Accueil

Documents

Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· Défense militaire Sécurité (384)
· Documents (113)
· Droits de l'homme (118)
· Economie (300)
· Environnement Protection des patrimoines (82)
· Histoire Civilisations Religions (289)
· Medias Informations Désinformations (1368)
· Politique (2266)
· Santé publique (150)
· Sciences (71)
· Société (976)

Rechercher
Derniers commentaires

bof, tous ces imposteurs seront bientôt très éprouvés par dieu, la majorité d'eux disparaitra, leur monde maud...
(Voir la suite)
Par gg, le 01.11.2009

ron paul ? un autre robot de la haute finance ? on s inquiete de briser le dollard et les vies humaines qu o...
(Voir la suite)
Par justicier, le 19.10.2009

c est l horreur commise par ces monstres genocidaires qui emploient tous les moyens pour exterminer les pauvr...
(Voir la suite)
Par justicier, le 16.10.2009

les pays d’afrique et d’amérique latine ont-ils d’autres choix que de compter sur eux-mêmes? de savoir placer ...
(Voir la suite)
Par Saïd LOUKIL, le 11.10.2009

salam ! la grandeur humaine chez certains hommes celebres n a rien a voir avec leurs origines !! dieu guide v...
(Voir la suite)
Par justicier, le 09.10.2009

didier votre commentaire temoigne de votre humanisme et votre sens de justice ! faut agir autour de vous pour ...
(Voir la suite)
Par justicier, le 09.10.2009

salam !! parler d honneur avec des sionistes ?? des gens depourvus de tout humanisme ; des monstres maudits ...
(Voir la suite)
Par divine, le 09.10.2009

bonjour, je suis francais et j'ai honte des positions politique de mon pays, ils ne pense pas plus loin que...
(Voir la suite)
Par didier, le 27.09.2009

salam alaykoum, les "initiés" apprécieront la floppée de symboles nazilluminati sur les logos de leurs prod...
(Voir la suite)
Par bagdad, le 26.09.2009

allaho akbar !! si ces analyses sur d eventuelles guerres sur la planete s averent vraies; ce sera surement ...
(Voir la suite)
Par justicier, le 16.09.2009

Articles les plus lus

· Les guerres de l'Afghanistan et de l'Irak: un bilan horrifiant de portée mondiale
· le Forum islamo-chrétien et les relations de l'Eglise avec l'Islam
· Le franc CFA sera-t-il dévalué ?
· Histoire de la colonisation française ......
· Algérie : le pouvoir totalitaire du DRS

· Flot de critiques contre le plus grand barrage ...
· L'assassinat de Mohamed BOUDIA à Paris
· comment sarkozy fait l’apologie de la colonisation
· L’Insertion de l’école africaine dans l’industrie culturelle occidentale
· Le commerce très juteux du US Algeria Business Council
· monsieur Sarkozy .. l'Algérie vous attend !!!!
· PROVERBES AFRICAINS... à méditer
· L'apocalypse biologique évitée
· SIDA : L'épidémie progresse toujours parmi les gay
· Seymour Hersh, Scott Ritter ......

Voir plus 

Statistiques

Date de création : 04.10.2007
Dernière mise à jour : 08.11.2009
6151 articles


Documents

Chronologie de la Palestine (1947-2009)

Publié le 07/11/2009 à 19:30 par djamazz
Chronologie de la Palestine (1947-2009)

 

Samedi 7 Novembre 2009


Chronologie de la Palestine (1947-2009)
29 novembre 1947 : l'ONU adopte un plan de partage de la Palestine en deux Etats indépendants, un juif et un arabe. Jérusalem est placé sous régime international.
14 mai 1948 : à la fin du mandat britannique sur la Palestine, David Ben Gourion, président du Conseil national juif, proclame l'indépendance de l'Etat d'Israël. Le 15, éclate la première guerre israélo-arabe, les pays arabes refusant le plan de partage. Début de l'exode des Palestiniens. Les combats prennent fin en 1949 avec les accords de Rhodes fixant une ligne de démarcation qui demeurera jusqu'en 1967.
24 avril 1950 : la Cisjordanie est annexée par le roi Abdallah de Jordanie. L'Egypte contrôle la bande de Gaza.
Octobre-novembre 1956 : après la nationalisation du canal de Suez par le président égyptien Nasser, la seconde guerre israélo-arabe est déclenchée. A la fin de 1956, les Israéliens commencent à évacuer le Sinaï. Israël retrouve ses frontières de 1949.
Octobre 1959 :premier congrès du Fatah, créé au Koweït.
28 mai 1964 : création de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), présidée par Ahmed Choukeiry.
5/10 juin 1967 : Israël déclenche la troisième guerre israélo-arabe dite des "Six jours", et occupe le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et le plateau du Golan.
22 novembre 1967 : le Conseil de Sécurité de l'ONU adopte à l'unanimité la résolution 242 qui prévoit l'évacuation " des " (ou " de ", selon la version anglaise) territoires occupés, en échange de la reconnaissance mutuelle de tous les Etats du Proche-Orient.
Février 1969 : Yasser Arafat est élu président du Comité exécutif de l'OLP.
1969-1970 : une crise oppose, au Liban et en Jordanie, l'OLP aux gouvernements en place qui n'acceptent pas une présence palestinienne jugée envahissante.
17 septembre 1970 : l'armée jordanienne liquide les forces combattantes palestiniennes après la destruction de 3 avions de ligne occidentaux sur le territoire jordanien. les combats entre armée jordanienne et fedayins palestiniens font des milliers de victimes civiles palestiniennes ("Septembre noir").
5 septembre 1972 : un commando palestinien tue onze membres de la délégation israélienne aux Jeux olympiques de Munich.
6/25 octobre 1973 : quatrième guerre israélo-arabe dite "guerre de Kippour" ; l'armée égyptienne pénètre dans le Sinaï occupé mais doit se retirer.
22 octobre 1973 : le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 338 qui appelle à un cessez-le-feu et à des négociations.
28 novembre 1973 : la Ligue arabe reconnait l'OLP en tant que seul représentant du peuple palestinien.
13 novembre 1974 : discours de Yasser Arafat à l'ONU. Le 22, l'Assemblée générale de l'ONU reconnaît le droit des Palestiniens "à la souveraineté et à l'indépendance nationale".
13 avril 1976 : élections municipales en Cisjordanie et à Gaza occupés. Les candidats proches de l'OLP remportent 80% des sièges.
13 juin 1980 : le Conseil européen adopte une résolution affirmant que le "peuple palestinien doit exercer son droit à l'autodétermination" et que "l'OLP doit être associée à toute négociation".
1980: naissance du Djihad islamique, scission des Frères musulmans, qui se cantonnent à l'action sociale.
Mars-avril 1982 : insurrection palestinienne dans les territoires occupés. Les maires élus sont destitués.
6 juin 1982 : l'armée israélienne envahit le Liban -opération "Paix en Galilée"- et chasse de Beyrouth les organisations palestiniennes, dont l'OLP.
17-18 septembre 1982 : assassinat à Beyrouth du président libanais Bechir Gemayel. Les Israéliens entrent à Beyrouth-Ouest. Massacre de civils par les milices chrétiennes dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila, avec la complicité passive de l'armée israélienne.
1er octobre 1985 : un raid de l'aviation israélienne contre le quartier général de l'OLP à Tunis fait 70 morts.
6 août 1986 : le Parlement israélien vote une loi interdisant tout contact avec des dirigeants de l'OLP.
7 décembre 1987 : début de l'Intifada (soulèvement en arabe), également appelée "guerre des pierres" dans les territoires occupés.
9 décembre 1987: création du Hamas (mouvement de la résistance islamique) par la société des Frères musulmans.
15 novembre 1988 : à Alger, le Conseil national palestinien (CNP, parlement en exil), proclame l'Etat palestinien indépendant et accepte les résolutions 242 et 338 de l'ONU, reconnaissant ainsi implicitement l'existence d'Israël. En décembre, devant l'ONU à Genève, Yasser Arafat, chef de l'OLP, reconnaît le droit d'Israël à vivre "en paix", et déclare renoncer totalement au terrorisme.
 
1989
 
 
2 mai : en France, Yasser Arafat est reçu pour la première fois à l'Elysée par François Mitterrand.
2 janvier : Ezer Weizman, ministre des Sciences (et futur chef de l'Etat israélien) est limogé pour avoir rencontré un membre de l'OLP.
  
1991
 
12 mars : le secrétaire d'Etat américain James Baker rencontre pour la première fois des personnalités palestiniennes des territoires occupés.
30 octobre: ouverture à Madrid (Espagne) d'une conférence de paix. Israéliens, Palestiniens -des territoires occupés, et non de l'OLP- , Jordaniens et Syriens se rencontrent sous le co-parrainage de George Bush (père) et de Mikhaïl Gorbatchev.
 
1992
14 janvier : les Palestiniens remettent à la délégation israélienne leur projet d'autonomie dans les territoires occupés.
27 avril : une session de pourparlers se déroule pour la première fois en présence d'observateurs de l'OLP à Washington
16 décembre : à la suite de l'assassinat d'un soldat israélien par le Hamas, Ie gouvernement expulse plus de 400 islamistes palestiniens au Sud-Liban.
 
1993
19 janvier: le Parlement israélien abroge la loi interdisant les contacts avec l'OLP.
Juillet-août : des rumeurs font état de contacts secrets entre Israël et l'OLP.
13 septembre : Israël et l'OLP signent à Washington un accord de principe ("Oslo I") sur une autonomie palestinienne transitoire de cinq ans. Le Premier ministre israélien Itzhak Rabin et Yasser Arafat échangent une poignée de main historique.
 
1994
25 février : un extrémiste juif, le docteur Baruch Goldstein, massacre 29 Palestiniens en prière au Caveau des patriarches à Hébron.
4 mai : accord du Caire sur l'autonomie de la bande de Gaza et de la ville de Jéricho (Cisjordanie). L'Autorité palestinienne s'installe dans les zones nouvellement autonomes.
1er juillet: retour de Yasser Arafat à Gaza.
 
1995
28 septembre: Israël et l'OLP signent à Washington l'accord négocié à Taba ("Oslo II") étendant l'autonomie en Cisjordanie et prévoyant une série de retraits israéliens par étapes.
Fin 1995 : Israël se retire de six villes de Cisjordanie qui deviennent autonomes.
 
1996
20 janvier : Yasser Arafat est élu président de l'Autorité palestinienne et ses partisans remportent les 2/3 des 80 sièges du Conseil législatif.
24 avril : le CNP (parlement palestinien en exil), réuni pour la première fois en Palestine, élimine de sa charte les articles mettant en cause le droit à l'existence de l'Etat d'Israël.
29 mai : les Israéliens élisent comme Premier ministre Benyamin Netanyahu, chef de la droite nationaliste, opposé aux accords d'Oslo.
24 septembre : l'ouverture par Israël d'un tunnel sous l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem provoque de violents affrontements entre l'armée israélienne et des manifestants palestiniens, qui font plus de 70 morts.
 
1997
15 janvier : Netanyahu et Arafat concluent un accord sur un retrait partiel israélien de la ville d'Hébron en Cisjordanie.
7 mars: l'annonce unilatérale par Israël d'un retrait de 9 % de la Cisjordanie (les Palestiniens réclament 30%) provoque une nouvelle crise.
18 Mars: Israël met en chantier une nouvelle colonie juive à Abou Ghneim (Har Homa) près de Bethléem, dans la partie occupée de Jérusalem-Est, ce qui enlise un peu plus le processus de paix.
30 novembre : Israël accepte le principe de retrait limité de Cisjordanie (sans en fixer l'ampleur ni la date), assorti de conditions draconiennes. La presse israélienne parle de 6 à 8% de territoires évacués.
 
1998
14 janvier : Israël annonce qu'il gardera sous son contrôle de larges parties de la Cisjordanie, même en cas d'accord de paix avec les Palestiniens.
21 juin: en dépit des critiques des Etats-Unis et de l'Union européenne, le gouvernement israélien décide la création d'une super-municipalité de Jérusalem qui englobe plusieurs colonies de Cisjordanie, et double ainsi de volume.
23 octobre : Arafat et Netanyahu signent à Wye Plantation (Etats-Unis) un accord destiné à sortir le processus de paix de l'impasse : Israël transfèrera à l'administration palestinienne, en trois étapes, 13% supplémentaires du territoire de la Cisjordanie encore sous son contrôle.
Décembre : Bill Clinton est le premier président américain reçu en visite officielle par un Etat Palestinien virtuel. Inauguration de l'aéroport de Gaza, sous contrôle israélien.
 
1999
17 mai: les Israéliens élisent Ehud Barak (travailliste) au poste de Premier ministre.
4 septembre : signature, à Charm-el-Cheikh (Egypte), d'un accord fixant les dates des retraits israéliens de Cisjordanie, afin de relancer le processus de paix moribond.
 
2000
13 février : nouveau retard dans les négociations ; les deux parties ne parviennent pas à signer un accord-cadre définissant les grandes lignes d'un règlement final, conformément au mémorandum signé à Charm-el-Cheikh en septembre 1999.
21 mars: avec un nouveau retrait de l'armée israélienne de 6,1% de Cisjordanie, l'Autorité palestinienne contrôle désormais, partiellement ou totalement, 40 % du territoire.
15 mai : le parlement israélien vote le transfert à l'autorité palestinienne de 3 localités proches de Jérusalem, dont Abou Dis, souvent présentée comme le siège de la capitale d'un futur Etat palestinien.
11-25 juillet : échec du sommet israélo-palestinien de Camp David. Aucun accord n'est conclu entre les deux parties.
28 septembre : la visite du chef du Likoud, Ariel Sharon, sur l'Esplanade des Mosquées (Jérusalem-est), troisième lieu saint de l'islam, provoque de violentes émeutes en Israël et dans les territoires palestiniens, faisant plus de 90 victimes. C'est le début de la deuxième Intifada (2000-2005).
 
2001
29 janvier: Israël et les Palestiniens annoncent avoir réalisé de sérieux progrès dans les négociations de Taba. Ehud Barak décide de les ajourner jusqu'à l'élection du chef du gouvernement le 6 février, estimant impossible un accord avant cette date.
6 Février : Ariel Sharon est élu premier ministre en Israël avec une avance de 25 points sur Ehud Barak.
4 décembre : Israël lance des raids d'ume ampleur sans précédent dans les territoires palestiniens. Yasser Arafat, déclaré «hors-jeu» par Ariel Sharon, ne peut plus sortir de Ramallah, encerclée par l'armée israélienne.
 
2002
29 mars: l'état hébreu lance une offensive dans les territoires occupés baptisée «rempart défensif». La Mouqataa, le quartier général d'Arafat à Ramallah, est partiellement détruit et le leader palestinien est coupé du monde.
15 avril
: Marwan Barghouti, le chef du Fatah en Cisjordanie, est capturé par l'armée israélienne.
 
