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Histoire Civilisations Religions

Claude Lévi-Strauss ou la pensée "sauvage" de l’oligarchie

Publié le 07/11/2009 à 19:28 par djamazz
Claude Lévi-Strauss ou la pensée « sauvage » de l’oligarchie

 

Christine Bierre Samedi 7 Novembre 2009

 

Claude Lévi-Strauss ou la pensée « sauvage » de l’oligarchie
Claude Lévi Strauss, l’un des intellectuels les plus néfastes du XXe siècle a quitté ce monde le 30 octobre dernier, après une longue et intense vie de 101 ans. De quoi accusons-nous Claude Lévi Strauss ? D’avoir porté des coups assassins contre la notion même de la vérité, au nom d’un relativisme culturel sorti tout droit des bas fonds de sophistes Grecs contre lesquels Socrate et Platon se battaient déjà à leur époque. C’est Claude Lévi-Strauss qui a rendu populaire auprès des millions d’étudiants et d’intellectuels à l’échelle internationale, l’idée qu’on ne peut pas comparer les bienfaits d’une culture par rapport à une autre ; que toutes les cultures se valent dès le moment où elles ont développé un système des règles logiques qui leur est propre.
Questionné par swissinfo.ch sur l’apport essentiel de l’ethnologue français, Pierre Centlivres, un ethnologue suisse, confirme qu’en effet Lévi-Strauss « n’établissait pas de différence de nature entre « sauvages » et « civilisés » et « qu’il estimait que nous n’avons pas une position et les critères qui permettent de porter des jugements hiérarchiques sur les autres cultures ». A la question de savoir si Lévi-Strauss était le dernier de grands penseurs des Lumières, Centlivres répond sans détour qu’il « est très difficile de qualifier Lévi-Strauss d’homme des Lumières, car il était marqué par un désenchantement, un pessimisme profond. Il voyait dans le progrès, non pas la lumière justement, mais une menace » !
Pourtant, signe de l’idéologie pessimiste qui ronge la plupart des nos organes de presse, les principaux journaux de notre pays ont consacré des pages et des pages entières au panégyrique de Lévi-Strauss, quatre pages dans Libération et quatre pages dans Le Monde, pour n’évoquer que ceux-là ! Le Monde publie, sans aucun commentaire, cette phrase clé de ce « grand homme » qui refusait d’établir une différence de nature entre l’homme et l’animal : « On m’a souvent reproché d’être antihumaniste. Je ne crois pas que ce soit vrai. Ce contre quoi je me suis insurgé (…) c’est cette espèce d’humanisme dévergondé issu, d’une part, de la tradition judéo-chrétienne, et d’autre part, plus près de nous, de la Renaissance et du cartésianisme qui fait de l’homme, un maître, un seigneur absolu de la création. J’ai le sentiment que toutes les tragédies que nous avons vécues, d’abord avec le colonialisme, puis avec le fascisme, enfin les camps d’extermination, cela s’inscrit non en opposition ou en contradiction avec le prétendu humanisme sous la forme où nous le pratiquons depuis plusieurs siècles, mais, dirais je, presque dans son prolongement naturel. Puisque c‘est, (…) d’une seule et même foulée que l’homme a commencé par tracer la frontière de ses droits entre lui-même et les autres espèces vivantes, et s’est ensuite trouvé amené à reporter cette frontière au sein de l‘espèce humaine, séparant certaines catégories reconnues seules véritablement humaines, d’autres catégories qui subissent alors une dégradation conçue sur le même modèle qui servait à discriminer espèces vivantes humaines et non humaines. »
Pourquoi ces idées sont-elles si dangereuses ? Le moindre livre d’histoire nous informe sur les civilisations dont les conceptions se sont traduites par une démographie croissante et un niveau de vie, de culture et de progrès grandissant par habitant et par km2, et celles qui ont, au contraire, péri car elles n’ont pas su faire face aux défis de leur temps. Ne pas intervenir alors pour donner le « feu » aux civilisations qui ne l’ont pas encore, tels des Prométhée modernes, est passible, tout comme dans la vie quotidienne, de non-assistance à des personnes en danger. Car si l’humanité est diverse en termes de langues, de culture et d’histoire, et c’est l’une de ses grandes richesses, les grands principes qui permettent d’assurer sa survie et son développement, en termes de connaissance des lois de la nature, relèvent, eux, de l’universel. Contrairement a ce que défend Lévi-Strauss, toute société qui ne développe pas les pouvoirs conceptuels de ses citoyens pour pouvoir fournir l’énergie suffisante et les technologies nécessaires à son développement, besoins dont l’approche est identique pour toutes les sociétés, périra. Ceci représente aussi la grande différence de nature qui existe entre nos amies les bêtes, et nous : notre capacité à réfléchir, à découvrir des principes physiques universels qui régissent notre monde et à nous en servir pour le progrès de l’espèce.
Au fond, il y a quelque chose de parfaitement oligarchique dans l’attitude de Lévi-Strauss qui apprécie les « sauvages », à partir de son existence bien confortable dans un pays développé du secteur avancé et du haut de sa position à la tête du Comité qui a dirigé la création du Musée des Arts Premiers de Jacques Chirac, sans pour autant vouloir adopter leur façon de vivre. Chacun est bien à sa place ! C’est pour cela, qu’il en soit conscient ou non, que les opinions de Claude Lévi-Strauss ont été bien utiles aux colonialistes, en France et ailleurs, pour justifier l’arriération des peuples dont on voulait assurer la domination.
Il n’est pas surprenant de ce point de vue d’apprendre que la carrière de Lévi-Strauss fut lancée au début par Célestin Bouglé, un proche de la synarchie anglaise d’avant-guerre à Paris, représentant aussi de la Fondation Rockefeller. Célestin Bouglé était le fondateur du Centre de Documentation Sociale où avant guerre l’on retrouvait des individus associés aux synarques anglo-américains tels Raymond Aron, Robert Marjolin et même Marcel Déat, d’abord socialiste puis pétainiste et collaborateur des nazis. Charles Rist, économiste de renom international, sous-gouverneur de la Banque de France avant la guerre et fondateur de l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES), faisait aussi partie de ces groupes. Expulsé de l’enseignement universitaire à cause des lois juives de Pétain, Claude Lévi-Strauss s’exila aux Etats-Unis où il travailla à la New School for Social Research de New York, autour de laquelle d’autres exilés se sont rassemblés tels Leo Strauss, qui allait ensuite fonder le courant des néoconservateurs américains que l’on vit sévir autour de George Bush Jr, ainsi que la philosophe Hannah Arendt, ancienne maitresse du philosophe Heidegger, y compris après qu’il eut pris sa carte au Parti Nazi.


http://www.solidariteetprogres.org/ http://www.solidariteetprogres.org/

Evangélisation et appauvrissement de l'Afrique

Publié le 07/11/2009 à 19:19 par djamazz
Evangélisation et appauvrissement de l'Afrique

La seconde Assemblée spéciale pour l'Afrique, tenue au Vatican du 4 au 25 octobre 2009, avait pour titre "l'Eglise en Afrique, au service de la réconciliation et de la paix". Presque 250 pères ou évêques, participaient pour débattre des problèmes d'un des continents les plus exposés aux guerres, à la misère et aux conséquences coloniales et post-coloniales. Les peuples d’Afrique étant victimes d’une mauvaise gestion publique, de la part des autorités locales, et surtout d'une ignominieuse exploitation de la part des puissances étrangères, il reste à voir les vraies orientations de cette réunion-planification !

Le titre de l'Assemblée mène à se demander : "réconciliation" de qui et de quoi ?

zineomar@gmail.com Samedi 7 Novembre 2009


Evangélisation et appauvrissement de l'Afrique

Sur le plan africain, toutes les guerres qui s'y jouent, leurs ficelles sont menées par les grands tenants de marionnettes de part le monde, par les dirigeants d'un Occident raciste, colonisateur et usurpateur, qui a recours à ses liges, implantés sur place, pour mener son Jeu ! Affamer les Africains et extirper leurs trésors, est le critère. Est-ce cela la réconciliation de tous ces leaders-imposteurs, pour mener un Jeu autre, mieux performé pour contraindre, harceler et opprimer davantage ? Susciter des guerres entre les communautés locales est devenu traditionnel, à ne citer que : la création d'un problème Berbère en Algérie, pour scinder le pays ; celle du Darfour, où toute la communauté presque est "porteuse" du Qur'ân, le connaissant par cœur ; ou celle entre les minorités coptes ou chrétiennes et les grandes majorités musulmanes en Egypte et ailleurs. De quelle réconciliation s'agit-il ?

 

Sur le plan christianisme, de quelle réconciliation peut-on parler ? Toutes les églises, dont le nombre dépasse les trois cent bifurcations, tous membres du Conseil Œcuménique des Eglises, se font la guerre dans leur course fanatique de l'évangélisation du monde... Est-ce la réconciliation de tous ces frères séparés sur des problèmes de fond, de credo, pour en faire l'Eglise Universelle, qui est désigné ? Est-ce pour chanter à l'unisson en une seule évangélisation, pour mieux essorer les peuples africains et leur imposer une inhumaine inculturation, une foncière infiltration pour mieux soustraire leurs entrailles et mener leur complète éradication ? Le rôle infâme de l'Eglise et son intervention meurtrière dans le Rwanda, où des « pères » et des « sœurs » s'avérèrent être des incendiaires, en attisant les flammes dans des hangars fermés, pleins d'africains réfugiés, n'est point oublié ! Pour ne rien dire de l'autre rôle infâme de l'Eglise et l'affaire du préservatif, causant la mort de milliers d'africains contaminés du Sida ? Réconciliation de qui ou de quoi, de nouveaux assassins, ou d'un néo-colonialisme ?!

 

Sur le plan de la guerre menée par le Vatican contre l'Islam, nul n'ignore la rage obsessionnelle avec laquelle il marche tel "un rouleau compresseur" (d'après le Monde) sur l'Islam pour l'éradiquer. Nul n'ignore l'arsenal de moyens mis en action pour anticiper cette éradication. Un éventail dont l'étendue va des membres du clergé, à tous les laïcs, en passant par les innombrables Missions, Organisations, Institutions, mass média, Internet, hommes politiques, touristes, bref, officiellement : aucun chrétien n'échappe à cette participation imposée à tous les adeptes par le Concile Vatican II. Inutile d'ajouter qu'on trouve aussi une jeunesse missionnaire et, pire encore, des enfants missionnaires, ce qui révèle une hystérie obsessionnelle ! Même les nouvelles technologies de communication ne font pas exception, et leur utilisation est au service du magistère de l'Eglise, pour développer une culture d'évangélisation, et imposer "la seule parole susceptible de sauver l'homme", comme le pape ne cesse de le répéter de vive voix ou par écrit. Va-t-il enfin réconcilier foi et raison pour admettre que ces musulmans, qu'il veut arracher à leurs croyances, ont le droit d'aimer et de tenir ferme à leur religion ?! Drôle de réconciliation qui ne va point de paire avec la furie de la nouvelle évangélisation qu'il impose!

