Societe
Posté le 02.07.2008 par djamazz
D'ici quelques mois, la 'liberté' sur internet, ce sera finie. Place au contrôle social totalitaire
Le gouvernement envisage d'autoriser la police à poser mouchards et autres spywares dans nos ordinateurs.
Le gouvernement prépare une mise à jour de la loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Lopsi 2). Une loi que le gouvernement voudrait présenter à l'automne en conseil des ministres.
Un point mobilise déjà ceux qui s'inquiètent pour les libertés et le respect de la vie privée. En l'état, cette loi permettrait d'introduire dans les ordinateurs des citoyens des mouchards informatiques.
Le texte stipule qu'il sera possible - à la demande d'un juge d'instruction - mais "sans le consentement des intéressés, d'accéder à des données informatiques, de les observer, les collecter, les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu'elles s'affichent pour l'utilisateur ou telles qu'il les y introduit par saisie de caractère".
Concrétement, la police pourra installer à distance des logiciels espions, ou spyware, des enregistreurs de frappe par exemple. La police pourra aussi installer un dispositif technique - pas plus gros qu'un morceau de sucre - dans l'ordinateur. Il pourra être mis en place par la police à toute heure, en s'introduisant dans tout lieu.
La justice et la police pouvaient déjà placer des caméras et des micros espions dans les lieux privés mais elle n'avaient pas le droit d'intervenir en douce sur les ordinateurs.
Mardi 01 Juillet 2008
--
Posté le 30.06.2008 par djamazz
ENTRETIEN AVEC VICTOR HUGO
Vous semblez vous tenir très informé de l'actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?
VH : Depuis des mois, il s'étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue… Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c'est que dans toutes les qualités qu'on lui reconnaît, dans tous les éloges qu'on lui adresse, il n'y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là… Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.
Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu'on est en droit de l'attendre d'un élu à la magistrature suprême ?
VH : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l'assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit, et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve si énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l'aventure et l'aventurier… On ne trouve au fond de l'homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l'argent…Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n'est plus question d'être un grand peuple, d'être un puissant peuple, d'être une nation libre, d'être un foyer lumineux ; la France n'y voit plus clair. Voilà un succès.
Que penser de cette fascination pour les hommes d'affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?
VH : Il a pour lui désormais l'argent, l'agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d'un bord à l'autre quand il n'y a à enjamber que la honte…Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités… Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l'argent ; c'est ignoble, mais c'est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte…une foule de dévouements intrépides assiègent l'Elysée et se groupent autour de l'homme… C'est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d'industrie.
Et la liberté de la presse dans tout çà ?
VH (pouffant de rire): Et la liberté de la presse ! Qu'en dire ? N'est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l'esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?
___________________________________
*Toutes les réponses de Victor Hugo proviennent de son ouvrage « Napoléon le Petit », le pamphlet républicain contre Napoléon III.
Lundi 30 Juin 2008
Posté le 28.06.2008 par djamazz
Le saviez-vous ? Des messages subliminaux NWO-compatibles incrustés en tout petit sur les chèques bancaires…
Les messages subliminaux sont des messages qui ne sont pas détectés par notre conscience mais sont détectés par nos sens et notre subconscient : leur effet pourrait, selon de nombreuses études concordantes, influencer notablement les récepteurs, en l’occurence les lecteurs de ces messages subliminaux.
Nous avons vu de nombreuses manipulations subliminales pro-NWO, et il est désormais intéressant de se pencher sur ce dossier intrigant des chèques bancaires :
Le saviez-vous ? Des messages subliminaux NWO-compatibles incrustés en tout petit sur les chèques bancaires…
Messages sublinimaux sur les chèques barrés utilisés par des dizaines de millions de consommateurs - source internet
C’est un intervenant d’un forum dédié au NWO (sur inscription) qui a soulevé le lièvre, et nous relayons cette information intéressante, sachant que tout le monde est amené à rédiger des chèques bancaires très régulièrement, sauf bien entendu les personnes interdites bancaires, qui se retrouvent de fait exclues de cette gigantesque campagne de communication subliminale (elles n’intéressent visiblement pas beaucoup les prescripteurs de ces messages).
Rappelons au préalable que les messages subliminaux sont particulièrement encadrés dans divers pays “développés”, et notamment en France ou au Canada, où leur utilisation est souvent interdite.
1. Quelle est donc concrètement cette “campagne subliminale d’infoxication” menée grâcieusement (ou presque, puisque les chèques sont payants) par les grandes corporations bancaires multinationales ?
En fait, quand on regarde bien nos chèques, on s’aperçoit que ce qui semble a priori des lignes ne sont en fait pas des points mais des caractères minuscules, un peu comme le sceau illuminate découvert sur des documents Top secrets et récemment déclassés du KGB.
Vidéo - Les lettres et symboles minuscules, outils appréciés des illuminatis ou simple coïncidence ? - Planète par Dailymotion
On a l’impression quand on rédige le montant de son chèque que l’on écrit sur des lignes en tout petits pointillés : oui, on a l’impression, c’est même ce que l’on nous dit en général…
Idem pour la date, la ville, etc…
Même les barres obliques du chèque appelé dans son acception orthodoxe “chèque barré” sont parfois des successions de lettres et parfois de chiffres (mais cela dépend des supports programmatiques, euh, des chèques barrés).
2. Ces successions de lettres minuscules ont-elles un sens ?
Que des lettres se succèdent les unes aux autres au lieu de points ou pointillés, c’est une chose, mais il est intéressant à ce stade de savoir si ces successions de lettres ont-elle un sens ou sont-elles inscrites au hasard ? Eh bien, il se trouve que ces lettres successives ont un sens et constituent des phrases parfaitement construites et compréhensibles par tout utilisateur de la langue de Molière…
3. Ces phrases subliminales sont-elles des slogans publicitaires pour les banques respectives qui les utilisent ?
Que ces, lettres, et en réalité ces mots et phrases successives aient un sens, c’est une chose, on peut facilement imaginer que ce pourraient être des slogans publicitaires du genre ‘Bougez avec la Banque” ou “Tous avec Jérôme Kerviel”…
Que nenni : ces phrases ne sont pas des propagandes publicitaires pour les banques qui les impriment sur les chèques de leurs chers clients, mais sont étrangement des idées politiques souvent parfaitement nwo-compatibles, comme on peut en jauger ci-dessous.
4. Les chèques comportent différents slogans politiques subliminaux, notamment en faveur de la Construction européenne :
L’une des phrases les plus importantes est une ode à la construction européenne :
“L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble. Elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait.“
Rappelons pour comprendre le lien potentiel avec le NWO que selon nombre d’exégètes du Nouvel Ordre Mondial, l’Europe a vocation à se réunir jusqu’au Moyen-Orient et à reprendre le leadership mondial (en lien avec les USA) avec Jérusalem en capitale mondiale (d’où selon certains observateurs l’implémentation d’une Europe intégrant les pays méditerranéens, chère à Nicolas Sarkozy mais vue d’un “mauvais oeil” par les pays du Maghreb)… La phrase ci-dessus est parfaitement nwo-compatible.
Il existe aussi un autre message avec le même genre de déclaration “dogmatique” et politique sur l’avenir de la planète ou le développement “durable”, mais cette fois-ci plus consensuel, comme pour donner un gage d’universalité au message subliminal et permettant comme souvent d’établir un écran de fumée, que les initiés peuvent surmonter facilement mais que les autres ne comprendront pas :
“L’avenir de la planète dépend des capacités de tous à modifier ses modes de production et de consommation… suffisamment respectueux de l’environnement pour conduire à un développement durable et harmonieux.”
Vous aviez finalement voté contre la Constitution Européenne ? C’est que vous ne faites pas assez souvent des chèques, ou peut-être que ces messages sont trop récents… et notez pour l’anecdote que les personnes qui sont le plus en faveur de l’Europe sont globalement certainement celles qui font le plus de chèques…
Outre le côté pro-NWO des messages, du genre : écoutez-nous et vous serez sauvés, ce qui surprend est le caractère universel de ces messages subliminaux, puisqu’il semblerait que la plupart des banques françaises aient toutes le même message inscrit sur les chèques, comme s’il s’agissait d’une mention (propagandiste) obligatoire.
Un autre point “étonnant”, comment se fait-il que ces slogans n’aient pas été présentés par la presse et les grands médias, ou par les banques elles-mêmes ?
Si ces lettres n’ont aucun intérêt ni aucune influence, pourquoi les inscrire sur tous les chèques, supports parmi les plus populaires et les plus utilisés en France et dans le Monde ?
Qui a décidé d’inscrire ces slogans politiques ? Qui a donné son accord ? Quand et pourquoi les banques se sont-elles entendues pour inscrire ces messages subliminaux sur les chèques ?
Pourquoi utiliser le futur indicatif là où tout un chacun utiliserait le conditionnel ?
La France est-elle le seul pays touché ou ces pratiques inquiétantes touchent-elles d’autres pays liés au système bancaire mondial ?
Est-ce un ballon d’essai ou ces pratiques vont-elles se généraliser sur d’autres supports et ou avec d’autres slogans ?
Est-il prévu un NOM, Nouvel Ordre Monétaire, si ce système subliminal venait à “plaire” et à donner satisfaction à ses “inventeurs” ?
Beaucoup, beaucoup de questions sans réponse…
5. Info ou Intox ?
Il est parfois des sujets difficiles à vérifier, mais il en est d’autres que chacun/e peut vérifier par soi-même, de ses propres yeux, comme Saint Thomas : Pour cela, il suffit ici de se munir d’une loupe efficace ou d’un scanner suffisamment récent pour scruter ses propres chèques de sa propre banque.
A vos microscopes, nous avons testé et nous confirmons que cela est bien présent sur nos chèques adorés (BNP, Caisse d’Epargne, Société Générale, Banque postale…).
Vendredi 27 Juin 2008
lamatrice75@gmail.com
http://911nwo.info/2008/06/26/le-saviez-vous-des-messages-subliminaux-nwo-compatibles-incrustes-en-tout-petit-sur-les-cheques-bancaires/
Posté le 28.06.2008 par djamazz
Après la chute du Traité de Lisbonne, celle de l'Union monétaire ?
Ambrose Evans-Pritchard du Daily Telegraph déclare que la crise économique a été la raison majeure de l’échec du Traité de Lisbonne et affirme que le prochain domino qui tombera pourrait bien être le système monétaire européen.
Contrairement à Helga Zepp LaRouche qui appelle non seulement à l’abolition du nouvel Etat européen fasciste et de la Banque centrale européenne, mais aussi à la mise en place d’un nouveau système de Bretton Woods basé sur le crédit public, Pritchard ne propose aucune alternative.
Il écrit que la manœuvre consistant à essayer d’ignorer le « non » irlandais a échoué « lorsque les Tchèques et le Polonais refusèrent d’attaquer l’Irlande, ou, dit autrement, lorsqu’ils insistèrent pour soutenir la Convention de Vienne sur le droit des traités, contrairement à notre gouvernement peu courageux. »
Les déclarations de Pritchard soulignent une fois encore ce que LaRouche pointait du doigt début juin, à savoir qu’il parle au nom d’une faction de l’oligarchie britannique qui ne veut pas assujettir la Grande-Bretagne aux chaînes du Traité de Lisbonne, mais tente de mener la danse en dehors du cadre de la dictature.
