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Société Civile /Citoyenneté /Solidarité

Les relations entre de Gaulle et Monnet: «le duel du siècle»

Publié le 10/04/2012 à 10:04 par djamazz
Rita Müller-Hill
Lundi 9 Avril 2012


Les relations entre de Gaulle et Monnet: «le duel du siècle»

Qu’aurait pensé le général de Gaulle du Mécanisme européen de stabilité?

par Rita Müller-Hill

Au service de la paix
De Gaulle envisageait le rôle que pourrait jouer une Europe des nations indépendante au milieu des tensions de la guerre froide: celui d’une force médiatrice entre les blocs au service de la paix. Le monde d’aujourd’hui aurait bien besoin d’une telle force.


En toute hâte, encore ce printemps, le Bundestag doit voter le mécanisme européen de stabilité (MES). En plus des milliards d’euros que l’on va extorquer aux contribuables des Etats membres et dont nous sommes informés de temps en temps par nos quotidiens, le MES représente un abandon presque total des droits de souveraineté. En particulier, il empiète largement sur le droit «régalien» de chaque parlement de voter le budget de l’Etat. Le MES reprend aux peuples la plus grande partie de ce qu’il leur reste de souveraineté et les soumet à un Conseil des gouverneurs et à un Directoire aux pouvoirs dictatoriaux. Peuvent être membres de ces organes des représentants du pouvoir exécutif des pays membres, mais aussi des non-Européens. Un contrôle ou un droit de regard par les parlements ne sont pas prévus. Le volume du Fonds peut être augmenté à volonté sans l’aval des parlements nationaux, c’est-à-dire que ces sommes vont être prises dans les budgets des Etats membres. Ceux-ci n’ont aucun droit de véto. Aussi une résiliation de l’«accord» n’est-elle pas possible. L’adhésion est «irrévocable». Le Fonds ne relève pas des droits nationaux. Son Conseil des gouverneurs, son Conseil d’administration et tout son personnel jouissent d’une immunité juridique et sont libérés de tout impôt.1

Le général de Gaulle avait vu venir ce qu’Eric Roussel écrit avec enthousiasme sur Jean Monnet: «Ce qui compte encore une fois, c’est l’esprit des débuts. A cet égard, le terme de ‹génie› n’est pas déplacé à mon sens. En portant cette première atteinte à la souveraineté absolue des Etats, Monnet a ouvert une brèche capitale. Là est vraiment l’essentiel.»2
Pourquoi la plupart des médias ne nous informent-ils pas du projet de cette «loi de pleins pouvoirs» qu’est le «Mécanisme européen de stabilité»? Pourquoi la plupart de nos politiques n’en parlent-ils pas ouvertement? Pourquoi en minimisent-ils la portée?3
Au début des années 60, le général de Gaulle, président de la République française, dont les relations avec Monnet ont été qualifiées de «duel du siècle»,4 s’est exprimé maintes fois sur ce que devait être la communauté européenne. Il s’est prononcé sur les conditions nécessaires pour que puissent vivre les peuples des Etats européens sans perdre de leur souveraineté dans une Europe libre et pacifique constituée d’Etats indépendants, démocratiques, liés par l’amitié et le respect mutuel. Cela fait du bien de se rappeler ces propos du général. Sa vision peut nous servir de boussole aujourd’hui, dans une période de politique sans principes, d’une politique européenne «des experts» qui, en l’absence de contrôle par les peuples souverains et sans légitimité démocratique, concoctent dans les coulisses du pouvoir des mesures au profit de leurs «anciens» patrons (Goldman Sachs, par exemple).
Depuis peu, l’actuel Premier ministre italien Mario Monti ne parle déjà plus de «peuples» mais de «populations» d’Europe, terme qui, jusqu’ici, n’était pas utilisé pour désigner le peuple souverain.5

Une dictature «régionaliste»

Peut-être qu’il nous prépare déjà aux Etats nations morcelés en régions, tels qu’ils sont salués dans «Le Monde» du 17 février 2012 à propos de la Catalogne: «Notre idée de l’Europe du futur, c’est plus d’Europe, moins d’Etats centraux et plus de gouvernements territoriaux. Une Europe plus fédérale avec plus de pouvoir à Bruxelles, moins de pouvoir à Paris, à Madrid ou à Berlin, mais plus de pouvoir à Barcelone ou à Toulouse. Les Etats traditionnels ne seront plus exactement pareils. Ils vont perdre du pouvoir au bénéfice de l’Europe. Si un jour nous avons un Etat, nous n’aurons pas d’armée, ni de politique extérieure propre, ni le contrôle des frontières et des douanes, ni une monnaie, ni une banque centrale. Mais nous aurons les politiques de proximité, les services publics de base, les infrastructures, la sécurité intérieure et la fiscalité […].» C’est ce qu’a déclaré Artur Mas, président du gouvernement régional de Catalogne.6
Ainsi, tous les Etats nations européens seront placés sous tutelle. Le président de la Catalogne nous montre le modèle idéal d’un membre de l’UE. Il renonce d’avance à toutes les libertés, réduit la Catalogne à une entreprise de services pour l’Europe. Un des acquis des Lumières, la citoyenneté du citoyen, n’existe plus.
Souvenons-nous ici du programme américain comme l’a décrit Jean Monnet dans ses «Mémoires»: «La coopération sur un pied d’égalité des Etats-Unis avec l’Europe divisée et morcelée est impossible. Elle est possible seulement parce que la France et l’Allemagne unies ont commencé à créer une vaste entité européenne et la perspective d’une sorte de seconde Amérique.»7
Pour le général de Gaulle, l’alliance entre l’Allemagne et la France était une affaire personnelle. Rappelons-nous le Traité de l’Elysée de 1963 dont le point essentiel était la réconciliation et la libre coopération des deux nations, sans immixtion de tiers. Mais elle fut empêchée par le fameux préambule dont l’auteur était très vraisemblablement Monnet lui-même, comme nous l’apprenons par ses «Mémoires»: «Entre-temps, nous avions établi un texte interprétatif que les stratèges parlementaires traduisirent en forme de préambule qui fut voté à l’unanimité par le Bundestag le 25 avril. On y évoquait ‹le maintien et le renforcement de la cohésion des peuples libres, et en particulier une étroite coopération entre les Etats-Unis et l’Europe, la défense commune dans le cadre de l’OTAN, l’union de l’Europe, y compris la Grande-Bretagne›. Ce préambule et cette unanimité remettaient les choses en l’état, et le traité ainsi compris perdait son caractère d’alliance politique exclusive pour devenir une expression administrative de la réconciliation franco-allemande décidée douze ans plus tôt avec le plan Schuman.»8
L’idée que se faisait le général de Gaulle d’une Europe d’Etats souverains est apparue nettement au plus tard en 1954, depuis l’échec de la Communauté européenne de défense (CED): Le général de Gaulle évoque l’Europe des nations souveraines et se prononce contre l’Europe supranationale. Le fait qu’un peuple se soumette à un vote majoritaire de députés étrangers (d’un «aréopage») lui semble comparable au risque de se soumettre à un «fédérateur» étranger ou à un pouvoir hégémonique qui pourrait contraindre des nations récalcitrantes à accepter des décisions étrangères.9
«Pourtant, il est clair qu’aucun des peuples n’admettrait de confier son destin à un aréopage principalement composé d’étrangers […]. Il est clair enfin que fondre dans une politique multilatérale atlantique la position de l’Europe, ce serait faire en sorte qu’elle-même n’en ait aucune et, dès lors, on ne voit pas pourquoi elle en viendrait à se confédérer.»10
«On a vu donc nombre d’esprits préconiser pour l’Europe, non point une politique indépendante, rattachée dans ce domaine, comme dans celui de la défense et celui de l’économie, à un système atlantique, c’est-à-dire américain, et subordonnée par conséquent à ce que les Etats-Unis appellent leur «leadership». […] C’est pourquoi la France, [a refusé de] laisser l’Europe s’enliser et s’enliser elle-même dans une artificieuse entreprise qui eût dépouillé les Etats, égaré les peuples et empêché l’indépendance de notre continent […].»11

«… comme on intègre des marrons dans une purée de marrons»

Une intégration européenne supranationale conduirait à une dissolution des nations («comme le sucre dans le café») et à une uniformisation des peuples européens: «La France savait aussi bien que quiconque, en tout cas beaucoup mieux que ceux qui ne sont pas européens, qu’il ne peut y avoir d’Europe qu’en vertu de ses nations, que, de par la nature et l’Histoire, notre continent est tel que la fusion n’y est que confusion, à moins qu’elle ne soit l’oppression, qu’on n’est pas un européen si l’on est un apatride, que, par exemple, Chateaubriand, Goethe, Byron, Tolstoï – pour ne parler que des romantiques – n’auraient rien valu du tout en volapük ou en espéranto, mais qu’ils sont toujours de grands écrivains de l’Europe parce que chacun d’eux s’inspira du génie de son pays.»12
«Chaque peuple est différent des autres, avec sa personnalité incomparable, inaltérable, irréductible. Si vous voulez que des nations s’unissent, ne cherchez pas à les intégrer comme on intègre des marrons dans une purée de marrons. […] Je crois donc qu’à présent, non plus qu’à d’autres époques, l’union de l’Europe ne saurait être la fusion des peuples, mais qu’elle peut et doit résulter de leur systématique rapprochement.»13
De Gaulle s’oppose donc explicitement au caractère supranational des institutions européennes et se prononce pour un organe politique de type intergouvernemental, constitué de membres des gouvernements nationaux et respectant la souveraineté des nations européennes.14
Il faut organiser des référendums
Charles de Gaulle voulait construire «l’Europe des peuples et des Etats» conforme à la double exigence de réalisme et de démocratie.
Le postulat démocratique, tout d’abord, signifie pour Charles de Gaulle baser la construction européenne sur l’acceptation des peuples, au-delà de la seule volonté des dirigeants politiques. Il préconise donc l’organisation de référendums:14a
«Cette Europe prendra naissance si ses peuples, dans leur profondeur, décident d’y adhérer. Il ne suffira pas que des parlements votent une ratification. Il faudra des référendums populaires.»15
«Quels sont les piliers sur lesquels on peut bâtir l’Europe? En vérité, ce sont des Etats qui sont, certes, très différents les uns des autres, qui ont chacun son âme à soi, son histoire à soi, sa langue à soi, ses malheurs, ses gloires, ses ambitions à soi, mais des Etats qui sont les seules entités qui aient le droit d’ordonner et l’autorité pour agir. Se figurer qu’on peut bâtir quelque chose qui soit efficace pour l’action et qui soit approuvé par les peuples en dehors et au-dessus des Etats, c’est une chimère.»16
Le lecteur se sera rendu compte que chaque phrase de ces propos exprime le respect de la volonté du peuple et de l’Etat démocratique et que l’éventualité d’une soumission à un quelconque «leadership» est considérée comme un abandon de son identité.
Dans le «duel du siècle», il s’agissait bien de cela: pour de Gaulle, du respect de la volonté du peuple et donc du respect de la souveraineté et pour Monnet d’abandon de la souveraineté et du règne des «experts» au mépris de la volonté du peuple et de ses amis américains.
Le MES, avec son Directoire et son Conseil de gouverneurs échappant à tout contrôle et leur pleins pouvoirs de facto pour intervenir dans les budgets des Etats «partenaires» quand cela leur paraît nécessaire, ne correspond nullement à la souveraineté si chère à de Gaulle. Le MES nous mène directement dans «l’oppression» prévue par de Gaulle, à l’asservissement par une puissance étrangère. Pour de Gaulle, le rapport entre l’abandon de la souveraineté et la soumission à l’hégémonie d’une puissance étrangère était évident. Une nation qui perd sa souveraineté ne peut plus prendre de décisions indépendantes, ni en politique intérieure ni en politique extérieure. Et si on intégrait plusieurs de ces peuples «décapités» comme des «marrons dans une purée de marrons»? Cela ne mènerait pas à des décisions indépendantes mais ce serait un tiers qui en tirerait profit en s’imposant.
De Gaulle envisageait le rôle que pourrait jouer une Europe des nations indépendante au milieu des tensions de la guerre froide: celui d’une force médiatrice entre les blocs au service de la paix. Le monde d’aujourd’hui aurait bien besoin d’une telle force.
Ne faudrait-il pas imaginer une solution? Même si les tenants de l’idéologie de Monnet essaient de nous faire croire qu’une Europe supranationale est la seule alternative à la guerre?
L’AELE, cette organisation dont les USA ne voulaient pas, serait une telle alternative: «[…] une association, une petite zone de libre-échange dans laquelle collaborent des nations souveraines jouissant des mêmes droits.»17

