Societe
Posté le 02.07.2008 par djamazz
Croire ou ne pas croire
"Alors, content ?"
"pour être content, je suis super content !"
"tu ne trouves pas qu'on fait comme la pub ?"
"ha, ha, ha... oui mais je suis authentiquement content"
"tu veux dire que dans la pub... c'est comme dans le cinéma"
"je veux dire que dans la pub ce n'est jamais comme dans la réalité, l'annonceur gonfle les qualités du produit pour le vendre... alors que là, c'est vraiment autre chose"
"tu veux dire que cette fois, l'annonceur est à prendre au sérieux"
"je pense que oui... Olmert et Nasrallah ne sont pas gens à prendre à la légère... surtout pas le second"
"pourquoi insiste-tu sur le second ?"
"parce qu'il a toujours fait ce qu'il a dit et... dit ce qu'il ferait"
"c'est-à-dire ?"
"quand il a dit, à l'occasion de l'agression contre le Liban en juillet 2006, qu'aucune armée au monde ne pourra venir libérer les deux soldats israéliens capturés par la Résistance, que pour cela, il faut procéder à un échange de prisonniers"
"c'est vrai... je me souviens bien"
"tu vois... si Olmert l'avait cru, une guerre de 33 jours aurait pu être évitée avec toutes ses conséquences humaines et matérielles"
"avec côté libanais, plus de 1.200 morts, civils pour la plupart, et 160 tués côté israélien, en majorité des militaires"
"quel gâchis tout ça !"
"mais peut-on revenir un peu sur Olmert ? ... parce que Nasrallah, tout le monde sait qu'il est homme de parole"
"si tu veux..."
"voilà, Samir Kantar va être libérer alors qu'il a été condamné en 1980 à 542 ans de prison pour crime de sang et Olmert a toujours déclaré que dans ce cas-là, jamais un détenu ne sera libéré"
"faut penser que les circonstances font qu'il a changé d'avis"
"c'est intéressant ce que tu dis-là"
"c'est pourtant élémentaire"
"comment ça ?"
"tout est question de rapport de forces"
"justement... Olmert pouvait envoyer paitre Nasrallah et ses exigences... l'armée israélienne est l'une des plus puissantes dans le monde... en tout cas dans la région"
"il faut penser qu'un rapport de forces n'obéit pas seulement au critère militaire... qu'il y a d'autres déterminants"
"comme quoi ?"
"ça mérite analyse sociologique"
"la politique ne suffirait pas ?"
"certainement pas !"
"ça serait intéressant qu'on s'attarde un jour sur cet aspect..."
"oui, bien sûr... on peut déjà commencer par demander à Samir pourquoi il a toujours cru à sa libération durant les trente années de sa détention"
"tout dépend de ce qu'on veut dire par le verbe -croire- ... on peut croire en..., on peut croire que..., on peut croire à... et c'est à chaque fois un sens différent"
"peut-être que pour Samir, ce sont les trois à la fois"
"somme toute, la question peut aussi être posée à Mandela"
"sans aucun doute... le phénomène est de même nature. C'est comme dirait Max Weber, l'idéal-type d'individus qui restent libres en prison."
"..."
Al Faraby
Lundi 30 juin 2008
Lundi 30 Juin 2008
http://www.aloufok.net http://www.aloufok.net
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Posté le 02.07.2008 par djamazz
Changements climatiques, déclin du pétrole : Est ce la fin de la mondialisation ?
«Le problème n'est pas la volonté politique, ce sont les chaussures en croco, les lobbyistes. C'est un fait que l'argent s'exprime à Washington et cette démocratie ne fonctionne pas comme il était prévu qu'elle fonctionne». James Hansen, Directeur du Godart Institute de la Nasa chargé du changement climatique
Jeudi 23 juin 1988, sous une canicule inédite, le climatologue James Hansen témoignait devant une commission parlementaire du Congrès des Etats-Unis. Il annonçait être certain à «99%» que le climat terrestre était entré dans une période de réchauffement provoqué par les activités humaines. Vingt ans après et selon James Hansen directeur du Goddard Institute for Space Studies (Giss) - l'un des principaux laboratoires de sciences climatiques de la Nasa -, la machine climatique est proche d'un «dangereux point de bascule». Il faut, dit-il, réformer les pratiques agricoles et forestières, taxer le carbone, établir un moratoire sur la construction de nouvelles centrales à charbon et bannir complètement ces dernières, à l'échelle mondiale, d'ici à 2030. Le chercheur prédit une élévation du niveau des mers d'environ 2 mètres à la fin de ce siècle si rien n'est entrepris pour limiter les émissions de gaz à effet de serre - estimation très supérieure à celles généralement énoncées. Surtout, M.Hansen dénonce «le vaste décalage entre ce qui est compris par la communauté scientifique compétente et ce qui est connu par les décideurs et le grand public». Pour expliquer le peu d'actions entreprises depuis vingt ans pour entraver le changement climatique, il met en cause les «intérêts particuliers» privilégiant leurs «profits à court terme». Le propos est d'une violence inhabituelle. «Des sociétés ayant leurs intérêts dans les combustibles fossiles ont propagé le doute sur le réchauffement, de la même manière que les cigarettiers avaient cherché à discréditer le lien entre la consommation de tabac et le cancer, écrit M.Hansen. Les P-DG de ces sociétés savent ce qu'ils font et connaissent les conséquences sur le long terme d'un scénario "business as usual", ajoute le chercheur. A mon avis, ces dirigeants devraient être poursuivis pour crime contre l'humanité et la nature.»(1)
Signaux au rouge
Voilà qui est clair ! Enfin, on désigne ceux qui contribuent sans êtat d'âme à "tuer la vie" de la planète qui n'a jamais connu depuis ... sa création et l'avènement de la vie depuis quatre milliards et demi d'années !!
Dans cette atmosphère de fin de règne de la mondialisation -laminoir, les incertitudes quant à l'imminence du danger climatique perturbent encore plus les certitudes des pays industrialisés quand à la pérennité du modèle de développement occidental. Le combat d'arrière-garde de ceux qui ne croient pas à l'évidence du changement climatique, a reçu une brillante estocade de la part des...oiseaux. Ainsi, on apprend que «sur les rochers du Cap Fréhel, ce printemps, ils étaient trois fois moins nombreux qu'il y a deux ans. Ailleurs, ils modifient leurs itinéraires de migration, ils décalent leurs périodes de reproduction, ils changent leur régime alimentaire. Les bouleversements du mode de vie des oiseaux constituent l'un des meilleurs indicateurs des évolutions climatiques en cours. Et tous les signaux sont en train de passer au rouge. Les temps changent, et comme nombre d'espèces de volatiles, les hommes vont aussi devoir s'adapter»(2)
Les signes d'un dérèglement du climat se conjuguent avec ceux des marchés financiers. La flambée du pétrole fait souffler un vent de panique sur les Bourses mondiales. Après avoir franchi, jeudi 26 juin, la barre des 140 dollars à New York, le baril de brut léger a établi, vendredi 27 juin, un nouveau record, à 142,99 dollars. La faiblesse du dollar passé jeudi de 1,55 dollar à plus de 1,57 dollar pour 1 euro, les ruptures d'approvisionnement au Nigeria et les tensions au Moyen-Orient attisent la spéculation. Le brut a bondi, jeudi, après l'annonce, par la Libye, d'une possible baisse de sa production. Le même jour, Chakib Khelil, président de l'OPEP, - qui estimait que le baril pourrait atteindre 150 à 170 euros au cours de l'été. - accrédite ce scénario extrême. Car les cours du billet vert et de l'or noir évoluent en sens inverse. «La hausse du pétrole attise l'inflation et incite les investisseurs à se débarrasser des actions pour se réfugier sur les matières premières, ce qui stimule encore davantage les cours des hydrocarbures. C'est un cercle vicieux!», explique un analyste.Comment les dérèglements climatiques vont-ils se traduire pour les pays? Alors que les Etats-Unis seront moins touchés par le changement climatique en tant que tels, la hausse du niveau de la mer et la pénurie des ressources devraient entraîner toute une série de complications dans d'autres pays qui pourraient affecter sérieusement la sécurité nationale américaine, comme le déclare un nouveau rapport du service des renseignements américains. Selon l'évaluation des implications du changement climatique mondial sur la sécurité nationale d'ici 2030, publiée le 25 juin par les services de renseignements américains, le changement climatique mondial aura de vastes répercussions sur les intérêts de la sécurité nationale des Etats-Unis au cours des 20 prochaines années. A l'instar des Etats-Unis, le rapport indique que l'Europe sera gravement affectée par les conséquences du changement climatique. Mais le climat changeant, les mauvaises récoltes, les inondations et les sécheresses augmenteront les problèmes actuels comme la pauvreté, les tensions sociales, la dégradation de l'environnement, le leadership inefficace et la faiblesse des institutions politiques dans les pays tiers.(3)
Cela, à son tour, pourrait également avoir un effet domino, entraînant des implications à grande échelle pour l'économie américaine et mondiale, affirme le rapport, élaboré conjointement par l'Armée et les agences de sécurité américaines. L'Afrique subsaharienne, le Moyen-Orient et certaines parties de l'Asie, pourraient être les plus touchés, laissant entrevoir la perspective d'une augmentation des flux migratoires vers le Nord, étant donné que les réfugiés fuient les climats plus rigoureux. Cette approche est citée comme une préoccupation particulière dans la mesure où les pays d'accueil n'auront ni les ressources, ni l'intérêt de recevoir ces immigrants du climat. Parallèlement, et pour le responsable de la politique étrangère de l'UE, Javier Solana, le continent doit se préparer à faire face à la concurrence croissante concernant la diminution des ressources, les vagues de réfugiés fuyant le changement climatique et les guerres sur l'énergie, selon un rapport présenté aux dirigeants européens lors du Conseil européen de printemps (mars 2008).
