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Conception de l'homme et éducation aux médias,

Posté le 17.07.2008 par djamazz
Conception de l'homme et éducation aux médias, Jeux de tueur: débat entre la science et la pratique

Dans les centres de conseils et de psychothérapie centrés sur la personne, nous nous orientons sur une conception de l'homme humaniste qui met au centre la valeur et la dignité de la personne. Il faut encourager la vie paisible et en communautés par l'estime et le soutien mutuel. De même il est nécessaire de prendre des responsabilités au sein d'une société afin de soutenir le maintien des droits et des devoirs ancrés dans la Loi fondamentale («Grundgesetz»). Ces critères très élevés valent aussi pour toutes les tâches de l'éducation et de la formation. Ces dernières années, avec les jeux vidéo brutaux, de nouveaux facteurs d'influence, capables de miner le consensus de base de la société humaine, ont été développés et largement propagés.

par Elke Ostbomk-Fischer*, Cologne


Les jeux de tueur sont des mines terrestres pour l’âme

Par des stratégies de marketing ciblées et des campagnes de publicité habiles, les jeux vidéo ont atteint un degré de notoriété presque complet chez les enfants et les adolescents. Il est actuellement presque impossible que les enfants n’entrent pas en contact avec eux. Ces jeux sont construits de manière à exercer un attrait très fort sur les enfants et les adolescents. Cela peut porter préjudice à tous les domaines de la vie et même conduire dans certains cas à une dépendance, ce qui mine l’influence des parents et de l’école. La plupart de ces jeux ont comme contenu la violence et la destruction. Même des scénarios de guerre réalistes avec des actes des plus brutaux sont commercialisés en tant que «jeux».1
La problématique spéciale de ces jeux vidéo, en comparaison avec des films et des bandes vidéo brutaux, consiste dans le fait que les jeunes joueurs ne sont pas uniquement exposés aux contenus agressifs, mais ce sont eux-mêmes qui maltraitent activement leurs «ennemis» en leur assénant des coups de poings et de pieds, qui leur coupent des membres ou les tuent par une balle ciblée dans la tête. Ce sont les règles du jeu. La conception de ces jeux est développée de manière à ce que le fait de détruire et de tuer est perçu comme amusement fascinant et que l’action la plus cruelle est vécue comme «succès».
Divertissement cynique

De cette manière, l’abaissement d’êtres humains et la destruction de leurs bases de vie peuvent être vécus comme une satisfaction et déclencher de la fierté. Même des actes de torture et des meurtres peuvent être ressentis comme un plaisir et un divertissement cynique. Beaucoup de joueurs ne peuvent plus s’en passer. Certains jeux ont un fort potentiel de dépendance.
A force de jouer de manière fréquente et intensive un besoin compulsif de stimuli toujours plus forts et plus cruels peut se développer. Les joueurs se retirent alors de plus en plus dans un monde de guerre virtuelle, les contacts sociaux se perdent, les activités culturelles et sportives perdent tout intérêt. Dans des cas graves, l’école, les études ou le travail professionnel sont abandonnés. A ce stade de dépendance, le lien avec le milieu des «gros joueurs» («gamers») peut devenir si fort que les jeunes joueurs s’aliènent complètement de leurs familles. Beaucoup de parents sont désespérés.
La déchéance causée par les médias se retrouve dans les services de consultation

Dans les services de consultation et les institutions thérapeutiques, ces graves problèmes sont connus depuis longtemps. Les écoles et les services scolaires psychopédagogiques eux aussi reçoivent des rapports alarmants de toutes les régions d’Allemagne: Un nombre croissant d’enfants et d’adolescents passent plus de temps dans cette guerre virtuelle qu’à l’école; ils ne peuvent plus se concentrer sur leurs devoirs normaux ou sur le contenu des cours. Dans les milieux professionnels cela s’appelle «déchéance causée par les médias».
Ces dernières années, la déchéance des jeunes causée par les médias a atteint une ampleur si effrayante que les responsables politiques devraient agir immédiatement, avant qu’une génération entière d’enfants et adolescents soit aspirée dans ce tourbillon de la violence. De plus en plus d’enfants de plus en plus jeunes perdent leur empathie naturelle quand ils plongent pendant des heures et des jours dans ces mondes d’actions les plus brutales, dans lesquels la destruction et les meurtres sont vécus comme une distraction fascinante.
Ce sont surtout les garçons qui sont concernés, leur comportement devient de plus en plus agressif et l’on ne peut presque plus les gagner à suivre les règles sociales de la vie en commun. Pour ces jeunes, les actes de violence signifient être «un homme» et dans les jeux de tueur ils obtiennent une multitude de modèles et de stimuli de permission par lesquels ils sont conditionnés à exercer de la pure violence. Les connaissances psychologiques et pédagogiques des conséquences complexes et destructives des jeux vidéo brutaux, sont en accord avec les résultats scientifiques de spécialistes du cerveau et de criminologues éminents.
Que sont les jeux de tueur?

Les jeux de tueur sont des formes spécifiques des jeux vidéo, conçus pour miner le consensus fondamental d’une société humaine. Les caractéristiques essentielles des jeux de tueur consistent à animer les joueurs à percevoir, seuls ou en groupe, d’autres personnes comme des adversaires ou des ennemis, à les dénigrer, les humilier, les torturer et les tuer ainsi qu’à détruire leurs bases de vie.2 De tels actes anticonstitutionnels et méprisant l’homme sont présentés comme étant divertissants et passionnants ainsi que sensés et adéquats pour le joueur. Dans les jeux de tueur, les aspects comme l’habileté, la capacité de réaction et l’esprit d’équipe sont utilisés avant tout pour commettre des actes inhumains et sont, dans ce contexte, récompensés comme succès de jeux. A l’origine, de tels jeux ont été développés pour l’Armée des USA comme simulations de guerre. Leur but est de réduire l’inhibition de tuer des soldats et d’augmenter ainsi leur «efficacité de tueurs». Le psychologue militaire américain David Grossman avertit avec insistance que cette méthode de conditionnement à la violence a exactement les mêmes effets sur des enfants et des adolescents lorsqu’ils jouent de manière intensive avec ces jeux violents.3
Pourquoi ces jeux de tueur ne sont-ils pas interdits?

Des spécialistes des sciences et de la recherche ainsi que des associations spécialisées et des institutions de soins psychosociaux ont déjà plusieurs fois rendu attentif au fait qu’il faudrait créer une base juridique efficace pour pouvoir empêcher la production et la propagation de jeux aux contenus cruels et inhumains. Dans leur accord de coalition de 2005, les deux partis gouvernementaux allemands ont décidé d’ancrer dans la loi une interdiction de production et de vente des jeux de tueur. De même, les ministres de l’Intérieur des Länder demandent explicitement une telle loi. Dans des cas graves de mépris pour le genre humain la possession et la propagation de tels logiciels et sites Internet devront être punissables. Parallèlement, de nouveaux jeux toujours plus brutaux sont commercialisés. Comment est-ce possible?
Le secteur des jeux vidéo est un marché en plein essor avec un chiffre d’affaires s’élevant à plusieurs milliards.4 Cela a convaincu plus d’un des responsables politiques des communes, des Länder et de l’Etat. Il existe des contacts – souvent bien trop étroits – entre ce secteur et la politique. Depuis de longues années, la Centrale fédérale pour la formation politique («Bundeszentrale für politische Bildung») est très active quand il s’agit de minimiser les dangers des jeux vidéo. Par exemple Jörg Tauss (Membre du Bundestag, porte-parole du groupe parlementaire du SPD pour la formation, la recherche et les médias) cause avec Martin Lorber (directeur des relations publiques de Electronic Arts) dans le Chat de la Centrale fédérale pour la formation politique de l’importance économique du secteur des jeux vidéo. Dans une entente parfaite les deux se confirment mutuellement qu’une interdiction par la loi des jeux de tueur doit être empêchée par tous les moyens.5 On parle et écrit ouvertement sur l’importance économique du secteur et le «maintien de sites», tout en exigeant une meilleure acceptation des jeux vidéo.
Les groupes d’entreprises qui produisent et commercialisent de tels jeux de tueur ont en plus réussi à se procurer une série de spécialistes des universités, des sciences et même de la pratique psychologique et pédagogique qui collaborent étroitement avec eux. Ces groupes financent des projets de recherche et des congrès communs, sur les «effets positifs» des jeux vidéo. Ils font de la publicité sur leurs sites Internet et dans leur magazines avec «leurs scientifiques» et citent leurs appréciations positives des jeux vidéo. A Cologne, Electronic Arts, un des plus gros producteurs et commerçants de jeux vidéo au monde, a créé en collaboration avec l’Ecole supérieure spécialisée de la ville l’institut «Espace de jeux» («Spielraum») pour la promotion de la «compétence médiatique». L’objectif avoué est la «formation continue de parents et de pédagogues», pour réduire les préjugés et apprendre à connaître les qualités et les potentiels des jeux vidéo, et les apprécier à leur juste valeur comme un «bien culturel».
En tant que «bien culturel», ces jeux seraient aussi protégés des restrictions juridiques. Tous les experts qui coopèrent avec les groupes d’entreprises concernés s’opposent expressément à l’interdiction des jeux de tueur. Ils refusent strictement la notion de «jeux de tueur». Dans leur langage ils déclarent: «Une interdiction de certains jeux est, du point de vue pédagogique, la fausse voie».
L’interdiction des jeux de tueur est urgente

Les interdictions sont du point de vue pédagogique toujours un sujet difficile. Mais dans ce cas de figure, il s’agit expressément d’une interdiction pour les producteurs et les profiteurs de cette violence de divertissement. Un réel besoin des enfants et adolescents n’est en réalité qu’un prétexte, ces besoins sont éveillés de façon ciblée comme c’est aussi le cas pour d’autres produits nocifs. En vérité, une telle interdiction de la production et commercialisation de ces jeux à orientation violente serait la seule voie de protéger efficacement et de façon durable les enfants et les adolescents.
Souvent, les partisans de ces jeux de tueur avancent que la protection de la jeunesse existant en Allemagne, fonctionne de manière excellente, et qu’elle serait même la meilleure de toute l’Europe. Ils soulignent que le §131 du Code pénal interdit déjà la commercialisation de médias faisant l’apologie de la violence. Une interdiction spéciale serait donc tout à fait superflue. Mais la réalité prouve le contraire: Dans les supermarchés spécialisés, il y a des quantités de jeux violents en vente. L’indication d’âge «dès 18 ans» devrait les signaler comme étant des jeux pour adultes. Les accords entre les différentes institutions pour la protection de la jeunesse empêchent qu’un jeu puisse encore être interdit car avec la mention «dès 18 ans» une interdiction par la loi n’est pas possible. Les jeux sont échangés, copiés, transmis entre frères et sœurs, c’est très facile d’obtenir des jeux «dès 18 ans». En plus, Internet offre des possibilités innombrables de se procurer des jeux à orientation violente. La publicité agressive dans les télévisions privées et les nombreux magazines de jeux vidéo avec leurs illustrations faisant l’apologie de la guerre sont accessibles à chaque enfant.
Bon conseil – mauvais conseil

Il y a un grand nombre de livres, de brochures et de pages Internet qui offrent des conseils et de l’aide lors de problèmes ou de questions concernant les jeux vidéo. Les groupes d’entreprises et leurs partenaires coopérants sont bien sûr fortement représentés sur Internet. Ils se recommandent mutuellement au moyen d’indications positives ou de liens. Les stratégies de leur argumentation ne sont pas toujours faciles à percer à jour, elles semblent en partie tout à fait convaincantes, car elles se rattachent à des conseils connus (par exemple «Se montrer compréhensifs envers les adolescents»…).
Comment reconnaissez-vous les mauvais conseillers?

