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Dernière mise à jour : 06.11.2009
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Société

Le révisionnisme injurieux sur la colonisation

Publié le 05/11/2009 à 12:36 par djamazz
Le révisionnisme injurieux sur la colonisation: ma parcelle de vérité

 

contact@mlan.fr Jeudi 5 Novembre 2009


Le révisionnisme injurieux sur la colonisation: ma parcelle de vérité

« L’avenir sera impitoyable pour ceux qui jouissant du privilège exceptionnel de pouvoir dire à leurs oppresseurs des paroles de vérité, se sont cantonnés dans une attitude de quiétude, d’indifférence muette et quelque fois de froide complicité » disait notre lucide frère Frantz Fanon.
Nous nous proposons de fournir ici, une modeste réflexion sur la colonisation.
C’est un sujet qui a été beaucoup discuté. En effet, il existe peu d’événements historiques chargés d’une connotation aussi négative que la colonisation et la dictature nazie. Je ne vais donc pas prétendre donner un texte résumant fidèlement le fait colonial tant il est diffus. Je me bornerai donc à quelques indications qui me paraissent au moins essentiels. Des apprentis sorciers de l’histoire ont distillé au sein de la communauté scientifique des conceptions aussi fantaisistes qu’erronées : le révisionnisme injurieux. C’est ce dont nous parlons dans un premier temps.
Dans un deuxième temps, nous essayerons de présenter un condensé du fait colonial. On verra que la colonisation continue encore sous une autre forme.
Enfin, dans un troisième temps, nous pourrons, je crois, accepter le panafricanisme comme une réplique à la colonisation moderne.  
 
 Le révisionnisme injurieux
 
 On entend dire en Europe surtout en France qu’il faut en finir avec la repentance sur la colonisation. On voudrait simplement nous faire croire que la colonisation a eu des effets positifs comme si les colonisés avaient formulé une demande de colonisation. Par exemple, il revient sans cesse dans l’actualité, l’idée que la colonisation aurait mis fin aux guerres et révoltes internes qui ravageaient les territoires colonisés. A en croire à l’historiographie annamite, citée par Denise Bouche, on recense pas moins de
405 révoltes au cours des huit premières décennies du XIXe  siècle. Au Fouta-Djalon (Guinée) entre 1747 et 1896, l’empire peul musulman n’aurait point connu une seule décennie sans bataille ni campagne militaire. Les européens seraient donc des « messies » que les africains attendaient.
Lorsque les européens décidaient d’explorer la planète, ils se sentaient obligés d’exporter leurs principes humanistes au monde comme le rappelle Victor Hugo en 1841 : « nous sommes les Grecs du monde ; c’est à nous d’illuminer le monde ».  
 En réalité, cette mission civilisatrice est un habillage hypocrite de visées mercantilistes. Découvrant des terres chaudes en Martinique, à Saint-Domingue ou en Jamaïque, Français, Espagnols, Anglais ont voulu exploiter ces terres soit avec une main-d’œuvre locale (les indiens de l’espace caraïbe), soit avec une main-d’œuvre susceptible de résister au chaud climat tropical, donc les Noirs africains, d’où  leur déportation.  
 Dans un discours à Alger, le 2 Février 1944, le général De Gaule mettait en avant, cette mission civilisatrice menée par la France dans ses colonies, dont les agents étaient « les administrateurs, les soldats, les colons, les instituteurs, les médecins, les missionnaires ». Cette façon de lire l’histoire avec les « lunettes » de colons, n’est pas respectueux. Il est faux de dire que la colonisation a eu des effets positifs si tant est que les africains avaient besoin de cette imposture.  
 
 La vérité des faits
 
 La vérité est loyale et les faits méritent une grande considération. Henri Lacordaire disait entre autres, que  «  tout ce qui s'est fait de grand  dans le monde, s'est fait au cri du devoir ; tout ce qui s'y est fait de misérable s'est fait au nom de l'intérêt ».
 Aujourd’hui, grâce au travail accompli par les chercheurs, on sait que l’histoire de la colonisation a été « blanchie » puisque écrite par les « vainqueurs ». Il nous revient, à juste titre d’ailleurs, de dire notre parcelle de vérités sur les humiliations subies  par nos ancêtres. Sachons que la colonisation a concerné les africains restés sur le continent et les noirs africains déportés dans les champs de cannes et de cotons. La colonisation n’a rien apporté de positifs comme la France officielle tente de distraire les africains que nous sommes et injurier la mémoire de nos ancêtres.  
 On nous a dit que la colonisation a été profitable aux peuples colonisés puisqu’ils ont bénéficié de l’instruction, des infrastructures routières, portuaires et des avancées en matière de santé et de technologie.
 
 
 
 
 La véritable vérité est tout autre. Le médecin colonial protège les troupes, les premiers administrateurs et colons. Les territoires colonisés étaient les lieux d’expérimentations des nouveaux vaccins et sérums car les tropiques sont devenus à l’orée du 20e siècle un libre et luxuriant terrain d’observation ; l’accumulation du savoir est colossale sur les bilharzioses, leishmanioses, l’amibiase, la filariose et le paludisme.
 Dire également que les colons ont apporté l’instruction aux africains, relève d’un pur fantasme de ceux qui veulent se donner de l’importance.
 Dans une conférence à Albi, en 1884, Jean Jaurès déclare ceci : « nos colonies ne seront françaises d’intelligence et de cœur que quand elles comprendront un peu le français. Pour la France surtout, la langue est l’instrument de la colonisation. Il faut que les écoles françaises multipliées, où nous appellerons l’indigène, viennent au secours des colons français dans leur œuvre difficile de conquête morale et d’assimilation.
». cette confession du tribun montre bien l’importance de la langue dans la consolidation de l’identité. Cheikh Anta Diop nous mettait d’ailleurs en garde sur ce fait car ce serait une aberration que d’imaginer qu’un peuple bâtisse son unité linguistique à partir d’une langue étrangère, c’est-à-dire une langue appartenant à une autre sphère culturelle que la sienne.  
 L’esclavage et la colonisation ont été d’une violence  extrême  de sorte qu’il est impossible de les décrire.  
 Alors que les maîtres étaient dans les palaces, les esclaves eux dormaient dans des maisons de pacotilles. Alors qu’ils, c’est-à-dire les maîtres mangeaient à satiété, les noirs mourraient de faim.  Alors que nos frères travaillaient dans les champs de coton et de canne à sucre, les colons n’avaient que leurs fouets pour les encourager.
 Pour assouvir leurs besoins sexuels, il arrivait que les colons abusent de nos braves sœurs. Parfois, comme un signe de refus de cette humiliation, les noirs préféraient se donner la mort. Les esclaves les mieux traités étaient les valets des maîtres. Pour avoir commis une faute, le noir était fouetté jusqu’à la mort ; même enceinte, les femmes devaient travailler jusqu’à terme.  
 
 
 Même la sainte ordonnance du seigneur Jésus Christ en disant dans Mathieu 28 :18-20 « allez et faites de toutes les nations mes disciples » a été dévoyée. Les missionnaires européens ont été pires que les autres. Pour nous faire une idée du rôle des missionnaires à l’époque coloniale, il suffit de lire la déclaration faite en 1920 par monsieur Jules Renquin, Ministre des colonies de Belgique au Congo-Belge. Dans son allocution de bienvenue aux missionnaires arrivés dans sa seconde patrie, le Congo-Belge :  
 « Révérends pères et chers compatriotes, Soyez les bienvenus dans notre seconde patrie, le Congo-Belge. La tâche que vous êtes conviés à y accomplir est très délicate et demande beaucoup de tact. Prêtres, vous venez certes pour évangéliser. Mais cette évangélisation doit s’inspirer de notre grand principe : tout avant tout pour les intérêts de la métropole (la Belgique).
Le but essentiel de votre mission n’est donc point d’apprendre aux noirs à connaître Dieu. Ils le connaissent déjà. Ils parlent et se soumettent à un Nzambé ou un Nvindi-Mukulu et que sais-je encore. Ils savent que tuer, voler, calomnier, injurier est mauvais. Ayez le courage de l’avouer, vous ne venez donc pas leur apprendre ce qu’ils savent déjà. Votre rôle consiste, essentiellement, à faciliter la tâche aux administratifs et aux industriels.
C’est donc dire que vous interpréterez l’évangile de la façon qui sert le mieux nos intérêts dans cette partie du monde. »  De façon globale, les missionnaires avaient pour mission de prêcher un évangile de sorte à désintéresser nos sauvages des richesses matérielles dont regorgent leur sol et sous-sol, pour éviter que s’intéressant, ils ne nous fassent une concurrence meurtrière et rêvent un jour à nous déloger ; Les contenir pour éviter qu’il ne se révoltent. ; Les détacher et les faire mépriser tout ce qui pourrait leur donner du courage de nous affronter ; Insister particulièrement sur la soumission et l’obéissance aveugles ; Enseignez-leur une doctrine dont vous ne mettrez pas vous même les principes en pratique.
 C’est ce que Jomo Kenyatta résumait dans sa pensée «Lorsque les Blancs sont venus en Afrique, nous avions les terres et ils avaient la Bible. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés : lorsque nous les avons ouverts, les Blancs avaient la terre et nous la Bible.»
 