Dans un article pour le quotidien britannique The Guardian, M.Solana a déclaré que la pénurie d'eau pourrait facilement provoquer des troubles civils. Selon le rapport, l'Occident fait face à un conflit potentiel avec Moscou en termes d'accès aux réserves énergétiques en Arctique. Comme la calotte glaciaire en Arctique fond à une vitesse extraordinaire en raison de la hausse des températures moyennes de la planète, les gisements et les autres ressources inexploitées de l'Arctique présentent des possibilités commerciales futures.(4)
Le rapport mentionne aussi, un autre sujet de préoccupation: la possibilité que des migrants ou réfugiés environnementaux se compteront par millions en fuyant les répercussions du changement climatique. M.Solana met en garde que le système multilatéral est en danger si la communauté internationale ne réussit pas à répondre à ces menaces. Le rapport a fait un certain nombre de recommandations, y compris de répondre aux crises humanitaires au sein des Etats membres et de constituer des capacités militaires et civiles pour empêcher les conflits.
«Pic pétrolier»
Par ailleurs, le manque de pétrole sera, lui aussi, un facteur contribuant à un bouleversement du monde tel que nous l'avons connu. Est-il possible, en effet, que le monde atteigne ou s'approche du pic de production de pétrole? Des experts géologiques l'affirment, et si leur théorie du «pic pétrolier» s'avère exacte, les conséquences pourraient être terribles pour la sécurité énergétique et l'économie mondiale Le pétrole est non seulement le carburant qui alimente nos économies mais également une ressource énergétique limitée et non renouvelable. La population mondiale consomme actuellement 85 millions de barils de pétrole par jour pour l'électricité, le chauffage, les transports, la chimie ou d'autres activités économiques. Selon le rapport annuel de l'Agence internationale de l'énergie (IEA) sur les prévisions mondiales de l'énergie, l'économie mondiale consommera 130 millions de barils de pétrole par jour d'ici 2030. Le concept de «pic pétrolier» trouve son origine en 1959, au moment où une géologue américaine travaillant pour Shell, Marion King Hubbert, prédisait à juste titre que la production de pétrole américain atteindrait son niveau le plus élevé vers 1970.(5)
L'un des plus grands problèmes pour définir une politique énergétique sur le long terme, réside dans le fait que les données officielles existantes, portant sur les réserves, sont insuffisantes et font parfois défaut. Les estimations actuelles des organisations internationales telles que l'Agence internationale de l'énergie (IEA) ou le service géologique américain (US Geological Survey) concernant les réserves de pétrole se fondent sur les informations fournies par les entreprises pétrolières et les pays producteurs. De récents événements ont montré que les entreprises pétrolières ont parfois surestimé leurs réserves et ont été contraintes par la suite d'ajuster leurs chiffres. Les chiffres utilisés par les pays producteurs sont encore plus discutables. La plupart des pays de l'OPEP n'ont pas remis à jour leurs chiffres qui datent des années 1980 même s'ils ont pompé de grandes quantités de pétrole depuis. Or, aucun «supergéant» n'a récemment été découvert.
L'une des études les plus intéressantes dans ce contexte a été menée par le directeur d'une banque d'investissement spécialisée dans le domaine pétrolier, Matthew R. Simmons. Son livre «Twilight in the Desert: The Coming Saudi Oil Shock and the World Economy» (2005) a étudié des centaines de documents provenant de Saudi Aramco, pour arriver à la conclusion que l'Arabie saoudite était proche de son niveau maximum de production. La plupart des économies mondiales dépendant d'une augmentation de la production de l'Arabie Saoudite à l'avenir, l'impact sur la croissance économique mondiale pourrait être considérable. Depuis 2005, plusieurs rapports d'experts ont révélé que le champ pétrolier le plus grand au monde, le champ saoudien Ghawar, avoisinait ou avait dépassé son pic de production.
Les grandes compagnies pétrolières semblent avoir des difficultés à répondre au problème du pic de production de pétrole. Certaines entreprises comme Shell ou Total ont connaissance de cette question mais elles considèrent le pic comme un problème à moyen terme (2020-2030). Mais un rapport du 09 juillet 2007 de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui prévoit une crise majeure de l'approvisionnement en pétrole au cours des cinq prochaines années, a ramené la question de l'amenuisement des sources d'approvisionnement en première ligne.
Supposant que la température de la Terre augmente de 1,3 degré Celsius et le niveau de la mer d'environ 23 centimètres (neuf pouces) d'ici 2040, le rapport prédit un scénario dans lequel les individus et les nations seront menacés par d'importantes pénuries d'eau et de nourriture, des catastrophes naturelles dévastatrices et des épidémies mortelles. Le rapport du Csis prévoit, également, des migrations intérieures et transfrontalières liées au changement climatique, particulièrement en Asie du Sud, en Afrique et en Europe, dans la mesure où les gens seront obligés de se déplacer pour chercher de la nourriture et de l'eau, et pour fuir face à l'élévation du niveau des mers et aux inondations, aux sécheresses et aux tempêtes plus fréquentes. Dans ces conditions, la pénurie de pétrole et surtout l'idée que le changement climatique peut remettre en cause la mondialisation fait son chemin. Le changement climatique pourrait mettre fin à la mondialisation d'ici 2040 - à cette date, le pétrole sera marginal - d'après un rapport de hauts experts en sécurité nationale. Les pays se replient, en effet, sur eux-mêmes pour préserver leurs ressources alors qu'éclatent de nouveaux conflits liés au climat. D'après le rapport «The Age of Consequences» (le temps des conséquences), réalisé par le Center for Strategic and International Studies aux Etats-Unis, la rareté des ressources pourrait dicter les termes des relations internationales dans les années à venir, car les pays riches pourraient traverser un processus de 30 ans, au cours duquel ils abandonneraient peu à peu les pays pauvres. Au début du mois d'avril 2007, l'ONU avait déjà conclu que les régions les plus pauvres du monde seront celles qui souffriront le plus du réchauffement climatique Pour Leon Fuerth, ancien conseiller pour la sécurité nationale de l'ancien vice-président Al Gore et l'un des auteurs du rapport du Csis, certaines des conséquences du changement climatique pourraient entraîner la fin de la mondialisation telle que nous la connaissons, différentes régions du monde se repliant sur elles-mêmes pour conserver ce dont elles ont besoin pour survivre.(6)
1.Stéphane Foucart. Un climatologue de la NASA accuse les pétroliers de «crime contre l'humanité et la nature» Le Monde du 25 06 2008.