On peut les reconnaître aux stratégies typiques et aux termes visant à banaliser les jeux vidéo axés sur la violence comme par exemple:
1. «Les jeux de tueur sont en fait inoffensifs …»6
• Les défenseurs de ces positions utilisent le terme «jeux de tueur» uniquement entre guillemets.
• Ils utilisent à la place le terme de «jeux de tir» – comme si on tirait uniquement à tort et à travers sans tuer de manière ciblée.
• Ils luttent opiniâtrement contre toute interdiction légale. L’affirmation déguisée est la suivante: «Une interdiction de certains jeux pourrait…»
2. Les interdictions ne font que stimuler
Cela vaudrait naturellement aussi pour le feu rouge, le vol, l’escroquerie et même le meurtre. Depuis que la revendication d’inter­dictions légales conséquentes se fait de plus en plus claire, les stratégies de défense sont renforcées.
3. «Bien culturel» et «Le média principal de l’avenir»
En qualifiant ces jeux de «biens culturels», on tente de qualifier toute interdiction des jeux de tueur de violation de la Loi fondamentale.
4. Protection de la jeunesse
Cette revendication pédagogique tout à fait sensée est de plus en plus souvent utilisée comme prétexte pour donner l’impression qu’une interdiction légale est superflue. Les limites d’âge sur les emballages masquent la question décisive de savoir pourquoi de tels produits, violant les droits de l’homme et contre lesquels nous devons protéger nos enfants et nos adolescents, sont fabriqués en masse et répandus partout.
5. Promotion de la «compétence médiatique»
Il y a longtemps que ce terme très général a été accaparé par les producteurs. Des cours de formation continue sont offerts aux parents et aux enseignants. Les objectifs, selon leurs propres dires, visent à démontrer les qualités et les potentiels des jeux vidéo. On insinue que les parents n’y connaissent rien. Le rejet que beaucoup de parents éprouvent contre ces jeux est traité de «préjugé» et prouve leur «besoin de formation continue». Selon cette logique, «la convention esthétique» fait aussi partie de la «compétence médiatique» des joueurs: les meurtres et les actes de torture sur des êtres humains représentent uniquement un feedback concernant les performances dans le jeu.7
6. Compétence de discernement
Ce concept servant à certains objectifs est répandu depuis de nombreuses années dans les livres, les magazines, les brochures et sur Internet en rapport avec les jeux de tueur. Ce terme signifie que les joueurs expérimentés et enthousiasmés (nommés «Gamers») peuvent tout à fait distinguer le monde virtuel du monde réel et de ce fait les actes de violence qu’ils pratiquent automatiquement n’ont aucune influence sur leurs pensées, leurs sentiments et leurs actes. La compétence de discernement (cf. note 7) sert en tant que résistance universelle contre toute règle fondamentale de la psychologie de l’apprentissage, contre toute logique et même contre tout bon sens. Les «Gamers» connaissent exactement ce terme et sa signification. Lors de sondages correspondants («études empiriques»), ils prétendent de ce fait presque unanimement posséder une telle «compétence de discernement» et ne pas reconnaître, malgré une utilisation intense des jeux de tueur, de tels sentiments et attitudes agressifs chez eux. De cette manière, il se produit un cercle vicieux parfait car les hypothèses des scientifiques qui interrogent sont entièrement confirmées.
La réalité – même si l’on se réfère seulement au rapport sur les jeux vidéo axés sur la violence – montre cependant un résultat contraire: Après chaque rapport ou analyse critiques sur les effets des jeux vidéo violents, favorisant les sentiments d’agression, il s’ensuit du côté des groupements de «Gamers» et des milieux qui les soutiennent des réactions immédiates et très agressives – injures, diffamations, menaces, ordinateurs paralysés, des milliers de signatures collectées pour des pétitions, et dans les «cas polis», il s’ensuit de longues instructions selon toujours le même modèle:
1. Les médias, les personnes et les institutions critiques ne sont ni compétents ni sérieux.
2. Les jeux de tueur ne rendent pas agressif.
3. Des chercheurs sérieux dans le domaine des effets l’ont prouvé depuis longtemps.
L’«éducation aux médias» au lieu de la «compétence médiatique»

Pour les spécialistes critiques, le terme de la «compétence médiatique» n’est entre temps plus utilisable: il est considéré comme trop lié aux efforts pour légitimer les jeux de tueur et pour empêcher une interdiction par la loi. Dans ce sens, la «compétence médiatique» exige la connaissance exacte des types de jeux, des appareils et des détails techniques. Le meurtre et la violence doivent y être acceptés en tant que «convention esthétique». Par contre, l’«éducation aux médias» inclut l’éducation du cœur. La base est l’orientation claire vers les conventions éthiques des droits de l’homme. La Loi fondamentale constitue le modèle et la mesure. L’«éducation aux médias» dans ce sens-là favorise une culture des relations humaines basée sur l’humanité et la coopération.
La formation globale: la tête, le cœur et la main

Comme dans tous les autres concepts de formation et d’éducation dans une société démocratique, le principe de la formation globale de la personnalité a une importance centrale. L’«éducation aux médias» comprend ainsi des objectifs et des contenus cognitifs, affectifs et pragmatiques.
Des objectifs et contenus cognitifs, notamment:
• le savoir,
• les connaissances,
• le discernement critique,
• des informations relatives à la technique et au contenu adaptées à l’âge.
Des objectifs et contenus affectifs, notamment:
• le débat sur les valeurs et les normes,
• le développement et approfondissement du sentiment d’empathie,
• la formation du sentiment de compassion naturel
• un jugement critique envers des positions et des actes indignes et blessants.
Des objectifs et contenus pragmatiques, notamment:
• une compétence croissante au niveau du maniement pratique des médias,
• une maîtrise croissante de l’équipement technique,
• une planification temporelle et structuration d’un déroulement quotidien relatif à l’utilisation des médias (par ex. il vaut mieux jouer après avoir fait les devoirs).
Le principe pollueur-payeur doit être opérant

A mon avis, ceux qui sont principalement responsables de la fabrication, de la banalisation et de la propagation des jeux de tueur doivent répondre, selon le principe pollueur-payeur, des dommages et des conséquences négatives qui peuvent être engendrées par l’utilisation de ceux-ci. Il est d’un cynisme incroyable de rejeter la responsabilité de ces produits brutaux est rejetée sur les parents et les en­seignants – comme les défenseurs de ces «jeux de tir» tentent toujours de le faire. Les parents sont d’une part poussés à l’achat de jeux et d’appareils onéreux au moyen d’une publicité intense et de «conseils pédagogiques» favorisant la vente et, outre cela, ils doivent habituer leurs enfants au moyen d’une «compétence de discernement» à cette brutalité et veiller à ce qu’ils n’imitent pas les contenus violents des jeux.
L’image humaniste de l’homme et la formation de la personne humaine ne se réfèrent pas exclusivement aux enfants et aux adolescents. Pour préserver ce consensus, il peut s’avérer parfois nécessaire de reconnaître à temps des développements erronés, de les nommer ouvertement et de développer des choix alternatifs quant aux actes.8 Comment les parents et les enseignants peuvent-ils protéger leurs enfants contre ces jeux vidéo brutaux?
• Essayez d’être un bon modèle dans les domaines qui vous sont importants pour votre enfant.
• Remettez en question les arguments critiques qui parlent en faveur des médias faisant l’apologie de la violence. Ecoutez dans ce cas votre propre sentiment et votre bon sens. Ne vous fiez pas aux limites d’âge inscrites sur les emballages des jeux. Dans ce domaine, la protection de la jeunesse ne suffit pas.
• Les jeux vidéo coûtent cher en argent et en temps. Souvent, l’acquisition d’appareils et d’accessoires sont nécessaires. Ne vous laissez pas contraindre à dépenser plus d’argent que votre situation financière vous le permet.
• Observez le comportement de vos enfants face aux médias. C’est plus facile, quand un ordinateur est utilisé en commun dans une pièce centrale. Il en va de même pour l’appareil de télévision.
• Montrez de l’intérêt pour ce que votre enfant apprend, vit et ressent.
• Accompagnez et aidez votre enfant lors de l’initiation aux médias modernes. Vous remarquerez ainsi à temps si votre enfant tombe sur des pages Internet et des jeux que vous considérez inappropriés voire dangereux.
• Parlez ouvertement avec votre enfant sur les problèmes éventuels. Ne faites pas de reproches à votre enfant, il n’a pas inventé ces contenus.
• Un «bon entretien» signifie: Tous les participants s’efforcent sincèrement de comprendre le point de vue des autres. Cela veut dire:
- s’écouter mutuellement,
- laisser les autres finir de parler,
- ne pas dévaloriser ou se moquer des propos d’autrui.
• Ces règles sont aussi valables, quand vous ne pouvez pas autoriser des jeux parce que ceux-ci violent de manière grossière la dignité humaine et vont à l’encontre de vos objectifs pédagogiques.
Si vous ne savez plus comment faire et si vous vous faites de grands soucis pour votre enfant, vous pouvez faire appel à un centre de consultation. •

Source: Gesprächspsychotherapie und personenzentrierte Beratung 1/08, S. 6–12
(Traduction Horizons et débats)

1 Rainer Fromm: Im virtuellen Stahlgewitter. Jüdische Allgemeine. No 49/04
2 «Les jeux de tueur sont des logiciels de jeu sur lesquels des atrocités ou des actes de violence inhumains contre des hommes ou des êtres ressemblant à des hommes sont représentés et qui donnent la possibilité au joueur de participer à de telles violences représentées.» (Source: Bundesratdruck­sache 2007-0001-0100/76-07. Traduction Horizons et débats)
3 Grossman, Dave: Stop teaching our kids to kill. New York 1999. cf. aussi le même auteur dans: «Die Zeit», no 39 du 23/9/1999 : Kinder sind wie Soldaten – man kann sie lehren, Menschen umzubringen.
4 Der Massenmarkt liegt vor uns. «Süddeutsche Zeitung» 23/8/07
5 www.bpb.de/themen/PCGNUI,0,0,Transkript:_Welche_Rolle_spielt_die_Wirtschaft.html
6 KstA 25/1/07. Interview avec W. Kaminski, Institut zur Förderung von Medienkompetenz.
7 Wolfgang Fehr/Jürgen Fritz – Band 13, Spiel- und Lernsoftware, Köln 2003/2004. www.spieleratgeber-nrw.de
8 Un concept exhaustif pour une éducation aux médias globale est en préparation.

