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Dernière mise à jour : 19.11.2009
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Les victoires d’avant la victoire.....

Publié le 19/11/2009 à 11:46 par djamazz

Les victoires d’avant la victoire

19 Novembre 2009


Tout un peuple drapé dans l’emblème national, chantant l’hymne national jusqu’aux limites de ses cordes vocales et scandant comme un seul homme "Tahya Al Djazaïr" est une victoire qui vaut tous les matchs du monde.

Quoi de plus beau que d’avoir prouvé aux Egyptiens notre supériorité sportive. Il suffisait de les sortir de chez eux. Comme hier sur le stade de la capitale soudanaise. Les Egyptiens, par leur comportement inqualifiable lors du match du 14 novembre dernier, nous auront finalement rendu un fier service. Alors qu’ils croyaient par leurs agressions atteindre psychologiquement nos joueurs et sortir de leurs gonds nos supporters pour les pousser à des réactions extrêmes avec pour finalité, de discréditer définitivement les Algériens au yeux de l’opinion mondiale, ils n’auront finalement réussi qu’a décupler nos énergies positives. Des énergies enfouies au tréfonds de nous-mêmes qui ont servi à nos joueurs à se surpasser par la suite et au peuple algérien d’exprimer son patriotisme avec une force et une amplitude qu’on n’avait pas vues depuis la déclaration de l’Indépendance de notre pays en juillet 1962. Faut-il leur rappeler que jamais l’Algérien n’avait autant exprimé sa fierté de porter haut et fort son emblème national. De crier son amour pour sa patrie. De brandir avec une forte émotion son passeport vert. 35 millions d’Algériens témoignant avec éclat à la face du monde leur attachement viscéral à leur nation alors que durant des années, des décennies, de nombreuses parties de ce monde s’évertuaient à «prouver» le contraire. Des parties, il faut le dire qui, même opérant de l’étranger, avaient leurs relais à l’intérieur même de l’Algérie. N’oublions pas toutes les atteintes portées contre notre drapeau national, sur notre sol, il y a peu. N’oublions pas que beaucoup de voix et même des Etats ont voulu faire passer les actes terroristes que nous avons subis durant deux décennies pour une guerre civile, fratricide. N’oublions pas que ce sont ces mêmes parties qui étaient derrière les manoeuvres tendant à s’opposer à la Réconciliation nationale. N’oublions pas que ce sont les mêmes qui étaient et sont toujours derrière ces passeurs sans lesquels le phénomène des harraga n’aurait jamais existé et que beaucoup de nos jeunes qu’ils ont réussi à embrigader ne seraient pas morts.
Voir tout un peuple drapé dans l’emblème national, chantant l’hymne national jusqu’aux limites de ses cordes vocales et scandant comme un seul homme «Tahya Al Djazaïr» est une victoire qui vaut tous les matchs du monde. Une victoire qui en comporte à vrai dire plusieurs. Comme celle de voir les détracteurs, hier, de ses valeurs, peu nombreux certes mais très actifs à l’intérieur même du pays, se hâtent, aujourd’hui de se faire oublier en organisant des distributions gratuites de l’emblème national. Comme celle de voir toute la haine qu’un tel spectacle suscite chez tous ceux qui, de l’extérieur, ne parviendront jamais à se faire à l’idée que les Algériens forment une grande et forte nation. Une haine que certains, comme la Fifa et certains médias occidentaux, contiennent difficilement en se murant dans un silence complice quand on se fait agresser. Que d’autres expriment avec un rictus caractéristique comme ce journaliste de la chaîne de télévision France 24 qui a qualifié, mardi dernier, la joie et la fierté du peuple algérien «d’hystérie nationaliste». Un mal que nous lui souhaitons ainsi qu’à ses compatriotes quand sera achevé le débat qu’ils mènent actuellement sur leur «identité nationale». Quand ils sauront enfin ce qu’ils sont réellement. Nous, nous l’avons toujours su sauf que l’épreuve du Caire a été pour nous un puissant réactif pour le dire fort, très fort, mais pour le dire seulement. N’est-ce pas là la plus belle de nos victoires? N’est-ce pas juste de dire «merci!» aux Egyptiens pour nous avoir «servi» l’occasion de l’obtenir. N’est-ce pas aussi l’occasion de dire à tous nos détracteurs que «ci-gît» leurs funestes desseins. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, notre qualification au Mondial 2010 décrochée hier au Soudan renforce et rend inébranlable l’unité des Algériens. En Algérie et où qu’ils se trouvent dans le monde.

(zoume6@hotmail.com)

Zouhir MEBARKI

l'Expression DZ

Une ligne dans le sable

Publié le 18/11/2009 à 06:13 par djamazz
Une ligne dans le sable

par Uri Avnery
Mondialisation.ca, Le 16 novembre 2009

MAHMOUD ABBAS en a marre. Avant-hier, il a retiré sa candidature à la prochaine élection présidentielle de l’Autorité Palestinienne.

Je le comprends.

Il se sent trahi. Et le traître est Barak Obama.

IL Y A UN AN Obama, lors de son élection, avait soulevé de grands espoirs dans le monde musulman, au sein du peuple palestinien comme dans le camp de la paix israélien.

Enfin un président américain qui comprenait qu’il lui fallait mettre un terme au conflit israélo-palestinien, non seulement pour le bien des deux peuples, mais surtout pour les intérêts nationaux des États-Unis. Ce conflit est largement responsable des immenses vagues de haine anti américaine qui balaient les masses musulmanes d’un océan à l’autre.

Tout le monde pensait qu’une nouvelle ère venait de s’ouvrir. Au lieu du choc des civilisations, de l’axe du mal et de tous les autres slogans stupides mais destructeurs de l’ère Bush, une démarche nouvelle de compréhension et de réconciliation, de respect mutuel et de solutions concrètes.

Personne ne s’attendait à voir Obama remplacer la ligne pro-israélienne inconditionnelle par une attitude de partialité en faveur des Palestiniens. Mais tout le monde pensait que les États-Unis adopteraient désormais une attitude plus impartiale et pousseraient les deux parties vers une solution à deux états. Et, non moins important, que le flot ininterrompu de blablabla hypocrite et moralisateur céderait la place à une politique volontariste, vigoureuse, sans provocation mais avec résolution.

Autant les espoirs étaient grands à l’époque, autant la désillusion est profonde aujourd’hui. Rien de tout cela ne s’est produit. Pire : l’administration d’Obama a montré par ses actes et par ce qu’elle n’a pas fait qu’elle n’est pas différente en réalité de l’administration de George W. Bush.

DÈS LE premier moment il était clair que le test décisif se produirait dans la bataille des colonies.

Il peut sembler qu’il s’agit là d’une question marginale. Si la paix doit être réalisée dans les deux ans, comme les gens d’Obama nous l’assurent, pourquoi se préoccuper de quelques maisons de plus dans des colonies qui seront de toute façon démantelées ? Cela fera quelques milliers de colons supplémentaires à reloger. Une grande affaire.

Mais le gel des colonies a une importance qui dépasse de beaucoup ses conséquences pratiques. Pour reprendre la métaphore d’un avocat palestinien : “Nous sommes en train de négocier le partage d’une pizza, et pendant ce temps, Israël est en train de manger la pizza.”

L’insistance américaine sur le gel des colonies dans l’ensemble de la Cisjordanie et à Jérusalem Est était l’étendard de la nouvelle politique d’Obama. Comme dans un western, Obama traçait une ligne dans le sable en déclarant : jusqu’à cette ligne et pas au-delà ! Aucun vrai cowboy ne peut reculer au-delà de cette ligne sans se montrer lâche.

C’est précisément ce qui s’est maintenant produit. Obama a effacé la ligne qu’il avait lui-même tracée dans le sable. Il a abandonné l’exigence claire d’un gel complet. Benyamin Netanyahu et ses gens ont annoncé fièrement – et bruyamment – qu’un compromis avait été obtenu, non, à Dieu ne plaise, avec les Palestiniens (qui sont-ils ?) mais avec les Américains. Ils ont permis à Netanyahu de construire ici et de construire là, pour permettre “une vie normale”, “une développement naturel”, “l’achèvement de projets en cours” et sous d’autres prétextes transparents du même genre. Il n’y aura, naturellement, aucune restriction à Jérusalem, la Capitale Éternelle et Indivisible d’Israël. En bref, l’activité de colonisation va se poursuivre librement.

Pour ajouter l’insulte à la blessure, Hillary Clinton s’est donné la peine de venir en personne à Jérusalem pour abreuver Netanyahu de propos délicatement flatteurs. Les sacrifices qu’il a consenti pour la paix sont sans précédent a-t-elle minaudé.

C’en fut trop pour Abbas dont la patience et la retenue sont légendaires. Il en a tiré les conséquences.

“TOUT COMPRENDRE revient à tout pardonner” disent les Français. Mais dans ce cas, certaines choses sont difficiles à pardonner.

Assurément, on peut comprendre Obama. Il est engagé dans une bataille pour son existence politique sur le front du social, la bataille pour l’assurance santé. Le chômage continue à croître. Les nouvelles d’Irak sont mauvaises. L’Afghanistan est en train de devenir rapidement un second Vietnam. Même avant la cérémonie de remise des prix, le Prix Nobel de la Paix prend des allures de farce.

Peut-être estime-t-il que le temps n’est pas mûr pour affronter le tout-puissant lobby pro-israélien. C’est un homme politique et la politique est l’art du possible. Il serait possible de lui pardonner à cause de cela, s’il admettait franchement qu’il n’est pas en mesure de réaliser ses bonnes intentions dans ce domaine pour le moment.

Mais il n’est pas possible de pardonner ce qui se produit réellement. Pas le traitement scandaleux du rapport Goldstone par les Américains. Pas la conduite écœurante d’Hillary à Jérusalem. Pas les propos mensongers sur la “limitation” des activités de colonisation. D’autant plus que tout cela se passe dans le mépris complet des Palestiniens comme s’il s’agissait de simples figurants dans une comédie musicale.

Non seulement Obama a renoncé à sa promesse d’un changement complet de politique par les États-Unis, mais il poursuit en réalité la politique de Bush. Et comme Obama prétend être l’opposé de Bush, c’est doublement déloyal.

Abbas a réagi avec la seule arme dont il dispose : l’annonce qu’il va quitter la vie publique.

LA POLITIQUE AMÉRICAINE dans le “Grand Moyen Orient” peut se comparer à une recette d’un livre de cuisine : “Prenez cinq œufs, mélanger avec de la farine et du sucre…

Dans la vie réelle : Prenez un notable local, donnez-lui les attributs du gouvernement, organisez des “élections libres”, formez ses forces de sécurité, faites-en un sous-traitant.

Ce n’est pas là une recette originale. Beaucoup de régimes coloniaux ou d’occupation y ont eu recours dans la passé. Ce qui est si particulier dans son utilisation par les Américains ce sont les arguments “démocratiques” en faveur de la manœuvre. Même si un monde cynique n’en croit pas un mot, il y a l’opinion lors du retour au pays qu’il faut prendre en compte.

C’est la façon dont les choses se sont faites dans le passé au Vietnam. C’est comme cela qu’Hamid Karzai fut choisi en Afghanistan et Nouri Maliki en Irak. C’est la façon dont Fouad Siniora a été pris au Liban. C’est comme cela que Muhammad Dahlan devait être installé dans la Bande de Gaza (mais il fut devancé au moment décisif par le Hamas.) Dans la plupart des pays arabes, on n’a pas besoin de cette recette, puisque les régimes établis satisfont déjà aux exigences.

Abbas était supposé remplir ce rôle. Il porte le titre de président, il a été élu de façon honnête, un général américain assure la formation de ses forces de sécurité. En vérité, aux élections législatives suivantes, son parti a subi une lourde défaite, mais les Américains en ont tout simplement ignoré les résultats et les Israéliens ont emprisonné les parlementaires indésirables. Le spectacle peut continuer.

MAIS ABBAS ne se satisfait pas d’être l’œuf dans la recette américaine.