 Rien n’a changé depuis si ce n’est la forme
 
 Depuis notre accession à la souveraineté internationale, rien n’a été fait pour la consolider de sorte que nous sommes toujours colonisés. Le problème reste que, mis à part quelques actions timides dans ce domaine vers la fin des années dix neuf cent soixante (1960) et début des années dix neuf cent soixante dix (1970), encouragé par l’amollissement de nos dirigeants, les occidentaux ont repris la main. Nous avons finalement décroché de haute lutte notre accession à la souveraineté nationale, pour la remettre quelques
instants après.   
 Antoine Laurent Lavoisier a laissé à des générations d’écoliers la maxime selon laquelle : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Aujourd’hui la colonisation est présente, elle n’a changé que de forme.  
 Hier, c’était les bateaux qui transportaient les forces vives de l’Afrique pour accompagner le décollage des économies occidentales.
Aujourd’hui, ce n’est plus les amas de muscles dont les occidentaux ont besoin mais la cervelle des africains. L’immigration choisie idéale, import/export de main d’œuvre adaptée aux besoins de la France et certains pays occidentaux, privant ainsi l’Afrique de cerveaux utiles à son développement.  
 Sur le plan économique et social, la crise de la dette a prolongé la colonisation en Afrique. En effet, la crise de la dette a promu le FMI au rôle de tuteur des politiques économiques des pays en développement et de médiateurs entre créanciers et débiteurs. Le mariage entre l'Afrique et le FMI a commencé avec les programmes de rééchelonnement de la dette couplé à des programmes de réduction de l'absorption d'inspiration monétariste dans les années 83. Cette politique a échoué car les rééchelonnements n'ont pas restauré la capacité de remboursement et d'emprunt des pays. Les banques ont refusé de prêter autrement que dans des plans concertés avec la caution du FMI. C'est ainsi que les pays développés avec la complicité des institutions internationales comme le FMI, se sont accaparés de manière scientifique et organisée du système économique africain. Au nom de prétendues reformes, les grandes entreprises étatiques porteuses d'espoir ont été cédées aux multinationales occidentales parfois à un franc symbolique.  
 Pour que la dette étrangle l'Afrique et retarde son développement, les pays occidentaux ont cherché à contrôler notre système de production afin de piller les ressources de l'Afrique. C'est ainsi que le FMI, par le truchement de ses programmes d'Ajustement Structurel (PAS) a obligé les pays africains à privatiser les grandes entreprises africaines. Selon l'ONU, les trois quarts des prêts et des crédits n'étaient accordés qu'à condition de privatiser...Entre 1990 et 2000, plus de 3000 entreprises sont passées du secteur public au secteur privé, soit une moyenne de six privatisations par an et par pays. Pour la période de 1990 à 1995, le nombre d'entreprises publiques est passé en Afrique subsaharienne de 6069 à 4058, soit une chute de 33%.  
 Dans ce fourretout, les pays occidentaux ont un bras séculier politique qui est l’organisation des nations unies (ONU). Cette organisation internationale, créée en 1945,  regroupant pratiquement tous les Etats de la planète, a pour finalité  la paix internationale. Pour nous en tenir à l’essentiel, on peut dire qu’elle a pour objectif la  facilitation de la coopération dans les domaines du droit international, de la sécurité internationale, du développement économique, du progrès social et des Droits de l'homme.  Or, cette organisation ne travaille véritablement que dans les pays du tiers-monde.
Cela est troublant. Un schéma est trivial : lorsqu’un pays a un sous-sol riche et qu’il fait l’objet de convoitise de la part des pays occidentaux, tout refus se transforme en rébellion ou guerre civile. Et c’est là que cette organisation vient pour jouer les pompiers.  
 Il me semble également justifier de relever un fait important : il n’y a que les ressortissants des pays pauvres qui sont inculpés par la Cour pénale internationale (CPI). C’est d’ailleurs cette combine qui a certainement poussé certains pays africains à demander la suspension de l’inculpation par la Cour pénale internationale (CPI) du président soudanais Omar Hassan al Bachir. En outre, la position de l’ONU dans certaines crises en Afrique entame sérieusement sa crédibilité. Si donc, ces analyses sont exactes, on peut conclure que l’ONU peine à se départir  de son but déjà fixé : celui de soutenir politiquement les dérives occidentales dans les pays du tiers-monde.  
 
 
 
 Le panafricanisme, notre seul salut
 
 Quelle drôle d’idée que de parler ici de panafricanisme alors que nous débattons du colonialisme. Et pourtant, la seule et vraie solution aux problèmes africains réside dans le panafricanisme. Il convient d’abord de déterminer en quoi consiste l’idéologie panafricaniste. Le panafricanisme se définit comme le mouvement politique et culturel qui vise à unir les Africains et les descendants d'Africains hors d'Afrique à régénérer l'Afrique, ainsi qu'à encourager un sentiment de solidarité entre les populations du monde africain.  
 On y trouve l’idée qui consiste à glorifier le passé de l'Afrique et inculquer la fierté par les valeurs africaines.
 Enfin, et peut-être est-ce le plus important, c'est l'afrocentrisme qui s'appuie sur les travaux du savant sénégalais, Cheikh Anta Diop. Rares ont été ceux qui ont tiré la sonnette d’alarme à propos de la  vision eurocentriste du monde, qui sous-estimerait les civilisations africaines et ne considèrerait que le point de vue occidental sur l'histoire du monde et des civilisations.
 En Afrique, l’identité est étouffée par le poids historique de la colonisation qui a écrasé les structures locales pour renforcer son administration en imposant les systèmes éducatifs, les langues, la culture et l’histoire des pays occidentaux. Dans la mesure où le panafricanisme recouvre l’affirmation de notre identité africaine, la revalorisation de sa culture, la reconquête de notre passé glorieux, l’unité des africains, il constitue fondamentalement la seule et unique réponse au colonialisme nouvelle version.  
 Dans un article publié en 1919, Web Dubois, comparait le panafricanisme au sionisme en ces termes « le mouvement panafricainiste signifie pour nous, les noirs, ce que le sionisme doit signifier pour les juifs, c’est-à-dire, la reconnaissance de notre identité dans la fierté, et le besoin d’œuvrer de toutes nos forces pour notre race ».  
 Face à la volonté des pays occidentaux de faire de l’Afrique la plèbe du monde, il faut réagir sinon c’est notre humanité sera remise en cause.
Rappelons-nous mes bien-aimés la substance de cette pensée d’Ernest Vissot « Ce n’est point le jugement d’autrui qu’il faut craindre, mais celui de notre conscience ».  
 Le continent africain n’a pas vocation à demeurer dans le denier wagon mondial, il doit se réveiller comme la Chine, l’Inde et le Brésil car comme le rappelle Sartre, « l’important n’est pas ce qu’on a fait de nous mais c’est ce que nous faisons de ce qu’on a fait de nous ».  
 
 Dieu bénisse l’Afrique !
 
 Séraphin PRAO
 Docteur en économie
 Diplômé de l’Université Pierre Mendès France de Grenoble  Spécialise  des pays de la zone franc  Président du MLAN  www.mlan.fr   contact@mlan.fr

 

Les crucifix interdits dans les écoles italiennes

Publié le 05/11/2009 à 12:00 par djamazz
Les crucifix interdits dans les écoles italiennes

 

Gilles Devers Mercredi 4 Novembre 2009


Des faits absolument dramatiques ont été jugés par la Cour européenne des droits de l'homme  (3 novembre 2009, n°  30814/06) et je ne peux les évoquer que si vous écartez les enfants de ce blog. C’est fait ? Bon, allons-y, mais soyez courageux pour affronter l’insoutenable.

En Italie, à l'école publique d’Abano Terme, un crucifix est accroché sur les murs des salles de classe. Un drame absolu. Et ajoutant au drame, le Conseil d'Etat, par un arrêt du 13 février 2006, a estimé que la croix était devenue une des valeurs laïques de la Constitution italienne et représentait les valeurs de la vie civile. Un terrain de combat pour la CEDH...

Diable, des crucifix en Italie !

petit-monde-don-camillo-R.jpgEn Italie, l’obligation d’exposer le crucifix dans les salles de classe existait déjà avant l'unité de l'Italie. L’article 140 du décret royal no 4336 du 15 septembre 1860 du Royaume de Piémont-Sardaigne prévoyait : « chaque école devra sans faute être pourvue (...) d'un crucifix ».

En 1861, l’Italie devient l’Etat italien, et son statut précisait : « La religion catholique apostolique et romaine est la seule religion de l'Etat. Les autres cultes existants sont tolérés en conformité avec la loi ».

En 1948, les rapports entre l'Etat et l'Eglise catholique ont été réglementés par les Pactes du Latran. Ca a discuté et négocié sans relâche, et depuis le 25 mars 1985, le principe de la religion catholique comme la seule religion de l'Etat italien est considéré n'étant plus en vigueur. La Cour constitutionnelle italienne, dans un arrêt du 20 novembre 2000 (N° 508), a d'ailleurs affirmé que l'attitude de l'Etat doit être marquée par l'équidistance et l'impartialité. Les croyances, cultures et traditions différentes doivent vivre ensemble dans l'égalité et la liberté. Carrément révolutionnaire, mais ça ne suffit pas à la CEDH.

Ce que dit la CEDH

Grande%20bagarre%20de%20Don%20Camillo%20(la).jpgPour la Cour, l'Etat doit s'abstenir d'imposer, même indirectement, des croyances, dans les lieux où les personnes sont dépendantes de lui ou encore dans les endroits où elles sont particulièrement vulnérables. Certes. La scolarisation des enfants, pour les juges de Strasbourg,  représente un secteur particulièrement sensible car le pouvoir contraignant de l'Etat est imposé à des esprits qui manquent encore (selon le niveau de maturité de l'enfant) de la capacité critique permettant de prendre distance par rapport au message découlant d'un choix préférentiel manifesté par l'Etat en matière religieuse. D'accord, mais c'est l'application de cette régle aux crucifix qui ne va pas.

La Cour fait d'abord référence à la décision Karaduman c. Turquie  3 mai 1993) : « Dans les pays où la grande majorité de la population adhère à une religion précise, la manifestation des rites et des symboles de cette religion, sans restriction de lieu et de forme, peut constituer une pression sur les élèves qui ne pratiquent pas ladite religion ou sur ceux qui adhèrent à une autre religion ».

La Cour poursuit en affirmant que le droit de ne pas croire « mérite une protection particulière si c'est l'Etat qui exprime une croyance et si la personne est placée dans une situation dont elle ne peut se dégager ou seulement en consentant des efforts et un sacrifice disproportionnés ». Elle enchaine en affirmant que  « L'Etat est tenu à la neutralité confessionnelle dans le cadre de l'éducation publique obligatoire où la présence aux cours est requise sans considération de religion et qui doit chercher à inculquer aux élèves une pensée critique », et là encore on est d'accord, car il s'agit de l'énoncé de principes classiques.

Mais vient ensuite l'application à ce symbole qu'est le crucifix : « La Cour estime que l'exposition obligatoire d'un symbole d'une confession donnée dans l'exercice de la fonction publique relativement à des situations spécifiques relevant du contrôle gouvernemental, en particulier dans les salles de classe, restreint le droit des parents d'éduquer leurs enfants selon leurs convictions ainsi que le droit des enfants scolarisés de croire ou de ne pas croire. La Cour considère que cette mesure emporte violation de ces droits car les restrictions sont incompatibles avec le devoir incombant à l'Etat de respecter la neutralité dans l'exercice de la fonction publique, en particulier dans le domaine de l'éducation. »

Qui calmera la CEDH ?

le_petit_monde_de_don_camillo01.jpgJe suis bien évidemment en désaccord total avec cette conclusion, qui témoigne d’une dérive de la CEDH. La présence du crucifix dans les salles de classe d’Italie restreindrait «  le droit des parents d'éduquer leurs enfants selon leurs convictions ainsi que le droit des enfants scolarisés de croire ou de ne pas croire » ? A ce stade, ce n’est plus droit, mais de la chatouille.