Bibliographie:
Bergmann, Wolfgang, Hüther, Gerald: Computersüchtig. Kinder im Sog der modernen Medien. Düsseldorf 2007
Hänsel, Rudolf: Da spiel ich nicht mit! Auswirkungen von «Unterhaltungsgewalt» in Fernsehen, Video- und Computerspielen – und was man dagegen tun kann. Eine Handreichung für Eltern und Lehrer. Donauwörth 2006.
Mies, Maria: Infobrief Nr. 29: Wie kommt der Krieg in die Köpfe und in die Herzen? Köln, 2007.
Commandes: infobrief-koeln@web.de
Mössle, Thomas/Kleimann, Matthias/Rehbein, Florian: Bildschirmmedien im Alltag von Kindern und Jugendlichen. Baden-Baden 2007, Studie des Kriminologischen Forschungsinstituts Niedersachsen
Ostbomk-Fischer, Elke: Gewaltverhalten bei Jugendlichen. Zum Verhältnis von Ursachen, Prävention und Korrektur. Gesprächspsychotherapie und personenzentrierte Beratung. Köln 2000 (peut être téléchargé sur le site Internet d’Elke Ostbomk-Fischer, FH Köln)
Spitzer, Manfred: Vorsicht Bildschirm! Elektronische Medien, Gehirnentwicklung, Gesundheit und Gesell­schaft. München 2006
Weiss, Rudolf: Gewalt, Medien und Aggressivität bei Schülern. Göttingen 2000. A la page 12, il y a une check-list qui aide à juger des jeux vidéo au ­niveau pédagogique et à distinguer les conseils ­fondés au niveau pédagogique de ceux visant à favoriser les ­ventes.
Gesprächspsychotherapie und personenzentrierte Beratung 1/08, Schwerpunktthema: Jugend und neue Medien

*Elke Ostbomk-Fischer
(elke.ostbomk-fischer@fh-koeln.de)
Educatrice sociale, Fachhochschule Köln, Faculté des sciences sociales appliquées, formatrice à la «Deutsche Gesellschaft für wissenschaftliche Gesprächspsychotherapie» (Association allemande de psychothérapie scientifique centrée sur la personne). Spécialisations: la violence et sa prévention, le conseil psychosocial, le bien de l’enfant et sa mise en danger, les jeux vidéo; longue expérience professionnelle avec les jeunes délinquants violents.
Consommation médiatique et développement cérébral

«Imaginez ce qu’il advient quand de plus en plus de personnes n’utilisent plus leur cerveau en premier lieu pour s’orienter dans le monde réel et dans leurs relations avec autrui. Que se passe-t-il dans le cerveau de ces gens qui se plongent dans un monde virtuel créé par les appareils électroniques et y passent une grande partie de leur temps, donc de leur vie. Celui qui se plonge dans le tourbillon des mondes virtuels développe un cerveau qui est certes adapté de manière optimale à une vie virtuelle mais qui ne lui permet plus de trouver ses marques dans la vie réelle. Les conséquences sont ­faciles à comprendre. Pour celui qui en est arrivé là, la fiction est devenue la réalité et la vie réelle une pure fiction. Il ne peut plus survivre dans le monde réel. Il est naturel que l’introduction des nouvelles technologies numériques ait une influence sur notre cerveau.
Nous savons depuis quelques années que les connections entre les neurones ­s’adaptent toujours à la manière dont on utilise son cerveau. On appelle ce processus d’adaptation neuroplasticité, ce que l’on peut résumer en une phrase: le cerveau devient ce qu’on en fait.
Chez les personnes qui utilisent beaucoup les médias numériques, il se produit automatiquement une adaptation au niveau de la vue, c’est-à-dire une dominance visuelle très forte. En outre, elles développent une forte coordination motrice visuelle, c’est-à-dire que leur main réagit très rapidement à ce qu’elles voient. Les réactions sont plus rapides qu’auparavant. Dans beaucoup de jeux vidéo, les successions d’images et les séquences d’actions sont énormément accélérées. Cela impose au cerveau de nouvelles exigences et notre système nerveux s’y adapte.
Cela a deux conséquences importantes. Tout d’abord, on perd plus rapidement le lien avec le monde réel. Quand on passe le plus clair de son temps devant des ­mondes d’images générées par l’ordinateur, devant des réalités virtuelles, on s’y adapte. La deuxième conséquence, sur laquelle on ne saurait trop insister, est que les individus qui passent beaucoup trop de temps devant l’ordinateur perdent également le lien avec eux-mêmes. Ils ne ressentent plus vraiment leur propre corps, leur force mentale disparaît. Une autre conséquence est le manque d’empathie, la difficulté à se mettre dans la peau d’autrui, à reconnaître l’état émotionnel de l’autre et à entrer en contact avec lui au moyen de formes d’expression adéquates, à l’aide de gestes et de mimiques. Pour apprendre cela, on a besoin de personnes réelles à qui on répond et qui réagissent à nos réponses. Celui qui vit principalement dans le monde des ordinateurs et fait presque tout au moyen d’ordinateurs s’adaptera tôt ou tard de manière optimale à ce monde virtuel et s’y débrouillera de mieux en mieux. Cependant, il aura de plus en plus de mal à se sentir bien et en sécurité dans le monde réel. On peut observer cela aujourd’hui déjà. Il y a des gens qui se sentent plus à l’aise dans le monde virtuel que dans le monde réel.»
Extrait d’un article de Gerald Hüther, professeur de neurobiologie aux Universités de Göttingen et de Mannheim/Heidelberg, tiré de Infobrief n° 25, décembre 2007.

Etudes sur les rapports entre la violence virtuelle
et la violence réelle
• Volker Ladenthin, Jessica von Wülfing, Gewalt der Medien. Studien zu Gewalt an Schulen. Empirische Hinweise und bildungstheoretische Konzepte (Violence des médias. Etudes sur la violence à l’école. Résultats empiriques et concepts éducatifs). Ergon Verlag, Würzburg, 2007
• Cette étude des psychologues de Bochum Rita Steckel et Clemens Trudewind montre que les jeux vidéo réduisent la sensibilité émotionnelle. Ils écrivent: «A long terme, cette diminution de la capacité à réagir de manière empathique peut conduire à une indifférence émotionnelle progressive qui affaiblit le mécanisme essentiel d’inhibition de l’agressivité.»
• Une étude de Tillmann, Holler-Nowitzki, Holtappels, Meiner et Popp [Schülergewalt als Schulproblem (La violence entre élèves, un problème scolaire), Munich, 1999] effectuée dans des écoles de la Hesse montre que la violence médiatique est, avant les pairs, l’école et la famille, ce qui influence le plus l’usage de la violence physique. 3540 élèves de 167 classes ont été interrogés à l’aide d’un questionnaire standardisé.
• Une étude de Weiss sur les effets de la consommation de médias violents dans le Bade-Wurtemberg et en Saxe montre que la «légitimation de la violence et son usage sont étroitement liés à la quantité et à la fréquence de la consommation de violence médiatique chez les élèves âgés de 12 à 16 ans.» (Gewalt, Medien und Aggressivität bei Schülern [Violence, médias et agressivité chez les élèves], Göttingen, 2000)
• Au département de psycho-pédagogie de l’Université libre de Berlin, ce sujet a été l’objet de deux thèses qui traitent des effets des jeux vidéo violents. Dans son mémoire de fin d’études intitulé «Aggressive Jungen und gewalthaltige Computer­spiele» (garçons agressifs et jeux vidéo violents), Astrid Kirsten présente une étude longitudinale effectuée en questionnant des élèves d’écoles pri­maires. Bien qu’il s’agisse d’un groupe d’âge chez lequel les jeux brutaux se généralisent encore de manière hésitante, «les egoshooters constituent les jeux préférés de 20% des 142 élèves questionnés.» (p. 106) Certes, il n’y a pas de «corrélation significative entre le comportement agressif à l’égard d’autrui et la pratique des jeux vidéo violents» mais «les enfants qui pratiquent souvent ces jeux ont tendance, lors d’une dispute avec un ami, à recourir à des stratégies basées sur la violence corporelle.» (p. 132)
Vous trouverez d’autres sources à l’adresse suivante: http://frontal21.zdf.de/ZDF/download/0,5587,7000133,00.pdf

Mercredi 16 Juillet 2008

http://www.horizons-et-debats.ch http://www.horizons-et-debats.ch



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Une p'tite synthèse ?

Posté le 14.07.2008 par djamazz
Une p'tite synthèse ?

Il est grand temps de faire le point.

Premièrement, tout ce qui est rabâchage dans les médias est sujet à caution. Dit clairement, c'est de la pure manipulation. Tout ce qui est gênant pour l'Ordre Mondial se mettant en place est traité rapidement, lorsque c'est traité, ou bien en page 8, en bas, à droite, en tout petit. Ou cela fait l'objet d'un reportage, sur Arte, à 25h78, le 31 février.

Vendredi 11 juillet 2008

Une p'tite synthèse?...
http://changementclimatique.over-blog.com/article-21166953.html

Nous l'avons vu avec l'Irak. Après avoir servi de laboratoire de technologie éliminatrice de perses dans les années 80, y compris chimiquement, il fallait à tout prix prendre le contrôle de cette région charnière du Golfe Arabo Persique. Alors un nouvel Hitler, ami d'hier, est montré tel le diable sortant de sa boite Pandorienne...
Nous l'avons vu avec la Yougoslavie (bizarement à la même époque, celle de la chute de l'Union Soviétique). Il fallait démembrer ce pays indépendant ayant refusé avec force la vindict soviétique et qui refuserait celle, Otanesque, qu'on allait lui imposer. Il fallait d'abord la briser. Les serbes ayant le pouvoir central, il a fallu les charger de toutes les atrocités de la guerre, alors que le bon sens veut que chaque partie en guerre se mesure à leur capacité à engendrer l'horreur...
Les croates ou les musulmans auraient été au pouvoir, ils auraient été les méchants.
Il fallait démembrer ce pays pour dégager la Croatie, alliée naturelle du III ème Reich pendant la deuxième guerre mondiale, puis alliée naturelle du IV ème Reich au pouvoir aujourd'hui en Occident (Peut-être à peu près partout dans le Monde).
Il fallait dégager le Kosovo, pays-base de l'Otan, gouverné par ce dernier avec l'appui de la Mafia locale. Le pétrole et le gaz de l'Asie Centrale arrivant en ces contrées si bénéfiques aux trafics en tous genres comme les aiment ceux qui nous dirigent.
Aujourd'hui, l'Iran, la Syrie et le Liban sont tous les jours sur nos écrans. Ils peuvent trembler, ces pauvres gens, toute la virtuosité sanglante de l'Occident va leur tomber dessus. Cela a débuté en été 2006 avec l'agression innommable d'Israël sur le nain Liban...