Je l’ai rencontré pour la première fois il y a 26 ans. Après la première guerre du Liban, lorsque nous (Matti Peled, Ya’acov Arnon et moi) sommes allés à Tunis rencontrer Yasser Arafat, nous avons vu d’abord vu Abbas. Cela a été le cas à chaque fois que nous sommes venus à Tunis par la suite. La paix avec Israël était la “fonction” d’Abbas.

Les conversations avec lui concernaient toujours le sujet. Nous ne sommes pas devenus amis comme avec Arafat. Les deux avaient des tempéraments très différents. Arafat était un extraverti, une personnalité chaleureuse qui affectionnait les gestes personnels et le contact physique des gens avec qui il s’entretenait. Abbas est un introverti réservé qui préfère tenir les gens à distance.

Du point de vue politique, il n’y a pas de réelle différence. Abbas s’en tient à la ligne tracée par Arafat en 1974 : un état palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem Est pour capitale. La différence est dans la méthode. Arafat croyait en sa capacité à influer sur l’opinion publique israélienne. Abbas se contente de traiter avec les dirigeants. Arafat pensait qu’il devait conserver dans son arsenal tous les moyens de lutte possibles : les négociations diplomatiques, la lutte armée, les relations publiques, les manœuvres secrètes. Abbas met tout dans un seul panier : les négociations de paix.

Abbas ne veut pas devenir un Maréchal Pétain palestinien. Il ne veut pas prendre la tête d’un régime de Vichy local. Il sait qu’il est sur une pente glissante et il a décidé d’arrêter avant qu’il ne soit trop tard.

Je pense donc que son intention de quitter la scène est sérieuse. Je crois son affirmation qu’il ne s’agit pas d’une manœuvre de marchandage. Il se peut qu’il revienne sur sa décision, mais seulement s’il est convaincu que les règles du jeu ont changé.

OBAMA A ÉTÉ totalement surpris. Cela ne s’était jamais produit auparavant : un client de l’Amérique, entièrement dépendant de Washington, entre soudain en rébellion et pose ses conditions. Voilà exactement ce que vient de faire Abbas, dès lors qu’il a pris conscience qu’Obama est réticent à remplir la condition la plus fondamentale : le gel des colonies.

Du point de vue américain, il n’y a pas de solution de rechange. Il y a certainement quelques personnalités capables chez les dirigeants palestiniens, et aussi des corrompus et des collaborateurs. Mais il n’y en pas un en mesure de rallier à lui toute la population de la Cisjordanie. Le premier nom qui vient à l’esprit est toujours Marwan Barghouti, mais il est en prison et le gouvernement israélien a déjà déclaré qu’il ne serait pas libéré même s’il était élu. Par ailleurs il n’est pas évident qu’il soit disposé à jouer ce rôle dans les conditions actuelles. Sans Abbas, la recette américaine est vouée à l’échec.

Pour Netanyahu aussi la surprise a été totale. Il veut des négociations bidon, dépourvues de contenu, comme un camouflage de l’intensification de l’occupation et du développement des colonies. Un “processus de paix” comme un substitut à la paix. Sans un dirigeant palestinien reconnu, avec qui peut-il “négocier” ?

À Jérusalem, on espère encore que l’annonce d’Abbas est une simple manœuvre et qu’il suffira de lui jeter quelques miettes pour le faire changer d’avis. Il semble qu’ils ne connaissent pas vraiment l’homme. Sa dignité personnelle ne lui permettra pas de faire marche arrière, sauf si Obama le gratifie d’une sérieuse satisfaction politique.

Du point de vue d’Abbas, l’annonce de son retrait est l’arme du jour du jugement dernier.


Article original : A Line in the Sand, Gush Shalom, le 7 novembre 2009.

Traduit de l'anglais « A Line in the Sand » pour l'AFPS : FL


 Articles de Uri Avnery publiés par Mondialisation.ca

L’uranium en Irak, l’héritage empoisonné de la guerre

Publié le 18/11/2009 à 06:10 par djamazz
L’uranium en Irak, l’héritage empoisonné de la guerre

par David MacGregor

Mondialisation.ca, Le 17 novembre 2009



Hegel fait remarquer l'apparition du « mal concret » dans l'histoire, du déchaînement par intermittence de la malveillance humaine à une échelle colossale, capable de détruire des sociétés entières. Hegel note que les auteurs de crimes planétaires historiques sont poussés uniquement par la passion, l’amour-propre, l’avidité et la haine, et ignorent complètement « l'ordre et la modération, la justice et la moralité. » [1] L'agression impérialiste contre l'Irak, entamée par la première guerre du Golfe, qui atteignit son paroxysme lors des attaques « Choc et Effroi, » lancées par les armées étasuniennes et britanniques en 2003, et se poursuit toujours aujourd'hui presque vingt ans après, montre un horrible exemple de manifestation d’extrême malveillance dans un schéma dantesque.

 

Le livre incontournable d’Abdul-Haq Al-Ani et Joanne Baker [*], décrit une entreprise criminelle effroyable, qui se réalise désormais toute seule en Irak : la contamination préméditée de la nation irakienne, de sa population et de l'environnement naturel, par les radiations jusqu'alors inconnues d’une arme de destruction de masse, d’un instrument de guerre implacable, confectionné à partir d'une décharge mondiale pratiquement inépuisable d'uranium appauvri.

 

Fin février 1991, les sinistres photographies de presse et les images télévisées de l'« Autoroute de la Mort » révélèrent des vues du désert avec des véhicules irakiens civils et militaires carbonisés et tordus, détruits de sang froid par les frappes aériennes étasuniennes lors de la sortie précipitée de Saddam Hussein du Koweït. Beaucoup pensaient à l'époque que le monde sera sûrement dégoûté par une telle barbarie. Ces images seules conforteront sans doute le sentiment populaire contre la guerre, et inciteront les combattants à la paix ? Mais le cortège de cruauté sur la route du Koweït à Bassorah était juste le signal du début d’une croisade qui allait se dérouler pendant la majorité des deux prochaines décennies. Et aucune photo, aucune vidéo de télévision, ni même le sens de la vue, du goût, la sensibilité et l’odorat des témoins sur le terrain, ne pourrait révéler la perversité secrète de ces virulentes images de détritus mortels radioactifs et toxiques, émis en nuages de vapeur invisible par les missiles, les obus et les autres armes à l’uranium appauvri, qui contamineront la région du Golfe pendant un millénaire.

 

En 1988, en déclarant que Saddam Hussein était « pire qu’Hitler, » George HW Bush instaura une offensive de propagande diffamante qui a eu du succès contre le peuple irakien. La calomnie contre l'Irak se prolonge aujourd’hui dans son incapacité à solliciter une protection contre l’empoisonnement radioactif et chimique de l'uranium appauvri, ou même à effectuer et à faire connaître au public les recherches scientifiques sur le danger pour les humains et les animaux de la contamination à l'uranium appauvri. Comme le décrit ce livre, les gouvernements étasunien et britannique se préoccupent sérieusement des dépôts d’uranium appauvri, mais seulement à l’égard de leur propre territoire et citoyens [**]. La nation irakienne est devenue une colonie d’expérimentation géante servant à mesurer le danger des rayonnements ionisants et la toxicité associée à la dispersion irresponsable d'uranium appauvri.

 

D'un point de vue purement militaire, l'uranium appauvri est un très bon rapport coût-efficacité. [2] C’est un déchet radioactif des réacteurs nucléaires et des fabriques d'armes nucléaires. Les fournisseurs sont impatients de s’en débarrasser, puisque sa cession gratuite aux militaires est une alternative attrayante au coût prohibitif de l'élimination sans danger des « déchets nucléaires. » Précisément aussi toxique chimiquement que le plomb, l'uranium appauvri est presque deux fois plus dense et beaucoup plus dur. L'uranium appauvri se profile de lui-même : il transperce les matériaux très durs tout en gagnant en capacité de pénétration. À grande vitesse, l’uranium appauvri brûle en traversant les cibles compactes comme le blindage des tanks, et émerge de l'autre côté dans un intense jaillissement de feu et de gaz mortels. Comme le relate ce livre, depuis 1991, plus de 2000 tonnes d’uranium appauvri brûlé, pulvérisé et explosé, ont été dispersées en Iraq par les armées étasuniennes et britanniques.

 

À partir de 1991, devant le monde indifférent, l'impérialisme occidental imposa un embargo total contre l'Irak : c'est la première fois dans l'histoire moderne qu’une nation fut complètement isolée du commerce extérieur et des communications. Seuls les sièges barbares du Moyen Age ont une certaine ressemblance avec le spectacle de souffrance en Irak. Même le discours savant et scientifique a succombé. Sans un murmure de la dissidence de la communauté mondiale, pour les chercheurs et écrivains irakiens, l'impérialisme a non seulement proscrit les éléments vitaux nécessaires à leurs recherches, mais aussi les sources internationales de recherche scientifique et de diffusion.

 

Abdul-Haq Al-Ani et Joanne Baker avancent dans cet ouvrage un calcul scientifique initial de spoliations à l’uranium appauvri derrière le rideau de l'uranium. [3] Les auteurs ne suggèrent pas que le mauvais état de santé de la population irakienne résulte entièrement de la contamination à l'uranium appauvri. Beaucoup de raisons sont derrière l’énorme montée des maladies, notamment du cancer et des malformations de naissance, chez les Irakiens. L’impérialisme étasunien et britannique a détruit l'infrastructure sociale du pays, en particulier les installations de traitement des eaux [***], les centrales électriques, les marchés à provisions, les hôpitaux et les écoles. Les feux incontrôlés de pétrole ont pollué l'air. Victime de la malnutrition et des sources d'eau contaminées, le système immunitaire de nombreux enfants s’est effondré. Même la parodie de procès et l’assassinat atroce de Saddam Hussein n’ont pas satisfait l’envahisseur occidental. Après l’élimination du dirigeant irakien, l'embargo est resté et l'infrastructure s'est détériorée alors même qu’avant guerre, l’Irak bénéficiait du service professionnel de 34.000 médecins enregistrés. En 2006, 20.000 médecins avaient fui ; 2000, des restants ont été tués et 250 enlevés. En 2007, 8 millions d'Irakiens avaient besoin d'une aide d'urgence et plus de la moitié des 22 millions d’habitants était dans une pauvreté absolue. La Croix-Rouge a signalé l'an dernier que la situation humanitaire là-bas est parmi les plus critiques du globe.

 

Les apologistes parlent d’un « échec » de la politique étasunienne et britannique en Irak, de l'impuissance de l'occupant à construire un système démocratique stable pour remplacer l'ordre du parti Baas sous Saddam Hussein. [4] Mais la paix et la sécurité n'ont jamais été sur l’agenda du militarisme étasunien et britannique. Son travail consistait à piller, diviser, avilir et paralyser l'Irak pour assurer que ce pays ne bafoue plus jamais la domination du pouvoir suprême de l’Occident.

 

Selon la Convention de 1948 sur la prévention du génocide, le crime de génocide englobe les actes commis dans l'intention de détruire un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Ces actes incluent le massacre des membres du groupe, l’atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale des membres du groupe, et l’action d’infliger des conditions délibérées destinées à détruire le groupe en totalité ou en partie. Les auteurs présentent des preuves convaincantes sur le fait que l’usage sans discernement de l'uranium appauvri en Irak par la puissance occupante, ainsi que les répercussions de l’embargo et de l'invasion, sont conforment à ces rudiments de la définition du génocide.

 

Ce livre inclue des résultats d'études contrôlées par des scientifiques irakiens, sur la relation entre la présence de l'uranium appauvri, les radiations ionisantes, et le taux de maladies malignes assumé dans des conditions extrêmement défavorables 7 à 10 ans après l’agression de 1991. Ces études épidémiologiques et les mesures de rayonnements élevés sont forcément rudimentaires et incomplètes. Pourtant, associées aux rapports documentés sur les malformations de naissance et les cancers liés à l'exposition aux rayonnements depuis l'invasion de 2003 (dont une augmentation marquée du cancer du sein chez les Irakiennes), ces études sont les premières à présenter un tableau extrêmement troublant. Des preuves alarmantes révélées par les auteurs de ce livre constituent un dossier solide de génocide en Irak, commis par les envahisseurs étasuniens et britanniques grâce au recours sans discernement à des armes renforcées à l’uranium appauvri.