 

Il ne serait point superflu de rappeler, ici, les travaux de recherches de l'Institut Westar, aux Etats-Unis, sous le titre de "Jesus Seminar", où plus de deux cent professeurs spécialistes des Textes bibliques, se sont réunis durant des années, et ont finit par prouver que 82 % des paroles attribuées à Jésus, il ne les a pas prononcées, et que 86 % des actes qui lui sont attribués, il ne les a point commis ? Avec des Textes à ce point manipulés, on n'a pas le droit d'outrager un Texte Révélé, la Vraie Parole de Dieu demeurée intacte depuis sa Révélation jusqu'à nos jours, pour imposer des credo formés à travers les Conciles, le long des siècles. Il suffit ici de rappeler tous les efforts qui se mènent, de la part de d'Eglise, depuis des siècles, pour manipuler le Qur'ân. D'un côté, ils s'épuisent à émietter la langue arabe, d'un autre côté, à vouloir coûte que coûte "lire le Qur'ân en utilisant les méthodes de la critique littéraire moderne"… le lire "selon la méthode de l'analyse rhétorique !

 

Est-il nécessaire de montrer que tous les procédés d'analyse auxquels l'Occident est parvenu dans ses études linguistiques, sont en rapport direct avec ses langues, d'origine latine, alors que l'arabe est une langue sémitique ? Comment peut-on se permettre une dérive pareille à moins que le but ne soit un sabotage prémédité, à ne citer que le travail qu'assume l'Institut Oasis et tant d'autres ?!

 

Tel qu'on le voit, dès le titre, cette Assemblée semble être réunie pour une raison tout à fait différente que cette prétendue "réconciliation", et je n'ajoute même pas le reste du titre parlant de paix. Car quelle paix peut-il y avoir quand on fait face aux néo Conquistadors et au néo colonialisme" ?

 

La réponse ne se laisse point attendre sur le vrai but de cette Assemblée. Il est révoltant de lire, le 27 octobre, sur un des sites vaticanais, que les Pères synodaux, à la fin de leur réunion, "rendent grâce à Dieu pour l’abondance des ressources naturelles de l’Afrique". Que viennent faire ici les ressources naturelles ? Tristes remerciements, puisque c'est pour une raison économico-politique que cette Assemblée "religieuse" s'est réuni, car il est dit nettement : "Les ressources minières africaines valent 46 200 milliards de dollars" et qu' "avec 12% de cette somme, l’Afrique pourrait financer la construction d’infrastructures au niveau européen". Ce qui pose d'emblé le vrai but escamoté sous un titre fallacieux, car il s'agit d'une proie bien grasse à s'accaparer !

 

D'après une enquête publié par David Beylard, économiste congolais, sur “Les Afriques” (revue économique panafricaine), il s'avère que le montant total des richesses africaines serait de l’ordre de 46 200 milliards de dollars, note-t-il : “La valeur financière des gisements africains de matières premières, jusque-là découvertes, est de 46 200 milliards de dollars ! Pourquoi l’Afrique ne réussit-elle pas à valoriser une semblable richesse qui équivaut à 13 fois le rendement annuel de la Chine ? Un patrimoine largement suffisant pour transformer le continent en une des premières puissances mondiales”. Ce manque du développement de l’Afrique, dans son ensemble, demeure le modèle économique fondé sur des finances spéculatives, que l'Occident ethnocentriste et usurpateur sait bien mener. Voilà un exemple que l'auteur ne manque pas d'avancer :

 

Des sociétés minières sans moyens conséquents, parfois sans personnel, ni bureaux, appartenant à des actionnaires anonymes, immatriculées dans des paradis fiscaux, parviennent, avec force promesses et mises en scène, à convaincre des gouvernements africains de leur confier des concessions minières gigantesques. Une fois le contrat en poche, ces sociétés se précipitent sur des bourses peu regardantes, généralement canadiennes, pour valoriser leurs titres africains et empocher de coquettes plus values avant même qu’un seul gramme de minerai ne soit extrait de la concession qui leur a été confiée”..

 

Ce qui veut dire qu'en pratique, on crée sur la carte une richesse garantie par les ressources africaines, sans que celles-ci soient réellement exploitées et, ce qui plus est, sans qu’elles apportent de réels bénéfices aux vrais propriétaires, aux africains. Une situation plus que scandaleuse, quand on pense que le système financier international, vraie sangsue discriminatoire, continue d’exiger le paiement des intérêts accumulés sur les dettes contractées par les pays africains, par l'intermédiaire de leur Institution le Fond Monétaire International !

 

A quoi il ne serait pas inutile d'ajouter cette citation tirée d'une des interventions de l'Assemblée : "Selon une étude effectuée par une société de consultation spécialisée dans les investissements en Afrique, il y a dans le continent africain 10 millions de gisements de matières premières (aussi bien dans la terre ferme qu’en mer), mais seulement 100 000 sont exploités. 9 millions 900 mille gisements, soit 90% du total, ne sont pas mis en valeur. Bien plus, elles sont connues et même cataloguées dans une banque de données, qui se targue des technologies satellitaires et informatiques les plus avancées".

 

Il n'est donc pas étonnant de lire comme conclusion finale de cette Assemblée : "Pour sa part l’Église cherchera à instituer dans les différentes nations du continent un système de formation dans la gestion des ressources naturelles”. Ce qui veut dire : plus d'interférence, plus d'ingérence, pour mieux s'accaparer de ces ressources-aubaines !

 

Ce n'est donc ni à une réconciliation ni à une paix quelconque qu'on a affaire, mais à un double néo-colonialisme. Un néo-colonialisme économique, vécu, et qui sera davantage mené dans une exploitation anarchique des ressources naturelles masquant le pillage planifié des richesses ; et un néo-colonialisme moral, qui consiste à maintenir les pays africains sous perfusion financière, moyennant une aliénation éthico politique, en imposant aux peuples africains les critères du dévergondage européen, débridé, poussés à l'extrême, systématisés par des instances diverses.

 

A ceux qui se demanderaient : comment le Vatican, la plus puissante Institution religieuse au monde, se lancerait-il dans une aventure aussi ignominieuse qu'inhumaine ? Il suffit de voir annoncé qu'en 2002, le déficit consolidé du Vatican s'élevait à 13.5 millions d'Euros, et cela malgré ses revenus inimaginables. Mais il suffit de lire ce que Tony Bushby écrit sur "The Papal Billions", de penser à l'affaire de la Banque Ambrosiano, pour voir à quel degré s'étend la corruption maffieuse dans cette cité, ce reliquat des anciens Etats Pontificaux et de la controverse dite "la question romaine". Un Etat crée le 11 février 1929, comme représentation temporelle du Saint-Siège, dont la seule et unique raison d'être est cette immuable volonté de maintenir les deux épées à n'importe quel prix, quitte à éradiquer les peuples de tout un Continent !

 

Il y a des conclusions à tirer et des rapprochements à faire voir l’article l’entretien que le pape Benoît XVI a accordé à M. François Fillon qui a été reçu par le Vatican comme un chef d'Etat. Lors de cette rencontre historique le Vatican affirme son intention de poursuivre sur "la bonne voie du dialogue et de la collaboration entre Paris et le Vatican", et les deux interlocuteurs abordèrent les questions internationales, à savoir : la situation au Proche-Orient et dans quelques pays africains, avec une référence au "Synode pour l'Afrique" qui se déroule actuellement au Vatican. A quoi s'ajoute l'Encyclique "Caritas in Veritate", son influence et son contexte en ce qui concerne la crise économique et les nouvelles règles à établir pour la bonne marche de l'économie, spécialement à l'égard des pays les plus pauvres.

N’est-ce pas le signe de la fin de la Paix Clémentine ou paix de l’Eglise dans l’espace laïc national et le renouveau de la Pax Romana dans l’espace des autres : exporter les contradictions internes vers l’extérieur soumis au feu du canon et à la devise des légionnaires : « soumettez ceux qui résistent et domptez les superbes » des pays d’Afrique et d’Asie.

 

Zeinab ABDELAZIZ 5 / 11 / 2009

http://liberation-opprimes.net/

TABOU : LA MORT DU JUDAISME

Publié le 04/11/2009 à 11:28 par djamazz
TABOU : LA MORT DU JUDAISME

Le texte proposé ci-dessous n'engage que son auteur et ne reflète point l'opinion d'Alter Info

jean-marc.desanti@wanadoo.fr Mardi 3 Novembre 2009


«Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire


Bouddha






Février 1944 l’affiche rouge et le poème d’Aragon :


Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
RAYMAN, BOCZOV ,GRZYWACZ, ELEK, WAJBROT, WITCHITZ, FINGERWEIG …






A paris en 1944, l’armée du crime était une part de la dignité de la France.


On en demande toujours plus aux juifs … et il le faut. Toujours et encore plus jusqu’à la limite de l’insoutenable car le Judaïsme polymorphe - ce fouteur de merde- est une corde tendue entre l’aveugle et le voyant : L’Homme vivant, l’Homme debout, celui qui doute, celui qui ne fait d’aucune croyance un article de foi fanatique quel que soit le respect dont cette croyance est auréolée.


Claude Lévy écrivait dans Information juive: « Des historiens se disent abusivement «révisionnistes» alors qu’il apparaît beaucoup plus judicieux de les désigner du vocabulaire de «négationnistes» .».






Vaine querelle de mots ?






Voulons-nous ignorer l’importance vitale du sens ?


J.Trier ( Structures sémantiques et conceptives du monde ) démontre que par leur sens donné, les mots constituent un ensemble structuré à l’intérieur duquel chacun est sous la dépendancedes autres. Ils sont donc un champ linguistique recouvrant le champ conceptuel et exprimant une vision du monde dialectiquement cohérente.






Par exemple si un historien se dit «révisionniste», il vise à préparer son interlocuteur à embrasser son opinion avec la déférence et le respect que la recherche historique a attaché à ce mot.
Le théoricien du Révisionnisme est Édouard Bernstein qui formula à la fin du XIX° siècle la remise en cause des fondements théoriques du marxisme. Puis, après lui, Kautsky, Bauer, Browder…


Puis très vite, les mots révisionnisteet révisionnismedésignèrent tous ceux qui préconisent la révision d’une doctrine, d’une croyance, d’une vérité dogmatiquement fixée et érigée en tabou.


Ainsi les partisans du capitaine Dreyfus, les historiens qui avant l’aveu d’Eltsine


affirmaient que les massacres de Katyn étaient des crimes soviétiques, ceux qui veulent réviser les procès de Jeanne d’Arc, de Gilles de Rais, de Franco, de JFK …



Réviser un jugement, réviser l’Histoire.



Prenons louis IX dit Saint-Louis. Il condamna 100 000 juifs par édit royal à porter visiblement un signe distinctif sur leurs vêtements : la rouelle. L’étoile jaune avant Vichy. Saint-Louis faisant un procès inique au Talmud et brûlant 24 charretées de précieux manuscrits hébreux.
Faut-il rappeler qu’il toléra plus d’un pogrom quand il n’en fut pas l’instigateur ?






Alors Saint-Louis tabou ?






En matière d’horreurs historiques il nous faut tout dire et tout savoir : le pourquoi et le comment. Dans ce monde il n’y a ni saints ni maudits. Il n’y a que le frère face au frère : Et Caïn tua son frère Abel …


Alors si à l’évidence nous disons oui au révisionnisme, que dire aux négationnistes qui ne seraient que des révisionnistes infréquentables et falsificateurs ?