2003
14 février : cédant aux pressions internationales pour des réformes au sein de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat donne son accord à la nomination d'un Premier ministre.
19 mars: Yasser Arafat propose de nommer Mahmoud Abbas, un pragmatique notoire, au poste de Premier ministre.
29 avril: Mahmoud Abbas et son cabinet reçoivent l'investiture du parlement palestinien Son investiture lève le dernier obstacle à la publication de la «feuille de route», plan de paix international prévoyant la création d'un Etat palestinien d'ici à 2005.
29 juin: Mahmoud Abbas obtient du Hamas, du Jihad islamique puis du Fatah, une trêve temporaire des attaques anti-israéliennes.
20 août: au lendemain d'un attentat suicide qui fait 21 morts et une centaine de blessés à Jérusalem-ouest, Mahmoud Abbas rompt les contacts avec les groupes du Hamas et du Jihad islamique.
25 août: à l'insu du premier ministre, Yasser Arafat nomme l'ancien chef de la Sécurité préventive en Cisjordanie, Jibril Rajoub, au poste de conseiller aux affaires de sécurité.
6 septembre: Mahmoud Abbas annonce sa démission au Parlement palestinien, invoquant des obstacles intérieurs, israéliens et américains à son action.
7 septembre: Yasser Arafat offre au président du parlement, Ahmed Qoreï, le poste de premier ministre.
5 octobre: Yasser Arafat décrète l'état d'urgence dans les territoires, au lendemain d'un attentat suicide en Israël qui a tué 20 personnes.
2004
2 février: Ariel Sharon annonce son intention de démanteler toutes les colonies de la bande de Gaza (regroupant un total de 7 500 habitants).
22 mars: Cheikh Yassine, le fondateur du Hamas, est assassiné lors d'un raid israélien devant une mosquée de Gaza.
17 avril: le nouveau chef du Hamas, Abdelaziz al-Rantissi, est tué par un raid aérien israélien à Gaza.
6 juin: le cabinet israélien adopte le principe d'un retrait échelonné de la bande de Gaza, qui devrait être terminé à la fin de l'année 2005.
13 juillet: l'envoyé spécial de l'ONU dans les territoires palestiniens, Terje Roed-Larsen, adresse de vives critiques à Yasser Arafat, estimant que la situation dans les territoires «tourne progressivement au chaos».
16 juillet: une série de rapts est organisée dans les territoires par des groupes armés qui entendent protester contre la corruption de l'Autorité palestinienne.
17 juillet: Yasser Arafat annonce une refonte des services de sécurité, après qu'Ahmed Qoreï a proclamé son intention de démissionner. Le Raïs nomme à la tête du service de sécurité générale son neveu, Moussa Arafat. La nomination de ce dernier, soupçonné de corruption, entraîne de violentes manifestations. Il est rétrogradé quelques jours plus tard.
29 octobre: Yasser Arafat, 75 ans, dont l'état de santé s'est dégradé subitement, est hospitalisé en France.
11 novembre: mort de Yasser Arafat à Paris. Sa dépouille est inhumée à Ramallah le lendemain, après des funérailles au Caire.
14 novembre : Mahmoud Abbas est choisi par le Fatah comme candidat officiel pour les élections présidentielles palestiniennes qui se tiendront le 9 janvier 2005.
16 novembre: le chef du Hamas dans la bande de Gaza, Mahmoud Zahar, annonce que son mouvement boycottera l'élection présidentielle de janvier.
 
2005

9 janvier: Mahmoud Abbas, est élu à la tête de l'autorité palestinienne avec 62,5% des suffrages.
15 janvier: prestation de serment de Mahmoud Abbas. Ahmad Qoreï est reconduit à la tête du gouvernement.
27 janvier: élections municipales partielles dans la bande de Gaza ; le Hamas sort grand vainqueur.
8 février: sommet Abbas-Sharon à Charm-el-Cheikh (Egypte); ils proclament la fin des violences entre Israéliens et Palestiniens.
12 mars: le Hamas annonce sa participation aux élections législatives, prévues en juillet (puis reportées en janvier 2006).
5 mai: nouvelle série d'élections municipales partielles, à Gaza et en Cisjordanie. Le Hamas s'impose dans les grandes villes.
22 août: fin de l'évacuation des colons israéliens de Gaza.
12 septembre: retrait des derniers soldats israéliens de la bande de Gaza. Les forces de l'ordre palestiniennes entrent dans les 21 colonies démantelées.
29 septembre: le Fatah remporte l'emporte largement lors de municipales partielles en Cisjordanie.
25 novembre: réouverture du terminal de Rafah, poste frontière entre Gaza et l'Egypte, sous le contrôle conjoint des Palestiniens et d'observateurs européens.
Décembre
14: un groupe de jeunes dirigeants du Fatah crée une liste concurrente en vue des législatives pour protester contre la main mise de la vieille garde sur le parti.
15: le Hamas devance largement le Fatah dans les principales villes de Cisjordanie à l'occasion d'élections municipales partielles.
28: mettant fin à ses divisions, le Fatah inscrit une liste unifiée pour les législatives. La liste, dirigée par Marwan Barghouti, toujours emprisonné, fait la part belle à la jeune garde du parti.
 
2006
25 janvier: le Hamas remporte la majorité absolue aux élections législatives, avec 74 sièges sur les 132 que compte le Conseil législatif, contre 45 sièges pour le Fatah. Le premier ministre Ahmed Qoreï démissionne.
18 février: prestation de serment du nouveau parlement dominé par le Hamas ; le lendemain, le gouvernement israélien cesse de verser les taxes dues à l'Autorité palestinienne, correspondant au produit de la TVA et aux droits de douane prélevés sur les produits importés dans les territoires palestiniens et transitant par Israël.
21 février: un des responsables du Hamas, Ismaïl Haniyeh, est chargé de former le gouvernement.
29 mars: le gouvernement du Hamas prête serment.
7 avril: l'Union européenne suspend son aide directe au gouvernement dirigé par le Hamas.
10 mai: des responsables palestiniens emprisonnés en Israël, dont Marouan Barghouti (Fatah) et le cheikh Abdel Halek Al-Natshé (Hamas), font des propositions pour sortir de la crise opposant le Fatah et le Hamas. Figurent notamment l'idée d'un gouvernement de coalition Fatah-Hamas, la fin des attaques en territoire israélien, et la création d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967.
19 mai : un porte-parole du Hamas est arrêté au point de passage de Rafah, à Gaza, cachant une somme d'environ 1 million de dollars. En raison du blocus financier imposé aux Palestiniens, les ministres du Hamas se feront à plusieurs reprises «transporteurs de fonds».
14 juin: Mahmoud Abbas et le premier ministre Ismaïl Haniyeh parviennent à un accord sur l'intégration d'une force paramilitaire du Hamas à la police, dont la plupart des membres sont fidèles au Fatah.
27 juin: le Hamas accepte de signer le document d'«entente nationale» reconnaissant implicitement l'existence d'Israël.
28 juin: début d'une vaste offensive terrestre et aérienne dans la bande de Gaza, surnommée «Pluies d'été». L'armée israélienne arrête huit ministres, des dizaines de députés et autres responsables du Hamas.
Fin juillet: 29 personnes sont tuées lors d'une incursion terrestre dans Gaza. L'offensive israélienne dans les territoires palestiniens est étendue à la Cisjordanie.
1er septembre: la communauté internationale s'engage à verser 500 millions de dollars d'aide aux Palestiniens, lors d'une réunion de donateurs à Stockholm. Les Territoires palestiniens traversent une grave crise financière depuis la suspension de l'aide internationale et le gel des droits de douane par Israël au printemps 2006.
1er octobre: affrontements sanglants entre milices du Hamas et du Fatah.
1er-8 novembre: une offensive terrestre et aérienne israélienne provoque la mort de près de 60 palestiniens.
14 décembre: le convoi du Premier ministre Ismaël Haniyeh est pris pour cible par des tirs en traversant la frontière entre l'Egypte et Gaza. Le Hamas accuse le Fatah. Des affrontements armés éclatent entre les partisans des deux mouvements. En neuf mois, les violences interpalestiniennes ont fait 320 morts.
 
2007


Les armées secrètes de l’OTAN (III) 1

Publié le 05/11/2009 à 11:29 par djamazz
Gladio : Pourquoi l’OTAN, la CIA et le MI6 continuent de nier

Les armées secrètes de l’OTAN (III)  

Alors que l’existence du gouvernement de l’ombre institué par les États-Unis et le Royaume-Uni dans l’ensemble des États alliés est attestée par des enquêtes judiciaires et parlementaires dans les années 80-90, l’OTAN, la CIA et le MI6 continuent à nier. C’est que Washington et Londres n’y voient pas un épisode historique, mais un dispositif actuel (comme l’a montré l’affaire des enlèvements en Europe et des vols secrets durant l’ère Bush). Les armées secrètes de l’OTAN sont toujours couvertes par le secret-Défense, parce qu’elles sont toujours actives.

Daniele Ganser Mercredi 4 Novembre 2009


Avant même sa prise de fonction (le 2 juillet 2009) comme nouveau commandeur suprême de l’OTAN (SACEUR), l’amiral James G. Stavridis s’est discrètement rendu au SHAPE pour rencontrer les chefs des réseaux stay-behind.
Avant même sa prise de fonction (le 2 juillet 2009) comme nouveau commandeur suprême de l’OTAN (SACEUR), l’amiral James G. Stavridis s’est discrètement rendu au SHAPE pour rencontrer les chefs des réseaux stay-behind.

Cet article fait suite à :
1. « Quand le juge Felice Casson a dévoilé le Gladio… »