Original : www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=16098, publié le 15 novembre 2009.

Traduction : Pétrus Lombard
 

 

Notes
1. Lectures on the Philosophy of World History. Introduction: Reason in History. Trans. H.B. Nisbet. Cambridge: Cambridge University Press, 1975, p. 21.

 

2. Pour un résumé utile des questions entourant l’uranium appauvri, voir Rob White, « Depleted Uranium, state crime and the politics of knowing. » Theoretical Criminology. Vol. 12(1):31-54, 2008.

 

3. La Commission sur l’énergie atomique étasunienne a fait éclater la première bombe à hydrogène délivrable (jetable par avion) en 1954 dans les Îles Marshall, sous le nom de code « Bravo. » Les radiations mortelles de l’énorme boule de feu nucléaire s’abattirent sur les habitants des îles et sur les scientifiques et le personnel de l’armée étasunienne. L'administration d’Eisenhower tenta vainement d’étouffer l’information de la catastrophe. La dissimulation des États-Unis fut surnommée the uranium curtain (le rideau de l’uranium) par les censeurs. Cité par Shane Maddock dans « The Fourth Country Problem: Eisenhower's Nuclear Nonproliferation Policy, » publication trimestrielle des Études Présidentielles ; été 1998 ; 28, 3, p. 555.

 

4. Par exemple, Daniel Byman, « An Autopsy of the Iraq Debacle: Policy Failure or Bridge Too Far? » Security Studies, 17: 599–643, 2008.

 

 

 

Notes du traducteur :

* Le titre anglais de cet article est celui du livre qu’il commente :Uranium in Iraq: The Poisonous Legacy of the Iraq Wars


  Uranium in Iraq: The Poisonous Legacy of the Iraq Wars
 


**
En 1979, à Albany, capitale de l’État de New York, une usine fut fermée suite à la découverte de particules d’uranium appauvri dans un filtre à air de laboratoire à 42 kilomètres de là.

 

*** Après 1991, en Occident, les grands médias parlaient fréquemment de la mortalité élevée en Irak, l’attribuant au manque de médicaments dû à l’embargo. C’était un mensonge, peut-être une publicité cachée de Big Pharma, du même tonneau que l’attribution de la « longévité » de l’Occidental à la médecine moderne.


Comme le savent très bien les responsables étasuniens, qui se sont acharnés à faire bombarder les installations civiles irakiennes pendant 10 ans, avant le coup de grâce en 2003, la santé des populations dépend essentiellement de la salubrité de l’environnement : accès à l’eau potable, évacuation des eaux usées et voirie dans les villes, air et nourriture sains, et aussi vie à l’écart des cadavres, humains et animaux, à cause de leur décomposition par des micro-organismes endogènes, dangereux pour les gens à la santé imparfaite (pas de contact avec les morts est d’ailleurs un vieux précepte religieux).


 Articles de David MacGregor publiés par Mondialisation.ca

Déclaration de Guayaquil (Equateur) sur la crise....

Publié le 18/11/2009 à 06:08 par djamazz
Déclaration de Guayaquil (Equateur) sur la crise, dette et les alternatives
Mondialisation.ca, Le 17 novembre 2009

Après 10 années de lutte contre la dette illégale et illégitime imposée aux peuples du Sud, nous, les organisations signataires de cette lettre, nous sommes réunies à Guayaquil les 4, 5 et 6 novembre 2009 pour célébrer les victoires du Réseau Jubilé, comme celle de l’annulation de la dette avec la Norvège, l’audit de la dette de l’Equateur, le début de l’audit des dettes du Brésil, la fondation de la Banque du Sud, parmi d’autres processus issus de la réflexion et de l’action commune de nombreuses organisations sociales. Dans le cadre de cette célébration, nous nous réunissons pour identifier les défis que nous lance le nouveau contexte mondial et régional, contexte caractérisé par une crise systémique aiguisée par le modèle économique néolibéral.

 

Considérant : 

1. Que la crise globale actuelle est une crise systémique et idéologique avec des dimensions économiques, financières, climatiques, énergétiques, sociales et alimentaires qui ont mis en évidence, une fois de plus, l’incapacité du capitalisme de garantir les besoins et les droits de la population. 

2. Que la relation est évidente entre la crise globale et la manière dont le capital en est arrivé à se reproduire globalement. Des valeurs centrales pour le paradigme néolibéral, comme la compétitivité et la croissance illimitée, ont jeté dans la pauvreté et l’exclusion des centaines de millions de personnes et ont causé une détérioration profonde de l’environnement pour tous. Au travers des traités de libre-échange et des traités bilatéraux de protection des investissements, les ressources naturelles de nos peuples ont été mises au service des grandes entreprises transnationales, aux dépens des droits humains fondamentaux et de ceux de la nature. Le capital, en cherchant à générer la plus grande quantitéde profits possibles, s’est orienté vers le jeu spéculatif et corrompu en sus de la production réelle et cela a provoqué une profonde crise de l’emploi, dont on ne sait comment sortir. 

3. Que les principales victimes sont – et continueront d’être – les peuples du Sud, les exclus de la répartition de l’énorme rente extraite de nos pays. Aujourd’hui, des milliers de travailleuses et de travailleurs sont dans la rue. 

4. Que ce sont les peuples indigènes et originaires qui habitent les différents pays de la région – en particulier les zones où se situent les ressources naturelles -, qui sont agressés et paient de leur vie la défense de leurs territoires.  

5. Qu’il est paradoxal qu’il existe une surproduction basée sur l’exploitation du travail et de la nature – dont l’excédent reste en un petit nombre de mains – et, en même temps, qu’il n’y ait pas de ressources suffisantes pour alimenter la majorité de la population et garantir une vie digne. 

6. Que l’origine de cette crise se situe dans les pays du Nord, lesquels persistent néanmoins à maintenir leur hégémonie malgré le fait que leurs économies soient les plus endettées, au détriment des peuples du Sud qui se voient affectés par le carrousel financier des grandes banques mondiales, par l’exploitation irrationnelle, par l’extraction frénétique des ressources naturelles. 

7. Que les grands pays, réunis au sein du G20, se sont constitués en forum de discussion et de coordination pour donner des réponses à la crise en prétendant se substituer à la participation de tous les pays de la région et du monde dans la recherche de solutions ; qu’ils ont ressuscité une entité multilatérale aussi discréditée que le Fonds monétaire international pour placer de nouveaux prêts. 

8. Que la crise a des effets immédiats sur la vie quotidienne des peuples et que la socialisation des pertes s’est traduite dans la détérioration des conditions de travail et la réduction des revenus des ménages.

 

9. Que la crise renforce les inégalités entre hommes et femmes, ce qui tend à générer des déséquilibres profonds et, dans l’ensemble,  place les femmes dans des situations de grand désavantage et de violation de leurs droits, tant dans la sphère publique que dans la sphère privée. 

10. Que dans  les pays du Sud, nous savons par expérience que la dette est utilisée comme instrument de domination et a été remboursée plusieurs fois. La dette est illégitime parce qu’elle implique la violation grave des règles de base des contrats, ainsi que des normes et principes éthiques, des valeurs sociales, politiques, économiques, juridiques et environnementales au sens large. Ces dettes ont généré des situations de pauvreté en empêchant les Etats de pouvoir compter sur des ressources suffisantes pour garantir la jouissance effective des droits de leurs populations, accroissant ainsi fortement la dette historique, sociale et écologique.

 

11. Que la présence militaire des Etats-Unis ne diminue ni dans le monde ni en Amérique latine et que la multiplication de leur bases (pistes d’atterrissage, augmentation du nombre de soldats et de l’armement dans différents territoires) et la réactivation de la 4e flotte, entre autres, représentent un très haut risque d’imposition du modèle néolibéral. 

12. Qu’il est nécessaire de construire, ou de reconstruire, à partir de notre passé, une proposition comme celle du Bien Vivre (Buen Vivir). Les mouvements sociaux en Amérique latine, au cours du chemin parcouru pendant de nombreuses années de résistance, ont avancé dans la définition du contenu d’un autre développement basé sur une autre relation entre les peuples, entre la société et la nature, sur la reconnaissance et la promotion de la diversité ; la récupération de valeurs historiques et culturelles ; la souveraineté des peuples et le droit à l’autodétermination ; la sécurité et la souveraineté alimentaire ; la protection sociale ; la justice écologique ; l’intangibilité de l’Amazonie ; le commerce juste ; l’économie solidaire ; la liberté de circulation et de domiciliation pour les personnes ; l’intégration par et pour les peuples basée sur la justice, la solidarité et la complémentarité ; les droits humains et de la terre mère (madre tierra); le peuple au pouvoir ; l’égalité entre les sexes, les races, les ethnies et les générations. 

13. Que pour financer cet autre développement et construire un autre paradigme libéré de dettes, les peuples ont besoin de récupérer le contrôle de leurs ressources actuellement dans les mains des entreprises transnationales. 

14. Qu’il existe des initiatives positives d’intégration comme la Banque du Sud, l’ALBA, le Sucre, entre autres, qui doivent être considérées dans la définition d’une nouvelle architecture financière régionale menant à l’autonomie économique et à la souveraineté financière, tâches fondamentales dans cette période de transition de l’économie mondiale. De toute façon, nous constatons que leur avancée se réalise encore trop lentement même de la part des gouvernements qui les proposent et qu’il faut s’approprier ces initiatives et approfondir le débat démocratique, public, collectif de manière plus large à ce sujet.

 

Nous demandons : 

1. La solution de la crise globale dans le cadre d’un débat mondial qui inclue toutes les régions et la participation des peuples au travers de leurs organisations, réseaux et collectifs.

2. La sanction des responsables de la crise (opérateurs de marché, banquiers, etc.) qui doivent être obligés de payer les dégâts de la crise avec leurs propres biens.

3. La dissolution, la fermeture et la sanction des Institutions financières internationales (IFI), responsables de la crise actuelle et de la destruction de la nature. En ce sens, nous voulons signifier que tout prêt octroyé dans l’objectif de faire face aux crises, génère des dettes illégitimes.

4. Que les Etats protègent et garantissent l’emploi et les droits sociaux tels que la santé et l’éducation, et qu’ils cessent de subsidier les responsables de cette crise.

5. La promotion de relations économiques nationales, régionales et internationales équitables, basées sur l’économie populaire du bien-être et non sur l’exploitation et l’exportation frénétique de nos ressources.

6. L’annulation totale et sans conditions de toutes les dettes illégitimes et le contrôle des investissements, à partir de la réalisation de procédures d’audit intégral et participatif du crédit public dans chacun des pays et à l’intérieur des institutions financières internationales.

7. Que l’Assemblée générale des Nations unies présente à la Cour internationale de Justice un avis consultatif sur les aspects juridiques de la dette externe, en particulier sur le caractère usuraire de l’augmentation des taux d’intérêt de la dette externe, décidée unilatéralement par les banques créancières, origine de la catastrophe sociale, politique, économique et morale que la dette a entraînée pour les peuples de nos pays depuis la décennie des années 1970.

8. La réparation et la restitution des dettes historiques, écologiques et sociales que le Nord doit au Sud.

9. Le moratoire de la dette externe en 2010 tant que n’est pas terminé le projet de la nouvelle architecture financière internationale, et cela, sans accumulation d’intérêt et sans préjudice des audits et de la répudiation des dettes illégitimes. Les fonds libérés serviront à financer des politiques contre-cycliques pour faire face à la Crise Globale et à venir en aide aux secteurs sociaux frappés. Cela doit s’appuyer sur le droit international en matière de droits humains. 

10. L’appui aux mécanismes financiers qui permettent le transfert des ressources du Nord vers le Sud, en supplément de l’aide publique au développement (APD) et non remboursables, de manière à réparer les dommages environnementaux et sociaux causés à nos pays. La constitution d’un fonds pour l’adaptation aux impacts du changement climatique. Ce fonds doit être géré de manière transparente et démocratique sous contrôle des Nations unies et dans le respect de la justice climatique.