L'écho de la giffle reçue résonne encore comme un chant salvateur de liberté et de résistance.

Est-il raisonnable de revenir sur le 11 septembre 2001 et de cette "guerre contre le terrorisme", pure invention politico-économique, tellement grosse, que dis-je, tellement énorme, que l'on se demande comment ils peuvent encore mentir ainsi tous les jours?...

Les seuls terroristes sont ceux qui détiennent les médias, les banques, qui emploient nos politiciens en les corrompant ou les amusant, ceux qui ont des actions dans toutes les activités économiques de la planète. Y compris et surtout la valeur économique la plus sûre et la plus rentable; LA GUERRE.

Alors quand on vous dit tous les jours que le Co2 est responsable du "réchauffement climatique", il y a de quoi avoir de sérieux doutes.
Ils ont pourtant trouvé la parade suprême; tous ceux qui affirment le contraire sont à la solde des pétroliers et des pollueurs de la planète. C'est imparable... Sauf que ce sont les mêmes qui détiennent les industries pétrolières et polluantes qui détiennent les médias, le contraire est impossible. Mais il faut l'avouer, le subterfuge est impeccable.
Bon, je ne suis financé que par mon travail qui est de poser du carrelage et accessoirement de construire des petits châteaux et des petites églises. Et bien je le dis haut et fort, le Co2 n'a pas grand chose à voir avec les bouleversements climatiques en cours. Les 70 dernières années d'activités solaires sont bien plus conséquentes et la théorie de l'entrée de notre système solaire dans une zone galactique particulièrement capricieuse me parait de plus en plus crédible. Il ne faut pas oublier que si nous tournons autour du Soleil, le Soleil; lui, tourne autour de la Galaxie...

Alors pourquoi un tel conditionnement?
S'il on met en perspective tous les évènements de ces derniers vingt ans, depuis la fin de la guerre froide, nous devinons une mainmise grossière mais certaine de la Finance sur l'ensemble de la planète. Nous sommes passés du capitalisme à la mondialisation et l'explosion économique a été réelle. Les barrières sont tombées une à une, y compris les maigres qui restaient pour protéger les peuples. Nous sommes dans une monarchie économique depuis longtemps mais celle-ci devient dictatoriale, vindicatrice et assassine.
Vous vous demandez pourquoi trois mille personnes sont mortes à New-York un sombre jour d'automne?
Il fallait marquer au fer rouge la population mondiale, il fallait la menacer au plus profond d'elle-même. Cela a permis d'instaurer des lois qu'aucune démocratie digne de ce nom ne pourrait même imaginer. Cela permet de préparer le jardin à la domination totale, à la mise au joug de toute contestation de l'asservissement total qui se prépare.
Toute résistance sera considérée comme terroriste, tout désaccord sera crime contre l'humanité.
Le pseudo "réchauffement climatique" sera responsable de la famine, alors que la politique des biocarburants et une forte dose de spéculation dirigée en est à l'origine. Une bonne augure pour instaurer comme obligation les OGM et ainsi détenir la clef de l'asservissement: La nourriture.
Comme toutes les plantes comestibles seront contaminées par les OGM brevetés par les firmes agroalimentaires, toutes plantes commestibles seront propriété de ces firmes. Nous devrons payer des droits pour faire pousser quoi que ce soit.
Il restera l'élevage de volaille, me direz vous...

Vous oubliez H5N1...

Tout est aujourd'hui en place pour le lancement du Nouvel Ordre Mondial. La crise économique annoncée est là, aujourd'hui, et elle est le signal du grand bouleversement. Attendez vous à un grand choc, car il faudra un grand choc pour imposer en "douceur" ce Nouvel Ordre. Ce choc tuera un ou plusieurs milliards de personnes.

Je vous le disais dans un précedent billet...Je n'ai pas vraiment de bonnes nouvelles. Le Père Noël n'existe pas.

Mais le Père Fouettard, si.
Et il n'est pas tout seul...

Dimanche 13 Juillet 2008
lamatrice75@gmail.com

Comment le sionisme et son avatar, l'État d'Israël, avilit les Juifs

Posté le 14.07.2008 par djamazz
Comment le sionisme et son avatar, l'État d'Israël, avilit les Juifs de ce pays et gangrène le monde.



Dans un article du quotidien Le Monde publié sur le site Internet de ce journal (Les Mexicains ulcérés par les brutalités de leur police - 12.07.08 | 14h02 • Mis à jour le 12.07.08 à 14h02) on apprend que : « la police de l'Etat de Guanajuato (Centre), un bastion de la droite catholique, avait recours depuis 1997 à d'anciens militaires israéliens afin d'entraîner ses hommes à la torture. La diffusion de vidéos montrant des policiers contraints de ramper dans leur vomi ou de se plonger la tête dans un seau rempli d'excréments a provoqué un choc. » On comprend que ce sont les méthodes employées en Israël même de manière tout à fait officielle qui sont exportée au Mexique. Le site http://libertedexpression.fr a déjà publié un article sur le fait que la Cour suprême de ce pays a refusé de condamner des geôliers qui ont sodomisé un prisonnier palestinien. Et il ne pouvait pas en être autrement : on ne peut pas exploiter un peuple, le déplacer, le coloniser sans être soi-même un raciste, un tortionnaire, une bête sauvage. Prenez la population d’Israël soumise aux obligations militaires, ajouter à ce nombre celui des « civils » israéliens armés. Cela donne un nombre A. Divisez le nombre d’assassinats de Palestiniens opérés dans ce pays et à travers le monde de puis la création d’Israël, directement (bombardements, privation de médicaments, « opérations de maintien de l’ordre », etc.) ou en commandite (cas des camps de Sabra et de Chatila au Liban) par le premier nombre (le nombre A) et vous avez le taux moyen de criminalité de la population sioniste d’Israël ou si vous voulez le nombre moyen de personnes qu’a tuées chaque sioniste. C’est le résultat moral du sionisme appliqué au le peuple Juif d’Israël et à ceux qui sont devenus des sionistes à travers le monde. Il me souvient d’un argument sioniste dont j’ai oublié les références exactes et qui s’adressait ainsi aux Occidentaux : « si vous n’êtes plus racistes et anti-Juifs, alors prouvez-le en nous donnant les moyens, nous aussi de massacrer au moins un peuple, comme vous le fîtes avec tous les peuples africains, asiatiques et d’Amérique latine. Si vous nous critiquez quand nous assassinons, quand nous torturons, alors c’est que vous êtes encore antisémites ». Moi je dis qu’un État qui officiellement colonise, qui ne se reconnaît pas de frontière, qui officiellement sodomise les prisonniers, qui torture qui, selon un journaliste anglo-saxon, est "le seul Etat qui paient des sniper pour tirer sur de petite fille" et qui exporte les techniques de torture n’est pas égal aux autres États de la communauté internationale. Israël est inférieur aux autres Etats. Le peuple juif, en raison des persécutions qu’il a subies dans sa très longue histoire était devenu le peuple emblème de la recherche de justice sociale et d’universalité de la condition humaine. Il a donné de grands personnages à l'humanité comme Karl Marx ou Albert Einstein ou bien d'autres encore qui ont refusé l'idée sioniste. Les sionistes en s’appropriant sa représentation exclusive ont confisqué un bien qui ne leur appartient pas et, ensuite, il l’ont dénaturé, avili, et transformé les Juifs qu’ils contrôlent en des assassins qui mettront des générations à oublier l’holocauste du Moyen-Orient (le mot est du ministre de la défense israélien) qu’ils sont en train de commettre. Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres, je dis aussi que l’État d’Israël va disparaître parce qu’il a créé lui-même les conditions de sa disparition, qu’œuvrer à sa disparition, c’est agir dans le sens de l’Histoire. Le stockage de bombes atomiques, de bombes biologiques, de bombes chimiques, de satellites militaires n’y changera rien.

Dimanche 13 Juillet 2008
abdellah.ouahhabi@online.fr

Périodiquement les vieux démons de l'Amérique affleurent à la surface...

Posté le 14.07.2008 par djamazz
Achab blues...

Périodiquement les vieux démons de l'Amérique affleurent à la surface...


« Nous vivons à l’époque des atomes et du chaos atomique. » (Nietzsche) Si vous avez lu le Moby Dick de Melville, vous serez frappé du parallélisme avec le monde réel - « la réalité, c’est ce qui fait mal quand on éteint l’ordinateur »... Il n’est qu’a voir l’Empire, et ses satellites (la Belgique, éternelle vassale, est du lot !), se préparer avec obsession, compulsion, une nouvelle fois, tel le Capitaine Achab, à pourchasser jusqu’au Golfe persique ce qu’il désigne comme le mal absolu. "Diable" de circonstance, façonné par une métaphysique de bas étage, une mystique à cinq sous, car il n’a de cesse de changer en fonction des besoins passagers de l’Imperium finissant - que d'Adolf Hitler successifs n'avons-nous pas vu jusqu'ici ! On est également frappé par la redondance du modus operandi. Se draper, tout d’abord, sous une rhétorique messiano-démocratique, remake de la doctrine de la « Destinée manifeste » du XIXe siècle dont les Indiens ont fait les frais, et ensuite sortir son va-tout militaro-géo-stratégique fait d'un cortège de rapacité, de cupidité, d’immoralité et de barbarie techniquement équipée. De ce tam-tam martial, les médias sont les adjuvants habituels, les fidèles porte-voix, eux qui mettent en place des dispositifs usés de pseudo-expertises sur le Moyen-Orient et de narrations à dormir debout répétées à satiété. De ces récits, vieilles antiennes des temps coloniaux, tous les chemins mènent au bazar ; les musulmans ne comprennent que la force ; la violence fait partie intégrante de leur civilisation ; l’islam est une religion intolérante, ségrégationniste, « médiévale », « archaïque », fanatique, cruelle, misogyne, homophobe et j’en passe… Le cadre est ainsi posé, la légitimité de la violence à venir s’y construit et cette dernière pourra bientôt se déployer avec la bonne conscience de la belle âme... Dans l’Economie des passions occidentales, à travers l’Iran, il s’agit tout à la fois de mater toute espèce de velléité d’autonomie des zones indigènes du globe, crime de lèse-Empire, et de donner une leçon à l’ensemble de la gueusaille du Sud tentée par la turbulence qu’elle qu’en soit la forme. Le résultat final est connu. « Une sinistre écume blanche, peu à peu, remonta les parois abruptes ; puis tout se referma d’un coup. Et le linceul immense de l’océan continua de rouler ses houles tout comme elles roulaient il y a cinq mille ans »... Le Bougnoulosophe

Dimanche 13 Juillet 2008
indigenes.du.royaume@gmail.com

Olé - Olé, Olé, Olé

Posté le 09.07.2008 par djamazz
Olé - Olé, Olé, Olé

par Uri Avnery

Mondialisation.ca, Le 7 juillet 2008
Gush Shalom

Qu’est-ce qui a passionné les Israéliens cette semaine?

