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Droits de l homme

600 000 ÉLECTEURS DÉJÀ PRIVÉS DE VOTE DANS L'ÉTAT DE L'OHIO

Posté le 27.08.2008 par djamazz
AVANT MÊME L'ÉLECTION U.S., 600 000 ÉLECTEURS SONT DÉJÀ PRIVÉS DE VOTE DANS L'ÉTAT CRUCIAL DE L'OHIO


Souvenez vous que les élections 2000 et 2004 ont été gagnées sur une marge de voix de moins de 100 000 électeurs. Alors réussir à empécher 600 000 personnes d’aller aux urnes, surtout quand ce sont des électeurs susceptibles de voter pour Obama, c’est tout bénef ! Jeunes, noirs, étudiants… la base traditionnelle du vote Démocrate. Plus on peut en dégouter d’aller voter ou les empécher de mettre leur bulletin, plus le candidat Républicain aura ses chances. Même pas la peine de bourrer les urnes, comme en 2000 !

C’est le moment de relire Greg Palast : Comment gagner les élections en faisant disparaître des électeurs

[Gregoire Seither - IES News Service - 25/08/2008]

Aux Etats-unis, les organisations Advancement Project et Project Vote ont lançé un cri d’alarme. Plus de 600,000 électeurs légitimes de l’Ohio risquent d’être effacés des registres électoraux et donc privés de leur droit de vote, si la Secrétaire d’Etat de l’Ohio, Jennifer Brunner, n’intervient pas pour défendre le droit constitutionnel de ces citoyens.

http://www.jenniferbrunner.com/view/news/200

Project Vote a découvert cette liste de “purges” en analysant les décisions publiques des administrations électorales de l’Etat. Ces électeurs, en grande majorité des Noirs et des Jeunes, c’est à dire la base électorale du Parti Démocrate et de son candidat Barack Obama, seront éliminés sans prévenir et sans aucune possibilité de contestation, dans le cadre des mises à jour administratives des registres. Ceci est possible à cause d’un flou législatif dans la réglementation électorale de l’Etat, qui permet aux représentats des Partis de contester le droit de vote d’un électeur lors de son arrivée dans le bureau de vote, le jour de l’élection.

Le “vote caging” (pratique qu’aucun Parti ne reconnait officiellement mais qui est largement employée, comme l’ont montré entre autres les enquêtes de Greg Palast) consiste à dresser des listes de personnes suspectes de ne pas être en conformité avec la réglementation électorale : criminels privés de droits civiques, personnes ayant déménagé, personnes ne pouvant prouver leur identité parce qu’elles n’ont pas de pièce d’identité ou présentent un document d’identité non reconnu (aux US la plupart des gens n’ont que leur permis de conduire pour prouver leur identité, mais ce permis n’est pas admis dans tous les bureaux de vote), personne ayant le même nom qu’une autre personne inscrite sur un autre registre électoral (ce qui est fréquent, vu le nombre de personnes ayant les mêmes noms et prénoms dans la communauté Noire et Latino)… Le jour de l’élection, les représentants des Partis vérifient les noms des électeurs qui se présentent contre les listes de “caging” et contestent la participation à l’élection aux personnes qui y figurent

Cela permet au mieux d’invalider le vote de la personne, voire de retarder son vote jusqu’à la fermeture du bureau, ou bien de l’obliger à aller chercher un document à la maison et donc de refaire la queue, histoire de la dégouter de mettre le bulletin dans l’urne. Comme les élections US se jouent souvent sur des très petites marges, interdire le vote à 10 000 personnes dans un district peut faire basculer l’élection.

Le Parti Républicain dispose d’équipes professionnelles qui préparent, deux ans à l’avance, les purges des registres électoraux, notamment dans les districts connus pour voter majoritairement pour le camp adverse.

Pour La Secrétaire d’Etat Jennifer Brunner : “A quoi sert la démocratie et le droit de vote, si on peut, le jour venu, t’interdire en toute légalité de l’exercer ?”

Mercredi 27 Août 2008

http://libertesinternets.wordpress.com http://libertesinternets.wordpress.com



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Le Canada expulsera un autre résistant à la guerre en Irak

Posté le 27.08.2008 par djamazz
Le Canada expulsera un autre résistant à la guerre en Irak vers les Etats-Unis

par John Mackay

Mondialisation.ca, Le 26 aout 2008
WSWS


L’Agence des services frontaliers du Canada a, la semaine dernière, ordonné que Jeremy Hinzman, le premier soldat américain à refuser de combattre en Irak et à faire la demande de statut de réfugié politique au Canada, soit renvoyé aux Etats-Unis. Le jugement fut rendu un mois après que Robin Long devienne le premier objecteur de conscience américain à être déporté du Canada. Long est présentement détenu à la prison centrale de Fort Carson au Colorado et sera jugé en cour martiale au début septembre.

Hinzman, 29 ans, a une femme et deux enfants, dont le plus jeune est âgé seulement de 3 mois. On a ordonné qu’ils quittent tous le Canada d’ici le 23 septembre.

On donna à Hinzman un ordre de déportation après que la Commission de l’immigration et du statut de réfugié eut décidé que sa demande, présentée dans le cadre du programme d’examen des risques avant renvoi, ne respectait pas les conditions. Le programme évalue le risque encouru par un demandeur si il ou elle est renvoyé dans son pays d’origine. L’appel final de Hinzman concernant le rejet de sa demande de statut de réfugié lui avait été précédemment refusé.

On jugea que les Etats-Unis avaient un système de justice équitable et que la liberté d’expression de Hinzman était protégée. La Commission a aussi jugé que le programme « No child left behind » (Aucun enfant laissé pour compte) du président Bush allait assurer que son fils bénéficie d’une bonne éducation.

A son retour aux Etats-Unis, Hinzman sera probablement détenu et devra passer en cour martiale et subir le même sort que Robin Long, soit cinq ans de prison pour désertion. Même si ses avocats prévoient en appeler de l’ordonnance de déportation, Hinzman est peu optimiste. Dans un entrevue à l’émission « Democracy Now », Hinzman a déclaré : « Cela bouleverse complètement nos vies. »

Hinzman a joint l’armée des Etats-Unis au début de 2001, en partie par patriotisme et pour l’aventure. Cependant, il a été avant tout attiré par la promesse d’aide financière pour ses études universitaires.

Il affirme qu’un peu plus d’un an après s’être enrôlé, il a réalisé qu’il ne pouvait devenir un tueur. Il pensait ne pas pouvoir déshumaniser les gens qu’il devait tuer. Il fit une demande pour le statut d’objecteur de conscience en août 2002 mais son commandant ignora cette dernière. Hinzman refit une demande alors qu’il était en Afghanistan, et elle aussi fut rejetée.

En Afghanistan, alors que sa demande pour le statut d’objecteur de conscience était évaluée, on ordonna à Hinzman de reprendre le service actif. Lorsque son unité revint aux Etats-Unis et sachant qu’ils seraient bientôt envoyés en Irak, Hinzman déserta, traversant la frontière canadienne en janvier 2004 avec sa femme et son jeune enfant et tentant d’obtenir le statut de réfugié.

En décembre 2004, la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR) a rejeté sa demande pour un statut de réfugié, affirmant qu’il ne remplissait pas les conditions. À cette époque, le gouvernement libéral du premier ministre Paul Martin était intervenu dans le processus pour bloquer toute discussion sur la légalité de l’invasion et de l’occupation de l’Irak par les Etats-Unis.

Le solliciteur général du Canada avait argumenté que la question de la légalité de la guerre était hors du domaine de la CISR. On jugea que le Tribunal pénal international de La Haye était la seule institution avec l’autorité et la compétence nécessaires pour entendre des arguments concernant la légalité de la guerre.

Hinzman soutint que l’on devait lui accorder le statut de réfugié car la guerre en Irak avait été condamnée par la communauté internationale et que l’administration Bush avait menti au sujet des armes de destruction massive et des liens avec Al-Qaïda du régime de Saddam Hussein. Toutefois, la CISR a maintenu que cela n’avait pas de rapport avec la demande. D’importants quotidiens canadiens tels que le Globe and Mail et le National Post ont commenté en éditorial que Hinzman était un « déserteur », pas un « réfugié ».

En novembre 2007, la Cour suprême du Canada a refusé d’entendre une cause impliquant Hinzman et un autre résistant, Brandon Hughey. La Cour n’a pas motivé son refus. Précédemment, à la suite de la première demande de Hinzman pour un statut de réfugié, la Cour fédérale et la Cour d’appel fédérale avait aussi refusé d’entendre la cause.