1    www.krivor.de/bilder/esm-vertragsentwurf.pdf
2    Gérard Bossuat et Andreas Wilkens, Jean Monnet, L’Europe et les chemins de la paix: actes du colloque de Paris du 29 au 31 mai 1997, p. 490
3    Schäuble lors de l’European Banking Congress, 2011
4    Eric Branca, de Gaulle – Monnet: le duel du siècle. www.observatoiredeleurope.com/De-Gaulle-Monnet-le-duel-du-siecle_a1434.html
5    Mario Monti, Fremde Federn, FAZ, 15/2/12
6    Le Monde, «La Catalogne pourrait parfaitement être un Etat dans l’Union européenne.» 17/2/12, p. 6
7    Jean Monnet, Mémoires, Paris, Fayard, 1976, p. 547
8    ibid., p. 551
9    Conférence de presse du 15 mai 1962. Toutes
les citations suivantes sont tirées de Laurent de Boissieu, Une certaine idée de l’Europe,
www.gaullisme.net/europe-gaulliste.html
10    Conférence de presse du 31 janvier 1964, cf. note 9
11    Conférence de presse du 23 juillet 1964, cf. note 9
12    Conférence de presse du 12 novembre 1953, cf. note 9
13    De Gaulle, Mémoires d’Espoir, p. 181, cité d’après Laurent de Boissieu, Une certaine idée de l’Europe, www.gaullisme.net/europe-gaulliste.html
14    Conférence de presse du 15 mai 1962, cf. note 9
14a    Laurent de Boissieu, ibid. p. 2
15    Conférence de presse du 14 novembre 1949, cf. note 9
16    Conférence de presse du 5 septembre 1960,
cf. note 9. (Toutes les conférences de presse du général de Gaulle sont accessibles sur Internet
à la date indiquée)
17    Werner Wüthrich, «Il faut à nouveau faire jouer l’orchestre européen». Horizons et débats no 3
du 23/1/12, p. 2

http://www.horizons-et-debats.ch



Lundi 9 Avril 2012

Le mensonge est une éducation coloniale

Publié le 08/04/2012 à 14:29 par djamazz
Le mensonge est une éducation coloniale
Omar CHAALAL

Le canon de Brest est algérien, il a été volé d’Alger en 1830. Le coq hardi, emblème des Français, se tient majestueusement sur ce canon. Sa posture sur une seule patte témoigne les mensonges coloniaux et défigure l’histoire française. Sa posture me rappelle les paroles de Jean-Jacques Rousseau « Le chef-d’œuvre d’une bonne éducation est de faire un homme raisonnable. ». Je me demande si le nommé Roger Soncarrieu est un homme réellement raisonnable ?



L’Histoire est un sujet sérieux même si elle n’est pas considérée comme une science exacte. Elle n’est surtout pas une accumulation de mensonges comme le pense un ex-soldat français en Algérie, nommé Roger Soncarrieu dans son livre intitulé « Ma vérité sur la guerre d’Algérie ».

Après lecture de ses idées faufilées dans sa préface, une phrase un peu suspecte a attiré mon attention. Il dit « Je me suis tu pendant des années sur ce que j’ai vécu. Mais devant l’accumulation des mensonges, j’ai décidé de rétablir la vérité ». Je pense que monsieur Roger voulait nous raconter avec grand enthousiasme ses mensonges entassés sur la guerre d’Algérie. En réalité, le colonialisme français et sa culture de dominance sont planifiés et conspirés pour qu’ils se reproduisent et se propagent de nouveau en Afrique.

En lisant ses pensées je me suis rappelé de ce que ma mère me disait lorsque je revenais de l’école française « le mensonge fait partie de l’éducation coloniale ». Elle me répétait cette phrase chaque fois qu’elle m’entendait chanter « Le bon vieux roi Dagobert a mis sa culotte à l’envers ». Un jour je lui ai demandée une explication. Elle me répond « on ne portait pas de culottes au VII° siècle, ces dernières étant apparues vers le XVI° siècle, soit près de 1000 ans après le règne de Dagobert ». Pour me convaincre, elle souriait et me renvoyait aux paroles de Napoléon I° : L’Histoire est un mensonge que personne ne conteste.

Je vais faire comme ma mère, je renvoie ce vieux soldat aux paroles de Montaigne « Je n’ai point cette erreur commune, de juger d’un autre selon que je suis. J’en crois aisément des choses diverses à moi. Pour me sentir engagé à une forme, je n’y oblige pas le monde, comme chacun fait, et croit, et conçoit mille contraires façons de vie : et au rebours du commun, reçoit plus facilement la différence, que la ressemblance en nous. ». Certes monsieur Roger, vous n’étiez pas colon mais votre mission en Algérie était de protéger les colons. Vos rêveries de soldat courageux en Algérie sont cauchemardes et votre langage, un peu raciste, est un sac vide. Il ne peut pas tenir debout dans l’histoire algérienne. Monsieur Soncarrieu, les algériens de votre âge ont lu, à l’école française, les écrits de Cyrano de Bergerac « Chacun de nous a sa blessure : j’ai la mienne -Toujours vive, elle est là, cette blessure ancienne-Elle est là, sous la lettre au papier jaunissant- Où on peut voir encore des larmes et du sang ! ». Monsieur Roger, il n’est jamais trop tard de lire pour une fois dans votre vie la lettre de Frantz Fanon adressée au Gouverneur Général de L’Algérie. Elle pourrait être adressée à un soldat comme vous. Lisez la avec prudence « Monsieur le Ministre, les événements actuels qui ensanglantent l’Algérie ne constituent pas aux yeux de l’observateur un scandale. Ce n’est ni un accident, ni une panne du mécanisme. Les événements d’Algérie sont la conséquence logique d’une tentative avortée de décérébraliser un peuple.… Pour toutes ces raisons, j’ai l’honneur, Monsieur le Ministre, de vous demander de bien vouloir accepter ma démission et de mettre fin à ma mission en Algérie, avec l’assurance de ma considération distinguée. » Vos chefs militaires ont décérébralisé nos parents mais je vous informe que leurs enfants ne sont pas des rancuneux, ils ont tourné la page de papier jaunissant sans la découper. Si votre complaisance veut corriger l’Histoire, il est grand temps pour vous, vieux combattant, de lire et corriger votre propre histoire racontée par un narrateur nommé Sarkozy. Ecoutez le « La France n’a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n’a jamais exterminé un peuple. Elle n’a pas inventé la solution finale, elle n’a pas commis de crime contre l’humanité, ni de génocide. »

Puisque l’Histoire n’est ni un écrit sacré ni une science exacte, elle peut être modifiée selon l’humeur ou la colère politique d’un leader balancé par les ambitions circonstancielles du temps. Je vous renvoie aux paroles de votre président. C’était un 1er avril mais les français ont cru à ce mensonge. Avez-vous écouté Sarkozy bavarder, le 1er avril 2007, en campagne présidentielle ? Il citait le général de Gaulle en disant « Le général de Gaulle définissait la France comme un pays européen, essentiellement de race blanche, de culture gréco-romaine, et de religion judéo-chrétienne ». Cette citation ne reflétait pas la situation de Sarkozy en 2007 car la France n’était pas en période de guerre et Sarkozy n’a jamais était un général des grandes guerres. Quand De Gaulle était général, Sarkozy était un bébé trop fragile né en 1955. Même s’il était général, comme il le rêve maintenant, il ne pourrait jamais libérer la France des nazis sans l’aide des bougnoules Magrébins. Dans la tête de Sarkozy le préfixe « judéo » est le raccourci qui mènera la France Chrétienne de De Gaulle à embrasser la tradition, la culture religieuse et le mode de vie des Juifs. Sarkozy a utilisé en scellement l’adverbe de manière « essentiellement », cet adverbe l’enfonce dans ses racines. Chaque mois de mars les non « maussades » font la différence entre les deux présidents français.

De Gaulle annonçait le 19 mars 1962 le cessez-le-feu qui mettait fin à huit ans de guerre en Algérie. Nicolas Sarkozy annonçait le 19 mars 2011 le début de son intervention militaire en Lybie. Une intervention militaire qui nous rappelle le langage barbare dans la jungle Africaine.

De Gaule définissait la France comme suit « Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoires ». Le Général De Gaulle n’a pas utilisé le mot « essentiellement » dans son discours et il n’a jamais défini la religion de la France comme une religion judéo-chrétienne. D’après les paroles De Gaule, Sarkozy, est comme vous. Il se raconte des histoires.

Monsieur Roger, je pense que vous avez bien compris le message après avoir écouté votre président.

Le message sous-entend « pourquoi pas une religion islamo-judéo-chrétienne quand le fils du dit bougnoule arrivera à l’Élisée dans la même diligence qui a ramené ce petit Austro-hongrois à ce lieu ».

Pour vous rendre à vôtre vérité sur les guerres je vous répète les paroles d’un certain français ayant pour pseudonyme Vercingétorix. Cette personne croie que les tribus gauloises unies défient l’Univers « Il me plait à rappeler que tous nos Présidents de la Vème avaient des racines rurales bien françaises - peu importe mais tout de même, sociologiquement il me paraît important de le relever : De Gaulle était Chti, Pompidou et Giscard Auvergnat, Mitterrand Bourguignon et Chirac Corrézien. Alors gageons que les racines nettement plus rigides et moins hédonistes de notre petit Austro-hongrois ne pèsent pas lourd… »

En outre, la lecture de vos lettres ouvertes publiées sur le NET avec la collaboration de Zohra Benguerrah « Visite en France de Mme Zohra Drif -Bitat » adressées à Madame Agnès Rampal et à Monsieur le Président du Sénat montre votre racisme aigu. Elle vous met au même rang que les français racistes qui pensent que la tête du bougnoule est faite pour porter les caisses et la tête française est faite pour penser.

Qui sont ces deux Zohra dont monsieur Roger parle ? Débat et réflexion sur le rôle des deux Zohra dans le présent immédiat méritent une place dans nos medias.

Mme Zohra Benguerrah est présidente de la Coordination Nationale du Mouvement de la Résistance Harkie en France. Zohra est une enfant de rapatrié Harki français d’Algérie originaire du sud de la France, près de Montpellier. Zohra Benguerrah est née 1957 sur un territoire qui était avant 1962 « Français ». Son père était engagé aux côtés de la France pendant la guerre d’Algérie, parce qu’il avait préféré de rester français et qu’il aimait profondément la France. Zohra ne cache pas ses convictions, elle dit tout haut « La plus part des Harkis ne prient pas et refusent d’être musulmans, ils sont français sans religion, un point c’est tout. ». Zohra est partie d’Algérie à l’âge de cinq ans. A cet âge nous sommes tous innocents. En France elle s’est sentie marginalisée. Au fil des années, la marginalisation, le cumule de la haine dans un milieu raciste et la fréquentation des personnes extrémistes, comme Roger, la rendent très agressive. Quand Zohra parle de l’Algérie, elle parle avec rancune, haine et vengeance. Lisez ses pensées « La France n’a pas à demander pardon à l’Algérie sous quelque forme que ce soit. Là-dessus nous sommes d’accord. Le président Algérien « Bouteflika », celui-ci a déclaré que les Harkis étaient des collabos, de surcroît, il voulait entendre dire des français « un pardon solennel » pour enfoncer le clou et falsifier l’histoire de France, le Général de Gaulle a lâché l’Algérie entre les mains du FLN, c’était un arrangement avec des voyous de l’époque qui se conduisaient comme des barbares. ». Je m’arrête là car je ne veux pas donner des détails sur cette Zohra pour ne pas remuer les cendres des années de braises. Zohra Drif est l’épouse de M. Bitat. Cet homme historique et sage ne parlait pas beaucoup, le silence était son royaume. Son silence cachait sa bravoure et enterrait les bavures de notre histoire politique.

Une anecdote circulait dans les milieux estudiantins qui causaient politique au cercle Taleb Abderrahmane dans le temps « Monsieur Bitat parlait plus politique avec sa femme qu’avec les députés ». Un jour sa femme le surprit par une question et perturba un peu son royaume « Demain c’est la journée des élections. Des députés seront élus et d’autres réélus. Que penses-tu des résultats ? » Avec sa sagesse politique il répond « Bitat oui ou Bitat non. Bitat restera toujours le Rabeh ». Rabeh en arabe signifie le gagnant et Rabeh était aussi son prénom. Zohra Drif ne savait pas de quel Rabeh parlait notre président. Certains disent : Derrière toute femme puissante se cache un homme distrait. A la même manière je dirai derrière Zohra la téméraire se cachait un homme historique discret.

Les grandes femmes respectent leur limite et savent quand la parole est nécessaire. Onze ans après la mort du silencieux, en février dernier, elle déclare au quotidien d’Oran « Je ne juge pas, je m’interroge simplement : Comment peut-on réussir avec les mêmes acteurs ayant eu à prendre en charge l’exécution des précédents programmes ? Allons-nous continuer avec les mêmes acteurs ? ». Cette déclaration est-elle à la hauteur de son héroïsme de poseuse de bombe pendant la révolution ? Je pense que madame Zohra voulait dire : Puisque nous sommes en démocratie, un sénateur en fin de carrière ne s’interroge pas, il doit juger les gens avec précision. Lisons ses déclarations à Monsieur Ben Saleh publiées par le quotidien El Khabar « L’Algérie de 2011 n’est pas l’Algérie de 1962 ni l’Algérie de 1995. Il convient, donc, de faire preuve de sagesse pour trouver une solution à ces problèmes, et que nous sachions que nous sommes face à une nouvelle génération…… Je dis qu’il faut une alternance au pouvoir, je suis contre un mandat présidentiel à vie, et je pense qu’il est très important que nous apportions à notre pays notre expérience et notre sagesse, mais il est, également, important que nous préparions la relève.