La réponse semble évidente et simple. Elle ne l’est pas. Il serait impossible et impensable de leur donner la parole, et pourtant ? En juillet 1965, le bulletin d’information de l’Alliance d’Abraham, ( Berite Abraham) publiait un texte de Paul Rassigner ( ancien déporté politique à Buchenwald et Dora , ancien député socialiste, militant pacifiste et fondateur du négationnisme avec son livre: Le mensonge d’Ulysse, 1948 ) et une réponse du journal.






D’autre part, les meilleurs soutiens de Faurisson dans ses procès et dans sa polémique interminable avec Vidal-Naquet ont été José Benhamou, Jacob Assous et Jean-Gabriel Cohn-Bendit.






Que dire aussi de Michel de Bouard torturé, déporté à Mauthausen, professeur d’histoire, membre de l’institut, membre du Comité d’Histoire de la Deuxième Guerre Mondiale , ancien doyen de la faculté des lettres de l’Université de Caen et qui, démissionnant de la présidence des déportés du Calvados, déclara à Ouest-France: «Je me trouvais déchiré entre ma conscience d’historien et l’appartenance à un groupe de camarades que j’aime profondément mais qui refusent à traiter la déportation selon les méthodes d’une saine Histoire. Je suis hanté par la pensée que, dans cent ans ou même cinquante ans, les historiens s’interrogent sur l’holocauste et de ce qu’ils y découvriront. Le dossier est pourri…Je crois finalement que ces historiens se diront que la déportation a dû être un mythe. Voilà le danger.»


Que répondre à Yosef Hayim Yerushalmi qui dirige le Jewish and Israeli Studies Center à la Columbia University de New York et qui écrit: «L’holocauste, dans l’image qui s’en dégage, loin d’être forgé sur l’enclume de l’historien est fondu dans le creuset du romancier… curieusement, si les juifs ne rejettent pas l’histoire, ils ne sont pas pour autant préparés à lui faire face. Ils semblent au contraire attendre un mythe nouveau méta-historique.»






Et que répondre enfin, aujourd’hui même, à ceux qui insultent honteusement


Mathieu Kassovitz , allant jusqu’à le traiter de nazi malgré l’extermination d’une partie de sa famille à Auschwitz , simplement parce qu’il ose remettre en cause la version officielle des attentats sur le 11 septembre ?

Nous pouvons répondre ceci : le judaïsme à travers les siècles a justement démontré que sa différence était précisément liée à la lutte toujours recommencée contre l’idée même de tabou ( les juifs ces dégénérés! ) .







On pourrait dire du judaïsme: c’est l’éthique, le rituel et l’électricité, plus le doute. Composante essentielle de l’humanisme face à la barbarie, le judaïsme surprend et se surprend lui-même. Le judaïsme n’est nation parmi les nations que par son enseignement, que par son message. Il ne dure que par la remise en cause de ce que Élie Wiesel appelle: l’Apostrophe de Dieu lui-même.






Au juif, on demande toujours plus: le Big Bang et le Trou Noir , la matière et l’anti matière, la bougie qui meurt et l’étincelle de vie, l’indicible et les mots pour le dire. Au tabou, la dialectique juive oppose radicalement, sans crainte, la confrontation des thèses et des idées. Noam Chomsky , l’un des grands esprits de notre temps, petit fils de rabbin, préfaça le livre de Faurisson Mémoires en défense, en écrivant ceci: «C’est précisément dans le cas des idées que l’on trouve les plus choquantes que le droit de la libre expression doit être défendu … soutenir le droit d’exprimer des idées qui sont généralement acceptées est évidemment dépourvu de signification.»






Pour vous, les sacrifiés d’hier, morts pour la France: Marianne Cohn, Elie Léopold Bloch, Olga Bancic, Joseph Epstein, nous nous interdisons de sortir la Shoah ou le 11 Septembre de la critique historique. Nous, juifs, n’avons peur de rien.






Brecht disait: «Celui qui ne sait pas est un imbécile, mais celui qui sait et qui ne dit rien est un criminel






Faire semblant de ne pas savoir , de ne pas vouloir savoir, n’est pas seulement inadmissible et criminel: c’est suicidaire.


La mort du judaïsme: le tabou.




Jean-Marc DESANTI

2 novembre 1917, la déclaration Balfour

Publié le 04/11/2009 à 11:14 par djamazz
2 novembre 1917, la déclaration Balfour

Il y a 92 ans, le 2 novembre 1917, le gouvernement britannique adoptait la déclaration Balfour, un texte qui est à l’origine du conflit palestinien.

Alain Gresh
Le Monde diplomatique

Alain Gresh Mardi 3 Novembre 2009


Pour en comprendre les enjeux, voici un extrait du chapitre 2 de Israël-Palestine, vérités sur un conflit (Fayard, 2001 et 2007).

Le conflit se noue (1917-1939)

Un monde s’effondre. La première guerre mondiale entre dans sa dernière année. Des empires séculaires, celui des Ottomans - le turc -, l’empire austro-hongrois, n’y survivront pas. La Russie tsariste est déjà morte et les bolcheviks s’apprêtent à prendre le Palais d’hiver et à instaurer un régime dont la durée de vie coïncidera avec ce que les livres d’histoire désignent comme le XXe siècle. Nous sommes le 2 novembre 1917 et lord Arthur James Balfour, ministre du puissant empire britannique, met la dernière touche à sa lettre. Hésite-t-il un instant à y apposer son paraphe ? Est-il saisi d’une sombre prémonition ? Sans doute pas, car le texte, plus connu sous le nom de « déclaration Balfour », a été longuement débattu par le gouvernement de Sa Majesté. Celui-ci déclare qu’il « envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif ». La déclaration qui, dans une première version, évoquait « la race juive », précise que, pour la réalisation de cet objectif, « rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les juifs jouissent dans tout autre pays ». Comment créer un foyer national juif sans affecter les populations locales arabes ? Cette contradiction, la Grande-Bretagne ne pourra jamais la résoudre et elle sera à l’origine du plus long conflit qu’ait connu le monde contemporain.

La lettre de Balfour est adressée à lord Walter Rothschild, un des représentants du judaïsme britannique, proche des sionistes. Qu’est-ce que le sionisme ? J’y reviendrai dans le prochain chapitre. Bornons-nous pour l’instant à dire que ce mouvement réclame « la renaissance nationale du peuple juif » et son « retour » sur la terre de Palestine. La déclaration Balfour répond à plusieurs préoccupations du gouvernement de Londres. Alors que la guerre s’intensifie sur le continent, il s’agit de se gagner la sympathie des juifs du monde entier, perçus comme disposant d’un pouvoir considérable, souvent occulte. Cette vision, ironie de l’histoire, n’est pas éloignée de celle des pires antisémites qui détectent, partout, « la main des juifs ». Le premier ministre britannique de l’époque évoque dans ses Mémoires la puissance de « la race juive », guidée par ses seuls intérêts financiers, tandis que Lord Balfour lui-même avait été le promoteur, en 1905, d’un projet de loi sur la limitation de l’immigration en Grande-Bretagne, qui visait avant tout les juifs de Russie. Mark Sykes, un des négociateurs des accords qui partagèrent le Proche-Orient en 1916, écrivait à un dirigeant arabe : « Croyez-moi, car je suis sincère lorsque je vous dis que cette race [les juifs], vile et faible, est hégémonique dans le monde entier et qu’on ne peut la vaincre. Des juifs siègent dans chaque gouvernement, dans chaque banque, dans chaque entreprise. »

La déclaration Balfour s’adresse particulièrement aux juifs américains, soupçonnés de sympathie pour l’empire austro-hongrois, et aux juifs de Russie, influencés par les organisations révolutionnaires qui ont renversé le tsar au printemps 1917. Nombreux sont favorables à ce que la Russie signe une paix séparée. Londres espère éviter ce « lâchage ». Balfour évoque même la mission qui serait confiée aux juifs en Palestine : faire que les juifs du monde se comportent « convenablement » ! Ce calcul échouera puisque, dans la nuit du 6 au 7 novembre 1917, les insurgés bolcheviks s’emparent du pouvoir à Petrograd et appellent à la paix immédiate.

Mais la Grande-Bretagne, en confortant le mouvement sioniste, vise un objectif plus stratégique, le contrôle du Proche-Orient. Le dépeçage des vaincus est négocié entre Paris, Londres et Moscou, alors même que la victoire n’est pas acquise. En 1916, sont signés entre Paris et Londres, puis ratifiés par le tsar, les accords connus sous le nom de Sykes-Picot (Mark Sykes et Georges Picot sont deux hauts fonctionnaires, l’un britannique l’autre français) qui définissent les lignes de partage et les zones d’influence au Proche-Orient. Pour Londres, la Palestine « protège » le flanc est du canal de Suez, ligne vitale entre les Indes, le fleuron de l’empire, et la métropole. Le parrainage accordé au sionisme permet au gouvernement britannique d’obtenir un contrôle total sur la Terre sainte.

Mais les Britanniques ne se sont pas contentés de promesses au mouvement sioniste, ils en ont fait aussi aux dirigeants arabes. Le calife ottoman (il exerce son autorité sur les territoires arabes du Proche-Orient et il est « le commandeur des croyants ») s’est joint en 1914 à l’Allemagne et à l’empire austro-hongrois. Il a même lancé un appel à la guerre sainte contre les infidèles. Pour riposter, Londres suscite une révolte des Arabes contre l’empire ottoman, animée par un dirigeant religieux, le chérif Hussein de La Mecque. En échange, Hussein obtient l’engagement britannique d’appuyer l’indépendance des Arabes. Mais les promesses n’engagent que ceux qui y croient... Comment, en effet, concilier l’indépendance arabe et la création d’un foyer national juif ? La révolte arabe deviendra célèbre dans une version bien déformée forgée par un des agents britanniques qui y jouèrent un rôle capital, Thomas E. Lawrence, dit Lawrence d’Arabie. Ce récit, « Les Sept piliers de la sagesse », sera porté au cinéma par David Lean et Peter O’Toole dans le rôle de Lawrence.

Le Proche-Orient sera donc partagé entre la France et la Grande-Bretagne. Créée en 1920, la Société des Nations (SDN), l’ancêtre des Nations unies, ne regroupe alors que quelques dizaines d’Etats, pour l’essentiel européens. Elle invente le système des « mandats » que la charte de la SDN définit comme suit : « Certaines communautés, qui appartenaient autrefois à l’Empire ottoman, ont atteint un degré de développement tel que leur existence comme nations indépendantes peut être reconnue provisoirement, à la condition que les conseils et l’aide d’un mandataire guident leur administration jusqu’au moment où elles seront capables de se conduire seules. » Ainsi des peuples considérés comme « mineurs », auraient besoin de tuteurs pour accéder, un jour peut-être, à la majorité...