2.Laurent Carpentier: Le réchauffement climatique raconté par les oiseaux. Le Monde du 27 06 2008.
3.Euract'iv: Un rapport des Etats-Unis évalue les menaces du changement climatique sur la sécurité 27 juin 2008
4.Solana met en garde contre les conflits potentiels liés au changement climatique. The Guardian mardi 11 mars 2008.
5.Le pic de production de pétrole Euract'iv mercredi 23 avril 2008
6.Le changement climatique pourrait mettre fin à la mondialisation Euract'iv. Jeudi 8 novembre 2007
Pr Chems Eddine CHITOUR
Ecole Polytechnique Alger
Mardi 01 Juillet 2008
vdida2003@yahoo.fr
Posté le 02.07.2008 par djamazz
Entretien avec Jean Robin, auteur de 'L'État de la judéomanie' (Éditions Dualpha)
Entretien avec Jean Robin, auteur de L’État de la judéomanie
Éditions Dualpha, Collection « Politiquement incorrect », dirigée par Philippe Randa.
Jean Robin, pourquoi avez-vous décidé de publier un "état de la judéomanie" en 2008 alors que vous aviez déjà expliqué ce qu'était la judéomanie en 2006 ?
Dans La judéomanie, elle nuit aux juifs, elle nuit à la République, paru en 2006, je théorise ce qu'est la judéomanie, aussi bien dans le temps (1980 - 2005) que dans les mécanismes de fonctionnement.
L'Etat de la judéomanie, c'était l'occasion pour moi d'élargir mon analyse, dans l'espace (avec notamment la judéomanie à l'étranger), mais aussi en parlant de faits très concrets survenus depuis la parution de mon livre. Par exemple, c'était l'explosion de l'accomodement raisonnable au Québec, je ne voulais surtout pas rater cet événement historique qui est en train de débarquer en France.
C'est quoi, l'accomodement raisonnable ?
C'est une expression ultra-politiquement-correct qui signifie que les "majoritaires" doivent faire de la place aux "minoritaires" en créant des particularismes dans la loi.
Dans l'Etat de la judéomanie, j'explique par exemple comment le Québec a autorisé des gymnases à avoir leurs vitres fumées pour empêcher qu'on voit des femmes juives s'y entraîner. C'était il y a plus d'un an, mais cela fait étonnamment écho avec la polémique récente ici sur les horaires aménagés dans les gymnases pour les femmes juives et musulmanes.
Qu'est-ce qui vous fait dire que l'accomodement raisonnable débarque en France ?
En fait la judéomanie est sa première manifesation, or comme vous le savez la judéomanie est présente en France, de manière croissante il est vrai, depuis 1980.
Mais prenez par exemple l'élection du grand rabbin de France, Gilles Bernheim, qui vient d'avoir lieu. Il remplace le grand rabbin Sitruk, qui s'était toujours refusé à vouloir entériner des particularismes spécifiques pour les Français juifs. Or voici ce que déclarait par exemple le Grand Rabbin Bernheim dans Actualité Juive du 31 janvier 2008 sur ce qu'on n'appelle pas encore l'accomodement raisonnable : "Des millénaires de judaïsme valent bien des siècles de chrétienté."
Son élection n'arrive pas par hasard : sa principale mission, telle que je la comprends, est de faire accepter à l'opinion (française mais aussi juive) les lois de l'accomodement raisonnable en France.
Pourtant, c'est à propos des musulmans qu'il y a polémique, pas des juifs.
Justement, c'est une preuve supplémentaire de la judéomanie dans laquelle est plongée le pays.
Les autorisations pour les femmes juives d'avoir leurs créneaux horaires dans des piscines existent depuis près de 10 ans, mais personne n'en parle.
Quand il s'agit de femmes musulmanes, qui obtiennent les mêmes droits en invoquant le fait que les femmes juives en bénéficient déjà, ça crée un tollé.
Bizarrement, à part quelques exceptions (notamment le journaliste Eric Zemmour), personne ne mentionne la totalité de l'histoire, et se focalise sur l'aspect musulman.
Or j'avais bien expliqué dans mon premier livre que la judéomanie mène à l'islamomanie, à la négromanie, à l'homomanie, etc., bref au communautarisme.
Quelles enseignements tirez-vous de l'agression du jeune juif dans le XIXe arrondissement de Paris ces derniers jours ?
Ça ne vous surprendra pas, je vois là tous les symptômes de la judéomanie.
Tout le monde (politiques, responsables de la communauté, médias) a dit, comme d'habitude, que c'était une agression antisémite, alors qu'il n'en est rien.
Et le garçon n'a pas été violenté parce qu'il était juif, mais parce qu'il était membre d'une bande, comme d'autres, et qu'il s'agissait de représailles.
On n'a pas parlé de son agression parce qu'elle est était plus violente que d'autres, mais parce que le garçon était juif.
D'ailleurs on a appris depuis qu'il y avait eu d'autres victimes, certes moins dramatiques, mais les médias et les politiques n'en avaient pas dit un mot.
Ces reportages en boucle sur Rudy n'ont qu'une conséquence : les gens se disent "ah oui, on en parle parce qu'il est juif, parce que les juifs ont tout", dixit Finkielkraut.
Et ils pensent immédiatement à tous ces blancs, à tous ces maghrébins, à tous ces noirs ou que sais-je encore qui ont été victimes de représailles ou qui ont simplement été des victimes innocentes, et ils se disent que les juifs ont des privilèges dans notre pays, donc ils développent, consciemment ou inconsciemment, un sentiment d'antisémitisme.
Les déclarations du Grand Rabbin Bernheim sont absurdes : dimanche il dit qu'on n'est pas sûr que c'est antisémite, aujourd'hui il dit que si ! alors que les faits apparus depuis prouvent le contraire.
C'était une rixe entre bandes, des représailles (Rudy était bien connu des services de police), comme Jean-Pierre Chevènement l'a très justement dit. Il a été le seul, et il a créé un tollé.
(Propos recueillis par Fabrice Dutilleul)
Fondateur des éditions Tatamis (www.tatamis.fr), Jean Robin est l’auteur d’Ils ont tué la télé publique, de La Judéomanie, « elle nuit aux juifs, elle nuit à la République » et d’Experto.
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Posté le 02.07.2008 par djamazz
L’Europe face au fait migratoire arabo-musulman
par René Naba
Mondialisation.ca, Le 30 juin 2008
Le blog de René Naba
Immigration en Europe
Brice Hortefeux, Ministre français de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, a proposé aux Etats membres de l’Union européenne un « pacte pour l’immigration» avec un double objectif:
-Harmoniser, d’une part, les politiques européennes en matière de flux migratoire en fonction des capacités d’accueil de l’Europe sur le plan du marché du travail, du logement et des services sanitaires.
-Instaurer, d’autre part, au niveau communautaire, une harmonisation des politiques d’expulsion des migrants illégaux, du droit d'asile, et de la promotion de l'immigration professionnelle légale.
I-Les arabo-musulmans d’Europe, le premier groupement ethnico identitaire d’importance sédimenté hors de la sphère européo centriste et judéo chrétienne.
Paris, 1er juillet (2008) - Cinq siècles de colonisation intensive à travers le monde n’ont pas encore banalisé la présence des «basanés» sur le sol européen, de même que treize siècles de présence continue matérialisée par cinq vagues d’émigration n’ont conféré à l’Islam le statut de religion autochtone en Europe, où le débat, depuis un demi siècle, porte sur la compatibilité de l’Islam et de la République, comme pour conjurer l’idée d’une agrégation inéluctable aux peuples d’Europe de ce groupement ethnico -identitaire, le premier d’une telle importance sédimenté hors de la sphère européo-centriste et judéo-chrétienne.