Bien que le gouvernement canadien avait choisi de ne pas s’impliquer directement dans la guerre en Irak, ces actions sont un symbole de complicité par soutien politique pour l’occupation américaine. Le Canada est impliqué activement dans la guerre en Afghanistan, où 90 soldats canadiens ont été tués au combat depuis le déploiement en 2002. Les appuis pour la déportation de soldats américains qui cherchent refuge contrastent avec la politique canadienne durant la guerre du Viêt-Nam, lorsque plus de 50 000 Américains qui avaient fui la conscription ou le service militaire trouvèrent refuge au Canada.

Comme le gouvernement libéral de Martin avant lui, l’actuel gouvernement conservateur du premier ministre Stephen Harper ne souhaite pas se mettre à dos les Etats-Unis en recréant un possible refuge pour les soldats américains. Cette position va de pair avec le refus de l’élite dirigeante canadienne de mettre en doute la légalité de la guerre en Irak, et son attaque plus générale sur les droits des demandeurs d’asile.

Cette position contredit le quatrième principe de Nuremberg qui maintient que quiconque est obligé, dans la mesure du possible, de défier les ordres du gouvernement et de l’armée qui violeraient le droit international. Elle contredit de plus la position du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, qui soutient que qu’un déserteur peut être considéré réfugié si les actes militaires sont condamnés par la communauté internationale comme violant les principes humains fondamentaux.

Les actions du gouvernement canadien contrastent fortement avec les sentiments de la majorité des Canadiens, comme l’a révélé un sondage publié en juillet selon lequel deux tiers des répondants appuyaient le fait que l’on accorde le statut de résident permanent aux soldats américains ayant fait défection.

En juin, les partis d’opposition canadiens ont tenté de calmer les sentiments populaires contre la guerre en Irak et l’implication du Canada en Afghanistan en votant une résolution non contraignante pour arrêter la déportation des objecteurs de conscience. Comme elle est non contraignante, le gouvernement minoritaire Harper ne s’est pas engagé à mettre en oeuvre cette résolution, la maintenant comme un geste « symbolique » qui ne fait rien pour empêcher la déportation de Hinzman et de sa famille.

Michelle Robidoux, porte-parole de la Campagne d’appui aux résistants à la guerre basée à Toronto, a affirmé : « Cela envoie un sinistre message à tous ceux qui passent présentement à travers le même processus », ajoutant que « Cela crée une vague de stress pour tout le monde. Si Jeremy Hinzman, qui a une femme et des enfants, peut être renvoyé, qu’en est-il des célibataires qui sont ici depuis moins longtemps encore ? »


Article original en anglais, WSWS, paru le 19 août 2008.

Copyright WSWS.

Articles de John Mackay publiés par Mondialisation.ca

Affaire Truchelut: démonstration de l'incohérence des 'laïcistes antivoiles'

Posté le 23.08.2008 par djamazz
Affaire Truchelut: démonstration de l'incohérence des 'laïcistes antivoiles'


Fanny Truchelut est la propriétaire d'un gîte. Au cours du mois d'août 2006, elle reçoit un appel d'une famille souhaitant séjourner quelques jours, elle accepte. Lors de l'arrivée des 6 membres de la famille, elle découvre qu'ils sont musulmans et que les femmes portent le voile. Elle leurs demande alors de le retirer dans les espaces communautaires du gîte afin soi-disant de ne pas troubler la "convivialité" des lieux. Une double aberration. Pour parler franchement, en quoi la manière qu'on les gens de s'habiller la regarde? Empêche-t-elle tous ses clients dont la tête ne lui plaît pas de séjourner dans son gîte? Et il est difficile de comprendre en quoi le simple port du voile islamique peut-il enlever à ce lieu sa "convivialité". Ensuite, l'utilité du voile islamique est bien de se préserver du regard des hommes en public. Ainsi, en plus de jouer à l'"offusquée", elle ne comprend pas l'aspect sociologique du voile islamique, et elle demande naïvement à ces femmes de l'ôter en ne considérant pas les motivations religieuses qui les poussent à le porter.
La famille, énervée par le comportement de Fanny Truchelut décide de quitter le gîte et de porter plainte. La propriétaire du gîte reçoit alors le soutien de l'islamophobe Philippe Devilliers et d'associations laïcistes. Pourtant, condamnée au cours du procès, elle déclare:

"Tant pis si au regard de la loi je suis en infraction ( NDLR: les femmes voilees ont porte plainte) . Mais on ne peut pas laisser faire n'importe quoi dans ce pays. Quand ils sont arrivés, les dames étaient voilées ; ils auraient pu me demander si ça posait problème ou pas, je leur aurais dit non tout de suite. C'est à eux à s'adapter dans des lieux privés et je leur ai laissé le choix. Chez moi, je ne veux pas de ça. Quand je vais dans un pays étranger, je me plie aux coutumes locales. […] Je défendrai ma position et j'assumerai ce que j'ai dit. »

Ce discours, elle l'emprunte sans aucun doute à des mouvements liberticides ou à des partis comme le MPF de De Villiers, alors même qu'elle prétend de pas militer (vidéo Marianne-(1)-).
Voici ce que disent Anne Zelensky et Annie Sugier de la Ligue du Droit des Femmes au sujet de cette affaire:

"Nous sommes des milliers de femmes et d'hommes dans ce pays à être viscéralement agressés par la vue de ce signe. Il nous jette à la figure le souvenir d'un long passé douloureux, en nous renvoyant à des temps pour nous heureusement révolus, ceux de l'oppression, il annule symboliquement les longs combats que nous avons menés pour en sortir, il est une véritable insulte à notre liberté, chèrement conquise".(2)

Cet extrait illustre à merveille ce que pense ces deux féministes. Elles considèrent de manière complètement injustifiée et erronée le voile islamique comme un objet de soumission. Ce réflexe haineux (une haine très profonde qui s'exprime au travers des mots utilisés) cache en réalité le visage de l'islamophobie. Nous l'avons déjà abordé dans un article (Pourquoi avons-nous tous tord au sujet du voile islamique? (3)), le voile ne joue pas le même le rôle dans le christianisme et dans l'islam. Autant dans le premier, il sert très clairement à asservir la femme et constitue le symbole de sa soumission à l'homme, comme cela est précisé dans le Nouveau Testament (Epître aux Corinthiens) autant en Islam, il est considéré comme un outil de protection, il a été décrit de cette manière par le Prophète Muhammad et dans le Coran. Jamais il ne s'agit de soumettre la femme, la femme qui est contrairement à ce qu'enseigne la doctrine catholique, considérée comme l'égale de l'homme en Islam.

Dans la Bible:

11.3
Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l'homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ.
11.4
Tout homme qui prie ou qui prophétise, la tête couverte, déshonore son chef.
11.5
Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophétise, la tête non voilée, déshonore son chef: c'est comme si elle était rasée.

Nouveau Testament, Epitres aux Corinthiens

Dans le Coran:

Prophète, Dis à tes épouses, à tes filles et aux épouses des croyants de ramener sur elles le voile: ainsi elles (…) ne seront pas offensées".

Sourate 33, verset 59

Il s'agit maintenant de se demander ce qui pousse les militants anti-voile à cette désinformation. On peut parler de désinformation dans la mesure où ces personnes déforment volontairement ou pas la réalité en considérant ou en calquant des modes de pensée qui sont propre à la pensée occidentale chrétienne sur des cultures différentes qui envisagent des choses qui du première abord paraissent mais qui en réalité sont très différentes. Ce genre de comportement est sans aucun doute une forme inacceptable d'intolérance, il incarne aussi la volonté qu'ont ces gens de vouloir briser des libertés religieuses.

(1)http://www.marianne2.fr/Fanny-Truchelut-on-peut-critiquer-le-voile-en-Afghanistan-mais-pas-en-France_a80131.html
(2) http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=29027
(3)Pourquoi avons-nous tous tord au sujet du voile islamique?, http://lecafepoliticien.blogspot.com/2008/06/pourquoi-avons-nous-tous-tord-au-sujet.html


http://lecafepoliticien.blogspot.com/

Samedi 23 Août 2008

truk2005@hotmail.com

Quelle justice pour les prisonniers musulmans ?

Posté le 14.08.2008 par djamazz
Guerre contre le « terrorisme » : Quelle justice pour les prisonniers musulmans ?
Entretien avec Violette Daguerre

par Silvia Cattori

Mondialisation.ca, Le 12 aout 2008
Réseau Voltaire


Violette Daguerre, née au Liban en 1955, docteur en psychologie, préside la « Commission arabe des droits humains » qu’elle a contribué à fonder. Elle s’est particulièrement engagée depuis 2001 pour exiger la fermeture du camp de détention de Guantanamo Bay. Elle évoque dans cet entretien les difficultés à faire réagir les médias, les ONG, les politiciens, quand il s’agit de ces victimes arabes et musulmanes, déshumanisées par la propagande de guerre et désignées comme « terroristes ».