Le 24 juillet 1922, la SDN octroie à la Grande-Bretagne le mandat sur la Palestine. Le texte prévoit que la puissance mandataire sera « responsable de la mise à exécution de la déclaration originairement faite le 2 novembre 1917 par le gouvernement britannique et adoptée par [les puissances alliées], en faveur de l’établissement d’un foyer national pour le peuple juif ». Les fils du chérif Hussein, étroitement contrôlés par Londres, s’installent sur les trônes d’Irak et de Transjordanie (pays créé par les Britanniques à l’Est du Jourdain), tandis que les territoires libanais et syrien tombent dans l’escarcelle de la France. L’Egypte, formellement indépendante depuis 1922, reste sous occupation britannique.

Tous les acteurs du drame palestinien sont en place : la puissance dominante, la Grande-Bretagne, qui souhaite maintenir son contrôle sur une région stratégique, riche en pétrole dont le rôle économique et militaire grandit ; le mouvement sioniste, fort de son premier grand succès diplomatique, et qui organise l’immigration en Palestine ; les Arabes de Palestine, que l’on ne désigne pas encore sous le nom de Palestiniens, et qui commencent à se mobiliser contre la déclaration Balfour ; enfin, les pays arabes, pour la plupart sous influence britannique et qui vont s’impliquer graduellement dans les affaires palestiniennes.


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Alain Gresh
Alain Gresh

Le Salvador : Hommage aux martyrs de la UCA

Publié le 02/11/2009 à 10:46 par djamazz
Le Salvador : Hommage aux martyrs de la UCA

par Rafael Correa Delgado
Mondialisation.ca, Le 1 novembre 2009


Il y a bientôt 20 ans, le 19 novembre 1989, étaient assassinés par un peloton du bataillon Atlacatl de l’armée salvadorienne plusieurs prêtres jésuites occupant différentes fonctions importantes dans l’Université centroaméricaine (UCA), fondée en 1965 par la Compagnie de Jésus, ainsi que deux femmes, Elba Julia Ramos, travaillant dans la résidence de l’Université, et sa fille de 15 ans, Celina. Ignacio Ellacuría avait été nommé recteur de l’université en 1979. Ignacio Martín-Baró était vice-recteur académique, Segundo Montes, directeur de l’Institut des droits humains, Juan Ramón Moreno était directeur de la Bibliothèque de théologie et Amando López, professeur de philosophie. Un autre jésuite qui se trouvait dans la résidence, Joaquín López y López fut assassiné aussi. Seul Jon Sobrino [1] , alors absent du pays, échappa à la mort. En parallèle, un autre peloton, plus nombreux, était chargé de simuler un affrontement, incendiant un immeuble, mitraillant des voitures garées et peignant des mots d’ordre impliquant les guérilleros du Front Farabundo Martí pour la libération nationale (FMLN) [2]. Le FMLN avait en effet déclenché le 12 novembre une grande offensive lui permettant de s’emparer de plusieurs secteurs de la capitale, San Salvador. Dial publie dans ce numéro de novembre, le discours prononcé par l’actuel président équatorien, Rafael Correa Delgado, dans les murs de l’Université, le 1er juin 2009.



San Salvador, 1er juin 2009.

Chères camarades, chers camarades,

La mémoire, dans notre Amérique, est subversive. Chacun de nos peuples lutte contre l’impunité, contre l’oubli. Ici, sur le campus de l’Université centroaméricaine (UCA), chaque mois de novembre, on allume des lampions qui éclairent de leurs feux d’autres lampions, de main en main, de mot en mot, pour symboliser l’exemple lumineux, responsable, donné par les martyrs du 19 novembre 1989.

Notre profession de vie, notre chant d’amour, la célébration du souvenir, c’est la lutte permanente pour changer les conditions de vie de nos populations.

Ce pourquoi Ignacio Ellacuría, Ignacio Martín Baró, Segundo Montes, Juan Ramón Moreno, Amando López, Joaquín López, Elba et Celina Ramos ont été assassinés. Ils se consacraient à descendre les Christs de leurs croix de tout leur cœur, propageant la dignité, s’engageant de toute leur âme en faveur des pauvres, de ceux qui étaient dans le besoin.

Quel intérêt y aurait-il à citer les noms de ceux qui ont tué quelques curés « communistes », le monde entier sait quelle faction a tiré et d’où venaient les encouragements au crime contre ces martyrs accusés d’être des terroristes, des assassins, parce qu’ils se reconnaissaient dans la théologie de la Libération, dans l’option préférentielle pour les pauvres, adoptée à Puebla [3], dans l’encyclique Populorum Progressio, en tant que doctrine progressiste de l’Église.

Si cela était le cas, alors il faudrait nous tuer tous, nous qui croyons en la parole du Christ. Il est vrai qu’ils s’y essayent, eux les puissants, sans succès depuis le temps du christianisme primitif, depuis le temps des catacombes de Rome. Les sots, ils s’y sont essayés périodiquement, et chaque fois qu’ils essayent de tuer l’espérance ils ne réussissent qu’à la faire grandir de plus en plus.

« Ellacuría est un guérillero. Qu’on lui tranche la tête. » « Il faut qu’Ellacuría meure sous les crachats. » Voici quelques-unes des expressions que rapporte l’histoire, diffusées sur la radio quelques jours avant le massacre. Semblables phrases doivent, sans aucun doute, avoir été prononcées au temps de Ponce Pilate…

Nous, nous célébrons le souvenir, nous rendons hommage à la vie, de là notre position inébranlable contre l’impunité, contre l’oubli. Ceux qui ont semé la mort dans nos campagnes et nos villes, ceux qui ont torturé et fait disparaître tant de milliers d’hommes et de femmes, ceux qui ont tué Monseigneur Arnulfo Romero [4], ceux qui ont assassiné les martyrs de la UCA, doivent rendre des compte de leur infamie, ils doivent être jugés et doivent payer pour leurs crimes contre l’humanité.

Eux, toujours les mêmes, ceux qui, dans chacun de nos pays, sont les représentants des groupes qui, jusqu’à ce jour, ont fait étalage de tous les pouvoirs, les seigneurs des ombres, ont apporté la mort au lieu du pain, ont opposé les balles aux livres, aux hommes libres. Leur mépris pour la liberté vraie les conduit à gaspiller des flots d’encre pour nous injurier, pour mentir. Ils n’ont jamais été capables d’apprendre à aimer la Patrie, leurs frères, les paysans, ni leur histoire, leur temps, leur contrée, ce qu’ils étaient et ce d’où ils venaient, alors que l’amour se répandait par les montagnes à travers la jeunesse qui chante la vie à gorge déployée.

19 ans après le massacre, faire la lumière sur ces crimes est un impératif inéludable. La construction d’une société nouvelle dans laquelle la peur n’ait pas de place et l’injustice appartienne à un passé abject, passe par la lutte contre l’impunité. Si les assassins peuvent se promener dans la rue, nous ne pourrons pas avancer beaucoup pour la justice et la dignité de l’Amérique Latine.

L’élection de Mauricio Funes est pour El Salvador un appel à l’espérance, jamais perdue, jamais assassinée… « Je rends grâce à la disgrâce et à la main qui tient le poignard parce qu’elle m’a si mal tué que j’ai continué à chanter… » entonne la voix de l’espérance, de long en large, à travers notre Amérique.

Nous entrons dans des temps de dignité, des temps nouveaux, nous saluons avec émotion le peuple d’El Salvador en cette nouvelle étape de construction de la démocratie. Nous étreignons avec force le camarade président Mauricio Funes, en mémoire de Francisco Morazán, Farabundo Martí, Roque Dalton, de toutes les femmes et de tous les hommes qui, par leur effort, rendent possible un nouveau El Salvador qui occupera la place digne qui lui revient dans le concert des peuples libres de la Grande Patrie.

L’assassinat des prêtres jésuites, d’Elba et de Celina et, par-dessus tout, leurs vies, leurs professions d’amour, sont partie intégrante du chemin vers la victoire, vers la construction de la paix dans la justice, c’est pourquoi il n’est pas possible qu’ils sombrent dans l’oubli.

Jon Sobrino, le seul à avoir échappé au massacre dit qu’on les a tués « parce qu’ils étaient la conscience critique dans une société de péché et parce qu’ils étaient la conscience créative d’une société future différente. »

Nous, qui sommes frères, nous joignons nos mains, de toutes les couleurs, au nom de la solidarité continentale, pour honorer le rêve de nos hommes illustres, de Farabundo Martí, Eloy Alfaro, Monseigneur Arnulfo Romero, Monseigneur Leonidas Proaño, Simón Bolívar, Francisco Morazán, unificateurs, profondément humanistes, êtres de lumière, à l’âme grande et pleins d’amour pour l’immense Patrie américaine, notre Patrie.

Pour arriver jusqu’ici, physiquement, nous avons emprunté le même chemin que les assassins mais nous, nous sommes venus avec la vie, la tendresse et l’espérance.

Nous sommes pour la vie, camarades. Notre Nord, c’est le Sud ! Le futur est à nous, frères salvadoriens !

Jusqu’à la Victoire, toujours !

 
Traduction d’Annie Damidot Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 3082. 

Notes

[1] Voir DIAL 3053 - « EL SALVADOR - Lettre à Ignacio Ellacuria ».

[2] La guerre civile (1980-1992) prend fin avec les « Accords de paix » de Chapultepec, conclus le 16 janvier 1992 entre le FMLN et le gouvernement du président Alfredo Cristiani, de l’Alliance républicaine nationaliste (ARENA).

[3] Lors de la IIIe Conférence générale du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), qui s’est en 1979 à Puebla, au Mexique.

[4] Monseigneur Romero est assassiné en 1980.


 Articles de Rafael Correa Delgado publiés par Mondialisation.ca

Abdelaziz Ouabdesslam le dernier des géants

Publié le 30/10/2009 à 13:24 par djamazz
IL A ÉTÉ UN VÉRITABLE ÉVEILLEUR DE CONSCIENCE: Abdelaziz Ouabdesslam le dernier des géants

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«Le ´´savant qui ne sait pas´´est une espèce impopulaire et peu crédible, l’honnêteté intellectuelle passant facilement pour de l’incompétence.»

Pierre Joliot

Chems Eddine CHITOUR Jeudi 29 Octobre 2009


De quel côté que l’on observe Abdelaziz Ouabdesslam, on constate que sur les évènements structurants la marche du pays depuis plus d’un demi-siècle, on ne peut s’empêcher de rencontrer sa stature immense mais discrète, ferme mais avec un sens aiguisé des relations humaines que je vais livrer comme confidences fruit de quarante ans d’observation, d’admiration et de respect.
 
 En tant «qu’Indigène musulman non naturalisé français» il eut comme tous les jeunes de l’époque d’énormes difficultés à faire des études; le passage aux études supérieures tenait de l’impossible et opter pour la discipline élégant, mais, ô combien difficile des mathématiques, était une gageure. Il gravit les échelons au prix d’un parcours de combattant sans faille. Ceux qui l’ont admiré parlent de son passage au lycée Etttaâllybia, creuset de l’élite algérienne pré-indépendance, où il éduqua, enseigna et éveilla les futurs révolutionnaires qui firent briller la Révolution algérienne.  
 