Qu’est-ce qui les a "scotchés" à leurs postes de radio et de télévision ?

Qu’est-ce qui les a fait se précipiter aux kiosques pour acheter des journaux ?

Le drame à la Knesset, lorsqu’il est apparu que ses membres pourraient agir contre les lois de la nature en votant leur propre destitution ? La violation de la Tahdiyeh (la trêve) autour de la bande de Gaza après l’exécution de militants du Jihad à Naplouse ? Les négociations de paix avec la Syrie ? La discussion sur les échanges de prisonniers avec le Hezbollah au nord et le Hamas au sud ?

Ne soyez pas ridicules.

Le sujet qui a provoqué une explosion frénétique de passion, c’est le championnat de football européen, l’Allemagne contre la Turquie, l’Espagne contre la Russie.

Quels jeux ! Quels buts ! Ouah !

EN COMPARAISON, les jeux qui se déroulaient sur la scène politique étaient relégués au rang de simple attraction. Par exemple : le jeu d’Ehud Olmert pour assurer sa survie.

Depuis qu’il est établi qu’il est indubitablement corrompu, son gouvernement a perdu le capital le plus important de tout gouvernement dans une société démocratique : la confiance.

Personne ne croit plus ce que dit ce gouvernement. Toutes ses décisions sont suspectes à priori – de n’avoir pas été prises pour leur valeur, mais comme moyen de gagner un mois, une semaine, une journée d’existence de plus. C’est là un gouvernement qui n’a pas les moyens de gouverner.

Cela me rappelle une scène d’un vieux film tiré du roman de Jules Verne "Le tour du monde en quatre-vingt jours". Pour gagner un pari, le héros devait traverser le continent américain en train dans le minimum de temps. Lorsque la locomotive se trouve à court de charbon, il démonte les wagons, l’un après l’autre, pour alimenter le foyer de la locomotive avec le bois de leurs parois et de leurs sièges. Ensuite, il entreprend de démonter la locomotive elle-même jusqu’à ce qu’il n’en reste que la machine, la chaudière et les roues.

Le gouvernement d’Israël est comme ce train. Pour survivre, il est en train de sacrifier tous ses atouts.

Ehoud Barak a posé un ultimatum : si Olmert n’est pas remplacé, lui, Barak, va mettre fin à la coalition. Mais, à l’approche de l’échéance, il a compris qu’Olmert allait l’entraîner avec lui dans ce terrible abîme qui a nom élections.

D’après tous les sondages, des élections amèneraient le Likoud au pouvoir. Les deux Ehoud ont désespérément cherché une issue. Maintenant ils sont comme deux boxeurs épuisés qui s’étreignent l’un l’autre pour éviter de tomber.

Olmert survit pour le moment. Les primaires du parti Kadima n’auront lieu qu’en septembre – un parti fictif dont la situation s’apparente à celle de son fondateur, Ariel Sharon, maintenu en vie grâce à une assistance respiratoire et incapable de se mouvoir.

Jusqu’à quand ? Septembre ? Mai 2009 ? Novembre 2010 ? Personne ne le sait. Mais une chose est sûre : c’est un gouvernement incapable de faire quoi que ce soit.

EXEMPLE N° 1 : la Tahdiyeh (la trêve)

L’armée souhaitait un cessez-le-feu, parce qu’elle ne disposait d’aucun moyen pour mettre un terme au lancement de missiles depuis la bande de Gaza, et que la dernière chose qu’elle veut c’est d’avoir à la réoccuper – une opération qui serait coûteuse, dangereuse et aléatoire.

Elle souhaitait et en même temps ne souhaitait pas le cessez-le-feu. En bonne logique elle le souhaitait, mais, au plan des sentiments elle n’en voulait pas.

La semaine dernière, j’ai écrit ici qu’il serait facile de mettre fin au cessez-le-feu : "L’armée tuera une demi-douzaine de militants du Jihad islamique en Cisjordanie. L’organisation ripostera par le tir d’une salve de Qassams sur Sdérot. L’armée déclarera que c’est une violation de l’accord et répondra par une incursion dans la Bande de gaza…". Mais cependant, je ne prévoyais pas que cela arriverait si tôt. C’est pourtant bien ce qui s’est produit : l’armée a exécuté deux militants du Jihad islamique en Cisjordanie, le Jihad islamique a riposté en tirant des Qassams, l’armée a réactivé le blocus…

Quelqu’un a-t-il pris la décision de cette provocation ? Olmert ? Barak ? Le chef d’état-major ? Le général commandant la division ? Personne n’en dit mot. Une seule chose est certaine : il n’y a pour ainsi dire pas de gouvernement présent.

EXEMPLE N°2 : L’échange de prisonniers.

Le médiateur allemand a enfin mis au point un accord pour l’échange de nos deux prisonniers détenus par le Hezbollah contre quelques prisonniers libanais. On pense que tous les deux ont été mortellement blessés au moment de leur capture et qu’ils sont morts depuis longtemps. Mais ce n’est pas confirmé : le Hezbollah n’en dit rien.

Dans la religion juive, le "rachat des prisonniers" est un devoir sacré. Au Moyen-âge, lorsqu’un juif de Londres était capturé par des pirates turcs, les juifs d’Istanbul étaient tenus par leur religion de payer sa rançon. Dans l’armée israélienne, on a fait du rachat des prisonniers la règle la plus importante : de la même façon que l’on n’abandonne pas un soldat blessé sur le terrain, on n’abandonne pas un prisonnier aux mains de l’ennemi. Plus d’une fois, des centaines de prisonniers palestiniens ont été échangés contre un seul israélien.

La seconde guerre du Liban a été engagée (du moins officiellement) avec pour objectif de libérer ces deux prisonniers sans avoir rien à donner en échange. Pour cela on a sacrifié la vie de 150 soldats et civils israéliens et de plus de 1000 combattants et civils libanais. Sans résultat. S’il en est ainsi, comment peut-on s’opposer à la libération de cinq prisonniers libanais pour obtenir leur retour ?

Le problème tient à un mythe. L’un des cinq prisonniers à libérer est Samir Kuntar qui, avec ses camarades, porte la responsabilité d’une attaque particulièrement brutale en Israël. Le "meurtrier Kuntar" (comme on le désigne toujours dans nos media) figure dans la mémoire nationale comme un monstre, coupable d’avoir assassiné la famille Haran d’une façon particulièrement horrible. Au Liban, naturellement, il est considéré comme un héros national, auteur d’un exploit audacieux en plein territoire ennemi.

"Le rachat des prisonniers" d’un part, le refus de libérer un "monstre" d’autre part. Quelqu’un doit prendre une décision. Olmert l’a prise. Le jour suivant il prenait la décision opposée. Deux jours plus tard, il changeait de nouveau de décision. Á chaque fois en fonction du même critère : qu’est-ce qui va l’aider à survivre ? Qu’est-ce qui est le plus populaire ?

On observe le même comportement pour le soldat Gilad Shalit, prisonnier du Hamas dans la Bande de Gaza. Au moins nous savons qu’il est vivant. Le Hamas lui permet d’adresser un message de temps en temps.

Ici le problème tient à un autre mythe : "Ils ont du sang sur les mains". Et pas n’importe quel sang, mais "du sang juif", comme répètent avec insistance les faiseurs de discours. Le Hamas exige la libération de centaines de ses combattants qui ont pris part à des attaques. Et voilà de nouveau un dilemme : "le rachat des prisonniers" contre "du sang juif".

Toute cette affaire est ridicule. Dans une guerre, il y a du sang répandu. Nous avons tous "du sang sur les mains". J’en ai. Et certainement Ehoud Barak aussi.

"La mort et la vie sont au pouvoir de la langue" nous rappelle la Bible (Proverbes 18, 21), et cela s’applique à la langue écrite. Dites "soldat capturé" au lieu de "soldat kidnappé", "prisonniers de guerre palestiniens" au lieu de "criminels palestiniens", "combattants ennemis" au lieu de "meurtriers avec du sang sur les mains", et tout apparaît plus simple. Mais les bruyants media, toujours en quête de plus d’audience, jettent de l’huile sur le feu par le choix de leurs mots.

C’est pourquoi, Olmert ne peut pas décider. Qu’est-ce qui est le plus populaire ? La libération du soldat qui a déjà passé deux années entières dans un sombre cachot et dont la vie est en danger, ou le refus de libérer "des meurtriers" qui ont "du sang sur les mains?” Des sondages d’opinion sont régulièrement faits discrètement, et il n’y a encore pas de décision.

EXEMPLE N° 3 : La Syrie

Il semble qu’il y ait des négociations. Il semble qu’on y parle de paix. Les Turcs invitent les négociateurs d’Israël et de Syrie dans un hôtel et vont faire la navette entre les chambres pour des négociations "indirectes".

Tout cela est du théâtre. Ils boivent du vin dans des verres vides. Personne ne croit sérieusement à une paix qui exigerait le retrait des colonies israéliennes du Golan. Et pendant ce temps, les colonies continuent de s’étendre.

L’idée qu’Olmert possède la force morale et politique nécessaire pour liquider ces colonies est ridicule. Lui-même ne l'imagine pas. En réalité, il ne fait même pas le moindre effort pour préparer l’opinion publique à une telle éventualité. Même dans le meilleur des cas, cela ne serait possible qu’après un travail déterminé et persévérant de persuasion, qui ne manquerait pas de provoquer des réactions particulièrement orageuses dans la population.

Alors pourquoi cette mise en scène? Chacune des parties a ses propres raisons :

- Bachar al-Assad l’exploite, avec un grand talent, pour se sortir de "l’axe du mal", pour prévenir une attaque militaire américaine contre lui (devenue déjà hautement improbable) et rompre les liens qui l’isolent.

- Le gouvernement turc, menacé par ses ennemis internes, comme l’armée et les juges, y gagne du prestige et sert son objectif majeur : rejoindre l’Union européenne.

- Même l’actif Nicolas Sarkozy y flaire une opportunité. Après être venu ici pour un voyage de séduction, assisté de sa brillante épouse (sa critique des colonies a été presque passée sous silence par les media), il souhaite maintenant recevoir Olmert et Assad à Paris, pour un grand show, autour de la même table (mais sans se serrer la main). Qui peut dire non à quelqu’un qui s’apprête à assurer la présidence tournante de l’Union européenne, et qui à l’ambition de devenir Napoléon IV ?

- Mais Olmert est, bien entendu, celui qui a le plus à y gagner. Cette semaine, depuis la tribune de la Knesset, il a hurlé en réponse aux sifflets railleurs des membres du Likoud : « Vous ne voulez pas la paix ! »

Et le voilà : ce n'est pas Olmert le corrompu, pas Olmert l’incapable, mais Olmert le brave, se sacrifiant sur l’autel de la paix, lui qui d’une minute à l’autre va réaliser le rêve de générations, si seulement on lui permet de rester au pouvoir. .