2. « Quand le Gladio fut découvert dans les États européens… »
===
Au moment des découvertes sur le réseau Gladio en 1990, l’OTAN, la plus grande alliance militaire du monde, regroupait 16 nations : l’Allemagne, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni, la Turquie et les États-Unis, ces derniers assumant un rôle de commandement. L’Alliance réagit confusément aux révélations du Premier ministre italien Andreotti et craignit pour son image lorsque les armées stay-behind furent associées à des attentats, des actes de torture, des coups d’États et d’autres opérations terroristes perpétrés dans plusieurs pays d’Europe de l’Ouest.
Le lundi 5 novembre 1990, après un long silence de près d’un mois, l’OTAN nia catégoriquement les allégations d’Andreotti concernant son implication dans l’Opération Gladio et ses liens avec les armées secrètes. Le principal porte-parole de l’Organisation, Jean Marcotta, affirma depuis le quartier général du SHAPE, à Mons, en Belgique, que : « L’OTAN n’a jamais envisagé de recourir à la guérilla ou à des opérations clandestines ; elle s’est toujours occupée de questions exclusivement militaires et de la défense des frontières des pays Alliés [1]. » Puis, le mardi 6 novembre, un autre porte-parole expliqua que le démenti de la veille était faux. Il ne fournit aux journalistes qu’un bref communiqué précisant que l’OTAN ne commentait jamais les questions couvertes par le secret militaire et que Marcotta aurait dû observer le silence [2]. La presse internationale critiqua amèrement ces cafouillages dans la stratégie de relations publiques de l’alliance militaire : « Pendant que de véritables séismes frappent le continent entier, un porte-parole de l’OTAN apporte un démenti : on ignore tout de Gladio et des réseaux stay-behind. Et voici qu’un communiqué laconique vient ensuite démentir le démenti "incorrect" et rien de plus [3] ».
Tandis que la crédibilité de l’OTAN s’ébranlait, les journaux titraient « Une unité clandestine de l’OTAN "soupçonnée de liens avec le terrorisme" » [4]. « Un réseau secret de l’OTAN accusé de subversion : La Commission a découvert que Gladio, le bras armé clandestin de l’OTAN en Italie, était devenu un repaire de fascistes combattant le communisme au moyen d’attentats terroristes visant à justifier un durcissement des lois. » [5] « La bombe qui a explosé à Bologne provenait d’une unité de l’OTAN » [6]. Un diplomate de l’OTAN, qui insista pour conserver l’anonymat, justifia devant des journalistes : « Puisqu’il s’agit d’une organisation secrète, je ne m’attends pas à ce que les réponses abondent, même si la Guerre froide est terminée. S’il y a eu des liens avec des organisations terroristes, ce genre d’informations doit être enterré très profondément. Si ce n’est pas le cas, qu’y a-t-il de mal à préparer le terrain pour la résistance pour le cas où les Soviétiques attaqueraient ? » [7]
Selon la presse espagnole, immédiatement après le fiasco de l’opération de communication des 5 et 6 novembre, le secrétaire général de l’OTAN Manfred Wörner convoqua les ambassadeurs de l’Alliance Atlantique pour une réunion d’information à huis clos sur Gladio, le 7 novembre. Le «  Supreme Headquarters Allied Powers Europe ou SHAPE, l’organe de commandement de l’appareil militaire de l’OTAN, coordonnait les actions de Gladio, c’est ce qu’a révélé le secrétaire général Manfred Wörner pendant un entretien avec les ambassadeurs des 16 nations alliées de l’OTAN », put-on lire dans la presse espagnole. « Wörner aurait demandé du temps pour mener une enquête afin de découvrir les raisons du démenti formel » rendu public la veille par l’OTAN. « C’est ce qu’il aurait annoncé aux ambassadeurs du Conseil Atlantique réunis le 7 novembre, si l’on en croit certaines sources. » L’officier le plus haut placé de l’OTAN en Europe, le général états-unien John Galvin, avait confirmé que les allégations de la presse étaient en grande partie fondées, mais que le secret devait être gardé. « Au cours de cette réunion à huis clos, le secrétaire général de l’OTAN a précisé que les gradés interrogés, (il faisait référence au général John Galvin, commandant en chef des forces alliées en Europe), avaient indiqué que le SHARP coordonnait les opérations menées par Gladio. Dorénavant, la politique de l’OTAN sera de refuser tout commentaire sur les secrets officiels. » [8]
Selon des sources qui ont souhaité conserver l’anonymat, le Bureau de Sécurité de l’OTAN aurait été directement impliqué dans l’Opération Gladio [9]. Hébergé au quartier général de l’OTAN à Bruxelles, le mystérieux Bureau de Sécurité fait partie intégrante de l’OTAN depuis la création de l’Alliance en 1949. Sa mission consiste à coordonner, superviser et appliquer les politiques de sécurité de l’OTAN. Le directeur de la Sécurité est le principal conseiller du secrétaire général pour les questions de sécurité ; il dirige le Service de Sécurité du quartier général et est responsable de la coordination générale de la sécurité au sein de l’OTAN. Mais surtout, il est le président du Comité de Sécurité de l’Alliance qui réunit régulièrement les chefs des Services de Sécurité des pays membres pour discuter des questions d’espionnage, de terrorisme, de subversion et d’autres menaces, parmi lesquelles le communisme en Europe de l’Ouest, qui pourraient représenter un danger pour l’OTAN.
En Allemagne, le chercheur Erich Schmidt Eenboom rapporta que les patrons des services secrets de plusieurs pays d’Europe occidentale, et notamment de l’Espagne, de la France, de la Belgique, de l’Italie, de la Norvège, du Luxembourg et du Royaume-Uni, s’étaient réunis plusieurs fois à la fin de l’année 1990, et ce, afin d’élaborer une stratégie de désinformation pour contrer les nombreuses révélations sur Gladio [10]. Ces réunions se déroulèrent vraisemblablement au très secret Bureau de Sécurité. « Le fait que les structures clandestines de Gladio aient été coordonnées par un comité de sécurité international composé uniquement de représentants des services secrets », remarque le quotidien portugais Expresso, « pose un autre problème : celui de la souveraineté nationale de chacun des États ». Durant la Guerre froide, certains services de renseignement agissaient hors de tout cadre démocratique. «  Il semble que plusieurs gouvernements européens aient perdu le contrôle de leurs services secrets » tandis que l’OTAN entretenait, elle, des liens très étroits avec les services secrets militaires de chacun des États membres. « Il paraît évident que l’OTAN applique un principe de confiance restreinte. Selon cette doctrine, certains gouvernements ne luttant pas assez activement contre le communisme, il est donc inutile de les informer des activités de l’armée secrète de l’OTAN. » [11].
Sous le titre « Manfred Wörner raconte le Gladio », la presse portugaise publia des détails supplémentaires sur la réunion du 7 novembre. « Le secrétaire général de l’OTAN, l’Allemand Manfred Wörner a expliqué aux ambassadeurs des 16 pays alliés de l’OTAN la fonction du réseau secret - qui fut créé dans les années cinquante afin d’organiser la résistance dans l’éventualité d’une invasion soviétique. » Derrière des portes closes, « Wörner a confirmé que le commandement militaire des forces alliées, le Supreme Headquarters Allied Powers Europe (SHAPE), coordonne les activités du “Réseau Gladio”, mis sur pied par les services secrets des différents pays de l’OTAN, par l’intermédiaire d’un comité créé en 1952 et actuellement présidé par le général Raymond Van Calster, chef des services secrets militaires belges », on apprit plus tard qu’il s’agissait de l’ACC. D’après le journal, « la structure a été bâtie en Italie avant 1947, puis des réseaux similaires ont été créés en France, en Belgique, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, au Luxembourg, au Danemark, en Norvège et en Grèce ». « Le secrétaire général a également reconnu que le SHAPE avait fourni de "fausses informations" en niant l’existence d’un tel réseau secret, mais il a refusé de s’expliquer sur les nombreuses contradictions dans lesquelles les différents gouvernements s’étaient englués en confirmant ou niant la réalité des réseaux Gladio dans leurs pays respectifs ». [12]
Au milieu de la tourmente, la presse tenta à plusieurs reprises d’obtenir une explication ou, ne serait-ce qu’un commentaire, de la plus haute autorité civile de l’OTAN, le secrétaire général de l’OTAN Manfred Wörner. Mais, conformément à la politique de l’Alliance qui consistait à ne pas se prononcer sur les secrets militaires, Wörner rejeta toutes les demandes d’interviews [13]. Le terme « secrets militaires » focalisa l’attention des journalistes qui se mirent en quête d’anciens responsables de l’OTAN à la retraite susceptibles de s’exprimer plus librement sur toute l’affaire. Joseph Luns, un ancien diplomate de 79 ans, qui avait occupé les fonctions de secrétaire général de l’OTAN de 1971 à 1984 accorda un entretien téléphonique à des reporters depuis son appartement de Bruxelles. Il prétendit n’avoir jamais été informé de l’existence du réseau secret jusqu’à ce qu’il l’ait récemment lue dans la presse : «  Je n’en ai jamais entendu parler et pourtant j’ai exercé quelques responsabilités au sein de l’OTAN ». Luns admit toutefois avoir été briefé « ponctuellement » à l’occasion d’opérations spéciales et estima « peu probable mais pas impossible » que Gladio ait pu exister à son insu [14].
« Le seul organisme international qui ait jamais fonctionné, c’est l’OTAN, tout simplement parce qu’il s’agit d’une alliance militaire et que nous étions aux commandes », répondit un jour le président états-unien Richard Nixon [15]. Il faisait remarquer à juste titre que, bien que l’OTAN ait son siège européen en Belgique, son véritable quartier général se trouve au Pentagone, à Washington. Depuis la création de l’Alliance Atlantique, le commandant en chef de la zone Europe, le SACEUR (Supreme Allied Commander Europe), exerçant ses fonctions depuis son quartier général, le SHAPE, établi à Casteau, en Belgique, avait toujours été un général états-unien. Les Européens pouvaient, quant à eux, nommer le plus haut responsable civil, le secrétaire général. Mais depuis la nomination du général Dwight Eisenhower comme premier SACEUR, la plus haute fonction militaire en Europe fut systématiquement occupée par des officiers états-uniens [16]
Officier de la CIA à la retraite, Thomas Polgar confirma, après la découverte des armées secrètes d’Europe de l’Ouest, que celles-ci étaient coordonnées par « une sorte de groupe de planification de guerre non conventionnelle » lié à l’OTAN [17]. Ses propos furent confirmés par la presse allemande qui souligna que, durant toute la période de la Guerre froide, ce département secret de l’OTAN était demeuré sous domination états-unienne. « Les missions des armées secrètes sont coordonnées par la “Section des Forces Spéciales”, située dans une aile du quartier général de l’OTAN à Casteau placée sous haute surveillance », relata un journal allemand. « Une porte grise en acier qui s’ouvre comme un coffre-fort de banque et protégée par une combinaison chiffrée, défend l’accès à toute personne non autorisée. Les officiers des autres départements, qui sont invités à y entrer, doivent dès l’entrée se présenter à un guichet sombre où ils sont contrôlés. La Section des Forces Spéciales est dirigée par des officiers britanniques ou états-uniens exclusivement et la plupart des documents qui y circulent portent l’inscription “American eyes only” (À l’intention du personnel US uniquement) » [18].
Pour contrer l’influence des partis communistes dans certains pays d’Europe de l’Ouest, l’OTAN s’était livrée, dès sa création au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à une guerre secrète non conventionnelle. D’après les découvertes de l’enquête parlementaire belge sur Gladio, cette lutte aurait même été engagée avant la fondation de l’Alliance, et coordonnée dès 1948 par le "Clandestine Committee of the Western Union" (CCWU), le Comité Clandestin de l’Union Occidentale. Selon la presse, toutes les « nations [participant à Gladio] étaient membres du CCWU et assistaient régulièrement à des réunions par l’intermédiaire d’un représentant de leurs services secrets. Ceux-ci étaient généralement en contact direct avec les structures stay-behind » [19].
Quand, en 1949, fut signé le Traité de l’Atlantique Nord, le CCWU fut secrètement intégré au nouvel appareil militaire international et opéra à partir de 1951 sous la nouvelle appellation CPC. À cette époque, le quartier général européen de l’OTAN était situé en France et le CPC avait son siège à Paris. Comme le CCWU avant lui, le Comité assurait la planification, la préparation et la direction des opérations de guerre non conventionnelle menées par les armées stay-behind et les Forces Spéciales. Seuls les officiers disposant des autorisations de niveau supérieur étaient autorisés à pénétrer au siège du CPC où, sous la surveillance des experts de la CIA et du MI6, les chefs des services secrets des États d’Europe occidentale se réunissaient plusieurs fois dans l’année afin de coordonner les opérations de guerre clandestine menées dans tout l’Ouest du continent.
Lorsqu’en 1966 le président de la République Française Charles de Gaulle chassa l’OTAN de France, le quartier général européen de l’Alliance militaire dut, à la colère du président des États-Unis Lyndon Johnson, déménager de Paris à Bruxelles. Dans le plus grand secret, le CPC s’installa lui aussi en Belgique, comme le révéla l’enquête sur le Gladio belge [20]. L’expulsion historique de l’OTAN du territoire français offrit alors un premier véritable aperçu des noirs secrets de l’Alliance militaire. Pour le spécialiste des opérations secrètes Philip Willan : « L’existence de protocoles secrets de l’OTAN impliquant les services secrets des pays signataires et visant à éviter l’accession au pouvoir par les communistes fut divulguée pour la première fois en 1966, quand le président de Gaulle décida de se retirer du commandement conjoint de l’OTAN et dénonça ces protocoles comme une atteinte à la souveraineté nationale » [21].
Si les documents originaux des protocoles anticommunistes secrets de l’OTAN demeurent confidentiels, les spéculations sur leur contenu ne cessèrent de se multiplier suite à la découverte des armées secrètes stay-behind. Dans un article consacré à Gladio, le journaliste américain Arthur Rowse écrivit qu’une « clause secrète du traité initial de l’OTAN de 1949 stipulait que tout pays candidat à l’adhésion devait avoir établi au préalable une autorité de Sécurité nationale chargée d’encadrer la lutte contre le communisme par des groupes clandestins de citoyens » [22]. Un spécialiste italien des services secrets et des opérations clandestines, Giuseppe de Lutiis, découvrit qu’au moment d’intégrer l’OTAN en 1949, l’Italie signa, outre le Pacte Atlantique, une série de protocoles secrets prévoyant la création d’une organisation non officielle « chargée de garantir l’alignement de la politique intérieure italienne sur celle du bloc de l’Ouest par tous les moyens nécessaires, même si la population devait manifester une inclination divergente » [23]. L’historien italien spécialiste du Gladio Mario Coglitore a également confirmé l’existence de ces protocoles secrets de l’OTAN [24]. Suite aux révélations de 1990, un ancien officier du renseignement de l’OTAN, qui veilla à conserver l’anonymat, alla jusqu’à affirmer que ces documents protégeaient explicitement les membres de l’extrême droite jugés utiles dans la lutte contre les communistes. Le président des États-Unis Truman et le chancelier allemand Adenauer auraient « signé un protocole secret lors de l’adhésion de la RFA à l’OTAN en 1955, dans lequel il était convenu que les autorités de l’Allemagne de l’Ouest s’abstiendraient d’entamer des poursuites à l’encontre des extrémistes de droite reconnus » [25].
Le général italien Paolo Inzerilli, qui commanda le Gladio dans son pays de 1974 à 1986, souligna que les « Américains omniprésents » contrôlaient le CPC secret qui était en charge de la coordination de la guerre clandestine. Selon lui, le Comité avait été fondé « sur ordre du commandant en chef de l’OTAN en Europe. Il constituait l’intermédiaire entre le SHAPE, le quartier général des puissances alliées d’Europe, et les services secrets des États membres pour les question de guerre non conventionnelle » [26]. Les États-Unis contrôlaient le CPC avec leurs vassaux britanniques et français et constituaient avec eux une "Commission Exécutive" au sein du Comité. « Les réunions se succédaient au rythme d’une ou deux par an au quartier général du CPC, à Bruxelles, et les questions à l’ordre du jour étaient débattues entre la “Commission Exécutive” et les responsables militaires », témoigna Inzirelli [27].
« La coordination des actions de notre réseau stay-behind avec celles des structures clandestines analogues en Europe était assurée par le CPC, le Coordination and Planning Committee [Comité de Planification et de Coordination] du SHAPE, le quartier général des puissances alliées d’Europe », décrivit le général italien Gerardo Serravalle. Prédécesseur du général Inzirelli, il avait commandé le Gladio en Italie entre 1971 et 1974 ; il raconta que « pendant les années soixante-dix, les membres du CPC étaient les officiers responsables des structures secrètes de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne, de la Belgique, du Luxembourg, des Pays-Bas et de l’Italie. Ces représentants des réseaux clandestins se réunissaient chaque année dans l’une des capitales européennes » [28]. Des hauts responsables de la CIA assistaient à chacune de ces réunions. «  Des représentants de la CIA étaient toujours présents aux réunions des armées stay-behind », se souvient Serravalle. « Ils appartenaient à l’antenne de l’Agence de la capitale où se déroulait la réunion et ne participaient pas aux votes » [[Ibid., p.79. ]]. « La “Directive SHAPE” faisait office de référence officielle, si ce n’est de doctrine pour les réseaux stay-behind alliés », explique Serravalle dans son livre consacré à Gladio. Il précise également que les enregistrements du CPC, qu’il a pu consulter mais qui demeurent confidentiels, « portent [surtout] sur l’entraînement des Gladiateurs en Europe, sur comment les réveiller depuis le quartier général secret en cas d’occupation de l’ensemble du territoire national et sur d’autres questions techniques telles que, pour citer la plus importante, l’unification des différents systèmes de communication entre les bases stay-behind » [29].
Parallèlement au CPC, un second poste de commandement secret fonctionnant comme un quartier général stay-behind fut créé par l’OTAN au début des années cinquante sous le nom d’ACC. Comme le CPC, l’ACC était en lien direct avec le SACEUR, lui-même sous contrôle états-unien. D’après les conclusions de l’enquête belge sur Gladio, l’ACC aurait été créé en 1957 et chargé de « la coordination des réseaux “stay-behind” en Belgique, au Danemark, en France, en Allemagne, en Italie, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Norvège, au Royaume-Uni et aux USA ». Selon le rapport d’enquête belge, en temps de paix, les fonctions de l’ACC « comprenaient l’élaboration de directives à l’intention du réseau, le développement de ses capacités secrètes et l’établissement de bases au Royaume-Uni et aux USA. Dans le cas d’une guerre, il était censé préparer des actions stay-behind conjointement avec le SHAPE ; de là, les organisateurs devaient alors activer les bases clandestines et préparer les opérations » [30].
Le commandant du Gladio italien Inzirelli affirme que « les relations au sein de l’ACC étaient totalement différentes » de celles existant au CPC. « L’atmosphère [y] était clairement plus décontractée et amicale qu’au CPC. » L’ACC, fondé sur « un ordre express du SACEUR au CPC » serait « devenue une ramification » de celui-ci [31]. Il semble que cet organisme ait servi surtout de forum où l’on se partageait le savoir-faire Gladio entre patrons de services secrets : « L’ACC était un comité essentiellement technique, un forum où l’on pouvait à loisir échanger des informations et des expériences, évoquer les moyens disponibles ou à l’étude, partager ses connaissances sur les réseaux, etc... » Le général Inzerilli se souvient : « C’était un échange de bons procédés. Chacun savait que s’il lui manquait un expert en explosifs, en télécommunication ou en répression pour une opération, il pouvait sans problème s’adresser à un confrère étranger puisque les agents avaient reçu le même entraînement et utilisaient le même type de matériel » [32].
Les transmetteurs radio baptisés Harpoon figuraient notamment dans l’équipement de tous les membres de l’ACC. Ils avaient été conçus et fabriqués sur ordre du comité de direction de Gladio, au milieu des années 1980, par la firme allemande AEG Telefunken pour un montant total de 130 millions de marks, en remplacement d’un ancien système de communication devenu obsolète. Le système Harpoon était capable d’émettre et de recevoir des messages radio cryptés sur une distance de 6 000 km et permettaient donc les communications entre les réseaux stay-behind situés de part et d’autre de l’Atlantique. « Le seul équipement qu’ont en commun tous les membres de l’ACC est le fameux transmetteur radio Harpoon », révéla Van Ussel, un membre du Gladio belge qui s’en était lui-même servi au cours des années 1980, alors qu’il était un membre actif de l’organisation. Selon lui, « ce système était régulièrement utilisé pour transmettre des messages entre les bases et les agents (en particulier lors des exercices de communication radio), mais il était avant tout destiné à communiquer des renseignements en cas d’occupation » [33]. L’ACC disposait de bases dans tous les pays européens dont une au Royaume-Uni, à partir desquelles les unités présentes dans les territoires occupés pourraient être activées et commandées. Apparemment, l’ACC éditait à l’intention des Gladiateurs des manuels indiquant les procédures communes à suivre relatives aux actions clandestines, aux communications radio basées sur le cryptage et le saut de fréquence mais aussi aux largages aériens et aux atterrissages.
L’ACC fonctionnait avec une présidence tournante d’une période de deux ans, en 1990 celle-ci était assumée par la Belgique. La réunion de l’ACC des 23 et 24 novembre se déroula sous la présidence du général de division Raymond Van Calster, patron du SGR, les services secrets militaires belges. Le général Inzerilli se souvint que « contrairement au CPC, l’ACC n’avait pas de direction établie et permanente. La présidence du Comité était assumée pour deux ans et tournait entre tous les membres, en suivant l’ordre alphabétique », pour cette raison, l’ACC n’était pas soumis à « la même domination des grandes puissances ». Inzirelli affirma avoir préféré travailler à l’ACC plutôt qu’au CPC contrôlé par les États-uniens : « Je dois reconnaître, pour l’avoir moi-même présidé pendant deux ans, que l’ACC était un comité véritablement démocratique » [34].
Dans le cadre de toute recherche approfondie sur l’Opération Gladio et les réseaux stay-behind de l’OTAN, les transcriptions et enregistrements des réunions du CPC et de l’ACC s’imposent comme des sources essentielles. Hélas, alors que des années se sont écoulées depuis la découverte du réseau top secret, les autorités de l’OTAN se bornent, comme en 1990, à opposer constamment aux sollicitations du public le silence ou le refus. Quand dans le cadre de nos propres recherches, nous contactâmes, à l’été 2000, le service des archives de l’OTAN pour demander l’accès à des informations supplémentaires sur Gladio et notamment sur le CPC et l’ACC, nous reçûmes la réponse suivante : « Après vérification de nos archives, il n’existe aucune trace des comités que vous évoquez ». Lorsque nous insistâmes, le service des archives nous répondit : « Je vous confirme une nouvelle fois que les comités dont vous parlez n’ont jamais existé au sein de l’OTAN. En outre, l’organisation que vous appelez “Gladio” n’a jamais fait partie de la structure militaire de l’OTAN » [35]. Sur quoi, nous appelâmes le Bureau de Sécurité de l’OTAN, mais ne pûmes ni parler au directeur ni même connaître son identité classée “confidentielle”. Mme Isabelle Jacobs nous informa qu’il était hautement improbable que nous obtenions jamais des réponses à nos questions sur un sujet sensible comme Gladio et nous conseilla de transmettre notre requête par écrit via l’ambassade de notre pays d’origine.
C’est ainsi qu’après que la Mission Suisse d’Observation à Bruxelles eut transmis à l’OTAN nos questions relatives à l’affaire Gladio, l’ambassadeur de Suisse Anton Thalmann nous répondit qu’à son grand regret : « L’existence des comités secrets de l’OTAN que vous mentionnez dans votre lettre n’est connue ni de moi, ni de mon personnel » [36]. « Quel est le lien entre l’OTAN et le Clandestine Planning Committee (CPC) et le Allied Clandestine Committee (ACC) ? Quel est le rôle du CPC et de l’ACC ? Quel est le lien entre le CPC, l’ACC et le Bureau de Sécurité de l’OTAN ? », telles étaient nos questions : le 2 mai 2001, nous reçûmes une réponse de Lee McClenny, directeur du service de presse et de communication de l’OTAN. Dans sa lettre, McClenny prétendait que « Ni le Allied Clandestine Committee, ni le Clandestine Planning Committee n’apparaissent dans toute la documentation de l’OTAN, confidentielle ou non, que j’ai consultée. » Il ajoutait : « En outre, je n’ai pu rencontrer personne travaillant ici qui ait eu entendu parler de l’un ou l’autre de ces deux comités. J’ignore si de tels comités ont un jour existé à l’OTAN, ce qui est sûr c’est que ce n’est pas le cas aujourd’hui » [37]. Nous insistâmes une fois encore et demandâmes : « Pourquoi le porte-parole de l’OTAN Jean Marcotta a-t-il, le 5 novembre 1990, catégoriquement nié tout lien entre l’OTAN et Gladio pour voir ses propos démentis deux jours plus tard par un second communiqué ? », ce à quoi Lee McClenny rétorqua : «  Je ne suis pas au courant de l’existence de liens entre l’OTAN et l’Opération Gladio”. De plus, je ne trouve personne du nom de Jean Marcotta parmi la liste des porte-parole de l’OTAN » [38]. Le mystère restait entier.
La CIA, l’Agence de renseignement la plus puissante du monde, ne fut pas plus coopérative que la plus grande alliance militaire du monde quand il s’agit d’aborder la délicate question de Gladio et des armées stay-behind. Fondée en 1947, deux ans avant la création de l’OTAN, la CIA eut pour principale tâche pendant la Guerre froide de combattre le communisme sur toute la planète en menant des opérations secrètes qui visaient à étendre l’influence des États-Unis. « Par actions clandestines », le président Nixon indiqua un jour qu’il entendait « ces activités qui, bien qu’elles soient destinées à favoriser les programmes et politiques des États-Unis à l’étranger, sont planifiées et exécutées de telle sorte que le public n’y voit pas la main du gouvernement américain » [39]. Historiens et analystes politiques ont depuis décrit en détail comment la CIA et les Forces Spéciales états-uniennes ont, au moyen de guerre secrètes et non déclarées, influencé l’évolution politique et militaire de nombreux pays d’Amérique latine ; parmi les faits les plus marquants, on peut citer le renversement du président guatémaltèque Jakobo Arbenz en 1954, le débarquement raté de la baie des Cochons en 1961, qui devait amener à la destitution de Fidel Castro, l’assassinat d’Ernesto Che Guevara en Bolivie en 1967, le coup d’État contre le président chilien Salvador Allende et l’installation au pouvoir du dictateur Augusto Pinochet en 1973, ou encore le financement des Contras au Nicaragua, suite à la révolution sandiniste de 1979. [40]