Pritchard écrit que la bulle immobilière « a laissé l’Irlande avec un endettement des ménages effrayant, à hauteur de 176% du PIB. Le pays fait maintenant face à un quadruple choc : une contraction de crédit, une hausse des taux d’intérêts depuis Francfort, un plongeon de la livre sterling et du dollar, et un net ralentissement de ses exportations sur les marchés anglo-saxons. »
Il déclare ensuite que l’appel du ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeir, pour que l’Irlande « sorte » de l’UE est une « invitation pour les hedge Funds à jouer à la baisse les Bonds du trésor émis par les Etats Club Med de l’UME. »
Pritchard conclue que les Allemands et d’autres comptaient sur la ratification du Traité de Lisbonne comme condition nécessaire à la viabilité de l’UME, car elle « signifie, de facto, un ministère du trésor européen, un système de salaires unifié et la perspective d’un regroupement des dettes et des retraites.Rien de tout cela n’existe. Et ça n’existera pas, de toute façon. Les élites vont devoir faire face à la grande tempête sur l’Euro de 2008-2009, avec les outils limités qu’ils ont, en essayant de colmater la brèche économique entre le nord et le sud, du mieux qu’ils le peuvent. Good Luck. Viel Glück. »
Jeudi 26 Juin 2008
http://www.solidariteetprogres.org http://www.solidariteetprogres.org
Posté le 21.06.2008 par djamazz
Les réfugiés sont retournés chez eux
par Julien Salingue
Mondialisation.ca, Le 20 juin 2008
Le blog de Julien Salingue
Quand des jeunes du Camp de Balata
se rendent sur les terres de leurs grands-parents
Centre Culturel Jaffa
Le jeudi 19 juin, au Camp de réfugiés de Balata, près de Naplouse, une vingtaine d’adolescents sont revenus, ravis, d’une excursion de 3 jours dans les villes et villages desquels leurs grands-parents ont été expulsés en 1948. L’excursion était organisée par le Centre Culturel Jaffa, en lien avec 2 autres Centres, du Camp de Jénine et du Camp d’Aïda, près de Béthléem.
Ils sont 20, 10 garçons, 10 filles, et ne passent pas inaperçus lorsqu’ils pénètrent dans les locaux du Centre Culturel Jaffa, au Camp de réfugiés de Balata. Cris, pleurs, embrassades… Celles et ceux qui n’ont pas pu venir les harcèlent de questions : « Comment c’était ? » ; « Vous êtes allés où ? » ; « Vous avez vu la mer ? »… tandis que les volontaires du Centre essaient de convaincre la vingtaine de jeunes de se rendre dans la salle de réunion pour un rapide « debriefing » avec Tayseer Nasrallah, l’un des responsables du Jaffa Center.
Tout le monde s’installe et Tayseer prend la parole, rappelant, a posteriori, la philosophie de l’excursion : « Nous organisons ce type d’initiatives pour deux raisons : la première, c’est qu’elle vous a permis de sortir du Camp de réfugiés, de faire connaissance avec d’autres jeunes et de passer un bon moment. La seconde, c’est que vous avez pu voir et toucher la terre de laquelle vos familles ont été chassées, votre terre, et mettre des images sur des noms que vous entendez depuis que vous êtes enfants. Nous savons que vous êtes probablement très fatigués et que vous avez envie de rejoindre vos familles. C’est probablement pour vous la première fois que vous êtes éloignés d’eux pendant 3 jours… Mais auparavant nous voudrions entendre quelques-uns d’entre vous, garçons et filles, afin de connaître un peu vos impressions ».
Les adolescents sourient et opinent du chef. Plusieurs d’entre eux prennent ensuite la parole. « Nous avons passé des moments merveilleux même si dès le premier checkpoint, nous avons eu peur car les soldats ne voulaient pas laisser passer le bus… Le premier soir nous n’avons presque pas dormi et le lendemain nous étions tous réveillés à 5 heures du matin car nous voulions aller voir nos villages » explique Sanaa. « C’est beau là-bas… Nous avons même été au bord de la mer, sur la plage. Mais les adultes nous ont demandé de ne pas nous éloigner car ils ne voulaient pas qu’on ait des problèmes », ajoute Ahmad. « Car même si c’est notre terre, les Israéliens disent que ce n’est pas chez nous ».
Taha, une adolescente d’une quinzaine d’années, intervient dans la discussion qui s’engage : « Lorsque je suis arrivée près du village de ma grand-mère, j’ai ressenti beaucoup d’émotions. Mon cœur battait très vite. J’ai senti que j’étais liée à cette terre dont on avait m’a tant parlé. Je me suis sentie chez moi. Mais en même temps je me sentais étrangère. Car cette terre est aujourd’hui occupée ». Elle poursuit : « La nuit d’après j’ai fait un rêve magnifique. J’ai rêvé que j’étais rentrée chez moi. Que j’étais sur ma terre. Que l’occupation était finie. Que le Camp de réfugiés, c’était fini. Quand je me suis réveillée j’étais heureuse. Mais malheureusement j’ai compris que mon rêve était un rêve. Et qu’il était temps de rentrer à Balata ».
Mais elle n’est pas triste pour autant. Elle sourit, comme les autres, et ses yeux scintillent. C’est parce qu’elle sait, dit-elle, qu’ils ont « de la chance » : « Nous avons de la chance d’avoir pu participer à ce voyage. Mes grands-parents n’ont jamais pu revoir leur terre. Nous avons beaucoup pensé aux anciens pendant que nous étions là-bas. Et aussi à tous ceux qui n’ont pas pu venir. Et à nos frères et sœurs des Camps du Liban, de Syrie et de Jordanie, qui ne peuvent pas se rendre sur la terre de Palestine. Nous avons lu des messages en leur nom ».
Alors que la réunion semble toucher à son terme, une jeune fille timide, qui ne dit pas son nom, tient à s’exprimer : « Je veux remercier tous ceux qui ont permis que ce merveilleux voyage ait lieu. J’espère que d’autres adolescents du Camp pourront eux aussi se rendre là-bas. J’ai ressenti tellement de choses… Tout se mélangeait. Voir cette terre, qui est à nous, occupée par d’autres ou tout simplement abandonnée, c’est triste. Mais voir que nous avons autre chose qui nous attend que la vie dans le Camp de réfugiés, ça donne de l’espoir. Alors merci à vous ».
Tayseer Nasrallah prend une dernière fois la parole : « Nous espérons que ce séjour vous a plu. Les volontaires du Centre se chargeront de recueillir vos témoignages, vos impressions, vos critiques, positives ou négatives… Tout ce qui peut contribuer à améliorer les excursions de ce type. Nous espérons que vous aurez compris, grâce à ce voyage, qu’être un réfugié ce n’est pas seulement vivre dans un camp. Etre un réfugié c’est avoir une terre, là-bas, qui est occupée. C’est avoir une histoire et une identité que l’occupation essaie de nous enlever. Tant qu’il y aura des Camps de réfugiés, l’occupation ne sera pas finie et il faudra se battre ».
Avant qu’ils ne quittent la salle de réunion je demande aux adolescents s’ils ont rapporté quelque chose de là-bas. J’ai déjà eu l’occasion de rencontrer des jeunes qui avaient pu se rendre sur les terres de leurs grands-parents. Tous avaient rapporté un souvenir : une pierre, un sachet de terre, une orange ou un rameau d’olivier. Lorsqu’ils entendent ma question, ils sourient et brandissent tous fièrement les colliers de coquillages qu’ils ont confectionnés après s’être rendus à la plage. Des coquillages ramassés au bord de la Méditerranée, qu’ils n’avaient jamais vue.
Dans le Camp de Balata
Après le départ des adolescents, Tayseer, un sourire radieux aux lèvres, me confie : « Ce type d’excursions a plus d’effet que la lecture de dizaines de livres ou la participation à des dizaines d’ateliers sur l’histoire et les droits des réfugiés. Nous espérons pouvoir organiser beaucoup d’autres initiatives de ce type. Grâce à elles les enfants voient la terre d’où ils viennent et savent ce qu’est leur véritable identité. Le tout dans un cadre qui les rend tellement heureux. Tu as vu leurs sourires ? ».
Oui j’ai vu leurs sourires. En observant les visages rayonnants de ces 20 adolescents qui n’ont connu, jusqu’alors, que la vie dans le Camp de Balata, je repense à ce que disait plus tôt l’un des responsables du Centre Culturel Jaffa à deux visiteurs britanniques :
« Le Camp de Balata est le plus grand camp de Cisjordanie. Plus de 25 000 personnes y vivent, dans un espace qui n’excède pas 1km2 et qui avait été conçu à l’origine pour 5 à 6000 réfugiés. Le Camp est surpeuplé, les rues sont minuscules et, dans de nombreuses maisons, la lumière du soleil ne pénètre jamais. D’après les registres des écoles de l’ONU, il y a 6000 enfants de 6 à 15 ans dans ce Camp. C’est énorme… Les familles sont très nombreuses et les habitations très petites, alors les enfants sortent et passent leur temps dans la rue. Ils n’ont rien d’autre à faire…
Comme Balata est un haut lieu de la résistance palestinienne, la répression israélienne est ici considérable. Tous les soirs, toutes les nuits, les soldats entrent dans le camp. C’est comme une drogue pour eux. Ils ont besoin de venir à Balata… Il y a eu 180 martyrs depuis septembre 2000, des centaines de blessés, peut-être plus, et des centaines d’arrestations. Tous les enfants sont marqués. Ils ont un frère, un père, un ami en prison. Ils ont tous vu des cadavres, et même des morceaux de cadavres… Les dégâts psychologiques sont considérables.
C’est en partant de ce constat que le Centre Jaffa a été fondé. Et aussi d’une réalité : la majorité des Palestiniens sont des réfugiés. La défense du droit au retour est donc une tâche prioritaire.
Nous avons donc deux objectifs : permettre aux plus jeunes, même ponctuellement, de s’amuser, d’apprendre à se servir des ordinateurs, de participer à des activités diverses, que ce soit du théâtre, de la danse, des ateliers de journalisme ou de vidéo. Mais dans le même temps nous faisons un travail de fond, en expliquant l’histoire des réfugiés, de la lutte palestinienne, en organisant des formations sur les questions démocratiques, sur la prise de responsabilité…
Il s’agit donc non seulement d’offrir aux jeunes des moments de détente, d’évasion… mais aussi de préparer les générations futures à défendre le mieux possible la cause des réfugiés et l’ensemble des droits du peuple palestinien ».
Un programme et des activités qui ne plaisent guère aux autorités d’occupation puisque le fondateur du Centre Jaffa, Hussam Khadr, ancien député du Fatah, purge actuellement une peine de 7 ans de prison en Israël et ne sera pas libéré avant 2010.