Ces crucifix n’ont jamais rien empêché, ni contraint qui que ce soit. L’histoire de l’Italie est assez parlante. Arrêtons avec ces sornettes qui ressemblent à de l’intégrisme juridique ! Bien sûr, c’est religieux, mais c’est aussi de l’histoire et de la culture, et seule compte la teneur de l’enseignement, capable de transmettre le goût d’apprendre, la volonté de débattre et la capacité à forger ses convictions. L’Italie est chrétienne comme le Maroc est musulman : où est le drame ? Vouloir effacer par la réglementation cette présence est une vue de l’esprit. Et puis penser que ces crucifix vont perturber la conscience des enfants, et l’éducation qu’entendent donner les parents, c’est, au minimum, prendre les gens pour des demeurés. Que la CEDH s’occupe de sanctionner les atteintes aux droits fondamentaux, et elle a bien  à faire. Mais en matière de religion, cette Cour ne parvient pas à trouver la juste distance, et comme les Etats rampent devant sa jurisprudence, le système est entrain de dérailler.

Il n'est pas besoin de revenir sur le rôle extrêmement positif de la jurisprudence de la CEDH dans la remise en cause de règles et de pratiques nationales dépassées, mais cette Cour peut elle aussi se tromper, et se pose la question de savoir comment remettre en cause les arrêts de cette Cour. Si les Etats et les opinions publiques n'y parviennent pas, ce sont d’autres juges qui devront le faire. La Cour Européenne de Justice (CEJ), qui s’est désormais saisie de la question des droits fondamentaux, développe au fil de ses arrêts, une jurisprudence très intéressante, et cette évolution est à suivre avec attention. Par ailleurs, je rappelle que pratiquement tous les Etats européens ont ratifié le Pacte des droits civils et politiques de 1966 et le protocole n°1, de telle sorte qu’existe un recours individuel devant le Comité des droits de l’homme de l’ONU, dont l’approche, sans doute parce qu’elle est universelle, est plus équilibrée.  

Et maintenant, chères soeurs et chers frères, plaidons...

Don Camillo prépare un recours devant le Comité des Droits de l'Homme de l'ONU
Les crucifix interdits dans les écoles italiennes


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Les écoliers de Gaza font leurs cours dans des caravanes !

Publié le 05/11/2009 à 11:55 par djamazz
Rapport:Les écoliers de la bande de Gaza font leurs cours dans des caravanes !

 

Mercredi 4 Novembre 2009


Rapport:Les écoliers de la bande de Gaza font leurs cours dans des caravanes !

Durant la dernière guerre agressive israélienne menée contre Gaza, au début de cette année 2009, les occupants israéliens ont essayé de tout détruire. Les écoles et les mosquées ne font pas exception à leur sauvagerie.

170 écoles ont été dévastées. Des milliers d’élèves se trouvent obligés de faire cours dans le noir et le froid, le froid du début de l’hiver qui est déjà arrivé. Et en plus des conséquences de la guerre, les occupants israéliens interdisent l’entrée de tables, de fenêtres, de portes et de tout produit de construction.

Si les affaires ne changent pas leur cours, les élèves feront leur travail dans des salles sans électricité, sans chauffage. Et s’ils ont de la chance d’avoir des fenêtres, ces dernières seront sans vitre.

La plupart des écoles sont dirigées par l’UNRWA. 200 écoles abritant la moitié des élèves de la bande de Gaza, au nombre de quelque 450 mille enfants.

La responsable de l’UNRWA dans la bande de Gaza dit qu’elle a pu se procurer, sur le marché local, quelques produits utiles pour restaurer une cinquantaine d’écoles. Toutefois, cela n’est pas du tout suffisant, si les occupants israéliens ne laissent toujours pas passer du ciment et d’autres produits pour la restauration des écoles et pour en construire d’autres.

Le cas n’est pas meilleur dans les écoles dirigées par le gouvernement palestinien. A titre d’exemple, dans le camp de réfugiés palestiniens de Jabalia, où vivent plus de cent mille personnes, le directeur d’une école dit que rien ne va plus : si les murs ne sont pas détruits, ils sont en mauvais état. Les salles de labo, de sport et de toute activité ne sont plus utilisables. On a installé des caravanes, inutiles en temps de pluie.

Et rien n’est mieux en été. Dans ces caravanes, la chaleur y règne, dit l’élève Mohammed Soltan, 14 ans. En fait, l’école du quartier As-Salattine, au nord de Beit Lahya, avait été totalement dévastée. Et pour que l’éducation continue, le gouvernement palestinien a installé des caravanes dans la cour de l’école, sans pouvoir réellement en profiter.

Puis maintenant, la cour est inondée. Et lorsqu’il pleut, le professeur doit attendre que la pluie s’arrête afin que sa voix soit audible.

Les jeunes ne peuvent pas suivre les cours de façon régulière. De plus, leur santé est en jeu, dans ces caravanes, dit un père, voyant son enfant dans une caravane ou dans une salle avec des fenêtres sans vitres, colmatées par des pièces en plastique. Des pièces qui se déchirent par le moindre mouvement, laissant l’air froid entrer et frapper les enfants.

Des mosquées en plastique !

Si les occupants israéliens font tout pour museler les Musulmans et les empêcher de pratiquer leur culte, en détruisant leurs mosquées, les habitants de la bande de Gaza élèvent de nouveaux lieux de culte, des lieux de fortune bien évidemment. En attendant une solution durable, les mosquées en nylon ou en chiffon se répandent dans les quartiers résidentiels.

En effet, les occupants israéliens avaient totalement détruit 46 mosquées, et 55 autres partiellement.

Il reste cependant très difficile de faire la prière dans des endroits pareils, surtout pour des personnes âgées. C’est le cas d’Abu Mahmoud Moqatt, 65 ans. Il ne peut faire ses cinq prières dans la mosquée proche de son habitation, à cause du « fort vent qui frappe le tissu ». Puis « les personnes de mon âge ne peuvent rester longtemps dans le grand froid contre lequel un morceau de nylon ne pourra rien faire ».

Pour sa part, l’Imam de la mosquée Al-Chifaa, dans la ville de Gaza, montre son appréhension de ne pas voir la mosquée restaurée, faute de matériaux de construction. Il a mal au cœur en voyant une telle mosquée historique disparaître pour qu’un petit lieu de prière, fabriqué de plastique, la remplace.

Disons finalement que tout manque dans la bande de Gaza. Et les habitants de la bande de Gaza en souffrent énormément. Mais les dossiers de restauration se déplacent d’un bureau à l’autre, sans qu’on ne voie quelque chose arriver !


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Le voile, symptôme de la modernité

Publié le 05/11/2009 à 08:50 par djamazz
Le voile, symptôme de la modernité

Le discours dominant stigmatise le voile « islamique » comme signe religieux portant atteinte au pacte laïque, refus communautaire d’intégration, ou encore soumission au pouvoir masculin. Cependant la recherche effectué sur le terrain par la sociologue Tülay Umay fait apparaître une toute autre signification du choix de ce vêtement. Il affirme une identité féminine personnelle et appelle les hommes à la révolte.

Tülay Umay Mercredi 4 Novembre 2009


Le voile, symptôme de la modernité
Les jeunes filles d’origine immigrée qui portent le voile sont de plus en plus nombreuses. Les différentes mesures prises, pour interdire ou limiter cette pratique, ne font qu’accélérer le phénomène. Cela est aussi vrai en Belgique qu’en France. Dès le départ, même lorsqu’il était socialement insignifiant, le voile était désigné comme une menace pour notre société. Il serait le cheval de Troie de l’intégrisme musulman. Il serait un symbole de la soumission de la femme [1].


Il s’agit là d’un discours qui se substitue à la parole des femmes elles-mêmes. On estime d’ailleurs qu’il n’est pas nécessaire qu’elles parlent. Elles n’auraient rien à dire de spécifique. Elles ne seraient que de simples femmes porteuses de valeurs qui ne leur appartiennent pas, de valeurs qui seraient celles des hommes de leur communauté. Le port du foulard leur serait imposé. Il serait le produit d’une domination directe ou résulterait de l’intériorisation de ce rapport par la victime. Il serait inutile de les interroger puisqu’elles ne pourraient que reproduire un discours qui les aliène.


Pourtant, de nombreuses recherches montrent que le port du voile résulte d’un choix individuel et que ce choix ne peut être réduit à celui de la victime émissaire. Certaines le portent, d’autres pas. Généralement, dans une même famille, certaines sont voilées, d’autres non. Entre celles qui le portent et celles qui ne le portent pas, il y a une décision personnelle. C’est la possibilité de ce choix qui spécifie le voile de la modernité.


Si on prend la peine de les entendre, et c’est ce que nous avons fait dans le cadre d’une recherche de terrain, il apparaît que ce phénomène n’est pas d’ordre religieux, ni d’ordre communautaire. Lorsque l’on interroge ces jeunes femmes, ce qu’elles mettent en avant, c’est leur volonté propre, la démarche individuelle qu’elles ont faite. Ce faisant, elles nient la lecture faite par les médias. Elles s’opposent à la vision d’un voile imposé par la famille, par le père, par le mari. Souvent, elles font observer qu’elles portent le voile en désaccord avec ceux-ci ou font mention de fortes réticences familiales face à leur démarche. Si l’on donne la parole aux jeunes filles, un élément s’impose : le voile n’est ni un retour à la tradition, ni un réflexe communautaire. Il est un choix d’individus inscrits dans la modernité.



D’ailleurs, l’observation du phénomène nous montre que tout, dans ce voile, fait référence à la modernité et non à la tradition. Ainsi, autrefois, le foulard effaçait le corps de la femme face au regard de l’homme. Actuellement, le voile est devenu, au contraire, présence du corps féminin, présence de la femme dans l’espace public. Au lieu de cacher, le voile montre. Il est acte de dévoiler grâce à la médiation du corps. Il est ainsi un moyen d’accéder au droit d’être, au droit d’exister en tant qu’individu particulier.


Toutes les valeurs de la tradition sont renversées par le voile moderne, telle la dissimulation de la femme, son retrait de l’espace public et l’effacement du corps, ainsi que la conception de l’individu comme simple reflet de sa communauté.


Dans la modernité, le voile n’est plus passivité, adéquation de l’individu à la norme, il est prise de parole, affirmation de l’individu. Ainsi, c’est une subjectivité qui se donne le droit d’apparaître. Le voile devient l’espace de leur voix, de leur parole, de leur subjectivité. C’est du voilement partiel de leur corps que peut procéder le dévoilement de leur réel, de leur intériorité.