Les interrogations sont réelles et fondées, mais par leur déclinaison répétitive (problème de la compatibilité de l’Islam et de la Modernité, compatibilité de l’Islam et de la Laïcité), les variations sur ce thème paraissent surtout renvoyer au vieux débat colonial sur l’assimilation des indigènes, comme pour démontrer le caractère inassimilable de l’Islam dans l’imaginaire européen, comme pour masquer les antiques phobies chauvines, malgré les copulations ancillaires de l’outre-mer colonial, malgré le brassage survenu en Afrique du Nord et sur le continent noir, malgré le mixage démographique survenu notamment au sein des anciennes puissances coloniales (Royaume-Uni, France, Espagne, Portugal et Pays Bas) du fait des vagues successives des réfugiés du XX me siècle d’Afrique, d’Asie, d’Indochine, du Moyen-Orient et d’ailleurs.
Au delà de la polémique sur la question de savoir si «l’Islam est soluble dans la République ou à l’inverse si la République est soluble dans l’Islam», la réalité s’est elle-même chargée de répondre au principal défi interculturel de la société européenne au XXI me siècle. Soluble ou pas, hors de toute supputation, l’Islam est désormais bien présent en Europe d’une manière durable et substantielle, de même que sa démographie relève d’une composition interraciale, européenne certes, mais aussi dans une moindre proportion, arabo-berbère, négro-africaine et indo-pakistanaise: Quatre mille mosquées, douze millions de fidèles, et 2,6 pour cent de la population européenne est d’origine musulmane, selon les statistiques officieuses concernant les 15 pays de l’Europe occidentale communiquées avant l’adhésion massive des 12 pays de l’Europe centrale et oriental (1).
Ces chiffres parlent d’eux-mêmes et se passent de tout commentaire.
Premier pays européen par l'importance de sa communauté musulmane, la France est aussi, proportionnellement à sa superficie et à sa population, le plus important foyer musulman du monde occidental. Avec près de cinq millions de musulmans, dont deux millions de nationalité française, elle compte davantage de musulmans que pas moins de huit pays membres de la Ligue arabe (Liban, Koweït, Qatar, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Palestine, Iles Comores et Djibouti). Elle pourrait, à ce titre, justifier d’une adhésion à l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), le forum politique panislamique regroupant cinquante deux Etats de divers continents ou à tout le moins disposer d’un siège d’observateur.
En comparaison, pour une superficie de 9,3 millions de km2 et une population de 280 millions d’habitants, Les Etats-Unis comptent près de 12 millions de musulmans dont 3,5 millions d’arabo américains et 1 200 mosquées. La communauté musulmane de France se décompose comme suit: deux millions de Maghrébins, deux millions de nationalité française, la plupart originaires d’Algérie et rapatriés en France au moment de l’indépendance de ce pays, ainsi que 400. 000 africains, 300. 000 turcs et 100.000 asiatiques.
En vingt ans (1980-2000), près de trois mille associations ont été fondées et mille cinq cents lieux de culte édifiés, parmi lesquelles cinq grandes Mosquées, dont trois dans la région parisienne Paris, Evry et Mantes-La-Jolie, ainsi qu’à Lyon et Lille.
Socle principal de la population immigrée malgré son hétérogénéité linguistique et ethnique, avec 12 millions de personnes, dont cinq millions en France, la communauté arabo-musulmane d'Europe occidentale apparaît en raison de son bouillonnement -boutade qui masque néanmoins une réalité- comme le 28 me Etat de l'Union européenne.
En s’y greffant, l’admission de la Turquie, de l’Albanie et du Kosovo au sein de l’Union européenne porterait le nombre des musulmans à près de 100 millions de personnes, représentant 5 pour cent de la population de l’ensemble européen, ce qui pourrait porter atteinte, selon les tenants de la droite radicale européenne, à son homogénéité démographique, à la blancheur immaculée de sa population et aux «racines chrétiennes de l’Europe». Au point que l’UMP, le parti sarkoziste en France, a institué une clause de sauvegarde, soumettant à référendum l’adhésion de tout nouveau pays dont la population excède cinq (5) pour cent de l’ensemble démographique européen (2).
Pour un observateur non averti, le décompte est impressionnant: l’agglomération parisienne concentre à elle seule le tiers de la population immigrée de France, 37 pour cent exactement, tous horizons confondus (Africains, Maghrébins, Asiatiques, et Antillais), alors que 2,6 pour cent de la population d'Europe occidentale est d'origine musulmane, concentrée principalement dans les agglomérations urbaines.
Dix pour cent de la population de Berlin, de Bruxelles et de Bradford est d'origine musulmane, alors que Cologne et Birmingham comptent entre 5 et 10 pour cent de personnes d'origine musulmane et que sont recensées plus de quatre mille mosquées au sein de l’ensemble européen, soit en vingt ans une multiplication par 40 du nombre des lieux de culte. La France se situe en première position avec près de 1. 500 lieux de prière, suivie de l’Allemagne en 2ème position avec 800 et du Royaume-Uni (3ème position-500 mosquées).
Les Pays-Bas se retrouvent en 4ème position (230 mosquées), la Belgique en 5ème position (220) et la Suède en 6ème position avec 150 mosquées. L’Italie (7ème) et l’Espagne (8ème) comptent respectivement 60 et 50 mosquées. De quoi enflammer des imaginations fébriles, de quoi susciter les plus graves phobies.
Son importance numérique et son implantation européenne au sein des principaux pays industriels lui confèrent une valeur stratégique faisant de la communauté arabo-musulmane d'Europe le champ privilégié de la lutte d'influence que se livrent les divers courants du monde islamique et partant le baromètre des convulsions politiques du monde musulman.
Longtemps laissés pour compte, les arabo-musulmans sont désormais l’objet d’une double sollicitude sous forme d’une compétition entre les pays d’accueil qui prônent une politique d'absorption progressive et les pays d’origine qui entreprennent une opération de séduction dans une stratégie dont l'objectif sous-jacent est, tant pour les uns que pour les autres, sinon de faire barrage à l’intégrisme du moins d'y aménager une sphère d'influence au sein de la population expatriée.
Fait désormais irréversible, l'ancrage durable des populations musulmanes en Europe, la généralisation de leur scolarisation, l'affirmation multiforme de leur prise de conscience ainsi que l'irruption sur la scène européenne des grandes querelles du monde islamique, le bouleversement du paysage social et culturel européen qu’elles auront impliquées au dernier quart du XX me siècle ont impulsé un début de réflexion en profondeur quant à la gestion à long terme de l’Islam domestique. Les vagues d’attentats, qui ont secoué la France pendant deux décennie, la première en 1986-87, en relation avec le conflit irako-iranien, la seconde en 1995 en rapport avec le conflit algérien, ainsi que les récents attentats anti-européens en relation avec le conflit afghan et irakien, qui ont ponctué l’actualité de 2002 à 2004 de Madrid, à Karachi (bus militaire français), en passant par Ankara (consulat britannique) et Marrakech (centre culturel espagnol), en relation avec la traque contre «Al-Qaida» et la Guerre contre l’Irak, viennent rappeler la proximité des deux continents et leur imbrication politique et humaine.
Toutefois, sous l'effet de la précarité économique et de la montée des conservatismes, l’Europe, sous couvert de lutte contre le terrorisme, en particulier la France, a pratiqué depuis un quart de siècle une politique de crispation sécuritaire illustrée par la succession de lois sur l'immigration (lois Debré-Pasqua-Chevènement-Sarkozy-Hortefeux), apparaissant comme l'un des pays européens les plus en pointe dans le combat anti-migratoire, alors même que sa population immigrée a baissé de 9 pour cent en une décennie (1990-1999).