Violette Daguerre
Silvia Cattori : Quand avez-vous commencé à penser que, par votre lutte, vous alliez réussir à contraindre l’administration Bush à libérer des prisonniers de Guantanamo ?

Violette Daguerre : Le combat de la « Commission arabe des droits humains » [1] pour dénoncer les conditions de détention à Guantanamo et exiger la fermeture de ce camp, a commencé aussitôt que nous avons appris sa mise en fonction, fin 2001. Nous avons tout de suite adressé une lettre à l’ambassade des Etats-Unis à Paris, en collaboration avec le Centre de l’indépendance de la Justice, basé au Caire, puis une lettre à l’ambassade des Etats-Unis au Caire, demandant la permission d’envoyer trois experts pour visiter les détenus de Guantanamo. Demande qui s’est heurtée à un refus.

J’ai également adressé, le 18 mars 2002, une lettre à M. Louis Joinet, à l’époque Président-rapporteur du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire, lui demandant de considérer la détention des détenus de Guantanamo comme arbitraire.

Il a fallu attendre le 11 janvier 2003 pour qu’un collectif se constitue, à l’occasion d’un colloque que nous avions organisé à Paris. Nous étions alors également préoccupés de défendre les ONG caritatives et humanitaires, notamment arabes et musulmanes qui commençaient à être inquiétées par l’administration de Bush, sous couvert de « lutte contre le terrorisme ». Il nous a semblé urgent qu’un collectif se mette en place pour rassembler les efforts et constituer une pression plus soutenue. Dès lors, nous avons commencé, notre association et des ONG de plusieurs pays avec des militants européens et arabes des droits humains, à collaborer pour en finir avec les cages de Guantanamo Bay.

Certaines ONG, comme « Global Policy Forum » [2] aux Etats-Unis, ont appuyé notre démarche. D’autres ont préféré travailler seules. Mais, avant d’en arriver là, il a fallu lutter contre vents et marées, dans un contexte très défavorable. Défendre des prisonniers musulmans, que les Etats et les médias, associaient au « terrorisme », comportait le risque d’être soupçonnés de sympathiser avec eux. Ainsi, Maître Wendell Beliw, un des premiers avocats états-uniens que nous avons contacté, a fini par payer le prix de son engagement lorsque, en mai 2008, il a été mis lui-même sur la « liste noire » des Etats-Unis. Cette crainte a dû sûrement dissuader beaucoup de militants des droits de l’Homme.

Certains, parmi nous, ont fait l’objet d’enquêtes de la part des services de renseignements. Ce qui montre, encore une fois, que se constituer en contre-pouvoir en défense des droits humains, n’est pas chose facile. Mais est-ce qu’on a le droit de faiblir lorsqu’on veut agir efficacement sur ce terrain ? Aujourd’hui, notre association, se félicite de n’avoir pas cédé à la peur et aux intimidations ; et d’avoir été capable de continuer à lutter dans ce contexte hostile.

Silvia Cattori : Les médias ont-ils, durant cette période, contribué à tenir l’opinion à distance des souffrances que cette guerre contre les arabes et les musulmans générait ?

Violette Daguerre : Sûrement, au début surtout. Mais, par la suite, une distinction plus nette s’est faite entre ceux des politiques et journalistes qui présentaient ces lieux de détentions comme un mal nécessaire - et qui apportaient, d’une manière ou d’une autre, leur appui aux thèses de l’administration Bush - et ceux qui ont commencé à nous aider à soutenir publiquement le point de vue que nous défendions.

Nous avons continué patiemment notre combat, d’abord solitaire, sans nous laisser décourager par ces campagnes anti-arabes et antimusulmanes. Nous avons engagé des frais importants pour faire du tapage médiatique et publier des encarts publicitaires, dans des organes de presse comme « The Nation », « Libération » et « Le Monde diplomatique », afin d’alerter l’opinion sur les conditions inhumaines des détenus et exiger la fermeture du « camp de la honte ».

Silvia Cattori : Il a donc été très difficile, au départ, de vous faire entendre ?

Violette Daguerre : Certainement, il y a eu énormément de difficultés pour modifier la perception de l’opinion sur ce sujet. La désinformation était à son comble à propos de ces « terroristes » qualifiés par l’administration Bush, d’« ennemis combattants », et contre lesquels on avait conçu un statut spécial pour les tenir à l’écart du monde.

Il y a eu beaucoup d’obstacles, ou de réticences, même de la part de ceux qui étaient censés soutenir cette cause, comme le montre l’attitude adoptée au début par « Reporters sans frontières » (RSF) à l’égard du journaliste emprisonné Sami El Haj [3]. Quand nous avons été informés par le directeur d’Al-Jazira, M. Mohammad Jasem al Ali, que ce journaliste était détenu à Guantanamo, nous avons immédiatement contacté le secrétaire général de RSF, M. Robert Ménard. Nous nous attendions à ce que son association apporte tout de suite un appui à Sami El Haj et engage une campagne pour le faire libérer.

M. Ménard nous a d’abord répondu qu’il allait vérifier la véracité de cette détention. Deux jours plus tard, il a exprimé son refus de soutenir ce journaliste parce que le Département d’Etat des Etats-Unis leur avait « confirmé » que Sami El Haj avait des liens avec l’organisation terroriste Al –Qaïda [4].

Cet exemple vous montre combien il était difficile de faire face à la mauvaise foi de tous ces acteurs qui donnaient crédit à l’administration Bush, malgré tout ce que les images montraient d’inquiétant au sujet des violations des droits humains. Il a fallu attendre 2005 pour que RSF finisse par modifier sa position.

Silvia Cattori : A quel moment votre action a-t-elle commencé à apporter des résultats concrets aux prisonniers eux-mêmes ?

Violette Daguerre : Pas avant octobre 2003, quand l’administration états-unienne s’est vue obligée d’améliorer leurs conditions de détention, à l’issue de la permission donnée à une délégation du CICR de visiter Guantanamo Bay. Même si cela a été dû principalement à la résistance des prisonniers eux-mêmes, qui ont entamé des grèves de la faim très dures et qui ont pu obtenir par la suite (vers juin 2004) le droit à une consultation médicale. Je crois que le fait que nous ayons maintenu une pression continue contre les violations de leurs droits par l’administration Bush, a contribué à soutenir moralement les détenus, dont 24 sont tout de même des mineurs.

Par la suite, et après que des avocats militaires aient été nommés en 2003, des avocats civils de nationalité états-unienne ont été autorisé à entrer à Guantanamo pour la première fois en 2004. Dès lors, le transfert de détenus vers Guantanamo a été stoppé. Et des voix de plus en plus nombreuses se sont élevées pour remettre en question le statut légal du camp.

N’oublions pas que, jusqu’à fin 2004, il y a eu 24 tentatives de suicide, appelées, « Self-Harm », par l’administration de la prison. Des cas de tuberculose ont été diagnostiqués, des agressions physiques par des chiens dressés et plus de 12 méthodes de torture qui ne laissent pas de traces ont été révélés.

Silvia Cattori : Combien de prisonniers ont-ils pu sortir de Guantanamo, en partie grâce à vos interventions ?

Violette Daguerre : Sans fausse modestie, je dois insister sur le fait que Guantanamo n’est plus restée, depuis sa quatrième année, la seule affaire des ONG. Car, suite aux efforts de la société civile mondiale, le Parlement européen, l’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe, des sénateurs et des membres du Congrès états-unien, le CICR, ainsi que le Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l’Homme, sont tous devenus partie intégrante de la campagne pour la fermeture de Guantanamo. Et, fait inhabituel, plusieurs ministres de pays alliés des Etats-Unis ont exprimé publiquement leurs protestations à l’égard de l’existence de ce camp. Dès lors, les actions visant à obtenir la fermeture de Guantanamo sont devenues l’affaire d’une majorité d’Etats démocratiques, des ONG et des organisations intergouvernementales, même si elles n’ont pas été conduites collectivement.

Les partisans du maintien de Guantanamo se sont alors trouvés isolés. Grâce à cette mobilisation, 600 prisonniers ont pu en sortir. Il reste toujours 265 détenus aujourd’hui, dont le dernier libéré il y a quelques jours est un Qatari. Parmi eux, près de 200 n’ont pas de dossier d’accusation juridique cohérent. C’est pourquoi l’administration Bush cherche maintenant à se débarrasser d’eux, plutôt que d’avoir à les juger.