Le voile est le symptôme de la modernité. Il cache, tout en montrant. Ce voilement, qui est simultanément dévoilement, est langage, c’est-à-dire symbole qui se représente à partir de l’autre, à partir de la société d’accueil et de l’image maternelle.


Le discours des médias ou des institutions nie la spécificité de phénomène inscrit dans la modernité. Pour cela, il fait un amalgame entre différentes choses. Il confond le voile de nos sociétés, qui résulte d’un choix individuel, avec celui de la tradition, qui est un signe social, et celui-ci avec le voile tel qu’il existe dans les sociétés islamiques modernes, là où il est imposé par l’État. Cette démarche réductrice n’est pas sans arrière-pensée. Il s’agit de nier un fait perturbant. Tel le Sphinx, le voile nous questionne. Il questionne la modernité et nous renvoie à nous-même, à nos propres valeurs et à nos contradictions. En fait, ce n’est pas parce que le voile serait le symbole de la soumission des femmes qu’il serait dérangeant, mais, au contraire, parce qu’il apparaît comme le symptôme de la faillite des hommes. Cet élément est central dans le discours des femmes voilées. Le voile révèle, met en lumière, l’incapacité des hommes à faire respecter leur communauté et surtout leur incapacité à nommer la discrimination subie. Le voile se substitue à ce manque. Mais il n’est pas un drapeau, il n’est pas l’expression d’un mouvement social. S’il nomme, ce n’est pas sur le mode de l’affrontement et du collectif, c’est sur le mode de l’individualité et de la différence.


Le voile n’est pas soumission aux hommes, il n’est généralement pas imposé par eux, mais se substitue à ceux-ci. Ces jeunes femmes n’occupent pas la place que leur désigne la communauté patriarcale. Ce sont elles qui rendent leur place aux hommes. Contrairement aux féministes, elles ne veulent pas occuper la place des hommes, mais que ceux-ci reprennent la fonction qu’ils ont abandonnée, la capacité de représenter, de faire reconnaître leur existence, la capacité de transmettre la culture, de défendre leur spécificité culturelle


Le voile actuel est le symbole de la faillite de la fonction du père, faillite de l’homme issu de l’immigration mais aussi celle de l’homme dans notre société. Ce phénomène que révèle le voile, la théorie lacanienne le désigne comme étant « organique » à l’ensemble de la modernité. Pour ce faire, elle utilise le terme de « forclusion-du-nom-du père ». La fonction du-nom-du-père représente le pouvoir de nommer et par conséquent de se reconnaître et d’être reconnu. Cette fonction est la capacité de sortir d’un réel stigmatisant, et de dire « je ». C’est cette fonction que reprend le voile. Le voile nomme, dit « je ». Il est affirmation paradoxale d’une autonomie. Il s’appuie sur la culture pour tenter d’échapper à un manque, à un déni de reconnaissance, à une aliénation sociale.
Pour rétablir le lien social, la fonction du-nom-du-père, le voile fait appel non plus aux représentations paternelles mais à l’imago maternelle, à une intériorité féminine qui se fait extériorité. Contrairement à l’image de la femme véhiculée par la publicité, cette extériorité, le voile, n’est plus la forme du regard de l’autre, du regard de l’homme mais se veut la forme de l’intériorité féminine, de l’imago maternelle. Ces femmes sont ainsi en décalage avec le féminisme institutionnel qui part des valeurs masculines pour se constituer une identité. Il s’agit là d’un élément paradoxal qui explique en partie le caractère incompris et perturbant de ce phénomène social.




Documents joints Auteurs, traduction, source
Auteurs Ajouter {!traduction} à boucle article lors du passage à Spip 1.8.2 Tülay Umay
Sociologue. Née en Anatolie, elle vit en Belgique. Elle travaille sur les structures sociales et psychiques de la postmodernité. Comme support concret de cette recherche, la question du voile dit « islamique » est objet d’étude privilégié, non comme objet en soi, mais comme symptôme de notre société.



Traduction Ajouter {!traduction} à boucle article lors du passage à Spip 1.8.2 Source Ajouter {!traduction} à boucle article lors du passage à Spip 1.8.2
________________________________- PS Notes

[1] « Nos « valeurs » valent-elles plus que nos enfants ? », par par Tülay Umay, Réseau Voltaire, le 15 octobre 2009.


http://www.voltairenet.org/article162762.html http://www.voltairenet.org/article162762.html

Identité nationale: L'extrême-droite comme si vous y étiez

Publié le 04/11/2009 à 14:09 par djamazz
Identité nationale: L'extrême-droite comme si vous y étiez

 

Serge Portelli Mardi 3 Novembre 2009


Identité nationale: L'extrême-droite comme si vous y étiez
Que le combat pour la démocratie passe d’abord par les mots; qu’il faille, inlassablement, mener cette lutte, dérisoire, dirait-on, pour conserver son sens au langage que nous partageons et leur réalité à ces valeurs que nous défendons: les jours sombres que nous traversons et qui nous attendent nous rappellent à ce devoir essentiel. Avant de brûler les livres on commence toujours par brûler les mots. *
Le sarkozysme n’est pas la droite classique. L’idéologie qui l’anime n’est pas celle que nous connaissions. Le discours qu’il développe n’est en rien celui que nous entendions, avec tant de variantes pourtant, de De Gaulle à Chirac, en passant par Pompidou ou Giscard d’Estaing. Le vocabulaire qu’il utilise - avec soin - n’est pas celui de la droite républicaine. Son dictionnaire ordinaire emprunte de plus en plus au langage de l’extrême droite et ce langage - qui s’impose insidieusement grâce à l’empire et l’emprise médiatique du système - nous habitue progressivement au pire.
Même si les livres d’histoire et de sciences politiques ne le présente pas ainsi, l’un des actes fondateurs de notre démocratie est, en 1981, la suppression de la peine de mort. Nous avons abandonné pour de bon l’un des derniers oripeaux de la barbarie. Dans sa course éperdue à l’électorat et aux idées lepénistes, Nicolas Sarkozy n’arrête pas de tutoyer cette peine de mort et de jouer avec cette abolition fondatrice. Dans la stratégie ordinaire du discours paradoxal, tout est dit pour nous rapprocher de l’idée que cette peine est envisageable, quitte au dernier moment à se draper vertueusement dans un discours abolitionniste auquel plus personne ne croit. L’utilisation permanente du mot “monstre” pour désigner les auteurs des crimes les plus graves fait partie de cette dérive perverse du vocabulaire. On exclut ainsi ces hommes de l’humanité ordinaire: inutile de chercher à les ramener un jour parmi nous - ce qui, au-delà de la nécessaire sanction, est la mission première de la justice -, nous sommes dans la logique de l’élimination. Dire d’un homme qu’il est un “monstre”, c’est tuer l’homme en lui.
Le traitement de la délinquance sexuelle offre à présent l’occasion d’une nouvelle et très grave dérive. Là aussi, tout commence par les mots. Il existe, parmi toutes les possibilités de traitement de cette criminalité, une option médicale à base de traitement hormonal. Un médecin, peut, dans certains cas bien précis et avec un luxe de précaution - notamment dans le respect absolu du secret médical - le prescrire avec l’accord du patient. Que le patient soit un condamné ne change rien à ces principes. Nicolas Sarkozy se bat depuis des années - bien avant d’être nommé président de la République - pour que ce traitement soit imposé de force à ceux que l’on nomme les délinquants sexuels. Il a été puissamment aidé par ces termes, employés à dessein, de “castration chimique”. Ces mots sont faux. Le traitement est évidemment réversible. Mais le mot “castration” permet de faire le lien immédiat avec la castration dans son sens propre, à savoir l’ablation physique. À la répéter inlassablement, l’idée germe insensiblement qu’une atteinte physique est possible. Et tous ceux qui, en public, essaient de rectifier cette dénomination impropre et dangereuses passent pour des puristes inconséquents. Il n’a pas fallu longtemps pour que Michel Alliot-Marie, le nouveau garde des sceaux, franchisse le pas et évoque franchement la castration physique. “Pour l’instant, reconnaît-elle, la castration physique est interdite en France, mais elle existe ailleurs. Je pense que cela mérite une analyse et qu’aujourd’hui la question de la castration physique peut se poser et être débattue, y compris au Parlement”. Combien de dizaines de milliers de bulletins de vote seront-ils gagnés par ces propos qui donnent la nausée? Dans ce concours d’inhumanité, quelle sera la prochaine idée qui permettrait de satisfaire nos pulsions primaires de vengeance et de mort? Non, rassurez-vous, la peine de mort n’est pas encore là. Pas tout à fait. Nous aurons droit à des dénégations indignées - mais brèves - pour tenter de gagner sur tous les tableaux. Mais l’essentiel est là: l’idée que l’on peut toucher au corps du condamné. Que l’on peut le punir dans sa chair. Qu’il doit expier physiquement. Un germe malsain de plus est déposé dans notre démocratie. Il produira ses effets plus tard, si nous ne réagissons pas vigoureusement en refusant avec la dernière vigueur toute idée de “castration”, en dénonçant le subterfuge des mots et cette noire démagogie.
Eric Besson, lui, avec le zèle touchant des ultimes convertis, tentant de faire oublier ses anciennes et virulentes dénonciations du sarkozysme, avoue sans pudeur qu’en exécution des consignes du président de la République, il cherche à récupérer les voix de l’extrême-droite. Il veut, dit-il, “la mort” du Front National. La paradoxe est que cet homme qui se disait de gauche et se dit à présent de droite, patauge dorénavant non seulement dans les idées mais les pratiques de l’extrême droite. Enfermer des enfants dans des centres de rétention, expulser des jeunes scolarisés, détruire des familles, faire vivre dans l’angoisse des dizaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants, simplement “coupables” de n’avoir pas de papiers, mobiliser en permanence et pervertir l’appareil d’Etat dans des tâches purement électoralistes, renvoyer des étrangers par charters dans des pays en guerre.... voici la réalité de cette politique nauséabonde. Utiliser la souffrance d’êtres humains pour asseoir son pouvoir aujourd’hui et le conserver demain. Dévoyer les valeurs de la République pour fortifier un clan. Mais il faut, là encore, tordre le cou aux mots pour légitimer ce combat déloyal. L’appellation de ce ministère d’ identité nationale est une honte permanente, une opération de grossière propagande qu’il nous faut dénoncer chaque jour. Sans que jamais ne s’installe le renoncement. La dernière trouvaille est d’engager un vaste débat sur ce qu’est l’identité nationale. Les préfets, qui ont pourtant d’autres chats à fouetter, vont être requis pour cette opération de campagne électorale. Il n’est d’autre réponse que de refuser catégoriquement cette dérisoire opération de marketing politique, refuser le piège de ces mots détournés.
Le plus triste est qu’Eric Besson lui-même avait, il y a si peu de temps, en janvier 2007, parfaitement analysé cette imposture qu’il met aujourd’hui en oeuvre. Son livre, “Les inquiétantes ruptures de M. Sarkozy”, était, et reste, une des meilleures descriptions de ce qu’est le sarkozysme. Disséquant le nouveau nationalisme prôné par son adversaire de l’époque, il écrivait: “En fait, sous la fausse bonne idée (reprendre les voix du Front National), les propos de Nicolas Sarkozy renvoient à une période que l’on croyait révolue, celle où la droite républicaine n’était pas au clair avec l’extrême droite”.
Eric Besson veut un débat où l’on ne se paye pas de mots? Qu’il commence par s’y inviter lui-même, qu’il nous explique et nous commente ces pages lumineuses où il dénonçait un populisme inquiétant qui flatte le peuple et attise ses peurs en dérivant chaque jour un peu plus vers la droite extrême. Ou si cette image lui fait trop honte, qu’il parle réellement de ce qu’est et sera l’immigration. Qu’il parte par exemple du rapport 2009 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui vient d’être publié: "Lever les barrières : mobilité et développement humains". Qu’il explique à l’opinion publique que l’immigration profite non seulement au migrant, mais aussi aux pays de départ et d'accueil. Ou qu’il évoque les migrations climatiques qui vont radicalement changer la donne de tous ces problèmes. Ou qu’il parle honnêtement de sa politique en matière d’asile en expliquant que les chiffres qu’il avance pour vanter la générosité de la France ne sont pas de son fait: ils résultent de la jurisprudence des juges de cour nationale du droit d’asile. Chaque année, infirmant les décisions de l’OFPRA, ces juges courageux et consciencieux accordent, à eux seuls, plus d’asiles que l’administration!
Cessons de mêler le mot “France”, les couleurs du drapeau ou le chant d’un hymne de liberté, à ce qui fait chaque jour notre honte et notre souffrance. Si débat il doit y avoir, qu’il soit sur les valeurs de notre démocratie, sur le glissement progressif vers un Etat-limite dans lequel l’appareil d’Etat est mis au service d’une idéologie mortelle pour nos libertés.