EXEMPLE N° 4 : La Palestine

Tout ce qui précède s’applique encore plus aux relations avec la Palestine. Ils se rencontrent. Ils s’embrassent. Ils échangent des promesses. Il y a une foule de médiateurs, qui tous veulent recueillir quelque chose pour eux-mêmes.

Cette semaine une manifestation particulièrement odieuse s’est déroulée à Berlin, avec le soutien d’Angela Merkel, qui nous a fait aussi récemment l’honneur d’un pèlerinage d’hommage. Il s’est agi d’une rencontre "pour les Palestiniens". De quoi n’ont-ils pas parlé ? De l’occupation. Des colonies. Du mur. Des milliers de prisonniers que nous détenons. Et du nettoyage ethnique qui se poursuit à Jérusalem.

Et alors, de quoi ont-ils parlé ? De l’entraînement de la police palestinienne qui va garantir la sécurité de l’occupation. De la construction de prisons palestiniennes pour enfermer les membres du Hamas. La chose principale, c’est la loi et l’ordre – la loi et l’ordre de l’occupation.

Et qui étaient les vedettes là-bas ? L’inévitable Tony Blair. La tragi comique Condoleeza Rice. Et, naturellement, Tzipi Livni ( qui a exigé, ce même jour, que l’armée israélienne pénètre à Gaza). Tous, mais vraiment tous agissent pour la paix.

IL FUT UN TEMPS où les Israéliens s’intéressaient à la fois au football et à la politique. Ils montraient une passion aussi intense pour l’un et l’autre. Maintenant il ne leur reste plus que le football, un jeu qui se pratique suivant des règles transparentes. Ce que l’on voit, c’est ce qui se passe réellement sur le terrain. On peut assister à un match sans dégoût, alors que la politique suscite mépris et aversion.

Voilà le prix que nous payons pour la survie d’Olmert.

Article original, "Ole – ole, ole, ole, ole", Gush Shalom, 28 juin 2008.

Traduit de l'anglais pour l'AFPS: FL

Uri Avnery est journaliste et cofondateur de Gush Shalom.

Articles de Uri Avnery publiés par Mondialisation.ca

L'économie politique ? Ce n'est pas compliqué

Posté le 09.07.2008 par djamazz
L'économie politique ? Ce n'est pas compliqué grâce à la théorie des vaches.... (humour)


SOCIALISME :

Vous avez 2 vaches et vous en donnez une à votre voisin.

COMMUNISME :

Vous avez 2 vaches, le gouvernement vous les prend et vous donne un peu de lait.

FASCISME :

Vous avez 2 vaches, le gouvernement vous les prend et vous vend un peu de lait.

NAZISME :

Vous avez 2 vaches. Le gouvernement vous les prend et vous tue.

BUREAUCRATIE :

Vous avez 2 vaches. Le gouvernement vous les prend, en tue une, trait l'autre et jette le lait.

CAPITALISME :

Vous avez 2 vaches. Vous en vendez une et achetez un taureau. Vous les laissez se produire et quand l'économie monte, vous vendez tout et retirez le bénéfice.

ENTREPRISE AMÉRICAINE :

Vous avez 2 vaches. Vous en vendez une et forcez l'autre à produire autant de lait que 4 vaches. Plus tard, vous embauchez un consultant pour analyser pourquoi la vache est morte.

ENTREPRISE FRANÇAISE :

Vous avez 2 vaches. Vous faites grève car vous en voulez 3.

ENTREPRISE JAPONAISE :

Vous avez 2 vaches. Vous les renoncerez pour qu'elles fassent 1/10 de la taille d'une vache normale et qu'elles produisent 20 fois plus de lait.
Vous créez ensuite un dessin animé appelé VacheKemon et le commercialisez dans le monde entier.

ENTREPRISE ALLEMANDE :

Vous avez 2 vaches. Vous les reconcevez pour qu'elles vivent 100 ans, mangent une fois par mois et se traient elles même.

ENTREPRISE ITALIENNE :

Vous avez 2 vaches mais vous ne savez pas où elles sont, et allez déjeuner.

ENTREPRISE RUSSE :

Vous avez 2 vaches, vous les comptez et en trouvez 5. Vous recomptez en trouvez 42. Vous recomptez encore une fois et en trouvez 2. Vous arrêtez de compter et ouvrez une autre bouteille de vodka.

ENTREPRISE SUISSE :

Vous avez 5000 vaches et aucune ne vous appartient. Vous facturez les propriétaires pour garder leurs vaches.

ENTREPRISE CHINOISE :

Vous avez 2 vaches, vous avez 300 millions de gens pour les traire. Vous clamez qu'il y a le plein emploi, une grande productivité bovine et arrêtez le journaliste qui a donné les chiffres.

ENTREPRISE INDIENNE :

Vous avez 2 vaches, vous les adorez.

ENTREPRISE ANGLAISE :

Vous avez 2 vaches, elles sont toutes les deux folles.

ENTREPRISE MAROCAINE:

Vous avez 2 vaches, et vous ne savez pas quoi en faire et vous importez du lait... (???!!)

Mardi 08 Juillet 2008

Hisse slam : lâche d'or

Posté le 09.07.2008 par djamazz
Hisse slam : lâche d'or

Bien que cette lettre soit destinée à tous ceux que le traitement si singulier de l'Islam intéresse, je l'adresse directement au présentateur de France Culture et professeur de philosophie Raphaël Enthoven.

Monsieur,

(Je préfère le distant Monsieur au faussement complice Raphaël, parce que j'ai horreur des familiarités médiatiques dont vous êtes déjà le complice cathodique et que Raphaël désigne pour moi un peintre génial, certainement pas un piètre chanteur ou un penseur imposteur.)

Avant de revenir à l'histoire de l'immanentisme, histoire cachée sous les fards multiples et variés de la démocratie, de la laïcité ou de la liberté, qui toutes sont des avatars à peine dissimulés de ce bon vieil immanentisme, j'aimerais souligner que l'histoire de l'islamisme qui débute officiellement entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle chrétien (et non musulman) est une histoire biaisée.
Pour commencer, sa chronologie repose sur une optique non musulmane et pro-chrétienne, ce qui indique clairement le prisme orienté et ethnocentrique. Parler d'islamisme en utilisant un calendrier chrétien est ainsi très drôle - et très significatif.
Ce n'est pas tout. On sait que le terme islamisme provient de longues contorsions étymologiques dans les langues chrétiennes pour évoquer l'Islam. Comme par enchantement, ce serait au siècle des Lumières que Voltaire en personne aurait utilisé islamisme pour le substituer au trop connoté mahométisme.
Au passage, on appréciera la mention de Mahomet pour désigner le prophète ultime des musulmans, Mohamed. On n'est certes pas obligé de révérer un prophète étranger, mais déformer son nom est tout sauf anodin. En l'occurrence, la déformation est intentionnelle et peu respectueuse. Que l'on en juge, suivant un article fort intéressant dont je donne le lien :
http://www.alterinfo.net/Mahomet-je-ne-connais-pas
Suivant cet article, Mohamed signifie en gros le béni (comme Benoît en français et Baruch en hébreu), alors que Mahomet aurait le sens peu reluisant de maudit.
Tout un symbole, dont je m'empresse de relever la présence dans la langue française. Les mots ne sont jamais choisis au hasard, en particulier par ceux qui les utilisent sans en connaître la teneur. Demandez à Wittgenstein. Il ne faut pas s'étonner du mépris au moins latent, parfois explicitement islamophobe, que notre civilisation occidentale voue à son bouc émissaire musulman quand on voit quel est le vrai sens du nom que l'on attribue à son prophète.
Effectivement, si le prophète des musulmans est maudit, voire exécré, c'est qu'il est exécrable. L'exécration de la religion musulmane est bien la règle chez les chrétiens, y compris chez les plus géniaux, comme Pascal; et elle a pris une tournure idéologique depuis que la guerre contre le terrorisme s'est orientée vers la guerre des civilisations stipulant à lire l'exécrable Huntington que la civilisation et la religion musulmanes ne sont pas aptes à faire face à la modernité.
J'éprouve les pires peines à établir la différence entre islamique et islamiste. Pour moi, l'islamisme est un courant de l'Islam qui s'est créé en réaction au colonialisme occidental et qui se fonde sur le littéralisme exégétique et sur la prépondérance politique. Cette confusion est d'autant plus significative et remarquable que l'Islam est une religion fort peu connue en terre occidentale et chrétienne et que le principe du terrorisme est explicitement contraire à l'étymologie d'Islam, qui renvoie à la paix.
On mélange les termes et l'on arrive d'autant plus à laisser entendre qu'islamique et islamiste sont identiques que dans le fond on entretient l'idée que l'islamisme est fondamentalement mauvais et qu'il serait la preuve non seulement de la sclérose de l'Islam, mais de son dévoiement postcolonial en idéologie stupide et politique.
J'en viens aux faits : il ne s'agit pas de nier que l'islamisme désigne un mouvement au sein de l'Islam. Il s'agit de constater que trop souvent l'islamisme est présenté aux Occidentaux comme un mouvement extrémiste et pernicieux débouchant sur le terrorisme barbare. L'islamisme est connoté de manière fort négative, alors que c'est un mouvement fort riche et intéressant, dont on ne connaît rien (ou si peu) et qui ne se réduit ni au terrorisme, ni à l'extrémisme. C'est ainsi qu'il existe des islamistes fort modérés, intelligents et ouverts, mais que bien entendu on n'entend jamais parler des ces individus sur les ondes pro-occidentales.
C'est de bonne guerre : l'Islam est devenu l'ennemi de la civilisation dominante occidentale et de la mondialisation occidentaliste. J'ai longtemps cru que les Frères musulmans étaient d'horribles fanatiques et fondamentalistes mus par la haine et la violence, voire la folie furieuse, avant de me rendre compte que c'était peut-être la propagande occidentaliste qui présentait les faits de manière à ce que l'observateur enclin à s'informer soit définitivement rebuté par ces piètres penseurs.
A chaque fois que l'on nous parle de l'Islam, l'on fait appel à des experts dont la caractéristique est d'être occidentaux et non musulmans. Je ne suis certes pas pour le communautarisme, mais je constate que cette orientation est tout aussi extrême et connotée que son inverse et que l'on connaît le miracle de ces africanistes spécialistes des cultures africaines alors qu'ils ne sont ni africains ni linguistes en langues africaines.
Pur hasard bien sûr. A l'article Wikipédia sur islamisme, on ne trouve en références bibliographiques que des spécialistes aux noms fort chrétiens et français. Cela ne signifie pas qu'ils soient ignares ou racistes, mais simplement que l'Islam en terre chrétienne est une affaire réservées exclusivement à des professeurs chrétiens.

Dont acte? Ce fait suffisamment attristant débouche sur des contresens voulus, un peu comme quand on confie l'histoire du terrorisme à des occidentalistes qui font semblant de ne pas discerner les manipulations de réseaux fort occidentaux ou occidentalistes derrière les mouvements autochtones et spontanés de l'extrémisme terroriste.