Silvia Cattori : Pourquoi des prisonniers sont-ils sortis de Guantanamo et d’autres pas ?

Violette Daguerre : La pression de certains Etats, la coordination entre services de sécurité des Etats concernés, et les programmes de réhabilitation mis en place à l’échelle locale, ont joué dans le choix de la majorité des détenus libérés. Il y a eu aussi des cas de détenus qui ont recouvré leur liberté suite à la mobilisation de gens qui travaillaient dans l’action humanitaire, l’enseignement, les médias.

Mentionnons que, dès sa prise de fonction, le nouveau ministre de la défense, Robert Gates, a demandé au président Bush de mettre à l’écart certains faucons du Bureau de détention. M. Bush a partiellement accepté cette demande, et l’équipe actuelle tente de trouver une solution qui lui permette de sauver la face.

Silvia Cattori : Quelle est la nationalité des détenus restants ?

Violette Daguerre : Sur les 265 prisonniers encore à Guantanamo, il y aurait 98 Yéménites, 25 Algériens, 16 Chinois, 13 Saoudiens, 9 Syriens et quelques prisonniers originaires du Soudan, de la Mauritanie, d’Ouzbékistan, de Somalie, d’Indonésie, d’Egypte, du Koweït, de Libye, de Tunisie, sans oublier les Afghans et les Pakistanais.

Silvia Cattori : Quelles sont les ONG « occidentales » qui se sont montrées neutres, hors de tout soupçon ?

Violette Daguerre : Elles sont nombreuses, sauf celles sous influence, liées aux intérêts des Etats-Unis. Il est bien connu que ce pays finance massivement ce que nous appelons des « one man organisations ». C’est-à-dire des organisations qui se réduisent à une personne qui engage quelques fonctionnaires bien payés et qui opèrent dans le sens de la politique gouvernementale. Ce genre d’organisation s’illustre assez aisément à ses débuts, mais plus difficilement lorsque les choses commencent à apparaître plus claires aux yeux de l’opinion publique. Là, il ne leur est plus possible de justifier l’injustifiable, surtout pour des soi-disant ONG qui prétendent défendre les droits humains. Il faut aussi préciser que les dossiers défendus ne sont malheureusement pas toujours les mêmes, selon que l’on se trouve au Nord ou au Sud de la planète. Réalisme ne va pas de pair avec idéalisme.

Il reste que les ONG qui se sont distinguées pour leur rôle dans la fermeture de Guantanamo sont : ACCR, l’ACLU, l’ACHR, AI, Reprieve, et Cage Prisoners [5].

Silvia Cattori : L’intervention de M. Bernard Kouchner pour la libération de certains prisonniers a été évoquée. Qu’en est-il en vérité ?

Violette Daguerre : Je commence par démentir formellement l’intervention du ministre français dans la libération de détenus de Guantanamo, qui étaient des médecins ou de simples volontaires dans l’humanitaire. Les 6 prisonniers français libérés l’ont été sans son appui, et déjà avant qu’il ne devienne ministre. En outre, il a toujours affiché, par le passé, des positions agressives à l’égard des détenus musulmans accusés sans preuves de terrorisme. A ma connaissance M. Kouchner n’a jamais élevé de protestations en faveur des ONG humanitaires inscrites sur la « liste noire ».

Ceci est malheureusement le cas de plusieurs personnalités françaises ; elles interviennent sélectivement dans les dossiers des droits de l’homme, en fonction de leur vision politique des réalités, et conformément à leurs intérêts.

Il ne faut pas oublier que la perception est subjective et la mémoire est sélective. Que l’on est conditionné par la culture dans laquelle on baigne, l’éducation que nous avons eue, les positions idéologiques et bien d’autres paramètres qui font que l’affectif a son mot à dire, et non pas seulement la raison et les principes universels qui devraient nous guider.

Silvia Cattori : A partir de quand les Parlementaires nationaux et européens ont-ils exigé la fermeture du camp de détention de Guantanamo ?

Violette Daguerre : A partir, me semble-t-il, de la deuxième année à titre individuel, et de la troisième année en tant que groupes parlementaires. En 2006, le Parlement européen a voté la fermeture de Guantanamo. Ce qui n’empêche que les parlementaires restent très peu visibles, même lorsque l’on organise une action à l’échelle nationale.

Silvia Cattori : Que faire pour les ex-détenus et les détenus qui attendent encore leur libération mais qui risquent d’être persécutés dans leurs pays alignés sur Washington, comme la Tunisie et le Maroc ? Connaissez-vous des cas où ces revenants ont été maltraités ?

Violette Daguerre : On rencontre des situations diverses. Si certains ex-détenus ont été bien traités par leur gouvernement, comme au Soudan, d’autres ont été maltraités ou emprisonnés, en effet, comme en Tunisie et au Maroc. La Tunisie a condamné deux ex-détenus à, respectivement, 3 et 7 années de prison. Et, au Maroc, un ex-détenu, libéré en même temps que Sami El Haj, est toujours en prison.

Des prisonniers tunisiens qui sont toujours emprisonnés à Guantanamo demandent à être extradés vers un autre pays que la Tunisie. Et la recherche d’un pays d’accueil est d’ailleurs l’une des raisons qui retarde la libération de certains détenus de Guantanamo. Il reste près de 60 prisonniers originaires de la Chine, d’Ouzbékistan, d’Algérie, de Syrie, de Libye, de Tunisie, d’Egypte, qui risquent d’être arrêtés et torturés à leur retour chez eux.

Ce qui contraste avec le cas des ex-prisonniers ayant pu bénéficier d’un programme de réhabilitation et de rééducation, comme en Arabie saoudite ; ou ayant été pris en charge par les ONG et leur gouvernement, comme au Soudan.

Silvia Cattori : Quels pays européens ont-ils accepté, ou vont-ils accepter, de recevoir ces revenants qui ne veulent plus retourner chez eux par peur d’être emprisonnés, ou que leurs pays refusent ?

Violette Daguerre : Jusqu’à maintenant, il y a trois pays qui sont prêts à en accueillir : la Lituanie, la Grèce et l’Albanie. Nous espérons que l’Irlande, l’Angleterre, Djibouti et d’autres pays se joignent à eux. De toute manière, une fois sortis du camp, leur calvaire n’est pas terminé ; il faudra continuer à les aider à soigner leurs blessures physiques et psychiques et à se réinsérer dans leur société. Il va falloir s’atteler notamment à la mise en place d’un programme pour accueillir par exemple les nombreux détenus yéménites.

Silvia Cattori : Pensez-vous que quelque chose de positif émergera de ce désastre ? Une volonté de s’unir - par delà les croyances politiques et religieuses - pour exiger justice et réparation pour le mal fait par cette guerre de l’ « Occident » qui a assimilé l’Islam au « terrorisme » ?

Violette Daguerre : La soi-disant « guerre contre le terrorisme » a fait beaucoup de dégâts et de victimes. Il va de soi que des associations comme la nôtre vont tout faire pour que ceux qui ont commis des crimes et violé les droits humains, non seulement d’individus, mais de groupes humains et de peuples, soient punis. Et pour que les victimes obtiennent réparation morale et matérielle du préjudice subi. C’est un combat de tous les jours et ce n’est pas gagné d’avance. Surtout lorsqu’on voit les manœuvres d’instrumentalisation de la justice internationale par les grands faiseurs de la politique.

On peut tout de même espérer que puisse émerger, par delà le mal engendré, une conscience politique plus aiguisée ; une volonté plus déterminée à combattre toutes les formes d’injustices qui rongent notre monde ; et une société civile à l’échelle mondiale plus étendue, plus solidaire, plus combative et plus forte des expériences passées et des échecs essuyés.

Notes

[1] Voir : http://www.achr.eu
Mme Violette Daguerre accompagnait M. Sami El Haj à Genève, lors de la Conférence publique qu’il a donnée le 27 juin 2008, à l’invitation de la Fondation « Alkarama for Human Rights ».

[2] Voir : http://www.globalpolicy.org

[3] Voir : http://www.samisolidarity.net

Voir également : « Sami El Haj, journaliste d’Al-Jazira, témoigne », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 25 juillet 2008.

[4] Voir : « Reporters Sans Frontières se souvient (tardivement) de Sami Al Haj », Réseau Voltaire, 17 février 2006.

[5] Voir les sites :
http://www.ccr-ny.org
http://www.aclu.org
http://www.reprieve.org.uk
http://www.cageprisoners.com

Silvia Cattori est journaliste indépendante en Suisse.