            Parmi les élèves du professeur Ouabdesslam, il nous plaît de citer ce témoignage, celui de M.Lakhdar Brahmi, diplomate que l’on ne présente plus: ambassadeur, ministre des Affaires étrangères secrétaire général adjoint de l’ ONU, pompier des Nations unies dans les conflits difficiles, artisan des accords interpalestiniens de Taeif. Ecoutons- le parler de son «maitre»: Il y avait aussi, à l’époque, l’Institut des hautes études islamiques où les diplômés de la Medersa allaient poursuivre leur formation, s’ils n’optaient pas pour une carrière immédiate dans la Fonction publique. Les étudiants du «nouveau régime», encouragés, notamment, par un professeur de mathématiques qui eut une très grosse influence sur nous tous, Abdelaziz Ouabdesslam, commençaient à tenter de passer le baccalauréat français en candidats libres. (...) En effet, ce sont nos professeurs algériens qui ont marqué nos esprits de manière durable.
J’ai déjà parlé du professeur de mathématiques, Abdelaziz Ouabdeslam.
Après l’Indépendance, il ira diriger l’École polytechnique à El Harrach.Il en fit un établissement de qualité, malgré les difficultés énormes de l’époque. Je le revois de temps à autre, avec un plaisir égal, et je l’écoute avec le même respect et la même admiration. (...) Le professeur Ouabdesslam, notre professeur de mathématiques, me dira beaucoup plus tard, que durant ces années qui avaient précédé le 1er Novembre, «nous avions l’impression, en vous regardant tous à la Medersa, que des évènements importants, porteurs de changement, allaient se passer
incessamment».(1)
 
 Une sévérité d’apparence  
 
         On ne sait pas grand-chose du passé révolutionnaire du professeur qui faisait preuve d’une pudeur qui frisait à l’obsession [ne pas se mettre en avant était sa règle, servir, son crédo] si ce n’est quelques bribes lâchées ça et là au cours de discussions. On sait qu’il milita dans la Fédération de France, il mit ses compétences au service de la Révolution et enseigna. On le trouvera bien plus tard à la kasma d’El Harrach où il fit son travail de modeste militant de base pendant des années sans m’as-tu-vu et sans rien demander en «échange». A tel enseigne qu’il habita près d’un quart de siècle dans une villa de fonction qu’il quitta après le séisme de
2003, la maison menaçant ruine.   
 
       Dans la vie de tous les jours, le professeur était de tous les combats de l’esprit, sans armes si ce n’est celles de l’esprit. apportant çà et là une idée, un apaisement, une anecdote élégante qui vous permet de relativiser votre souci bref, une contribution au mieux être des personnes qui ont l’immense privilège de le côtoyer. C’est aussi le pédagogue intransigeant. Comme le regretté Mohand Aoudjhane, il ne transigeait pas avec les valeurs, la norme, l’éthique. Mais la sévérité d’apparence cachait un coeur d’or. Nos professeurs s’intéressaient à chacun d’entre nous.
Ils étaient sévères mais justes. Nous les respections et nous les admirions.
Envers certains d’entre eux, nous ressentions une réelle affection, peut-être même de la vénération. Ils étaient désireux de partager leur savoir avec nous et nous étions tout aussi désireux d’apprendre à leur école. Spécialiste de statistiques, il nous disait souvent qu’en termes de probabilités «le zéro et le Un appartiennent à Dieu». Il nous faisait souvent un cours de docimologie; la façon de noter l’élève pour lui donner son dû. Il s’élevait avec passion, mais toujours courtoisement, contre ceux qui arrivaientt à noter à la deuxième décimale en s’exclamant «Ah! ya dounith!»; de plus, disait-il, le doute doit toujours profiter à l’élève!
Comme on est loin de tout cela actuellement!
 
       Petit retour en arrière pour mesurer d’où nous venons.
Septembre-octobre 1962, on ne rendra jamais assez hommage au professeur Abdelaziz Ouabdesslam - le père fondateur de la science et de la technologie du
pays- qui fut chargé de remettre sur rails l’Ecole nationale d’ingénieurs d’Alger, ancien Institut industriel d’Algérie, construit au début des années vingt du siècle dernier. Tout était à faire! Il faut se rappeler le pari de l’Algérie postindépendance Repartir de zéro avec un peuple avide de savoir et exclu dans son immense majorité du savoir pendant plus de 132 ans.
(Moins d’un millier de diplômés). Nous avons été formés à dose homéopathique. A titre d’exemple, seuls - dit-on - quatre ingénieurs sont sortis de l’Ecole en l’espace de 40 ans, soit un tous les dix ans...Pendant la même période de 40 ans, l’Ecole en a produit plus de 10.000.
 Sans verser dans une nostalgie débridée, il faut reconnaître que la tâche ne fut pas facile.  
 
          Que l’on se rende compte: l’université était désertée par les enseignants et même l’administration française, à quelques exceptions, a suivi. Il a fallu que le ministre en personne installe le professeur Ouabdesslam en tant que prorecteur du fait des résistances du dernier carré d’Européens, à leur tête le recteur Gauthier. Pour faire court, l’Ecole eut sa première rentrée avec 25 élèves ingénieurs qui, pour la plupart, avaient démarré dans les universités françaises et la première promotion sortit en 1965. Pour rappel, même ces jeunes élèves ingénieurs furent dissuadés de rentrer à l’Ecole. La technologie n’était pas encore connue.
L’année d’après, il y eut aussi 25 lauréats et la première promotion qui fit un cycle complet à l’Ecole, sortit en juin 1967.
 Depuis, l’engagement jusqu’au sacerdoce, du professeur Ouabdesslam, permit de mobiliser l’aide de l’Unesco qui fournit les meilleurs experts enseignants, avec un financement Pnud. Deux projets virent le jour et contribuèrent à former des ingénieurs de qualité. En 1966, un décret pris par le président Boumediene transforme l’Ecole nationale d’ingénieurs d’Alger en Ecole nationale polytechnique.  
 
            Pour la petite histoire, depuis plus de quarante ans que l’Ecole forme l’élite, c’est le seul président de la République à venir assister à la distribution des diplômes. Il me vient en tête justement l’affection qu’avait le défunt président pour l’Ecole. Nous sommes en 1977, il y eut une grève des élèves ingénieurs qui protestaient contre le manque d’équipements. Il apprit cela et demanda à faire ce qu’il fallait pour que ce problème a priori insurmontable, soit réglé dans les délais. Nous étions en décembre. Une délégation de l’Ecole se rendit à Paris, acheta les équipements, imposa aux fournisseurs l’installation dans les plus brefs délais. Le matériel arriva au bout de trois semaines, tous les obstacles furent surmontés, et les TP purent se dérouler normalement à la rentrée de février. Epoque bénie où le savoir était respecté.
 
 Un héritage colossal  
 
           L’héritage que nous laisse le professeur El Hadj Ouabdesslam:
10.000 ingénieurs formés dans 10 spécialités de l’ingénieur, 1000 thèses de doctorats et de magisters, 200 ingénieurs formés par an, pétillants.
Production annuelle: une centaine de magisters, une vingtaine de thèses de doctorat en moyenne et qui dispose de 12 laboratoires de recherche autant qu’une grande université. C’est aussi une centaine de docteurs es sciences (professeurs et maîtres de conférence) et une soixantaine de magisters. Le meilleur ratio professeur/élève ingénieur du pays et même de certains pays développés. L’Ecole polytechnique est l’une des défenses immunitaires du pays. Il faut rendre encore une fois justice au professeur Ouabdesslam d’avoir fait de l’Ecole la matrice de la technologie. Elle est à la base de la création, avec l’ancienne faculté des sciences de l’université d’Alger.
C’est d’ailleurs une partie de ses enseignants qui a ouvert les spécialités de l’université des sciences et de la technologie d’Alger en
1974 sur des programmes conçus à l’Ecole. Par la suite, l’Ecole a essaimé à travers le pays dans pratiquement toutes les universités du pays, beaucoup d’enseignants voire de responsables sont issus de l’Ecole.  
 
    Une petite anecdote parmi tant d’autres qui nous permet de percevoir une partie de la personnalité du professeur Ouabdesslam: au début des années 80, l’arabisation insuffisamment préparée des sciences sociales juridiques et économiques a failli toucher l’Ecole, en la tentative de l’arabisation de la filière économétrie. Le professeur eut beau expliquer que cette filière dispensait certes de l‘économie mais c’était surtout et avant tout une filière de mathématiques d’informatique de recherche opérationnelle, rien n’y fit, l’Ecole fut amenée à fermer cette filière du fait de l’indisponibilité de compétences dans ces matières et maîtrisant la langue arabe et de l’inexistence [encore actuelle] de documentation élaborée et de qualité en langue nationale. La filière fut rouverte quelques années plus tard sous l’intitulé «génie industriel»: la science était sauve, le niveau sauf et l’Algérie a pu former des dizaines d’ingénieurs de qualité honorable dans le gotha des écoles. Sauf que ces ingénieurs sont, pour une
grande partie, de l’autre côté des mers et des océans...   
 
     L’Ecole peut justement servir, comme par le passé, de fer de lance pour être à l’écoute de ce qui se fait dans le monde. Il faut pour cela la stabiliser. Le moment est venu de nous rassembler, de faire émerger le génie créateur qui est en chacun de nous. Le bon sens doit l’emporter. Nous devons mobiliser les enseignants de l’Ecole polytechnique. Au risque de nous répéter. Il faut savoir que l’esprit d’Ecole ne se décrète pas.
L’expérience capitalisée par l’Ecole est unique, il est important que le barycentre de la gestion des classes préparatoires de l’Ecole soit confié au corps professoral de l’Ecole dans son ensemble, qui veut s’impliquer en amont (classes préparatoires et en aval pour rendre compatibles les connaissances des classes préparatoires avec ce qui est attendu d’elles dans
la dizaine de spécialités).(2)   
 
           L’Ecole a fait ses preuves, elle doit, par fidélité à ses idéaux consacrés par notre maitre El Hadj Ouabdesslamn, aller vers de nouvelles conquêtes en s’améliorant constamment. Le formidable réservoir de compétence - toutes choses égales par ailleurs -, de l’Ecole doit être mis à profit pour essaimer encore plus à travers le pays. La coopération avec des pays étrangers n’est pas innocente. A nous de pouvoir séparer le bon grain de l’ivraie, le faux du «sincère» encore qu’il ne faille pas être naïfs. Ayons confiance en nous-mêmes, départissons-nous avant tout, de cette soumission intellectuelle au magistère dixit qui, à bien des égards, fait de nous encore de nos jours des colonisés mentaux. Les défis du pays sont immenses. On l’aura compris, tant que le regard des gouvernants concernant l’université, sera ce qu’il est, rien de pérenne ne sera construit et ce n’est pas en consommant les ressources du pays d’une façon frénétique- donnant l’illusion factice que nous sommes un pays émergent- que nous irons vers l’avènement de l’intelligence, de l’autonomie. L’Ecole polytechnique en particulier et l’Université algérienne en général, ne demandent qu’à participer à la bataille du développement et donner ce faisant, la pleine mesure de leur talent. La gestion par la paresse intellectuelle est encore possible tant que nous pompons d’une façon frénétique une ressource qui appartient aux générations futures. Demain se prépare ici et maintenant. Il ne faut pas que le dernier bastion qui entretenait à sa façon la flamme du savoir, vacille. Sinon, à Dieu ne plaise, ce sera la défaite de la pensée, alors le mot des sénateurs romains, il y a exactement 2155 ans (du temps de l’Empire romain) risque de s’appliquer à
l’Ecole: «Delenda Carthago est», «Il faut détruire Carthage»(2)   
 
          On dit que quand un savant meurt c’est une bibliothèque qui brûle, je voudrai ajouter s’agissant de notre maître, c’est une tradition universitaire faite d’éthique et de rigueur qui risque de se perdre si elle n’est pas confortée au quotidien. Il s’en alla dignement par une belle journée et la nature a tenu à lui rendre hommage en se faisant belle. Il fut accompagné à sa dernière demeure dans un petit cimetière d’une petite bourgade, Baba Hassen, aussi discrète qu’a pu l’être son nouveau locataire. Plusieurs centaines de personnes: ministres, hauts fonctionnaires et simples enseignants produits de cette école et avec la fierté d’avoir un jour été éclairés par son savoir, firent le déplacement et les conversations convergeaient toutes sur l’immense travail de cet homme qui servit l’Algérie jusqu’à son dernier souffle sans se mettre en avant avec son humilité proverbiale.  
 