Hussam Khadr
Hussam, que j’ai eu la chance de rencontrer en 2001 et qui, bien que membre du Fatah, fustigeait alors la direction de l’Autorité Palestinienne qu’il appelait sans ménagement la « Mafia d’Oslo », a toujours mis en garde ceux qui croient pouvoir contourner la revendication du droit au retour des réfugiés :
« Nous ne pouvons pas permettre au nettoyage ethnique de triompher. Nous affirmerons cette position jour et nuit. Nous ne prendrons aucun repos parce que le droit au retour est d'une part, une question de vie ou de mort pour les réfugiés et, d'autre part, la substance même de la cause nationale palestinienne. La cause des réfugiés est la cause palestinienne ».
Hussam aurait probablement été fier et heureux, 10 ans après la fondation du Centre Yaffa, de voir cette vingtaine d’adolescents revenir de leurs terres d’origine des souvenirs et des projets plein la tête. Et il aurait probablement pensé ce que m’a glissé l’un des responsables du Centre alors que les jeunes retournaient dans leurs familles :
« Tous ceux qui croient qu’ils vont pouvoir se débarrasser de nous ont du souci à se faire ».
Articles de Julien Salingue publiés par Mondialisation.ca
Posté le 20.06.2008 par djamazz
Jusqu'où ira t-on au nom de l'islamophobie ?
Sans surprise, nous venons d'apprendre que la cour d'appel a annulé et rétablit une union que pourtant deux adultes consentants ne voulaient plus*. Une décision qui avalise et légalise le mariage forcé en France si vous êtes de confession musulman tout en admettant le mensonge non plus comme un vice, mais un moyen légal, pour atteindre son objectif.
Nous rappelions dans un précédent billet² que, toute la chienlit déclenchée par cette histoire somme toute banale ne tient qu'à une motivation: l'islamophobie primaire des tenants de la théorie de la disparition de la France "souchienne" par l'islam. Comment comprendre que deux volontés qui se manifestent pour mettre fin à un contrat signé sous le sceau du mensonge soient contraints de s'unir parce que les médias et quelques personnes prétextant défendre la femme musulmane s'y collent avec des arguments fallacieux ? Une fois de plus, le bon sens vient d'être frappé de plein fouet par ce que l'humanité a d'intarissable : la haine.
Si la virginité n'est pas une qualité essentielle pour annuler un mariage, le mensonge lui visiblement est un argument essentiel pour le contracter.
Encore une contradiction admise qui, parce qu'elle agresse ceux que l'on considère comme dangereux pour la nation française, passe comme lettre à la poste.
*http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080619/tts-france-justice-mariage-ca02f96.html
²Lire aussi de l'indignation à l'obscurantisme ici
Vendredi 20 Juin 2008
sanslangue2bois@yahoo.fr
http://mboangila.afrikblog.com/ http://mboangila.afrikblog.com/
Posté le 20.06.2008 par djamazz
Grand Moyen-Orient : télé-évangélisme ou fenêtre d’opportunité
Introduction
Proche-Orient, Levant, Moyen-orient, MENA, Sud-Est Méditerranéen, Asie de l'ouest, Afrique du Nord, Méditerranée Occidentale, autant d' « appellations », forgées au cours des deux derniers siècles, souvent par les diplomaties occidentales, pour désigner le « Monde Arabe », tantôt réduit à une de ses composantes (Afrique du Nord, levant, Proche-orient, Pays du Golfe, Asie de l'Ouest, etc.) et tantôt élargi à des espaces non arabes (par ex : Méditerranée du Sud dans le cadre du processus de Barcelone( incluant 8 pays arabes + Israël, Turquie, Chypre et Malte)Méditerranée Occidentale (5 pays européens et les 5 pays du Maghreb) ou MENA (Middle East & North Africa incluant la Turquie, Israël et l'Iran).
Qu'elles correspondent à des impératifs de sécurité ou à des enjeux à portée économique, toutes ces « appellations » reposent sur l'occultation de la « matrice identitaire arabe » du sous-système régional qu'on cherche à réformer, soit en déchiquetant celui-ci en autant de « confetti territoriaux déconnectés », soit en le diluant dans un espace dilaté où l'identité arabe est purement et simplement reléguée au statut de « relique » ou « trait insignifiant ».
La dernière trouvaille « Grand Moyen-Orient »(GMO) relève de la même approche impériale : on reprend le Moyen-Orient, on l'étire vers l'Est jusqu'aux frontières de l'Inde, on l'affuble du qualificatif « Grand » et on impose un nouveau concept ,transformé en une nouvelle initiative appelée « Grand Moyen-Orient ».
A part l'Islam, religion dominante , le Grand Moyen-Orient recouvre un constellation de réalités sociales qui sont le produit de cheminements historiques différenciés et de transformations sociologiques contrastées. Mais il n'est perçu que sous le seul angle des conflits qui le secouent, ou pire, de l'immobilisme social, politique et économique supposé le caractériser.
Ce texte vise à situer ce concept-initiative GMO, dans le contexte de la nouvelle stratégie des Etats-Unis, identifier les objectifs recherchés, énumérer les contradictions inhérentes au projet et rappeler les position des Etats Européens et Arabes face à cette initiative américaine. La thèse soutenue ici est la suivante :en dépit de la validité et de la pertinence des nombreuses critiques de ce projet ,il serait imprudent de jeter le bébé avec l'eau du bain ,car la réforme « arabe » est une impérieuse nécessité indépendamment de la sincérité de ses promoteurs américains.
I. Exporter la démocratie
Que l'on l'appelle « Grand Moyen-Orient » (ancienne version) ou « Partenariat pour le progrès et le futur commun avec la région du Grand Moyen-orient et de l'Afrique de Nord » (nouvelle mouture), cette initiative américaine occupe désormais l'espace médiatique, figurant à l'ordre du jour du G8 (8-10 juin 2004), du sommet Europe - Etats-Unis (26 juin 2004) et du sommet de l'OTAN ( 28-29 juin 2004 à Istanbul).
De quoi s'agit-il ? Il s'agit, à partir d'une sorte d'hégémonie bienveillante ,( benevolent hegemony ) d'un plan ambitieux visant à transformer le paysage politique et économique d'une région qui s'étend du Pakistan à la Mauritanie, et cela par une « stratégie avancée » (advanced stategy) de démocratisation , de développement et de sécurité. Car, comme le rappelle le président Bush dans son discours sur l'Etat de l'Union (janvier 2004) : « Tant que le Moyen-Orient restera un lieu de tyrannie, de désespoir et de colère, il continuera à produire des hommes et des mouvements qui menacent la sécurité des Etat-Unis et de nos amis. L'Amérique poursuit donc une stratégie de liberté au Proche-Orient. Nous allons défier les ennemis de la liberté » (Le Monde, 21 avril 2004)
Le 21 septembre 2004, devant l'Assemblée Générale des Nations-Unies, il se faisait plus précis : « Nous devons changer d'approche. Nous devons aider les réformateurs au Proche-Orient, qui travaillent pour la liberté et veulent bâtir une Communauté de Nations démocratiques et pacifiques » . Il va même jusqu'à plaider pour la création d'un « fonds pour la démocratie qui « aiderait les pays à poser les bases de la démocratie en instituant l'Etat de droit, des tribunaux indépendants, une presse libre, des partis politiques et des syndicats ».
Ainsi, le Grand Moyen-Orient est un projet américain de « remodelage » économique, social, politique et stratégique. Rendu public et diffusé à l'intention des lecteurs arabes par le journal arabe Al-Hayat de Londres, le 13 février 2004, le projet s'appuie sur les résultats du premier rapport sur le Développement Humain dans le Monde arabe (2002-2003) qui révélait les immenses carences en matière d'éducation (40% d'analphabétisme), les défis en terme de création d'emplois (50 millions de jeunes sur le marché du travail d'ici 2010), la pauvreté rampante et l'endettement élevé ainsi que les limitations à la liberté d'expression et au libre choix, etc.
II. Le contexte géo-stratégique
La réflexion sur la « contagion démocratique » est ancienne.
Mais elle devient plus pressante après le 11 septembre 2001. Elles est défendue et propagée par les experts des « think - tanks » conservateurs. D'ailleurs, l'impatience manifestée par les néo-conservateurs à l'imposer à l'administration Américaine irrite. Brezinski n'hésite pas à railler cette « démocratie impatiemment imposée » (democracy impatiently imposed). Cela n'empêche pas Nicolas Burns, sous-secrétaire à la défense, lors de la réunion de l'OTAN à Prague en 2002, de pronostiquer que « le mandat de l'OTAN est de défendre l'Europe et l'Amérique du Nord, mais (cela n'est pas) possible en restant en Europe e l'Ouest, en Europe Centrale et en Amérique du Nord. l'Avenir de l'OTAN est à l'Est et au Sud. Il est dans le GMO. »
Belle mission pour une Organisation que la disparition de l'URSS et le Pacte de Varsovie avaient privé d'ennemis et d'objectifs !
Les événements du 11 septembre 2001 et la guerre contre l'Irak redonnent une nouvelle impulsion au concept. A défaut « d'armes de destruction massive », argument brandi par les faucons de l'Administration américaine, celle-ci se saisit de l'exemple irakien pour inscrire ses objectifs stratégiques dans une prétendue « transformation de l'espace géopolitique », mais aussi des mentalités et des attitudes supposées être des sources de menaces « pour l'Occident » et ses alliés locaux.
Le projet se nourrit à la base des deux théories qui ont marqué la période de l'après-guerre froide. Celle de Samuel Huntington sur le « choc des civilisations » et celle dite du « domino ». La première servant pour fabriquer l'ennemi, notamment « musulman ». Et la deuxième offrant une solution aux « problèmes inhérents » au monde de l'Islam grâce au « cercle vertueux » de la démocratisation.
III. Les objectifs de l'Amérique
Le GMO (Grand Moyen-orient) est une initiative qui reprend une série d'idées déjà développées par Shimon Perès dans son essai « The new Middle East ». Sauf que les Américains voient les choses en « Grand ». Dans sa couverture géographique, le GMO englobe les 22 pays de la Ligue des Etats Arabes plus 5 Etats non -arabes ( Turquie, Israël, Iran, Afghanistan et Pakistan),soit un ensemble de plus de 600 millions d'habitants, 10% de la population mondiale mais près de 4% de la richesse globale. Mais tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne : le Pakistan détient l'arme nucléaire, la Turquie, une économie en plein essor, l'Arabie Saoudite les plus importantes réserves pétrolières du Monde(25%). Mais seul Israël « combine à la fois puissance et richesse ». En somme, « trop vaste, trop divers », le GMO semble trop segmenté pour se laisser « encapsuler dans une unité géopolitique compacte » (J. Maila : « le Moyen-Orient dans la tourmente » in Ramses, Dunod,Paris ,2004 p.92).