Pour finir cette histoire sommaire de l'islamisme comme confusion et incompréhension plus ou moins volontaires et plus ou moins inscrites dans le langage et l'inconscient cultu(r)el, je voudrais signifier ma stupéfaction à chaque fois que l'on aborde le thème de la civilisation musulmane. Le stéréotype qui revient en boucle est d'un racisme insidieux consternant : il y aurait l'Age d'Or de l'Islam, qui se situerait aux alentours du Xème siècle chrétien.

C'est ainsi que les Nouveaux chemins de la connaissance, émission de vulgarisation de l'histoire de la philosophie, présentée par le néo-germanopratin Enthoven, Raphaël de son prénom, consacre durant sa semaine du 23 au 27 juin cinq numéros à la grande pensée arabe, de Al Kindi (801 - 873) à Averroès (1126 - 1198), en passant par Al Ghazali (1058 - 1111), Avicenne (980 - 1037) et Al Fârâbi (872 - 950).

On a bien entendu convoqué un spécialiste des cercles universitaires, un certain Benmakhlouf, qui personnifie l'ouverture, entre logique occidentale et orientalisme. Les interventions de ce professeurs sont très fouillées et il ne s'agit pas de les dénigrer. Constatons seulement qu'à chaque fois que l'on nous parle et que l'on nous pare de culture musulmane, on tient un discours hypocrite, dont les Nouveaux chemins sont symptomatiques, parce qu'ils se veulent éclairés et qu'ils expriment la fine pointe intellectualiste du message subliminal que déverse une radio culturelle et élitiste.

On répète en gros que la culture islamique a connu un âge d'or méconnu et qu'elle a servi de tête de pont entre l'Occident ancien et l'Occident moderne. L'Orient fut une brillante courroie de transmission, mais l'histoire et la culture attestent que cet état est révolu, que désormais la civilisation musulmane s'est sclérosée et qu'elle ne donne plus que des fruits secs ou pourris (c'est au choix).

Raison pour laquelle on invoque toujours des auteurs du passé, appartenant à cet Age d'Or de l'Islam. La moralité de cette propagande occidentaliste est cousue de fils d'or (et de soie) : l'Islam est une civilisation révolue parce que la religion islamique/islamiste est une hérésie judéo-chrétienne et qu'elle ne pouvait durer. Au contraire, la civilisation occidentale domine parce qu'elle est authentique (laissons le soin aux Juifs et aux chrétiens de se départager sur la question de savoir qui est vraiment authentique).

Un tel message recèle une prose et une pensée typiquement néo-conservatrice, soit en germes aussi islamophobe et occidentaliste. Je citerai pour preuve de ce conformisme faussement éclairé la présentation qu'Enthoven consacre à sa semaine d'ouverture arabe, un modèle du genre en matière d'hypocrisie occidentaliste faussement tolérante et bienveillante :
"Contre le jugement hâtif de Renan qui moquait “l'absence d'originalité de la philosophie arabe”, la semaine que les NCC consacrent aux philosophes arabes médiévaux (du IX au XII siècle, d'Al Kindi jusqu'à Averroès) veut manifester l'irréductibilité de la pensée arabe au simple commentaire de Platon et Aristote, auquel on l'a trop longtemps réduite. Car en mêlant le Coran à l'exégèse des premiers hérauts de la métaphysique, la philosophie arabe ouvre des perspectives inattendues : Descartes est en germe (à la lettre près) dans les textes d'Avicenne, Averroès propose une lecture des textes sacrés qui n'est pas sans rappeler l'herméneutique de Spinoza, Al Ghazali préfigure la différence pascalienne entre le cœur et la raison... Autant d'exemples, parmi d'autres, de la fécondité d'une pensée protéiforme, subtile, dont Ali Benmakhlouf nous livre les détails..."

On notera qu'entre autres preuves de l'occidentalisme forcené et insidieux de ce texte aussi ténébreux qu'éclairant, on trouve le rapprochement constant entre les auteurs arabes cités et les auteurs canoniques occidentaux, comme si la seule originalité musulmane et orientale passait forcément par la référence ultérieure à l'Occident... Pas n'importe quel Occident : l'Occident chrétien qui préfigure à l'immanentisme supérieur et à la grandiose sortie de la religion... Descartes et Pascal figurent au menu, mais ce qu'il faut retenir comme perle, c'est la mention de Spinoza.

Qu'Averroès dans son appellation occidentale (Abū l-Walīd Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Ahmad ibn Ahmad ibn Rušd pour les intimes) soit rapproché de Spinoza est sous la plume médiocre de l'immanentiste et spinoziste Enthoven un grand compliment, mais quand on sait le sort que Spinoza réserve aux Ecritures, on comprend que dans cette lecture, la seule lecture positive du Coran passe forcément par le modèle occidentaliste de la laïcité et l'interprétation hyperrationnelle des textes, une exégèse bien commode pour faire d'un texte transcendantal et monothéiste une pâle copie de pensée immanentiste...

La supercherie étant démasquée, qui consiste à louer des auteurs arabes dans la mesure :
- où on les relègue à une place lointaine, passée et mineure;
- où on les décrète arabes alors que ce terme faux et faussement tolérant recèle l'interprétation orientée et hâtive;
- où on les loue seulement à la lumière de leur postérité occidentale et occidentaliste;
il serait temps de réclamer de ces faux tolérants et faux esprits critiques et ouverts qu'ils cessent de présenter l'image d'un Islam stéréotypé et sclérosé après quelques siècles de flamboyance et qu'ils nous entretiennent plutôt de l'Islam contemporain.

Oui, il serait éclairant et significatif que des émissions vraiment ouvertes prennent le parti intellectuel et peut-être aussi le risque cultuel d'aborder la question de l'Islam contemporain et de son intérêt pour la pensée. J'ai à ce sujet une question dont la stupidité m'est seulement imputable : qui est Qutb? Un penseur terroriste?

Dans ce cas, s'il est aussi intéressant à lire que Rosset, je ne demande qu'à écouter des émissions pointues sur le sujet... Question subsidiaire et non suicidaire : Qutb est-il aussi nihiliste que Rosset? Si on loue le terrorisme de Rosset, peut-on parler de terrorisme pour Qutb? Si on évoque le nihilisme de Qutb, est-ce le nihilisme d'un Rosset ou ce terme est-il dans les deux cas inappropriés?

Ce n'est pas tout. Je suis vivement intéressé par la pensée de Ali Abderraziq et par les différents courants du réformisme musulman issu de la révolution wahhabite. J'ai toujours entendu que Qutb était un horrible fanatique et que le wahhabisme était une vision dégradante de la religion. Est-ce vraiment le cas?

Je n'en suis pas certain, à mesure que je découvre à quel point l'Occident falsifie la culture musulmane comme il a falsifié le nom véritable de son prophète... C'est un appel au secours généralisé : je ne suis pas davantage certain que les Frères musulmans soient seulement des intégristes mâtinés de terroristes réactionnaires. J'aimerais en savoir plus sur cette confrérie comme sur d'autres, apprendre enfin des idées intéressantes sur les mouvements de l'Islam moderne, les interventions de Mawdudi ou d'autres...

Comme les intellectuels occidentaux se gardent bien d'aborder ces sujets sensibles, je parie que les penseurs musulmans modernes sont aussi intéressants que les classiques et qu'ils gardent au moins le mérite de présenter du monothéisme un visage différent de ce que l'immanentisme sournois et occidentaliste offre en toute objectivité.

Pour finir, une petite insolence, dont je suis coutumier, moi l'héritier de Voltaire (je ne connais pas son ancêtre et correspondant arabe) : quand je lis la prose des nouveaux philosophes, BHL en tête, je me dis que ce genre de sujet que je propose est quand même plus intéressant et plus cultu(r)el (moins propagandiste aussi...).

Et quand je lis les descendants de BHL, dont vous êtes à n'en pas douter, Enthoven Jr., je me dis que la nullité de vos écrits témoignant du déclin de la pensée française mérite bien en guise de messe que l'on aborde des sujets proscrits ou ignorés. Après tout, si l'on balançait entre une émission sur Quotb et Bergson, je comprendrais. Mais entre Quotb et Averroès, je ne comprends plus - ou je comprends trop bien, et je fredonne, en guise de formule de politesse, ce petit quatrain dont toute intention parodique ressortirait à n'en pas douter du fâcheux et hâtif rapprochement :

"Quatre consonnes et trois voyelles,
Nom de la franchise Enthoven
Editeur label BHL
Et synonyme d'idée vaine..."

Lundi 07 Juillet 2008
aucoursdureel@blogspot.com

Détruisons la Tour de Babel de Bruxelles

Posté le 09.07.2008 par djamazz
Détruisons la Tour de Babel de Bruxelles. Refondons une Europe des patries et des projets !

Par Jacques Cheminade

La France a pris, le 1er juillet, la présidence du Conseil européen. Le « non » irlandais et l’effondrement du système financier et monétaire international font que ce soit au sein d’une tempête. L’Europe est en panne dans le pire des contextes. C’est une panne de l’idéal et de la finalité. Faire semblant que les choses vont leur train habituel serait désastreux. Sombrer dans un pessimisme impuissant conduirait au naufrage. Alors, que faire ? Prendre conscience que c’est précisément au sein des tempêtes que l’on peut changer de cap et ramener le vaisseau à bon port, comme le Pantagruel du Quart Livre. Il est clair que l’intérêt véritable des Etats et des peuples d’Europe occidentale ne peut être représenté et protégé par les institutions bruxelloises et leurs politiques actuelles. La Tour de Babel financière et bureaucratique a été rejetée trois fois par les peuples français, néerlandais et irlandais. La scène européenne, telle qu’on a pu la voir lors du Conseil des 19-20 juin, est un théâtre d’ombres parcouru par des nains politiques dont les mains sont menottées et les pieds d’argile. L’Empire britannique, c’est-à-dire le réseau d’intérêts financiers multinationaux qui a élu Londres comme centre d’opérations, contrôle l’UE de l’extérieur, notamment par une gestion suicidaire de l’euro qui rend l’Europe impuissante face aux spéculations et fait des salaires et de la consommation des Européens des « valeurs d’ajustement ». L’Europe du Traité de Rome est devenue celle des marchands du temple.