La palme en ce domaine revient incontestablement à Nicolas Sarkozy, auteur de pas moins de onze lois répressives durant son passage au ministère de l’intérieur (2002-2007), soit en moyenne deux lois par an (2). La panoplie s’est enrichie depuis son accession à la présidence de la république d’un dispositif sur le pistage génétique et l’établissement d’un quota administratif équivalant à 25.000 expulsions par an d’étrangers en situation irrégulière
L’euphorie qui s’est emparée de la France à la suite de la victoire de son équipe multiraciale à la coupe du monde de Football, en Juillet 1998, n’a pas pour autant résolu les lancinants problèmes de la population immigrée, notamment l’ostracisme de fait dont elle est frappée dans sa vie quotidienne, sa sous-employabilité et la discrimination insidieuse dont elle fait l’objet dans les lieux publics, avec les conséquences que comportent une telle marginalisation sociale, l’exclusion économique et, par la déviance qu’elle entraîne, la réclusion carcérale.
Les attentats anti-américains du 11 septembre 2001 ont relancé la xénophobie latente au point que se perçoit lors des grands pics de l’actualité, tel l’attentat de Madrid du 11 mars 2004, une véritable ambiance d’arabophobie et d’islamophobie. Un quart de siècle après la révolution opérée dans le domaine de la communication, dix ans après la communion interraciale du «Mundial 1998», les Arabes et les Africains demeurent en France des «indigènes», sous-représentés dans la production de l'information, d'une manière générale dans l'industrie du divertissement et de la culture, et d’une manière plus particulière dans les cercles de décision politique pour l’évidente raison qu'ils sont difficilement perçus comme des producteurs de pensées et de programmes, alors que leur performance intellectuelle ne souffre la moindre contestation.
L'importance de la présence arabo-musulmane dans le paysage français, ainsi que la profusion des établissements cultuels et culturels, des médias communautaires et des performances sportives ne s'est en effet pas accompagnée d'une percée qualitative de la communauté immigrée au niveau des postes de responsabilité au sein du pays d'accueil. Avec l’arrivée à maturité de la 3 me génération issue de l’immigration, des "îlots d'excellence" se sont certes constitués dans les domaines du sport, de la chanson, de la littérature, de l’édition, de la mode, mais il n'existe pas de passerelles entre ces individualités à qui fait défaut une conscience collective.
II- L’immigration, la valeur joutée de la France tant au niveau de l’ensemble méditerranéen qu’au niveau de l’Europe.
L’intégration suppose une conjonction d’apports et non l’amputation de la matrice identitaire de base.
A l’entame du III me millénaire, la France souffre d’évidence d'un blocage culturel et psychologique marqué par l’absence de fluidité sociale. Reflet d'une grave crise d'identité, ce blocage est, paradoxalement, en contradiction avec la configuration pluriethnique de la population française, en contradiction avec l'apport culturel de l'immigration, en contradiction avec les besoins démographiques de la France, en contradiction enfin avec l'ambition de la France de faire de la Francophonie, l'élément fédérateur d'une constellation pluriculturelle ayant vocation à faire contrepoids à l'hégémonie planétaire anglo-saxonne, le gage de son influence future dans le monde.
Au douzième rang du hit parade culturel des nations, le français se situe loin derrière le Royaume-Uni (500 millions de locuteurs), l’Espagne (350 millions de locuteurs), de même que l’arabe, 6me position pour 250 millions de locuteurs contre 120 millions de francophones.
Avec en projection, une amplification de l’écart au long du XXI me siècle au profit de l’anglais, première langue de communication planétaire dans une société de l’information, en second lieu de l’espagnol, qui dispose aux Etats-Unis au coeur du principal centre de production des richesses et des valeurs de l’époque contemporaine, d’un solide pied à terre matérialisé par le tiers d’une population américaine hispanophone adossé de surcroît au sous-continent latino-américain, enfin de l’arabe avec son immense réservoir humain, représenté par une communauté de 1,2 milliards de fidèles musulmans répartie dans 52 pays à travers le monde, potentiellement recyclable linguistiquement et culturellement. Pis, au coeur de son nouvel espace vital, l’Union Européenne tend à devenir une succursale linguistique de l’OTAN, une organisation que la France a été contrainte de réintégrer militairement dans la foulée de la guerre du Golfe (1990-1991).
Sanctionnant un renversement de tendance sans doute irréversible, l’anglais y supplante désormais le français en tant que langue de travail. 55% pour cent des documents de travail y sont rédigés en anglais contre 40 pour cent il y dix ans et 44 pour cent en Français. A la fondation de l’Union européenne, en 1957, 80 pour cent du travail interne se faisait en français, soit une perte de 50 pour cent en près d’une décennie.
Certes l’adhésion des pays baltiques et de l’Europe centrale à l’Union européenne va réduire la proportion des «basanés» dans l’espace européen, mais le vieillissement prévisible de la population européenne font de la communauté arabo-musulmane l’objet d’un véritable enjeu en raison de son taux de natalité, de son dynamisme et de sa flexibilité salariale.
L’intégration présuppose une conjonction d’apports et non une amputation de la matrice identitaire de base. La troisième génération issue de l’immigration, française de droit en vertu du nouveau code de la nationalité de 1998, est certes extrêmement sensible à son environnement international comme en témoignent les flambées de violence à caractère confessionnel en rapport avec l’Intifada palestinienne, la guerre du Golfe (1990-91), le conflit bosniaque (1990-1999), la guerre d’Afghanistan (2001-2002) ou la guerre contre l’Irak (2003).
Elle n’en demeure pas moins porteuse d’une dynamique interculturelle en raison de ses origines, de son profil culturel et de ses croyances religieuses. Par les solidarités verticales qu’elle pourrait développer avec le pays d’origine et horizontales au niveau européen, elle constituerait la valeur ajoutée de la France tant au niveau de l’ensemble méditerranéen qu’au niveau de l’Europe.
Sous réserve toutefois que soient mis en place de nouveaux fondements intégrant l’Islam à son environnement européen et la République au Multiculturalisme. Sous réserve que soit instaurée aussi une sphère consensuelle dépassant une vision xénophobe du monde en négation avec la mission universelle de la France.
Facteur d’intermédiation socioculturelle, les «bougnoules» des temps anciens paraissent devoir tenir leur revanche dans leur vocation à assumer un nouveau rôle de passerelle de la francophonie entre les deux rives de la Méditerranée, l’avant-garde de «l’arabo-francophonie culturelle» que la France s’ingénie tant à mettre sur pied afin de faire pièce à l’hégémonie anglo-américaine et de favoriser le dialogue des cultures par le dépassement de son passé colonial.
europe fait migratoire 3
1-«Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français» René Naba - Editions l’Harmattan 2002
2- Voici la liste des principaux textes sur la sécurité votés lors du passage de M. Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur
-Septembre 2002 : Loi sur l’orientation et la programmation pour la sécurité intérieure
-Février 2003 : Loi aggravant les peines pour les infractions racistes
-Mars 2003 : Loi sur la sécurité intérieure
-Mars 2004 : Adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité
-Novembre 2003 : Maîtrise de l’immigration et répression des séjours irréguliers
-Janvier 2005 : Lutte contre le terrorisme
-Avril 2006 : Répression des violences contre les mineurs
-Juillet 2006 : Répression des violences dans les manifestations sportives
-Novembre 2006 : prévention de la délinquance, ce qui entraîne la modification d’une traite -un chiffre record-80 articles du code pénal.
René Naba est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de René Naba publiés par Mondialisation.ca
Posté le 02.07.2008 par djamazz
D'ici quelques mois, la 'liberté' sur internet, ce sera finie. Place au contrôle social totalitaire
Le gouvernement envisage d'autoriser la police à poser mouchards et autres spywares dans nos ordinateurs.
Le gouvernement prépare une mise à jour de la loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Lopsi 2). Une loi que le gouvernement voudrait présenter à l'automne en conseil des ministres.
Un point mobilise déjà ceux qui s'inquiètent pour les libertés et le respect de la vie privée. En l'état, cette loi permettrait d'introduire dans les ordinateurs des citoyens des mouchards informatiques.
Le texte stipule qu'il sera possible - à la demande d'un juge d'instruction - mais "sans le consentement des intéressés, d'accéder à des données informatiques, de les observer, les collecter, les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu'elles s'affichent pour l'utilisateur ou telles qu'il les y introduit par saisie de caractère".