11. L’arrêt des négociations et la révision des traités de libre-échange et de protection des investissements en vigueur, ainsi que le respect des droits des peuples et des nationalités indigènes, andines, amazoniennes, etc. et de la terre mère (madre tierra).

12. La non criminalisation de la protestation sociale dans le respect des conventions internationales qui protègent les droits des personnes et de l’environnement.

13. La répudiation des mécanismes d’arbitrage comme le CIRDI (tribunal de la Banque mondiale en matière de conflits sur les investissements) tant par la dénonciation des traités bilatéraux d’investissement que par le rejet de l’abandon des lois et des juridictions nationales. La promotion de la création d’un tribunal régional de coopération et de résolution des conflits comme élément de la nouvelle architecture financière régionale, avec compétence pour dicter des sentences et des recommandations pour la résolution des conflits.

14. Que la nouvelle architecture financière régionale ait pour objectif de garantir le Bien Vivre (Buen Vivir) dans le cadre d’un développement humain et social soutenable. Les critères pour le fonctionnement de ses organes doivent être basés aussi sur la justice et l’équité de genre, de race, d’ethnie ainsi que sur la justice intergénérationnelle, sur la consultation, l’audit et la participation des mouvements sociaux.

15. L’architecture financière régionale doit s’articuler sur une architecture mondiale qui respecte les principes ici formulés et construite sur la base du G192 (tous les pays membres des Nations unies).

16. La mise en œuvre immédiate de la Banque du Sud et du Sucre[1]. Les réserves en devises doivent être récupérées pour assurer la souveraineté nationale et régionale, elle doivent être déposées dans un Fonds régional de réserves (Fondo de Reservas Regional)qui garantisse la stabilité monétaire et qui puisse émettre des titres pour stabiliser la balance des paiements dans la région, promouvoir des mesures contre-cycliques pour affronter la crise, fournir des liquidités pour la Banque du Sud au moment propice.

17. La création d’une nouvelle architecture financière internationale qui agisse aussi pour garantir la démocratisation de l’accès au crédit juste et fiable pour toutes et tous comme moyen d’élargir les droits économiques.

18. L’abolition des paradis fiscaux, du secret bancaire et des fonds déposés dans lesdits paradis 

19. Le processus de récupération de la souveraineté, de l’autosuffisance et de l’autodétermination nationales va de pair avec la conquête de la souveraineté, de l’autosuffisance et de l’autodétermination des peuples d’Amérique latine et de la Caraïbe.  

 

Signé à Guayaquil, le 6 novembre 2009

 

Organisations participantes

 

Acción Ecológica (Aurora Donoso, Esperanza Martínez)

Asociación Americana de Juristas (Raúl Moscoso)

Réseau CADTM internationalwww.cadtm.org(Eric Toussaint)

CDES (Nora Fernández, Susy Garbay)

CEDAL (Ercilio Moura)

Centro de Estudios de la Mujer de la Universidad de Venezuela (Alba Carosio)

CIUDAD (Gabriela Weber)

CLAI (Franklin Canelos, Myriam Bustos, Damian Quispe)

Consejo Ecuménico de Guatemala (Vitalino Similox)

Ecuarunari (Blanca Chancoso)

FIAN (Alfredo Chum)

FLACSO (Alberto Acosta)

FUNDACIÓN JUSTICIA Y SOLIDARIDAD (Ricardo Moro)

GRUPO NACIONAL CONTRA LA DEUDA (Eliana Franco, Ricardo Ulcuango)

ILDIS (Luis Augusto Panchi)

INSTITUTO DEL TERCER MUNDO (Maria José Romero)

Jubileo – Bolivie (Juan Carlos Núñez)

Jubileo – Equateur (Hugo Arias, Piedad Mancero, Delfa Mantilla, Melania Mora, Catherine Ricaurte, Azucena Rivera, César Sacoto, Wilma Salgado, Vladimir Soria)

Jubileo – Pérou (Carlos Bedoya)

LATINDAD – CIASE (Liubka Buitrago)

LATINDAD (Rodolfo Bejarano)

OBSERVATORIO INTERNACIONAL DE DEUDA (Jorge Marchini)

PLATAFORMA INTERAMERICANA DE DERECHOS HUMANOS,

DEMOCRACIA Y DESARROLLO (Ligia Cardieri, Anaité Vargas)

PLATAFORMA DESCAM (Ramiro Chimuris)

RED DE MUJERES TRANSFORMANDO LA ECONOMÍA (María Rosa Anchundia, Carmen Triana)

UNIVERSIDAD DE BUENOS AIRES (Embajador Miguel Ángel Espeche Gil)

WORLD VISION (Victor Rey)

Jóvenes participantes (Juan Achupatin, Tatina Cabezas, Rina Caicedo, Maribel Carmona, Victoria Desintonio, Gina Jiménez, Luis Loaiza, Verónica Macías, Mauricio Ortuño, Mónica Sánchez, Julio Vera)


Traduction par Denise Comanne

[1]La décision de principe de créer une nouvelle monnaie, « le Sucre » (Système Unifié de Compensation Régionale), a été entérinée le 16 avril 2009 à Cumana au Venezuela par les principaux dirigeants de l'ALBA, l'Alternative bolivarienne pour les Amériques. Le Sucre servira essentiellement d’unité de compte pour régler les échanges commerciaux entre les pays qui y auront souscrit. Il pourrait préfigurer une véritable monnaie commune. Il doit son nom au héros de l’indépendance sud-américaine José Antonio Sucre (1795-1830). 

Honduras : Des points de vue constants....

Publié le 18/11/2009 à 06:06 par djamazz
Honduras : Des points de vue constants convergent vers l’Assemblée constituante

par Arnold August

Mondialisation.ca, Le 17 novembre 2009



D’un côté, on retrouve l’alliance à peine voilée entre Washington et Micheletti, et de l’autre, celle qui unit le gouvernement constitutionnel de Zelaya, le Front national contre le coup d’État et le principal ex-candidat présidentiel. Rattaché au Front, celui-ci a décidé de boycotter les élections du 29 novembre. Il a officialisé sa décision lorsque tout a indiqué que Micheletti n’allait pas rétablir Zelaya dans ses fonctions de Président et ce, en dépit des accords conclus à cet effet.

L’on peut envisager la position de l’alliance oligarchique entre les États-Unis et le Honduras en se rappelant la réaction initiale de Washington face au coup d’État du 28 juin et en l’examinant à la lumière du contexte de novembre. Cela nous en dit long sur le point de vue adopté dès cette journée, tout aussi marquante que regrettable. Ce point de vue est constant dans son essence et les réactions initiales sont toujours très révélatrices. Elles déterminent ce qui se produira par la suite et fournissent l’essentiel d’une position impossible à masquer plus tard par de simples changements superficiels dans les termes utilisés ou les mesures choisies.

Le 28 juin, le président Obama s’est dit préoccupé par la « détention et l’expulsion du président Mel Zelaya ». Il a ensuite fait appel à « tous les acteurs de la scène politique et sociale au Honduras, afin qu’ils respectent les normes démocratiques et la primauté du droit ». Il a conclu en lançant un appel au « dialogue ».(1)

La même journée, Hillary Clinton affirmait essentiellement la même chose. Dans cette position adoptée par Washington, certains points ressortent que l’on peut continuer d’observer :

1- Le fait de mettre sur un pied d’égalité le régime de facto et le président Zelaya expulsé de force;

2- Le fait d’affirmer, de temps en temps, et seulement pour la forme, que Zelaya est président;

3- Le fait de privilégier le dialogue comme solution. Il s’agit là d’une tactique de temporisation, permettant aux instigateurs du coup d’État de gagner du temps jusqu’à l’arrivée des élections afin de légitimer le putsch;

4- Le refus de qualifier de coup d’État les événements du 28 juin à toutes les occasions.

Certains pourraient avancer qu’à l’occasion, Obama, Hillary Clinton et le département d’État ont effectivement décrit les événements du 28 juin comme un coup d’État. Peut-être, mais cela s’est fait selon les circonstances. La citation ci-haut démontre l’habileté avec laquelle Obama a évité de parler de coup d’État lors du 28 juin. Le lendemain, il donnait une conférence de presse conjointe avec le président colombien Uribe. Bien qu’Uribe soit très favorable aux politiques états-uniennes, son gouvernement s’est rallié aux autres pays sud-américains lors du coup d’État afin de le dénoncer et d’exiger le retour du Président Zelaya. La Colombie est membre du Groupe de Rio ainsi que d’UNASUR, qui regroupent tous deux la grande majorité des pays sud-américains. Ces entités régionales se sont prononcées vigoureusement contre le coup d’État militaire et en faveur de la réinstallation inconditionnelle de Zelaya. Ils n’ont pas changé d’avis depuis. Dans cette conférence de presse du 29 juin avec Uribe, Obama a effectivement parlé de « coup d’État », et affirmé que Zelaya était le « Président élu démocratiquement », mais simplement parce qu’il savait à qui il s’adressait.(2)

Le 7 juillet, à Moscou – la Russie étant l’un des pays qui démantèlent le monde unipolaire tout en faisant partie de la nouvelle multipolarité – Obama a jugé bon de demander la réinstallation de Zelaya, mais cette fois, il n’a pas fait allusion à un coup d’État.(3)

À une autre occasion, lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre conservateur canadien Stephen Harper – lequel se montre plus ouvertement favorable qu’Obama au régime de Micheletti – la déclaration conjointe indique qu’Obama et Harper « ont réitéré l’appui canadien et étatsunien en faveur de la restauration pacifique de l’ordre démocratique et constitutionnel au Honduras et demandé à toutes les parties d’accepter l’Accord de San José ».(4) Là non plus, on ne fait pas mention du coup d’État; on ne cite même pas le nom de Zelaya. Ce n’est qu’un autre exemple qui démontre que la politique à « deux voies » (la « ligne dure » de la Voie I, telle que représentée par Harper et anciennement par l’époque de Bush, et la deuxième Voie II, adoptée par Obama), consiste en une seule et même politique. C’est d’ailleurs le même objectif qui les anime. Il s’agit simplement de déterminer laquelle est la plus efficace pour arriver au but, soit de dominer l’Amérique du Sud. (J’ai abordé ce sujet dans un article antérieur.(5)

Le 10 août, à Guadalajara, au Mexique, la déclaration conjointe par les leaders nord-américains (Obama, Harper et Calderón) a produit un autre éventail d’affirmations. À cette occasion, la déclaration conjointe fait mention du coup, (après tout, ils s’étaient réunis au sud de Rio Grande), mais même dans ce contexte, le nom de Zelaya n’apparaît nulle part. En fait, plutôt que de s’arranger pour l’omettre, on nous sert le discours vague et habituel sur les accords, la restauration de l’ordre démocratique et la primauté du droit.(6)

Parfois, à Washington, on évite le terme « coup d’État », mais à d’autres occasions, on mentionne explicitement que le 28 juin, un coup d’État s’est bel et bien produit. Oui, en effet, mais on ne parle jamais d’un coup d’État « militaire ». Il ne s’agit pas là d’une question secondaire. J’ai déjà analysé en détail la façon dont le département d’État, du 29 juin jusqu’au début d’août, a esquivé la question à savoir si les États-Unis jugeaient qu’il s’agissait d’un coup d’État militaire sur le plan légal, en vertu de la section 7008 de la loi de 2009 sur le crédit, approuvée par le Congrès américain.(7)

À partir du mois d’août jusqu’à la mi-octobre, lorsqu’on en était venu à considérer la question comme négligeable, Washington continuait de l’esquiver. La section 7008, carrément intitulée « Coups d’État militaires », se lit comme suit :

« Aucun des fonds affectés ou débloqués de quelque autre manière […] ne devraient être engagés ou dépensés pour financer directement le gouvernement d’un pays où le chef dûment élu a été renversé par un coup d’État militaire ou un décret. Toutefois, l’on peut recommencer à fournir de l’aide à ce gouvernement, à condition que le Président détermine et certifie au comité de crédit que, suite à la suspension de l’aide, un gouvernement élu démocratiquement a été mis en place. »