C’est ce que je voudrais dire d’abord à Nicolas Sarkozy. Le moment des paroles lourdes est en effet venu. Nous devons recréer une espérance. Avec des critères de mobilisation de nature à inspirer enfin un sursaut républicain, venant des meilleures sources de notre culture française et européenne de bâtisseurs de cité, celle qui a engendré la Renaissance, l’essor de l’Amérique et les droits et les devoirs de l’être humain. Cela exige de nous que nous regardions par delà nos institutions qui ont échoué et nos frontières trop courtes, à l’Ouest vers les Etats-Unis et à l’Est vers la Russie, l’Inde et la Chine, comme des lieux permettant de faire naître un nouvel ordre économique mondial redonnant priorité au travail, à l’équipement de l’homme et de la nature et à un accroissement de la densité démographique à l’opposé du malthusianisme financier dominant aujourd’hui partout. De cet ordre, l’Europe peut et doit être un pivot, rendant justice à l’Afrique en coopération avec la Chine et l’Inde, retrouvant un horizon non plus de l’Atlantique à l’Oural, mais de l’Atlantique à la mer de Chine. En se dissolvant dans un ensemble supérieur ? Non, bien entendu, mais en donnant l’exemple, en se libérant de l’emprise du système anglo-saxon pour servir cette cause de l’universel et de l’humanité évoquée par De Gaulle le 18 mars 1964 à l’Université de Mexico.
L’insurmontable contradiction de Nicolas Sarkozy

Je pense qu’intuitivement Nicolas Sarkozy ressent ce que j’exprime ici. N’a-t-il pas déclaré, le 1er juillet sur France 3, qu’« il faut changer notre façon de construire l’Europe » ? Cependant, il voudrait « changer » tout en continuant à servir ceux qui l’ont porté au pouvoir. Il ne veut pas remettre en cause le principe générateur du mal européen actuel, ce que le président de la Commission, José Manuel Barroso, a appelé lors d’une récente Conférence de presse, « la nature impériale de notre Union, un empire que nous nous sommes imposés à nous-mêmes ». C’est le principe, le point commun, des Traités de Maastricht, d’Amsterdam, de Nice et de Lisbonne. Nicolas Sarkozy détruit en fait sa crédibilité en essayant de changer certaines règles du jeu pour épouser la protestation des peuples, tout en restant au sein de la règle du jeu majeur. Il est victime du dilemme d’avoir été élu grâce au soutien d’intérêts financiers associés aux marchés mondiaux, et donc aux opérations de la City, qui espèrent le voir se comporter comme un agent d’influence britannique à la mode Arnault-Bolloré-Bernheim. Et en même temps, en populiste attentif, il ressent la pression du peuple et des institutions françaises, traditionnellement opposés au libéralisme économique et à un supra-nationalisme anti-souverainiste. Il sait que les Carla et les Ingrid ne pourront lui servir éternellement de rideau de fumée. C’est pourquoi, prisonnier de sa contradiction, plus il hausse le ton en public, plus il se voit contraint de faire le contraire de ce qu’il proclame, d’où son état de tension permanent et quasi-pathologique.

Je ne suis pas de ceux qui s’en moquent. Je lui demande simplement d’en sortir.

Car si certaines de ses initiatives récentes sont intéressantes, elles ne peuvent aboutir faute d’horizon.

On l’a vu ainsi s’en prendre virulemment au commissaire britannique et affidé de Tony Blair, Peter Mandelson, et au directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy. Il a ainsi lancé, au Conseil européen du 19 juin : « Un enfant meurt de faim toutes les trente secondes et nous devrions aller négocier une coupe de 20% de la production agricole européenne. Honnêtement, je pense qu’il n’y a qu’une seule personne partageant cette opinion : c’est M.Mandelson ». Lorsque M.Lamy, socialiste saisi par la débauche de la mondialisation financière, a dévoilé son intention de convoquer les Etats les plus influents du commerce mondial, le 21 juillet à Genève, pour forcer un accord désastreux, l’Elysée, profitant de sa présidence, a aussitôt annoncé l’organisation d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union pour encadrer M.Mandelson. On peut donc donner crédit à Nicolas Sarkozy de tenter d’éviter le pire.

La position française sur la crise alimentaire mondiale est meilleure que celle de la plupart des autres Etats européens. Michel Barnier, notre ministre de l’Agriculture, a ainsi appelé à un « Global New Deal » agricole à l’échelle de la planète et a proposé que les négociations agricoles soient retirées du cadre de l’OMC pour ne plus être soumises à une priorité commerciale. Nicolas Sarkozy a souligné le droit pour tout Etat de « protéger » ses productions et son peuple, contre les conceptions néo-libérales de Mandelson. Le Président français veut mettre l’énergie en priorité sur l’agenda européen, défend les professions victimes de la hausse du prix du pétrole et entend mettre le nucléaire au service du développement des pays du Sud, notamment méditerranéens.

Tout cela est intéressant, mais Nicolas Sarkozy reste dans la matrice des traités européens et de l’espace militaire défini par l’OTAN, ce qui le condamne non seulement à ne pas trouver les moyens financiers de sa politique mais à servir de fait des intérêts qui lui sont opposés.
Changer de cap pour une vraie Europe

Changer de cap : la manière de le faire serait pour le président de la République de saisir l’occasion de son voyage en Irlande, le 11 juillet. Au lieu de défendre un moribond, le Traité de Lisbonne, il devrait enclencher une rupture digne de ce nom, en jouant sur l’effet de surprise. Il devrait d’abord dire au peuple irlandais : « Je vous ai compris. Par delà les raisons apparemment contradictoires de votre "non", un non est un non, et je ne vais pas nous faire injure, à vous autres et à moi-même, en vous demandant de revoter. Je suis fatigué de tenter de remettre de la raison dans une maison de fous, et par conséquent nous allons ensemble construire une autre maison européenne, une vraie, pas un temple victorien. Détruisons pour cela la Tour de Babel de Bruxelles et construisons une Europe des patries et des projets qui serve le bien commun et non les marchés, les générations futures et non le capital fictif. Nous ne voulons pas d’une Banque centrale européenne dont le mode de fonctionnement bloque par définition le financement des grands projets dont nous avons besoin, nous ne voulons pas des articles 104, §1 du Traité de Maastricht ni 123 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui sont autant de menottes financières. Je propose un Nouveau Plan Marshall à l’échelle du monde, un Global New Deal, une ardente obligation pour nous tous, celle de rétablir les droits du développement et du travail humain contre nos ennemis communs, les gnomes de la City et de Wall Street, avec les peuples américain, russe, indien et chinois d’abord, puis avec tous les peuples et les Etats-nations du monde. Vous autres Irlandais, qui avaient accueilli le général De gaulle en 1969 et qui êtes un phare entre l’Europe et l’Amérique, avez acquis le droit d’être aux premières loges ».

Malheureusement, Nicolas Sarkozy ne prononcera pas ces paroles, car il est lié aux intérêts et à la fascination de l’Empire britannique, comme il l’a prouvé lors de son récent voyage au Royaume Uni. L’homme qui rêvait de coucher à Buckingham Palace n’est pas à la hauteur de sa mission.

Cependant, les forces de la City et de Wall Street, du fait de la gravité de la crise, ne peuvent plus gratifier leurs propres amis et doivent agir, pour sauver leurs pyramides de dettes, comme des incendiaires de l’économie physique et des peuples. Alors, on peut espérer, si notre courant rooseveltien s’étend aux Etats-Unis et si la Russie, l’Inde et la Chine continuent à se rebiffer, que l’Europe sortira de son sommeil de la raison. Mon dernier mot à Nicolas Sarkozy sera donc : « Le Titanic coule. Messieurs les Français, échappez-vous les premiers, les autres suivront ».

Lundi 07 Juillet 2008

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Les Français veulent une Europe qui les «protège» de la mondialisation

Posté le 09.07.2008 par djamazz
Les Français veulent une Europe qui les «protège» de la mondialisation

Selon le dernier sondage réalisé par OpinionWay pour quotidien français « Le Figaro », une majorité de Français souhaite un changement d'orientation profond de la construction européenne.

Les personnes interrogées sont 62 % à estimer que Nicolas Sarkozy a eu raison de prendre position en ce sens, alors que seuls 33 % le critiquent.

L'approbation est particulièrement forte 70 % contre 23 % d'un avis contraire chez les 60 ans et plus. Les 18-24 ans demeurent en revanche partagés. Ceux-ci sont 52 % à désapprouver les propos de Nicolas Sarkozy, et 46 % seulement à les soutenir.

«Les sondés les plus jeunes craignent que la volonté affichée de “changer l'Europe” masque une absence de projet alternatif», analyse Bruno Jeanbart, directeur des études politiques d'OpinionWay.

Interrogés sur le rôle de l'Europe, les sondés répondent massivement qu'elle doit les «protéger» contre la mondialisation. Les personnes interrogées sont 82 % à émettre cette opinion, tandis que seules 17 % d'entre elles s'en démarquent.

On ne relève aucun clivage socio-économique sur ce point : le souhait d'une «Europe protectrice», telle que le propose Nicolas Sarkozy, est partagé par 80 % des ouvriers et 81 % des cadres.

Interrogés sur la question de savoir si l'Union européenne les protège contre la mondialisation comme elle devrait le faire à leurs yeux, les sondés sont 74 % à répondre par la négative. Seuls 24 % des personnes interrogées émettent un avis contraire.

En matière de politique européenne d'immigration, les mesures les moins coercitives font l'objet d'un large consensus. L'adoption de critères communs en matière de droit d'asile est saluée par 89 % des personnes interrogées. La demande de fermeté de l'opinion sur ce dossier ne semble toutefois pas se démentir. Les sondés sont ainsi 61 % à soutenir un éventuel «tour de vis» en matière de reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière, tandis que seuls 38 % d'entre deux sont d'un avis contraire.

Lundi 07 Juillet 2008

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JO de Pékin: Sarkozy peut rester à la maison (sondage chinois)

Posté le 04.07.2008 par djamazz
JO de Pékin: Sarkozy peut rester à la maison (sondage chinois)


Une très large majorité de Chinois s'opposent à la présence de Nicolas Sarkozy lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, révèlent les résultats d'un sondage chinois réalisé sur Internet, publiés par les médias locaux.

Selon le portail Internet chinois Sina.com, près de 100.000 internautes ont déjà participé au sondage. 88 % des personnes interrogées qualifient la position de Sarkozy de ''très inamicale''. Ils sont autant à ne pas souhaiter sa présence à Pékin le 8 août, lors de la cérémonie d'ouverture des JO.

Le président français a une position assez ambigüe sur les Jeux de Pékin.

Au printemps 2008, après les émeutes de Lhassa, la capitale du Tibet, Nicolas Sarkozy a déclaré que sa présence à la cérémonie dépendrait entièrement du dialogue entre les autorités chinoises et le dalaï-lama en exil.

Il a promis de se décider définitivement lors du sommet du G8 qui se déroulera au Japon du 7 au 9 juillet.

Les rapports sino-français se sont refroidis cette année. Un incident ayant touché une sportive handicapée chinoise, malmenée par des manifestants soutenant la cause tibétaine lors du passage de la flamme olympique à Paris, a provoqué une série de manifestations anti-françaises en Chine, notamment le boycott de l'enseigne Carrefour.

Le représentant du ministère chinois des Affaires étrangères Liu Jianchao commentant la position du président français a noté que Pékin était opposé à l'ingérence de pays tiers dans les affaires intérieures chinoises, sous prétexte de parvenir à un règlement du problème tibétain.

Jeudi 03 Juillet 2008

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