http://chroniquedelhumaniteordinaire.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/11/03/l-extreme-droite-comme-si-vous-y-etiez.html http://chroniquedelhumaniteordinaire.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/11/03/l-extreme-droite-comme-si-vous-y-etiez.html

Norvége... boycottage académique d'Israël

Publié le 04/11/2009 à 11:45 par djamazz
La 2e université norvégienne envisage un boycottage académique d'Israël  03/11/2009
OSLO - L'Université norvégienne des sciences et de la technologie (NTNU) de Trondheim (centre-ouest), la deuxième du pays, va se prononcer prochainement sur un éventuel boycottage académique d'Israël, a-t-on appris auprès de l'université mardi.
La direction examinera le 12 novembre la lettre ouverte d'une trentaine d'universitaires qui prônent la suspension de la coopération académique et culturelle avec Israël "jusqu'à l'obtention d'une garantie qu'il sera mis un terme à l'occupation des territoires palestiniens".
"Nous (...) estimons qu'il est temps que les institutions académiques contribuent à la pression internationale contre Israël de sorte que de vraies négociations entre Israël, les autorités démocratiques palestiniennes et la communauté internationale puissent commencer", selon ce texte.
"Les universités et autres institutions israéliennes d'enseignement supérieur ont joué un rôle-clé dans la politique d'oppression", ajoutent les universitaires.
Anne Katherine Dahl, adjointe du recteur, a indiqué qu'à la suite de cette initiative, le conseil d'administration de l'université avait décidé d'étudier une motion sur un éventuel boycottage académique.
"Le conseil d'administration a jugé légitime d'examiner la question, cela ne veut pas nécessairement dire qu'il abondera dans le sens des signataires", a déclaré Mme Dahl à l'AFP.
Le conseil est composé de 11 membres: quatre représentants de l'Etat, quatre représentants du personnel, deux autres des étudiants et un des employés temporaires.
Le recteur, Torbjoern Digernes, a quant à lui émis un avis négatif mardi à l'égard à la proposition de boycott.
"En tant qu'universitaires, il est de notre devoir d'encourager les études sur les causes du conflit entre Israël et les Palestiniens et sur les façons de le résoudre", a-t-il écrit dans un mémo adressé au conseil d'administration.
"Nous sommes donc dépendants de la possibilité de coopérer avec des universitaires israéliens et d'entendre leurs points de vue sur le conflit", a-t-il notamment estimé.
L'initiative des signataires fait suite à des campagnes similaires lancées ces dernières années en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, suivant l'exemple du boycottage académique décrété contre l'Afrique du Sud au temps de l'apartheid.


(©AFP / Romandie News)

Lettre ouverte aux députés !

Publié le 04/11/2009 à 11:40 par djamazz
Lettre ouverte aux députés !

 

david.cabas@gmail.com Mardi 3 Novembre 2009


Lettre ouverte aux députés !

M. Le Député




Je tiens une nouvelle fois à attirer l'attention sur notre situation économique. Malgré plusieurs appels, pour un nouveau Breton Woods, une commission Pécora, je n'ai toujours pas de nouvelles de votre part.




Malgré les mensonges des médias de masse, autour des soi-disant miracles des dispositions prises pendant les G20 de Washington, Londres et Pittburg, autour de la soi-disant reprise sans emploi, etc.. Nous remarquons plutôt les signes de plus en plus visibles de l'effondrement du système financier dans son ensemble.




Au niveau international, nous sommes témoins d'une reprise de la spéculation sans précédent, on continue à jouer avec l'argent, on continue à parier sur les matières premières, l'argent continue à être injecté massivement pour sauver un système déjà condamné créant ainsi les conditions d'une inévitable crise hyperinflationniste. Nous sommes en plein Weimar de 1924, créant de la monnaie à volonté sans contre-partie physique. L'histoire est-elle entrain de bégayer ? Le plus dangereux, c'est que nous parlons du système financier dans son ensemble.




Au niveau national, la crise financière a accéléré les problèmes budgétaires de la France. Manque de recette fiscale, explosion de la dette. Au-delà du débat organisé par la presse de masse : « Quelle dette laisserons-nous à nos enfants ? », je pense que nous devons nous poser la question de la légitimité de la dette publique de la France.




« La réalité est que la dette publique française est d’abord due aux intérêts payés aux établissements financiers auxquels nous avons emprunté. Pourquoi ? Parce que la loi Pompidou-Giscard du 3 janvier 1973, puis l’article 104 du traité de Maastricht, ont ôté le droit de création monétaire à la Banque de France et livré la monnaie aux banques et sociétés d’assurance. La dette fin 1979 était de 239 milliards d’euros, fin 2008 elle s’établit à 1327 milliards d’euros, soit une hausse de 1088 milliards en 30 ans, pendant lesquels nous avons payé 1306 milliards d’intérêts ! L’on nous a dit et répété alors que laisser la Banque de France émettre de la monnaie condamnait à l’inflation. Et qu’avons-nous aujourd’hui, sans elle ? Une déflation salariale et une baisse du niveau de vie, conjuguée à une inflation monétaire monstrueuse. » Jacques Cheminade octobre 2010




Face à l'accélération de l'effondrement du système financier, je vous demande Monsieur Le Député de prendre votre responsabilité, d'être le représentant du peuple, de protéger le citoyen afin de promouvoir l'intérêt général et le bien commun.




Le Choix




Face à l'effondrement, un choix s'impose à nous ! Le choix de l'austérité, un choix déjà fait par Laval, Pétain ou encore Shatch (l'économiste du système nazi) ou alors le choix de la rupture avec l'empire financier actuel, un choix fait pendant la révolution américaine qui se libéra du joug de l'empire Britannique ou encore le choix de Roosevelt avec le New Deal.

 

Commission Pécora




En mars 1932, Franklin Delano Rooseselt a mis en place une commission d'enquête parlementaire sur les causes de la crise de Wall Street de 1929 et dirigée par Ferdinand Pecora. Ce qui motivait cette commission d'enquête parlementaire, lors de ses auditions au congrès, c'était de comprendre l’emprise mafieuse des intérêts financiers sur la République américaine, afin d’ouvrir la voie au véritable changement de système. Nous devons nous inspirer de cette bataille !




La solution : le Glasse steagal act et un Nouveau Bretton Woods




Il n'y a aucune solution dans l'injection massive d'argent dans le cadavre du système financier actuel.




Tout d'abord, nous devons organiser la banqueroute organisée du système bancaire et remettre en application la loi Glass Steaglass qui permet de diviser les banques selon leurs métiers, les banques d'affaires, ne sont pas de banques de dépôt et l'inverse.




Le nouveau Bretton Woods, c'est le choix politique de rupture avec le fascisme de l'empire financier actuel, qui nous conduit tout droit vers une réduction massive de la population mondiale. Les gouvernements des états nations souverains doivent s'inspirer de la conférence de 1944 à Breton Woods qui donna naissance au système avec lequel furent possibles les 30 glorieuses. Nous devons organiser des accords monétaires entre nations souveraines, nous devons fixer la monnaie à une référence physique pour interdire la spéculation. Nous devons aussi reprendre le pouvoir sur le crédit, créer une banque nationale sous contrôle politique afin de financer massivement des grands projets d'infrastructures, de recherche, d'industrie, d'agriculture etc...




Le Front Social se dégrade




Ne pas rompre avec la règle du jeu de la finance, c'est ouvrir la porte aux plus terrifiants moments de l'histoire de France. Ne laissons pas le front social tomber dans le piège de l'impuissance et de la violence. Nous devons mobiliser les citoyens autour d'un vrai projet d'avenir, un projet de développement.




C'est pour cela, M. Le député, que je vous exhorte lors du débat autour du budget de la France 2010 de mettre sur la table les vraies questions, l'effondrement du système financier et ses solutions. Dans le tract de Solidarité et Progrès, vous pourrez trouver les propositions afin de faire face à la situation et répondre à la colère des citoyens!