Les armées secrètes de l’OTAN (III) 2

Publié le 05/11/2009 à 10:35 par djamazz

Outre ses agissements sur le continent sud-américain, la CIA est également intervenue à de nombreuses reprises en Asie et en Afrique, notamment pour renverser le gouvernement de Mossadegh en Iran en 1953, pour soutenir la politique d’Apartheid en Afrique du Sud, ce qui conduisit à l’emprisonnement de Nelson Mandela, pour assister ben Laden et al-Qaida en Afghanistan, lors de l’invasion soviétique de 1979 et pour appuyer le leader Khmer Rouge Pol Pot depuis des bases conservées au Cambodge, après la défaite états-unienne au Vietnam en 1975. D’un point de vue purement technique, le département des opérations secrètes de la CIA correspond à la définition d’une organisation terroriste donnée par le FBI. Le "terrorisme" est, selon le FBI, « l’usage illégal de la force ou de la violence contre des personnes ou des biens dans le but d’intimider ou de contraindre un gouvernement, une population civile, ou un segment de celle-ci, à poursuivre certains objectifs politiques ou sociaux » [41].
Quand, au milieu des années soixante-dix, le Congrès des États-Unis découvrit que la CIA et le Pentagone avaient étendu leurs pouvoirs presque au-delà de tout contrôle et l’avaient outrepassé en de nombreuses occasions, le sénateur états-unien Frank Church fit avec assez de clairvoyance ce commentaire : « La multiplication des abus commis par nos services de renseignement révèle un échec plus général de nos institutions fondamentales ». Il présidait alors l’une des trois commissions du Congrès qui furent chargées d’enquêter sur les agissements des services secrets US, et dont les rapports, présentés dans la seconde moitié des années soixante-dix, font aujourd’hui encore autorité sur la question des guerres secrètes menées par Washington [42] Cependant, les investigations du Congrès n’eurent qu’un impact limité et les services secrets continuèrent, avec l’appui de la Maison-Blanche, à abuser de leur pouvoir, comme le démontra le scandale de l’Irangate en 1986. Cela amena l’historienne Kathryn Olmsted à se poser cette « question cruciale » : « Pourquoi, après avoir débuté leur enquête, la plupart des journalistes et des membres du Congrès ont-ils renoncé à défier le gouvernement secret ? » [43]
Alors qu’aux États-Unis se poursuit le débat sur l’existence ou non d’un « gouvernement de l’ombre », le phénomène Gladio prouve que la CIA et le Pentagone ont opéré à plusieurs reprises hors de tout contrôle démocratique pendant la Guerre froide mais également après l’effondrement du communisme et ce, sans jamais rendre compte de leurs agissements. Lors d’une interview accordée à la télévision italienne en décembre 1990, l’amiral Stansfield Turner, directeur de la CIA de 1977 à 1981, refusa catégoriquement d’évoquer l’affaire Gladio. Quand les journalistes, qui avaient à l’esprit le grand nombre de victimes des nombreux attentats perpétrés en Italie, se permirent d’insister, l’ex-patron de la CIA arracha furieusement son micro et hurla : « J’ai dit : pas de questions sur Gladio ! », mettant ainsi un terme à l’entretien [44]
D’anciens officiers de la CIA moins gradés acceptèrent plus volontiers d’évoquer les secrets de la Guerre froide et les opérations illégales de l’Agence. Parmi eux, Thomas Polgar, qui prit sa retraite en 1981 après 30 ans de bons et loyaux services. En 1991, il avait témoigné contre la nomination de Robert Gates à la tête de la CIA, reprochant à celui-ci d’avoir couvert le scandale de l’Irangate. Interrogé sur les armées secrètes d’Europe, Polgar expliqua, en se référant implicitement au CPC et à l’ACC, que les programmes stay-behind étaient coordonnés par « une sorte de groupe de planification de guerre non conventionnelle lié à l’OTAN ». Dans leurs quartiers généraux secrets, les chefs des armées secrètes nationales « se rencontraient tous les deux ou trois mois, à chaque fois dans une capitale différente ». Polgar souligne que « chaque service national le faisait avec plus ou moins de zèle » tout en admettant que « dans les années soixante-dix en Italie, certains sont allés même plus loin que l’exigeait la charte de l’OTAN » [45]. Le journaliste Arthur Rowse, ancien collaborateur du Washington Post, tira, dans un essai consacré au sujet « Les leçons de Gladio » : « Aussi longtemps que le peuple états-unien ignorera tout de ce sombre chapitre des relations étrangères des USA, cela n’incitera pas véritablement les agences responsables de cette situation à changer de comportement. La fin de la Guerre froide n’a changé que très peu de choses à Washington. Les États-Unis (...) attendent toujours avec impatience un vrai débat national sur les moyens, les buts, et les coûts de nos politiques fédérales de sécurité. » [46].
Spécialisés dans l’étude des opérations clandestines de la CIA et des secrets de la Guerre froide, les chercheurs de l’institut de recherches privé et indépendant National Security Archive de l’université George Washington à Washington ont déposé une requête basée sur le Freedom of Information Act (FOIA) auprès de la CIA, le 15 avril 1991. D’après les termes de cette loi sur la liberté d’information, tous les services du gouvernement doivent justifier devant le peuple de la légalité de leurs actions. Malcolm Byrne, vice-directeur de recherche au National Security Archive, demandait à la CIA l’accès à « toutes les archives concernant (...) les décisions du gouvernement états-unien, probablement prises entre 1951 et 1955, concernant le financement, le soutien ou la collaboration avec toute armée secrète, tout réseau ou toute autre unité, créé dans le but de résister à une possible invasion de l’Europe de l’Ouest par des puissances sous domination communiste ou de mener des opérations de guérilla dans des pays d’Europe occidentale dans l’hypothèse où ceux-ci seraient sous l’emprise de partis ou de régimes communistes, de gauche ou soutenus par l’Union soviétique ». Byrne ajoutait : « Je vous prie d’inclure à vos recherches tout document se rapportant à des activités connues sous le nom d’"Opération Gladio", en particulier en France, en Allemagne et en Italie » [47].
Byrne précisait à juste titre que « tous les documents obtenus suite à cette requête contribueront à faire connaître au public la politique étrangère des États-Unis au cours de la période qui suivit la Seconde Guerre mondiale, ainsi que l’impact de la connaissance, de l’analyse et de l’acquisition du renseignement dans la politique états-unienne de l’époque ». Mais la CIA refusa de coopérer et, le 18 juin 1991, elle fournit la réponse suivante : « La CIA ne peut ni confirmer ni infirmer l’existence ou l’inexistence d’archives répondant aux critères de votre requête ». Quand Byrne tenta de contester le refus de l’Agence de lui fournir des informations sur Gladio, il fut débouté. La Centrale fonda son refus de coopérer sur deux exceptions "fourre-tout" à la loi sur la liberté d’information qui excluent les documents soit parce qu’ils sont « classés "confidentiel" conformément à une décision de l’Exécutif dans l’intérêt de la Défense nationale ou de la politique étrangère » (Exemption B1), soit au nom des « obligations statutaires du directeur de protéger la confidentialité des sources et méthodes de renseignement, telles que l’organisation, les fonctions, noms, titres officiels, revenus et nombre des employés de l’Agence, conformément aux National Security Act de 1947 et CIA Act de 1949 » (Exemption B3).
Quand les responsables européens tentèrent de se confronter au gouvernement secret, ils n’eurent guère plus de chance. En mars 1995, une commission du Sénat italien présidée par Giovanni Pellegrino qui avait mené une enquête sur Gladio et sur les attentats commis en Italie adressa une requête FOIA à la CIA. Les sénateurs italiens demandaient l’accès à toutes les archives relatives aux Brigades Rouges et à l’affaire Moro afin de découvrir si la CIA avait, dans le cadre du programme d’immixtion dans les affaires politiques internes du pays, infiltré le groupe terroriste d’extrême gauche avant qu’ils n’assassinent l’ancien Premier ministre et leader de la DCI Aldo Moro en 1978. Refusant de coopérer, l’Agence s’abrita derrière les clauses B1 et B3 et refusa, en mai 1995, tous les accès demandés en ajoutant que ça ne « confirmait ni n’infirmait l’existence ou l’inexistence dans les archives de la CIA des documents recherchés ». La presse italienne souligna le caractère embarrassant de ce refus et titra : « La CIA rejette la demande d’assistance de la Commission parlementaire. L’enlèvement de Moro, un secret d’État aux USA » [48].
La seconde demande de renseignements relatifs à Gladio émanant d’un gouvernement européen fut adressée à la CIA par le gouvernement autrichien en janvier 2006, après que des caches d’armes “top secrètes” aménagées par l’Agence à l’intention de Gladio aient été découvertes dans les alpages et les forêts du pays pourtant neutre. Des représentants du gouvernement américain répondirent que les États-Unis couvriraient les frais occasionnés par l’exhumation et la récupération de l’équipement des réseaux [49]. L’enquête autrichienne fut menée par les services du ministre de l’Intérieur Mickael Sika qui livra son rapport final sur les dépôts de munition de la CIA le 28 novembre 1997 en déclarant : « On ne peut établir aucune certitude quant aux caches d’armes et à l’usage auxquelles elles étaient destinées ». En conséquence de quoi : « Afin de faire toute la lumière sur cette affaire, il serait nécessaire de disposer des documents s’y rapportant, et notamment ceux abrités aux États-Unis » [50]. Un membre de la Commission, Oliver Rathkolb de l’université de Vienne, déposa donc une requête en FOIA dans le but d’obtenir l’accès aux archives de la CIA. Mais en 1997, le comité de divulgation de l’Agence opposa un nouveau refus motivé par les mêmes exemptions B1 et B3 qui laissa aux Autrichiens l’amère impression que l’agence américaine n’était tenue de rendre des comptes auprès de personne.
Étant donné que c’est là l’unique moyen d’accéder aux archives relatives à Gladio, nous déposâmes le 14 décembre 2000 une requête en FOIA auprès de la CIA. Deux semaines plus tard, nous reçûmes une réponse évasive à notre demande « se rapportant à l’"Opération Gladio" » : « La CIA ne peut ni confirmer ni infirmer l’existence ou l’inexistence de documents correspondant à votre requête ». En invoquant les clauses restrictives B1 et B3, la coordinatrice chargée de l’information et des questions de respect de la vie privée Kathryn I. Dyer nous refusa l’accès aux informations sur l’Opération Gladio [51]. Nous fîmes appel de cette décision en rétorquant que : « Les documents retenus doivent être publiés en vertu de la loi FOIA sur la liberté d’expression car les clauses B1 et B3 ne peuvent s’appliquer qu’à des opérations de la CIA encore tenues secrètes ». En produisant les données recueillies au cours de nos recherches, nous prouvâmes que ce n’était plus le cas et conclûmes : « Si vous, Mme Dyer, invoquez les clauses restrictives B1 et B3 dans ce contexte, vous privez la CIA de la possibilité de s’exprimer sur des informations relatives à l’affaire Gladio, qui seront de toute façon révélées, que la CIA décide d’intervenir ou non » [52].
En février 2001, l’Agence nous répondit : « Votre appel a été accepté et des dispositions seront prises pour qu’il soit examiné par les membres du comité de divulgation de l’Agence. Vous serez informé de la décision rendue. » Dans le même temps, la CIA précisa que cette commission traitait les demandes en fonctions de leur date de dépôt et que « en ce moment, nous avons à examiner environ 315 appels » [53]. Notre requête portant sur le réseau Gladio fut ainsi mise en attente et rangée en bas de la pile. Au moment de la rédaction de cet ouvrage, la commission n’avait toujours pas rendu son avis [54].
Après l’OTAN et la CIA, la troisième principale organisation impliquée dans l’opération stay-behind était le MI6. Celui-ci ne prit pas position sur l’affaire Gladio en 1990 en raison d’une légendaire obsession du secret, l’existence de cette Agence elle-même ne fut officiellement admise qu’en 1994, avec la publication de l’Intelligence Services Act qui établit que l’organisation avait pour missions d’obtenir du renseignement et d’exécuter des opérations secrètes à l’étranger.
Tandis que l’exécutif britannique et le MI6 se refusaient à tout commentaire, Rupert Allason, membre du parti conservateur, rédacteur de l’Intelligence Quarterly Magazine sous le pseudonyme de Nigel West et auteur de plusieurs ouvrages sur les services de sécurité britanniques, confirma, en novembre 1990, au plus fort du scandale Gladio, lors d’un entretien téléphonique accordé à Associated Press : « Nous étions, et sommes toujours, fortement impliqués (...) dans ces réseaux ». West expliqua que la Grande-Bretagne «  a bien entendu participé, aux côtés des États-uniens, au financement et au commandement » de plusieurs réseaux et qu’elle était également engagée dans le cadre de la collaboration entre le MI6 et la CIA : « Ce sont les agences de renseignement britanniques et états-uniennes qui sont à l’origine du projet ». West affirma qu’à partir de 1949, l’action des armées stay-behind avait été coordonnées par la Structure de Commandement et de Contrôle des Forces Spéciales de l’OTAN au sein desquelles le Special Air Service (SAS) jouait un rôle stratégique [55].
« La responsabilité de la Grande-Bretagne dans la mise en place des réseaux stay-behind dans toute l’Europe est absolument fondamentale », rapporta la BBC avec un certain retard dans son édition du soir du 4 avril 1991. Le présentateur des informations John Simpson accusa le MI6 et le ministère de la Défense britannique de ne pas divulguer toutes les informations dont ils disposaient sur le sujet « alors que les révélations sur Gladio ont entraîné la découverte d’armées stay-behind dans d’autres pays européens - en Belgique, en France, aux Pays-Bas, en Espagne, en Grèce et en Turquie. Même dans des pays neutres comme la Suède et la Suisse, cela a donné lieu à un débat public. Dans certains cas, des enquêtes officielles ont été diligentées. En revanche, en Grande-Bretagne, toujours rien. Rien que les habituels communiqués du ministère de la Défense qui ne souhaite pas commenter les questions de Sécurité nationale » [56]. Simpson déclara qu’après la chute du Mur de Berlin les Britanniques avaient pris connaissance des complots et des opérations de terrorisme ourdis par la Stasi, la Securitate et d’autres services secrets d’Europe de l’Est avec une horreur mêlée de fascination. « Se peut-il alors que notre camp se soit livré à des actions comparables ? Jamais ! » commenta-t-il avec ironie avant d’attirer l’attention sur les services de sécurité d’Europe occidentale : « Mais des informations commencent à présent à filtrer concernant des abus qui auraient été commis par la plupart des services secrets des membres de l’OTAN. En Italie, une commission parlementaire a été chargée d’enquêter sur les agissements d’une armée secrète créée par l’État dans le but de résister à une éventuelle invasion soviétique. L’enquête a permis de découvrir l’existence de forces armées clandestines similaires dans toute l’Europe. Mais le groupe italien, connu sous le nom de Gladio, est, lui, soupçonné d’avoir participé à une série d’attentats terroristes » [57].
La BBC ne put obtenir aucune réaction des responsables du gouvernement sur le scandale Gladio, la confirmation officielle de l’implication du MI6 ne vint que des années plus tard et dans un cadre plutôt inhabituel : un musée. En juillet 1995, une nouvelle exposition permanente baptisée « Les guerres secrètes » fut inaugurée à l’Imperial War Museum de Londres. « Tout ce que vous pouvez voir dans cette exposition fait partie des secrets les mieux gardés du pays », assurait-on aux visiteurs à l’entrée. « C’est la première fois qu’ils sont dévoilés au public. Et le plus important : tout est véridique... la réalité est bien plus incroyable et passionnante que la fiction. » Sur l’une des vitrines consacrées au MI6, un commentaire discret confirmait que : « Les préparatifs en vue d’une Troisième Guerre mondiale incluaient la création de commandos stay-behind parés à opérer derrière les lignes ennemies dans le cas d’une invasion soviétique de l’Europe de l’Ouest ». Dans la même vitrine, une grosse caisse pleine d’explosifs était accompagnée de la légende suivante : « Explosifs conçus spécialement par le MI6 pour être cachés dans des territoires susceptibles de passer à l’ennemi. Ils pouvaient rester enterrés pendant des années sans subir la moindre altération. » À côté d’un manuel consacré aux techniques de sabotage pour commandos stay-behind, on pouvait lire : « Dans la zone d’occupation britannique en Autriche, des officiers de la Marine Royale furent spécialement détachés pour aménager des caches d’armes en montagne et collaborer avec des agents recrutés sur place » [58]
D’anciens officiers du MI6 interprétèrent à juste titre cette exposition comme un signe qu’ils étaient à présent libres de s’exprimer sur l’Opération Gladio. Quelques mois après l’inauguration, les anciens officiers de la Marine Royale Giles et Preston, les seuls agents du MI6 dont les noms étaient cités dans l’exposition à côté d’une photographie prise « dans les Alpes autrichiennes, 1953-1954 », confirmèrent à l’écrivain Michael Smith qu’à la fin des années quarante et au début des années cinquante, États-uniens et Britanniques avaient recruté des unités stay-behind en Europe de l’Ouest en prévision d’une invasion soviétique. Giles et Preston furent envoyés à Fort Monckton, non loin de Portsmouth en Angleterre, où les Gladiateurs partageaient l’entraînement des SAS sous l’égide du MI6. Ils étaient formés au cryptage, au maniement des armes à feu et aux opérations secrètes. « On nous faisait faire des exercices, sortir au beau milieu de la nuit et faire semblant de faire exploser des trains sans que le chef de gare ou les porteurs ne nous repèrent », se souvint Preston. « On approchait en rampant et on faisait semblant de fixer des charges explosives sur le côté droit de la locomotive » [59]
Giles se remémora avoir pris part à des opérations de sabotage sur des trains britanniques en service comme, par exemple, l’exercice qui eut lieu à la gare de triage d’Eastleigh : « Nous déposions des briques dans les locomotives pour simuler des pains de plastic. Je me rappelle les files et les files de wagons, entièrement recouverts d’une épaisse couche de neige, arrêtés là au milieu des nuages de vapeur. Des soldats patrouillaient avec des chiens. À un moment donné, les gardes se sont approchés, j’ai alors dû me cacher entre les cylindres des locomotives et attendre qu’ils passent. Nous ôtions aussi le bouchon des réservoirs d’huile des essieux pour y verser du sable, ce qui avait pour conséquence, au bout de quelques dizaines de kilomètres, de les faire tous surchauffer » [60]. Le fait qu’il s’agisse de trains publics en service ne semblait pas gêner les deux agents : «  Ce n’était pas mon problème », expliqua Giles, « nous ne faisions que jouer ». « J’ai dû arpenter Greenwich pendant 10 jours pour apprendre à filer des gens et à semer ceux qui me filaient, la réalité concrète du boulot d’espion », raconta Preston. Puis, ils furent envoyés en Autriche avec pour mission de recruter et de former des agents et supervisèrent le réseau de « bunkers souterrains remplis d’armes de vêtements et de matériel » mis en place par « le MI6 et la CIA » à destination du Gladio autrichien [61] En visitant le quartier général du MI6 sur les bords de la Tamise à Londres en 1999, il ne fut pas surpris outre mesure d’apprendre que le MI6 a pour règle de ne jamais évoquer les secrets militaires.
(À suivre…)