Il y a plusieurs points ici. En premier lieu, si le coup d’État a été classé comme militaire, selon la législation étatsunienne, toute ambiguïté quant à des fonds fournis aux putschistes devrait être, du moins en principe, éliminée. Deuxièmement, une fois qu’« un gouvernement démocratiquement élu a pris le pouvoir », un scénario que les États-Unis favorisent par les élections du 29 novembre, il reste à se poser la question suivante : Qui devra aller au Congrès des États-Unis pour expliquer en public que le soutien au régime de facto devra se poursuivre après les élections universellement condamnées et non reconnues du 29 novembre? Le président Barack Obama. Troisièmement, en évitant de classer ce coup d’État comme étant militaire, d’une part cela donne à Washington et au régime militaire à Tegucigalpa la manœuvre dont ils ont besoin pour affirmer ouvertement ou indirectement qu’il existe en effet un problème constitutionnel légitime dont, bien sûr, Zelaya est le responsable; d’autre part cela donne la crédibilité plus que nécessaire à la raison d’être même du régime de facto. Quatrièmement, le poids politique contre le régime de Micheletti aurait été dévastateur si le coup d’État avait été déclaré militaire conformément à la section 7008. Autrement, les putschistes, qui étaient très conscients de la polémique entourant la section 7008, n’auraient probablement pas tenu si longtemps que cela. Cette élimination de Micheletti est une chose que Washington, comme nous l’avons observé tout au long de l’évolution de la situation, n’a pas fait et ne désire pas faire. Les auteurs du coup d’État ont reçu le message fort et clair de Washington depuis le 29 juin, lorsque l’article 7008 a été soulevé pour la première fois par des journalistes lors des séances d’information [briefings] du département d’État; les remarques d’ordre esthétique et les cataplasmes contre le régime visant à sauver les apparences n’ont pas vraiment tracassé les acteurs du coup d’État.

Il est vrai que Washington s’attendait à un dialogue de la part de Micheletti, mais uniquement dans le but d’intégré Zelaya au sein d’un nouveau gouvernement dirigé par Micheletti, légitimant ainsi les élections, un piège dans lequel Zelaya, le candidat progressiste et le Front ont tous finalement refuser de tomber. Les États-Unis veulent maintenir leur commandement militaire SouthCom au Honduras à leur base militaire de Palmerola, la même par où Zelaya est passé lorsqu’il a été enlevé de chez lui et envoyé au Costa Rica.(8)

LE MOT « M »

Les États-Unis et leurs alliés au sein de l’oligarchie et des militaires honduriens ont sous-estimé la détermination du peuple hondurien, de leur rapide prise de conscience politique, organisation et confiance en soi. Les États-Unis n’ont pas pu briser l’unité entre les différentes forces composant le paysage politique du Honduras de l’après coup d’État. Le magazine Time a fait mouche avec son article intitulé : Voici la raison pour laquelle Obama n’emploiera pas le mot M dans Coup d’État au Honduras. Nous devons expliquer ce qui suit : Selon les normes hypocrites et puritains des médias de l’establishment existant aux États-Unis, afin d’éviter explicitement et publiquement de mentionner un mot considéré comme inacceptable ou choquant, seule la première lettre sera employée. En l’occurrence, d’une façon sarcastique, il s’agit de la lettre « M » dans coup d’État « militaire », par opposition à un coup d’État non militaire. Dans l’article du 5 septembre, le Time écrit :

« […] L’administration a également envoyé des signaux significatifs mixtes, en n’employant pas le mot M : militaire. Ses avocats ont déterminé que, même si le renversement de Zelaya était un coup d’État, techniquement parlant il ne s’agissait pas d’un coup d’État militaire […] En évitant d’appeler l’expulsion de Zelaya comme étant un coup militaire, cela donne aux dirigeants du coup d’État l’impression que ce qu’ils ont fait était simplement un coup d’État négocié de deuxième ou de troisième degré, au lieu d’un de premier degré de type militaire. Lorsque les militaires emmènent au loin un président démocratiquement élu, il s’agit d’un coup d’État militaire, point, peu importe qui prend le pouvoir par la suite. C’est une règle qui doit s’appliquer, non seulement au Honduras, mais chaque fois où les États-Unis doivent s’en prendre aux auteurs de coups d’État. »(9)

Le 30 octobre, enfin parvenu à un accord entre Zelaya et Micheletti, Hillary Clinton était enthousiaste face à l’apparent succès de la politique de Washington exécutée depuis le 28 juin, fondée sur des « négociations et le dialogue ». Elle s’était réjouie au point d’agir prématurément en déclarant : « nous attendons donc avec impatience les élections qui se tiendront le 29 novembre… »(10)

Cependant, le 5 novembre, en raison de la complète réticence de Micheletti à appliquer l’accord déjà affaibli, l’accord tombe à l’eau. Le 6 novembre, suivant le même ordre d’idées proposées dès le 28 juin, le porte-parole du département d’État, Ian Kelly, a exprimé que les deux parties devraient retourner à la table des négociations pour conclure une entente, en jetant le blâme sur Zelaya et Micheletti pour leur échec.

Étant donné que Washington n’ait pas classé le coup d’État comme étant militaire, la Maison-Blanche peut encore maintenir la porte ouverte pour la tenue des élections, même si Zelaya n’est pas de retour au pouvoir. Tout d’abord, en évitant le mot « M », Washington se donne le luxe de cultiver le doute planant au-dessus de la tête de Zelaya, quant à ses activités au plan juridique et constitutionnel qui ont conduit au coup d’État. Cela est naturellement facilité par les médias de l’establishment étatsunien qui maintient le plus souvent la désinformation voulant que Zelaya souhaitait organiser un référendum le 28 juin dans le but d’établir une Assemblée constituante, et ainsi pouvoir éventuellement se présenter à nouveau à des élections en contrevenant à la constitution hondurienne. Devons-nous répéter maintes et maintes fois que la Quatrième urne n’était rien de plus ni moins qu’une boîte de scrutin ajouté au vote, permettant ainsi d’établir avec précision si l’électorat hondurien désirait, ou non, l’élection éventuelle d’une Assemblée constituante, pour une nouvelle constitution plus appropriée (un sondage entièrement légale selon la constitution hondurienne actuelle.) En l’absence de la classification de coup d’État militaire – en évitant le mot « M » – Obama n’aurait pas à se rendre au Congrès après les élections pour demander le rétablissement de l’aide et l’appui à un gouvernement sortant d’élections illégitimes, nationalement et internationalement classées en tant que tel. Comme la situation a évolué, l’apparition du président au Congrès, ou même par un représentant, se transformerait en désastre politique pour lui puisque la condamnation du scrutin est pratiquement unanime en Amérique du Sud. Au lieu de cela, ce que les États-Unis et Micheletti espéraient depuis le premier jour, était d’essayer de gagner du temps et de tenir des élections afin de légitimer le coup d’État, faisant en sorte que le peuple hondurien et les peuples du monde se retrouvent devant un fait accompli.

LES ÉLECTIONS DU 29 NOVEMBRE

Cette dernière étape dans la position des États-Unis et de Micheletti, en ce qui concerne les élections, est exposée le 6 novembre, lors de la séance d’information du département d’État par son porte-parole Ian Kelly. Cette réunion avec la presse a eu lieu après que le membre républicain du Congrès, Jim DeMint, ait déclaré que Hillary Clinton et le secrétaire adjoint pour l’Amérique latine, Thomas Shannon, l’ont assuré que les États-Unis reconnaîtront les élections, peu importe si Zelaya est restitué comme président ou non.

« QUESTION : Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce que le membre du Congrès Jim DeMint dit au sujet de la reconnaissance des résultats électoraux au Honduras, [que] vous allez reconnaître les résultats électoraux avec ou sans M. Zelaya?

M. KELLY : Bien, je crois que nous avons accepté de soutenir le processus électoral. Présentement, nous fournissons l’assistance technique aux opérations électorales au Honduras. Et […] nous avons pris cet engagement afin de soutenir ce processus en raison de l’Accord entre les deux parties […]

QUESTION : Le sénateur DeMint affirme que […] le Département l’avait particulièrement assuré que […] l’administration reconnaîtra l’élection comme étant légitime, même si Zelaya n’a pas été rétabli. Est-ce vrai? Puis-je avoir une réponse affirmative ou négative à ce sujet?

M. KELLY : Je crois que nous avons repris ce que le secrétaire a dit, et ce que je dois dire…

QUESTION : Puis-je avoir seulement [une réponse…]

M. KELLY : […] c’est que nous soutenons cet Accord qui prévoit, tout d’abord, une Commission de vérification, puis – et cela est déjà fait. La formation d’un gouvernement d’unité et de réconciliation est la prochaine étape, ensuite un vote du Congrès sur la restauration et enfin les élections. Une seule étape a été accomplie jusqu’à présent […] »(11)

Le 9 novembre, alors que l’on savait déjà que les négociations étaient closes et que les forces de l’anti-coup d’État se concentraient sur ce qu’ils feraient durant les élections, Kelly a fait abstraction de la situation au Honduras. Il a complètement ignoré le fait que le 8 novembre (avant son exposé cité plus haut), le candidat présidentiel de l’opposition la plus importante, Reyes, (et Zelaya lui-même) ont exigé le boycott du scrutin. Il ne s’agissait pas de « business-as-usual » (il n'y a rien à signaler) telles que Kelly cherche à imposer. Il a répondu à une question sur le Honduras en déclarant que « ils [les négociateurs] parlent toujours en vue de, tout d’abord, former ce gouvernement national d’unité et de réconciliation, tel que réclamé dans l’accord. »(12)

Plus la situation évolue vers la non-reconnaissance des élections pratiquement dans toute l’Amérique de Sud, les Caraïbes et Amérique centrale et au sein du Honduras, et plus les États-Unis intensifient leurs pressions pour que la solution adoptée soit la tenue d’élections. Cette attitude de plus en plus arrogante et hautaine a été exprimée le 10 novembre par Philip J. Crowley, Secrétaire d'état adjoint au département d’État.

« M. CROWLEY : Le secrétaire d'État adjoint Craig Kelly est arrivé à Tegucigalpa aujourd’hui pour continuer à travailler avec les parties et la commission de vérification. Il y sera aujourd’hui et demain et concentrera ses efforts pour que le processus conduise à des élections libres et justes et à l’instauration d’un nouveau gouvernement au Honduras à la fin du mois [...]

QUESTION: À la réunion d’aujourd’hui de l’Organisation des États américains, la plupart des pays ont dit qu’ils ne reconnaitraient pas les résultats électoraux, y compris ceux du Groupe de Rio. Quelle solution envisagez-vous pour Zelaya?

M. CROWLEY : Eh bien, je ne crois pas qu’il y ait de solution pour Zelaya en soi […] Nous avons, au cours des derniers mois, espéré voir le retour à l’ordre constitutionnel. Il ne s’agit pas de la situation d’une personne. Il s’agit d’un retour à des processus démocratiques et à un gouvernement démocratique au Honduras[…]»(13)

Le 12 novembre, alors que les élections se rapprochaient, la position n’avait pas changé. Au point de presse de ce jour-là, un reporter a interrogé Kelly sur les informations qui arrivaient concernant les arrestations de masse, le couvre-feu, le harcèlement des représentants des médias et les restrictions. Il lui a demandé : «Est-ce que cela invalide le processus électoral?». Évitant de répondre à la question, Kelly a répliqué: « […] nous appuyons le processus électoral […]» et a répété que l’accord devrait être appliqué par « les deux parties ».(14)

Le journal hondurien Tiempo a cité les déclarations faites le 11 novembre par le président Zelaya suite à la visite que lui a rendu le Secrétaire d'état adjoint au département d’État, Craig Kelly. «Les États-Unis n’ont pas changé de position, ils continuent de dénoncer le coup d’État, ils ne reconnaissent pas les autorités actuelles et luttent pour ma restitution» a dit Zelaya, expliquant ce que Kelly lui avait déclaré.(15)

Or les États-Unis ne se limitent pas à appuyer la tenue de telles élections, ils participent directement à leur organisation en collaboration avec les putschistes, ce qui contredit les affirmations de Kelly selon lesquelles les États-Unis ne reconnaissent pas ces derniers. Le scrutin se prépare contre la volonté de Zelaya, et les Honduriens exigent la non-reconnaissance de telles élections puisque le but de celles-ci est, entre autres, de maintenir le rejet de la restitution de Zelaya!