Cordialement,




David C. 



http://www.david.cabas.over-blog.fr

La Marche Mondiale pour la Paix et la Non-violence

Publié le 04/11/2009 à 11:25 par djamazz
La Marche Mondiale pour la Paix et la Non-violence à Paris du 6 au 8 novembre

 

Mardi 3 Novembre 2009


La Marche Mondiale pour la Paix et la Non-violence à Paris du 6 au 8 novembre
COMMUNIQUE DE PRESSE

 

CONTACT PRESSE

Didier GAY / Tél. : 06 17 86 59 95

medias@marchemondiale.fr

 
   
   

theworldmarch.org

 

La Marche Mondiale pour la Paix et la Non-violence

à Paris du 6 au 8 novembre

 

Après la Nouvelle-Zélande, l’Australie, les Philippines, l’Inde, le Népal, le Pakistan, la Corée, le Japon, la Turquie, la Russie, la Finlande, la Suède, le Danemark, la Hollande et la Belgique, l’équipe de base internationale de la Marche Mondiale pour la Paix et la Non-violence arrivera en France à Paris, le 6 novembre.

Au même moment, une  autre partie de cette équipe de base se trouvera en Allemagne à Berlin, où la Marche Mondiale sera accueillie au 10e Sommet des Prix Nobel de la Paix, les 10 et 11 novembre. A cette occasion, les membres de la Marche Mondiale deviendront officiellement des ambassadeurs de la "Charte pour un Monde sans Violences", charte rédigée par 19 prix Nobel de la Paix.

À Paris durant trois jours, le groupe des marcheurs sera à l’honneur des événements prévus dans la capitale :

Voici le programme :

Vendredi 6 novembre: 20h au cinéma Le Trianon 71, place Carnot, à Romainville.

Dans le cadre du festival cinématographique La non violence se fait une toile, rencontre autour du film: Rachel, en présence de la réalisatrice Simone Bitton et d’une délégation des marcheurs

Samedi 7 novembre : Circuit  à bord d’un bus de l’Open Tour transformé en « bus de la Paix et de la Non-violence ».

Départ à 15h00 de Notre-Dame ; arrivée à 17h30 à l’Hôtel de Ville. Rencontre prévue à l’arrivée à 17h30, sur le Parvis de l’Hôtel de Ville, en présence du chanteur Graeme Allwright, qui interprètera sa version non violente de La Marseillaise.

Dimanche 8 novembre : Marche festive de la Place de la République à la Place du Châtelet, en compagnie des associations et artistes qui soutiennent la Marche. Rendez-vous à 11h30, au centre de la Place de la République.

A 14h30, Rencontre avec les Marcheurs. Rendez-vous sur la péniche La Balle au bond, située au 35, quai de la Tournelle, face à Notre-Dame de Paris, avec des interventions de plusieurs personnalités  adhérentes à la Marche, dont Madame Danielle Mitterrand, Monsieur Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l’homme, Monsieur Stéphane Rivière, de l’association Terralliance,…

La soirée se poursuivra sur le quai avec desreprésentations artistiques.

Plus de détails sur les événements programmés en France sur www.marchemondiale.fr

La marche continue jusqu’au 2 janvier 2010. Vous pouvez consulter la suite du programme sur le Site mondial www.marchamundial.org

Université Zurich: réfléchir à la prévention de la violence

Publié le 04/11/2009 à 10:45 par djamazz
Etude de l’Université de Zurich qui doit nous faire réfléchir à la prévention de la violence

 

Dieter Sprock Mardi 3 Novembre 2009

 

Il y a quelques mois, à Munich, deux ­jeunes assomment un homme qui voulait s’interposer pour empêcher un acte de violence. Récemment, à Ansbach, un élève de 18 ans pénètre dans une école, lance des cocktails Molotov dans une classe et frappe à coups de hache les élèves qui s’enfuient. Et demain? Nos villes, espaces publics, ne sont plus sûres. Chaque jour, on déplore des actes de violence. Jusqu’où ira la spirale de la violence? Dans ce contexte, une étude du canton de Saint-Gall sur la délinquance juvénile tombe à point. Elle fournit aux parents, aux éducateurs, aux enseignants ainsi qu’aux responsables politiques une base de réflexion pour la recherche de mesures de prévention.


Au printemps 2008, à la demande du Département de l’Education et de celui de la Sécurité et de la Justice du canton de Saint-Gall, 5200 élèves de 338 classes de 9e année ont été interrogés essentiellement sur les actes de violence commis et subis. Ce sondage anonyme qui s’adressait à des adolescents de 15–16 ans de tous les types d’école a été bien accueilli de sorte que l’on a pu finalement retenir les réponses de 83% de ces élèves appartenant à des classes de tout le canton, taux sans doute unique en Europe.
Cette étude qui vient d’être publiée sous le titre «Jugenddelinquenz im Kanton St-Gallen» a été préparée et menée par Simone Walser de l’Institut de criminologie de l’Université de Zurich. Le chef de projet était Martin Killias, professeur de droit pénal et de procédure pénale, spécialiste international de criminologie.
Cette enquête est davantage qu’un constat. Elle permet de mieux comprendre le contexte et la part de responsabilité de la société, elle entend inciter à analyser les causes et propose des moyens de prévention et d’intervention. Ses résultats recoupent en grande partie ceux d’études antérieures menées à Zurich et à Zoug et de l’enquête effectuée auprès des cantons par le Département fédéral de Justice et Police concernant les jeunes multirécidivistes et publiée en juillet de cette année.
Aussi l’étude saint-galloise a-t-elle une valeur qui dépasse les limites du canton et peut servir partout de base à la recherche de solutions efficaces. Les questions très précises concernant les coups et blessures, les bagarres en groupe, les vols (à l’étalage, de deux-roues, cambriolage, etc.), la violence sexuelle, le vandalisme, le port d’arme, la vente de drogue donnent un poids particulier aux résultats (tableau 1). Elles montrent que ces élèves n’ont pas été interrogés sur des délits sans gravité mais sur des actes criminels.



Taux de délits commis et subis

Les trois tableaux suivants donnent un aperçu des taux de délits commis et subis jusqu’au moment de l’enquête et au cours des douze derniers mois seulement (année 2007) ainsi que de la consommation d’alcool et de drogues (tableau 2).


17% des jeunes indiquent avoir infligé des coups et blessures et participé à des bagarres en groupe, environ 4% disent avoir été vic­times de vol avec violence et 1% de violence sexuelle.
35,5% avouent avoir déjà volé quelque chose dans un magasin et 30% l’ont fait ailleurs (à la maison, à l’école, etc.). Environ 16% ont déjà volé une bicyclette ou un vélomoteur et 3,5% ont participé à un cambriolage. (Le cambriolage fait partie des délits graves contre les biens.)
Presque un jeune sur quatre a déjà endommagé ou tagué quelque chose. 10,5% ont déjà vendu de la drogue ou servi d’intermédiaire et environ 17% ont déjà porté une arme illégalement (tableau 3).


Les taux de victimes de coups et blessures sont identiques à ceux des auteurs de ce délit. En revanche, les taux de victimes de violence sexuelle et de vol avec violence sont nettement supérieurs à ceux concernant les auteurs de ces délits, ce qui s’explique par le fait que les jeunes sont aussi victimes de délits sexuels commis par des adultes.
Le tableau 4 montre l’extrême importance de la consommation d’alcool, et pas seulement de bière et de vin mais également d’alcools forts. La consommation de cannabis est aussi très répandue. Plus d’un quart des jeunes a fumé au moins une fois un joint au cours des 12 mois écoulés et environ 6% indiquent qu’ils ont consommé des drogues dures (tableau 4).


Les résultats détaillés de l’étude montrent que la violence est corrélée aux fa­milles incomplètes, aux milieux d’immigrés, aux mauvais résultats scolaires, au faible contrôle familial, aux nombreuses sorties le soir, à la consommation de grandes quantités d’alcool et de drogues, à certains phénomènes scolaires, à certains sports et notamment à l’appartenance à certains groupes. Il apparaît nettement que c’est souvent l’occasion qui fait le larron, c’est-à-dire que ce sont certaines situations qui incitent les jeunes à commettre des délits.
Les 11 délits énumérés sont commis plus souvent par des garçons que par des filles. La différence est hautement significative, en particulier en ce qui concerne tous les actes de violence, comme le port d’arme ou le cambriolage. Cette différence est moins marquée en ce qui concerne le vol et le vandalisme. Ainsi 23% des garçons et 7% des filles ont déjà participé à une bagarre en groupe alors que le rapport en ce qui concerne les vols à l’étalage (les taux sont à vrai dire très élevés) n’est que de 30% contre 20%.
En général, les immigrés commettent plus de délits que les Suisses. Il est toutefois intéressant de constater que la différence en ce qui concerne les vols à l’étalage, les autres vols, le vandalisme et la vente de drogue n’est pas significative, c’est-à-dire que les Suisses commettent ces délits presque aussi souvent que les étrangers.
Facteurs familiaux, contrôle parental
Les jeunes qui vivent avec leurs deux parents biologiques commettent moins de délits que ceux qui vivent avec le père ou la mère seuls ou dans une famille recomposée, c’est-à-dire où l’un des parents a un nouveau / une nouvelle partenaire.
Le facteur le plus déterminant pour la délinquance est celui du contrôle parental, c’est-à-dire le fait que les parents savent avec qui leur enfant sort le soir, où il ou elle va, le fait d’imposer des heures de rentrée. Les jeunes dont les parents exercent un contrôle réel commettent beaucoup moins de délits que ceux dont les parents sont plus laxistes. Les jeunes qui, au cours des 12 mois écoulés, ont passé toute une nuit hors de la maison – ils sont 22% – présentent un taux plus élevé pour tous les types de délits.
88% des jeunes s’attendent à être punis quand ils sont pris en flagrant délit. Ce taux élevé indique que les parents sont quand même dans leur majorité conscients de leurs responsabilités d’éducateurs.
Et 70% indiquent qu’ils s’attendent à des conséquences à l’école en cas de délit. En revanche, ce qui est inquiétant, c’est le fait que 42% estiment qu’ils n’ont rien à craindre de la police parce qu’ils sont mineurs.