Face à un ensemble si disparate, on est en droit de se poser la question quant aux objectifs visés par les promoteurs de ce projet, à savoir les Etats-Unis. J'en épinglerai ceux qui me paraissent les plus saillants :
1. Les Etats-Unis cherchent d'abord à s'assurer le contrôle d'une région qui s'étend telle une écharpe, des frontières du Pakistan à la Mauritanie et qui constitue le nouveau « rimland »(anneau) destiné à ceindre tout le flanc de la Russie. Le concept « Grand Moyen-Orient » unifie la stratégie américaine dans une région qui recèle 65 % des réserves prouvées de pétrole et 25 à 30% des réserves de gaz. En outre, un « Grand Moyen-Orient » sous le giron américain, placerait les Etats-Unis dans une position favorable par rapport à une Chine qui sera de plus en plus dépendante des importations pétrolières surtout de la région du Golfe .
2. En utilisant la région comme simple champ d'expérimentation de la recette « démocratique » les Etats-Unis s'épargnent l'effort de comprendre les raisons véritables du ressentiment, voire de la haine à leur égard. En d'autres termes, ce n'est pas sa politique extérieure qui est remise en question mais la « culture » des arabes et des musulmans qui est mise sur la sellette. Le problème c'est l' « Autre » : c'est une approche classique pour se dédouaner de toute responsabilité .
3. En braquant l'attention des médias sur le « Grand Moyen-Orient », l'Amérique fiat diversion par rapport à ses ennuis en Iraq, mais surtout par rapport à la situation dramatique en Palestine. Ce n'est pas étonnant, dès lors, que ceux-là mêmes qui sont à l'origine des la fameuse idée du « remodelage du Moyen-Orient », tels que Paul Wolvowitz et Richard Perle, soient en même temps les supporters les plus convaincus du Likoud israélien.Michael Hudson rappelle ,à cet égard ,qu'en 1996 a think-tank israélien appelé « The Institute for advanced strategic and political studies » avait présenté un rapport intitulé « A new strategy for securing the realm » et l'avait adressé au Premier Ministre israélien,Benyamin Netanyahou ,faisant écho aux thèses les plus musclées des néo-conservateurs américains prônant le « rapport de force » comme élément essentiel de la sécurité israélienne. Parmi les rédacteurs de ce rapport on trouve précisément des sionistes américains éminents tels que Richard Perle, Douglas Feith, David Wursmer et Meyrev Wursmer, ceux-là mêmes qui prônent la démocratisation de l'espace arabe( voir l'article de Michael Husdon : « the greater Middle East is the testing ground for the new american project « ,in Daily star, Beyrouth, 6 avril 2004).
4. Le Grand Moyen-Orient permet enfin de trouver un terrain d'entente avec une Europe qui à montré quelques signes de rébellion lors de la guerre contre l'Iraq. L'Europe a toujours prôné le partenariat et la réforme démocratique dans ses relations avec les pays la Méditerranée. Elle serait, pensent les américains, mal inspirée de s'opposer à leur projet.
Ainsi ,on voit clairement que la réforme politique des pays arabes et musulmans n'est pas considérée in se , mais par rapport à ses retombées positives sur la sécurité américaine. Des pays arabes démocratiques et si possible prospères seraient moins enclins, pensent les théoriciens de la « contagion démocratique » ,à cultiver la haine de l'Amérique, et plus conciliants à l'égard d'Israël .
IV. Une nouvelle politique ou un nouveau discours ?
Un des mérites du projet américain est qu'il a donné lieu à un flot de commentaires et suscité de très ombreuses rencontres et conférences sur le thème de la « réforme » (Al-Islah) et le « changement » (Al Taghyyir), notamment dans les pays arabes. D'aucuns ont estimé à plus de 100 millions de dollars les sommes consacrées en 2004 à la tenue de toutes ces conférences officielles ou émanant des sociétés civiles.
A dire vrai, les Etats-Unis constituent une hyper- puissance non seulement par le simple fait qu'ils sont « forts », mais aussi et surtout parce qu'ils sont capables d'imposer leur « discours », leur « vision ». Le « GMO » en est un . Il rappelle par trop ces « visions américaines » dont les Arabes ont été abreuvés ces dernières années et dont les échecs ont été plutôt fracassants : rappelons à titre d'exemple le Plan Reagan de 1982, les paramètres « Clinton » de décembre 2000, ,la « vision des deux Etats » du Président Bush 2003 ,pour sortir le conflit israélo-palestinien de l'ornière.
Est-ce que ce projet de « GMO » va subir le même sort, c'est-à-dire sombrer dans les oubliettes de l'histoire ? Il est tôt pour l'affirmer, mais au vu des objections multiples qu'il suscite, il est légitime de douter de sa viabilité ,du moins dans son architecture actuelle .
Les Etats Arabes, mais aussi bon nombre d'intellectuels lui adressent les reproches suivants :
1. La notion du « GMO » est une notion géographique vague qui escamote « l'identité arabe » et la noie dans un ensemble géopolitique où se juxtaposent des histoires et des cultures différentes. Quel rapport y-a-t-il en effet entre un marocain et un afghan ? En niant les spécificités nationales des Etats au sein d'une région artificiellement unifiée, les Etats-Unis en arriveraient à proposer une « recette unique » en dépit du bon sens, quitte à fracturer les ethnies, à recomposer les nations et à dessiner les frontières à leur convenance. En d'autre termes, les Etats-Unis mettent l'accent sur leur « intérêt », alors que les Arabes mettent en avant leur « identité ». Or, qu'on le veuille ou non, « l'identité trans-étatique arabe reste le levier majeur de mobilisation ou de démobilisation et le critère de légitimation ou de délégitimation de toute action politique dans le système régional arabe » (Nassif Hitti : « Rive Nord, rive Sud de la Méditerranée : pour un partenariat élargi », in Pascal Boniface & Didier Billian (eds) : les défis du Monde Arabe, IRIS-PUF, Paris 2004 p. 260) Ainsi, la première objection des Arabes porte sur une « construction théorique », certes séduisante, mais qui n'est pas bâtie sur des réalités sociologiques affirmées.
2. Les peuples arabes, comme tous les peuples de la terre ne se délectent pas dans la servitude et aspirent à la liberté. Mais s'ils aiment écouter le message de la démocratie, ils rechignent à croire le « messager ». Pour être entendus, les Etats-Unis doivent être au-dessus de tout soupçon. Or, ni leur complaisance passée et présente avec des régimes arabes autoritaires et cleptomanes, ni leur mépris du droit international dans les prisons d'Abu Ghraïb ou les prisons « extra-muros » de Guantanamo, ni à fortiori leur chevauchée guerrière en Iraq et leur complicité avec l'occupant israélien en Palestine et au Golan n'offrent de garanties quant à la sincérité du messager. En d'autres termes, comment peut-on transformer le « GMO » tant qu'Israël continue à bénéficier d'une sorte d' « immunité diplomatique » qui lui procure un statut commode d' « Etat intouchable », s'interrogent beaucoup de commentateurs arabes ?
3. La troisième objection a trait précisément au conflit israélo-palestinien. Les arabes ont le sentiment que le « GMO » déplace le centre de gravité de la Palestine vers l'Iraq. Dans le système régional arabe qui comprend 22 états et qui s'étend de la Mauritanie jusqu'en Iraq, la Palestine se trouve à l'épicentre . En étendant la couverture géographique du « GMO » aux confins du Pakistan, c'est l'Iraq que désormais se trouve en position de pivot. Les arabes redoutent dès lors que la question du terrorisme ne vienne éclipser la question de la construction d'une « Palestine Libre » et se demandent, non sans sarcasme, comment peut-on instaurer un Grand Moyen-Orient alors qu'on est incapable d'aider à la création d'un « petite » Palestine.
4. La quatrième objection porte plus sur le modus operandi. La démocratie n'est ni une technique électorale, ni à fortiori un produit exportable. Elle est davantage une culture et de ce fait elle se développe à l'intérieur d'une culture, d'une société qui lui donne une coloration spécifique. L'idée de réformer de l'extérieur, quasi manu militari, paraît pour le moins saugrenue.
5. Enfin, les intellectuels arabes mettent en exergue les contradictions mêmes inhérentes au projet « GMO». comment peut-on demander à des Etats autoritaires de se transformer en Etats démocratiques ? Est-ce que l'Occident accepterait le résultat des urnes même quand celui-ci porte au pouvoir des régimes radicaux ou islamistes anti-occidentaux ? Est-ce que le terrorisme est le produit d'une culture ou d'une politique ?
Autant de questions qui donnent encore plus de relief à ce qu'on pourrait appeler le « paradoxe démocratique », c'est-à-dire, demander à des régimes arabes autoritaires qui n'ont pas été nécessairement installés par l'Occident mais qui doivent leur pérennisation à son « soutien », de s'ouvrir et de se réformer, c'est -à-dire de se faire euthanasie en tant que « régimes clos ».
Car dans un environnement plus ou moins liberticide, il faut constater la faiblesse, voire l'absence, des acteurs démocratiques réels dans les pays arabes . Ceux-ci ont été réduits au silence pendant trois ou quatre décennies de castration politique. Ce qui signifie, dans l'hypothèse d'une ouverture forcée des systèmes politiques et en l'absence d'une réelle relève démocratique, que la réforme proposée pourrait bien, soit déboucher sur une « démocratisation cosmétique » ou un « autoritarisme pluraliste », soit comme le craignent bon nombre d'observateurs, relayant des discours officiels Arabes, sur une « algérianisation inévitable des sociétés arabes en cas d'ouverture politique précipitée » (déclaration de Hosni Moubarak, mai 2004)
V. Positions Européennes
Ainsi, les objections « arabes » au projet GMO sont légion .
Les pays de l'UE, eux-mêmes, se sont montrés circonspects quant aux fonctions réelles du concept GMO ou à son champ d'application géographique, voire rétifs à s'associer à un projet qui puise sa source dans une sorte de « destinée manifeste » (manifest destiny) dont l'Amérique se sentirait à nouveau investie. Dans une interview récente , l'ex-Ministre français des Affaires Etrangères Dominique de Villepin, reflétait assez bien la position européenne : « la très grande majorité des peuples de la planète soit vivent en démocratie, soit sont engagés dans un processus d'ouverture de leur société .c'est pourquoi la démocratie ne saurait être garantie par un simple changement de dirigeants politiques et encore moins dictée de l'extérieur d'autant qu'il n'y a pas un modèle unique et que tous les pays ne peuvent avancer au même rythme » (Politique Internationale, 2004).
C'est d'ailleurs sous la pression des pays européens que le « GMO » avait été rebaptisé lors du sommet du G8, « Partenariat pour un avenir commun avec la région du Moyen-orient élargi et l'Afrique du Nord ».
Le texte de la nouvelle initiative insiste sur le fait que la réforme souhaitée « ne doit nullement être imposée de l'extérieur » et devrait être impulsée de la région elle-même. De plus, il souligne la spécificité de chaque pays tout en ajoutant que cette spécificité ne doit pas constituer un obstacle pour la réforme.
Les Européens avaient protesté contre l'appelation « Grand » Moyen-Orient qui rappelait trop le projet hitlérien de la « Grande Allemagne », mais aussi le projet de Milosevic de « Grande Serbie » ou celui des extrémistes israéliens de « Grand Israël » ( Al-Hayat, 11 juin 2004).