Articles de Silvia Cattori publiés par Mondialisation.ca

Le Comité des droits de l'homme de l'ONU dénonce

Posté le 08.08.2008 par djamazz
Le Comité des droits de l'homme de l'ONU dénonce les crimes commis en toute impunité

Al Karama for Human Rights, 7 novembre 2007

Le Comité des droits de l'homme de l'ONU s'est réuni les 23 et 24 octobre 2007 pour examiner le troisième rapport périodique algérien. La délégation algérienne constituée de 14 membres était présidée par Idriss Jazaïri, ancien ambassadeur aux Etats-Unis et actuel représentant permanent de l'Algérie auprès de l'office des Nations unies à Genève.

Les observations finales du Comité ont été publiées le 1er novembre 2007.Al Karama for Human Rights a pris connaissance des préoccupations du Comité des droits de l'homme relatives et se félicite de ses recommandations adressées au gouvernement algérien. Au centre des débats était placée l'Ordonnance d'application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale et ses dispositions violant les principes du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifiés par l'Algérie.


Le Comité constate "avec préoccupation que de nombreuses et graves violations des droits de l'homme auraient été commises notamment par des agents publics, en toute impunité, et continueraient de l'être". Les autorités algériennes qui avaient indiqué que des poursuites pénales étaient engagées contre les responsables de violations de droits de l'homme n'ont cependant pas fourni d'informations au Comité sur la réalité de ces poursuites. Durant les débats, l'un des experts du Comité, Sir Nigel Rodley, a relevé que des milliers d'enlèvements et de décès ainsi que les massacres ne se font pas par hasard, par accident.

Il s'agit là de "crimes contre 'humanité" pour lesquels il est difficile de ne pas imaginer qu'ils soient la conséquence d'une pratique systématique. Cette qualification des violations commises de "crimes contre l'humanité" a provoqué le vif mécontentement du chef de la délégation, Idriss Jazaïri qui a rétorqué que c'était la première fois que ce terme était employé dans ce cadre et que c'était inacceptable. Sir Rodley a néanmoins souligné la pertinence de cette expression.C'est donc dans un véritable souci de prévenir l'impunité dont jouissent les personnes coupables de graves violations des droits de l'homme que le Comité exprime ses vives préoccupations par rapport à l'article 45 de l'ordonnance.

En effet, cet article déclare irrecevable toute plainte à l'encontre de membres des forces de sécurité, toutes composantes confondues, suspectés d'avoir commis des violations des droits de l'homme. Le comité considère que cet article doit être amendé.Dans le même esprit, le Comité demande que des enquêtes soient menées à propos des massacres, tortures, viols et disparitions et que les responsables de ces violations répondent de leurs actes. Cette obligation d'enquête à propos des massacres "par une instance indépendante en vue d'identifier les coupables et de les traduire en justice" avait déjà été affirmée par le Comité des droits de l'homme en 1998 mais n'avait connue aucune suite de la part des autorités algériennes.

Le Comité recommande aussi l'abrogation de l'article 46 de l'ordonnance qui "porte atteinte à la liberté d'expression ainsi qu'au droit de toute personne d'avoir accès à un recours effectif contre les violations des droits de l'homme, tant au niveau national qu'au niveau international". Effectivement, cet article prévoit une peine d'emprisonnement de 3 à 5 ans et une forte amende pour quiconque qui, par ses déclarations, écrits ou tout autre acte, ternit l'image de l'Algérie, notamment en dénonçant les violations des droits de l'homme qui y sont commises.

Alors que la délégation algérienne souligne que l'état d'urgence ne restreint pas les libertés fondamentales garanties par les législations nationales et les instruments internationaux ratifiés par l'Algérie, le Comité exprime son inquiétude quant à son maintien qui justifie notamment la délégation des fonctions de la police judiciaire aux services secrets, le Département du renseignement et de la sécurité, DRS. Il recommande la levée de l'Etat d'urgence.

Le Comité est particulièrement préoccupé par les informations qu'il a obtenues sur l'existence de centres secrets de détention et demande à l'Etat algérien que tous les lieux de détention soient "mis sous le contrôle de l'administration pénitentiaire civile et du parquet". Aussi recommande-t-il au gouvernement algérien d'instaurer "un registre national des centres de détentions et des personnes détenues", ce qui permettrait aux familles et aux avocats de prendre connaissance du sort du détenu.

Il souhaite aussi que ces centres, y compris ceux du DRS soient régulièrement visités par un organisme indépendant national.Ces centres secrets sont au centre du dispositif qui permet aux agents du DRS de maintenir des suspects en détention arbitraire, de pratiquer la torture et de les faire disparaître. Le Comité s'inquiète des informations sur ces pratiques, notamment de la part du DRS et demande que des enquêtes soient "menées par une autorité indépendante" dès que des allégations de ce type sont formulées, et que "les responsables de tels actes soient poursuivis et sanctionnés de manière conséquente".

Le Comité considère que la durée de garde à vue de 12 jours dans le cadre de la lutte contre le terrorisme est excessive, d'autant plus que le détenu est maintenu en isolement, sans contact ni avec sa famille, ni avec un médecin. De surcroît, la loi algérienne ne prévoit pas le droit au silence ni à l'assistance d'un avocat. De même, la définition des actes terroristes et subversifs permet selon la loi algérienne des interprétations justifiant la répression de l'expression légitime de droits consacrés dans les textes ratifiés par l'Algérie.

Le Comité recommande donc que des mesures soient adoptées "pour faire respecter les droits des personnes gardées à vue, ainsi que sur les méthodes de contrôle des conditions de garde à vue".C'est durant cette période de garde à vue que les détenus sont torturés, notamment aujourd'hui dans les centres du DRS. Le Comité recommande donc que toute allégation de torture fasse l'objet d'une enquête indépendante et que les responsables soient jugés.

La législation algérienne qui a prévu une interdiction absolue de la torture devrait selon l'organe onusien intégrer également la prohibition de l'utilisation des aveux obtenus sous la torture comme élément de preuve. Dans son prochain rapport périodique l'Etat algérien est invité à fournir des informations sur "le nombre de plaintes déposées sollicitant un réexamen des peines prononcées suite à un procès non équitable, y compris suite à des confessions obtenues sous la torture".Face à l'absence d'informations concrètes sur le traitement de la question des disparitions forcées, le Comité souhaite un certain nombre de mesures: Les personnes détenues au secret devraient être présentées à la Justice; pour les personnes décédées, les circonstances de leur disparition, le lieu et la cause de leur décès devraient être établis; leurs corps devraient être restitués aux familles; et finalement, les coupables de ces disparitions devraient être identifiés, poursuivis et sanctionnés. Les indemnisations ne doivent pas être conditionnées par la demande de la famille d'une attestation de disparition et elle doit refléter la gravité de la violation et du préjudice subi.

Le Comité demande à l'Etat algérien de rendre publiques ses Observations finales et de les diffuser largement, dans les plus brefs délais, sur tout le territoire de la République ainsi qu'il s'y est engagé.Celui-ci est également tenu, dans un délai d'un an, d'informer le Comité sur la suite donnée aux recommandations relatives aux trois dossier suivants: les centres de détention, la question des disparitions forcées et la torture.
Quant aux autres recommandations, l'Etat algérien est prié de communiquer les mesures d'application prises, dans le cadre de son prochain rapport périodique qui devra être remis au Comité le 1er novembre 2011.