C’est cela le jeu de la démocratie. Le document que j’ai distribué à l’issue de mon invitation à la consultation, reflète ma conviction de ce qui convient à mon pays et l’espoir que mon pays ait une place parmi les grandes nations de ce monde. » Peut-être Zohra voulait se référer à Michaël Kami le stratège américain mais sa fierté algérienne l’oblige d’éviter la façon américaine « Une vision sans action n’est qu’une hallucination. Ce ne sont pas les sociétés qui font des erreurs, ce sont leurs dirigeants ». L’histoire se répète.

La poseuse de bombes a bien ciblé cette fois-ci. Ce n’est plus une bombe au milkbar de la rue Ben M’Hidi (ex rue d’Isly à Alger) mais une bombe sous le comptoir de si Ben Saleh. Cette grande femme fait exception à la règle qui dit « Le courage est inversement proportionnelle à l’âge des gens. ». Pour mesurer son courage lisez ses paroles. En juillet 2007, devant les membres du Sénat, elle avait violemment critiqué l’ex-chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem au lendemain de la présentation de son bilan politique.

« M. le Chef du gouvernement, je suis navrée de vous dire que, hélas, le citoyen ne croit pas en vous, en vos institutions, en votre politique… En plus des difficultés de la vie quotidienne, les citoyens ressentent des signes de frustration, d’extrémisme et de dérive. Ils font face à la violence, au gaspillage flagrant des deniers publics, à l’absence de gestion, au vol et à la corruption, à l’immigration illégale (harraga), à la fraude aux examens, notamment au baccalauréat. Voilà la réalité aujourd’hui, M. le Chef du gouvernement. ». L’intervention courageuse de Zohra expose la démocratie en Algérie.

Cette héroïne algérienne a défié l’Alzheimer, maladie de l’oubli, qui touche aujourd’hui environ un million de personnes en France quand elle a répondu aux journalistes français en Juillet dernier : On nous répète qu’il faut oublier le passé mais il est difficile quelquefois de se taire quand la colère nous étouffe.

Après la visite de Zohra Drif en France, la Zohra de Sarkozy écrit : La Coordination Nationale du Mouvement de la Résistance Harkis avec les pieds-Noirs qui la rejoindront, mèneront ensemble une action sur le terrain pendant 34 jours à travers tous les départements pour démontrer que le Président de la République avec son Gouvernement sont des voyous de la République et des délinquants constitutionnels. Elle continue « Nous considérons que nous ne sommes plus chez nous, on préfère dérouler le tapis rouge à des criminels de la guerre d’Algérie, ceux qui salissent la France, ceux qui l’insultent au lieu de servir les honnêtes citoyens et aider nos compatriotes dans la détresse » En conclusion : La bataille de convictions entre les deux Zohra est un résultat de notre histoire mais la vérité de Roger n’est qu’un mensonge de son éducation coloniale.

* Omar Chaalal Pr. Associé Génies des Procédés Le Quotidien Oran

Présidentielles 2012 : Elire le Gouverneur de la France…

Publié le 08/04/2012 à 14:14 par djamazz
Présidentielles 2012 : Elire le Gouverneur de la France…
Georges STANECHY


« Il va donc falloir choisir : accepter l’hominisation véritable, c’est-à-dire la sympathie et la pitié pour tous les êtres, le respect de la vie, le refus de la violence, qu’elle soit institutionnelle ou physique, la pratique d’une justice véritable, la désacralisation de la chose militaire – ou, payant enfin le juste prix de nos folies et de nos cruautés, laisser la place aux calamars. » - Théodore Monod (1)

Je suis sommé de voter, participer à l’élection du chef de l’Etat français pour une période de cinq ans, obtenant ainsi mon certificat de “citoyen responsable”.

Si aucun candidat ne me convainc totalement, voter « utile » : non pas pour le « moins mauvais », soyons charitables, mais pour “le plus proche” du modèle de société, idées, visions, projets que je souhaiterais partager avec mes concitoyens. Ou, du moins et sans se vouloir pessimiste, “le moins éloigné”.

Mais, comment trouver le commun dénominateur entre un « candidat - vote utile » aux prises avec un mécanisme institutionnel générateur de compromis obligés, voire de compromissions inévitables, de combines électoralistes, et la représentation idéale construite sur des valeurs dont, volontairement ou pas, je me trouve porteur ?...

Surtout, comment surmonter attitudes, propos, programmes ou absence de programmes, rédhibitoires à toute adhésion, dès lors qu’ils entrent en conflit avec ce que j’estime “inacceptable”, pour en avoir mesuré de près, été témoin, spoliations, ravages, et souffrances ?...

Prédation & Baston

Non. Ce n’est pas le plaisir de couper les cheveux en huit, dans l’autosatisfaction de l’inaction, cloitré dans la tour d’ivoire du faux sage prétendant avoir raison sur tout. Même si je sais qu’il ne m’est proposé que d’élire le « Gouverneur de la France » pour cinq ans …

Oui. Dans une élection comparable à celle du “gouverneur” de l’Etat de Californie ou du Texas. La France n’étant qu’un Etat de la fédération des USA ou de l’Empire. Ce qui revient au même. Mon pays ayant abdiqué de sa souveraineté.

En matière économique et sociale : aucune marge de manœuvre, ne cesse-t-on de me répéter. Fatalité de la ’Mondialisation’ ! Imperméable à ce mot, en fait : “Libéralisme Sauvage”, on m’invoque alors le respect des dix commandements, règlementations et traités européens. Discipline communautaire oblige !

Obligée, par qui ? Bruxelles n’étant que la chambre d’enregistrements des diktats d’une poignée de lobbies internationaux, organisés en réseaux, se partageant les marchés de la planète sous ses deux formes complémentaires, interactives : gisements de matières premières et bassins de consommateurs.

Rien n’y fait, nous sommes condamnés à subir, nous taire et laisser tondre, troupeau captif et résigné, dans un servage “démocratiquement” accepté…

Le reste est encore plus dramatique : diplomatie, doctrine militaire, utilisation de nos forces armées, ne sont que copie conforme ou exécution de ce qui est décidé à Washington. Les pitoyables publications et “travaux” de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN) donnent une idée du degré de servilité de cet alignement inconditionnel. (2)

Exemple caricatural et récent : le candidat républicain à la prochaine élection présidentielle américaine, Mitt Romney, considère la Russie comme ’l’ennemi numéro 1’, du fait de son véto, exprimé officiellement au Conseil de Sécurité de l’ONU, à la destruction et à l’invasion de la Syrie par l’OTAN (3), selon le modèle Irakien ou Libyen.

En écho, notre ministre de la Défense, Gérard Longuet estime que la Russie mérite, pour commencer, un « coup de pied au cul ». (4) Le mépris étant enveloppé dans la phrase : ’Des cultures politiques qui méritent des coups de pied au cul’. Ce qui ne l’empêche, en aucune façon, de multiplier courbettes, sourires et accords militaires avec les tyrans aux flamboyantes « cultures politiques » de l’Arabie saoudite, du Qatar et autres pétromonarchies féodales.

Quelle serait, en conséquence, la marge de manœuvre de mon vote citoyen, si tout est verrouillé à ce point ?...

Bien sûr, face au choix électoral proposé : aucune hésitation à refuser, rejeter, le discours, paré de toutes les senteurs et harmonies de la “Bonne Conscience”, d’une « Droite », extrême ou pas. Soutenue, financée, par un “grand patronat” dont l’archaïsme idéologique est d’imposer à notre société la “Loi de la Jungle”. Encore plus, cette « Droite » dissimulée sous l’appellation hypocrite de « Centre » qui, lors de chaque élection, la rejoint cyniquement dès la fermeture des bureaux de vote.

On en connaît et subit l’unique philosophie, l’implacable réalité politique, explosant dans le désastre économique et social, se résumant en un seul slogan, clair, irrévocable :

« Prédation & Baston ».

Tant pour la collectivité à l’intérieur du pays, dans le racisme ou le mépris, l’écrasement des plus faibles, la gabegie et l’accaparement, qu’à l’extérieur. A l’encontre des nations et peuples considérés comme ’zones de pillage’, dans un bellicisme halluciné sous les meilleurs prétextes civilisateurs, pourvu qu’ils soient moins puissants que nous. Dans la complicité féodale avec les pires dictatures. Nous avons pu voir à l’œuvre leurs représentants médiatiques, s’illustrant par des sommets de réflexion lors de fougueux débats sur la “viande hallal”.

Reste, la « Gauche »…

Toutefois, évidence incontournable, entre Sarkozy et son clan ou Hollande et le sien, c’est « blanc bonnet, bonnet blanc ». Cette « fausse gauche » n’étant, en fait, qu’une « vraie droite ». A l’exemple d’autres pays. Comme en Grande Bretagne, où partis “Travailliste” et “Conservateur” ne représentent que les mêmes intérêts, n’appliquant que des politiques identiques : sociale, économique, diplomatique et militaire. Ultralibérale, ultraviolente.

Marketing Politique

Que reste-t-il, alors, au menu électoral, à part la « droite » et la « fausse gauche » ?...

Une nébuleuse de candidatures, dont on attendait : « La Renaissance ». Dans un “Big Bang” utopique, de refonte des institutions, de rénovation des structures économiques, de relance d’une solidarité collective, d’une vision du “développement durable” avec pour critère premier le refus des guerres coloniales, d’une réaffirmation d’une souveraineté nationale porteuse de paix et de respect à l’égard des autres peuples et nations.

Perspectives se délitant toutefois, au fil du temps, dans la cacophonie et l’illusion…

Bien sûr, le « volet économique » se veut plus volontariste. Le « social » y est forcément plus présent ou affirmé, face à son inexistence dans les programmes de la « Droite ». D’où son attrait chez ceux qui aspirent à une société plus « humaine », à défaut d’être plus sereine.

Même si on peut lui reprocher de manquer de souffle, d’envergure ou de précision, dans la répartition de la richesse nationale. En matière fiscale, par exemple, dans l’imposition de la spéculation financière ou immobilière. Ou encore, dans la lutte contre les inégalités de revenus. La plupart des candidats, se focalisant sur l’augmentation, indispensable évidemment, du SMIC ou l’urgente interdiction des fermetures d’usines de groupes ou entreprises bénéficiaires, dans un plan global de lutte contre la « désertification industrielle »…

Oubliant une grande partie de la France. Dans une étroite vision de la lutte syndicale, nécessaire mais non suffisante, car excluant des pans entiers de notre collectivité. Le monde du travail ne se réduit pas au monde ouvrier ou fonctionnaire.

Qu’en est-il des millions de français qui ne sont pas salariés, mais leurs propres employeurs dans les galères quotidiennes, survivant avec des revenus largement inférieurs au SMIC actuel ?...

Les petits agriculteurs ou éleveurs utilisés, dans une perverse manipulation, en paravent ou faire-valoir de la “grande agriculture” aux ramifications claniques de riches propriétaires pour actionner les pompes à subventions nationales ou européennes, marginalisés par une mafia de groupes internationaux de l’agro-industrie, rackettés par les centrales d’achat de la grande distribution…

Les artisans, les commerçants, laminés, eux aussi, par la grande distribution, ce sida économique, tenant par la barbichette élus et oligarques locaux, multipliant leurs “centres commerciaux” dans les banlieues, faisant financer viabilisation et accès à leurs surfaces de vente par la collectivité…

Les professions libérales qui ne roulent pas toutes sur l’or : infirmiers et tant d’autres. Toutes ces catégories socioprofessionnelles travaillant, dans la précarité la plus extrême et la sous-rémunération, pour ce que les politiciens nous présentaient comme l’avenir, le nirvana de notre économie : « l’Aide à la personne ». Que dire des intermittents du spectacle paupérisés par la réduction continue des budgets alloués à la culture, dans toutes les régions et municipalités ?...

Sans oublier les retraites de celles et ceux qui ont contribué à faire de notre pays un des plus riches du monde, en travaillant, consommant, éduquant, charpentant notre société. Beaucoup se retrouvant aujourd’hui, avec les handicapés et autres « grands blessés » de la vie, avec des niveaux de ressources, et une multiplication d’entraves dans leurs droits à la santé, indécents au regard du montant de notre richesse nationale….

Ces concitoyens dont on parle peu, sans bannière ou image médiatique pour les fédérer et les rendre visibles, seront-ils à nouveau oubliés dès les lendemains d’élection ? Je le concède : attendons mise en œuvre et réalisations pour se prononcer. Intentions, idées, orientations sont là.

Allégeances & Connivences

Mais, plus inquiétant, chez certains candidats de cette mouvance « non-droitière » : contradictions, incohérences, aux dévastatrices conséquences...