Pour Washington, la restitution de Zelaya en tant que président n’a jamais été une condition «sine qua non» pour la restauration du processus démocratique. On se souviendra que, depuis le 28 juin, Obama et les représentants du département d’État mentionnent certaines fois Zelaya et évitent d’autres fois d’en parler. Tout dépend de la situation, du pays, des personnes qui s’y trouvent. C’est une politique dont l’aspect principal, commun et constant dans toutes les déclarations (à part le verbiage) consiste à donner des réponses dilatoires, à gagner du temps, jusqu’aux élections du 29 novembre afin de maintenir le statu quo. On peut se passer de Zelaya, mais le scrutin constitue un principe qu’il ne faut abandonner sous aucune circonstance.

Du 28 juin à novembre, l’alliance États-Unis-Micheletti suit la même ligne constante, qui consiste à insister sur la nécessité de négociation et de dialogue et à placer les deux parties sur le même pied d’égalité (alors qu’en fait les auteurs du coup d’État disposent d’un pouvoir répressif militaire et politique alors que Zelaya a été tout ce temps exilé puis enfermé comme un prisonnier dans l’ambassade du Brésil); à rejeter les demandes internationales et locales pour le rétablissement immédiat de Zelaya aux moments cruciaux comme celui-ci; et, bien sûr, à user de moyens dilatoires pour que les élections aient lieu d’une façon ou d’une autre afin de légitimer le remplacement du gouvernement Zelaya pour maintenir le statu quo et pour mettre fin à ses politiques progressistes locales et internationales. Il est devenu évident que la pierre angulaire de cette politique a été d’éviter l’utilisation le mot «M», donnant à Obama et au Département d’État pleine liberté d’action pour qu’ils puissent fournir de l’oxygène à la dictature militaire et maintenir celle-ci artificiellement en vie jusqu’au 29 novembre. Après cette date, Obama ne devra même pas s’adresser à l’opinion publique internationale et domestique ou témoigner devant le Congrès pour renouveler les mesures d’appui au gouvernement de facto, qui auraient été coupés, en vertu de la Section 7008, si le coup d’État avait été qualifié de coup d’État militaire.

L’ASSEMBLÉE CONSTITUANTE

L’alliance États-Unis-Micheletti est basée sur une position constante et homogène. Elle est, cependant, en train de produire l’effet contraire. Elle n’apporte pas de victoire aux États-Unis. Les forces opposées au coup d’État ont également une position constante. Dès le tout début, premièrement le Front national contre le coup d’État (qui s’est constitué en fait le lendemain, le 29 juin), deuxièmement le gouvernement Zelaya, et troisièmement les forces politiques opposées au coup d’État et regroupées au sein du Front ont formulé les exigences dont les plus importantes sont :

1) Le retour immédiat du président Zelaya au pouvoir;

2) Le retour à la primauté du droit et à l’ordre démocratique qui existait avant le 28 juin, et, par conséquent, la cessation immédiate de la répression et l’expulsion des militaires et de la police des instances du pouvoir;

3) La non-reconnaissance des élections du 29 novembre, qui auraient lieu dans des conditions qui ne permettent pas la liberté d’expression et d’association, libertés incompatibles avec l’existence d’un régime de facto, militaire et brutal;

4) Le besoin d’élire une Assemblée constituante ayant pour mandat l’élaboration d’une nouvelle Constitution pouvant refonder la nation hondurienne basé sur l’égalité, la justice, la pleine participation démocratique et sur l’opposition à la domination exercée par les États-Unis sur le Honduras.

Certaines des tactiques pratiquées par l’ensemble des composantes de cette alliance opposée au coup d’État ont varié d’une période à l’autre et d’un protagoniste de celle-ci à l’autre. Mais il s’est avéré que les différences ne sont que tactiques et qu’elles ne sont pas dues à des divergences concernant les principes stratégiques sur les moyens de défaire la clique de Micheletti et de s’appuyer sur les pressions internationales, que celles-ci soient apparentes ou réelles. Ainsi, en fait, tous les protagonistes sont complémentaires les uns des autres, et font échouer toutes les tentatives de diviser l’alliance qui représente une variété de forces politiques et sociales de différents secteurs de la société.

Zelaya a lancé un appel au boycottage des élections, le Front national aussi, et le 8 novembre, Carlos Reyes, le plus important des candidats présidentiels opposés au coup d’État, populaire dirigeant syndical lié au Front national, a annoncé officiellement sa décision finale de boycotter les élections. Et bien qu’ayant de 14 à 16% des intensions de vote d’après les sondages « officiels » de la fin octobre, le 8 novembre, pour des raisons de principe et parce qu’on ne peut tenir des élections libres et justes sous une dictature militaire favorable aux États-Unis, Reyes a lancé lui aussi un véhément appel en faveur du boycottage aux militants opposés au coup d’État. Grâce à une vidéo diffusée par le site Internet du syndicat international Rel-UITA, nous pouvons voir le mouvement se développer sous nos yeux. Reyes a annoncé qu’il avait pris cette décision après avoir consulté 11 000 personnes de différentes régions, dont 96% disent NON aux élections. Reyes a poursuivi en disant que par cette décision nous n’avons rien perdu. Ce sont les putschistes qui ont perdu parce que pour maintenir leur pouvoir ils doivent se servir de baïonnettes. Au sujet de l’expérience de sa candidature indépendante, Reyes a déclaré que dans les différentes localités les gens, enseignants, ouvriers, paysans, femmes, jeunes, choisissent et mettent en action leurs propres candidats. Les candidats sont nommés directement par le peuple. Rien de positif ne peut découler des élections sans l’appui du peuple, a déclaré Reyes. Nous devons tirer avantage de leur faiblesse, nous assurer qu’ils seront défaits et que nous sommes bien engagés dans la voie vers l’Assemblée constituante. Dans la salle bondée, Reyes a présenté une analyse du contexte historique et géopolitique du Honduras de l’après coup d’État et a affirmé que le peuple du Honduras était en train de suivre les pas de Bolívar, de Martí et du Che.

Le 12 novembre, dans une entrevue, Bertha Cáceres, dirigeante du Conseil civique d’organisations populaires et indigènes du Honduras (Consejo Cívico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras - COPINH), et faisant partie de l’équipe de Reyes et de sa Candidature indépendante populaire, a déclaré :

« […] il faut comprendre que ces élections ont lieu dans le contexte d’un coup d’État, et que les putschistes disposent d’un pouvoir réel auprès de toutes les instances de l’État hondurien. Même si le président Zelaya est restitué, il y aura des situations très difficiles à changer à quelques jours [des élections]. Par exemple le Tribunal électoral organise une délégation d’observateurs internationaux constituée de personnes qui appuient le coup d’État […]. En vertu des accords de San José l’armée exercera son autorité sur le Tribunal électoral. Le peuple est indigné de voir les militaires, qui ont assassiné et torturé des citoyens, sont chargés de «surveiller» la démocratie et les élections de ce pays. Il y a des raisons pour ne pas participer à cette farce : par respect envers le peuple hondurien, nous n’allons pas valider le coup d’État. Le processus électoral désignerait un gouvernement putschiste. Ce serait la continuation du régime «de facto» sous un autre visage. Ceux qui assumeraient le pouvoir le 27 janvier 2010 seraient des partisans du projet néolibéral. Nous n’avons pas abandonné l’objectif que nous avons décidé de suivre en politique, en honorant celui-ci, comme nous l’a enseigné Monseigneur Romero, jusqu'à réussir à mettre sur pied l’Assemblée nationale constituante et à rétablir l’ordre constitutionnel […]»(16)

Plus tard, le même jour, environ 110 candidats à la mairie et 55 comme députés au Congrès ont annoncé leur refus de participer aux élections du 29 novembre prochain au Honduras en guise de protestation contre le coup d’État militaire.(17)

Le 13 et 14 novembre d'autres rapports indiquent une vague de prise de position par des organisations de masse sociales en faveur de boycotter les élections. Le 14 novembre, le président Zelaya a renoncé à toute possibilité d'être rétabli dans sa position en tant que président qui aura pour effet de camoufler le coup d’état. Il a également déclaré qu'il ne reconnaît pas élections du 29 novembre parce que les putschistes ont déjà décidé qui sera président ainsi que les maires et députés. Le 15 novembre, la résistance a réaffirmé qu'ils ne voteront pas. Dans un communiqué de presse publié ce jour-là, le Front a déclaré que la date des élections s’approchent, et ainsi, les gens et de la résistance ne seront pas au scrutin.

Il semble assez évident qu’au Honduras le peuple rejette le Honduras pré-coup d’État et est maintenant engagé dans de sérieuses discussions sur la façon de s’opposer concrètement aux élections frauduleuses et se dirige vers une nouvelle étape, la tenue d’une Assemblée constituante. Par exemple Ricardo Arturo Salgado, sociologue et écrivain hondurien, œuvrant auprès des travailleurs ruraux et des pêcheurs, membre actif du Front national, rappelle que le peuple hondurien espérait, à l’origine, que les élections du 29 novembre ouvriraient la porte à une Assemblée constituante. Il insiste sur la nécessité d’être parfaitement organisés pour faire échec au scrutin frauduleux, et propose le recours à une grève générale qui s’étendrait jusqu’à la date des élections et même après le 29 novembre.(18)

D’une part il y a la position nette et inflexible que constitue l’alliance Washington/Micheletti, opposée à l’octroi de quelque concession que ce soit, qui est de plus en plus isolée au Honduras et au niveau international, particulièrement en Amérique du Sud, les Caraïbes et Amérique centrale. D’autre part il y a la position de toutes les forces opposées au coup d’État qui adoptent des tactiques flexibles et suivent fermement des principes stratégiques et collaborent mutuellement sur la base de la compréhension et le respect mutuel. Ils ont ainsi évité toute division qui aurait conduit à un désastre et aurait empêché toute victoire à l’avenir.

Ces deux ensembles de forces s’opposent sur les questions suivantes : qui exercera le pouvoir politique au Honduras? La minorité aisée et leurs alliés étatsuniens ou le peuple? Qui écrira l’histoire du Honduras : les États-Unis ou le peuple, qui proposera ses propres candidats et qui élira sa propre Assemblée constituante, en donnant à celle-ci le mandat de consulter le peuple au cours de l’élaboration de la nouvelle Constitution? Washington n’accorde aucune importance à la décision prise par le principal candidat présidentiel, Reyes, de boycotter activement les élections. Ce dernier reflète le mouvement infatigable, massif, courageux de la vaste majorité du peuple hondurien contre le coup d’État et pour la naissance d’un nouveau Honduras. Cette situation montre comment les cercles dirigeants des États-Unis manipulent les élections, aux États-Unis et dans d’autres pays, en fonction de leurs intérêts.

Alors qu’ils écrivent leurs propres Constitutions, les peuples d’Amérique du Sud offrent d’importantes leçons pour aujourd’hui et pour demain. À Cuba, ce processus a commencé en 1868 (et en 1869 avec la Constitution de Guáimaro) et a atteint son point culminant en 1976, avec l’adoption d’une Constitution, qui par la suite a été amendé par consultations populaires. Plus récemment le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur ont élu des Assemblées constituantes et élaboré de nouvelles Constitutions modernes, basées sur les conditions concrètes de chacun de ces pays. D’autre pays espèrent suivre la même voie.