Jijel.info

Combattre les polices de la pensée et leurs lois

Posté le 02.08.2008 par djamazz
Combattre les polices de la pensée et leurs lois : un travail d'information à faire

Maîtres et valets ne sont forts que par leur fric, leurs fonctions, leurs lois et leur propagande ; ainsi que de la lâcheté et de la servilité du plus grand nombre…
Mais nous sommes encore quelques-uns, malgré les persécutions, les calomnies, les mensonges, les négations, les criminalisations dont nous sommes victimes de la part des polices de la pensée et de leurs correspondants officiels ; à ne pas accepter l'injustice, l'humiliation et l'asservissement, pour nous-mêmes et pour nos peuples…

Nous nous opposons au discours de préférence et de détestation communautaire ainsi qu'aux lois raciales/racistes anti-constitutionnelles piliers du racisme d'Etat ; instaurant la « racialisation » de la société française, la supériorité, l'impunité et l'intouchabilité des uns contre les autres…
Des lois et des accusations qui permettraient et justifieraient tout, y compris les pires exactions…

Nous persistons à défendre, des valeurs de liberté, d'égalité, de dignité, de justice et de Vie POUR TOUS que nous voudrions présentes et vivantes PARTOUT…
N'en déplaise à ces individus qui se parent de toutes les vertus, nous nient tout droit et qui transpirent de haine à l'égard des Hommes encore debout…

Il faut prendre conscience que ces lois raciales/racistes établissant des distinctions et des traitements différents entre Français, sont les clefs de voûte du racisme anti-français comme anti-musulman, et de notre asservissement…

Ce sont ces lois instiguées et utilisées comme armes de guerre par les polices de la pensée (qui ne sont rien d'autre que des officines racistes) et leurs relais officiels, au profit de Français, qui seraient « plus citoyens que les autres » contre d'autres Français qui « le seraient moins »…
Des lois qui « justifieraient » toute accusation, toute interdiction, toute répression, toute violation du droit, des droits et des droits de l'homme, le doublement des peines ainsi que les pires exactions…
Des lois qui « autoriseraient » des présidents de la République, des Premiers ministres et des ministres à prononcer des discours de préférence communautaire, discriminatoires, scandaleux et inacceptables, associant une communauté spécifique, à la France et à la République et qui permettraient des rapports fusionnels avec certains responsables communautaires les invitant à s'associer à la répression à l'égard d'autres Français…

On doit aussi comprendre que les qualificatifs de négation humaine employés à notre égard ainsi que les reconstructions de nos personnes faites sous les traits les plus monstrueux possibles, ne sont pas innocents et prêteraient à rire, si ce n'était pas des incitations à la haine et des appels à la répression à peine voilés…
En effet, il est sans doute « monstrueux » à leur yeux de réclamer l'abrogation de ces lois au nom du respect des principes d'égalité inscrits dans la Constitution, comme il est sans doute, tout aussi « monstrueux » de dire que tous les citoyens français, indépendamment de leurs origines, profession ou situation sociale, doivent être traités sur le même pied d'égalité et non pas en fonction de lois spécifiques écrasant les uns et absolvant les autres…
Comme il est sans doute encore plus « monstrueux » selon eux, de trouver scandaleux, inacceptable que tout droit, toute liberté, toute vie en France, soit conditionnée à la soumission de la majorité des Français aux exigences et aux convenances de quelques individus…
Des « monstruosités » d' « Hommes debout au milieu des ruines » qui font toute notre différence face à l'immonde, composé de maîtres et de valets serviles et rampants, pour lesquels la servitude, la servilité et leur acceptation sont la normalité…

C'est ce travail d'information que nous devons mener inlassablement, en parallèle avec celui de « vivre autrement » afin de ne pas financer, ou le moins possible, notre propre asservissement…
Nous vous invitons à nous y aider !

Daniel Milan

Contact : 0621543225

http://journaldesvivants.centerblog.net
http://journaldesvivants.centerblog.net/blogs-preferes.html

http://journaldesvivants.centerblog.net/5538163-Mini-lexique-ou-la-France-expliquee-en-quelques-mots--
http://journaldesvivants.centerblog.net/5392313-Mini-lexique-ou-la-France-expliquee-en-quelques-mots--
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Vendredi 01 Août 2008
milan.daniel@yahoo.fr

L'agriculture doit retrouver sa noble vocation de nourrir les humains

Posté le 01.08.2008 par djamazz
L'agriculture doit retrouver sa noble vocation de nourrir les humains

par Un collectif de signataires (*)

Ce vendredi, se sont ouvertes à Libramont les portes de la Foire européenne du monde rural. Sur son site officiel, celle-ci se présente comme un rendez-vous de haute technologie et une véritable plate-forme d’affaires. |1|

Pour peu que le temps soit favorable, on doit s’attendre à près de deux cent mille visiteurs ; plus de quatre mille délégations commerciales seront sur le champ.

Cet événement nous amène à formuler une série d’observations et de constats de portée internationale, comme lui.

De tout temps, la noble vocation de l’agriculture a été de nourrir les humains. Aujourd’hui, elle est devenue avant tout un business qui asservit producteurs et consommateurs aux multinationales de l’agroalimentaire, enrichissant les uns, appauvrissant et affamant les autres !

Avec les agrocarburants, on en arrive à transformer une source de nourriture en combustible. Produire un succédané du pétrole est devenu plus important et surtout plus rentable que produire une nourriture saine.

Les « émeutes de la faim » qui se multiplient sont la conséquence d’une politique agricole mondialisée qui, au lieu de favoriser la souveraineté alimentaire des peuples, soumet ceux-ci aux intérêts de la « haute technologie » et des « plates-formes d’affaires ». Par un jeu spéculatif d’import-export, une concurrence déloyale ruine peu à peu l’autonomie des petits producteurs locaux et les rend dépendants de nos fameuses « lois du marché ».

Les agriculteurs de nos pays sont aussi victimes de ce système. Ils consacrent à leur production une importante quantité de temps, d’énergie, de savoir-faire, d’investissements, et ce pour un profit souvent dérisoire, sans commune mesure avec celui de leurs « partenaires » de la longue chaîne commerciale ! Et sans avantage pour le consommateur qui, lui, paie ses produits de plus en plus cher…

C’est dans les ressources naturelles des pays dits « pauvres » – mais riches en matières premières – que nous puisons abondamment pour produire tous les intrants minéraux et végétaux dont a besoin notre mode d’agriculture et d’élevage industriel. La farine de soja transgénique en est un bel exemple : l’extension de cette culture soustrait en ce moment, en Amérique du Sud, des millions d’hectares à l’agriculture vivrière et détruit d’immenses massifs forestiers.

Autres exemples d’un commerce prédateur. Greenpeace a mené l’an dernier une action pour protester contre l’importation en Belgique de bois tropicaux de la forêt congolaise (c’est vrai aussi pour les forêts d’Amazonie, du Chaco ou de Malaisie) dans des conditions d’exploitation qui dégradent l’environnement sans contribuer au bien-être des populations locales. Des dizaines de millions d’êtres humains dépendent de ces forêts pour leur survie.

Rien qu’en République Démocratique du Congo, quarante millions de personnes – agriculteurs bantous, communautés de pêcheurs et Pygmées semi-nomades – dépendent de la forêt pour leur nourriture quotidienne, leurs plantes médicinales et leur approvisionnement en énergie.

Nous protégeons avec un zèle louable notre environnement et nos forêts, mais loin d’ici nous nous comportons comme des pillards par l’entremise de sociétés dont nous sommes clients, voire actionnaires.

La complexité accrue de l’économie mondialisée fait que beaucoup d’entre nous ne sont pas conscients de leur complicité objective d’épargnants, de contribuables ou de simples consommateurs !

Nous élaborons chaque jour de nouveaux projets d’aide aux peuples victimes de la faim et de la pauvreté, mais nous continuons à les affamer et à les appauvrir en les spoliant de leurs terres et de leurs ressources par multinationales interposées, parfois aussi par le biais d’« élites locales » à notre solde.

Il a été démontré que les économies agricoles de subsistance ont des rendements par hectare, à coût égal, supérieurs à ceux de l’agriculture industrielle.

L’ignorance de ces faits ne nous excuse pas.

S’il ne sert à rien de culpabiliser, apprenons du moins à agir en citoyens et consommateurs responsables ! En premier lieu, en nous informant de ce qui se passe réellement.

L’agriculture dite « de haute technologie » qui nous fascine par ses performances entraîne, en fait, des dépenses énergétiques exorbitantes, augmente la pollution, accumule les déchets, contribue au dérèglement climatique, accroît les inégalités et accentue les poussées migratoires.

Une telle agriculture alimente la guerre économique qui fait aujourd’hui plus de victimes que les conflits armés !

Ce n’est évidemment pas le progrès technique comme tel qui est en cause, mais son exploitation à des fins purement mercantiles.

(*) Coordination luxembourgeoise pour la paix (www.colupa.be) ; CADTM Belgique et CADTM France (Comité pour l’annulation des dettes du tiers-monde) ; ACRF (Action catholique rurale des femmes) ; SCI (Service civil international) ; Oxfam, ça passe par ma commune ; Entraide et Fraternité ; Communauté pour le développement humain ; Daniel Van Daele, secrétaire fédéral de la FGTB-ABW.
Notes de bas de page:

|1| www.foiredelibramont.com

infos article
URL: http://www.cadtm.org

Jeudi 31 Juillet 2008

Le gouvernement Sarkozy met en place des mesures policières répressives

Posté le 30.07.2008 par djamazz
France : Le gouvernement Sarkozy met en place des mesures policières répressives

Sur ordre direct du président droitier Nicolas Sarkozy, les services de renseignement ont été refondus de façon significative afin de donner à la police les pleins pouvoirs pour poursuivre tout individu ou organisation politique ou sociale dont l'activité risquerait de perturber l'ordre public. Des enfants de treize ans peuvent à présent être poursuivis sous cette législation.