Le délabrement de l’indépendance de notre diplomatie et de nos forces armées, n’est que le reflet du complet assujettissement de notre pays à l’idéologie et à l’autocratie de l’oligarchie de l’Empire. La réactivation de notre souveraineté nationale passe par une action en faveur de la paix et de la coopération internationale fondées sur le respect de toutes les nations. A commencer par le droit fondamental à l’autodétermination.

Des candidats préconisent, ce qui constitue l’étape initiale en ce sens : ’la sortie’ de l’OTAN. Pôle d’incompétence, d’irresponsabilité, de gaspillage, et de dévastations humaines et matérielles intolérables au XXI° siècle. (5) Mais, leur posture erratique dans l’expression de ce souhait est frappante. S’alignant immédiatement, à chaque ’crise internationale’, sur les positions, mesures et manœuvres, affichées par l’OTAN. Pourquoi en sortir si c’est pour en appliquer, à la lettre, rhétorique et action hyperviolente à l’encontre de populations innocentes ?...

Approuvant, partageant, véhiculant, ainsi, politique et propagande de l’extrême-droite américaine, sous couvert de l’ONU. Imposant à la Libye une « no-fly zone » dont on savait, pour l’avoir expérimentée en Irak, qu’elle allait être complètement détournée pour en arriver à bombarder, envahir et détruire le pays dans une guerre civile méthodiquement organisée. Au prétexte de renverser un dictateur et d’y implanter la « démocratie ».

Ce qui s’est vérifié, la Libye une fois ses infrastructures civiles et militaires rasées passant d’un ’régime dictatorial’ à un ’régime anarchique’, dans un émiettement de milices et de chefs de guerre. L’ONU vient d’en recenser, officiellement, plus de 250 le long de la côte, des frontières de l’Egypte à la Tunisie. Diviser pour régner, vieux schéma colonial assurant le pillage des ressources d’un pays. A l’exemple de ce que les occidentaux avaient déjà réussi à imposer à l’immense Chine pendant un siècle, de 1840 à 1940.

« Bourde », pouvait-on penser au départ. De bonne foi. Mais, alignement renouvelé sur le programme des néoconservateurs US dans la région en ce qui concerne la Syrie. Sur fond de propagande hystérique, d’interventions armées à peine camouflées, par services spéciaux interposés, fournissant armes, logistiques et mercenaires, afin d’y répandre la guerre civile.

Puis, comme pour enfoncer le clou, participation à la diabolisation concertée, coordonnée, dans tous les pays occidentaux, obsessionnelle, à l’encontre de l’Iran, dans des termes diffamatoires à l’égard de ses dirigeants et de ses institutions. Tout en évitant, soigneusement, de mettre en cause les monarchies tyranniques de la région, dans un double langage foncièrement hypocrite. Encore moins, les autocraties africaines protégées par nos forces armées.

La répétition de ces adhésions, ou allégeances, dans cette chasse aux sorcières circonscrite à une région spécifique, le Moyen-Orient, ne relève plus d’innocentes ’bourdes’, d’une méconnaissance des dossiers et des contextes. Tout simplement, d’une politique méticuleusement délibérée.

Je le constate et le regrette, manquent dans notre “personnel politique”, notamment à gauche, des personnalités de la trempe d’un George Galloway en Grande-Bretagne, capables de dénoncer les injustices sociales et, en même temps, s’attaquer sans trêve aux aventures coloniales de l’Occident.

Adversaire acharné des interventions en Irak, Afghanistan, Libye, et actuellement en Syrie et en Iran. Malgré une diffamation permanente par l’appareil de propagande britannique, exclu du parti travailliste pour avoir refusé l’invasion de l’Irak, il vient d’être triomphalement élu, le 29 mars 2012, dans une élection partielle à Bradford West. Ecrasant les formations politiques dominantes à la tête du parti qu’il a créé, intitulé : « Respect »… (6)

Evidemment, le marketing politique, en période électorale, exige des nouveautés permanentes. Au rayon des dernières trouvailles, on trouve de tout et souvent le pire, dès lors qu’on se lance dans la précipitation sur des sujets aux implications mal anticipées. Personne n’y échappe apparemment, même pas ceux dont on attendait avec sympathie un minimum de discernement.

Mer & Chimère

Plus grave, au point d’en avoir été sidéré…

Là où j’espérais une approche « humaine », solidaire, équitable, respectueuse, du devenir de l’Humanité, entendre de grandes envolées sur une « Nouvelle Frontière pour l’Humanité », dans le style nouvelle conquête de l’Ouest à la Kennedy, que représenterait le « domaine maritime » de la France…

« La France est le deuxième domaine maritime du monde ! 97 % de cet espace se situe outre-mer. C’est donc un axe d’investissement public prioritaire pour notre projet de planification écologique… La France est dans ce domaine un des seuls Etats au monde à pouvoir se confronter à un défi mondial à travers sa présence dans tous les océans du globe. Notre mise en mouvement, notre audace pourrait être un immense espoir pour la maîtrise écologique d’un des principaux ressorts de l’écosystème humain. » (7)

Provoquant un déchaînement d’exultations chez certains partisans ou militants, adhérant à ces croyances. Sortant leurs calculettes, comme au temps du « Sahara français » : 11 millions de km², affirment les uns, ébahis ! Non, corrigent les autres, admiratifs : 18 millions de km² !…

Seul problème : l’essentiel de ce « domaine maritime » ne nous appartient pas, « 97 % de cet espace se situe outre-mer »… Autrement dit : nous nous en sommes emparés, contre la volonté des populations que nous avons le plus souvent massacrées, au XIX° siècle pour la plus grande partie. Même étouffés, occultés, par nos médias et politiciens, nous savons que ce « domaine maritime » est agité depuis sa conquête par de profonds mouvements indépendantistes, malgré une constante et féroce répression.

Comment en arriver à une aussi atterrante régression politique ?...

La rédemption de la nation par le colonial ! Vieux réflexe analysé par Pascal Blanchard et Ruth Ginio dans un article, qu’on se doit de lire, « Révolution Impériale : le mythe colonial de Vichy » (8) :

« … Persuadés que l’Empire regorge de richesses inépuisables et que la France retrouvera son rang de grande puissance grâce à « ses » colonies, les Français de l’immédiat après-guerre ont été quelques temps bercés par ces chimères. » (p.143)

Une grande étendue de ce « domaine maritime », par exemple, se trouve liée aux îles de la mer des Caraïbes, au large du continent américain, que les nations coloniales européennes se répartirent au cours des siècles. Rappelons que les ’Caraïbes’ représentaient une ethnie de 120.000 personnes peuplant ces îles au moment de l’arrivée des colons espagnols au XV° siècle. Quasiment anéantie en quelques années.

Mais Martinique et Guadeloupe, et autres îles sous administration de notre pays, n’ont pas vocation éternelle à rester des « départements français ». Rongés par une économie coloniale génératrice de sous-développement, condamnés à la monoculture de la banane, système de siphonage à subventions et dérogations fiscales pour une poignée de privilégiés. Ou encore, à un tourisme, camouflage d’une spéculation foncière et immobilière éhontée, engluant leur jeunesse dans des emplois sous-qualifiés par rapport à leur formation et leur potentiel.

Cela exigera plusieurs décennies, néanmoins leur devenir se trouve dans le partage d’une communauté d’histoire et de destin avec les autres îles de cet immense archipel en arc de cercle de la Floride au Venezuela. La grande île de Cuba en constituant l’épine dorsale. (9) Destin à l’opposé de celui de colonies bananières ou de paradis fiscaux, machines à laver “l’argent sale” de l’Occident, issu de la drogue, de la vente d’armes et de la corruption.

S’exprimant dans une future fédération des nations de la mer des Caraïbes. L’actuelle Association des Etats de la Caraïbe, étroitement contrôlée et parasitée par les puissances coloniales de la région, en présente l’ébauche. Rêve de tous ceux épris de liberté et de dignité humaine qui forgent l’âme de cette grande communauté, tel le poète et dramaturge Derek Walcott, prix Nobel de Littérature 1992. Né dans l’île Sainte-Lucie, il a superbement imaginé l’Iliade dans son œuvre célèbre Omeros (Homère), sur vagues et rivages des Caraïbes…

Sans passer en revue l’ensemble des îles et territoires “d’outre-mer”, rappelons que la majeure partie de ce « domaine maritime » se trouve dans l’hémisphère sud, dans l’immense Océan Pacifique, à près de 20.000 km de la métropole.

La Kanaky (Nouvelle Calédonie) et son ensemble d’îles, ses 3.400 km de côtes, dont on connaît l’héroïque résistance contre la violente spoliation coloniale. La Polynésie « française » avec ses 118 îles réparties en cinq archipels, sur une superficie équivalente à celle de l’Europe… Qui ne cesse elle aussi, de lutter, pour son indépendance malgré pouvoir mafieux des colons européens et répression permanente de l’administration coloniale.

Rendons hommage, au passage, au grand militant de la défense de l’identité de son peuple, aux efforts surhumains dans sa lutte constante pour un processus de décolonisation en Polynésie. Dans la “légalité”, ce qui n’est pas toujours évident et, bien sûr, en dépit de la totale censure de nos grands médias : Oscar Temaru.

Reprenant le combat indépendantiste de ses ancêtres, dont l’enseignement de la langue et des cultures n’a été autorisé par les autorités coloniales qu’en 1977… Sa vocation, son courage, pour se lancer contre le colossal pouvoir colonial, ont été renforcés lors de son séjour en Algérie, où il avait été envoyé sous l’uniforme français. Les traitements infligés aux “indigènes” d’Algérie, par civils et militaires français, l’avaient révolté…

« Domaine maritime français » ? Propos coloniaux à la Jules Ferry. Décidemment, notre “habitus colonial” nous colle à la peau, gangrenant nos neurones au point de nous rendre inaptes à nous débarrasser de ce goudron. Inévitable en campagne électorale peut-être, pour prendre en compte l’importance du « parti colonial » dans notre pays. Réalisme politicien, quant tu nous tiens…

Quoiqu’il en soit : divagations inadmissibles en notre siècle.

« L’humain » ne passe pas par le vol, l’appropriation du bien de mon prochain, quelles que soient origine, couleur, croyances et condition. Mais, « d’abord », par la promotion de la paix, du respect de l’identité et de la liberté des peuples.

Encore plus loufoque…

Des écologistes se prétendant de « gauche », mais totalement alignés sur l’extrême-droite des USA. Dans un zèle belliciste burlesque, pour de prétendus spécialistes du « développement durable », rajoutant dans l’allégeance obligée à leur politique de multiplication des guerres coloniales au Moyen-Orient, les excommunications incantatoires à l’encontre des figures démoniaques peuplant leur Enfer : Castro, Chavez, Chine, Russie, etc.

Pas de quoi être surpris. Lorsqu’on sait que c’est le prix à payer, pour obtenir financement aux circuits alambiqués et visibilité dans l’appareil de propagande médiatique. Sinon : pas d’existence… Il est vrai que leurs programmes politiques tient plus du catalogue publicitaire pour vendeurs de panneaux solaires ou isolants, que d’authentiques préoccupations ou visions sociales et économiques.

On pourrait en espérer des inquiétudes ou sollicitudes pour la préservation de l’air pur et la protection des petits oiseaux. Même pas…

Nous infligeant dans leurs dernières illuminations, le plus atterrant : la légalisation du cannabis. Au prétexte de lutter contre “l’économie souterraine des banlieues”, proposer une banalisation de l’addiction. Cette légalisation est au cœur d’une active campagne de lobbying à Bruxelles, derrière laquelle se profilent cigarettiers et groupes pharmaceutiques cherchant à s’approprier le pactole.

Confondant l’effet et la cause. Démontrant leur absence abyssale de clairvoyance ou d’honnêteté. Si ce n’est, des deux. Une incapacité à analyser un contexte et prendre des décisions. Au lieu de lutter contre les ravages physiques et psychologiques d’un tel fléau, ouvrant un boulevard aux drogues dures et à l’abrutissement, la seule porte de sortie est, d’après ces « écologistes », d’en confier la gestion à des groupes privés.

Ne pourraient-ils proposer une politique active de création d’emplois ’réels’, différents des emplois ’assistés’ tant prisés par les spécialistes du clientélisme politique, soutenue par une vigoureuse action dans la promotion du sport amateur et du développement des actions culturelles ?... Non, argumentaire électoral trop peu « vendeur »…

Pourtant, la vocation des responsables politiques réside dans l’élaboration de projets épanouissants pour le devenir de nos collectivités et la préservation de la dignité humaine, et non pas dans l’édification de mirages mortifères en cheville avec des groupes privés.

Comportement affligeant. Pour rester poli et mesuré.

Mais, alors…

Si je n’accepte pas de noyer mon esprit critique dans le culte illusoire de la personnalité, quel choix me reste-t-il ?...

La « démocratie » se réduirait-elle, pour reprendre la métaphore, à cette réunion entre trois loups et un agneau pour décider du menu du prochain repas ?...

Quelle destination donner à mon bulletin de vote ?...

Le confectionner en cocotte de papier ?…

Georges Stanechy

 

 

(1) Théodore Monod, Sortie de Secours – Les raisons de la colère, éditions Seghers, 1991, p. 272.