C’est, en fait, ce mouvement que le coup d’État au Honduras visait à détruire. Ce coup d’État était également un avertissement lancé à tous les pays d’Amérique du Sud. Alors que le peuple du Honduras lutte dans les rues et villages, en milieu urbain et rural, Washington essaie d’appliquer ses politiques contre le mouvement relativement nouveau qui se développe en Amérique du Sud. Cette politique venue du Nord vise le peuple qui prend le pouvoir politique et devient maître de sa propre destinée. Le gouvernement Obama est allé plus loin dans le sens des orientations de son prédécesseur en planifiant et en exécutant l’installation de sept bases militaires en Colombie. Les mouvements d’opposition à ces bases militaires installées au cœur de l’Amérique du Sud et au coup d’État au Honduras sont en train de se fusionner en une vague d’indignation qui balaie toute l’Amérique du Sud. Gagner, maintenir et étendre le pouvoir politique des peuples et la démocratie participative selon les conditions particulières de chaque pays est la seule réponse.

 

Traduction : Marie France Bancel, Normand Raymond, Antonio Artuso


Notes

(1) « White House, Press Office », par Barack Obama, 28 juin 28 2009.

(2) « White House, Press Office », par Barack Obama and Alvaro Uribe, 29 juin 2009.

(3) « White House, Press Office», par Barack Obama, Moscou, 7 juillet 2009.

(4) « White House Press Office », par Barack Obama et Stephen Harper, 16 septembre 2009.http://www.whitehouse.gov/the_press_office/Joint-statement-by-President-Obama-and-Prime-Minister-Harper-on-accelerating-economic-recovery-and-job-creation

(5) « Honduras : la politique à deux voies des États-Unis et du Canada », par Arnold August, Mondialisation, 16 juillet.

(6) « White House Press Office », par Barack Obama, Felipe Calderón et Stephen Harper, 10 août 2009.

(7) « Washington face au Honduras : un numéro d’équilibriste », par Arnold August, Mondialisation, 18 aout 2009.

(8) « Le SouthCom prend le pouvoir dans un État membre de l’ALBA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 29 juin 2009.

(9) « Why Obama Won’t Use the M-Word for Honduras’ Coup », par Tim Padgett, Time, 5 septembre 2009.

(10) « Breakthrough in Honduras », Remarques d’Hillary Clinton, département d’État, 30 Octobre 2009.

(11) « Daily Press Briefing », par Ian Kelly, département d’État, 6 novembre 2009.

(12) « Daily Press Briefing », par Ian Kelly, département d’État, 9 novembre 2009.

(13) « Daily Press Briefing », par Philip J. Crowley, département d’État, 10 novembre 2009.

(14) « Daily Press Briefing », par Ian Kelly, département d’État, 12 novembre 2009.

(15) « Manuel Zelaya: Le dije a Kelly que ya no hablo con golpistas », Tiempo, 11 novembre 2009.

(16) « Bertha Cáceres:  « El pueblo busca estrategias para el desconocimiento de las elecciones en Honduras », entrevue, Telesur, 12 novembre 2009.

(17) « Anuncian en Honduras masivo retiro de candidatos electorales », Telesur, 12 novembre 2009.

(18) « Honduras: La Dialéctica de la Lucha », par Ricardo Arturo Salgado, Cubadebate, 9 novembre, 2009.

 


Arnold August est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Arnold August publiés par Mondialisation.ca

la CIA envoie des personnes se faire torturer en Ouzbékistan

Publié le 18/11/2009 à 06:03 par djamazz
Un ancien ambassadeur britannique : la CIA envoie des personnes se faire torturer en Ouzbékistan

par Daniel Tencer
Mondialisation.ca, Le 17 novembre 2009

La CIA se fiait à des renseignements obtenus sous la torture dans des prisons d’Ouzbékistan, pays d’Asie centrale où les suspects peuvent être violés avec des bouteilles cassées ou ébouillantés vifs, affirme un ancien ambassadeur britannique dans ce pays.

Craig Murray, recteur de l’Université de Dundee en Écosse, et jusqu’en 2004 ambassadeur britannique en Ouzbékistan, a affirmé que non seulement la CIA se fiait à des confessions extorquées par des pratiques de torture extrêmes, mais envoyait des prisonniers suspectés de terrorisme en Ouzbékistan dans le cadre de son programme d’ « extraordinary rendition » (transferts illégaux de prisonniers dans des prisons secrètes délocalisées, NDT).

« Je parle de personnes violées avec des bouteilles brisées, » a-t-il affirmé à la fin du mois dernier lors d’une conférence diffusée par The Real News network. « Je parle de personnes qui voient leurs enfants se faire torturer sous leurs yeux jusqu’à ce qu’ils acceptent de signer une confession. Je parle de personnes ébouillantées vives. Et les renseignements tirés de ces tortures sont reçus par la CIA, et sont transmis pour être utilisés »

Des associations de Droits de l’Homme ont tiré la sonnette d’alarme depuis longtemps sur le système légal en Ouzbékistan. En 2007, Human Rights Watch a déclaré que la torture était une pratique « endémique » dans le système judiciaire ouzbek.

Murray a affirmé que ce n’est qu’en ayant travaillé comme ambassadeur qu’il a réalisé que la CIA envoyait des personnes se faire torturer en Ouzbékistan, pays qu’il considère comme un état « totalitaire » qui ne s’est jamais relevé de sa période communiste, quand il faisait partie de l’Union soviétique.

On demandait aux suspects enfermés dans les goulags ouzbeks de « confesser leur appartenance à al-Qaïda. Ils devaient avouer qu’ils s’étaient entraînés dans des camps en Afghanistan. Ils devaient confesser avoir rencontré Oussama ben Laden en personne. Et la CIA faisait constamment écho à ces thèmes »

Murray raconte : « J’ai été totalement abasourdi – cela a changé ma vision du monde dans l’instant – d’apprendre que Londres savait que les renseignements provenaient de personnes torturées, que ce n’était pas illégal parce que les conseillers juridiques avaient décidé que, dans le cadre de la convention des Nations Unies contre la torture, ce n’était pas illégal d’obtenir et d’utiliser des informations obtenues sous la torture tant que nous ne pratiquions pas ces tortures nous-mêmes. »

C’est pour le gazoduc, idiot !

Murray prétend que la motivation principale des militaires américains et britanniques dans leur implication en Asie Centrale est la présence d’importantes réserves de gaz naturel au Turkménistan et en Ouzbékistan. Pour preuve, le projet de construction d’un gazoduc à travers l’Afghanistan, qui permettrait aux compagnies pétrolières occidentales d’éviter de passer par la Russie ou l’Iran pour transporter le gaz naturel hors de cette région.

Murray a prétendu qu’à la fin des années 90, l’ambassadeur ouzbèke aux États-Unis avait rencontré George W. Bush, alors gouverneur du Texas, pour discuter de l’implantation d’un gazoduc dans la région. De cette réunion était sorti un accord selon lequel la compagnie texane Enron avait gagné le droit d’exploiter les réserves de gaz naturel ouzbèkes, et la compagnie Unocal celui de déployer le gazoduc transafghan.

« Le consultant qui organisait cela pour Unocal était un certain M. Karzaï, aujourd’hui président d’Afghanistan » fait remarquer Murray.

Murray a affirmé qu’une des motivations pour développer le battage autour du terrorisme islamique en Ouzbékistan, à travers des confessions forcées, était de s’assurer que le pays resterait du côté des États-Unis dans la guerre contre le terrorisme de sorte que le gazoduc puisse être construit.

« Il y a des schémas de ce gazoduc, et si vous regardez le déploiement des troupes américaines en Afghanistan, au contraire des autres pays de l’OTAN impliqués dans le conflit, vous verrez qu’elles sont, de manière évidente, positionnées de telle sorte qu’elles puissent surveiller la route du gazoduc. Ce n’est pas autre chose. C’est une question de pétrole, pas de démocratie. »

L’achèvement du gazoduc transafghan est prévu pour 2014, avec un support financier de 7,6 milliards de dollars par l’Asian Development Bank.

Murray a été renvoyé de son poste d’ambassadeur en 2004, suite à ses premières déclarations publiques accusant le gouvernement britannique de compter sur la torture en Ouzbékistan pour obtenir des renseignements.

Article original en anglais : Former UK ambassador: CIA sent people to be ‘raped with broken bottles’. Raw Story, publié le 4 novembre 2009 

Traduction Spotless Mind pour ReOpenNews

Note ReOpenNews :


 Articles de Daniel Tencer publiés par Mondialisation.ca

Critiques contre les USA et l'Arabie vis-à-vis du Yémen

Publié le 17/11/2009 à 04:27 par djamazz
Critiques contre les démarches américaines et saoudiennes vis-à-vis du Yémen

 

Lundi 16 Novembre 2009


Critiques contre les démarches américaines et saoudiennes vis-à-vis du Yémen
La côte nord du Yémen est toujours la cible des raids saoudiens. Les nouvelles font part du soutien des Etats-Unis aux démarches répressives de l'Arabie saoudite, ce qui met, clairement, en évidence le prétendu changement promis par le Président américain. Pendant ce temps là, l'Iran ne reste pas silencieux. Le président du Majlis islamique d'Iran a critiqué les démarches militaires du gouvernement saoudien consistant à massacrer les Musulmans yéménites sur la frontière saoudienne. Lors de son discours à la séance plénière de dimanche du Majlis islamique, Ali Larijani a évoqué, aussi, la reconduction, par les Etats-Unis, des sanctions contre le peuple iranien.

"Tout cela témoigne de la profondeur des prétendus changements des autorités américaines.", a-t-il raillé. Larijani a, ensuite, évoqué l'attitude ambivalente des locataires de la Maison Blanche qui a, en effet, engendré l'extension du terrorisme et de l'insécurité dans le monde. Il est vrai qu'en dialoguant avec les terroristes et en soutenant les politiques répressives, ceux qui prétendent lutter contre le terrorisme n'ont rien fait d'autre que de créer une situation des plus catastrophiques, dans le domaine du terrorisme et de la violation des Droits de l'Homme.

Les horribles crimes israéliens à Gaza, ainsi que la collaboration et le soutien au massacre des Chiites yéménites, en sont, certes, des exemples manifestes. Le massacre des Chiites, au Yémen, devant le silence de mort des médias régionaux, témoigne des discriminations qui existent dans les prises de position, à l'égard de la situation des Chiites et des Musulmans. En soutien à l'armée yéménite, les avions de combat saoudiens ont bombardé, ces derniers jours, à maintes reprises, les régions à population chiite sur la frontière entre le Yémen et l'Arabie saoudite. Ils ont même utilisé des bombes au phosphore blanc, d'après les sources d'informations.

Que font les Etats-Unis? Et bien, ils approuvent et collaborent à la répression des Chiites du Yémen. Cela ne peut être qu'un des signes indéniables des politiques perfides des Etats-Unis. Tout ce que l'on a pu constater, depuis l'arrivée au pouvoir d'Obama, de la part de la Maison Blanche, a été tout à fait contraire aux déclarations de son président, comme l'a déjà souligné le Guide suprême de la Révolution islamique.

Ce qui montre la grande distance qui sépare les slogans d'Obama de son action. Obama est arrivé au pouvoir, avec le slogan du changement. On pouvait se permettre d'espérer qu'une partie du changement annoncé concernerait les politiques interventionnistes américaines envers l'Iran. Obama a, à maintes reprises, parlé de la nécessité de réparer les anciennes erreurs des Etats-Unis vis-à-vis de l'Iran. Il a, pourtant, déjà, emboîté le pas de son prédécesseur, contrairement à tous ses slogans et prétentions, chose que le président du Majlis iranien a déploré dans ses déclarations d'aujourd'hui, dimanche.


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La résolution de l'ONU condamne la diffamation des religions

Publié le 17/11/2009 à 04:25 par djamazz
La résolution de l'ONU condamne la diffamation des religions
Lundi 16 Novembre 2009


La résolution de l'ONU condamne la diffamation des religions
Une résolution contre le dénigrement des religions a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée générale de l'ONU. Dans ce texte intitulé "lutter contre le dénigrement des religions", adopté par 81 voix pour, 55 contre et 43 abstentions, l'Assemblée générale, constate avec une profonde inquiétude que de diverses religions, dont l'Islam, est, à tort, souvent associé aux violations des droits de l'homme et au terrorisme.