Les Européens ont obtenus qu'un long paragraphe sur le conflit israélo-palestinien figure dans la Déclaration adoptée : « Notre action en faveur de la région ira de pair avec un soutien à un règlement juste, global et durable du conflit israélo-arabe ». La Déclaration finale fait même mention à la « feuille de route ».
Sur un autre plan, la nouvelle version du document fait aussi de la question de la réforme une affaire de « choix personnel » s'accompagnant d'incitations d'ordre politique, financier et commercial.
Ainsi la nouvelle « mouture » du projet témoigne du l'influence des idées européennes elles-mêmes influencées par les réactions officielles arabes. Mais qu'en est-il des réactions des médias européens ? En attendant une analyse plus fouillée, l'on peut identifier trois opinions contrastées :
1. celle qui taxe le projet de « nouvel impérialisme culturel », une sorte de « messianisme sans messie » ;
2. celle qui au contraire croit dans la théorie du « domino démocratique » et prône de bousculer 'le statu quo » qui n'est plus tenable ;
3. et enfin celle proche des positions officielles, qui est convaincue que la réforme doit émaner de l'intérieur des société, être assumée par les populations elles-mêmes, que le processus doit être graduel, soutenu par des conditionnalités positives « à l'aide » articulées au respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Mais globalement et quelle que soit l'école de pensée à laquelle on appartienne, un consensus se dégage quant à l'urgence de vider la région des abcès de fixation tels que le conflit israélo-arabe, si on veut donner une réelle substance au processus de réforme préconisé.
VI. Ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain :
La virulence des critiques arabes à l'égard de l'initiative américaine du GMO ne doit pas induire en erreur : parmi la centaine d'éditoriaux et d'articles d'opinions que j'ai pu parcourir dans différents journaux et revues arabes en 2004, je n'ai pas trouvé un seul éditorial ou article farouchement opposé à la « réforme » des institutions étatiques arabes, voire au changement même des « régimes » actuels qualifiés tantôt de répressifs, tantôt de liberticides, tantôt de dictatoriaux.
Certes, comme il a été déjà signalé dans ce texte, les auteurs ne font pas mystère de leur opposition à l'initiative des Etats-Unis « qui se targuent d'un discours démocratique pour mieux dissimuler leur projet de domination qui n'a rien à voir avec le progrès du monde arabe et la construction de son avenir » (Bourhan Ghalioun : »Le Moyen-Orient au bord de l'implosion » in Les défis du Monde Arabe, op.cit. 2004, p. 202)
Certains lui reprochent de « fondre la réalité arabe dans une identité plus large. » (El FAQI Mustapha : « Le Moyen-orient et la sortie du texte » in Al-Hayat, 17/7/2004) Beaucoup estiment que le GMO est un moyen supplémentaire d'affirmer la domination israélo-américaine sur le Moyen-Orient et d'évincer les puissances européennes, la Russie, la Chine et le Japon (El Sayed Hussein Adnan : « L'arabisme face au défi du projet du GMO » Al-Hayat 18/04/2004)
Mais au-delà de ces critiques, qui révèlent davantage des positions anti-américaines que des positions anti-réforme, il y a un consensus quant au primat de la démocratie et l'urgence de la réforme. Les seules nuances portent sur la méthode, le rythme et la nature de cette réforme.
Mais tous les commentateurs arabes insistent sur le fait que le « temps » du changement à commencé. Nul prétexte ne peut être invoqué pour en retarder l' avènement. Ni le risque de l'arrivée au pouvoir des Islamistes, épouvantail classique agité par les pouvoirs en place mais qui est largement exagéré. Ni la priorité accordée à la solution du conflit israélo-palestinien car la réforme politique ne doit pas être « prise en otage » par les conflits régionaux, idée défendue par le Prince Hassan Bin Talal pour lequel le règlement des conflits dépend des réformes politiques et vice-versa ( Hassan Bin Talal: « L'initiative du Grand Moyen-Orient » in Al-Hayat, 10/06/2004). Ni à fortiori, le risque de « perversion » du statu quo régional, trop commodément soutenu, mais qui s'est avéré être « l'incubateur » de graves dysfonctionnements.
Ainsi, la« réforme » s'est imposée à l'attention de tous. Mais les débats arabes sur la question démocratique ne datent pas d'hier ; ils étaient devenus particulièrement virulents depuis les années 7O , même s'ils n'avaient pas débouché sur de réelles percées démocratiques au niveau des Etats (Bichara Khader : Etat ,société civile et démocratie dans le monde arabo -musulman »,in Mediterranean Journal of Human Rights, vol.1,no.3 ,1997 ,pp.33-68). Ces débats accompagnaient l'érosion constatée des différentes formes de légitimations utilisées par les régimes en place ,notamment les légitimations restauratrices, (celles utilisées par les Pères Historiques comme Bourguiba)ou distributives (celles utilisées par les pays rentiers qui achetaient des fidélités par la distribution de la rente)et religieuses(celles qui reposaient sur l'arbre généalogique des différentes dynasties).
Ce n'est donc pas l'Amérique qui a enclenché le débat mais elle l'a rendu plus «acceptable » par les pouvoirs publics. D'ailleurs, ceux-ci, très opportunistes, se sont emparés du projet de réforme et s'en sont faits les champions, en mettant la question à l'ordre du jour lors du Sommet Arabe,de Tunis, en mai 2004. Mais ils se sont bien gardés de faire leurs les recommandations figurant dans la Déclaration d'Alexandrie, diffusée à l'issue de la conférence organisée par les ONG arabes « Les questions de la réforme arabe : la vision et l'application » (12-14 mars 2004) et qui dresse un véritable catalogue des réformes à entreprendre par les pays arabes pour sortir du « malheur arabe » (cfr. Samir Kassir : considérations sur le malheur arabe, Actes-Sud, Sindbad, Paris 2004).
Conclusions
Le projet initial américain de GMO a subi des retouches importantes entre le moment de son lancement et le sommet de l'Otan à Istanbul ( juin 2004). Dans sa version finale, le projet a été ramené à de plus modestes proportions et a perdu son caractère prescriptif. Le modèle de la démocratie imposée de l'extérieur est remplacé par celui, plus rassurant, de partenariat. L'action de l'Europe en Méditerranée et dans le Monde Arabe et son rôle de « conciliateur en raison de la proximité, de l'expérience et du poids économique » ont été clairement reconnus.
Ainsi, l'Europe peut se vanter d'avoir infléchi le dogmatisme américain. Elle a pu le faire sous l'impulsion des idées émises par les ministres français et allemand des Affaires Etrangères mais aussi des pressions discrètes des pays arabes et des critiques des intellectuels arabes. Ceux-ci sont très nombreux à rejeter ce « télé-évangélisme d'un genre nouveau » mais sont unanimes à rappeler l'urgence de la réforme qui ne peut plus être repoussée sous de fallacieux prétextes. Certains, comme Abdul Monem Saïd, de l'Institut d'Etudes Stratégiques d'Al Ahram, vont jusqu'à dénoncer le fait que « les droits du citoyen arabe demeurent suspendus au mur palestinien »(in Al-Ahram al arabi, 2 mars 2004) ou prisonniers d'une sorte de « culture du conflit avec autrui » (Al-Ansari, abdul Hamid in Al-Sharq al-Awsat, le 17 mars 2004) ou « des théories de la conspiration ».
Mais tous reconnaissent, à l'instar de Samir Kassir, que « pour sortir du malheur, il faudrait que les Arabes le fassent eux-mêmes » (op.cit. p.89) et acceptent l'idée que les valeurs démocratiques ne sont ni un patrimoine européen ou américain, mais un patrimoine de l'humanité.
Ce bref survol révèle combien le GMO a constitué un « électrochoc positif » permettant de prendre conscience de la nécessité de réformer. En effet, rarement un thème comme celui de l' « Islah » (réforme) n'a mobilisé autant les intellectuels arabes. Le débat qu'il a suscité atteste la diversité des positions et la liberté du ton. Si la méfiance des Etats-Unis constitue une attitude largement partagée, la soi-disant haine de l'Amérique est absente des commentaires. En réalité ,ce qui fait problème pour beaucoup d'intellectuels arabes, c'est la « sincérité » des Etats-Unis et leur « capacité » d'aller jusqu'au bout de leurs engagements. Certains se demandent d'ailleurs si ce « projet de réforme » n'est pas finalement destiné davantage à protéger les « régimes pro-américains » en les amenant à lâcher du lest pour désamorcer à temps la colère populaire qui couve. L'hypothèse mériterait réflexion.
Mais là où aucun doute ne semble planer, c'est que les intellectuels arabes et les sociétés arabes dans leur ensemble ont soif de démocratie tout en reconnaissant que les réformes sont un processus et un cheminement et en tant que tels requièrent du temps .Ici c'est bien le rythme des « réformes » qui est pointé.
D'abord soif de démocratie conçue comme la liberté vécue ensemble, et la perception qu'ont les citoyens de vivre dans un espace où ils peuvent jouer un rôle qu'il s'agisse de définir les finalités propres à la Communauté Internationale ou de choisir leurs préférences collectives .bref la possibilité pour tout citoyen de participer à la définition de son propre avenir (Bernard Chazette : in France-Pays-Arabes ,mai 2004 .p.16).
Ensuite le rythme des réformes , c'est-à-dire la nécessité de ne pas brusquer les choses, de donner du temps au temps .La démocratisation ne se décrète pas, elle se construit comme un processus .Et pour qu'elle puisse fleurir et se consolider , il lui faut un temps d'incubation avant de s'incruster et être entièrement assumée par la société .Chercher ,dans la hâte, à implanter une démocratie en l'absence de démocrates rompus aux techniques démocratiques et imprégnés de culture démocratique, est la recette assurée de l'échec .Il ne faut tout de même pas oublier que cinquante ou même soixante années de régime autoritaire ont totalement bloqué et déstructuré les sociétés de la région arabe (Philippe Droz-Vincent :Moyen-Orient :pouvoirs autoritaires,sociétés bloquées, PUF ,Paris, 2004)
. Ce raisonnement ne manque pas de pertinence. Certes on pourrait invoquer le cas des régimes communistes de l'Europe de l'Est pour l' invalider .En effet, les régimes communistes de l'Europe de l'Est n'avaient-ils pas produit les mêmes effets sur leurs sociétés ? Et que voit-on aujourd'hui ? Des pays qui ont forcé le destin pour se transformer « radicalement » et cela en si peu de temps . L'argument est recevable sauf que l'effet d'annonce de l'adhésion leur avait servi de magnifique éperon pour presser le pas. Rappelons que les Etats européens de l'UE n'avaient épargné aucun effort pour prodiguer finances et conseils.
C'est dire combien le Monde Arabe a aussi besoin de « signaux politiques » clairs , autres que les discours ronronnants sur « l'anneau des amis »(ring of friends) ou même « la politique de proximité » , par exemple : multiplier les actions concrètes conjointes au niveau des entreprises, des centres de recherches, des universités, des écoles et des arts et des médias, susciter des jumelages à tous les niveaux en commençant par les régions ,les villes et les municipalités ,élever le niveau du partenariat, tendre la main aux forces démocratiques pour accompagner la modernisation économique par une modernisation politique « afin d'inscrire la transformation dans la durée » comme le stipule d'ailleurs la Déclaration d'Istanbul, des Chefs d'Etat et de Gouvernements,( 28 juin 2004).