(2) Une décapante analyse critique des élucubrations géostratégiques de cette puissante institution (IHEDN-www.ihedn.fr), aux redoutables conséquences sur le plan de la propagande et de la désinformation organisées et financées par l’Etat, a été réalisée par Mathieu Rigouste :

« L’Armée et la construction de l’immigration comme menace ».

Publiée dans l’ouvrage collectif, sous la direction de Pascal Blanchard et Nicolas Bancel, “Culture post-coloniale – 1961-2006 - Traces et mémoires coloniales en France”, éditions Autrement, 2006, p. 113.

(3) Russia is Public Enemy No. 1 – Mitt Romney, RT, 27 mars 2012, http://rt.com/news/romney-russia-enemy-obama-532/

(4) « Syrie : “coup de pied au cul” ou “hystérie” ? », 6 février 2012, http://lci.tf1.fr/monde/moyen-orient/syrie-coup-de-pied-au-cul-ou-hysterie-6971348.html

(5) Les ravages de l’action des occidentaux en Afghanistan, sous casquette de l’OTAN, resteront pour l’Histoire parmi les désastres militaires, humains et économiques les plus effrayants.

Un exemple parmi des dizaines : l’ONU admet que depuis son occupation et son contrôle total du pays, y compris routes, chemins, pistes et aérodromes, la production d’opium a décuplé…

D’après le “Service Fédéral Russe pour le Contrôle des Stupéfiants” (FSKN), la superficie totale des terres utilisées pour la culture du pavot en Afghanistan atteint 130.000 hectares. Les revenus générés par la production de drogue se chiffrent à près de 4 milliards de dollars annuels, sur lesquels les “Talibans” n’encaisseraient que 150 millions de dollars…

Expliquant pourquoi : « Les pays de l’Otan s’opposent à ce que le Conseil de sécurité de l’Onu qualifie le trafic de drogue afghane de “menace à la sécurité internationale” »…

Cf. : « Drogue Afghane : Moscou critique l’attitude de l’OTAN », RiaNovosti, 2 avril 2012, http://fr.rian.ru/world/20120402/194147504.html

(6) George Galloway milite activement afin que Tony Blair soit inculpé comme “criminel de guerre” pour avoir, en tant que responsable du gouvernement britannique au moment des faits, envahi et détruit l’Irak sur fondement de mensonges…

(7) http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/03/26/une-nouvelle-frontiere-pour-lhumanite/#more-11345

(8) Publié dans l’ouvrage collectif sous la direction de Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire : Culture Impériale – 1931 – 1961 – Les colonies au cœur de la République, éditions Autrement, 2004.

(9) Environ 15 millions d’habitants, pour 111.000 km².

LE MALI : CHRONIQUE D’UNE RECOLONISATION PROGRAMMEE.

Publié le 06/04/2012 à 15:34 par djamazz
6 avril 2012
Forum pour un Autre Mali (FORAM)
LE MALI : CHRONIQUE D’UNE RECOLONISATION PROGRAMMEE.
FORAM


« Que les chèvres se battent entre elles dans l’enclos est préférable à l’intermédiation de l’hyène ». Proverbe bamanan.

Le Mali dans l’ordre cynique du monde

Mis en lumière par l’amputation des deux tiers de son territoire, le coup d’Etat du 22 mars 2012 et l’embargo total de la CEDEAO, l’extrême vulnérabilité du Mali tient d’abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair : la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l’intervention directe de l’OTAN en moins.
L‘impérialisme collectif avait besoin d’exploiter, comme à Benghazi, les rancœurs et les rancunes d’une partie de la population qui a le sentiment d’être marginalisée. La rébellion touareg faisait parfaitement l’affaire. La revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) vient d’être satisfaite avec la complicité de la « communauté internationale ».

L’os malien étant bien moins dur à briser que l’os libyen, il suffisait de mettre à profit l’état de déliquescence de l’armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d’armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué.

Tout cela s’est passé rapidement, entre le 17 janvier 2012 et le 04 avril 2012. Les puissants membres de la « communauté internationale » n’ont donc pas eu à se salir les mains. Ils pensent avoir l’honneur sauf pour avoir fait des déclarations de principes sur l’inviolabilité de l’intégrité territoriale du Mali. Or, c’est lorsque les rebelles du MNLA ont déclaré qu’ils ont atteint leurs objectifs que les Etats-Unis d’Amérique leur ont demandé de « cesser » les opérations militaires.

Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n’ont pas vu venir et que certains d’entre eux refusent toujours d’admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l’Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n’a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte contre l’émigration « clandestine » et Al Qaeda au Maghreb (AQMI).

Plus ou moins indifférente au sort du peuple malien face à la double agression de la rébellion et de la CEDEAO, l’opinion publique occidentale est ébranlée après avoir appris la participation de Ançar dine et de AQMI à cette recolonisation du Mali.

1. La violence de la CEDEAO contre le peuple martyr du Mali

Ebranlés et meurtris à l’idée d’être un peuple sans Etat et sans armée digne de ce nom face à des combattants lourdement armés, faisant tomber les villes les unes après les autres, les Maliennes et les Maliens subissent à présent le traitement de choc de l’embargo total de la part de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

C’est lors du Sommet extraordinaire du 27 Mars 2012 à Abidjan (Côte-d’Ivoire) que l’organisation sous-régionale a pris la décision d’envoyer à Bamako une délégation de très haut niveau pour demander au Capitaine Amadou Haya Sanogo qui a pris le pouvoir 22 Mars 2012 de restaurer, le plus rapidement possible, l’ordre constitutionnel. Elle a du rebrousser chemin face à la mobilisation des victimes de la démocratie formelle et corrompue qui vivent ce coup d’Etat comme une délivrance. C’est à l’aéroport d’Abidjan que les Chefs d’Etats de la CEDEAO ont donné aux nouvelles autorités maliennes un ultimatum de 72 heures pour s’exécuter au risque de voir le Mali subir un embargo.

Ils ont mis cette menace à exécution à partir du lundi 02 Avril 2012, alors qu’à l’issue de la rencontre à Ouagadougou (Burkina Faso) d’une délégation du CNRDRE avec le Président du Burkina Faso qui joue le rôle de médiateur, le Capitaine Amadou Haya Sanogo a accepté le retour à l’ordre constitutionnel. Cette avancée, saluée par la plupart des Maliens et des Maliennes, n’était pas suffisante pour certains des Chefs d’Etat de la CEDEAO particulièrement intransigeants.
Les sanctions dont il s’agit se traduisent en autres par :

- la suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO,

- le rappel des ambassadeurs de l’organisation pour consultation , - la fermeture des frontières,

- le gel des avoirs du Mali à la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et le non approvisionnement des banques nationales,

- la suspension des programmes d’aide au développement

Le levier militaire pourra se traduire par « la montée en puissance de la Force en attente de la CEDEAO pour parer à toute éventualité… »

Plus importants que l’aide extérieure pour les familles qui en bénéficient, les fonds de la diaspora dont une partie passe par Western Union et Money Gram manqueront également aux Maliennes et aux Maliens.

La cherté de la vie qui, à elle seule, a créé un climat quasi insurrectionnel avant la rébellion et le coup d’Etat s’aggrave. Les prix flambent dans les régions occupées où les pillages portent surtout sur les aliments et les médicaments qui commencent à manquer.

2. Le sens du coup de force du 22 mars 2012

Les femmes, en l’occurrence les mères et les épouses des soldats qui montaient, sous équipés, au Nord pour défendre le Mali ont été les premières à manifester leur colère. Elles sont allées directement vers le Président Amadou Toumani Touré et lui ont demandé, plus d’une fois, des comptes. La dégradation de la situation s’est ensuite traduite par des manifestations portant atteinte aux biens des personnes et personnalités appartenant à l’ethnie Touareg.

Le pourrissement de la situation est à l’origine du soulèvement d’Amadou Haya Sanogo et ses camarades qui a débouché sur le coup d’Etat du 22 mars 2012.
La « communauté internationale » ne s’est pas émue, outre mesure, des atrocités commises à Aguelhok contre des militaires désarmés ni de l’occupation des villes du Nord les unes après les autres. Mais elle est immédiatement montée au créneau pour condamner un coup d’Etat qu’elle juge d’autant plus inacceptable qu’il survient dans l’un des « pays phare de la démocratie » à la veille d’une élection présidentielle à laquelle ATT n’était pas candidat.

Simpliste mais surmédiatisée, cette lecture arrange tous ceux et celles qui se laissent convaincre que le Mali était jusqu’ici une démocratie exemplaire.
Le point de vue des déçus et des laissés-pour-compte de la démocratie est superbement ignoré voire méprisé.

3. Quand l’ordre constitutionnel « normal » sert de paravent

« Nous ne voulons pas d’ancien, rien que du neuf » scandaient les manifestants maliens lors des événements sanglants de Mars 1991 pour traduire leur aspiration profonde à un changement démocratique véritable. Ils étaient persuadés que le Président Moussa Traoré était le seul et unique fautif du naufrage de la nation et que son éviction suffisait à instaurer la démocratie et la justice. Il n’en a rien été.
En vingt ans de « transition démocratique », assistée et encensée par la « Communauté Internationale », la montagne a accouché d’une souris. Le peuple est désemparé mais inaudible. Le coup d’Etat est survenu à cinq semaines du premier tour de l’élection présidentielle, dans un contexte quasi insurrectionnel.
Totalement dévoyée, la démocratie servait de paravent aux affaires.
Jugeons-en :

- Le multipartisme que nous appelions de tous nos vœux, au lieu de favoriser le débat d’idées et la confrontation de projets de société entre formations politiques, s’est traduit par la prolifération des partis dont le nombre dépasse 140 actuellement pour un pays de 14 millions d’habitants. Coupés de leur base électorale, les dirigeants démocratiquement élus sont occupés à plein temps par toutes sortes de stratégie de captation de « l’aide au développement » et des opportunités d’affaires que le système néolibéral offre.

- Ce sont les gagnants de ce système économique et politique mafieux qui, en « démocrates milliardaires » s’apprêtaient à se disputer la place d’ATT en achetant tout ce qui peut l’être, du bulletin de vote à la conscience des électeurs/trices.

- « Enrichissez-vous et taisez-vous » est la règle non écrite du jeu politique, pendant que les opérations cosmétiques de bonne gouvernance dont le Bureau du Vérificateur Général entretiennent l’illusion de l’exemplarité démocratique.

- Leurs enfants qui, avec ostentation, fêtent leurs milliards ajoutent à l’indignation des jeunes déshérités qui n’ont droit ni à une école de qualité ni à l’emploi et au revenu ni à un visa pour aller tenter leur chance ailleurs.

- Aucun parti politique ne peut se prévaloir aujourd’hui d’une base électorale éduquée et imprégnée des enjeux et des défis du changement de manière à choisir leurs dirigeants en connaissance de cause et à les contrôler dans l’exercice de leurs fonctions. Les électeurs/trices ne sont contactés que sporadiquement mais assaillis à la veille des scrutins par des candidats toujours prêts à payer leurs voix.

- La société civile, dont le rôle est d’éduquer, de contrôler et d’interpeller la classe politique vit de compromis et de compromissions. C’est en évitant les sujets qui fâchent, qu’elle parvient à bénéficier des financements des partenaires techniques et financiers (PTF).

- La liberté d’expression chèrement acquise est sous surveillance dans les médias publics. Elle se traduit par l’existence d’un paysage médiatique dense (journaux et radios privés) qui, pour survivre, se comporte comme la société civile : savoir se vendre. Quant à l’unique chaine de télévision nationale, l’ORTM, elle est « la voix de son maître ».

- Les entrepreneurs véritables, les locaux comme ceux de la diaspora qui ont envie d’investir dans leurs pays sont démotivés par une administration corrompue, prête à entraver les meilleures initiatives quand elle n’y trouve pas son compte.

4. Il est encore possible de sauver véritablement le Mali et sa bande Sahélo-saharienne

Le Mali n’est pas en danger du fait d’un « putsch militaire » mettant en péril un processus de démocratisation exemplaire, mais du fait de la démocratie formelle et des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques dont les citoyens ordinaires n’ont pas la moindre idée.

Face au rôle de pompier pyromane de la France dans la crise malienne, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à la loi N° 57-27 du 10 janvier 1957 créant une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Elle visait « l’expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la République française et à la gestion de laquelle participent l’Algérie, la Mauritanie, le Soudan (l’actuel Mali), le Niger et le Tchad ».