Daniele Ganser
Historien suisse, spécialiste des relations internationales contemporaines. Il est enseignant à l’Université de Bâle.





Cet article constitue le troisième chapitre des Armées secrètes de l’OTAN
© Version française : éditions Demi-lune (2007).

 


[1] Quotidien britannique The European du 9 novembre 1990.
[2] Ibid. Il semble que le représentant de l’OTAN qui apporta le rectificatif soit Robert Stratford. Voir Regine Igel, Andreotti. Politik zwischen Geheimdienst und Mafia (Herbig Verlag, Munich, 1997), p.343.
[3] Quotidien britannique The Observer du 18 novembre 1990.
[4] Quotidien britannique The Guardian du 10 novembre 1990.
[5] Ibid., 30 janvier 1992.
[6] Ibid., 16 janvier 1991.
[7] Agence de presse internationale Reuters, 15 novembre 1990.
[8] Aucun auteur spécifié, « Gladio. Un misterio de la guerra fria. La trama secreta coordinada por mandos de la Alianza Atlantica comienza a salir a la luz tras cuatro decadas de actividad » dans le quotidien espagnol El Pais du 26 novembre 1990.
[9] Aucun auteur spécifié, « El servicio espanol de inteligencia mantiene estrechas relaciones con la OTAN. Serra ordena indagar sobre la red Gladio en Espana » dans le quotidien espagnol El Pais du 16 novembre 1990.
[10] Erich Schmidt Eenboom, Schnüffler ohne Nase. Der BND. Die unheimliche Macht im Staate (Econ Verlag, Düsseldorf, 1993), p.365.
[11] Quotidien portugais Expresso du 24 novembre 1990.
[12] Ibid.
[13] Agence de presse internationale Reuters, 13 novembre 1990. Quotidien britannique The Independent du 16 novembre 1990.
[14] Agence de presse internationale Associated Press, 14 novembre 1990. Agence de presse internationale Reuters, 12 november 1990. Agence de presse internationale Reuters, 15 novembre 1990.
[15] Hebdomadaire britannique The Independent on Sunday du 21 juin 1998. Critique d’un ouvrage sur Nixon (Nixon in Winter) par l’ancienne assistante de Nixon : Monica Crowley.
[16] Ils furent :
1951–1952 Gén. Dwight D Eisenhower, US Army ;
1952–1953 Gén. Matthew B Ridgway, US Army ;
1953–1956 Gén. Alfred M Gruenther, US Army ;
1956–1962 Gén. Lauris Norstad, US Air Force ;
1963–1969 Gén. Lyman L Lemnitzer, US Army ;
1969–1974 Gén. Andrew J Goodpaster, US Army ;
1974–1979 Gén. Alexander M Haig Jr, US Army ;
1979–1987 Gén. Bernard W Rogers, US Army ;
1987–1992 Gén. John R Galvin, US Army ;
1992–1993 Gén. John M Shalikashvili, US Army ;
1993–1997 Gén. George A Joulwan, US Army ;
1997–2000 Gén. Wesley K. Clark, US Army.
2000-2003 Gén. Joseph Ralston, US Air Force ;
2003-2006 Gén. James L. Jones, US Marine Corps ;
2006-2009 Gén. Bantz J. Craddock, US Army ;
2009- Am. James G. Stavridis, US Navy.
[17] Jonathan Kwitny, « The CIA’s Secret Armies in Europe » dans The Nation, 6 avril 1992, p.445.
[18] Hebdomadaire allemand Der Spiegel, n°47, p.20, 19 novembre 1990.
[19] Pietro Cedomi, « Services Secrets, Guerre Froide et ‘stay-behind’ Part III. Répertoire des réseaux S/B » dans le périodique belge Fire ! Le Magazine de l’Homme d’Action, novembre/ décembre 1991, p.82.
[20] Commission d’enquête parlementaire sur Gladio, tel que résumé dans le périodique britannique Statewatch, janvier/février 1992.
[21] Philip Willan, Puppetmasters : The Political Use of Terrorism in Italy (Constable, Londres, 1991), p.27.
[22] Arthur Rowse, « Gladio : The Secret US War to subvert Italian Democracy » dans Covert Action Quarterly, n°49, Été 1994, p.3.
[23] Extrait de Willan, Puppetmaster, p.27.
[24] Mario Coglitore (ed.), La Notte dei Gladiatori. Omissioni e silenze della Repubblica (Calusca Edizioni, Padoue, 1992), p.34. « L’existence des protocoles secrets de l’OTAN est un fait avéré car de Gaulle les a dénoncés explicitement le 7 mars 1966 et le Parlement de la RFA a récemment admis qu’ils existaient » (ibid.).
[25] Périodique britannique Searchlight, janvier 1991.
[26] Paolo Inzerili, Gladio. La Verità negata (Edizioni Analisi, Bologne, 1995), p.61.
[27] Inzerilli, Gladio, p.62.
[28] Gerardo Serravalle, Gladio (Edizione Associate, Rome, 1991), p.78.
[29] Ibid., p.78.
[30] Commission d’enquête parlementaire sur Gladio, tel que résumé dans le périodique britannique Statewatch, janvier/février 1992.
[31] Inzerilli, Gladio, p.63.
[32] Ibid.
[33] Michel Van Ussel : Georges 923. Un agent du Gladio belge parle. Témoignage (Éditions La Longue Vue, Bruxelles, 1991), p.139.
[34] Inzerilli, Gladio, p.64.
[35] Courriel d’Anne-Marie Smith du service des archives de l’OTAN à l’auteur, 18 août 2000.
[36] Lettre du chef de la mission suisse à l’OTAN, l’ambassadeur Anton Thalmann, à l’auteur, datée du mai 2001.
[37] Lettre de Lee McClenny, responsible du service de relation presse et médias de l’OTAN, à l’auteur, datée du 2 mai 2001.
[38] Ibid.
[39] Presidential Directive, National Security Decision Memorandum 40, Responsibility for the Conduct, Supervision and Coordination of Covert Action Operations, Washington February 17 1970. Signed : Richard Nixon.
[40] Pour découvrir un historique complet des opérations secrètes de la CIA dans le monde depuis 1945, voir William Blum : Killing Hope. US Military and CIA interventions since World War II (Common Courage Press, Maine, 1995). Version française : Les Guerres scélérates (Parangon, 2004).
[41] Source : www.terrorism.com
[42] Les trois commissions étaient la Commission du Sénat présidée par Frank Church, la Commission de la Chambre des Représentants présidée par Ottis Pike et la Commission Murphy du Président Ford.
1. Report of the House Select Committee on Intelligence[Pike Committee], Ninety-fourth Congress, Publié par Village Voice, New York City, février 1976.
2. Report of the Commission on the Organization of the Government for the Conduct of Foreign Policy [Murphy Commission], US Government Printing Office, Washington DC, June 1975.
3. Final Report, of the United States Senate Select Committe to Study Governmental Operations with Respect to Intelligence Activities [Church Committee], US Government Printing Office, Washington DC, April 1976.
Celui qui peut être considéré comme le meilleur des trois rapports, le Rapport final de la Commission Sénatoriale d’Enquête sur les Opérations du Gouvernement en matière de Renseignement, se compose de six volumes. Le premier traite du « Renseignement Extérieur et Militaire, de la CIA, des opérations secrètes et la question du contrôle démocratique des services secrets ». Dans le second volume, intitulé « Activités de Renseignement et Droits des Citoyens États-uniens » le rapport Church révèlent de quelle manière la NSA et le FBI ont violé la vie privée des citoyens états-uniens. Le troisième volume, intitulé « Rapports Internes Complémentaires sur les Activités de Renseignement et les Droits des Citoyens États-uniens », prolonge l’analyse du précédent et affirme que « contre-espionnage » est une appellation impropre pour « opération clandestine intérieure ». Le quatrième volume, intitulé « Rapports Internes Complémentaires sur le Renseignement Extérieur et Militaire » présente un historique de la CIA de 1946 à 1975. Le cinquième volume, intitulé « L’Assassinat du Président John F. Kennedy et le Travail des Agences de Renseignement », tente d’établir si les services secrets US ont ou non conspiré pour entretenir le secret autour de l’assassinat de JFK. Le dernier volume, intitulé « Rapports Complémentaires sur les Activités de Renseignement », traite de l’évolution historique et de l’organisation de la capacité de renseignement nationale de 1776 à 1976.
Des extraits de ces rapports ont été publiés en français sous le titre Les Complots de la CIA. Manipulations et assassinats (Stock, 1976).
[43] Kathryn Olmsted, Challenging the Secret Government : The Post-Watergate Investigations of the CIA and FBI (University of North Carolina Press, Chapelhill, 1996), p.9.
[44] Quotidien britannique The Independent du 1er décembre 1990.
[45] Jonathan Kwitny, « The CIA’s Secret Armies in Europe » dans The Nation , 6 avril 1992, p.445.
[46] Arthur Rowse, « Gladio. The Secret US War to Subvert Italian Democracy » dans Covert Action Quarterly, n°49, Été 1994.
[47] Requête FOIA : « L’Operation ‘Gladio’ de la CIA », déposée par Malcolm Byrne le 15 avril 1991. Requête FOIA n° 910113.
[48] Quotidien italien Corriere della Sera du 29 mai 1995.
[49] Magazine politique autrichien Zoom, n° 4/5, 1996 : « Es muss nicht immer Gladio sein. Attentate, Waffenlager, Erinnerungslücken », p.6.
[50] Bericht betreff US Waffenlager. Oesterreichisches Bundesministerium für Inneres. Generaldirektor für die öffentliche Sicherheit. Mag. Michael Sika. 28 novembre 1997. Vienne, p.10.
[51] Lettre datée du 28 décembre 2000 et adressée par la CIA à l’auteur concernant la requête FOIA F-2000-02528 portant sur l’opération Gladio.
[52] Lettre datée du 23 janvier 2001 et adressée par l’auteur à Mme Dyer de la CIA.
[53] Lettre datée du 7 février 2001 et adressée par la coordinatrice des questions d’information et de respect de la vie privée Kathryn I. Dyer à l’auteur.
[54] Au moment de la mise sous presse de l’édition française, soit 6 ans après la demande, l’auteur attend toujours… (Note de l’éditeur)
[55] Agence de presse internationale Associated Press, 14 novembre 1990.
[56] Télévision britannique. BBC Newsnight, 4 avril 1991, 22 h 30. Reportage du journaliste Peter Marshall sur Gladio.
[57] Ibid.
[58] Imperial War Museum, Londres. Exposition sur les Guerres Secrètes. Visitée par l’auteur le 20 mai 1999. Le 4 juin 1999, l’auteur rencontra Mark Siemens, du département de recherche du musée et en charge de l’exposition sur les Guerres Secrètes, qui souligna que l’unité secrète SOE, créée pendant le Seconde Guerre mondiale, était le prédécesseur des stay-behinds Gladio. L’auteur ne parvint à obtenir du MI6 aucune information supplémentaire sur le phénomène.
[59] Michael Smith, New Cloak, Old Dagger : How Britain’s Spies Came in from the Cold (Gollancz, Londres, 1996), p.117. Basé sur des entretiens avec Simon Preston le 11 octobre 1995 et Michael Giles le 25 octobre 1995.
[60] Smith, Dagger, p.117.
[61] Ibid., p.118.

http://www.voltairenet.org/article162763.html http://www.voltairenet.org/article162763.html

navire iranien : documents attestant qu'il était vide

Publié le 31/10/2009 à 09:23 par djamazz

Affaire du navire iranien arrêté au Yémen: documents attestant qu'il était vide  30/10/2009


La  chaîne de télévision iranienne Al-Alam,  a réussi à se procurer des documents certifiant que le navire iranien arrêté par les autorités yéménites,  était vide : aucune marchandise était à son bord, et donc ces documents démentent les accusations selon lesquelles le navire iranien  transportait des armes à la rebellion zaïdite.
 