France : Le gouvernement Sarkozy met en place des mesures policières répressives
Par Ajay Prakash

Pour justifier que l'on étende l'existence du casier judiciaire à des jeunes de treize ans, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a dit, « Nous avons constaté une recrudescence de la délinquance des mineurs. »

Ces évolutions représentent une attaque majeure sur la liberté d'expression et une menace sur les droits démocratiques. L'intensification de la crise sociale provoquée par le programme d'austérité de Sarkozy a conduit à des protestations répétées de millions de travailleurs et jeunes français. Ces changements ont pour but de contenir la résistance de masse et l'opposition politique.

Un décret publié le 1er juillet 2008 dans le Journal officiel met en place une nouvelle base de données appelée EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale.)

EDVIGE organise le fichage généralisé et systématique de « toutes personnes âgée de 13 ans et plus …ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif. » Sa mission est « [d]e centraliser et d'analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations …qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public. »

EDVIGE va jusqu'à ficher des détails sans importance : « informations ayant trait à l'état civil et à la profession ; adresses physiques, numéros de téléphone et adresses électroniques ; signes physiques particuliers et objectifs, photographies et comportement ; titres d'identité ; immatriculation des véhicules ; informations fiscales et patrimoniales ; déplacements et antécédents judiciaires ; motif de l'enregistrement des données ; données relatives à l'environnement de la personne, notamment à celles entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec elle. »

Ceci donne des pouvoirs à la police pour surveiller toutes les allées et venues ainsi que les relations privées des gens. Ce décret a été critiqué par les organisations de défense des droits civiques, notamment en ce qui concerne les poursuites judiciaires de suspects qui sont encore mineurs.

Voir le gouvernement entreprendre une telle action montre à quel point les adolescents se sont politisés. Les lycéens ont été le fer de lance de manifestations de masse au printemps de cette année contre les réductions de postes d'enseignants. A l'automne 2005, les sections les plus opprimées de la jeunesse s'étaient révoltées, ce qui s'était traduit par des heurts violents avec la police dans toute la France, une poursuite policière avait provoqué la mort de deux jeunes. Le gouvernement avait imposé un état d'urgence et arrêté des milliers de jeunes et menacé d'expulser des jeunes immigrés. Des échauffourées sporadiques entre jeunes et policiers sont endémiques.

La ministre de la Justice Rachida Dati, dans une interview au Journal du Dimanche a annoncé la création d'un « fichier sur les bandes organisées » suite à un incident au Champs de Mars près de la Tour Eiffel en juin dernier où des heurts s'étaient produits entre des jeunes et la police.

Un éditorial du Monde daté du 30 juin posait la question suivante, « Qui serait susceptible d'entrer dans ce fichier des bandes ? Des personnes déjà condamnées – mais cela n'existe-t-il pas déjà ? Ou des personnes présumées coupables de délits qu'elles pourraient commettre en fonction de leur profil ou de leurs fréquentations ? Un Etat de droit ne peut tolérer la pénalisation de supposées intentions. »

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a condamné « une redoutable extension du fichage politico-policier des citoyens…Il ne s'agit plus de ficher les auteurs d'infractions constatées, mais, comme pour la rétention de sûreté, de cibler ceux que l'on étiquette d'avance comme de futurs délinquants hypothétiques. Le soupçon préventif suffit à justifier le fichage. »

Le syndicat de la magistrature appelle à s'opposer à ce dossier « d'inspiration antidémocratique…Il s'agit aujourd'hui d'informer le gouvernement sur des individus engagés et non plus de lui permettre d'apprécier une situation politique, économique ou sociale. »

Réorganisation des services de renseignement

Un corollaire essentiel de cette législation répressive est la création de moyens permettant de l'imposer. Et ceci est fourni par l'actualisation de la Loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI 2) qui sera présentée au parlement à l'automne. LOPSI 2 a pour but de renforcer la surveillance et l'espionnage au moyen d'Internet et la collecte de données à partir d'ordinateurs personnels et de courriels.

L'éditorial du Monde du 24 juin intitulé « Sécurité contre liberté » déclare, «De même, le projet de fichier informatique Périclès, préconisé par cet avant-projet de loi, permettrait d'étendre de manière extrêmement large les pouvoirs d'investigation des forces de police. Si un tel fichier voyait le jour, il permettrait de croiser de nombreuses données sur la vie privée des citoyens (numéro de carte grise, de permis de conduire, de puce de téléphone portable ou factures...) »

Craignant le discrédit de l'Etat français, Le Monde insiste pour dire à propos des inquiétudes concernant la sécurité : « Cela ne suffit pas à justifier que l'on veuille introduire dans le droit commun des dispositions d'exception, ni que l'on porte atteinte, peu ou prou, aux libertés publiques et à la vie privée. En République, la fin ne justifie pas tous les moyens. »

On trouve dans un reportage du Monde du 24 juin une autre indication de la ruée vers des pouvoirs répressifs arbitraires de la part de l'Etat, libéré de tout contrôle judiciaire. Ce reportage déclare que « Le secrétaire général de la défense nationale (SGDN), Francis Delon, milite pour limiter l'accès des juges d'instruction aux lieux de pouvoir tels que les ministères ou les services secrets. »

Le service de renseignement a été complètement réorganisé. Appelé à présent Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), il est le résultat d'une fusion de la DST (Direction de la surveillance du territoire) et des RG (Renseignements généraux). Six mille employés sont affectés au terrorisme et aux menaces sur la sécurité. Le budget 2008 alloué à la DCRI s'élève à 41 millions d'euros. Un ami proche du président Nicolas Sarkozy et fils de policier, Bernard Squarcini, a été nommé à la tête de ce service de renseignement.

Selon le site Internet du ministère de l'Intérieur, le DCRI a pour but de devenir un FBI à la française. Pour les autres missions – comptage des manifestants, violences urbaines, conflits sociaux –, une sous-direction de l'information générale (SDIG) de mille policiers est créée à la direction de la sécurité publique (DCSP).

Il y a aussi plusieurs autres mesures à venir permettant à l'Etat de censurer Internet.

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a déclaré le 10 juin 2008 que l'Etat s'était mis d'accord avec les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) pour bloquer les sites affichant des contenus entretenant des liens avec le terrorisme, la pédophilie, la haine raciale ainsi que d'autres sites illégaux. Alliot-Marie a annoncé : « Depuis mon intervention du 14 février, nous avons travaillé avec les Fournisseurs d'accès à Internet sur la protection des plus faibles – Ce dispositif sera simple : la plateforme, par le biais d'une liste noire, transmettra aux FAI la liste des sites à bloquer. »

ZDNet.fr a cité le 11 juin dernier Daniel Fava de l'AFA (Association des fournisseurs d'accès). Affirmant qu'aucun accord n'avait encore été signé il a dit : « Nous ne voulons pas devenir des big brothers, ni que les internautes se sentent espionnés par leur FAI. »

Mardi 29 Juillet 2008

http://www.wsws.org http://www.wsws.org

Le père de la jeune fille qui a filmé à Nilin et un militant canadien arrêtés à Nilin

Posté le 30.07.2008 par djamazz
Le père de la jeune fille qui a filmé le tir sur Ashraf Abu Rahme à Nilin et un militant canadien arrêtés à Nilin (Réactualisation)

Le 23 Juillet, le père de la jeune fille qui a filmé le tir d'un soldat israélien sur un détenu palestinien, Ashraf Abu Rahme, à Ni'lin et un activiste canadien ont été arrêtés au cours d'une manifestation non violente contre la construction du mur de l'apartheid à Nilin.

Par ISM

Photo alkhaleej : Salame :"J'ai peur que ma famille soit visée après la diffusion de ma video."

Les arrestations ont eu lieu lors d’une manifestation non-violente de femmes contre la construction du mur. Ils ont été tous les deux arrêtés alors qu’ils observaient la marche en direction du chantier de construction.

Lorsque l'armée israélienne a attaqué la manifestation, Amirra allait protéger les manifestants, tandis que Victor MacDiarmid, un citoyen canadien, prenait des photos. Les deux hommes ont été arrêtés en quelques minutes.

Interrogée le matin même sur la télévision palestinienne, la jeune fille de 14 ans avait exprimé ses craintes que sa famille soit maintenant visée par l'armée israélienne en raison de la diffusion de son film.

Sa vidéo a été diffusée dans le monde entier a provoqué une onde de choc en Israël, où un soldat a été arrêté et une enquête officielle a été lancée.