Prof.Bichara Khader
Université Catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve)
Posté le 12.06.2008 par djamazz
A quand une réprobation internationale des actes antisémites commis dans ce pays?
Encore une information qu'on aura du mal à trouver dans la presse française. Et pourtant, s'il est un pays où l'antisémitisme est bien vivant, c'est bien l'entité sioniste, que cet antisémitisme s'exerce (massivement et brutalement) contre les Palestiniens ou, comme ici, à l'encontre d'autres Juifs.
Livre de prière utilisé comme papier WC
La police découvre l’horrible antisémitisme dans un appartement qui héberge de nouveaux immigrants ; des svastikas, des slogans haineux, des livres de prières déchirés et profanés
Par Lior El-Chai, Yediot Aharonot (Sionistan) 8 juin 2008, traduit de l’anglais par Djazaïri
Choc et répulsion semblent les mots les plus à même de décrire les sentiments partagés par une unité de reconnaissance de la police de Haïfa après son entrée samedi soir dans un appartement de la ville où ils ont pu découvrir des livres de prière utilisés comme papier WC.
Six suspects, âgés de 18 à 20 ans, ont été déférés devant le tribunal de Haïfa dimanche matin par la police qui a demandé une prolongation de leur état d’arrestation pour interrogatoire.
Ces derniers mois, un certain nombre de svastikas et de slogans haineux sont apparus sur les murs d’immeubles autour de la rue Allenby et dans les quartiers de Kiryat Eliezer, Bat Galim et Hadar. La police enquête maintenant sur un lien possible avec les suspects qu’elle détient actuellement.
L’affaire a commencé la nuit de vendredi quant des riverains de la rue Allenby se sont plaints du bruit élevé en provenance d’un des immeubles de la rue. Les agents de police dépêchés sur les lieux y ont trouvé un groupe de jeunes faisant la fête avec force alcool et musique.
« Ce n’était pas quelque chose sortant de l’ordinaire, » déclare Dudu Ben-Atiya, chef de la police d’Haïfa. « Nous avons des dizaines d’affaire de ce genre chaque nuit, spécialement les week-ends. Les agents demandèrent aux jeunes de baisser le son et leur ont notifié qu’ils dérangeaient la tranquillité du voisinage. »
Quelques heures plus tard cependant, la police recevait des informations sur une altercation violente près du même immeuble. Des agents arrivés sur les lieux virent six jeunes, des immigrants venus récemment de l’ex- Union Soviétique, porteurs de couteaux et décidèrent de fouiller leur appartement.
« Ce qu’ils virent ne fut pas facile à admettre, » déclare Ben-Atiya. « Les agents découvrirent des pages d’un livre de prière déchirées et souillées d’excréments. En outre, des indices ont été trouvés liant d’une manière ou d’une autre les suspects à un culte satanique ou à un autre genre d’organisation. »
Les enquêteurs ont encore à éliminer la possibilité que les suspects soient liés à une organisation néo nazie. Une svastika en métal, des pointes spikes, des drogues et un ordinateur ont été confisqués par la police, même si l’ordinateur ne peut être fouillé qu’avec un mandat de perquisition.
En septembre 2007, les propriétaires de l’immeuble avaient été horrifiés lorsqu’ils avaient découvert des messages de haine et des svastikas tracés dans la cage d’escalier. Ce samedi, les voisins Juifs et Arabes ont parlé de l’atmosphère tendue qui s’est emparée d’un quartier habituellement calme.
Un des voisins, qui avait demandé aux suspects de baisser le son, avait eu des bouteilles brisées contre sa porte d’entrée. Il en avait été si perturbé qu’il avait refusé d’ouvrir sa porte à des journalistes jusqu’à ce qu’un ami de l’immeuble d’à côté se porte garant de leur identité.
« Les membres de la bande ont le crâne rasé avec une mèche de cheveux longs, ils sont tatoués sur tout le corps et ne s’habillent qu’en noir, » déclare Samer, un voisin de palier. « Chaque nuit, ils écoutent une musique bruyante pratiquement jusqu’à huit heures du matin. Ils criaient et juraient toute la nuit, je ne pouvais pas dormir, » ajoute-t-il.
Michael, un voisin de palier, indique que les suspects avaient bombé en rouge sur leur porte le slogan « N…. la police. » « Je comprends le russe, mais il est impossible d’identifier leur musique, c’est le genre que tu entends en discothèque.
« Rien qu’à leur apparence, j’avais compris que ce n’étaient pas des gens à fréquenter. Ils faisaient peur. Je pense que le propriétaire de l’appartement lui-même n’arrive pas à croire que six personnes y vivaient, » ajoute-t-il.
Les suspects avaient menacé Larissa, une voisine âgée. « Nous te tuerons, disaient-ils, ils avaient l’air vraiment effrayants, » se souvient-elle. Un autre voisin affirme que la « jeune fille de la bande, se mettait à la fenêtre devant la rue, baissait sa culotte et montrait son derrière afin d’humilier le voisinage. »
Selon lui, un des suspects avait frappé une fille dans la rue et ne l’avait laissée que lorsqu’il avait vu ses voisins approcher.
Les six suspects nient les accusations. Ce dimanche, la police demandera une prolongation de leur arrestation.
Comme on l’a dit, après la découverte de la svastika et des livres de prière profanés, la police a arrêté les six suspects pour avoir offensé la sensibilité publique et vandalisé des biens religieux. « Ce sont des motifs extrêmement graves, » déclare Ben-Atiya.
Mercredi 11 Juin 2008
http://mounadil.blogspot.com/ http://mounadil.blogspot.com/
Posté le 12.06.2008 par djamazz
Il faut interdire les OGM maintenant
Communiqué de presse de l'ISIS, 4 juin 2008
Le Dr. Mae-Wan Ho nous met en garde du fait que toute nouvelle complaisance envers les OGM compromettra gravement nos chances de survivre à la crise alimentaire et au réchauffement climatique ; l'agriculture biologique et les méthodes de production des aliments localisées sur les lieux de consommation sont la voie à suivre.
Le courageux nouveaux monde de la science du génie génétique
En 1994, j'ai rencontré quelques-uns des dirigeants les plus remarquables du Tiers Monde : Tewolde Berhan Gebre Egziabher (Institut du développement durable d'Addis-Abeba en Ethiopie), Martin Khor (Réseau du Tiers Monde de Penang en Malaisie) et Vandana Shiva (Navdanya de New Delhi en Inde), qui m'ont persuadé d'étudier les organismes génétiquement modifiés (OGM), en particulier ceux qu'ils considèrent à juste titre comme une menace pour les petites fermes familiales. L'industrie biotechnologique promettait le miracle des cultures GM, qui devait augmenter le rendement pour nourrir le monde, améliorer la nutrition, et nettoyer et protéger l'environnement. La tomate Flavr Savr de Monsanto, la première culture génétiquement modifiée, venait juste d'être commercialisée, mais, s'étant avérée être un échec complet, elle fut retirée quelques années plus tard . . .
La campagne agressive de désinformation et de manipulation scientifique de l'industrie biotechnologique n'a pas réussi à masquer les signes montrant que le rêve allait bientôt se transformer en cauchemar, et je l'ai dit dans mon livre publié pour la première fois en 1997/1998 (1) Genetic Engineering Dream or Nightmare, the Brave New World of Bad Science and Big Business, (Rêve ou cauchemar du génie génétique, le courageux nouveau monde de la science erronée et du Big Business) devenu un best-seller international, traduit en plusieurs langues, et récemment rééditée avec une longue introduction pour s'accorder avec la traduction indonésienne. Tout ce dont il est question dans ce livre est arrivé. Il expliquait aussi pourquoi la science à l'origine du génie génétique est obsolète ; ce sujet est développée plus complètement dans (2) Living with the Fluid Genome (Vivre avec un génome maléable), publié en 2003.
Établie sur une théorie obsolète, la modification génétique est inefficace et dangereuse
Le génie génétique des plantes et des animaux a commencé au milieu des années 70 en croyant que le génome (l'ensemble du matériel génétique d'une espèce) est constant et statique, et que les caractéristiques d'un organisme sont tout simplement câblés de manière rigide dans son génome. Mais, les généticiens ont découvert rapidement que le génome est remarquablement dynamique et « maléable, » et en dialogue constant avec l'environnement. Ce dialogue détermine quels sont les gènes actifs, quand, où, combien et pendant quelle durée. De plus, le matériel génétique lui-même peut aussi être marqué ou modifié en fonction de l'expérience, et cette influence est passée à la génération suivante.
La meilleure chose à propos du projet du décodage du génome humain est qu'il a finalement fait exploser le mythe du déterminisme génétique, en révélant les couches moléculaire complexes qui transmettent, interprétent et réécrivent les textes génétiques (3) (Life Beyond the Central Dogma series, SiS 24). Ces processus sont orchestrés avec précision et réglés habilement par l'ensemble de l'organisme, en une « danse de vie » moléculaire hautement harmonieuse nécessaire à la survie.
En revanche, le génie génétique de laboratoire est grossier, imprécis et invasif. Les gènes aberrants, insérés dans un génome pour créer un OGM, peuvent atterrir n'importe où, ont typiquement une construction remaniée ou défectueuse, qui bouscule le génome hôte et lui fait subir une mutation, et ont tendance à se déplacer ou à se réarranger encore une fois insérés, en gros parce qu'ils ne connaissent pas la danse de la vie. C'est pourquoi, en fin de compte, non seulement la modification génétique ne marche pas, mais est en plus dangereuse.
Scientifiques indépendants contre GM
En 1999, j'ai fondé l'Institute of Science in Society (ISIS) avec mon mari et Peter Saunders, un collaborateur de longue date, professeur de mathématiques au King's College de Londres, afin de travailler scientifiquement à une société durable et pour remettre la science au service du bien public. Nous avons la chance d'avoir le soutien de merveilleux collègues scientifiques, en particulier du professeur Joe Cummins, qui a rejoint l'ISIS dès le début et continue de jouer un rôle de premier plan dans la surveillance de la science du génie génétique. (Joe Cummins a été gratifié du Prix du Distinguished Fellow ISIS en 2008.)
En 2003, des dizaines de scientifiques du monde entier nous ont rejoint à l'ISIS pour former le Groupe des Scientifiques Indépendants (ISP), et produire un rapport, The Case for A GM-Free Sustainable World (4), documentant tous les problèmes et les dangers des cultures GM ainsi que la réussite et les avantages de l'agriculture durable naturelle. En un an, ce rapport a été republié, traduit en plusieurs langues et largement diffusé. Nous l'avons présenté au Parlement Européen en 2004 (5) (Keep Out GM de l'Europe, SiS 24), avec l'aide de Jill Evans, un député européen.