Les documents attestent  que le navire iranien avait -avant d’atteindre les côtes Yémenites -amarré dans le port de Charqiya, et que les fonctionnaires du port ont certifié qu’il ne contenait aucune marchandise de quelque nature que ce soit ! 
 
Les documents précisent que le navire a été contraint de s'arrêter sur la côte d'Oman pour une semaine à cause de la mort d'un membre de son équipage, et que la personne décédée est d'origine indienne, une information confirmée  par l'ambassade de l’Inde à Mascate dans un document émis par elle.
 
Les documents indiquent que le navire, a rempli toutes les procédures juridiques pour libérer le corps d’Elsone Damaciano Celso Sixto Souza auprès des autorités concernées, puis a poursuivi son trajet jusqu'à la Mer Caspienne en passant par la mer de la Méditerranée, mais les forces navales yéménites l’ont encerclé à l’entrée du port de Mandab et l’ont arraisonné.
 
Le ministère iranien des Affaires étrangères a condamné fermement mercredi soir les rapports sur l'arrestation d'un navire iranien par les autorités yémenites transportant des armes.
 
Pour sa part, l'ambassade d'Iran à Sanaa a publié un communiqué exprimant sa surprise devant les allégations relatives à l’arrestation d'un navire iranien transportant des armes dans les eaux du Yémen.
 
L'ambassade a confirmé qu'un navire commercial était parti de Shaikiah avec aucune marchandise à bord,  et a souligné que le navire s'était arrêté une semaine à Amman à cause du  décès d'un membre de l'équipage, puis après l'achèvement des procédures juridiques s’est dirigé ver la Mer caspienne, via la Méditerranée.
 
L'ambassadeur iranien à Sanaa a également nié  la présence d'armes à bord du navire. Mahmoud Alizadeh a déclaré dans un communiqué à la télevision iranienne al-Alam mercredi soir: « nous avons présenté une protestation officielle à ce sujet au  Ministère des affaires étrangères du Yémen », soulignant que l'ambassade d'Iran à Sanaa suit de près cette affaire.
 
Il a ajouté: « Compte tenu des événements actuels dans le nord du Yémen, certains médias ont essayé d’accuser la République islamique d'Iran d'ingérence dans les affaires intérieures du Yémen », indiquant que « certaines personnes veulent nuire aux relations yémeno-iraniennes en ayant recours à des médias yéménites et fabriquer des histoires sur une ingérence iranienne au Yémen ».
 
Pour sa part Maritime Corporation a nié ce qui a été rapporté mercredi au sujet de l’arrestation d’un de ses navires, transportant des armes vers la côte nord du Yémen.

http://www.almanar.com.lb http://www.almanar.com.lb

La métamorphose d'un humain en vermine

Publié le 30/10/2009 à 12:57 par djamazz
La métamorphose d'un humain en vermine

 

Aline de Diéguez Vendredi 30 Octobre 2009


La métamorphose d'un humain en vermine

"Un matin, au sortir d'un rêve agité, Grégoire Samsa s'éveilla transformé en une véritable vermine."

Franz KAFKA, La Métamorphose


Lorsque mes yeux se furent accoutumés à pénombre, j'eus un hoquet d'horreur. Je vis la masse répugnante d'une bête monstrueuse occuper l'espace. Pendant que certaines de ses innombrables petites pattes s'affairaient à grappiller voracement une pitance gluante et malodorante happée goulûment par une gueule large comme un four, de nombreuses autres petites pattes "pitoyablement grêles" grattaient le sol, donnant l'impression de chercher à mouvoir une panse gélatineuse collée au sol .

C'était donc ça, un collaborateur, traître à sa cause, traître à ses frères, traître à sa propre dignité, un être superficiellement affairé et dévoué, mais en réalité fuyant et avide, un glouton jamais repu . Il faut négocier, négocier et avancer patiemment dans les négociations, chante-t-il à tue-tête entre deux bouchées, sur l'air des trompettes d'Aïda dans l'opéra de Verdi , tout en prenant bien soin de faire du sur-place.

La métamorphose du résistant en collaborateur se fait en un éclair: on se jette dans la félonie comme on se jette dans le vide au saut à l'élastique. "Un matin, au sortir d'un rêve agité, Grégoire Samsa s'éveilla transformé en une véritable vermine" nous apprend Kafka dans La Métamorphose.

C'est ainsi que des combattants autrefois courageux comme Mohammed Dahlan - ancien compagnon de Yasser Arafat - ou Mahmoud Abbas - quoique ce dernier n'ait jamais été un résistant de terrain - se réveillent, un matin, avec "un dos dur comme une cuirasse"très utile pour empêcher les scrupules d'atteindre leur conscience. Je ne parle pas de Salam Fayyad, l'actuel Premier Ministre nommé par Abbas. Comme ancien fonctionnaire du FMI, il n'est qu'un bureaucrate en service commandé, imposé à ce poste par les Américains.



Olmert-Dahlan en pleine "négociation": les confidences - ou les conseils - de Dahlan semblent passionner son interlocuteur

Tout le monde connaît l'histoire du juif, persécuteur acharné des premiers chrétiens que fut Saul de Tarse et devenu Saint Paul. Un jour, brusquement alors qu'il se rendait à Damas, foudroyé par une révélation subite, il est devenu un apôtre fervent du nouvel Évangile. La traîtrise et la lâcheté ne sont pas génétiques et d'anciens héros peuvent, comme saint Paul , être le siège, un beau matin, d'une conversion, une conversion à rebours pour Grégoire Samsa, Mahmoud Abbas ou Mohammed Dahlan, la métamorphose d'un être humain en une bestiole qui se demanderait: "Quel métier suis-je allé choisir? ", alors qu'il est si facile d'ouvrir toute grande une gueule armée de dents voraces et de mains crochues.

A l' instant où il se pose cette question, la conversion du résistant en vermine est consommée. L'humain est anéanti. La vermine est née. La bête peut alors s'épanouir et donner toute la mesure de ses capacités de nuisance.

Le plus étonnant dans le changement d'état, c'est qu'une fois devenue vermine, c'est avec des yeux de vermine que la vermine voit le monde et juge ses anciens compagnons d'arme.

C'est avec des mâchoires de vermine "très robustes" que la vermine essaie de tourner la clé qui lui ouvrira les portes de sa nouvelle vie. Loin d'être effondrée ou accablée par son nouvel état, la vermine s'adapte avec une aisance admirable à ses nouvelles fonctions et à sa nouvelle apparence : "Je me suis passée de serrurier, se dit-elle avec un soupir de soulagement". Le chemin de la trahison est une douce pente descendante dans laquelle il suffit à la bête de se laisser glisser.

L'état de vermine devient donc instantanément la norme et la vermine n'a plus que des problèmes, des soucis et des objectifs de vermine, à savoir, comment maîtriser des petites pattes nombreuses, mais grêles et toujours en mouvement, un dos dur comme une carapace, un gros postérieur difficile à traîner et qui a du mal à passer inaperçu. Impossible de franchir discrètement les portes et de se glisser incognito d'un endroit à un autre. D'ailleurs, elle ne se cache nullement et se laisse complaisamment photographier en compagnie de ses nouveaux maîtres. L'état de vermine est devenu une seconde nature, sa nouvelle vraie nature.

Mais des bouffées de mauvaise conscience la hantent néanmoins par instants. C'est pourquoi la ruse et l'hypocrisie deviennent les piliers de la stratégie officielle de la vermine. Négocier, négocier et encore négocier clame-t-elle à tout instant, tout en connaissant la totale inutilité. Tel est son credo officiel , répété ad nauseam. Ne pas se décourager, telle est sa justification officielle. Négocier pendant dix ans, pendant vingt ans, pendant mille ans s'il le faut. Faire semblant de ne pas voir que pendant ce temps, l'occupant aura avalé toute la Cisjordanie et qu'il n'y aura plus rien à négocier. Accepter la farce de discuter d'"accords de principe", de "projets de paix", "d'étape transitoire", accepter de d'évoquer l'éventualité, la possibilité, la probabiblité, la virtualité, la potentialité, d'un "Etat provisoire", d'une "situation temporaire", d'une "fenêtre d'opportunité" .

Les ressources de l'imagination sémantique de l'occupant sont inépuisables et la bête collaboratrice se prête complaisamment à cette comédie en serrant obséquieusement dans ses bras maigrichons, les uns après les autres, les maîtres successifs de l'occupation.


Abbas "négocie" avec le bourreau de Jénine et savoure ses bonnes blagues


La "négociation"Olmert-Abbasa tourné à la franche rigolade


Abbas-Hillary Clinton: quelle délicieuse"négociation" en perspective


Dahlan-Condolezza Rice: Echine trop courbée pour une bonne "négociation" M.Dahlan


Peres-Abbas : Cette fois, la "négociation" se terminera, c'est certain, par une déclaration d'amour. L'émotion étreint Abbas

Brasser l'air ou faire des ronds dans l'eau tout en faisant semblant de croire que les négociations peuvent aboutir un jour, qu'Israël abandonnera volontairement ne serait-ce qu'un mètre carré des territoires conquis, telle est l'illusion qu'affichent les collaborateurs. Pendant ce temps, l'occupant par la bouche d'un de ses ministres les plus influents - Lieberman - proclame tranquillement qu'il "refuse tout accord global avec les Palestiniens ". "C'est la réalité", insiste-t-il.

En effet, c'est la réalité et il n'est pas le premier à proférer cette affirmation catégorique que les vermines et leurs soutiens occidentaux feignent de ne pas prendre au sérieux. Or, ceux qui ont des oreilles pour entendre et ne serait-ce qu'un embryon de mémoire, savent qu'il y trente ans déjà, Moshe Dayan, le général borgne, l'homme au bandeau noir sur l'œil, en avait publiquement averti toutes les parties et il avait claironné ironiquement ce fait urbi et orbi, le gravant dans les colonnes de l'International Herald Tribune: "Vous, les Américains, vous pensez que vous nous forcerez à quitter la Cisjordanie. Mais nous sommes là et vous êtes à Washington. Que ferez-vous si nous maintenons nos implantations? Pousser un cri? Que ferez-vous si nous maintenons notre armée là-bas? Envoyer des troupes?"

Et depuis lors, non seulement rien n'a changé, mais tout a empiré et personne ne lève le petit doigt pour exiger réellement un changement.

On voit que telle est bien l'impasse devant laquelle se trouve M. Obama aujourd'hui. Les navettes du "négociateur" Mitchell et la stupéfaction des gouvernants américains devant le refus catégorique des Israéliens de seulement geler - même temporairement - l'extension des colonies et la poursuite du vol des terres palestiniennes, prouvent qu'ils n'ont toujours rien compris à la psychologie des sionistes.

Or, de l'autre côté du mur, de l'autre côté des checkpoints, une nourriture tentante attend la vermine: "Il y avait là un bol de lait sucré où nageaient de petits morceaux de pain blanc". Pas seulement du pain blanc, mais de juteux bénéfices concernant notamment l'attribution d'un second réseau de téléphonie mobile dans lequel l'entourage familial de la vermine en chef possède d'importants intérêts. Tout comme dans les contrats d'association avec des entreprises du bâtiment ou de distribution de cigarettes, dans lesquels s'est spécialisé le deuxième fils d'Abbas, le richissime Yasser, lequel a grassement profité de la "substance collante" que "sécrète le bout de ses pattes" de son collaborateur de père.


Les deux fils richissimes d'Abbas, Tarek et Yasser

Et c'est cette "substance collante" associée au pouvoir corrupteur des colonisateurs sionistes qui a permis à la nomenklatura du Fatah de s'enrichir avec les subventions internationales dépensées sans aucun contrôle aux dépens du peuple palestinien. Et voilà pourquoi la perte du pouvoir à Gaza à la suite d'élections unanimement reconnues dans le monde entier comme non frauduleuses - ce qui constitue un miracle régional - fut si douloureusement ressentie par les apparatchiki du Fatah . Elle explique leur haine pour les Gazaouis ainsi que leur soutien au blocus et au génocide de ce petit territoire.

La jouissance des satisfactions immédiates emporte dans une grande vague les éventuels scrupules, les sentiments de solidarité et les réflexes de loyauté, si de tels sentiments avaient survécu au changement d'état: "Il en aurait presque ri de plaisir tant son appétit avait augmenté depuis le matin."

Les somptueuses limousines allemandes aux vitres teintées, alignées devant l'église de Bethléem durant le congrès de l'OLP tenu avec la bénédiction et sous la protection de l'occupant, les demeures des mille et une nuit, les luxueuses résidences à l'étranger, l'acquisition d'appartements dans de nombreuses capitales européennes et arabes réussissent aisément à étouffer d'éventuels remords ou des bouffées d'honnêteté.

Une vermine se trouve mille et une excuses. Elle "se fourre la tête jusqu'aux yeux dans l'écuelle" et parvient même à se convaincre que son action est bénéfique à sa famille, à sa communauté, à sa nation et qu'elle accomplit une sage opération au service de la résistance.

On sait combien le pouvoir exerce un pouvoir fascinateur sur certains esprits. Ebloui, le collaborateur est entraîné insensiblement, imperceptiblement, insidieusement là où il ne voulait peut-être pas aller en toute lucidité au départ. Comment se comporter dignement quand l'ennui vous harcèle, que la situation semble bloquée et que l'énergie de résister et de combattre vous a quitté ? Comment continuer de résister lorsqu'on vit dans la misère et le danger depuis toujours et qu'on se trouve sollicité, alléché et appâté par des promesses? "Qui sait d'ailleurs si ce n'est pas la bonne affaire", se dit le collaborateur au moment de faire le grand plongeon. Lorsque les héros sont fatigués, ils abandonnent le navire en difficulté et tentent de se sauver tout seuls, ce qui, en l'occurrence, signifie qu'ils se mettent au service de l'ennemi car "il n'y a rien d'aussi abrutissant que de se lever toujours si tôt".

