurer la conduite d’opérations défensives de contrôle spatial, et par là même d’assurer la protection de nos capacités spatiales vitales.

Les étapes à court terme comprennent :

1. le regroupement sur le même site du Centre de Contrôle Spatial se trouvant actuellement à Cheyenne Mountain au Colorado, et du Centre des Opérations Spatiales Interarmées situé sur la Base Aérienne de Vandenberg en Californie ;

2. la préconisation de valorisations en vue d’améliorer la connaissance de la situation spatiale ;

et la fourniture de la capacité de Commandement et de Contrôle susceptible de produire des effets spatiaux en temps opportun aux Commandants des Commandements unifiés.

(1) William L. SHELTON, SPACE OPERATIONS, issue 46, 3rd quarter 2007, p.62-63 , Général de Division de l’Armée de l’Air des Etats-Unis d’Amérique (USAF), Commandant le 14ème Commandement de l’Armée de l’Air, de l’Espace et Commandant de la partie fonctionnelle Interarmées du Commandement pour l’Espace au Commandement Stratégique des Etats-Unis d’Amérique (USTRATCOM) à la Base Aérienne de Vandenberg en Californie.

(2) Les Etats-Unis ont divisé le monde en cinq zones géographiques, chacune placée sous un Grand Commandement Combattant Unifié (les Unified Combatant Commands sont USNORTHCOM, USSOUTHCOM, USCENTCOM, USPACOM, USEUCOM, plus un sixième Commandement en devenir pour la quasi-totalité du continent africain (USAFRICOM) dont le QG se situe pour le moment à Stuttgart (Allemagne).

 

SOURCE : DEFENSELINK.MIL

Lire l’article de JC BESSEZ intitulé « AFRICOM : MODE D’EMPLOI DU NOUVEAU CHEVAL DE TROIE » : http://www.strategicroad.com/pays/analysis/250408_africom_mode_d_emploi_nouveau_cheval_de_troie_impr.htm   Voir le documentaire de la série WITNESS mis à l’antenne par Rageh OMAAR en septembre 2009 sur AL-JAZEERA et intitulé « America's New Frontline » : http://english.aljazeera.net/programmes/witness/2009/09/2009910121135544650.html  (3) http://www.nss.org/resources/library/spacepolicy/2006NationalSpacePolicy.htm  http://www.globalsecurity.org/space/library/policy/national/us-space-policy_060831.pdf

 

ANNEXE 2

« LES HAUTS » SE SITUENT AUSSI DANS L’ESPACE POUR L’ARMEE DE TERRE

Les opérations de guerre en réseaux (ou info-centrée) étant par nature inter-armées, l’Armée de Terre des Etats-Unis d’Amérique est un acteur des opérations spatiales tant avec les satellites qu’avec la défense ABM, explique le Général de Corps d’Armée Kevin T. CAMPBELL dans l’ARMY GREENBOOK de 2008 (1).

Par ses partenariats avec divers organismes et commandements (2), le Commandement de la Défense des Missiles et de l’Espace (Space Missile Defense Command) ou SMDC et le Commandement Stratégique des Forces de l’Armée de Terre (Army Forces Strategic Command) ou ARSTRAT cherchent à offrir au combattant le meilleur soutien grâce à ses forces déployées dans le monde entier.

Ainsi, en avril 2008, le premier satellite à bande large fut déclaré opérationnel. Ce système mondial de satellites à large bande constitue une constellation de plusieurs vaisseaux spatiaux qui fournit des capacités de transmissions info-centrées aux armées américaines et à leurs alliés (dont les Australiens qui bénéficient de dix pour cent de la largeur de bande de la constellation).

Au cours de l’année 2007, la 1ère Brigade de l’Espace du SMDC/ ARSTRAT a continué à affecter des spécialistes de l’Espace de l’Armée de Terre aux chefs des Grands Commandements, ce qui a permis de conserver une totale connaissance de la situation en Asie du Sud-Ouest et de s’adresser directement aux capacités de soutien sur le continent américain (CONUS).

Activée en Octobre 2003 0 Colorado Springs, le fonctionnement de la 100è Brigade de Défense de Missiles repose sur la réserve opérationnelle.

Le 49è Régiment de Défense de Missiles de la 100è Brigade fut activé en Janvier 2004 à Fort Greely, Alaska. Il assure la défense du Territoire 24/24 avec des intercepteurs capables de protéger le pays contre des attaques de missiles balistiques.

Il était prévu qu’en 2008, les ingénieurs du SMDC, ayant acquis une expérience sur le tas auprès d’une société d’Huntsville, Ala., seraient affectés à la mise au point de nanosatellites améliorés et autres capteurs et charges utiles.

Le SMDC / ARSTRAT prévoyait d’intégrer en 2009 de nouveaux capteurs en orbite et d’entreprendre des opérations info-centrées.

Parallèlement, le SMDC / ARSTRAT envisage de quitter ses shelters afin de s’insérer plus étroitement dans les centres de commandement et contrôle (C2) et d’intégrer ses capacités de soutien aux missions dans le Commandement Stratégique (USSTRATCOM) et dans les Grands Commandements.

(1) ARMY GREENBOOK 2008, Space and Missile Defense : Securing the High Ground, Lt. Gen. Kevin T. CAMPBELL, p.175-180, October 2008, ausa.org

 (2) la Missile Defence Agency, les laboratoires de la Défense, le Commandement de Gestion des Installations, les Grands Commandements (Combatant Commands), l’Etat-Major de l’Armée de Terre, TRADOC, entre autres.

 


 Articles de Jean-Claude Bessez publiés par Mondialisation.ca