Concrétement, la police pourra installer à distance des logiciels espions, ou spyware, des enregistreurs de frappe par exemple. La police pourra aussi installer un dispositif technique - pas plus gros qu'un morceau de sucre - dans l'ordinateur. Il pourra être mis en place par la police à toute heure, en s'introduisant dans tout lieu.
La justice et la police pouvaient déjà placer des caméras et des micros espions dans les lieux privés mais elle n'avaient pas le droit d'intervenir en douce sur les ordinateurs.
Mardi 01 Juillet 2008
Posté le 30.06.2008 par djamazz
ENTRETIEN AVEC VICTOR HUGO
Vous semblez vous tenir très informé de l'actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?
VH : Depuis des mois, il s'étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue… Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c'est que dans toutes les qualités qu'on lui reconnaît, dans tous les éloges qu'on lui adresse, il n'y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là… Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.
Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu'on est en droit de l'attendre d'un élu à la magistrature suprême ?
VH : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l'assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit, et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve si énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l'aventure et l'aventurier… On ne trouve au fond de l'homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l'argent…Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n'est plus question d'être un grand peuple, d'être un puissant peuple, d'être une nation libre, d'être un foyer lumineux ; la France n'y voit plus clair. Voilà un succès.
Que penser de cette fascination pour les hommes d'affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?
VH : Il a pour lui désormais l'argent, l'agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d'un bord à l'autre quand il n'y a à enjamber que la honte…Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités… Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l'argent ; c'est ignoble, mais c'est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte…une foule de dévouements intrépides assiègent l'Elysée et se groupent autour de l'homme… C'est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d'industrie.
Et la liberté de la presse dans tout çà ?
VH (pouffant de rire): Et la liberté de la presse ! Qu'en dire ? N'est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l'esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?
___________________________________
*Toutes les réponses de Victor Hugo proviennent de son ouvrage « Napoléon le Petit », le pamphlet républicain contre Napoléon III.
Lundi 30 Juin 2008
Posté le 28.06.2008 par djamazz
Le saviez-vous ? Des messages subliminaux NWO-compatibles incrustés en tout petit sur les chèques bancaires…
Les messages subliminaux sont des messages qui ne sont pas détectés par notre conscience mais sont détectés par nos sens et notre subconscient : leur effet pourrait, selon de nombreuses études concordantes, influencer notablement les récepteurs, en l’occurence les lecteurs de ces messages subliminaux.
Nous avons vu de nombreuses manipulations subliminales pro-NWO, et il est désormais intéressant de se pencher sur ce dossier intrigant des chèques bancaires :
Le saviez-vous ? Des messages subliminaux NWO-compatibles incrustés en tout petit sur les chèques bancaires…
Messages sublinimaux sur les chèques barrés utilisés par des dizaines de millions de consommateurs - source internet
C’est un intervenant d’un forum dédié au NWO (sur inscription) qui a soulevé le lièvre, et nous relayons cette information intéressante, sachant que tout le monde est amené à rédiger des chèques bancaires très régulièrement, sauf bien entendu les personnes interdites bancaires, qui se retrouvent de fait exclues de cette gigantesque campagne de communication subliminale (elles n’intéressent visiblement pas beaucoup les prescripteurs de ces messages).
Rappelons au préalable que les messages subliminaux sont particulièrement encadrés dans divers pays “développés”, et notamment en France ou au Canada, où leur utilisation est souvent interdite.
1. Quelle est donc concrètement cette “campagne subliminale d’infoxication” menée grâcieusement (ou presque, puisque les chèques sont payants) par les grandes corporations bancaires multinationales ?
En fait, quand on regarde bien nos chèques, on s’aperçoit que ce qui semble a priori des lignes ne sont en fait pas des points mais des caractères minuscules, un peu comme le sceau illuminate découvert sur des documents Top secrets et récemment déclassés du KGB.
Vidéo - Les lettres et symboles minuscules, outils appréciés des illuminatis ou simple coïncidence ? - Planète par Dailymotion
On a l’impression quand on rédige le montant de son chèque que l’on écrit sur des lignes en tout petits pointillés : oui, on a l’impression, c’est même ce que l’on nous dit en général…
Idem pour la date, la ville, etc…
Même les barres obliques du chèque appelé dans son acception orthodoxe “chèque barré” sont parfois des successions de lettres et parfois de chiffres (mais cela dépend des supports programmatiques, euh, des chèques barrés).
2. Ces successions de lettres minuscules ont-elles un sens ?
Que des lettres se succèdent les unes aux autres au lieu de points ou pointillés, c’est une chose, mais il est intéressant à ce stade de savoir si ces successions de lettres ont-elle un sens ou sont-elles inscrites au hasard ? Eh bien, il se trouve que ces lettres successives ont un sens et constituent des phrases parfaitement construites et compréhensibles par tout utilisateur de la langue de Molière…
3. Ces phrases subliminales sont-elles des slogans publicitaires pour les banques respectives qui les utilisent ?
Que ces, lettres, et en réalité ces mots et phrases successives aient un sens, c’est une chose, on peut facilement imaginer que ce pourraient être des slogans publicitaires du genre ‘Bougez avec la Banque” ou “Tous avec Jérôme Kerviel”…
Que nenni : ces phrases ne sont pas des propagandes publicitaires pour les banques qui les impriment sur les chèques de leurs chers clients, mais sont étrangement des idées politiques souvent parfaitement nwo-compatibles, comme on peut en jauger ci-dessous.
4. Les chèques comportent différents slogans politiques subliminaux, notamment en faveur de la Construction européenne :
L’une des phrases les plus importantes est une ode à la construction européenne :
“L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble. Elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait.“
Rappelons pour comprendre le lien potentiel avec le NWO que selon nombre d’exégètes du Nouvel Ordre Mondial, l’Europe a vocation à se réunir jusqu’au Moyen-Orient et à reprendre le leadership mondial (en lien avec les USA) avec Jérusalem en capitale mondiale (d’où selon certains observateurs l’implémentation d’une Europe intégrant les pays méditerranéens, chère à Nicolas Sarkozy mais vue d’un “mauvais oeil” par les pays du Maghreb)… La phrase ci-dessus est parfaitement nwo-compatible.
Il existe aussi un autre message avec le même genre de déclaration “dogmatique” et politique sur l’avenir de la planète ou le développement “durable”, mais cette fois-ci plus consensuel, comme pour donner un gage d’universalité au message subliminal et permettant comme souvent d’établir un écran de fumée, que les initiés peuvent surmonter facilement mais que les autres ne comprendront pas :
“L’avenir de la planète dépend des capacités de tous à modifier ses modes de production et de consommation… suffisamment respectueux de l’environnement pour conduire à un développement durable et harmonieux.”
Vous aviez finalement voté contre la Constitution Européenne ? C’est que vous ne faites pas assez souvent des chèques, ou peut-être que ces messages sont trop récents… et notez pour l’anecdote que les personnes qui sont le plus en faveur de l’Europe sont globalement certainement celles qui font le plus de chèques…
Outre le côté pro-NWO des messages, du genre : écoutez-nous et vous serez sauvés, ce qui surprend est le caractère universel de ces messages subliminaux, puisqu’il semblerait que la plupart des banques françaises aient toutes le même message inscrit sur les chèques, comme s’il s’agissait d’une mention (propagandiste) obligatoire.
Un autre point “étonnant”, comment se fait-il que ces slogans n’aient pas été présentés par la presse et les grands médias, ou par les banques elles-mêmes ?
Si ces lettres n’ont aucun intérêt ni aucune influence, pourquoi les inscrire sur tous les chèques, supports parmi les plus populaires et les plus utilisés en France et dans le Monde ?
Qui a décidé d’inscrire ces slogans politiques ? Qui a donné son accord ? Quand et pourquoi les banques se sont-elles entendues pour inscrire ces messages subliminaux sur les chèques ?
Pourquoi utiliser le futur indicatif là où tout un chacun utiliserait le conditionnel ?