Facteurs scolaires



Le graphique 3 montre la prévalence des délits pendant les 12 mois écoulés pour les 4 types d’écoles. A considérer les 3 premiers types d’école, on observe une tendance montrant que la délinquance augmente inversement au niveau de l’école, mais elle n’est pas absolue. Si elle se confirme pour les élèves des Kleinklassen en ce qui concerne les actes de violence, on observe que pour les autres délits, ces adolescents se situent généralement en deçà de ceux des Realklassen et parfois même des Sekundarklassen.
Les élèves des «écoles à problèmes» (forte consommation de drogues, bagarres et vols fréquents) s’avèrent plus violents. 16% d’entre eux indiquent que ces délits sont typiques de leur école. Les élèves fréquentant ces écoles commettent davantage d’actes de violence non seulement à l’école mais aussi ailleurs.
Le même phénomène s’observe à propos des quartiers. Les jeunes qui habitent dans des quartiers difficiles présentent quatre fois plus de risques de commettre des actes de violence que ceux qui habitent des quartiers sans problèmes.
Les redoublants et plus encore les élèves qui sèchent les cours ont un taux plus élevé de délinquance que les autres. Dans l’ensemble, 17% des jeunes interrogés ont manqué au moins une fois l’école toute une journée durant les 12 mois écoulés. Leur taux de délinquance est nettement plus élevé, notamment pour les vols avec violence, les cambrio­lages, les vols de deux-roues et la vente de drogue.
Les règles scolaires, concernant par exemple le respect d’autrui, l’honnêteté ou l’interdiction d’utiliser son portable, ne sont efficaces que lorsqu’on les impose de manière systématique. Les actes de violence sont très peu nombreux dans les écoles où l’interdiction d’utiliser son portable est imposée systématiquement.
Le lien affectif à l’égard de l’école est «la plus importante des variables scolaires». Il est réjouissant de constater que 68% des élèves déclarent aimer l’école. Ces élèves com­mettent nettement moins de délits que les autres. En outre, un lien affectif positif avec l’école diminue la violence non seulement à l’école mais également dans les activités de loisir.

Activités de loisirs et sorties

Le lien entre les activités de loisirs et les sorties d’une part et la violence d’autre part a été étudié. Les résultats sont clairs: «Les jeunes violents se livrent à toutes les activités pratiquées en dehors de la maison (énumérées dans le questionnaire) plus souvent que les jeunes non-violents: ils vont plus souvent dans les discothèques, dans des soirées ou à des concerts, passent plus de temps dans les restaurants, les bars et les bistrots, vont plus souvent dans des lieux de rencontre de jeunes, traînassent plus souvent dans les lieux publics, «glandent» plus souvent chez des copains et font plus souvent du shopping. A la maison, ils surfent plus souvent sur Internet ou jouent plus souvent à des jeux vidéo. Ils jouent moins souvent d’un instrument chez eux et lisent moins de livres. Ils sont moins souvent avec leurs parents (à la maison ou à l’extérieur).» La violence augmente parallèlement à la fréquence des sorties, et cela aussi bien chez les garçons que chez les filles (graphique 79).



Consommation d’alcool et de drogues

Comme le montre le tableau 4, 81% des adolescents ont consommé de l’alcool au cours de l’année écoulée et 29% boivent régulièrement (chaque semaine).
Tandis que 79% ne boivent de l’alcool qu’à des occasions particulières, 21% en consomment fréquemment sans raisons particulières. 75% déclarent que généralement, ils ne boivent que peu mais 26% boivent fréquemment jusqu’à l’ivresse. 40% ont déjà été ivres et 24% disent avoir eu, pendant ou après la consommation d’alcool, des trous de mémoire. 2% ont même dû être hospitalisés à la suite d’une intoxication alcoolique (graphique 56).


En ce qui concerne les drogues, le bilan n’est pas plus réjouissant. 26% ont consommé du cannabis dans les 12 mois écoulés et 6% d’autres drogues figurant dans le graphique 58 et que l’on appelle communément drogues dures. L’étude montre explicitement le «rapport étroit qui existe entre la délin­quance et la consommation de cannabis». En outre, 56% des amateurs d’alcool consomment également du cannabis.


Aussi la consommation régulière d’alcool et celle de drogues sont étroitement corrélées à la délinquance pour tous les délits envisagés (graphique 61).



Délinquance dans les lieux publics et bandes de jeunes

La majorité des délits, c’est-à-dire 73%, sont commis dans des lieux publics: rues, places, parcs, transports en commun, gares, restaurants, bars, bistrots, centres commerciaux, etc. et la plupart après 20 heures et en groupe. 20% des vols avec violence et des bagarres ont lieu dans les gares et 19% des vols avec violence et des coups et blessures dans les écoles.
Comme une grande partie des délits sont perpétrés dans des lieux publics et en groupe, les auteurs ont également étudié l’appartenance à des bandes. Ils ont constaté que 29% des jeunes appartiennent à une bande qui se livre parfois à des activités illégales. 6% des jeunes – 8% de garçons et 4% de filles – font partie d’une bande qui se définit explicitement par ses activités criminelles. L’étude constate chez ces gangs une structure comportementale criminogène: «Les membres d’un gang manifestent plus fréquemment des conduites à risques que les autres. Ils consomment plus fréquemment de l’alcool et des drogues que les autres, ont plus souvent une attitude négative à l’égard de l’école, sèchent plus souvent les cours, fuguent plus souvent. En outre, ils habitent plus souvent dans des quartiers difficiles et leurs parents exercent moins de contrôle.»
De nombreux délits commis en bande le sont «simplement parce qu’on s’ennuie.» L’ennui a été mentionné comme mobile d’un bon quart des délits commis en bande. Cela montre que les jeunes glandent souvent en groupe et, ne sachant pas vraiment quoi faire, commettent des actes de violence.

Sport

Le rapport entre le sport et la violence a également été étudié. 91% des jeunes pratiquent un ou plusieurs sports, 86% régulièrement, au moins une fois par semaine. Le pourcentage de garçons (93%) est légèrement supérieur à celui des filles (89%).
Parmi les 22 disciplines envisagées, on observe des différences importantes quant à leurs effets sur la violence. Les sports de combat, la musculation, le basketball, le football, le hockey sur glace et le skateboard sont corrélés à un taux élevé de violence alors que l’équitation, la gymnastique artistique, la marche, les sports de neige, le badminton, la natation et le cyclisme sont liés à un taux de violence inférieur (graphiques 71 et 72).


Les sports liés à la violence sont souvent des sports d’équipe impliquant un contact corporel avec l’adversaire. Avant les compétitions, on fait monter l’agressivité des joueurs car c’est uniquement dans cet état d’esprit qu’ils jouent vraiment bien. Il est possible que les jeunes apprennent dans ces sports à s’imposer physiquement et qu’ils manifestent cette attitude dans les contacts non sportifs. Le gain de force procuré par la musculation apporte des avantages dans les bagarres. Il en va autrement dans la pratique du skateboard où ce sont plutôt des facteurs situationnels, comme le fait d’être fréquemment avec des camarades, qui favorisent la violence.
Les sports individuels et ceux qui font plutôt appel à l’agilité et à la technique sont moins étroitement associés à la violence.

Source: ww.sg.ch/news/1/2009/08/gewalterfahrungen.Par.0001.DownloadListPar.0001.File.tmp/Bericht_Jugenddelinquenz_im_Kanton_SG.pdf

***

ds. Les résultats de cette étude sont clairs. Rendez-vous compte que parmi les 5200 ­jeunes de 15–16 ans interrogés, 840 ont infligé des coups et blessures et participé à des bagarres en groupe. Plus d’un tiers, c’est-à-dire plus de 1700 ont déjà volé quelque chose dans un magasin et 830 un deux-roues. 570 ont déjà vendu de la drogue et 880 ont porté une arme interdite.
4200 ont consommé de l’alcool au cours des 12 mois précédant l’enquête et 3300 de l’alcool fort. Environ 1500 boivent régulièrement, c’est-à-dire chaque semaine. Environ 200 ont déjà été ivres et 1200 ont eu des trous de mémoire pendant ou après l’ivresse et plus de 100 ont été hospitalisés à la suite d’une intoxication alcoolique. Plus de 1500 ont consommé du cannabis et 320 des drogues dures. Les chiffres concernant l’alcool et les drogues sont particulièrement alarmants. Comme le cerveau et le foie des jeunes ne sont pas encore entièrement développés, l’alcool et les drogues peuvent nuire à leur développement aussi bien physique que psychique. En outre, l’ivresse totale peut entraîner la mort puisqu’il s’agit, médicalement parlant, d’une intoxication.
1500 jeunes appartiennent à une bande qui se livre à l’occasion à des activités illégales et plus de 300 appartiennent même à un gang criminel.
Ajoutons que le rapport sur les jeunes multirécidivistes – enquête effectuée auprès des polices cantonales et municipales de Suisse – évalue à 500 environ le nombre des jeunes multirécidivistes en Suisse qui, la plupart du temps, sévissent au sein de bandes petites ou moyennes dont la composition, les chefs et les suiveurs sont variables. La gravité des délits et la violence pour la violence dans les bagarres ont fortement augmenté. Les jeunes récidivistes agissent plus fréquemment et avec plus de brutalité.
Dans son ouvrage intitulé «Vorsicht Bürgerkrieg! Was lange gärt, wird endlich Wut.» [Attention, guerre civile! Ce qui fermente longtemps, explose enfin], 2009 (ISBN 978-3-938516-94-2), Udo Ulfkotte décrit la situation dans de nombreuses zones à forte concentration urbaine d’Europe dans lesquelles des bandes de jeunes font la loi dans des quartiers entiers et mettent en danger la vie sociale. Les jeunes enclins à la violence trouvent dans ces bandes la possibilité d’acquérir considération et pouvoir.