Pour sauver véritablement le Mali, il convient de :

- mettre ce drame national à profit pour renouer avec la pensée critique et le courage politique. Il est illusoire et suicidaire de croire que nous sommes un pays libre et indépendant, qui a juste besoin de dirigeants démocratiquement élus pour aller de l’avant. Les défenseurs de cette thèse sont les gagnants de l’ordre injuste et violent du monde, plus soucieux de leurs intérêts que du sort du peuple malien ;

- repenser l’indispensable démocratisation du Mali en termes de seconde libération. Cette exigence qui s’imposait au plan politique, économique, monétaire et culturel revêt désormais une dimension territoriale. La tâche est d’autant plus rude que les enjeux sont colossaux et les rapports totalement asymétriques ;

- privilégier la résistance par le réarmement moral, la créativité politique et la solidarité envers les plus vulnérables en l’occurrence les femmes, les jeunes et les ruraux. La tentation de mobiliser immédiatement cinquante millions de dollars pour l’achat d’armement ou de faire appel à la force d’interposition de la CEDEAO, ouvre la voie à une guerre asymétrique et sans fin ;

- gagner en lucidité et en maturité politique en nous disant que les « émergés » qui dictent leur loi en économie comme en matière de démocratisation ont d’abord besoin des immenses richesses de notre continent, en occultant la violence du modèle économique qu’ils planétarisent : pendant que le Mali s’enlise dans la guerre au Nord et que les Maliens se demandent comment survivre, le pillage de l’or, dont leur pays est riche, se poursuit allègrement au profit des multinationales. Il nous appartient d’être perspicaces dans l’analyse des enjeux et des rapports de force et audacieux dans la défense des intérêts de notre pays qui ne sauraient être confondus avec le compte en banque de quelques individus légitimés par des élections frauduleuses ;

- faire du Mali un cas d’école pour la CEDEAO, dont les chefs d’Etat dans leur intransigeance envers les auteurs du coup de force du 22 mars craignent surtout d’être déstabilisés tant dans leur position de rente que dans leurs certitudes. La remarque est valable pour les partis politiques dont le rêve est de les remplacer dans l’ouverture de nos économies au marché mondial déloyal ;

- rappeler aux puissances occidentales que ce sont les mêmes politiques d’assujettissement et de pillage qui sont à l’origine de l’émigration « clandestine », l’intégrisme religieux et les attentats qu’ils qualifient de terroristes.

Nous concluons, à la lumière de ce qui précède, qu’il n’appartient pas aux Chefs d’Etat de la CEDEAO d’être juges et partie en statuant sur l’état de la démocratie comme dans le cas malien, mais aux peuples souverains.
La gravité de la situation au Mali et dans la bande sahélienne exige la convergence des luttes des peuples agressés du Sud et celles du Nord dont les dirigeants, donneurs de leçons de démocratie et fauteurs de guerres se sentent plus redevables de comptes aux agences de notations qu’à leurs électeurs.
Rendre justice au peuple martyr du Mali dans les circonstances actuelles, commence par la levée immédiate de l’embargo qui lui est infligé et la reconnaissance de son droit à l’initiative, de penser et de proposer à la CEDEAO une stratégie concertée de sortie de crise.

Fait à Bamako, le 04 Avril 2012

SIGNATAIRES

Aminata d. Traore (animatrice du Foram, essayiste) ; Seydou Badian Kouyaté (ecrivain) ; Assetou Foune Samaké (enseignante) ; Karamoko Bamba (mouvement Nko) ; Ismael Diabaté (Artiste peintre) ; Doumbi Fakoly (ecrivain) ; Jean Bosco Konaré (Historien) ; mandé Alpha Diarra (ecrivain) ; Madani Koumaré ( economiste) ; Boris Boubacar Diop (Ecrivain) ; Abdoulaye Niang (economiste) ; Boubacar Coulibaly (Expert comptable) ; Ndo Cissé (Université des Lettres) ; Nathalie Mdela Mounier (écrivain) ; Aissata Cissé (communicatrice) ; Mariam Kanakomo (communicatrice) ; Safi Sy (Educatrice) ; Sylvie Sanogo (Educatrice) ; Haoua Keita ; Abdoulaye Sangare (Avocat)

www.foram-forum-mali.org

www.centre-cahba-bamako.org

" Vers la constitution d'un lobby musulman en France "

Publié le 06/04/2012 à 15:08 par djamazz
Jamel El Hamri
Vendredi 6 Avril 2012


" Vers la constitution d'un lobby musulman en France "
" Vers la constitution d'un lobby musulman en France "


Comme on pouvait s'y attendre, cette campagne présidentielle révèle une certaine impuissance de la communauté musulmane de France à combattre politiquement les discours populistes de la classe politique et à trouver des relais politiques qui lui permettraient de faire des propositions audibles pour le bien de notre société, notamment auprès des candidats à la présidentielle. La polémique autour des propos de Guéant sur "les civilisations qui ne se valent pas" ou l'affaire du halal initiée par le Front National démontrent que beaucoup de propos insultants et mensongers touchant les musulmans de France peuvent être prononcés sans prendre trop de "risques électoraux", bien au contraire, des points peuvent être gagnés dans les sondages. Les réactions du CFCM bien trop tièdes nous amènent à penser à la nécessité et, sans doute, à l'urgence de constituer un lobby musulman en France. L'objectif étant de défendre à la fois, et de manière parfaitement cohérente, les intérêts des musulmans et ceux de notre république menacée, entre autre, par les discours populistes. Cependant, nous pensons que pour atteindre ces objectifs, ce lobby musulman devra relever au moins trois challenges : être capable de représenter la diversité des musulmans, faire preuve de pragmatisme et faire preuve d'efficacité.


Représenter toutes les tendances et toutes les sensibilités


Les échanges houleux et la culture de l'anathème bien ancrée dans notre communauté laissent présager que ce ne sera pas chose facile. Pourtant, c'est un devoir et une nécessité que de commencer à respecter les opinions de chaque musulman. Nous devons faire la promotion d'une véritable éthique du désaccord entre musulmans au nom des valeurs qui nous animent et des principes qui nous unissent.

Ces désaccords proviennent, pour un certain nombre d'entre eux, d'une conception et d'une expérience de la foi musulmane différente et singulière propre à chaque musulman. Ce lobby ne devra pas éluder cette question mais l'aborder sereinement en faisant en sorte que toutes ces conceptions et expériences de la foi musulmane puissent cohabiter en son sein.

Ce respect permettra de mieux nous comprendre et d'être beaucoup plus solidaires entre nous. Parmi les musulmans, nous avons par exemple une minorité de musulmans qui considèrent que le voile n'est pas une obligation religieuse alors que pour la majorité il l'est. Le lobby musulman ne doit pas être le lieu de ce genre de débats théologiques ou juridiques. Il devra être un espace de solidarité et de compréhension mutuelle des aspirations spirituelles et philosophiques de chacun dans lequel, on verrait des musulmans, ne considérant pas le voile comme une prescription religieuse, défendre des femmes musulmanes qui le portent lorsqu'elles sont discriminées.


Faire preuve de pragmatisme


Une fois qu'un climat de confiance et de dialogue s'instaurera entre les différentes sensibilités musulmanes, nous pourrons alors débattre et entamer une réflexion profonde sur notre identité, nos valeurs et nos idéaux. Il s'agira de définir collectivement une vision pour la France et l'Europe et un véritable projet de société créatif et alternatif. Ce temps consacré à la réflexion n'est pas un luxe mais une étape importante qui doit orienter nos efforts et faire converger nos actions vers un même but ou tout du moins une même direction.

Ce groupe de pression devra faire également des propositions claires et crédibles à partir de nos valeurs communes et de la vision que les musulmans ont de la France. Il s'agira de traduire nos valeurs et notre vision pour notre pays en propositions politiques qui contribueront à enrichir les débats engageant l'avenir de la France. Nous pourrions alors établir une méthodologie en quatre parties : formuler, proposer, convaincre, contribuer.

Ce lobby, n'arrivant pas dans un terrain vierge, devra s'inscrire dans une histoire. Dans le cas de la lutte contre l'islamophobie, il faudra composer avec les structures existantes comme le CFCM, le CCIF et les mosquées. Sa place, nous semble-t-il, pourrait se situer entre ces trois institutions afin de tirer profit positivement de leur travail. Malgré tout ce que l'on peut penser, le CFCM demeure l'interlocuteur officiel des pouvoirs publics, le CCIF publie chaque année un rapport qui recense, entre autres, les actes islamophobes en France. Enfin les mosquées sont les lieux symboliques de rassemblement de la communauté musulmane. Ce lobby pourrait, avec ce positionnement original et solidaire, bénéficier d'études et de chiffres (CCIF), de relais politiques (CFCM) et de relais communautaires (mosquées).


Faire preuve d'efficacité


Cette structure aura le devoir de créer un réseau de diffusion de ses idées et de ses propositions. Des débats, colloques ou encore séminaires seront organisés en prenant le soin d'inviter l'ensemble des décideurs politiques et économiques de France et d'Europe. Il faudra également faire l'inventaire de tous les espaces de débats et de dialogues politiques afin d'y participer et d'échanger nos idées de manière décomplexée avec nos concitoyens sur la base d'une stratégie de circulation des idées politiques de la communauté musulmane.

L'objectif sera d'être capable d'influencer les décisions politiques comme il est d'usage pour tout groupe citoyen. Bien évidemment, ce lobby sera au départ décrié, mais si nous sommes capables de nous assumer, sans aucun complexe, alors les regards, notamment ceux des politiques, changeront. Il ne faut pas oublier que nous avons à la fois, des idées à proposer et des intérêts à défendre tout comme l'homme politique ainsi que les partis ont des intérêts à prendre en haute considération. Un rapport de force fera toujours réfléchir les politiques et éveillera en eux le spectre d'une éventuelle défaite électorale.


Après avoir fait circuler efficacement nos idées, chercher à influencer les partis politiques dans leurs décisions, nous devrons être en mesure selon nos intérêts de faire gagner un camp ou de faire perdre un camp. Montrer que les musulmans sont capables de sanctionner serait une première et le discours politique ambiant changerait inévitablement de nature car nos politiques "respectent" uniquement ceux qui votent. C'est un fait, il faut le prendre comme tel, sans amertume et composer avec de manière pragmatique.



Ainsi, nous pensons que la solidarité entre les différentes tendances musulmanes, le respect de cette diversité permettront au lobby musulman d'établir une base de travail solide et saine. Nous nous apercevrons que notre identité est composée de valeurs communes et que de celles-ci, nous pourrons, avec beaucoup de créativité, être capables d'en extraire une vision pour la France et l'Europe. De cette projection vers un idéal, nous serons en mesure de formuler des propositions et de les proposer aux décideurs politiques et économiques. Ces réseaux, même les plus modestes, ne doivent surtout pas être sous-estimés tant la circulation efficace de nos idées sera un gage de notre véritable contribution en terme d'idées pour l'avenir de la France et de l'Europe. Sans oublier que les musulmans sont une force électorale et qu'ils sont en mesure aujourd'hui dans toutes les élections républicaines de faire perdre ou de faire gagner un parti plutôt qu'un autre. Prendre conscience, dans le monde des hommes, de son potentiel numérique et, dans le monde des idées, de son potentiel intellectuel démontrera que la communauté musulmane de France a bel et bien grandit et mûrit.


Jamel El Hamri

Master Civilisation Musulmane
Université Ouverte de Catalogne.



Vendredi 6 Avril 2012

Lettre d’un Américain à la France

Publié le 06/04/2012 à 14:47 par djamazz

par John R. MacArthur pour American Parano

Préface du livre « Pour en finir avec la Françamérique ! » de Jean-Philippe Immarigeon.

Lors de mon dernier séjour à Paris, j’ai eu une de ces conversations qui me surprennent toujours lorsque je suis confronté au rêve américain tel qu’il est vécu à distance et donc interprété par les Français. Je faisais des courses dans un magasin et après que la charmante commerçante ait su d’où je viens, elle s’exclame :

« Ah, comme j’aimerais habiter à New York ! Les gens sont décontractés, on vit mieux qu’ici, le style de vie est informel, etc. ».

Bref, la liberté et tout ce qu’il y a de délicieux dans un milieu soi-disant dévoué au non-conformisme et au hasard agréable. Je lui demande si elle connaît ma ville et elle me dit que non. Agacé, je réponds :

« Mais c’est le contraire de ce que vous croyez, Madame. Les Parisiens sont bien plus conviviaux et ouverts d’esprits. Les New-Yorkais sont des gens pressés qui pour la plupart ne saluent jamais. Pas le temps ni l’inclination de risquer le contact authentique. Derrière la mine informelle, il y a une froideur, voire un mépris envers les détails essentiels qui rendent la vie plus humaine.

– Vous avez raison, me répond-t-elle après quelques secondes de profonde méditation. Lorsque des Américains entrent dans la boutique, ils ne disent jamais bonjour, ils ne sont guère aimables, toujours indifférents. Mais ils ne font pas la gueule en râlant comme les Français.

– Tout dépend de ce que vous entendez par faire la gueule et surtout râler. Moi je ne connais que des Français qui me regardent dans les yeux lorsqu’ils me parlent, même pour dire des choses désagréables, et qui ne me prennent pas pour une bête curieuse. D’ailleurs l’échange que nous avons est impensable aux Etats-Unis, puisque vendeuse et client ne discuteraient que de leur transaction et de rien d’autre. De toute façon nous n’avons presque plus de librairies, ni de commerces ou de magasins comme le vôtre, tout est standardisé. Alors pourquoi voulez-vous vivre à New York ?