        Que l’on se rende compte! A 85 ans passés, il enseignait au-delà de la compétence avec élégance. Même dans les situations les plus inextricables, notamment quand l’Ecole était encore sous tutelle, il faisait le dos rond, laissait passer les tempêtes pour que l’essentiel de la mission de l’Ecole puisse être préservé. El Hadj Abdelaziz Ouabdesslam est un citoyen du monde au sens où il a rendu service à l’humanité. Il dépasse de loin, le cadre étroit du pays et s’inscrit assurément dans la lignée de tous ceux qui ont servi l’humanité en tentant de l’éduquer. Le pays s’honorerait en rendant les honneurs à ce patriote, à cet aristocrate de la pensée, à ce fier algérien qui fit le grand Djihad, celui de combattre inlassablement l’ignorance en entretenant à sa façon la flamme du savoir loin des feux de la rampe.  
 
 1.Lakhdar Brahimi «C’est la Révolution algérienne qui a porté les diplomates algériens, ce ne sont pas les diplomates algériens qui ont porté la Révolution algérienne» (Entretien, mené par Mohamed Chafik Mesbah Le Soir d’Algérie 30/06/2007
 
 2.Chems Eddine Chitour: Qu’est-ce qu’une grande école? Liberté 9 juillet
2009
 
 Pr Chems Eddine CHITOUR  
 
 Ecole Polytechnique enp-edu.dz

 

Après tout, ne suis-je pas un juif sioniste... ordinaire ?

Publié le 30/10/2009 à 10:09 par djamazz
Après tout, ne suis-je pas un juif sioniste on ne peut plus ordinaire ?

 

Gilad Atzmon Jeudi 29 Octobre 2009


Après tout, ne suis-je pas un juif sioniste on ne peut plus ordinaire ?

Je vais vous faire une confidence : je suis un rescapé de l’Holocauste…



Oui, je suis un rescapé. En effet, j’ai réussi à survivre à toutes ces histoires effrayantes autour de l’Holocauste : l’histoire des savonnettes (1), l’histoire des abat-jours (2), celle des camps, celle des fusillades en masse, celle des gaz (2) et celle autour des marches de la mort (3).


Je ne sais pas comment j’ai fait, mais j’ai réussi à survivre à tout ça…


En dépit de toutes ces histoires suscitant la peur, installées à dessein dans mon psychisme depuis que j’ai ouvert les yeux pour la première fois, je suis devenu un homme valide. Je suis même devenu quelqu’un qui connaît un certain succès. D’une certaine façon, contre toute attente, j’ai survécu à l’horreur ; j’ai même réussi à aimer mon voisin. Malgré tout cet endoctrinement horrifiant et traumatisant, j’ai miraculeusement réussi à maîtriser mon saxophone alto corroboratif, plutôt que les sanglots longs des violons.


De fait, j’ai d’ores et déjà décidé qu’au cas où la Reine (ou un quelconque membre de la Famille royale) envisagerait de m’anoblir, faisant de moi un « Sir » en raison de mes réalisations en matière de be-bop voire pour avoir affronté la barbarie sioniste armé de mon seul stylo, je changerais immédiatement de nom, laissant tomber Atzmon pour adopter celui de Vive, devenant ainsi le premier et unique Sir Vive [ici, jeu de mots sur : Sir Vive, se prononçant, en anglais, comme ‘survive’, c’est-à-dire : ‘survivre’…, ndt].


Par ailleurs, je suis totalement opposé au négationnisme de l’Holocauste : je dénonce très clairement ceux qui dénient les génocides en cours, au nom de l’Holocauste. La Palestine est un exemple, l’Irak en est un autre, et celui que l’on est en train de préparer en Iran est probablement trop horrifiant pour qu’on puisse y penser sans fermer les yeux.


L’holocaustisme est une religion relativement nouvelle (4). Elle est dépourvue de pitié ou de compassion ; en lieu et place, elle promet la revanche, au travers de la rétribution. Pour ses adeptes, c’est là quelque chose, quelque part, de libérateur, car cela leur permet de punir qui il leur chante, dès lors qu’ils en retirent du plaisir. Cela peut expliquer pourquoi les Israéliens ont fini par punir les Palestiniens pour des crimes perpétrés par des… Européens. Il est manifeste que cette nouvelle religion émergente n’est pas basée sur le principe : « un œil pour un œil ». De fait, ce serait plutôt : « pour un œil, des milliers et des milliers d’yeux » !


Il y a, de cela, un mois, le ministre israélien de la Défense, visitant Auschwitz, a laissé un commentaire sur le livre d’or officiel : « Un Israël puissant est à la fois la consolation et la revanche » (5). Nul ne saurait mieux résumer l’aspiration fondamentale de cette religion. La religion holocaustique ne propose aucune rédemption. C’est une manifestation brutale et sanglante de brutalité collective à l’état pur. Elle ne saurait rien résoudre, l’agression ne pouvant conduire qu’à toujours plus d’agression. Dans l’holocaustisme, il n’y a de place ni pour la paix, ni pour la grâce. C’est bien comme l’a écrit Barak : c’est effectivement dans la revanche qu’ils trouvent le réconfort.


Nier le danger que représentent la religion holocaustique et ses adeptes, c’est être complice d'un crime croissant contre l’humanité et contre toute valeur humaine possible.


Je soutiens aussi totalement le Projet National Juif.

D’aucuns pensent qu’après deux mille ans de « diaspora phantasmatique » les juifs de la diaspora seraient fondés à revendiquer un quelconque « foyer national qui leur appartînt en propre ». Les sionistes, apparemment, le pensaient sincèrement. L’Etat juif est désormais suffisamment réaliste pour avoir fait de la totalité du Moyen-Orient une bombe à retardement. Une revue du casier judiciaire israélien, avec sa litanie de crimes contre l’humanité, au cours des six décennies écoulées, ne laisse guère d’espace à la spéculation. Nous avons affaire, ici, à une société sinistrement pathologique. Partant, autant certains d’entre nous peuvent opiner que les juifs devraient jouir d’un droit hypothétique à un territoire qui leur appartienne en propre, autant la planète Terre n’est certainement pas l’endroit idéal où installer ce machin-là.


Partant, j’exhorte la Nasa à nous rejoindre et à déployer un effort spécial afin de trouver une planète alternative convenable pour le foyer national sioniste, dans l’espace intersidéral, voire dans une autre galaxie que la nôtre. Le Projet Sioniste Galactique aurait pour conséquence immédiate le passage de la « terre promise » vers la « planète promise ». Permettez-moi de souligner avec enthousiasme qu’au lieu de rechercher « une terre sans peuple pour un peuple sans terre », ce dont nous avons besoin, en réalité, c’est d’une « lonely planet ». Il peut même s’agir d’une planète « déserte », puisqu’ils prétendent savoir comment faire fleurir les déserts… Sur une planète bien à eux, les sionistes galactiques n’auraient besoin d’opprimer personne ; ils ne nettoieraient personne ethniquement, ils n’auraient pas à enfermer la population indigène dans des camps de concentration, car il n’y aurait aucun peuple indigène dans les parages à maltraiter, à affamer, à massacrer, ni à éradiquer.


Ils n’auraient nul besoin de déverser du phosphore blanc sur leurs voisins, puisqu’il n’y aurait PAS de voisins. Je recommande hautement à la Nasa de rechercher une planète avec une attraction très peu importante, afin de que les gens puissent errer plus légèrement. Après tout, nous voulons que les nouveaux sionistes galactiques jouissent de leur projet futuriste au moins autant que les Palestiniens et bien d’autres avec eux jouiraient de leur absence.


Aussi, me voici : je suis un juif prospère, malgré tout. Je suis un rescapé, je m’oppose au négationnisme de l’Holocauste et je soutiens l’aspiration nationale juive. Même le grand rabbin de Grande-Bretagne ne saurait en demander davantage.


(1) Le bobard des savonnettes prétendument fabriquées à partir de la graisse des juifs gazés à Auschwitz a été officiellement reconnu comme un ‘mythe’ par le musée israélien de l’Holocauste,Yad Vashem.


(2) Les abat-jours prétendument réalisé avec de la peau de suppliciés des camps de la mort est un ‘fait historique’, protégé par la loi, en Europe.


(3) Les marches de la mort sont un élément de narration historique légèrement confus. Si les nazis avaient été intéressés à annihiler la totalité de la population juive européenne, comme le suggère la narration sioniste holocaustique orthodoxe, la question de savoir ce qui les a amenés à convoyer ce qui restait des juifs européens vers leur patrie nazie en ruines, au moment précis où il était évident qu’ils étaient en train de perdre la guerre, est embarrassante. Les deux narrations, à savoir celle de l’ « anéantissement » et celle des « marches de la mort » semblent se contredire entre elles. Cette question mériterait d’être développée plus au fond. Je suggérerai simplement que les réponses raisonnables que j’ai pu lire çà ou là sont de nature à nuire gravement à la narration sioniste de l’Holocauste.


(4) Le professeur de philosophie israélien Yeshayahu Leibowitz fut sans probablement le premier à définir l’Holocauste comme « la nouvelle religion juive ».
(5) http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3790707,00.html



Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

Source:http://www.gilad.co.uk/writings/after-all-i-am-a-proper-zionist-jew-by-gilad-atzmon.html  

MUSÉES EUROPÉENS :Doivent-ils restituer le butin?

Publié le 25/10/2009 à 07:48 par djamazz
MUSÉES EUROPÉENS :Doivent-ils restituer le butin?

Qui vole un boeuf n’a que faire d’un oeuf.