Voilà pourquoi l'ancien videur de boîte de nuit moldave et actuel représentant des forces d'occupation à l'étranger, a pu révéler publiquement que la guerre contre la population Gaza avait été préparée avec l'aide et les conseils de la vermine en chef Mahmoud Abbas et de l'entourage direct de l'Autorité palestinienne - notamment de Mohammed Dahlan - lesquels ont demandé aux forces d'occupation d'aller jusqu'au bout de l'anéantissement des résistants du Hamas, et tant pis pour les massacres de civils coupables, à leurs yeux, d'avoir mal voté en votant pour la résistance. On a même vu certains membres du Fatah exprimer un enthousiasme bruyant lorsque les bombes incendiaires de "l'armée la plus morale du monde" carbonisaient les enfants de Gaza et distribuer des bonbons à la ronde en signe de réjouissance.

Obama a depuis lors soudoyé et menacé l'Autorité palestinienne afin qu'elle coopère avec le projet israélo-étasunien de ranger dans les poubelles de l'histoire le rapport Goldstone de l'ONU sur les crimes de guerre israéliens, commis pendant l'attaque barbare de l'armée israélienne contre la population civile sans défense du ghetto de Gaza. Il continue de menacer Abbas de lui couper les vivres s'il signe un accord de réconciliation avec le Hamas sans que celui-ci ait reconnu la légitimité d'un "Etat juif" - ce qui, en langage clair, signifie que la résistance doit renoncer à résister, accepter la purification ethnique présente et à venir et reconnaître la légitimitié de sa mise en esclavage dans des banthoustans.

Devenue la sous-traitante du régime d'occupation et son instrument docile - la responsable administrative d'une sorte de "Judenrät" palestinien - la vermine a tout avalé. Elle a dégluti sans problème le mur de la honte qui balafre la terre palestinienne et embastille des villages entiers en dépit de sa condamnation universelle par le monde entier. Elle est restée de marbre face au boycott de l'économie palestinienne grâce au système d'asphyxie créé par les checkpoints et les moyens de contrôle les plus pervers en Cisjordanie. Le vol des terres et des nappes phréatiques n'a mis en action aucune de ses innombrables pattes grêles et elle a signé, en toute illégalité, l'attribution à l'occupant de l'exploitation des gisements gaziers découverts au large de Gaza.


Netanyahou(on devine un petit sourire en coin), Obama (maître d'hôtel), Abbas (un peu coincé, mais obligé d'obéir à ses maîtres)

Elle a même accepté de mettre sa police sous le contrôle direct d'un général américain et continue de pourchasser frénétiquement et d'emprisonner les résistants dans la partie du gruyère que l'occupant lui laisse déguster … pour le moment.

Non seulement la vermine tolère le blocus du plus gigantesque camp de concentration jamais ouvert sur la planète depuis l'origine de l'histoire, mais elle en est l'initiatrice, la complice et la gardienne.

La collaboration est un engrenage dont on ne peut s'extraire. Les compromissions deviennent un boulet de plus en plus lourd à porter ou, pour employer une autre métaphore, un garrot qui serre, qui serre de plus fort la gorge du félon et le contraint d'accéder à tous les diktats de l'occupant et de son protecteur, donc de s'engager de plus en plus loin dans la trahison.

Ainsi, après que l'occupant lui a mis un révolver sur la tempe sous la forme d'un chantage la menaçant de publier les enregistrements de ses trahisons antérieures - notamment sa participation au déclenchement de l'étrange "maladie mortelle" de l'ancien chef, Arafat - la vermine s'est appliquée à mettre les assassins à l'abri de l'application du droit international en retirant, dans un premier temps, sa plainte pour crimes de guerre et génocide. C'est sous ces menaces que la délégation s'est retrouvée contrainte, par écrit, de n'accorder aucune autorisation à quiconque en vue de l'adoption par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU du rapport Goldstone - rapport qu'elle s'était d'abord sentie obligée de déposer sous la pression de l'indignation universelle provoquée par le carnage de Gaza et auquel elle est finalement revenue, sous une autre contrainte, celle de l'opinion publique mondiale et de la fureur des Palestiniens.

Aux dernières nouvelles, l'Autorité Palestinienne est allée jusqu'à accepter que des officiers des milices collaborationnistes fassent partie intégrante d'unités israéliennes arabisées à Jérusalem afin de participer à la répression des manifestations de leurs frères . Elles participent également à la chasse aux Palestiniens résistants, le tout en compagnie des sinistres "gardes frontières" d'un pays sans frontières.

La panse de la bête grossit à chaque traîtrise et à chaque reculade. Pendant qu'il est encore temps, elle se bâfre "du choix de comestibles" étalés par l'occupant "sur un vieux journal : des trognons de légumes à moitié pourris, des os du dîner de la veille couverts d'une sauce blanche, des raisins de Corinthe, un fromage déclaré immangeable quelques jours auparavant, un pain rassis", le tout complété par une "écuelle d'eau".

Méprisant la fraîcheur des raisins, la vermine se jette "avec des yeux mouillés de satisfaction" sur le fromage moisi de la reprise des prétendues négociations, lesquelles évoquent irrésistiblement la course de l'écureuil tournant sur sa roue dans une cage hermétiquement close.

Mais le destin de la vermine, prévient Kafka, est de mourir, victime de la "pomme pourrie" de la trahison "incrustée dans son dos", qui aura gangrené le corps tout entier et provoqué "l'inflammation des parties environnantes".

Devenu "le machin d'à-côté", le cadavre, transformé en détritus et "crevé comme un rat", sera expédié dans les poubelles de l'histoire à grands coups de balai.

C'est ainsi que de petites compromissions en grosses soumissions, le collaborateur complaisant met en mouvement ses innombrables petites pattes de vermine et finit dans la peau d'un traître.

 

A suivre: Sur les pas d'Octave Mirbeau dans le Jardin des supplices de Gaza
Le 1er novembre 2009

Les armées secrètes de l’OTAN (II) partie 1

Publié le 29/10/2009 à 12:28 par djamazz
Quand le Gladio fut découvert dans les États européens… Les armées secrètes de l’OTAN (II)

FuzzFuzz DiggDigg Del.icio.usDel.icio.us
BlogmemesBlogmemes Tape-moiTape-moi NuouzNuouz
BlinklistBlinklist FurlFurl RedditReddit
SmarkingSmarking NewsvineNewsvine PiochePioche
SpurlSpurl Y!Y! SimpySimpy
WistsWists BlinkbitsBlinkbits Co.mmentsCo.mments
ConnoteaConnotea BlogmarksBlogmarks Del.irio.usDel.irio.us
TechnoratiTechnorati MeneameMeneame WikioWikio
FacebookFacebook GoogleGoogle MySpaceMySpace
// <![CDATA[http://www.alterinfo.net/Quand-le-Gladio-fut-decouvert-dans-les-Etats-europeens-Les-armees-secretes-de-l-OTAN-II_a38532.html]]>   TwitterTwitter LinkedInLinkedIn
ViadeoViadeo ScoopeoScoopeo  

Nous poursuivons la publication par épisodes de l’ouvrage de référence sur les réseaux stay-behind de l’OTAN. Dans ce second chapitre, l’historien suisse Danièle Ganser retrace les découvertes en cascades qui révélèrent l’existence de cette organisation clandestine dans toute l’Europe de l’Ouest et au-delà et le silence qui recouvrit immédiatement ce scandale. La question posée alors par le Parlement européen était de savoir si les institutions démocratiques n’étaient qu’une façade derrière laquelle les Anglo-Saxons manipulaient les peuples d’Europe occidentale depuis un demi-siècle. Cette question reste toujours ouverte.

par Daniele Ganser

Mercredi 28 Octobre 2009


Fin 1990, le scandale Gladio éclate alors que le président français, François Mitterrand, prépare son opinion publique à l’entrée en guerre aux côtés des États-Unis en Irak. Il confie à son ministre de la Défense, Jean-Pierre Chevènement (b
Fin 1990, le scandale Gladio éclate alors que le président français, François Mitterrand, prépare son opinion publique à l’entrée en guerre aux côtés des États-Unis en Irak. Il confie à son ministre de la Défense, Jean-Pierre Chevènement (b