– Parce que c’est mon rêve. »

En quelques mots tout était dit : le rêve américain est le rêve de quelque chose qui n’existe pas. Il touche tous ces Français qui refusent de voir que Barack Obama continue d’ordonner la destruction de villages afghans et a réinstallé à Guantanamo des tribunaux d’exception qui condamneront à mort. Je sais qu’il y a dans cet aveuglement une part de sentimental, La Fayette et le Débarquement, Jack Kerouac et John Wayne. Mais comment les Français peuvent-ils se tromper autant sur la société et la vie aux Etats-Unis, sur la réalité d’un pays qui les voit tantôt comme des ennemis tantôt comme des aigris jaloux de la réussite de la grande Amérique ?

Tocqueville lui-même – j’allais écrire surtout Tocqueville – s’était trompé lorsqu’il parlait d’une société ouverte et sans classes. Comme je l’ai expliqué dans Une caste américaine, l’élite qu’il avait rencontrée était déjà largement composée d’héritiers, ceux des grands négociants et commerçants des treize colonies qui avaient poussé à l’affrontement contre les Français puis les Britanniques et à l’Indépendance. C’est dans une large mesure pour elle que notre Constitution a été rédigée, c’est elle qui s’est réservée la quasi-totalité du gâteau lors du Gilded Age à la fin du XIXe siècle, et à part quelques « success stories» montées en épingle pour entretenir le mythe, la structure sociale n’a plus changé et les immigrations n’ont rien modifié. Nous sommes une société figée avec très peu de mobilité derrière une apparence de flexibilité, sans mixité, faite de communautés qui cohabitent sans se mélanger, mais avec une caste qui domine les autres : l’oligarchie politique du sacro-saint « two-party system » garant de la stabilité, et ses partisans tantôt riches tantôt branchés et le plus souvent les deux.

Je dois reconnaître que vous avez beaucoup de spécialistes de ces Etats-Unis dont l’étude est devenue une science… inexacte. La plupart de vos correspondants chez nous ne parviennent que rarement à dépasser leur propre représentation idéalisée, à se réveiller eux-mêmes de leur rêve américain, et rares sont les Français qui saisissent la vraie nature de l’Amérique. Jean-Philippe Immarigeon est de ceux-là, il poursuit depuis dix ans son travail d’étude et vous pouvez relire ses précédents essais et ses articles parus dans la Revue Défense Nationale, il n’a pas encore été pris en défaut.

Au départ de ses réflexions se trouve une question si primordiale que peu de Français s’y penchent : pourquoi ont-ils, eux qui ont été gâtés par la nature et préservés par une glorieuse histoire, un rêve américain ? Sans doute celui de la possibilité d’une île. C’est un élément qu’Immarigeon met régulièrement en avant : l’Amérique comme retranchement du monde. Ce qui séduit les Français n’est-il pas l’anonymat dans lequel les gens y vivent, ce que Tocqueville, cette fois juste dans son intuition, devinait dans la conjonction d’un individualisme poussé à l’extrême et d’un Etat paternaliste et autoritaire ? Qu’il s’agisse des « gated communities », ces zones résidentielles sécurisées et clôturées où l’on se réfugie entre semblables, de ces immenses cités où l’on n’est plus qu’un anonyme, ou de la disparition dans de grands espaces encore sauvages, le rêve est toujours le même, celui de la dépersonnalisation et du refus de toute confrontation et de toute contrariété, en un mot, comme l’écrit Jean-Philippe Immarigeon, le vide existentiel.

Mais la France ce n’est pas ça, la civilisation métissée dont j’ai en partie hérité par ma mère ce n’est pas ça. Surtout qu’il suffit d’écouter les Américains ou les lire pour comprendre qu’ils rejettent vos Lumières et qu’elles leur servent de repoussoir. En fait de rêve il y a un cauchemar américain, qui est le paradoxe de ce peuple qui affiche sans arrêt son statut exceptionnel et libre alors qu’il prône une conformité écrasante. Et il ne s’agit pas uniquement de l’uniformisation de nos centres commerciaux ou de nos discussions politiques étriquées (je n’ai jamais compris pourquoi vos journalistes s’intéressent tant aux débats télévisés entre nos candidats à la Maison Blanche, qui sont insipides au possible) : n’oublions pas que le non-conformiste Kérouac finit sa vie catholique pratiquant et républicain de droite, et qu’il affichait son soutien pour Richard Nixon. Alors pourquoi tant de Français, ceux qui appartiennent à ce qu’Immarigeon nomme la Françamérique, s’identifient-ils à ce vide abyssal ?

Ce qui me navre est que ces Français ne se rendent même pas compte que les relations entre nos deux pays sont arrivées à un point de rupture, et que leur obstination à s’accrocher à ce rêve est devenu totalement contreproductif. Mon pays ne peut plus rien leur apporter, lui qui les a sauvés de la disparition en 1944. C’est triste à dire, mais cette vieille alliance bâtie de toute manière sur un malentendu comme le montre Immarigeon, est devenue pour la France un boulet dont elle doit se délester.

J’espère que vous allez abandonner ce rêve. Je suis d’accord avec l’idée que les Etats-Unis, qui ont pu faire de grandes choses et faire croire qu’ils en faisaient de plus grandes encore, ne peuvent plus servir de modèle. J’aime bien l’idée non d’un déclin programmé qui nous conduirait à dénigrer un passé glorieux, mais d’un accident darwinien qui ne remettrait pas en cause ce passé tout en constatant que l’avenir, depuis les attentats de 2001, ne sera pas américain et que si c’est la fin d’un monde, ce n’est pas la fin du monde. Il faut que les Français comprennent qu’ils ont les capacités de s’affranchir de cette tutelle et puissent écrire, comme Romain Gary en 1970 : « Ça suffit, je refuse de souffrir américain ». Et que ma charmante commerçante cesse de rêver à quelque chose qu’elle sait finalement en son for intérieur n’être qu’une envoûtante mais anesthésiante illusion.

John R. MacArthur

John R. MacArthur est le directeur de Harper’s Magazine.

http://mecanoblog.wordpress.com/2012/04/06/lettre-dun-americain-a-la-france/


Pourquoi les Médias français sont les pires d'Europe

Publié le 04/03/2012 à 09:28 par djamazz
Pourquoi les Médias français sont les pires d'Europe, les plus mensongers

 

eva R-sistons
Samedi 3 Mars 2012


Pourquoi les Médias français sont les pires d'Europe, les plus mensongers
Marchands d'armes et néo sionisme, les 2 mamelles d'un Journalisme de désinformation et de propagande

Par eva R-sistons

Les 2 journalistes du Figaro, Edith Bouvier et William Daniels, ont enfin foulé le sol français. Ils vont pouvoir vomir la désinformation attendue par l'Occident pour servir ses buts de guerre ! Information spectacle, pardon désinformation spectacle, propagande : Voici le nouveau show pour inciter les citoyens à accepter les guerres à venir et les distraire de leurs soucis quotidiens et de la peur d'un avenir dessiné par les gangsters de la banque.

Et pour les accueillir, Sarkozy, bien sûr, qui après avoir été hué la veille par les Français qui le détestent, espère redorer son blason de chef d'Etat "protecteur". Et à chaud, sur France24, on a même pu voir la frimousse de Serge Dassault, le patron du Figaro.

Serge Dassault, né Serge Bloch (eh oui, les plus nantis peuvent se permettre de changer un nom qui ne leur plaît pas), est un industriel de l'Armement très prospère et un homme politique très influent. Sa fortune, il la doit aux ventes d'armes qui tuent un peu partout. Et pour ce service rendu à l'Oligarchie sur le dos des populations, on a offert à sa famille un nom de rue et même un rond-point à Paris - pas n'importe lequel, puisqu'il s'agit de celui des Champs-Elysées rebaptisés, pour honorer ces pourvoyeurs de mort, Rond Point des Champs-Elysées-Marcel Dassault. Voilà à quoi ressemble notre République bananière : On récompense ceux qui contribuent à faire de la vie des individus un enfer. Je reprends à dessein ce mot d'enfer, que nous entendons en permanence à propos de Homs en Syrie. Ainsi, tout est inversé: Ceux qui, comme Bachar-el-Assad, défendent leur pays attaqué par les criminels prédateurs de l'Occident, sont affublés des noms les plus orduriers, et ceux qui les attaquent pour vendre des armes, conforter leur hégémonie, contrôler les peuples et leurs ressources, bâtir le Grand Israël dans toute la région (et au-delà, d'ailleurs, car l'appétit des Hébreux ne connaît pas de limites), sont présentés comme des bienfaiteurs de l'humanité et des défenseurs de la démocratie !

Or donc, on a vu un instant, à la descente de l'avion des journalistes du Figaro, le sieur Serge Dassault, propriétaire du Journal de l'Oligarchie française. Tout un symbole !

Car si les Médias français sont devenus lanterne rouge de l'Europe, les plus minables, les plus menteurs, c'est d'abord parce qu'ils appartiennent aux marchands d'armes, une spécificité bien de chez nous.

Moi-même, journaliste pour une grande chaîne de la télévision française, je me suis vu interdire la diffusion d'une interview de la Présidente de l'Association internationale des Femmes pour la Paix. Pensez donc ! Plaider pour la paix, pour la tranquillité des peuples, au détriment des ventes des engins de mort ! Notre société est tombée sur la tête : Elle honore les criminels de guerre, les marchands de mort. Et elle censure les apôtres de la paix, quand elle ne les tue pas (ML King par exemple) !

Ne vous étonnez donc pas si une Marie Drucker fait, ensuite, l'apologie des "guerres pour la patrie", en donnant envie à nos jeunes de devenir de la chair à canons. En temps de chômage, cela peut en effet être un débouché radical, expéditif, et... si rentable pour les pourvoyeurs de mort ! Et ne vous étonnez donc pas si la guerre est représentée sous son jour le plus glorieux, le plus mensonger, le plus partial. Au service, en réalité, des intérêts non seulement des marchands d'armes, mais des appétits anglo-saxons et israéliens !

Et justement, il y a une deuxième raison à la désinformation scandaleuse de nos Médias pourris. L'esprit français étant volontiers frondeur, indépendant, gaullien, avec un Chirac-de Villepin par exemple, nos bons zamis israéliens ont tout fait pour le neutraliser. Comment ? En installant à la tête des postes-clefs leurs hommes, tous les Sarkozy, Copé, Strauss-Kahn, Hollande, Valls, Jacob, Huchon, Delanoë, etc etc, et en colonisant les Médias de telle sorte que ceux-ci ne répandent que la bonne parole ultra-libérale, européiste, favorable aux guerres impériales et impérialistes assassines. Clairement dit, et ce n'est pas de l'antisémitisme mais la réalité vérifiable à chaque instant, donc de l'information honnête, nous voyons défiler à l'antenne tous les sionistes les plus fervents, tous les ardents défenseurs des politiques militaro-financières qui dévastent la planète : Vous voyez bien sûr de qui je veux parler, les Calvi-Krettly, Pujadas, Elkabbach, Darmon, Leymergie, Adler, Namias, Sinclair, BHL, etc, quand ils ne dirigent pas eux-mêmes les principaux organes de presse : Clément (Arte), Ockrent (France24), et tous les autres, la liste est trop longue ...

Je pose la question solennellement : Peut-on être juge et partie ? Peut-on être neutre, impartial, quand on est le fervent supporter d'un pays, d'une politique, d'une idéologie, d'une communauté ? Certes non. Lorsqu'un journaliste a un compagnon ou une compagne dans la politique, il doit démissionner, déontologie oblige. Et pas lorsqu'on est fortement engagé, puissamment attaché à la défense non du Bien commun mais d'un Etat orchestrant les politiques dans un sens donné, en l'occurrence celui de la défense des intérêts d'Israël et de ses alliés anglo-saxons ou européens ? Et pas lorsqu'on se demande dès le réveil, comme DSK en son temps, comment "servir" Israël ? Un Israël, justement, à l'origine des guerres néo-coloniales en Irak, en Libye, en Syrie bientôt en Iran, etc. Comment peut-on confier à un sioniste bon teint le soin d'informer sur des guerres provoquées par l'Etat de son coeur ? Va-t-il reconnaître que la Syrie est déstabilisée par des agents du Mossad et de la CiA à des fins hégémoniques et prédatrices ? Certes non, il plaidera pour les guerres impulsées par l'entité sioniste et par ses alliés anglo-saxons ou français. Nous n'avons pas à attendre la moindre objectivité ! Et donc, ces journaleux sont là pour désinformer, mentir, conditionner, faire de la propagande, servir les intérêts d'un Etat étranger, d'abord - ensuite ceux de l'Oligarchie militaro-financière qui broie la planète. Ce n'est plus de l'information, et c'est berlusconien ou stalinien. Jusqu'à quand tolèrerons-nous qu'un groupe d'individus monopolise, confisque, l'information, et s'en serve contre les intérêts du public français ?

Il y a là un scandale qu'il faut soulever, comme celui des Médias aux mains des promoteurs des guerres.