Victor MacDiarmid est de Kingston, en Ontario. Il avait déjà été touché à deux reprises par des balles de caoutchouc alors qu'il tentait d’apporter du ravitaillement à Ni'lin pendant le siège de 4 jours imposé au village par l’armée israélienne début juillet. Il sera traduit en justice le 24 juillet à Jérusalem.

Pour l’instant, les informations au sujet de Jamal Amirra qui est toujours en garde à vue ne sont pas très claires.

Réactualisation le 24 juillet à 20 h

Victor MacDiarmid est passé devant le juge ce matin a Jérusalem. Il a été condamné à une interdiction de séjour à Nilin pour une durée de 15 jours et a été relâché.

Jamal Amirra est toujours détenu dans la base militaire de Shaere Benyamin. Les avocats de Btselem font actuellement leur possible pour obtenir sa libération.

Source : http://www.palsolidarity.org/
Traduction : MG pour ISM

Lundi 28 Juillet 2008

«Les mercenaires tirent sur les gens et s’en vont»

Posté le 27.07.2008 par djamazz
«Les mercenaires tirent sur les gens et s’en vont»

Blessé à Bagdad, un Irakien a porté plainte contre la société de sécurité Blackwater

par Pamela Taylor

Mondialisation.ca, Le 24 juillet 2008
Horizons et débats No 29

Gravement blessé par des mercenaires de Blackwater à Bagdad en septembre dernier, Hassan Jaber Salman, a porté plainte contre la société privée de sécurité. Cet avocat irakien est venu à Genève apporter son témoignage à l’occasion du Conseil des droits de l’homme. Le 16 septembre 2007, Hassan Jaber Salman était au volant de sa voiture près du square Nisoor, à Bagdad, lorsque les sbires de la société de sécurité privée américaine Blackwater ont ouvert le feu de manière indiscriminée. Résultat: dix-sept civils irakiens morts et de nombreux blessés. Avec onze autres survivants de cet incident, l’avocat a porté plainte aux Etats-Unis contre la société Blackwater. Malgré une santé défaillante, un diabète et des balles encore logées dans le corps, Hassan Jaber Salman a fait un voyage exténuant de plus de 30 heures pour venir à Genève témoigner de son histoire devant le Conseil des droits de l’homme, le 4 juin dernier.

Tribune des droits humains: Le rapporteur spécial sur les droits de l’homme et les sociétés transnationales, John Ruggie, était présent lors de votre témoignage. Vous a-t-il parlé?

Hassan Jaber Salman: Oui, John Ruggie m’a souhaité la bienvenue et après mon discours, il m’a dit qu’en tant que citoyen américain, il s’excusait auprès de moi et de tous les autres qui ont été blessés. Il a également dit qu’il attendait avec impatience le jour où mon histoire sera entendue, que ce soit par le Congrès des Etats-Unis ou par un tribunal américain.

Quel message êtes-vous venus transmettre?

Je suis venu à Genève pour dire au monde ce qui s’est passé pour nous et pour obtenir la vérité sur toutes les violations commises par Blackwater. L’incident à Nisoor Square n’était pas isolé. Mon fils de 24 ans a également été grièvement blessé en 2005, alors qu’il était au volant de son minibus, sur la route de l’aéroport, derrière des jeeps militaires avec des Américains en armes. Nous ne savons pas avec certitude s’ils appartenaient à l’entreprise Blackwater.
Ils ont commencé à tirer sur lui sans raison, alors qu’il était au volant de son bus. Il a reçu deux balles dans la poitrine et, lors de l’opération chirurgicale, on lui a retiré deux côtes. Mon fils a encore besoin de plusieurs opérations. Mais il ne peut obtenir ce type de traitements en Irak.
Aucune explication n’a été donnée par les autorités américaines. C’est ainsi que ces sociétés de sécurité opèrent: ils tirent sur les gens et s’en vont.

Mais la première tâche de ces entreprises n’est-elle pas de protéger leurs clients?

Je suis d’accord. Sauf si en protégeant vos clients, vous tuez dix autres personnes. Ces entreprises sont en train de créer plus de problèmes en Irak qu’ils n’en résolvent. Car ils ne rendent pas le pays plus sûr pour les Irakiens. Ils le font uniquement pour les diplomates américains.
Ils ne se soucient pas si des Irakiens sont tués dans le cadre de leur mission. Parce que je suis avocat, j’ai entendu parler de nombreux cas de ce type. Nous discutons de ce problème avec mes collègues presque tous les jours, parce que de nombreux incidents sont commis par ces agents de sécurité.

Vous êtes entré en contact avec le Centre pour les droits constitutionnels à New York, pourquoi?

Je ne suis pas le seul cas soumis aux tribunaux américains à l’encontre des sociétés de sécurité travaillant en Irak. Les entre­prises privées impliquées à Abou Ghraib font déjà l’objet d’actions en justice. Ce qui m’a encouragé à le faire moi-même. Je suis honoré d’être le client d’un avocat américain, parce que je crois que la justice américaine est juste, équitable et indépendante

Comment pouvez-vous tellement faire confiance dans la justice des Etats-Unis, alors que vous avez été si maltraités par des Américains travaillant pour Washington?

Il n’y a pas un seul Irakien qui aime l’armée américaine. Mais les Irakiens font la distinction entre les citoyens américains et l’armée américaine. J’ai rencontré beaucoup de bons Américains en Irak qui m’ont présenté des excuses pour ce que leur armée est en train de faire. Nous pensons que les forces américaines devraient partir dès que possible, parce que l’armée américaine et les forces de la coalition ne sont plus les bienvenues dans notre pays. Et ce en raison de leur mauvaise attitude à l’égard du peuple irakien.

Quel est votre état de santé?

Je continue de souffrir. J’ai des balles et des éclats d’obus dans mon corps. Or, il n’y a pas d’hôpitaux en Irak qui peuvent me soigner. La plupart de nos médecins ont quitté le pays. J’ai maintenant le diabète. Je dois donc prendre des médicaments tous les jours. Ce qui est difficile à trouver en Irak. Malgré mon état, je continue de m’investir professionnellement et à travailler pour aider les autres.

Qu’en est-il des hôpitaux dans la zone verte? Ils sont censés être très bons.

Oui, mais je ne peux pas y aller sans autorisation. Trois fois, j’ai reçu la promesse des Américains de pouvoir m’y rendre. Mais j’attends toujours. Mon fils souffre plus que moi [il s’arrête pour essuyer des larmes]. Il a désespérément besoin d’être opéré. Mais nous ne savons pas quelle agence de sécurité a tiré sur lui.

Dans quel état sont les autres personnes blessées avec vous par Blackwater?

Ils ont tous de mauvaises blessures avec des balles dans leurs épaules, dans l’estomac. Un homme a perdu ses deux jambes. Il y avait aussi des enfants. L’un d’eux a été tué. Il avait 10 ans. C’est pour eux que je suis venu témoigner à Genève.


Source: INFOSUD / Tribune des Droits humains du 8/6/08; Propos recueillis par Pamela Taylor.
La plainte contre Blackwater

La plainte civile intentée par le Centre pour les droits constitutionnels a été déposée dans le District de Colombie ­contre Blackwater Lodge and Training.
Selon cette plainte, Blackwater aurait violé la loi américaine et «créé et encouragé une culture de l’anarchie parmi ses employés, en les encourageant à agir pour les intérêts financiers de la société au détriment de la vie humaine.»
La plainte affirme également que Blackwater déploie régulièrement des tireurs lourdement armés dans les rues de Bagdad en sachant qu’au moins 25% d’entre eux utilisaient des stéroïdes ou autres substances altérant le jugement.


Voir en ligne: The Center for Constitutional Rights (en anglais)
Albert Stahel critique la décision de la justice militaire suisse concernant Blackwater

La justice militaire a mis fin aux poursuites contre un Suisse qui avait travaillé quatre mois en Irak pour la société de sécurité américaine Black­water.
Cette décision pourrait avoir des conséquences fâcheuses, déplore ­Albert Stahel, expert en stratégie de l’Académie militaire de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich: «Cette décision revient à donner carte blanche à Black­water pour le recrutement de mercenaires et elle encourage également d’autres organisations, qui ont éventuellement leur siège en Suisse, à aller travailler en Irak, ce qui révèle une réelle faille de la Loi militaire.» Albert Stahel demande une adaptation de la législation et plus de transparence vis-à-vis de ces sociétés. Pour lui, il va de soi que Blackwater est au service des Etats-Unis.

Source: Radio DRS 1, Heute Morgen du 8/7/08

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