En 2007, nous avons mis à jour le rapport de l'ISP avec un dossier contenant plus de 160 articles entièrement référencés des archives du magazine Science in Society de l'ISIS, en expliquant bien clairement les scandales des graves dangers ignorés, la fraude scientifique, le simulacre de cadre réglementaire et la violation des droits des agriculteurs (6) (GM Science Exposed: Hazards Ignored, Fraud, Regulatory Sham, Violation of Farmers Rights). Par centaines de milliers, les agriculteurs dupés en Inde sont poussés au suicide. La science du génie génétique est un crime contre l'humanité.
Dans une revue scientifique imprimée (7) (GM Food Nightmare Unfolding in the Regulatory Sham), nous avons documenté comment la réglementation nationale et internationale, et les organes consultatifs, comme l'Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire, n'ont tenu aucun compte du principe de précaution (qui est accepté par la Commission Européenne), ont fait mauvais usage de la science, esquivé la loi, et aidé à promouvoir la technologie GM face à l'accumulation des preuves du manque de sûreté des aliments et fourrages génétiquement modifiés.
Nous avons présenté notre dossier et notre document révisé au Parlement Européen en Juin 2007, une fois de plus pour faire pression en faveur d'une Europe et d'un monde sans OGM, grâce au parrainage du député européen polonais M. Janusz Wojciechowski et de son bureau. Notre groupe se composait de scientifiques clefs de six pays, dont la Pologne, et d'amis des scientifiques indépendants, notamment des parlementaires comme le Dr. Caroline Lucas et Jill Evans.
La poussée en faveur d'un monde sans OGM a connu une croissance beaucoup plus forte depuis 2004, non seulement parce que beaucoup d'autres preuves contre les cultures génétiquement modifiées ont été accumulées, mais surtout parce que l'accélération du réchauffement climatique, l'épuisement de l'eau et des combustibles fossiles, et la crise alimentaire actuelle, font qu'il est beaucoup plus urgent de passer intégralement à l'alimentation durable et à des systèmes énergétiques tels que ceux proposés dans le rapport sur l'énergie de ISIS/TWN : Which Energy ? (8). Nous n'avons ni temps ni ressource à dépenser pour les déchets génétiquement modifiés.
Nous avons subi 30 ans d'OGM et plus qu'assez de dégâts, comme l'expliquent en détail le Rapport de l'ISP (4), dans notre dossier GM Science (6), et les toutes dernières preuves accumulées.
Trente ans d'OGM, c'est plus qu'assez
Pas de rendement amélioré
Au contraire, le soja GM a un rendement jusqu'à 20 pour cent inférieur à celui du soja naturel (4), et jusqu'à 100 pour cent d'échec ont été enregistrés avec le coton Bt en Inde (6). De nouvelles études ont confirmé ces résultats. Une recherche de l'Université du Kansas a constaté une diminution de 10 pour cent dans le rendement du soja Roundup Ready (9), qui nécessite une supplémentation du sol en manganèse pour combler le déficit de rendement. Des équipes de scientifiques du Ministère de l'Agriculture et de l'Université de Géorgie ont découvert que la montée du coton GM en Zionie pourrait se traduire par une baisse de revenus de près de 40 pour cent (10, 11) (Transgenic Cotton Offers No Advantage, SiS 38).
Aucune diminution dans l'usage des pesticides
Au contraire, les données du Ministère de l'Agriculture ont montré que les cultures GM ont augmenté de 22.680 tonnes le recours aux pesticides de 1996 à 2003 en Zionie (4). De nouvelles données dépeignent même un tableau plus sinistre : l'usage du glyphosate sur de grandes cultures a été multiplié par 15 entre 1994 et 2005, avec le recours à d'autres herbicides en augmentation (12) afin de faire face à la montée des super-mauvaises herbes résistantes au glyphosate (6). La dissémination du colza tolérant au Roundup est l'un des plus grands soucis des agriculteurs canadiens (13, 14) (Study Based on Farmers' Experience Exposes Risks of GM Crops, SiS 38)
L'herbicide Roundup est mortel pour les grenouilles et toxique pour le placenta humain et pour les cellules embryonnaires (6)
Le Roundup est utilisé dans plus de 80 pour cent de l'ensemble des cultures GM plantées dans le monde.
Les cultures GM nuisent à la faune
Comme cela a été révélé par des évaluations à l'échelle de ferme au Royaume-Uni (6), et plus récemment par une étude menée à l'Université Loyola de Chicago en Illinois, qui ont constaté que les déchets de maïs Bt nuisent à la croissance d'un insecte commun aquatique (15, 16) (Bt Crops Threaten Aquatic Ecosystems, SiS 36)
Les super-mauvaises herbes rendues résistantes aux ravageurs, par la toxine Bt, et tolérantes au Roundup, font que les cultures GM sont inutilisable en pratique à cause de leurs deux caractéristiques principales (6).
Une étude récente a conclu que (17) « les mauvaises herbes ayant développé une résistance au glyphosate représentent un risque majeur pour la continuation de l'efficacité du glyphosate et pour les cultures transgéniques résistantes au glyphosate. » Et l'évolution des chenilles prédatrices du coton (bollworms) résistantes au Bt a été maintenant confirmé dans le monde entier et documenté dans plus d'un douzaine de champs dans le Mississippi et en Arkansas, entre 2003 et 2006 (18)
Immenses étendues de forêts, de pampa et de propriétés perdues au profit du soja GM en Amérique Latine
Quinze millions d'hectares uniquement en Argentine (6) ; et cela a été aggravé considérablement par la demande en biocarburant (voir plus loin).
Épidémie de suicides dans région cotonnière de l'Inde
100.000 agriculteurs de 1993 à 2003, et plus de 16.000 fermiers par an ont trouvé la mort depuis l'introduction du coton Bt (6).
Contamination transgénique inévitable
Des scientifiques ont découvert que la polonisation des cultures GM contamine les cultures naturelles et les espèces sauvages apparentées éloignées à 21 kilomètres (19).
Nourriture GM liée à des décès et à des maladies
À la fois dans les champs en Inde et dans les tests de laboratoire à travers le monde (détails ci-dessous).
Tout OGM est dangereux par nature pour la santé (7)
Voici quelques grands moments de notre dossier GM Science (6) sur les dangers de la nourriture et du fourrage génétiquement modifiés.
Madame Irina Ermakova, Dr. de l'Académie Russe des Sciences, a montré que le soja GM fait que les rates donnent naissance à des portées gravement et anormalement rabougries, avec plus de la moitié mourant en trois semaines, et les autres stériles.
Des centaines de villageois et de manutentionnaires cotonniers en Inde souffrent de symptômes similaires à des allergies, des milliers de moutons sont morts après pâturage sur les restes du coton Bt, ainsi que des chèvres et des vaches signalées en 2007 et 2008 (20) (Mass Protests against GM Crops in India , SiS 38).
Lors de tests sur des souris, une inoffensive protéine du haricot transférée dans des pois provoque de graves inflammations pulmonaires et une sensibilisation alimentaire généralisée.
En 2003, au sud des Philippines, des douzaines de villageois sont tombés malades quand les champs de maïs GM avoisinants sont entrés en floraison, cinq sont morts et quelques-uns sont encore malades aujourd'hui.
Une douzaine de vaches sont mortes après avoir mangé du maïs GM dans la Hesse en Allemagne. En plus, le troupeau a dû être abattu pour cause de maladies mystérieuses.
Arpad Pusztai et ses collègues au Royaume-Uni ont découvert que les pommes de terre génétiquement modifiées avec de la lectine de perce-neige endommagent tous les organes des jeunes rats. Leur muqueuse stomacale s'épaissit deux fois plus que celle des rats témoins [nourris de produits naturels, ndt].
Les poulets nourris avec du maïs génétiquement modifié au Chardon LL étaient deux fois plus susceptibles de mourir que les poulets témoins.
Et enfin, le maïs GM MONsanto 863, prétendu être aussi sûr que le maïs naturel par la compagnie, a été accepté comme tel par Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire. Sauf que les scientifiques indépendants de CriiGen en France ont réétudié les données et constaté des signes de toxicité pour le foie et les reins.
Divers animaux et êtres humains, exposés à des cultures transgéniques variées dotées de différentes caractéristiques, soit tombent malades soit meurent. Ces indices nous forcent à envisager qu'il soit possible que le danger des OGM puisse être inhérent à la technologie, comme je l'ai suggéré il y plus de dix ans (1).
Les tribunaux zioniens jugent hors-la-loi les tests en plein champs et la diffusion des cultures GM
Le message de la dangerosité des OGM semble avoir été examiné par système judiciaire zionien. Il y a eu trois décisions de justice contre le Ministère de l'Agriculture parce qu'il n'a pas effectué d'évaluation convenable sur l'impact environnemental, ce qui rend la diffusion [naturelle par pollinisation, ndt] des spécimens illégale (21) (Approval of GM Crops Illegal, US Federal Courts Rule, SiS 34). Ce sont les premières décisions contre les OGM dans le pays premier producteur du monde, qui fait aussi la promotion des OGM d'une manière agressive.
Le premier cas fut un producteur de cultures GM pour médicaments à Hawaï. Le tribunal a déclaré que le Ministère de l'Agriculture avait violé la loi sur les espèces en danger ainsi que la loi sur la politique environnementale nationale.
Le deuxième procès a non seulement décidé de l'illégalité des agrostides traçantes (creeping bentgrass) GM tolérantes aux herbicides, mais aussi du fait que le Ministère de l'Agriculture devait cesser toute approbation de nouvel essai en plein champ jusqu'à ce qu'un examen environnemental plus rigoureux soit mené à bien.
La troisième décision est passée contre la luzerne Roundup Ready de Monsanto, commercialisée illégalement sans la Déclaration d'Impact Environnemental.
Une avalanche de décisions et d'interdictions frappent les cultures GM dans le monde
Les nombreuses interdictions et restrictions imposées sur les cultures génétiquement modifiées ces dernières années, racontent beaucoup de choses sur l'insuffisance des réglementations dans le monde. Décisions et interdictions concernant les OGM entre mai 2007 et mai 2008 :
- Interdiction rendue permanente de la luzerne GM en Zionie (22).
- La cour d'appel fédérale zionienne a statué contre l'agrostide GM à nouveau (23).
- Quatre comtés de Californie ont interdit ou mis sous moratoire les cultures GM et formulé le premier projet de loi, protégeant les agriculteurs contre les poursuites judiciaires qui les notifient et les harcelent quand leur champs sont contaminés, adopté par la commission de l'agriculture en janvier 2008 (24).
- Montville, en Zionie, est devenue la première ville en dehors de la Californie à interdire les cultures GM (25).
- L'Australie du Sud a étendu son interdiction des OGM (26).
- La Roumanie s'est ralliée à l'interdiction des cultures GM MON 810 (27) des membres de l'UE. Les autres membres sont la France, la Hongrie, l'Italie, l'Autriche, la Grèce et la Pologne.
- 13 des 20 comtés de Croatie se sont déclarés sans OGM (28).
- La Grèce a renouvellé son interdiction des semences de maïs GM (29).
- L'Allemagne a imposé de nombreux réglements plus stricts sur le maïs génétiquement modifié (30).
- L'Écosse avalise l'interdiction des OGM en Europe (31).