Tant que nous n'aurons pas crevé l'abcès, nos Médias seront les pires d'Europe et nous irons tous droit dans le mur. Parce que les guerres d'aujourd'hui, par exemple, déboucheront sur les guerres de demain, et même sur la grande guerre nucléaire mondiale qui sera une boucherie aux dimensions incalculables, jamais égalées, et mettant en danger le devenir même de l'humanité toute entière.

Eva R-sistons, journaliste excédée par la désinformation et la propagande orchestrées par les marchands d'armes et par les sionistes qui ont colonisé les Grands Médias.

http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/



Samedi 3 Mars 2012

Démocratisation arabe et limites occidentales

Publié le 28/02/2012 à 15:05 par djamazz
Démocratisation arabe et limites occidentales

28/02/2012 - Ouverture libre

Démocratisation arabe et limites occidentales

La sollicitude de l’Occident pour les peuples arabes en demande de démocratie a des limites.

Elles se dessinent déjà aux portes du Maroc, de ses palais et de ses folles nuits à Marrakech.

Cinq étudiants marocains affiliés à la centrale syndicale de l’Union Marocaine des Étudiants Marocains ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions d’incarcération, demander la libération de tous les prisonniers politiques et pour que leur soit reconnue la qualité de prisonniers politiques. L’un d’entre eux, Azzedine Eroussi arrêté le 1er décembre dans l’enceinte de la faculté de Taza (Nord-Est du Maroc) en grève de la faim depuis le 19 décembre 2011 est actuellement en danger de mort. Mohamed Ghloud, Mohamed Zghdid, Mohamed Fetal et Ibrahim Saidi, emprisonnés à Fes, l’ont rejoint dans sa protestation et entamé leur grève de la faim depuis le 23 janvier 2012.

Ces jeunes gens étaient actifs dans le mouvement de contestation sociale né dans le sillage du soulèvement arabe connu désormais sous le nom de “mouvement du 20 février”.

Sans avenir, la jeunesse marocaine est déjà prisonnière d’un système de castes gangrené par la corruption. Elle se heurte avec sa fougue et sa vitalité au mur infranchissable de la pénurie d’emplois, de l’inertie et du cynisme des politiques.

Elle manifeste tous les jours. Le mouvement des diplômés chômeurs organise depuis une dizaine d’années des rassemblements pacifiques devant le siège du Parlement à Rabat, à l’occasion desquels ils subissent des bastonnades régulières et énergiques des agents de la Sécurité intérieure.

Quelles perspectives lui laisse le pouvoir, l’immolation par le feu ?

Ou alors risquer sa vie et la perdre souvent par noyade en Méditerranée quand elle cherche à émigrer.

Le projet surréaliste d’une ligne TGV entre Tanger et Casablanca, vrai scandale financier et écologique, inutile voire nuisible économiquement, coûteux et grevant une dette déjà lourde et combien odieuse, qui sera confié à des entreprises françaises n’est pas le moindre des amortisseurs aux prises de position occidentales vis-à-vis du régime marocain. Le Maroc a déjà eu un roi passionné par les trains électriques, mais miniatures cette fois, au début du siècle dernier. Moulay Abdelaziz, roi à l’âge de 16 ans en 1894, fut déposé par le peuple marocain en 1908 pour sa grande tolérance à l’ingérence de la France et sa propension à aggraver la dette souveraine pour ses dépenses personnelles.

 

Un autre prisonnier politique avait choisi de faire une grève de la faim qui a duré plus de 65 jours abordant le point extrême de résistance à la privation alimentaire sans que ne s’en soit ému le système occidental. Adnane Khadr, 34 ans, boulanger et père de trois enfants a été mis aux arrêts sur ordre de l’autorité militaire sioniste sans chef d’inculpation. Il avait rejoint les milliers de Palestiniens détenus administrativement pour six mois renouvelables sur simple décision d’un gradé militaire et jamais jugés.

Un mutisme pudique est impératif devant l’absence de droits des Palestiniens ghettoïsés dans les 224 enclaves de la Cisjordanie. L’entité sioniste enfreint pourtant de façon flagrante les Conventions de Genève régissant les obligations qui s’imposent à une puissance occupante. Elle déplace les prisonniers loin de leur site de résidence les rendant inaccessibles aux visites des leurs, elle les soumet à la torture physique et psychologique. Elle incarcère, parmi des adultes, des mineurs pour des motifs aussi bénins que des jets de pierres. Près de 400 enfants palestiniens subissent dans les geôles sionistes des sévices, viols, privations sensorielles et de sommeil, cellules exiguës et glacées, maintien dans des positions douloureuses, menaces lors d’interrogatoires leur extorquant des aveux écrits dans une langue qui leur est étrangère.

Élever une question face à ces pratiques barbares peut valoir à son auteur la sanction infamante d’antisémitisme et la mise au ban.

 

Moustapha Barghouti, l’homme de l’“Initiative Palestinienne” mouvement fondé pour concurrencer le népotique Fatah organe de l’OLP qui a renoncé à toute velléité de libération en échange de l’aide internationale versée à l’Autorité Palestinienne, a accueilli la geste du gréviste de la faim Adnane Khadr comme la percée réussie d’une résistance pacifiste “à la Gandhi”.

Mustapha Barghouti avait reçu des mains de Bernard Kouchner à la veille de son éviction des Affaires Étrangères de France la Légion d’honneur. Dès lors qu’il souscrit à une résistance soft, il peut jouir d’une tribune d’opinion sur le New York Times et être décoré par le plus sioniste des ministres français.

La doctrine de la lutte non violente développée par Gene Sharp, inspirateur des révolutions colorées en Europe de l’Est, a été professée depuis une chaire à l’université de Harvard. L’un de ses disciples, le milliardaire Peter Ackerman a fondé l’International Center on Non-violent Conflit en 1982, puis le Center for Applied NonViolent Action and Strategies. CANVA a formé à Belgrade nombre d’activistes égyptiens membres d’ONG qui ont participé au mouvement du 6 avril. Selon le journal Blomberg, Akerman passerait plus de temps à entraîner des dissidents à renverser des dictateurs qu’à s’occuper de son business.

À l’évidence, en Syrie, nous n’assistons pas à la mise en pratique de la théorie de la révolution non violente. Le traumatisme encore vivant de la démocratisation de l’Irak voisin, la survivance de quelques traces socialistes de l’État baathiste qui n’a pas ouvert toute son économie au tout-marché néolibéral peuvent expliquer que le peuple syrien n’adhère pas totalement au renversement d’un régime qui lui garantit jusques-là la cohésion de sa société multiconfessionnelle et multiethnique.

Au contraire, il n’est question que d’armer officiellement et de plus en plus l’opposition syrienne. Radwan Ziadeh, porte-parole du Conseil National Syrien, mais préalablement directeur du Syrian Center for Political and Strategic Studies, réclame de la Communauté Internationale qu’elle intervienne militairement pour luxer Bashr Al Assad de son trône. Il donne son point de vue sur le Fikra Forum, site qui émane du Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA). Ce think tank doté d’un budget de plus de 8 millions de dollars reçoit des donations de plus de 17 000 adhérents. Il avait été créé en 1976 pour mener une réflexion sur l’avenir de la coopération militaire entre les Us(a) et Israël au lendemain de la guerre du Kippour. L’intégration en son sein de Richard Perle, Michael Ledeen et James Woolsey en a fait le fer de lance de la bataille des néoconservateurs pour aligner la politique étasunienne aux intérêts sionistes.

Le 17 février 2012, les abonnés de la liste courriel du JINSA ont reçu une invitation pour assister à une nouvelle conférence du syrien Farid Ghadry, co-fondateur en 2001 du parti de la Réforme syrienne. Comme ils l’ont fait avec Chalabi pour l’Irak, les acolytes néoconsionistes ont fabriqué Ghadry, un dissident bien sous tout rapport prêt à interpréter son rôle. Il a tenu une conférence le 7 septembre 2011 au siège du JINSA à Washington sur le thème ‘Rôle de la Syrie au Moyen-Orient, amie de l’Iran, hôte du Hamas et patron du Hezbollah’. Il avait été convié en 2007 à Prague par Sharansky, ancien ministre du gouvernement Sharon, pour une séance de travail menée sous l’égide de l’Adelson Institute for Strategics Studies. La conférence réunissait des officiels israéliens, des néoconservateurs et des démocrates est-européens nouvellement installés au pouvoir. La liste des participants est éloquente, avec des servants aussi zélés que Vaclav Havel, José Maria Aznar et Shelton Adelson.

Avec de tels compagnons de route, si Farif Ghadry et ses amis du CNS, Radwan Ziadeh et Burhan Ghallioun prenaient le pouvoir en Syrie, Israël s’étendrait au Nord au Liban et en Syrie sans coup férir.

Et les grévistes de la faim pourraient toujours continuer à mener leur résistance non violente.

 

Badia Benjelloun

© www.dedefensa.org - Euredit S.P.R.L.

Mali : « Alain Juppé n’est pas le bienvenu ! »

Publié le 28/02/2012 à 14:46 par djamazz
Au Mali, Alain Juppé appelle au dialogue avec les rebelles / Mali : « Alain Juppé n’est pas le bienvenu ! »
RFI VS Journal du MALI


lundi 27 février 2012

Par RFI

La presse et une partie de l’opinion publique de la capitale malienne critiquent la diplomatie française jugée trop conciliante envers les rebelles du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad).

La France est notamment critiquée sur sa proposition de négociation directe avec les rebelles. Pour le ministre des Affaires étrangères, il faut être deux pour faire la paix. « Est-ce que vous connaissez dans le monde, un seul exemple de situation dans laquelle on fait la paix sans parler à ses adversaires ? », interroge le ministre.

Paris est favorable à un dialogue politique inter-malien. Alain Juppé l’a réaffirmé sur les marches du palais présidentiel : « C’est un dialogue politique qui peut permettre de s’en sortir et pas une confrontation. Un dialogue inter-malien est absolument nécessaire ».

Lors de cet entretien le ministre français a rappelé que la France était attachée au respect de l’intégrité territoriale du Mali et que l’adversaire numéro un avait un nom : Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique.

par le Journal du MALI

Dans un contexte de fortes suspicions

La visite du ministre français des Affaires étrangères au Mali intervient dans un contexte très difficile dans les relations entre les deux pays à propos de la question du Nord. A Bamako, comme dans les grandes villes du pays, les commentaires vont bon train quant au rôle présumé de l’ancienne colonie en faveur des rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Aujourd’hui, nombreux sont les observateurs à s’accorder que la France a de bonne raisons d’attiser le feu sur le sol malien. Si M. Juppé s’en est défendu ce dimanche face aux journalistes, certains analystes sont formels : « Contrairement aux déclarations officielles, les autorités françaises n’apportent rien au Mali pour la résolution de la crise au nord. Bien au contraire, elles veulent tirer profit de la résurrection de la rébellion dont les leaders politiques bénéficient de tout le confort nécessaire à Paris, et des manifestations de colère des populations pour régler leurs comptes avec le président Amadou Toumani Touré « coupable » d’ avoir refusé d’accéder à des sollicitations de Nicolas Sarkozy comme l’installation d’une base militaire française à Sévaré ».

En clair, arguent de nombreux spécialistes de la question, ces refus, passés pour une défiance de la très grande France, viennent s’ajouter à un autre contentieux entre le président malien et son homologue français : celui de la non signature par le Mali de l’ « Accord de réadmission des expulsés ». En dépit des pressions, notre pays est resté sur cette position depuis 2006 alors que la France a déjà fait signer le fameux « Accord » par 8 pays d’Afrique dont le Burkina Faso et le Sénégal ainsi que l’Ile Maurice. Dans ce bras de fer, ATT est adossé à un soutien total de tout le pays dont la population expatriée est à 4 millions de ressortissants, 3 millions d’entre eux étant installés en Afrique et 200 000 en Europe, dont 100 000 en France, selon les estimations.

« Il allait donc de soi que le président Sarkozy prenait très mal que le chef de l’Etat malien affichait ses soutiens à Kadhafi quand la France planifiait la mise à mort du dirigeant libyen » expliquent d’autres commentaires. Pour qui, « les manifestations de très grande envergure menées à Bamako ont sonné à Paris comme la dernière provocation du président ATT à qui il faudra rendre la vie impossible durant les derniers mois de son dernier mandat ». Bref, pensent certains, « il allait finalement de soi que Sarkozy et son pays soient aujourd’hui derrière tous les projets de déstabilisation du pouvoir au Mali ».

Colloque sur Israël : Paris VIII fermée

Publié le 28/02/2012 à 14:45 par djamazz
Colloque sur Israël : Paris VIII fermée 28/02/2012
Un colloque controversé sur Israël, qui devait se dérouler à Paris VIII, a finalement démarré lundi à la Bourse du Travail de Saint-Denis après son interdiction par l’université, restée fermée lundi pour éviter des troubles à l’ordre public. Plusieurs dizaines de personnes, des participants du Collectif Palestine et des étudiants qui découvraient la fermeture de leur université, étaient rassemblées dans le calme devant Paris VIII, à Saint-Denis, lundi matin.
IRIB

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