Envisager des solutions réalistes

Au vu de ces faits accablants, il faut être incroyablement ignorant et aveuglé par l’idéologie pour refuser de prendre en compte les résultats de l’enquête de l’Université de Zurich parce qu’ils ne profiteraient qu’à un parti, comme cela a été le cas des collaborateurs d’une institution éducative. Ou bien – nous nous permettons de poser la question – ces personnes font-elles partie de ceux qui encouragent volontairement la violence des jeunes pour l’utiliser politiquement le moment venu, comme le montre Ulfkotte dans son livre?
Pour permette de mieux interpréter l’enquête par rapport au reste du pays, ajoutons que le canton de Saint-Gall a un caractère essentiellement rural et que Saint-Gall (environ 70 000 habitants) et Gossau (environ 17 000 habitants) sont les agglomérations les plus importantes. Les grandes villes ont en général des taux de criminalité plus élevés. Nous avons donc tout lieu de prendre au sérieux les résultats de cette étude et d’envisager des solutions réalistes à tous les problèmes soulevés et cela sans œillères idéologiques ou parti­sanes. Nous ne pouvons plus fermer les yeux et faire comme si cela ne nous concernait pas.
L’espace public, c’est-à-dire notamment les rues, les places et les parcs ne sont pas des zones de non-droit. Elles doivent redevenir sûres pour tous. Il est inadmissible que les jeunes qui pensent n’avoir rien à ­craindre de la police parce qu’ils sont mineurs se ­mettent à assommer des individus par plaisir, pour éprouver un grand frisson et échapper un moment à l’ennui. Des mesures poli­cières sont nécessaires. Nous sommes tous appelés à nous demander pourquoi nous avons laissé la situation se dégrader à ce point et ­quelles mesures d’urgence nous devons prendre pour que la situation change. Parmi ces mesures, mentionnons en particulier l’interdiction des films, jeux, images et textes qui empoisonnent quotidiennement l’esprit de nos enfants.
Nous ne pouvons pas admettre que 10 à 20% de nos jeunes soient pendant leur scolarité victimes de violences, de racket ou de vol. Nous devons absolument agir.
Il faut aborder de toute urgence le problème de l’alcool et des drogues. On devrait en expérimenter l’interdiction dans l’espace public, en particulier dans les transports en communs.
Le demi-canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures a déjà agi en réaction aux résultats de l’étude et inscrit dans la révision de la Loi sur la police que cette dernière, lorsqu’elle surprenait des jeunes en train de commettre un délit contre les mœurs publiques, devaient les ramener chez leurs responsables légaux, faire payer les frais occasionnés et signaler le cas aux autorités tutélaires.
Nous devons nous demander comment réintégrer dans leurs familles et leurs communes les jeunes qui traînent dans les rues et leur offrir des moyens de participer de manière constructive à la vie sociale. La culture de jeunes commercialisée et l’industrie des loisirs qui lui correspond n’offrent aucun but à la jeunesse. Elles font tout au plus oublier brièvement l’ennui et la vacuité mentale et affective qui en est la cause.
Nous devons nous demander ce que l’école et la famille peuvent faire pour lutter à un stade précoce contre les comportements violents. Les résultats concernant le sport montrent qu’il est faux de faire pratiquer la musculation à un enfant agressif pour qu’il se défoule, comme on le fait malheureusement trop souvent sur la foi d’une théorie erronée.
La violence juvénile n’est pas une conséquence d’un trop-plein d’énergie – on pourrait aussi bien la consacrer à des activités d’intérêt général – mais l’expression d’un manque de respect à l’égard d’autrui et de la vie en général. En envoyant un jeune enclin à la violence faire de la musculation, on favorise ses fantasmes de violence et ses moyens de les réaliser. La pratique de la violence est une question de valeurs morales, de respect d’autrui et c’est de cette idée que l’on doit partir si l’on veut aider un jeune.
L’étude de l’Université de Zurich est une analyse des différents aspects de la dé­linquance juvénile, en particulier des actes de violence. Elle fournit aux groupes de travail des communes, des paroisses, des écoles, des associations et des parents d’élèves une bonne base pour discuter de questions qui concernent non seulement les adolescents mais l’avenir de la société tout entière et doivent être résolues de toute urgence. Elle devrait être une lecture obligatoire pour toutes les personnes chargées de l’éducation des enfants et tous ceux qui sont conscients de leurs responsabilités vis-à-vis de la société


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Tunisie: Le pays du jasmin, le miroir déformé de l’occident

Publié le 04/11/2009 à 10:40 par djamazz
Tunisie: Le pays du jasmin, le miroir déformé de l’occident

par René Naba
Mondialisation.ca, Le 3 novembre 2009


L’arrestation du journaliste Toufic Ben Brick, le 29 octobre, cinq jours après la réélection du président Zine El-Abidine Ben Ali a retenti comme un camouflet à l’égard de ses protecteurs occidentaux et des pensionnaires gracieux de ses sites balnéaires. Il porte condamnation de leur complaisance et discrédite leur discours.

Paris, 2 novembre 2009. La Tunisie célèbre, le 7 novembre 2009, le 22 ème anniversaire du coup d’état médical du général Zine El-Abidine Ben Ali, contre le père de l’indépendance tunisienne, le combattant suprême Habib Bourguiba, dans une ambiance de résignation de la population découragée par la perspective d’une présidence à vie de leur «général président» du fait de ses jongleries constitutionnelles visant à assurer sa longévité politique avec la complicité silencieuse de ses protecteurs occidentaux.

Régime décrié pour son usage abusif du népotisme, de la répression, de l’intimidation et de la corruption, la Tunisie continue de bénéficier néanmoins d’une étonnante mansuétude de la part des pays occidentaux, plus prompts à dénoncer les violations des droits de l’Homme en Iran ou en Syrie que dans l’arrière cour de la France (Tunisie, Maroc, Gabon, Tchad), plus prompts à s’enflammer pour le Darfour que pour Gaza, pour le Tibet que pour le Yémen. Plus prompts à fustiger la fraude électorale en Iran à grands renforts de campagne médiatique que le trucage massif en Afghanistan, ou la parodie de la démocratie à la tunisienne ou encore la vénalité de la féodalité politique du bloc parlementaire du milliardaire libano saoudien Saad Hariri au Liban. Plus prompts enfin à carboniser un chef d’état coupable d’avoir prolongé son mandat de trois ans, rien que trois ans, le libanais Emile Lahoud, que leurs clients arabes multirécidivistes de la reconduction, l’égyptien Hosni Moubarak (28 ans de pouvoir) ou le tunisien Ben Ali (22 ans de pouvoir) ou encore les dinosaures de la Françafrique

Doté d’une coterie familiale agglomérant des trafiquants de drogue, des écumeurs des mers et des prédateurs des banques, le roitelet tunisien trône en partage avec son envahissante épouse Leïla sur le pays du jasmin, devenu au fil des ans le royaume putride de la corruption, une parodie de démocratie, l’alibi occidental à la lutte contre le fondamentalisme religieux, le miroir déformé de l’occident, la face honteuse de ses pratiques dévoyées.

En vue de la reconduction de son mandat, le petit génie de Carthage s’est surpassé lors de la dernière consultation électorale, dimanche 25 octobre, faisant preuve d’imagination et d’innovation au point que la plupart des observateurs s‘accordent à penser que le scrutin présidentiel aura été un chef d’œuvre de mascarade et d’arbitraire. Si Zine El-Abidine Ben Ali a été officiellement réélu, sans surprise, pour un cinquième mandat avec 89,62 % des suffrages exprimés, selon les résultats définitifs du ministère de l’intérieur, le président sortant n’a toutefois pas réussi à dépasser les 90 % réalisés lors des deux précédents scrutins, en 1999 et 2004.

L’homme n’avait pourtant pas ménagé ses efforts. Il a ainsi veillé à donner l’apparence d’une compétition pluraliste en s’assurant la présence de trois autres concurrents, dont deux figurants, représentants des partis proches du pouvoir, Mohamed Bouchiha, du Parti de l’Unité populaire et Ahmed Inoubli de l’Union démocratique unioniste, ainsi que M. Ahmed Brahim, dirigeant du parti Ettajdid (Renouveau, ex-communiste), seul véritable contestataire dans cette compétition.

Préconisant une transparence qui fera date dans les annales des scrutins électoraux à l’effet d’inspirer plus d’un dirigeant aspirant à l’éternité, le président Ben Ali a retourné l’équation aménageant une transparence non pas du scrutin mais des votants par le biais des enveloppes à déposer dans les urnes, coloriées en fonction des candidats.

Le motif officiel avancé pour justifier le coloriage était de faciliter l’identification des candidats dans les zones à fort taux d’analphabétisme et le décompte des voix. Mais le vote technicolor pouvait masquer une opération de tri entre les «bons votants» et les autres, plus rares, les «mauvais votants», les abstentionnistes et autres opposants. Sans surprise, le carton présidentiel était de couleur rouge vif, très visible de loin, facilement repérable à distance et son porteur tout aussi facilement identifiable. Malheur à celui qui se serait hasardé à sortir de l’isoloir avec l’enveloppe rouge à la main. La trappe aurait été son destin. Pas difficile de présumer en effet qu’il s’inscrivait potentiellement sur la liste des candidats aux tracas.

L’arbitraire est incrusté à toutes les strates de l’état. Le ministre de la communication a ainsi payé de son poste le fait de n’avoir su aménager un tirage au sort favorable au président Ben Ali pour la présentation de son programme à la télévision alors qu’il avait déjà accaparé 97,22 % de l’espace consacré à la campagne présidentielle par la presse écrite, contre 0,22 % pour son principal rival, Ahmed Brahim, et 1,27 et 1,28 % pour les deux autres candidats, selon une étude commune de l’Association des femmes démocrates, de la Ligue de défense des droits de l’homme et «Reporters sans Frontières» (LeMonde.fr  23.10.2009 ).

Sacrifions à l’usage et souhaitons donc longue vie au président réélu Ben Ali (73 ans) et à ses protecteurs français, l’homme de la rupture affichée mais de la continuité pratiquée, le Président Nicolas Sarkozy, le Président gaulliste de la Cour des comptes, Philippe Seguin, le vacancier de Bizerte, Bertrand Delanoë, Maire socialiste de Paris, le résident de Sidi Bou Saïd, Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, et la cohorte des intellectuels médiatiques, pensionnaires gracieux de ses sites balnéaires, qui assurent sa promotion et celle de son paradis d’enfer, notamment l’équipe de Télé matin de France 2, William Leymergie, Sophie Davant, Françoise Laborde, ainsi que les natifs de Tunisie, le producteur Richard Moatti et la présentatrice Daniella Lombroso.

Leur silence sur l’arrestation du journaliste Toufic Ben Brick, le 29 octobre, cinq jours après la réélection de M. Ben Ali retentit comme un camouflet à leur égard. Il porte condamnation de leur complaisance et discrédite leur discours.

Et plutôt que de se gargariser des vertus de la démocratie à la tunisienne, plutôt que nous gargariser avec les sempiternelles ritournelles sur le rempart contre l’islamisme que représente cette «dictature éclairée», que ces grands défenseurs autoproclamés de la démocratie se plongent donc dans la lecture salutaire de deux ouvrages qui constituent de véritables radioscopies des turpitudes du régime, un exposé des dérives de cet état policier, chouchou de l’Occident.

Notes:

  • La régente de Carthage, main basse sur la Tunisie de Nicolas Beau, directeur du site satirique bakchich.info et de Catherine Graciet, journaliste, Editions La Découverte. Un livre enquête sur régime tunisien, dont les bonnes feuilles sont consultables sur ce lien: http://www.bakchich.info/La-regente-de-Carthage-main-basse,08817.html
  • Sur la connivence médiatique entre France et la Tunisie, cf. Ben Ali, Françoise le bordehttp://www.bakchich.info/article539.html
  • Le jour où j’ai réalisé que la Tunisie n’est plus un pays de liberté, ouvrage de M. Mohamed El Boussaïri Bouebdelli, préface de Me Patrick Baudouin, Président d’Honneur de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de L’homme (FIDH). Téléchargement gratuit sur internet en version arabe et française sur son site www.bouebdelli.org

 Articles de René Naba publiés par Mondialisation.ca


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