La France est-elle le seul pays touché ou ces pratiques inquiétantes touchent-elles d’autres pays liés au système bancaire mondial ?
Est-ce un ballon d’essai ou ces pratiques vont-elles se généraliser sur d’autres supports et ou avec d’autres slogans ?
Est-il prévu un NOM, Nouvel Ordre Monétaire, si ce système subliminal venait à “plaire” et à donner satisfaction à ses “inventeurs” ?
Beaucoup, beaucoup de questions sans réponse…
5. Info ou Intox ?
Il est parfois des sujets difficiles à vérifier, mais il en est d’autres que chacun/e peut vérifier par soi-même, de ses propres yeux, comme Saint Thomas : Pour cela, il suffit ici de se munir d’une loupe efficace ou d’un scanner suffisamment récent pour scruter ses propres chèques de sa propre banque.
A vos microscopes, nous avons testé et nous confirmons que cela est bien présent sur nos chèques adorés (BNP, Caisse d’Epargne, Société Générale, Banque postale…).
Vendredi 27 Juin 2008
lamatrice75@gmail.com
http://911nwo.info/2008/06/26/le-saviez-vous-des-messages-subliminaux-nwo-compatibles-incrustes-en-tout-petit-sur-les-cheques-bancaires/
Posté le 28.06.2008 par djamazz
Après la chute du Traité de Lisbonne, celle de l'Union monétaire ?
Ambrose Evans-Pritchard du Daily Telegraph déclare que la crise économique a été la raison majeure de l’échec du Traité de Lisbonne et affirme que le prochain domino qui tombera pourrait bien être le système monétaire européen.
Contrairement à Helga Zepp LaRouche qui appelle non seulement à l’abolition du nouvel Etat européen fasciste et de la Banque centrale européenne, mais aussi à la mise en place d’un nouveau système de Bretton Woods basé sur le crédit public, Pritchard ne propose aucune alternative.
Il écrit que la manœuvre consistant à essayer d’ignorer le « non » irlandais a échoué « lorsque les Tchèques et le Polonais refusèrent d’attaquer l’Irlande, ou, dit autrement, lorsqu’ils insistèrent pour soutenir la Convention de Vienne sur le droit des traités, contrairement à notre gouvernement peu courageux. »
Les déclarations de Pritchard soulignent une fois encore ce que LaRouche pointait du doigt début juin, à savoir qu’il parle au nom d’une faction de l’oligarchie britannique qui ne veut pas assujettir la Grande-Bretagne aux chaînes du Traité de Lisbonne, mais tente de mener la danse en dehors du cadre de la dictature.
Pritchard écrit que la bulle immobilière « a laissé l’Irlande avec un endettement des ménages effrayant, à hauteur de 176% du PIB. Le pays fait maintenant face à un quadruple choc : une contraction de crédit, une hausse des taux d’intérêts depuis Francfort, un plongeon de la livre sterling et du dollar, et un net ralentissement de ses exportations sur les marchés anglo-saxons. »
Il déclare ensuite que l’appel du ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeir, pour que l’Irlande « sorte » de l’UE est une « invitation pour les hedge Funds à jouer à la baisse les Bonds du trésor émis par les Etats Club Med de l’UME. »
Pritchard conclue que les Allemands et d’autres comptaient sur la ratification du Traité de Lisbonne comme condition nécessaire à la viabilité de l’UME, car elle « signifie, de facto, un ministère du trésor européen, un système de salaires unifié et la perspective d’un regroupement des dettes et des retraites.Rien de tout cela n’existe. Et ça n’existera pas, de toute façon. Les élites vont devoir faire face à la grande tempête sur l’Euro de 2008-2009, avec les outils limités qu’ils ont, en essayant de colmater la brèche économique entre le nord et le sud, du mieux qu’ils le peuvent. Good Luck. Viel Glück. »
Jeudi 26 Juin 2008
http://www.solidariteetprogres.org http://www.solidariteetprogres.org
Posté le 21.06.2008 par djamazz
Les réfugiés sont retournés chez eux
par Julien Salingue
Mondialisation.ca, Le 20 juin 2008
Le blog de Julien Salingue
Quand des jeunes du Camp de Balata
se rendent sur les terres de leurs grands-parents
Centre Culturel Jaffa
Le jeudi 19 juin, au Camp de réfugiés de Balata, près de Naplouse, une vingtaine d’adolescents sont revenus, ravis, d’une excursion de 3 jours dans les villes et villages desquels leurs grands-parents ont été expulsés en 1948. L’excursion était organisée par le Centre Culturel Jaffa, en lien avec 2 autres Centres, du Camp de Jénine et du Camp d’Aïda, près de Béthléem.
Ils sont 20, 10 garçons, 10 filles, et ne passent pas inaperçus lorsqu’ils pénètrent dans les locaux du Centre Culturel Jaffa, au Camp de réfugiés de Balata. Cris, pleurs, embrassades… Celles et ceux qui n’ont pas pu venir les harcèlent de questions : « Comment c’était ? » ; « Vous êtes allés où ? » ; « Vous avez vu la mer ? »… tandis que les volontaires du Centre essaient de convaincre la vingtaine de jeunes de se rendre dans la salle de réunion pour un rapide « debriefing » avec Tayseer Nasrallah, l’un des responsables du Jaffa Center.
Tout le monde s’installe et Tayseer prend la parole, rappelant, a posteriori, la philosophie de l’excursion : « Nous organisons ce type d’initiatives pour deux raisons : la première, c’est qu’elle vous a permis de sortir du Camp de réfugiés, de faire connaissance avec d’autres jeunes et de passer un bon moment. La seconde, c’est que vous avez pu voir et toucher la terre de laquelle vos familles ont été chassées, votre terre, et mettre des images sur des noms que vous entendez depuis que vous êtes enfants. Nous savons que vous êtes probablement très fatigués et que vous avez envie de rejoindre vos familles. C’est probablement pour vous la première fois que vous êtes éloignés d’eux pendant 3 jours… Mais auparavant nous voudrions entendre quelques-uns d’entre vous, garçons et filles, afin de connaître un peu vos impressions ».
Les adolescents sourient et opinent du chef. Plusieurs d’entre eux prennent ensuite la parole. « Nous avons passé des moments merveilleux même si dès le premier checkpoint, nous avons eu peur car les soldats ne voulaient pas laisser passer le bus… Le premier soir nous n’avons presque pas dormi et le lendemain nous étions tous réveillés à 5 heures du matin car nous voulions aller voir nos villages » explique Sanaa. « C’est beau là-bas… Nous avons même été au bord de la mer, sur la plage. Mais les adultes nous ont demandé de ne pas nous éloigner car ils ne voulaient pas qu’on ait des problèmes », ajoute Ahmad. « Car même si c’est notre terre, les Israéliens disent que ce n’est pas chez nous ».
Taha, une adolescente d’une quinzaine d’années, intervient dans la discussion qui s’engage : « Lorsque je suis arrivée près du village de ma grand-mère, j’ai ressenti beaucoup d’émotions. Mon cœur battait très vite. J’ai senti que j’étais liée à cette terre dont on avait m’a tant parlé. Je me suis sentie chez moi. Mais en même temps je me sentais étrangère. Car cette terre est aujourd’hui occupée ». Elle poursuit : « La nuit d’après j’ai fait un rêve magnifique. J’ai rêvé que j’étais rentrée chez moi. Que j’étais sur ma terre. Que l’occupation était finie. Que le Camp de réfugiés, c’était fini. Quand je me suis réveillée j’étais heureuse. Mais malheureusement j’ai compris que mon rêve était un rêve. Et qu’il était temps de rentrer à Balata ».
Mais elle n’est pas triste pour autant. Elle sourit, comme les autres, et ses yeux scintillent. C’est parce qu’elle sait, dit-elle, qu’ils ont « de la chance » : « Nous avons de la chance d’avoir pu participer à ce voyage. Mes grands-parents n’ont jamais pu revoir leur terre. Nous avons beaucoup pensé aux anciens pendant que nous étions là-bas. Et aussi à tous ceux qui n’ont pas pu venir. Et à nos frères et sœurs des Camps du Liban, de Syrie et de Jordanie, qui ne peuvent pas se rendre sur la terre de Palestine. Nous avons lu des messages en leur nom ».