(Proverbe corse)

Chems Eddine CHITOUR Samedi 24 Octobre 2009


Une question récurrente, la provenance des collections des musées européens, qui fait toujours débat. Dernièrement, l’Egypte a demandé à la France la restitution de pièces archéologiques. On se souvient que le Musée du Quai Branly des «arts premiers» a été inauguré le 20 juin 2006. Les musées des anciennes puissances coloniales ont été constitués en grande partie grâce à des pillages systématiques des anciennes colonies. Lors de l’inauguration, le président Chirac fit un discours remarquable. Ambivalence de ce beau discours, ce musée qui se veut une vitrine de l’altérité, interdit aux colonisés spoliés - pour cause de visa Schengen, excluant naturellement les anciens colonisés- qui souhaitent venir au moins contempler leurs biens multiformes qui leur ont été volées avec la terreur en prime. Qui va, en définitive, contempler le génie des peuples colonisés? Des touristes américains? polonais? hongrois et autres bulgares, qui ne connaissent pas la symbolique voire la violence de chaque oeuvre volée. Pourquoi pas ceux à qui on ferme la porte du supermarché planétaire constitué, plus généralement par l’Europe sur le dos de leur sueur, de leurs larmes.  
 
            Cet aspect «positif» de la colonisation pour la Métropole, nous conduit à nous interroger sur l’origine et la provenance du fonds des collections. Cette question de fond est toujours épineuse et maintes fois remise en jeu dans les polémiques: quand les uns parlent de pillage et de spoliation, les autres défendent l’idée de sauvegarde et de mémoire. Si chaque objet exposé pouvait parler, il raconterait une douleur, une violence, un déni de non -droit à ses possesseurs. Ainsi, au Louvre, qui renferme des dizaines de milliers d’objets qui ont chacun une histoire, nous trouvons à titre d’exemple: les Antiquités orientales, avec plus de 100.000 numéros.
Cela va d’une tête d’épingle aux taureaux de Khorsabad, d’un tesson de fouilles au Code d’Hammourabi emprunté à l’Irak. Les textes bien gravés sont en général stéréotypés. Parmi les milliers de tablettes d’argile, les tablettes cunéiformes. On y trouve des textes sur le commerce, des hymnes aux dieux, des codes de lois antérieurs à celui d’Hammourabi. Et puis, c’est le mythe de la création de l’homme. (1)
 
 Témoins de l’Histoire  
 
           Pour Aminata Traore, ancienne ministre de la Culture du Mali, les musées sont en fait, les résumés des rapines et des butins de guerre des anciennes puissances coloniales. Ecoutons-la: «Les oeuvres d’art, qui sont aujourd’hui à l’honneur au Musée du Quai Branly, appartiennent d’abord et avant tout aux peuples déshérités. A l’heure où le Musée du Quai Branly ouvre ses portes au public, je continue de me demander jusqu’où iront les puissants de ce monde dans l’arrogance et le viol de notre imaginaire. Le Musée du Quai Branly est bâti, de mon point de vue, sur un profond et douloureux paradoxe, à partir du moment où la quasi-totalité des Africains, des Amérindiens, des Aborigènes d’Australie, dont le talent et la créativité sont célébres, n’en franchiront jamais le seuil compte tenu de la loi sur l’immigration choisie.» (2)
          Pour Jack Lang, le Louvre a une vocation universelle, il doit se délocaliser pour le rayonnement de la France. C’était à l’occasion de l’accord pour le Louvre d’Abou Dhabi, pour 1 milliard de dollars... A ce prix, les Arabes contempleront les rapines de la France coloniale. Pour Jack Lang, il existe un Louvre sans frontières, un Louvre «hors le Palais» qui s’identifie à la France, à son patrimoine, à son histoire, mais aussi à son éclat, à ses missions de diffusion du savoir. Le Louvre a sa place à Paris, à Lens, à Atlanta, à Abou Dhabi, partout où on l’accueillera. Comme dans tous les pays qui ont une histoire militaire et coloniale, les collections des musées français n’ont pas toujours été acquises de manière exemplaire. (...)»(3) Qu’en termes pudiques, ces choses- là sont dites: en une phrase il évacue le passé colonial de la France pour ne «retenir» que le butin….  
 
        «Quel statut donner, écrit l’écrivain Hassan Musa, à des milliers d’objets ordinaires qui se sont accumulés dans les réserves des musées, sans signalement et sans classification? Les musées européens sont remplis de toutes sortes d’objets de provenances extra-européennes. Ces objets sont des témoins de l’histoire des relations entre les Européens et les autres. (...) Comme tout objet, les artefacts africains s’obtiennent par le don, l’échange, l’achat ou le vol (à main armée souvent). (...)La plus «belle» histoire de vol d’objets africains reste celle du «vol du Kono» de Kéméni en 1931. C’est une version ethnologique d’un «vol à l’étalage», avec profanation de lieux de culte et association de malfaiteurs, commis par des personnages emblématiques de l’histoire de l’ethnologie européenne. Michel Leiris, dans L’Afrique fantôme, raconte comment, avec Marcel Griaule, ils se sont introduits, contre la volonté des villageois, dans la case rituelle du Kono (un masque sacrificiel) et comment ils ont volé des objets du culte sous le regard des villageois ébahis: «Griaule et moi demandons que les hommes aillent chercher le Kono. Tout le monde refusant, nous y allons nous-mêmes, emballons l’objet saint dans la bâche et sortons comme des voleurs, cependant que le chef affolé s’enfuit.[...] » (4)
 
 
          « Que faire donc des cadavres africains dans les placards des musées européens? Quand je dis «cadavres africains» dans les placards des musées européens, ce n’est pas de la rhétorique. On y trouve également des hommes et des femmes africains empaillés pour le plaisir du public des musées.
Pendant des années, les visiteurs du Musée de l’ Homme à Paris pouvaient contempler le corps empaillé de Saartje Baartman, dite «Vénus Hottentote», en guise de témoins de la spécificité raciale africaine. À la fin de l’Apartheid, les autorités sud-africaines ont pu récupérer le corps de Baartman pour l’enterrer. Si les corps des Africains peuvent être exposés dans les vitrines des musées européens pendant des dizaines d’années sans que cela ne trouble personne, c’est tout simplement parce que ce petit monde de l’ethno-muséologie européenne s’est constitué sur de solides consensus racistes. Peut-être conviendrait-il de les laisser là où ils sont comme pièce à conviction pour un futur procès de «Vérité et Réconciliation» entre les peuples afin de réparer les dommages causés par la modernité du capital, non seulement en Afrique, mais dans le monde tout entier.(4)  
 
               Dans le même ordre d’idée, il serait vain de chercher la tête de Boubaghla qui avait porté la révolte contre les Français si on sait d’après le docteur Reboud «quelle fut coupée et conservée, elle fait partie des riches collections du muséum de Paris»(5).  
 
                 On se souvient aussi des remous provoqués par la vente le 25 février 2009 de deux statuettes chinoises en bronze de la collection Yves Saint-Laurent-Pierre Bergé. Deux têtes d’animaux en bronze, un rat et un lapin, provenant de l’ancien Palais d’été de Pékin, devraient être mises en vente par Christie’s. Comble de cynisme, Pierre Bergé «le réceleur», donne à la Chine des leçons de démocratie. «Je serais prêt à les offrir au gouvernement chinois s’il s’engageait en échange à respecter les droits de l’homme».  
 
            A propos justement du sac du Palais d’été, Amcarron écrit:
«Rendra-t-on un jour aux peuples que nous avons envahis les chefs-d’oeuvre que nous leur avons volés? Que seraient le British Museum, le Louvre, le musée Guimet, sans le pillage de l’Egypte, de la Grèce et de l’Asie? (...) Sur la triste aventure du Palais d’Été, Hugo, répondait ceci, en 1861. «Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l’expédition de Chine. Vous trouvez cette expédition honorable et belle. Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici. Il y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde; cette merveille s’appelait le Palais d’été. (...) Bâtissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze, de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes, les mille et un rêves des Mille et Une Nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d’eau et d’écume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot, une sorte d’éblouissante caverne de la fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c’était là ce monument.(...)C’était une sorte d’effrayant chef-d’oeuvre inconnu, entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule comme une silhouette de la civilisation d’Asie sur horizon de la civilisation d’Europe. Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d’été. L’un a pillé, l’autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu’il paraît. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n’égaleraient pas ce formidable et splendide musée de l’Orient. Il n’y avait pas seulement là des chefs-d’oeuvre d’art, il y avait un entassement d’orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits. (...) Nous Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie. Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre. (...) En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate. (...)»(6)  
 
             Le 5 avril 2003, tandis que les forces américaines entraient dans Baghdad, les médias annonçaient le pillage du Musée iraqien et la disparition de 170.000 pièces d’antiquités. (...) D’aucun s’interrogent sur l’appartenance de ces richesses qui sont des marqueurs de l’humanité «À qui appartiennent donc les antiquités assyriennes, babyloniennes en Iraq ou Syrie, pharaoniques en Égypte, phéniciennes au Liban, byzantines en Jordanie, mais aussi romaines, berbères en Algérie, Tunisie, Libye et au Maroc, ou «négro-africaines» au Soudan ou en Somalie? Comment les témoignages matériels de l’époque préislamique, l’héritage de la jahilyya en quelque sorte, peuvent être intégrés aux constructions des nations modernes à dominante musulmane? Bien qu’on constate que c’est avec une intensité fort différente que s’exercent les demandes de restitution des oeuvres acquises illicitement et conservées aujourd’hui dans les musées occidentaux, les patrimoines préislamiques dans le monde arabe sont finalement devenus des objets de négociation pour les États contemporains. Patrimoine mondial, patrimoine national: ces antiquités appartiennent-elles aux dites nations ou au reste du monde? (7)  
 
           Faut-il restituer ce qui a été spolié? «Comment comprendre, écrit Jean Gabriel Leturcq, les demandes de récupération de la pierre de Rosette conservée au British Museum, le scribe accroupi au Louvre ou la tête de Néfertiti à Berlin? Ces objets sont désormais considérés en Occident comme des oeuvres d’art absolues et des pièces centrales du patrimoine muséal de leur pays d’exposition, alors même qu’elles sont considérées comme patrimoine national dans leur pays d’origine. (..) Comment des objets sont devenus supports d’identité? Face à ces revendications, les grands musées dits «universels» (Louvre, British Museum, Metropolitan Museum, etc.), défendent la légitimité de leurs collections au nom du rayonnement qu’elles leur offrent (...)Une question reste cependant en suspens: l’Égypte et l’Iraq apparaissent comme des cas isolés, les autres pays arabes n’ont pas manifesté de velléités de restitutions d’oeuvres. Est-ce un signe de minimisation voire d’insignifiance de ce passé préislamique dans la construction des histoires nationales?(8)  
 
         Pour l’ONU, la réponse quant à la restitution est oui. «Le préambule de la résolution 42-7 votée par l’Organisation des Nations unies
(ONU) en 1987 précise justement: «Le retour des biens culturels de valeur spirituelle et culturelle fondamentale à leur pays d’origine est d’une importance capitale pour les peuples concernés en vue de constitue des collections représentatives de leur patrimoine culturel.» (...) Au cours du sommet de 1992, les chefs d’Etat africains créent un groupe d’experts, chargé d’étudier la question. La proclamation d’Abuja se réfère «à la ´´dette morale´´ et à la ´´dette compensatoire´´ dues à l’Afrique par les pays engagés dans la traite négrière, le colonialisme et le néocolonialisme. Elle exige le retour des «biens spoliés» et des trésors traditionnels (...). Pleinement convaincue que les dommages subis par les peuples africains ne sont pas une «affaire du passé» (...). Convaincue que de nombreux pillages, vols et appropriations ont été perpétrés sur les peuples africains, la proclamation en appelle à ceux qui sont en possession de ces biens spoliés, de les restituer à leurs propriétaires légitimes.»(9)  
 