Cet article fait suite à « Quand le juge Felice Casson a dévoilé le Gladio… »
===
Les journalistes étrangers réunis au club de la presse de Rome à l’été 1990 se plaignaient de la frilosité de leurs rédactions vis-à-vis de la délicate affaire Gladio et de sa dimension internationale. En effet, il faut rappeler le contexte délicat dans lequel survinrent les révélations du Premier ministre italien Giulio Andreotti devant le Sénat le 3 août sur l’existence d’une armée secrète stay-behind créée par l’OTAN dans toute l’Europe de l’Ouest. L’édifiante allocution eut lieu le lendemain du 2 août 1990, jour de l’invasion du Koweit par le dictateur irakien Saddam Hussein. À Paris, Londres et Washington, rédacteurs en chef et conseillers militaires craignaient que ce scandale n’entache sérieusement l’image de nombreuses démocraties occidentales et surtout perturbe les préparatifs de la guerre du Golfe. Le 2 août à New York, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, « effrayés par l’invasion du Koweït », avaient, avec l’assentiment de la Chine et de la Russie, fait adopter par le Conseil de Sécurité des Nations Unies la résolution 660, ordonnant « le retrait immédiat et inconditionnel de toutes les forces irakiennes des positions occupées au 1er août 1990 ».
En Occident et dans le monde entier, les médias étaient alors focalisés sur « la crise du Golfe » et relataient comment les USA, sous la présidence de George Bush senior, avaient engagé la plus grande opération militaire depuis la Seconde Guerre mondiale à la tête d’une coalition de pays rassemblant notamment l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et les Pays-Bas pour libérer le Koweït de l’occupation irakienne, au cours d’une opération baptisée « Tempête du Désert », en janvier et février 1991 [1]. Ainsi, les grands networks eurent simultanément deux étranges histoires à livrer au public : une guerre propre dans le golfe Persique et le scandale Gladio en Europe, qu’ils choisirent finalement d’étouffer [2].
Suite aux révélations du Premier ministre italien Giulio Andreotti, le scandale franchit les frontières de l’Italie quand, le 30 octobre, l’ancien Premier ministre socialiste de la Grèce Andreas Papandreou confirma dans le quotidien grec Ta Nea qu’il avait découvert, en 1984, une structure secrète de l’OTAN très similaire au Gladio italien dont il avait alors aussitôt ordonné le démantèlement. Des voix s’élevèrent pour réclamer une enquête parlementaire sur l’armée secrète et son rôle supposé dans le putsch des colonels de 1967 mais le gouvernement conservateur de l’époque ne donna pas suite. Le ministre de la Défense Varvitsiotis expliqua qu’un ancien attaché militaire grec à Washington qui avait travaillé pour l’OTAN examinerait les accusations mais annonça d’office : « Le gouvernement n’a rien à craindre » [3].
De Grèce, le scandale gagna ensuite l’Allemagne où, le 5 novembre, un parlementaire vert, Manfred Such, ayant pris connaissance de l’affaire dans le quotidien allemand TAZ, somma solennellement le gouvernement d’Helmut Kohl de s’exprimer sur l’existence soupçonnée de structures de type Gladio en Allemagne. Tandis qu’au ministère de la Défense allemand, on réfléchissait à la manière dont il convenait de traiter cette requête, la chaîne de télévision privée RTL provoqua l’indignation publique en révélant, au cours d’un reportage spécial consacré à Gladio, que d’anciens membres de la Waffen SS d’Hitler avaient fait partie de la branche allemande du réseau et que, dans de nombreux autres pays, des partisans de l’extrême droite avaient été enrôlés dans l’armée secrète anticommuniste.
La tension monta encore d’un cran lorsque le porte-parole du gouvernement allemand Hans Klein tenta d’expliquer, de manière confuse, que « le Gladio allemand n’était pas, comme on a pu le prétendre, un commando secret ou une unité de guérilla », et ajouta qu’il ne pouvait évoquer les détails à cause du secret-défense [4]. Les déclarations de Klein provoquèrent un tollé parmi les socio-démocrates et les verts de l’opposition qui y virent un tremplin à l’approche des élections fédérales. Le parlementaire Hermann Scheer, le spécialiste des questions de Défense du SPD, le parti social-démocrate allemand, compara ce mystérieux réseau à une sorte de « Ku Klux Klan », davantage voué à mener des opérations clandestines contre la population et l’opposition qu’à lutter contre une improbable invasion soviétique. Scheer insistait sur l’urgence de diligenter une enquête sur Gladio « avant qu’on puisse faire disparaître les preuves » [5]. « Cette affaire est du ressort du procureur général (Generalbundesanwalt) », expliqua Scheer, « car l’existence d’une organisation militaire secrète en dehors de tout contrôle gouvernemental ou parlementaire est totalement contraire à la loi fondamentale et relève, à ce titre, de la justice pénale » [6].
Le parlementaire social-démocrate Wilfried Penner, membre de la Commission parlementaire de contrôle (PKK) des services secrets allemands, précisa bien qu’il n’avait jamais entendu parler du réseau secret de l’OTAN ni « de ses ramifications mafieuses », et que « cette affaire devait être traitée publiquement, aux yeux de tous » [7]. Burkhard Hirsch, responsable des services secrets au sein du gouvernement et membre de la PKK, se déclara lui aussi « extrêmement inquiet » car « si quelque chose peut rester secret aussi longtemps, croyez-en ma longue expérience, ça cache forcément quelque chose de pourri » [8]. Cependant les voix s’élevant parmi les rangs du SPD pour réclamer une enquête officielle se turent rapidement quand le gouvernement chrétien-démocrate révéla que les ministres socio-démocrates eux aussi, durant leurs années au pouvoir, avaient couvert le secret. C’est pour cette raison que, en dépit des protestations émises par le parti des verts, l’affaire fut réglée à huis clos.
En Belgique, le soir du 7 novembre, le ministre de la Défense socialiste Guy Coëme confirma à une population effrayée qu’une armée secrète liée à l’OTAN avait aussi existé en Belgique. En faisant implicitement allusion aux tueries du Brabant —dans les années 1980, de mystérieux hommes vêtus de noir avaient ouvert le feu sur les clients de supermarchés, faisant de nombreux morts— le ministre ajouta : « Je veux maintenant découvrir s’il existe un lien entre les activités de ce réseau secret et la vague de crimes qui a ensanglanté notre pays durant ces dernières années » [9]. Affrontant les flashes de la presse, le Premier ministre belge Wilfried Martens, visiblement très préoccupé, déclara : « Je suis Premier ministre depuis maintenant 11 ans mais j’ai toujours ignoré l’existence d’un tel réseau dans notre pays ». Les journalistes relevèrent que le Premier ministre, « d’ordinaire si à l’aise en toutes circonstances », semblait cette fois « tout sauf détendu » [10]. Sur quoi, le Parlement belge décida de former une commission spéciale chargée d’enquêter sur le réseau stay-behind de Belgique. Après avoir obtenu le démantèlement du réseau un an plus tard, celle-ci présenta un précieux rapport public de pas moins de 250 pages [11].
Les parlementaires belges parvinrent à découvrir que l’armée clandestine de l’OTAN était toujours active. Ils apprirent que l’ACC, composé des généraux commandant les armées stay-behind de nombreux pays d’Europe occidentale, s’était réuni dans le plus grand secret à son quartier général bruxellois, les 23 et 24 octobre 1990. Ce conseil s’était tenu sous la présidence du général Raymond Van Calster, chef du Service général de Renseignement (SGR), les services secrets militaires belges. Van Calster entra dans une colère noire lorsque des journalistes parvinrent à remonter jusqu’à lui et le harcelèrent au téléphone. Il mentit une première fois à la presse en niant catégoriquement, le 9 novembre, avoir présidé la réunion internationale de l’ACC et en prétendant que Gladio était une affaire strictement italienne. Plus tard, il admit qu’un réseau secret avait effectivement été bâti en Belgique après la Seconde Guerre mondiale « afin de récolter des renseignements dans l’hypothèse d’une invasion soviétique » [12]. Tout en démentant énergiquement tout « lien direct avec l’OTAN », il refusa d’entrer dans les détails, mais affirma solennellement : « Nous n’avons rien à cacher » [13].
En France, le gouvernement du Président socialiste François Mitterrand tenta de minimiser l’affaire en faisant annoncer par un représentant quasi-inconnu que l’armée secrète « était dissoute de longue date [dans notre pays] » [14]. En outre, le général Constantin Melnik, chef des services secrets français entre 1959 et 1962, répandit dans le plus grand quotidien du pays la rumeur selon laquelle le Gladio français avait « probablement été démantelé sitôt après la mort de Staline en 1953 et ne devait plus exister sous la présidence de de Gaulle [c’est-à-dire après 1958] » [15]. La presse française se rangea derrière le gouvernement, alors en pleins préparatifs pour la guerre du Golfe, et se garda de poser des questions trop délicates, c’est ainsi qu’une « affaire qui faisait la une de tous les quotidiens d’Europe n’eut droit qu’à un entrefilet dans les journaux parisiens » [16].
Le Premier ministre italien Andreotti démonta implacablement le mensonge français en déclarant avec amusement le 10 novembre 1990 que la France avait également participé à la toute dernière réunion du commandement de Gladio, l’ACC, en Belgique le 23 octobre 1990. Suite à cela, le ministre de la Défense Jean-Pierre Chevènement, quelque peu embarrassé, tenta de limiter les dégâts en arguant que l’armée secrète française était demeurée totalement passive : « D’après les informations dont je dispose, elle n’a jamais eu d’autre fonction que de rester en sommeil et d’assurer un rôle de liaison ». Répondant à un journaliste de radio qui lui demandait si la France connaîtrait la même tourmente politique que l’Italie ou la Belgique, le ministre se livra à quelques spéculations sur les activités terroristes ou autres de l’armée secrète avant de répondre calmement : « Je ne pense pas ». [17] La presse remarqua que le gouvernement faisait tout son possible pour éviter que la population voie en Gladio une « abomination nationale » [18].
En Grande-Bretagne, plusieurs porte-parole du ministère de la Défense se relayaient jour après jour pour répondre invariablement à la presse véhémente : « Je regrette, mais nous n’évoquons jamais les questions de sécurité » ou « Il s’agit d’une question relevant de la sécurité. Nous ne l’aborderons donc pas » ou encore « Nous ne nous laisserons pas entraîner sur le terrain de la Sécurité nationale » [19]. Tandis que les journaux continuaient jour après jour de titrer sur l’affaire Gladio, le ministre de la Défense britannique Tom King se hasarda à traiter l’affaire, pourtant si inquiétante, avec désinvolture : « Je ne sais trop après quelle chimère vous courez. Ça a l’air terriblement passionnant, mais j’ai peur d’être totalement ignorant en la matière. J’en sais beaucoup plus sur le Golfe » [20]. Dans le contexte des préparatifs de l’Opération Tempête du Désert et de la guerre contre l’Irak, le Parlement britannique ne vit pas d’urgence à la création d’une commission ou à l’ouverture d’un débat parlementaire et préféra se ranger derrière le gouvernement du Premier ministre John Major. À l’été 1992, aucune version officielle n’avait encore été fournie au sujet de Gladio, au grand dam de journalistes comme Hugh O’Shaughnessy : « Le silence de Whitehall [21] et l’absence quasi-totale de curiosité dont ont fait preuve les parlementaires sur une affaire dans laquelle la Grande-Bretagne est si profondément impliquée sont extraordinaires » [22].
Aux Pays-Bas, le Premier ministre Ruud Lubbers, en fonction depuis 1982, décida de réagir à ce délicat problème en adressant une lettre au Parlement le 13 novembre, dans laquelle il confirmait l’existence dans le pays d’une armée secrète similaire en soulignant que « cette organisation n’avait jamais été sous le contrôle de l’OTAN » [23]. Puis, Lubbers et le ministre de la Défense des Pays-Bas Relus Ter Beek informèrent à huis clos le Comité responsable du renseignement et de la sécurité au Parlement des détails sensibles relatifs au Gladio néerlandais. « Les chefs de gouvernements et ministres de la Défense successifs ont toujours jugé préférable ne pas mettre dans la confidence les autres membres de leur cabinet ou le Parlement », déclara Lubbers devant la représentation nationale, en ajoutant qu’il était fier qu’une trentaine de ministres aient su garder le secret. Tandis que des parlementaires dénonçaient le danger inhérent à l’existence d’une armée secrète inconnue du Parlement et de l’immense majorité des citoyens, il fut décidé que le réseau secret ne ferait l’objet ni d’une enquête parlementaire ni d’un rapport public. « Le problème n’est pas tant qu’une telle chose ait pu ou puisse exister encore aujourd’hui », déclara Hans Dijkstal de l’opposition libérale, « mais plutôt que le Parlement n’en ait rien su avant hier soir » [24].
Au Luxembourg voisin, le Premier ministre Jacques Santer se présenta devant le Parlement le 14 novembre 1990 et confirma qu’une armée secrète créée à l’initiative de l’OTAN avait également existé dans ce pays. « Les activités de ces personnes se limitaient, et il en fut ainsi dès l’origine, à s’entraîner en vue de leurs mission, c’est-à-dire à apprendre à réagir individuellement dans un environnement hostile ou à coordonner les efforts avec les pays alliés », insista Santer [25]. La requête de Jean Huss, un représentant du parti vert alternatif qui demandait en premier lieu l’ouverture d’un débat au Parlement sur cette question, avant la convocation d’une commission d’enquête parlementaire, fut rejetée à la majorité des voix.
Quand la presse internationale relata qu’« au Portugal, une radio de Lisbonne a rapporté que des cellules du réseau associé à l’Opération Gladio avaient servi pendant les années cinquante à défendre la dictature de droite de Salazar », le gouvernement en place répondit par un démenti formel [26]. Le ministre de la Défense portugais Fernando Nogueira déclara le 16 novembre 1990 n’avoir jamais eu connaissance de la présence d’un réseau Gladio de quelque nature que ce soit au Portugal et prétendit que l’on ne disposait au ministère de la Défense et au Commandement des Forces armées « d’aucune information concernant l’existence ou les activités d’une “structure Gladio” au Portugal » [27]. Un général à la retraite démentit la version du gouvernement et confirma dans la presse, sous couvert de l’anonymat, qu’une armée secrète parallèle existait aussi au Portugal « dépendant du ministère de la Défense, du ministère de l’Intérieur et du ministère des Affaires coloniales » [28]. Dans l’Espagne voisine, qui, comme le Portugal, avait vécu pendant la majeure partie de la guerre froide sous le joug d’une dictature de droite qui réprimait l’opposition politique par la terreur et la torture, Alberto Oliart, ministre de la Défense au début des années 1980, qualifia de « puéril » le fait de se demander si l’Espagne franquiste avait elle aussi abrité une armée secrète extrême droite étant donné qu’« ici, Gladio était le gouvernement même » [29].
Au Danemark, le ministre de la Défense Knud Engaard, contraint par la pression publique, s’adressa au Parlement, le Folketing, le 21 novembre, pour démentir qu’une organisation « de quelque nature que ce soit » ait été créée par l’OTAN dans le pays et soutenue par la CIA. « Les informations relatives à une opération montée par les services secrets dans l’hypothèse d’une occupation du pays étant confidentielles, même hautement confidentielles », souligna le ministre, « il m’est impossible d’en faire part au Parlement danois ». Pelle Voigt, qui avait soulevé l’affaire Gladio à l’Assemblée, remarqua que « la réponse du ministre de la Défense était contradictoire et confirmait indirectement que le Danemark disposait lui aussi de son réseau clandestin » [30]. S’en suivit une discussion à huis clos au sein de la commission du Parlement Danois chargée de contrôler l’action des services secrets.
Quand la presse norvégienne commença à questionner le gouvernement au sujet de Gladio, elle reçut la réponse la plus brève jamais apportée à ce sujet. « Les propos d’Hansen demeurent exacts », déclara Erik Senstad, le porte-parole du ministère de la Défense, en faisant référence à une intervention du ministre de la Défense Rolf Hansen devant le Parlement en 1978, au cours de laquelle il n’avait pu que reconnaître, après sa découverte, l’existence d’une armée secrète en Norvège. Le contre-amiral Jan Ingebristen, qui avait démissionné de son poste de chef du renseignement militaire norvégien en 1985, provoqua l’indignation de la population en justifiant le secret entourant ces armées : « Il n’y a là rien de suspect. Mais ces unités sont vouées à agir clandestinement en territoire occupé, elles doivent donc impérativement demeurer top secret » [31].
En Turquie, l’élite au pouvoir réagit à l’affaire Gladio le 3 décembre, par l’intermédiaire du général Dogan Beyazit, président du Département des Opérations de l’armée turque, et du général Kemal Yilmaz, commandant des Forces Spéciales, qui confirmèrent dans la presse l’existence d’une armée secrète créée par l’OTAN et dirigée par le « Département des Opérations Spéciales » avec pour mission d’« organiser la résistance dans l’éventualité d’une occupation communiste » [32]. Tandis que les généraux tentaient de convaincre l’opinion que les membres du Gladio turc étaient tous de bons « patriotes », les journalistes et l’ancien Premier ministre Bulent Ecevit révélèrent que l’armée secrète baptisée contre-guérilla était impliquée dans des actes de torture, des attentats et des assassinats ainsi que dans les coups d’État successifs qui avaient marqué l’histoire récente du pays et qu’elle était pour l’heure employée à opprimer la minorité kurde de Turquie. L’armée refusa de répondre aux questions du Parlement et des ministres civils et le ministre de la Défense turc avertit Ecevit qu’il « aurait mieux fait de fermer sa gueule ! » [33].
Alors que la contre-guérilla poursuivait des opérations, le département d’État états-unien lui-même fit remarquer dans son rapport sur les droits de l’Homme de 1995 que « des sources fiables au sein d’organisations humanitaires, des représentants de la communauté kurde et des kurdes présents sur place prétendent que le gouvernement autorise, voire organise, le meurtre de civils ». Ce rapport précisait que « les associations de défense des droits de l’Homme évoquent une thèse répandue et crédible selon laquelle un groupe de contre-guérilla associé aux forces de sécurité aurait perpétré des “tueries secrètes” ». Quand la journaliste Lucy Komisar tenta de mener l’enquête aux États-Unis, elle découvrit bien vite que, s’agissant de secrets militaires, son gouvernement ne valait pas mieux que les généraux turcs. « Le Pentagone a refusé de me dire si Washington fournissait toujours des fonds ou une aide quelconque au Département des Opérations Spéciales ; en fait, ils ont éludé toutes mes questions à ce sujet. » Komisar fut régulièrement éconduite : « Les représentants que j’ai rencontrés m’ont répondu soit qu’ils n’en savaient rien, soit que les faits étaient trop anciens pour qu’il en reste des traces dans les archives, soit que je décrivais une opération de la CIA sur laquelle ils ne pouvaient me renseigner ». Un historien du Pentagone lui répondit : « Ah, vous voulez parler de l’organisation “stay-behind” ? C’est confidentiel » [34].

Affaire Gilad Shalit : Les Indigènes répondent à Chouraqui

Publié le 29/10/2009 à 11:41 par djamazz
Affaire Gilad Shalit : Les Indigènes répondent à Elie Chouraqui 'Les vraies confessions du soldat Gilad Shalit'

 

Mercredi 28 Octobre 2009


Affaire Gilad Shalit : Les Indigènes répondent à Elie Chouraqui 'Les vraies confessions du soldat Gilad Shalit'

Elie Chouraqui, avec la complicité de ses amis Alain Afflelou, Yvan Attal, Dominique Sopo, Marek Halter, Danièle Thomson et d’autres, a réalisé un clip pour sensibiliser les Français au sort de Guilad Shalit, présenté comme un "otage" du Hamas. Mais heureusement, les Indigènes veillent. Elie Chouraqui, Messieurs-Dames, amis d’Elie, ennemis ou amis des Indigènes, ci-dessous, et en exclusivité alors que la mosquée El Aqsa est assiégée : les vraies confessions du soldat Guilad Shalit.

Pour commencer, la vidéo de Chouraqui (si vous la connaissez déjà dépêchez-vous de passer à la réponse des Indigènes de la république, ça vous évitera une inutile nausée) :

Notre réponse en image :

Si cette vidéo disparaît, ne vous étonnez pas. Elle a déjà été enlevée de dailymotion quelques heures après avoir été mise en ligne une première fois. Cela se reproduira probablement. Si c’est le cas, nous espérons pouvoir trouver une autre solution....

Aaron Russo sur le 11 septembre, le CFR et Rockefeller

Publié le 26/10/2009 à 06:16 par djamazz
Aaron Russo sur le 11 septembre, le CFR et Rockefeller (vidéo)
Mondialisation.ca, Le 25 octobre 2009


Témoignage de Aaron Russo, producteur et réalisateur de films à Hollywood, sur ce qu'il a appris de la bouche de Nick Rockefeller, au sujet du 11 septembre 2001, de la guerre contre le terrorisme, du CFR etc...

Aaron est décédé le 24 Août 2007, 6 mois après cette Interview, officiellement des suites de son cancer.

http://www.dailymotion.com/video/x3qiv7_aaron-russo-sur-le-11-septembre-le_politics


Cultiver l'empathie pour un monde plus juste

Publié le 25/10/2009 à 06:36 par djamazz
Cultiver l'empathie pour un monde plus juste

 

Samedi 24 Octobre 2009


Cultiver l'empathie pour un monde plus juste

La chute du Vatican et de Wall Street selon Saint Jean

Publié le 21/10/2009 à 00:41 par djamazz
777 : La chute du Vatican et de Wall Street selon Saint Jean

 

Mardi 20 Octobre 2009


777 : La chute du Vatican et de Wall Street selon Saint Jean

Nouveauté


Éditions Le Jardin des livres

777 : La chute du Vatican et de Wall Street

selon Saint Jean



de Pierre Jovanovic


Le 29 septembre 2008, l'index du Dow Jones s'était effondré de 777,7 points plongeant le monde entier dans la consternation et déclenchant aussitôt une crise économique mon­diale, pire que celle de 1929.

Par simple curiosité, Pierre Jovanovic a rapproché le 777 de Wall Street du 777 donné par l'Ange dans l'Apocalypse de saint Jean. Et ce qu'il a trouvé dépasse l'entendement : le texte de saint Jean qui a presque 2 000 ans, annoncerait en réalité la chute du Vatican en même temps qu'une période de confusion totale, due à une...banqueroute universelle !


Dans cette analyse effectuée à partir des propos de l'Ange, Pierre Jovanovic démontre que l'Apocalypse de saint Jean est en réalité un extraordinaire avertissement pour notre époque qui s'apprêterait à connaître des bouleversements sans précédent.



De plus, avec cette nouvelle approche, le texte de l'Apocalypse de saint Jean devient plus clair (le fameux 666 par exemple s'explique de lui-même) et l'ensemble recoupe exactement la Liste des papes et de saint Malachie ainsi que les prophéties de la Vierge de la Salette.


UN LIVRE TOTALEMENT FASCINANT


Pierre Jovanovic a été journaliste et il est l'auteur du best-seller«Enquête sur l'existence des Anges gardiens» traduit en 7 langues.
--

--
Mary GUILLARD
Attachée de presse
Editions Le Jardin des livres
Tél : 0144090878
Portable : 0682194259
www.lejardindeslivres.com



DERNIERS ARTICLES :
La résistance face à la crise de l’hégémonie
LA GUERRE EST TOTALE   La résistance face à la crise de l’hégémonie 29 Octobre 2009 La crise actuelle n’est pas seulement une cris
LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT OBAMA
LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT OBAMA Fuzz Digg Del.icio.us Blogmemes Tape-moi Nuouz Blinklist Furl Reddit Smarking Newsvine Pioche Spurl Y! Simpy Wists Blinkbits Co.m
A la communauté internationale d'agir contre Israel
A la communauté internationale d'agir contre le régime sioniste  30/10/2009 Le secrétaire général de la Ligue Arabe a fustigé les crime
Le Vatican désire consolider ses relations avec l'Iran
Le Vatican désire consolider ses relations avec la République islamique d'Iran  30/10/2009 Le Saint-Père Benoît XVI a reçu en Audience S.E M
Israël demande à Rome de laisser son général à la Finul
Israël demande à Rome de laisser son général à la tête de la Finul au Liban  30/10/2009 Israël a demandé à l'Italie de

forum