Elle se déclare profondément alarmée par l'inaction de certains Etats face à cette tendance de plus en plus marquée et par les pratiques discriminatoires qui en résultent à l'égard des adeptes de certaines religions. Pendant ces deux dernières années, l'Occident a mené de vastes campagnes d'intoxication contre l'Islam, sous le prétexte de la défense de la liberté de parole. La publication du livre blasphématoire " les versets sataniques" de Salman Rushdi a en vérité donné un coup d'envoi au courant de l'islamophobie, atteignant son paroxysme, suite aux attentats du 11 septembre.

Les événements du 11 Septembre 2001 ont permis les Etats-Unis et leurs partenaires européens d'intensifier leurs attaques hostiles contre l'Islam. Et ce, alors que 8 ans après les incidents du 11 septembre 2001, l'affaire a été entourée d'ambiguïtés. Même si l'on veut accepter que l'un des cerveaux d'Al-Qaïda avait, comme l'affirment les Etats-Unis, conçu les attentats de 2001 à New York, l'Amérique et la Grande-Bretagne étaient l'architecte d'une telle formation terroriste. Les interprétations déviées des leaders d'Al-Qaïda ne s'adaptent jamais aux enseignements de l'Islam, la religion qui appelle ses adeptes à chercher la justice et la liberté, tandis que les gouvernements et les empires des médias occidentaux ne lésinent sur rien pour faire croire que l'Islam pousse ses adeptes à l'extrémisme. Dans une telle situation, certains journalistes et les médias occidentaux tentent de pêcher en eau trouble, tournant dans le sillage en ridicule les valeurs sacro-saintes islamiques, les actes diffamatoires blessent les sentiments des Musulmans à travers le monde entier. Simultanément, ils qualifient d'interdit, parler de certains sujets historiques, dont l'affaire de l'holocauste, lors de la seconde guerre mondiale.

En tout cas, la propagation de l'Islamophobie a été à l'origine de nombreuses restrictions pour la minorité musulmane en Occident, si bien que les attitudes discriminatoires a même mis en danger la vie des Musulmans, habitant en Occident. L'affaire de Marwa el-Sherbini résulte par ailleurs de ce même islamophobie occidental. En vertu de la nouvelle résolution, l'Assemblée générale condamne énergiquement tous les actes et manifestations de racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée à l'encontre de minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques et de migrants, ainsi que les stéréotypes qui leur sont souvent appliqués, à cause de leur religion ou de leurs convictions.


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FAO : intervention publique de la Première dame d’Iran

Publié le 17/11/2009 à 04:22 par djamazz
Sommet mondial de la FAO : intervention publique de la Première dame d’Iran

 

Lundi 16 Novembre 2009


Sommet mondial de la FAO : intervention publique de la Première dame d’Iran
La Première dame d'Iran a fait une apparition publique dimanche à Rome, a la veille de l’ouverture à Rome d'un sommet contre la faim snobé par les dirigeants du G8 et a prononcé un discours, à la veille du sommet mondial sur la sécurité alimentaire de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
L'épouse du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, Azam al-Sadat Farahi, qui s’exprime rarement en public, s'est rendue dimanche au forum des épouses des chefs d'Etat, avant l'ouverture lundi pour trois jours du sommet mondial sur la sécurité alimentaire.

La première dame d'Iran s'est exprimée parmi les épouses des quelque 60 chefs d'Etat qui doivent participer au sommet, a déclaré un porte-parole de la FAO Christopher Matthews.

L'agence de presse italienne ANSA précise qu'elle a décrit l'Iran comme un exemple de la lutte contre la faim, expliquant que le système iranien, suivant les enseignements religieux, garantissait la sécurité alimentaire pour l'ensemble des familles iraniennes.

Azam al-Sadat Farahi a également dénoncé, à l’occasion de ce forum présidé par Suzanne Moubarak, l'épouse du président égyptien Hosni Mubarak le sort des enfants souffrant de faim dans la Bande de Gaza.

En juin 2008, les pays membres de la FAO s'étaient engagés à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d'ici à 2015. Depuis, ce chiffre est passé de 850 millions à 1,02 milliard.

Toutes les six secondes, un enfant meurt de faim dans le monde: pour combattre cette tragédie, une soixantaine de chefs d'Etat participent à partir d’aujourd’hui lundi à Rome à un sommet de la FAO.

Des chefs d'Etats venus surtout d'Afrique, d'Asie et d'Amérique Latine ont répondu à l'invitation de l'organisation des Nations unies pour l'Agriculture et l'Alimentation.

Pour Jacques Diouf, directeur général de la FAO, "le combat contre la faim peut être remporté".

Aucun nouvel engagement chiffré ne figure dans par le projet de déclaration finale d'une quarantaine d'articles, notamment pas les 44 milliards de dollars annuels pour l'agriculture, jugés nécessaires par la FAO. Les auteurs de la déclaration se contentent de saluer la promesse des membres du G8 à l'Aquila en juillet dernier de mobiliser 20 milliards de dollars sur trois ans contre la faim, et de demander que "ces engagements soient honorés".

Pour sensibiliser l'opinion, Jacques Diouf a lancé une pétition en ligne et appelé à une grève de la faim de 24 heures. Lui-même affirme avoir jeûné "par solidarité", de même que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, arrivé dimanche dans une capitale déjà bouclée par un millier de policiers et carabiniers.


http://www2.irna.ir http://www2.irna.ir

L’Arabie Saoudite et la guerre dans Sa’ada

Publié le 17/11/2009 à 04:16 par djamazz
L’Arabie Saoudite et la guerre dans Sa’ada

La plupart des pays arabes, y compris l’autorité palestinienne de Ramallah ont publié des communiqués de solidarité avec le gouvernement saoudien (et pas avec le Yémen) dans sa guerre contre « l’ agresseur » Huthi.

Abdel Bari Atwan Lundi 16 Novembre 2009


Le nord du Yemen, où vivent plusieurs tribus, est habité par un grand nombre de Houtis - Photo : EPA
Le nord du Yemen, où vivent plusieurs tribus, est habité par un grand nombre de Houtis - Photo : EPA

Ces communiqués sont de peu d’importance aujourd’hui parce que la crise à laquelle est confrontée l’Arabie Saoudite est beaucoup plus profonde que ce que ses alliés arabes imaginent - dont les ministres des affaires étrangères du Conseil de Coopération du Golfe qui se sont rendus à Doha hier matin pour discuter de la crise et de ses implications.

Nous pouvons dire sans exagérer que la guerre qui se poursuit entre les Houthis et les forces yéménites entraîne l’Arabie Saoudite dans une crise beaucoup plus sérieuse que ne l’a fait son rôle dans l’invasion du Kowéit en 1990 et durant l’été de 1990, et fait se rappeler la guerre qui avait éclaté après la révolution d’Abdullah Sallal en 1962 qui avait renversé le gouvernement Imami à Sanaa, levant les barrages pour l’entrée des forces égyptiennes dans une confrontation avec le gouvernement saoudien.

Ce qui distingue cette guerre est qu’il s’agit en premier lieu d’une guerre de tribus, d’un conflit politique en second niveau et d’un désaccord social en troisième. Elle a le potentiel de se transformer rapidement en conflit régional comme l’a illustré le communiqué d’hier de Manouchehr Mottaki, le ministre des affaires étrangères d’Iranien dans lequel il nous dit : « Nous recommandons fortement aux pays voisins de ne pas faire d’ingérence dans les affaires intérieures du Yémen », un avertissement sérieux pour le gouvernement d’Arabie Saoudite qui prépare le terrain pour une polarisation régionale et tribale qui peut changer la forme et la carte politique de la région et menacer sa stabilité.

Nous avons plusieurs raisons de dire que ceci pourrait être la crise la plus dangereuse à laquelle le royaume d’Arabie Saoudite ait eu à faire face depuis sa fondation il y a quatre-vingts années :

En premier : la direction saoudienne a longtemps adopté une stratégie régionale ayant pour objectif de maintenir l’équilibre des forces en s’impliquant dans des conflits en dehors de ses propres frontières. Elle a par exemple soutenu Saddam Hussein contre la révolution de Khomeini durant la guerre entre l’Iran et l’Irak qui a duré de 1980 à 1988 - une alliance qui s’est terminée par l’affaiblissement des deux nations - pour ensuite faciliter pour les Etats-Unis la libération du Koweit d’une occupation par le même Saddam Hussein, juste deux ans après [la fin de la guerre Iran-Irak], s’étant inquiétée de la puissance régionale montante de l’Irak.

Mais à présent l’Arabie Saoudite fait face à une menace intérieure qui croît, posée par sa minorité shiite et plus d’un million de natifs du Yémen, beaucoup d’entre eux appuyant les Huthis [shiites].

En second lieu : la frontière saoudo-yéménite de 1500 kilomètres et la côte de la Mer Rouge du Yémen allant d’Aden à Saada sont mal contrôlées par les forces de sécurité yéménites, ce qui facilite la contrebande d’armes et les transits de personnes. On dit dans le même temps que l’Erytrée est en train de se transformer en base pour la fourniture d’armes de contrebande destinées aux Huthis, et elle a elle-même occupé les îles Hanish contestées il y a de cela 14 ans avec quelques-unes de ses troupes mal équipées qui ont débarqué dans des bateaux de pêche, prenant aisément le pas sur la faible marine yéménite.

Troisièment : la famille au pouvoir [les Saoud] est parvenue à stabiliser la sécurité intérieure de l’Arabie Saoudite mais une longue guerre d’usure dans le sud affaiblirait certainement le régime. En outre la présence plus importante d’Al-Qa’ida au Yémen, où cette organisation a installé un nouveau bras armé [Al Qa’ida dans la péninsule Arabique] et un nouveau quartier général, est une menace de plus à la sécurité saoudienne, et des attaques à l’intérieur même du royaume contre des cibles importantes peuvent reprendre au niveau où elles étaient il y a cinq ans alors que l’organisation était forte à l’intérieur même de l’Arabie Saoudite.

Quatrièmement : ironiquement, c’est le régime saoudien qui a allumé les flammes de la guerre civile yéménite de 1994 qui a produit ce scénario et cette instabilité chaotiques qui ont fait du Yémen un autre État défaillant dans la région. Les États défaillants sont l’environnement favori d’Al-Qa’ida...

Et cinquièmement : la politique régionale a nettement changé depuis 2003. Saddam Hussein n’est plus là pour s’occuper des ingérences iraniennes dans la guerre avec les Huthis, et les Etats-Unis sont totalement engagés dans leurs guerres sanglantes et perdues d’avance en Afghanistan et en Irak. Le Conseil de Coopération du Golfe n’est plus en rang serré derrière l’Arabie Saoudite pour soutenir sa guerre, et la région du Golfe dans sa totalité est remplie de disputes et de conflits.

Nous conclurons en disant que l’Arabie Saoudite a pris un grand risque avec ses ingérences, et après avoir remué le nid de frelons elle risque fatalement d’être piquée, en dépit de sa supériorité dans l’équilibre des forces en présence. Nous devons nous rappeler que la grande puissance militaire des Etats-Unis a renversé Saddam et les Talibans, mais qu’elle continue de se débattre dans les insurrections qui ont ensuite éclaté.

S’il est vrai que l’Iran soutient l’insurrection des Houthis avec de l’argent et des armes, comme cela semble être le cas, cela signifie que nous avons un nouvel triangle insurrectionnel avec le Hamas [mouvement de la résistance islamique palestinienne] dans la bande de Gaza, le Hezbollah [mouvement de la résistance libanaise] dans le Sud du Liban, et les Houthis à Saada. Le dénominateur commun à ce triangle, ce sont les missiles iraniens et l’hostilité à l’égard des Etats-Unis, d’Israël et des pays arabes modérés [par « modérés » il faut entendre inféodés aux intérêts israéliens et nord-américains - N.d.T].

Les états arabes [dits] modérés voudraient bien rétablir l’hégémonie arabo-américaine et apaiser Israël en s’alignant sur leurs conditions pour la paix. La destruction de l’Irak et du Yémen et toutes les privations dans beaucoup de pays arabes misérables ont conduit à ces développements inquiétants qui peuvent voir la région arabe se désagréger dans sa totalité en États défaillants.

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