            Une fin de non-recevoir de l’Occident est venue rapidement: la «Déclaration sur l’importance et la valeur des musées universels», en décembre 2002 et signée par dix-neuf directeurs de quelques-uns des principaux musées du monde est édifiante. Les signataires vont même jusqu’à ne mettre l’accent que sur «la nature essentiellement destructrice de la restitution des objets», en rajoutant ensuite que «les musées sont les agents du développement culturel, dont la mission est d’encourager la production de la connaissance en entretenant un processus permanent de réinterprétation. Ils ne sont pas seulement au service des citoyens d’une nation, mais au service des peuples de toutes les nations». (9)
 
            «Pourquoi, conclut Bernard Müller, alors ne pas rendre ces objets à ceux qui les demandent? Il serait donc déplacé de formuler des excuses ou de restituer des butins à des dirigeants d’Etats sanguinaires et obscurantistes! (...) Pour atteindre l’objectif d’une véritable «restitution», en l’occurrence symbolique et sous forme de connaissance, ces expositions devront être accompagnées de projets pédagogiques. Il faut, comme l’écrit l’écrivain nigérian Wole Soyinka, «trouver des réponses permettant d’atteindre les trois objectifs incontournables pour qu’un semblant de paix puisse s’installer dans ce XXIe siècle multiculturel:
l’établissement de la Vérité, la Réparation et la Réconciliation»...(9).

 
 
 1.Chems Eddine Chitour: L’héritage controversé des musées. Mille Babords 29/ 06 2006  
 
 2.Aminata Traore: Droit de cité. Nouvel.Obs. 23/06/2006.  
 
 3.Jack Lang- Le Louvre, un musée universel. Le Monde 31/01/2007  
 
 4.Hassan Musa http://www.sudplanete.
 net/index.php?out=1&menu=arti&no=6668 10 07 2007  
 
 5.V. Reboud: Revue Africaine. Volume 30 p.79. 1886  
 
 6.Victor Hugo et le sac du Palais d’Été http://amcarron.net/blog/2009/3/24/ html  
 
 7.Whose Pharaohs? Article publié in Qantara, 62, Janvier 2007  
 
 8.Jean-Gabriel Leturcq 2006
http://leturcq.wordpress.com/2009/06/06/whose-pharaohs/  
 
 9. B.Muller- Faut-il restituer les butins des expéditions coloniales? Le Monde diplom. 07/ 2007
 
 Pr Chems Eddine CHITOUR
 
 Ecole Poltechnique enp-edu.dz

nous ne sommes pas des Arabes israéliens

Publié le 24/10/2009 à 10:11 par djamazz
Se réapproprier le vocabulaire : en identité et en pensée, nous ne sommes pas des Arabes israéliens, nous sommes des Palestiniens

Ceux qui restent de la population indigène palestinienne en Israël après le nettoyage ethnique de 1947/1948 devraient être désignés comme « les Palestiniens en Israël » ou « la minorité palestinienne en Israël », et non comme « les Arabes israéliens » ou « les Arabes 48 ».

Par Khalil Nekhleh
Le professeur Khalil Nakhleh, chercheur et écrivain indépendant, Ramallah, Palestine, a écrit cette réflexion dans le cadre de l’initiative : La Première Guerre des Mots – Palestine Think Tank et Tlaxcala déclarent la guerre à la désinformation.

Vendredi 23 Octobre 2009


Se réapproprier le vocabulaire : en identité et en pensée, nous ne sommes pas des Arabes israéliens, nous sommes des Palestiniens

Je suis personnellement l’un de ces rescapés de mon peuple palestinien indigène qui vivait en Palestine (près de 900.000 personnes) et qui ont subi un « nettoyage ethnique» pour la préparation de la création de l’Etat juif d’apartheid d’Israël en 1947/1948. Seuls 160.000 d’entre nous sont restés dans ce qui fut connu ensuite sous le nom d’ « Israël».

J’étais, et je suis, un Palestinien, qui a eu la chance de pouvoir rester sur la terre de la Palestine historique, c’est-à-dire la Palestine sous le Mandat britannique, et qui est devenu un des membres d’une minorité croissante et très dynamique de près de 1,3 millions de Palestiniens, et qui vit maintenant dans l’Etat israélien d’apartheid.

Le label « Arabes israéliens» a été inventé et nous a été imposé par nos ennemis, à savoir l’Etat israélien raciste d’apartheid. Beaucoup d’Etats arabes ont choisi de mépriser notre existence, ou ont totalement ignoré notre statut, comme le monde occidental qui a soutenu le sionisme et facilité et reconnu la création de l’Etat israélien raciste d’apartheid, et qui persiste à justifier son existence.

Nous étions Palestiniens avant le nettoyage ethnique de 1947/1948 et nous continuons d’être Palestiniens depuis, et nous en sommes fiers. Notre identité et notre destinée collectives sont reliées au reste du peuple palestinien dans les secteurs palestiniens occupés par Israël en 1967 et au reste des Palestiniens dispersés, comme réfugiés. Nous faisons partie des près de 11 millions de Palestiniens dans le monde entier qui aspirent à la liberté et à la justice.

En « signe de solidarité », nous attendons de vous que vous nous appeliez « les Palestiniens d’Israël». Il nous faut purger notre et votre vocabulaire du terme « Arabes israéliens», le concept de nos occupants et de nos oppresseurs, qui cherchent à modeler notre réalité à leur propre image.

Source : Palestine Think Tank  
  Traduction : MR pour ISM

Sionisme : Un Rêve Antisémite ?

Publié le 24/10/2009 à 09:10 par djamazz
Sionisme : Un Rêve Antisémite ?

Pour en finir avec le Sionisme, expérience raciste suprémaciste coloniale, une « Loi du Retour » philosémite inversée offrant à tout Israélien juif la possibilité de se réinstaller dans son pays d’origine (ou celui de sa famille) ou celui de son choix, car Sionisme et Antisémitisme sont inextricablement liés.

Vendredi 23 Octobre 2009


Les Sionistes ne sont pas des Juifs
Les Sionistes ne sont pas des Juifs

Sionisme : Une idée terriblement mauvaise, insoutenable

Dans un commentaire publié le 17 Octobre dans les informations arabes (Jeddah) le journaliste britannique, Neil Berry, s’est concentré sur une réalité rarement mentionnée dans le monde politiquement correct : le Sionisme est, et a toujours été, un rêve antisémite qui s’est réalisé, fournissant l’espoir qu’en ayant leur propre pays les Juifs pourraient être incités à partir et aller ailleurs.

Berry écrit : « l’homme d’état britannique impérieux, A.J. Balfour, qui a donné son nom à la Déclaration, était un sérieux supporter de l’Alien Act de 1905 spécifiquement conçu pour arrêter le flot de Juifs fuyant les persécutions tsaristes en Russie et cherchant à entrer en Grande Bretagne. Il y a un siècle, les Juifs immigrants étaient perçus par beaucoup comme le sont les Musulmans actuellement, comme des envahisseurs subversifs menaçant le mode de vie britannique… Le Sionisme et l’antisémitisme sont devenus inextricablement liés l’un à l’autre. »

Citant une cause mieux connue, un sujet continuel de honte pour les pays occidentaux, Berry continue : « juste après la liquidation par les Nazis de quelque 6 millions de Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale, les Etats Unis, l’Australie, et le Canada, repoussant les demandes arabes de traiter les Juifs déplacés comme un défi à relever par le monde entier, ont refusé d’assouplir leurs restrictions sur l’immigration faisant en sorte que la grande majorité d’entre eux se déversent en Palestine bien que beaucoup eurent préféré s’installer ailleurs… Herzl, visionnaire, avait prédit que l’antisémitisme deviendrait le plus grand allié du Sionisme ».

Les gouvernements occidentaux qui aujourd’hui ne sont pas antisémites devraient plutôt que de bafouer la justice la décence humaine et le droit international par une soumission aveugle à une expérience raciste suprémaciste coloniale (et par conséquent récoltant la haine de la plupart de l’humanité) ouvrir largement leurs portes à tous les Juifs israéliens qui seraient tentés de reconstruire une vie nouvelle et meilleure pour eux-mêmes et leurs enfants, avec moins d’injustice et moins d’insécurité, en retournant dans leurs pays d’origine ou en émigrant dans d’autres pays de leur choix, leur offrant des droits de résidence immédiats, une assistance généreuse pour s’installer et un chemin rapide pour obtenir la nationalité (s’ils ne l’ont pas déjà).

Une telle « Loi du Retour » serait profondément philosémite, pro juive et, oui, antisioniste. Cela reflèterait une reconnaissance morale éthique et intéressante en soi, que le Sionisme, comme d’autres « ism » connus du XXème siècle, qui ont à une certaine époque capturé l’imagination de millions de gens, était une idée terriblement mauvaise - - non seulement pour les innocents pris et écrasés sur son passage mais aussi pour ceux qui l’ont adopté - - qui est insoutenable, qui ne mérite pas d’être soutenue et qui a déjà causé ( et si elle perdure causera ) des problèmes profonds pour le monde occidental et les relations de celui-ci avec le reste du monde.

La Démocratie et des droits égaux dans un état unitaire sur la terre qui jusqu’en 1948 était appelé Palestine, associés à la liberté de choix (avec des choix attractifs pour se réinstaller ailleurs généreusement proposés) pour ceux qui préfèrent ne pas vivre dans un tel état, offrirait un espoir bien plus grand pour la paix au Moyen Orient que le « processus de paix » basé sur une partition recyclée cyniquement en continu, qu’on reconnaît maintenant largement comme étant une fraude et une farce et qui, même si elle « réussissait » légitimerait simplement, récompenserait et perpétuerait le nettoyage ethnique, le racisme et l’apartheid - - solution peu probable d’une paix durable, encore moins d’un peu de justice.

Si les hommes politiques occidentaux se soucient plus du bien être et du bonheur des êtres humains juifs qu’ils ne le font de l’argent et de la capacité à leur faire du mal de quelques riches et puissants Sionistes , la plupart d’entre eux vivant confortablement et en sécurité loin du Moyen Orient, la démocratie, les droits égaux et la liberté de choix, tous des principes que les états occidentaux disent prôner, pourraient voir le jour en « Terre Sainte ».

Les hommes politiques étant ce qu’ils sont, c’est à la société civile de prendre l’initiative de délégitimer le Sionisme et montrer la voie vers un avenir meilleur pour tous ceux concernés - - et, que vous l’aimiez ou non, tout le monde sur cette planète est concerné.

John V. Whitbeck 19/10/09 – www.counterpunch.org – Juriste international qui a conseillé l’équipe de négociation palestinienne lors des discussions avec les Israéliens. Il est l’auteur de « The World According to Whitbeck ».

Traudction Myriam Abraham pour http://www.planetenonviolence.org/


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