Alors que la réunion semble toucher à son terme, une jeune fille timide, qui ne dit pas son nom, tient à s’exprimer : « Je veux remercier tous ceux qui ont permis que ce merveilleux voyage ait lieu. J’espère que d’autres adolescents du Camp pourront eux aussi se rendre là-bas. J’ai ressenti tellement de choses… Tout se mélangeait. Voir cette terre, qui est à nous, occupée par d’autres ou tout simplement abandonnée, c’est triste. Mais voir que nous avons autre chose qui nous attend que la vie dans le Camp de réfugiés, ça donne de l’espoir. Alors merci à vous ».
Tayseer Nasrallah prend une dernière fois la parole : « Nous espérons que ce séjour vous a plu. Les volontaires du Centre se chargeront de recueillir vos témoignages, vos impressions, vos critiques, positives ou négatives… Tout ce qui peut contribuer à améliorer les excursions de ce type. Nous espérons que vous aurez compris, grâce à ce voyage, qu’être un réfugié ce n’est pas seulement vivre dans un camp. Etre un réfugié c’est avoir une terre, là-bas, qui est occupée. C’est avoir une histoire et une identité que l’occupation essaie de nous enlever. Tant qu’il y aura des Camps de réfugiés, l’occupation ne sera pas finie et il faudra se battre ».
Avant qu’ils ne quittent la salle de réunion je demande aux adolescents s’ils ont rapporté quelque chose de là-bas. J’ai déjà eu l’occasion de rencontrer des jeunes qui avaient pu se rendre sur les terres de leurs grands-parents. Tous avaient rapporté un souvenir : une pierre, un sachet de terre, une orange ou un rameau d’olivier. Lorsqu’ils entendent ma question, ils sourient et brandissent tous fièrement les colliers de coquillages qu’ils ont confectionnés après s’être rendus à la plage. Des coquillages ramassés au bord de la Méditerranée, qu’ils n’avaient jamais vue.
Dans le Camp de Balata
Après le départ des adolescents, Tayseer, un sourire radieux aux lèvres, me confie : « Ce type d’excursions a plus d’effet que la lecture de dizaines de livres ou la participation à des dizaines d’ateliers sur l’histoire et les droits des réfugiés. Nous espérons pouvoir organiser beaucoup d’autres initiatives de ce type. Grâce à elles les enfants voient la terre d’où ils viennent et savent ce qu’est leur véritable identité. Le tout dans un cadre qui les rend tellement heureux. Tu as vu leurs sourires ? ».
Oui j’ai vu leurs sourires. En observant les visages rayonnants de ces 20 adolescents qui n’ont connu, jusqu’alors, que la vie dans le Camp de Balata, je repense à ce que disait plus tôt l’un des responsables du Centre Culturel Jaffa à deux visiteurs britanniques :
« Le Camp de Balata est le plus grand camp de Cisjordanie. Plus de 25 000 personnes y vivent, dans un espace qui n’excède pas 1km2 et qui avait été conçu à l’origine pour 5 à 6000 réfugiés. Le Camp est surpeuplé, les rues sont minuscules et, dans de nombreuses maisons, la lumière du soleil ne pénètre jamais. D’après les registres des écoles de l’ONU, il y a 6000 enfants de 6 à 15 ans dans ce Camp. C’est énorme… Les familles sont très nombreuses et les habitations très petites, alors les enfants sortent et passent leur temps dans la rue. Ils n’ont rien d’autre à faire…
Comme Balata est un haut lieu de la résistance palestinienne, la répression israélienne est ici considérable. Tous les soirs, toutes les nuits, les soldats entrent dans le camp. C’est comme une drogue pour eux. Ils ont besoin de venir à Balata… Il y a eu 180 martyrs depuis septembre 2000, des centaines de blessés, peut-être plus, et des centaines d’arrestations. Tous les enfants sont marqués. Ils ont un frère, un père, un ami en prison. Ils ont tous vu des cadavres, et même des morceaux de cadavres… Les dégâts psychologiques sont considérables.
C’est en partant de ce constat que le Centre Jaffa a été fondé. Et aussi d’une réalité : la majorité des Palestiniens sont des réfugiés. La défense du droit au retour est donc une tâche prioritaire.
Nous avons donc deux objectifs : permettre aux plus jeunes, même ponctuellement, de s’amuser, d’apprendre à se servir des ordinateurs, de participer à des activités diverses, que ce soit du théâtre, de la danse, des ateliers de journalisme ou de vidéo. Mais dans le même temps nous faisons un travail de fond, en expliquant l’histoire des réfugiés, de la lutte palestinienne, en organisant des formations sur les questions démocratiques, sur la prise de responsabilité…
Il s’agit donc non seulement d’offrir aux jeunes des moments de détente, d’évasion… mais aussi de préparer les générations futures à défendre le mieux possible la cause des réfugiés et l’ensemble des droits du peuple palestinien ».
Un programme et des activités qui ne plaisent guère aux autorités d’occupation puisque le fondateur du Centre Jaffa, Hussam Khadr, ancien député du Fatah, purge actuellement une peine de 7 ans de prison en Israël et ne sera pas libéré avant 2010.
Hussam Khadr
Hussam, que j’ai eu la chance de rencontrer en 2001 et qui, bien que membre du Fatah, fustigeait alors la direction de l’Autorité Palestinienne qu’il appelait sans ménagement la « Mafia d’Oslo », a toujours mis en garde ceux qui croient pouvoir contourner la revendication du droit au retour des réfugiés :
« Nous ne pouvons pas permettre au nettoyage ethnique de triompher. Nous affirmerons cette position jour et nuit. Nous ne prendrons aucun repos parce que le droit au retour est d'une part, une question de vie ou de mort pour les réfugiés et, d'autre part, la substance même de la cause nationale palestinienne. La cause des réfugiés est la cause palestinienne ».
Hussam aurait probablement été fier et heureux, 10 ans après la fondation du Centre Yaffa, de voir cette vingtaine d’adolescents revenir de leurs terres d’origine des souvenirs et des projets plein la tête. Et il aurait probablement pensé ce que m’a glissé l’un des responsables du Centre alors que les jeunes retournaient dans leurs familles :
« Tous ceux qui croient qu’ils vont pouvoir se débarrasser de nous ont du souci à se faire ».
Articles de Julien Salingue publiés par Mondialisation.ca
Posté le 20.06.2008 par djamazz
Jusqu'où ira t-on au nom de l'islamophobie ?
Sans surprise, nous venons d'apprendre que la cour d'appel a annulé et rétablit une union que pourtant deux adultes consentants ne voulaient plus*. Une décision qui avalise et légalise le mariage forcé en France si vous êtes de confession musulman tout en admettant le mensonge non plus comme un vice, mais un moyen légal, pour atteindre son objectif.
Nous rappelions dans un précédent billet² que, toute la chienlit déclenchée par cette histoire somme toute banale ne tient qu'à une motivation: l'islamophobie primaire des tenants de la théorie de la disparition de la France "souchienne" par l'islam. Comment comprendre que deux volontés qui se manifestent pour mettre fin à un contrat signé sous le sceau du mensonge soient contraints de s'unir parce que les médias et quelques personnes prétextant défendre la femme musulmane s'y collent avec des arguments fallacieux ? Une fois de plus, le bon sens vient d'être frappé de plein fouet par ce que l'humanité a d'intarissable : la haine.
Si la virginité n'est pas une qualité essentielle pour annuler un mariage, le mensonge lui visiblement est un argument essentiel pour le contracter.
Encore une contradiction admise qui, parce qu'elle agresse ceux que l'on considère comme dangereux pour la nation française, passe comme lettre à la poste.
*http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080619/tts-france-justice-mariage-ca02f96.html
²Lire aussi de l'indignation à l'obscurantisme ici
Vendredi 20 Juin 2008
sanslangue2bois@yahoo.fr
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