- La France a interdit le maïs GM MON 810 en Février 2008 et a passé une loi sur les OGM en avril pour se prémunir contre la contamination des OGM, en rendant obligatoire pour les agriculteurs de « respecter les structures de l'agriculture, les écosystèmes locaux et le commerce et les industries de production non OGM » (32, 33).
- Le Pays de Galles se met au travail pour interdire les cultures génétiquement modifiées (34).
- Plus de 230 régions, plus de 4.000 municipalités et autres entités locales et des dizaines de milliers d'agriculteurs et de producteurs de denrées alimentaires en Europe se sont déclarées sans OGM à ce jour (35).
Stavros Dimas, Commissaire à l'Environnement de l'UE, a exprimé de sérieuses réserves concernant les OGM (36) (GM-Free Europe Beginning ?, SiS 36), une chose sans précédent dans l'histoire de la Commission Européenne. Le 7 mai 2008, la Commission Européenne a retardé une décision permettant aux agriculteurs de cultiver d'autres OGM, et a demandé à l'Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire de reconsidérer son estimation précédente, qui avait été reconnue inadéquate, car elle était incapable de prendre en compte les impacts indirects et à long terme (37).
Rien ne plaide en faveur des cultures GM, l'agriculture biologique à petite échelle est la voie de l'avenir
Pendant ce temps, le 15 avril 2008, 400 scientifiques de l'International Assessment of Agricultural Science and Technology for Development (IAASTD) ont publié leurs 2 rapports de 500 pages (38) dont l'achèvement a demandé 4 ans. Il s'agit d'un examen approfondi de l'agriculture mondiale à une échelle comparable à celle du Groupe Intergouvernemental sur le Changement Climatique. Ses conclusions sont remarquablement similaires à notre propre rapport Food Futures Now *Organic *Sustainable *Fossil Fuel Free (39), envoyé au Parlement du Royaume-Uni une semaine après.
L'IAASTD appelle à changer radicalement les pratiques agricoles pour lutter contre la montée en flèche des prix des produits alimentaires, la faim, la pauvreté et les catastrophes écologiques. Il explique que les cultures GM sont contestées en matière de sécurité pour la santé et l'environnement, et ne joueront pas de rôle important dans la lutte contre le changement climatique, la perte de biodiversité, la faim et la pauvreté. Les petits agriculteurs et l'écologique agricole sont la voie à suivre, et les connaissances indigènes et locales sont aussi importantes que les connaissances scientifiques formelles. Il met en garde contre l'expansion des cultures pour biocarburants, qui pourrait aggraver la pénurie alimentaire et la hausse des prix (40) (GM-Free Organic Agriculture to Feed the World, SiS 38)
Le directeur est le professeur Robert Watson, Scientifique en Chef à la Banque Mondiale et au Ministère de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires Rurales du Royaume-Uni. Il a déclaré : « Les transgéniques sont-ils la réponse simple à la faim et à la pauvreté ? Je dirais que non. Les petites exploitations pratiquant l'agriculture biologique sont la voie à suivre. » (BBC Radio 4 Today Programme, 19 avril 2008).
Notre rapport Food Futures Now va un peu plus loin. Nous soutenons que seule l'agriculture biologique peut vraiment nourrir le monde. Plus encore, l'agriculture biologique, la nourriture localisée et les systèmes énergétiques sont susceptibles de compenser toutes les émissions de gaz à effet de serre dues à l'activité humaine et de nous libérer des combustibles fossiles, et nous devons les mettre en application d'urgence.
L'ONU a appelé 2008 l'année de la crise alimentaire mondiale. Il s'agit de la première nouvelle de l'actualité quotidienne depuis maintenant des mois d'aggravation de la crise. Le prix des denrées alimentaires a augmenté en moyenne de 40 pour cent l'année dernière. Une série d'émeutes et de manifestations pour l'alimentation se propage partout dans le monde, dont au Royaume-Uni, et plus de 25.000 agriculteurs se sont suicidés en Inde.
La plupart des commentateurs conviennent que l'origine première de la crise alimentaire est le détournement des céréales pour produire du biocarburant. BusinessWeek a reconnu que Monsanto en est le « premier bénéficiaire. » Ses actions sont étroitement corrélées au prix du pétrole (mieux que ExxonMobile), et guère en corrélation avec le prix du maïs, en gros parce que personne ne mangera son maïs GM. Malgré tout, le lobby pro-OGM, qui n'est pas hors de combat, utilise la crise alimentaire pour promouvoir les cultures GM.
Je ne peux que répéter ce que j'ai déjà dit. Les cultures GM sont une grande expérience ratée, basée sur une théorie scientifique obsolète, et ce fiasco était évident dès 2004 (41) (Puncturing the GM Myths, SiS 22). À part le rendement moindre exigeant plus de pesticides, une preuve anecdotique chez les agriculteurs du monde entier depuis 2005, indique que les OGM exigent aussi plus d'eau (42). La Révolution Verte Industrielle de l'agriculture est maintenant reconnue de manière générale comme l'un des principaux facteurs du changement climatique, tout en étant vulnérable à ce dernier à cause de sa forte dépendance aux énergies fossiles et à l'eau, et à sa sensibilité aux ravageurs, aux maladies et aux phénomènes climatiques extrêmes (38, 39, 43). Les cultures GM possèdent toutes les pires caractéristiques exagérées des variétés de la Révolution Verte Industrielle, notamment une sensibilité aux maladies et aux phénomènes climatiques extrêmes à cause de l'uniformité génétique (44) (Beware the New "Doubly Green Revolution", SiS 37). Et ces caractéristiques ne sont pas des moindres, il y a des inquiétudes hors du commun sur la sécurité (comme décrit ci-dessus). La montée des cultures GM pour biocarburants n'est pas sans danger, car elles contaminent tout de même nos cultures vivrières.
Toute autre complaisance envers les OGM compromettra sans conteste nos chances de survie au réchauffement climatique. Nous devons faire avancer tout de suite l'urgent chantier de construction des méthodes durables de l'alimentation biologique et des systèmes énergétiques.
[Toutes les références sont accessibles en anglais dans le document original dont l'URL est indiquée ci-dessous, ndt.]
Original : http://www.i-sis.org.uk/banGMOsNow.php
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info
Vendredi 06 Juin 2008
Posté le 04.06.2008 par djamazz
Un des grands crimes de notre temps: Gaza meurt dans l'indifférence, au su et au vu du monde
Nous continuons d'écrire, de dire notre refus des horreurs perpétrées par l'armée israélienne, tout en sachant que ceux des responsables qui ont la possibilité de les faire cesser ne veulent pas nous entendre. Des voix courageuses, et prestigieuses, se sont pourtant élevées.
Gaza : des enfants condamnés avant leur naissance (rafahtoday.org)
L’ancien président Jimmy Carter a récemment déclaré que le blocus contre la bande de Gaza, imposé par le Quartet après la victoire du Hamas aux élections de 2006, était « l’un des plus grands crimes contre l’humanité au monde » car il signifiait « l’emprisonnement de 1,6 millions de personnes, dont 1 million sont des réfugiés (…) A Gaza, la plupart des familles ne mangent plus qu’un repas par jour. De voir les Européens s’accommoder de cela est déconcertant ».
À une question qui lui était posée sur la possibilité qu’ont les Etats européens de rompre avec l’attitude imposée par les Etats-Unis, M. Carter a répondu : « Pourquoi pas ? Ils ne sont pas nos vassaux. Ils occupent une position d’égalité par rapport aux Etats-Unis » [1].
L’archevêque Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix sud-africain, s’est rendu récemment à Gaza, dans le cadre d’une mission de trois jours à la demande du Conseil des Droits Humains de l’ONU. « La situation entière est abominable » a-t-il déclaré. « Nous pensons que les citoyens israéliens ordinaires ne supporteraient pas ce blocus, ce siège, s’ils savaient que ce cela signifie vraiment pour les gens ordinaires comme eux ». La communauté internationale est aussi fautive, a-t-il dit, pour son « silence et sa complicité » [2].
Mais ces voix restent malheureusement trop rares et isolées. Malgré leurs appels, rien ne change, les mois passent. Israël maintient Gaza bouclée ; en manque d’eau, d’aliments, de médicaments les gens s’affaiblissent, dépérissent, meurent.
Au moment où nous écrivons ces lignes, à Gaza, il y a des mères qui mettent au monde des enfants condamnés avant leur naissance. Le nombre d’enfants qui meurent à la naissance à cause de la malnutrition s’accroît. Beaucoup des enfants survivants sont anémiques, car la mère a elle-même été sous-alimentée durant sa grossesse.
Imaginez l’inquiétude des parents, l’angoisse des mères à l’enfantement ! Il y a 9’000 à 10’000 nouveaux nés à Gaza chaque mois.
C’est un crime abominable ! Ces enfants, vont devoir supporter toute leur vie les séquelles de cette situation. Car leurs cellules cérébrales ont subi d’ores et déjà des dommages irréparables.
La majorité des enfants en dessous de l’âge de cinq ans se trouvent sous-alimentés, parce que privés de nourriture par décision du Gouvernement et de l’Etat Major israélien ! Les dirigeants israéliens savent parfaitement ce qu’ils font : sans le dire, ils contribuent par cette mesure cruelle à compromettre la vie des enfants Palestiniens de façon irréversible. Et nul ne semble pressé de courir au secours de ces enfants !
La situation à Gaza est devenue intolérable. Voilà ce que nous disait, l’autre jour, un habitant de Beit Hanoun : « On est arrivé au-delà du supportable. Pas d’électricité, pas de mazout, pas de gaz, pas de nourriture, pas d’eau potable, pas de salaire ; on n’a rien ; c’est indescriptible. Et ni l’Europe, ni les Etats arabes ne réagissent, comme si la bande de Gaza était déjà rayée de la carte ! »
Quand il s’agit de la survie des Palestiniens, qu’Israël affame et assassine, les responsables politiques restent inertes ; et les médias ne font pas une information qui permette aux gens de se rendre compte de la gravité de la situation. Mais les images terribles existent, les atrocités ont été décrites, et qui le veut vraiment a la possibilité de savoir ce qui se passe.
Dès lors, tous ceux qui s’indignent rétrospectivement du silence et de la passivité de leurs aînés devant les pratiques concentrationnaires des Nazis, mais qui ne font rien pour dénoncer la situation qui est faite aux Palestiniens, ni pour obliger Israël à changer de politique, devraient commencer par balayer devant leur porte.
Contrairement à leurs aînés, ils disposent, eux, de toutes les informations. Leur silence et leur passivité ne sont rien d’autre qu’une complicité dans le crime.
Silvia Cattori
[1] Voir :
- « Hay Ride : Jimmy Carter Crosses the Line », by Chris Floyd, chris-floyd.com, 26 mai 2008.
- voir également : « Jimmy Carter dénonce le blocus de Gaza », Le Devoir, 26 mai 2008.
[2] Voir :
- « Tutu calls for end to blockade of Gaza », by Rory McCarthy, The Guardian, 30 mai 2008.
- traduction française
Mardi 03 Juin 2008
Silvia Cattori
http://www.silviacattori.net/article456.html http://www.silviacattori.net/article456.html