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bof, tous ces imposteurs seront bientôt très éprouvés par dieu, la majorité d'eux disparaitra, leur monde maud...
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Par gg, le 01.11.2009
ron paul ? un autre robot de la haute finance ?
on s inquiete de briser le dollard et les vies humaines qu o...
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Par justicier, le 19.10.2009
c est l horreur commise par ces monstres genocidaires qui emploient tous les moyens pour exterminer les pauvr...
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Par justicier, le 16.10.2009
les pays d’afrique et d’amérique latine ont-ils d’autres choix que de compter sur eux-mêmes? de savoir placer ...
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Par Saïd LOUKIL, le 11.10.2009
salam ! la grandeur humaine chez certains hommes celebres n a rien a voir avec leurs origines !! dieu guide v...
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Par justicier, le 09.10.2009
didier votre commentaire temoigne de votre humanisme et votre sens de justice ! faut agir autour de vous pour ...
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Par justicier, le 09.10.2009
salam !! parler d honneur avec des sionistes ?? des gens depourvus de tout humanisme ; des monstres maudits ...
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Par divine, le 09.10.2009
bonjour,
je suis francais et j'ai honte des positions politique de mon pays, ils ne pense pas plus loin que...
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Par didier, le 27.09.2009
salam alaykoum,
les "initiés" apprécieront la floppée de symboles nazilluminati sur les logos de leurs prod...
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Par bagdad, le 26.09.2009
allaho akbar !! si ces analyses sur d eventuelles guerres sur la planete s averent vraies; ce sera surement ...
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Par justicier, le 16.09.2009
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Date de création : 04.10.2007
Dernière mise à jour :
08.11.2009
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articles
sl. Dans le monde entier les voix en faveur d’une agriculture sans organismes génétiquement modifiés (OGM) se multiplient. En Suisse, il est interdit de cultiver des OGM jusqu’à 2010 et le Parlement décidera cette année encore si les cultures d’OGM seront même interdites au-delà de 2010. L’Autriche, la France, la Hongrie, la Grèce et depuis le 14 avril également l’Allemagne interdisent la culture de plantes génétiquement modifiées. Ils émettent tous des réserves quant à la compatibilité avec l’environnement. En Europe entière 230 régions, plus de 4200 communes et associations locales, des dizaines de milliers d’agriculteurs et de fabricants de produits alimentaires se sont déclarés «sans OGM».
Le «Rapport mondial sur l’agriculture» publié l’année passée constate également que les manipulations génétiques posent jusqu’à nos jours plus de problèmes qu’elles n’en résolvent et orientent la recherche vers les produits brevetables. (cf. Horizons et débats no 44/08, no 27/09). Il ouvre de bonnes perspectives permettant de nourrir de façon durable la totalité de la population mondiale. 400 scientifiques ont étudié les méthodes et techniques culturales dans le monde entier et sont parvenus à la conclusion que de petites exploitations agricoles à fort ancrage régional sont à même de garantir une nourriture suffisante pour tous.
L’industrie agroalimentaire, ne voulant pas renoncer à ses profits, continue de développer les OGM malgré les nombreux moratoires. Les dix plus grandes multinationales de la semence et du génie génétique contrôlent presque 60% du marché semencier planétaire.
Guy Kastler, agriculteur français et membre du «Réseau semences paysannes», parle dans l’interview ci-dessous de ce que préparent les multinationales de l’industrie génétique et agroalimentaire: des plantes mutées à coup de radiations, des OGM de deuxième génération, des semences de synthèse dont les gènes seront numérisés et privatisés. Des projets développés et réalisés à huit clos, sans débat public alors que l’humanité toute entière en sera directement concernée. Il est impératif que soit lancé un large débat public à ce sujet. Le délégué général du «Réseau semences paysannes» explique également comment nous, jardiniers paysans ou simples citoyens urbains, pouvons empêcher cette destruction programmée du vivant.
Sophie Chapelle2: Y a t-il aujourd’hui des plantes mutées dans nos assiettes ?
Guy Kastler: Oui, nous mangeons tous des blés mutés ou des potagères mutées. Contrairement aux plantes transgéniques [des plantes auxquelles des gènes étrangers à leur patrimoine génétique ont été implantés pour les rendre résistantes aux parasites et pesticides, ndlr.], il n’y a aucune obligation d’information du consommateur. Les plantes mutées sont considérées comme des OGM par la directive européenne 2001-18, mais elles sont exclues de son champ d’application. Près de 3000 variétés de 170 espèces différentes obtenues à partir de mutations incitées sont recensées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Elles sont commercialisées sans aucun étiquetage et sans aucune évaluation environnementale ou sanitaire. Pourtant, de l’aveu même des chercheurs, le stress violent que subit la plante génère des recombinaisons génétiques aléatoires plus nombreuses qu’avec la transgénèse. Ces recombinaisons sont responsables de la plupart des effets nocifs des OGM sur la santé. Il n’y a aucune raison pour qu’elles soient inoffensives avec les plantes mutées.
Depuis quand l’Agence internationale de l’énergie atomique s’occupe-t-elle d’agriculture?
Elle travaille depuis une dizaine d’années, en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur l’augmentation de la production alimentaire des Etats membres. Ils justifient le recours à la mutagenèse par le besoin de trouver des plantes dès maintenant pour nourrir le monde.
En quoi consiste cette mutagenèse?
Depuis les années 1950, les chercheurs travaillent sur des cellules qu’ils soumettent à un stress important: par irradiations – bombardements au cobalt ou rayons gamma – ou avec des produits chimiques très agressifs comme la colchicine. C’est ce stress qui provoque une mutation de gènes aussi appelée «mutation incitée» par l’AIEA3. Pendant des années, le coût de cette technique aléatoire a freiné son développement. Après avoir soumis des milliers de cellules au stress mutagène, il fallait les multiplier en autant de plantes avant de savoir si cette mutation présentait un intérêt. La connaissance aujourd’hui du génome de la plante rend la méthode de la mutagenèse intéressante économiquement et industrialisable. A partir du moment où l’on a la séquence génétique complète d’une plante, on repère immédiatement dans la cellule si un gène a muté ou pas et si la mutation est intéressante. Une dizaine de multiplications suffisent ensuite pour obtenir les lignées recherchées. La mutation incitée est considérée comme une «méthode de sélection traditionnelle», une tradition pourtant bien récente. On ne ferait qu’accélérer le processus naturel de modifications spontanées des plantes, au fil des millénaires et de leur co-évolution avec l’environnement.4
La lutte contre les «simples» OGM est-elle déjà dépassée? Où en est le rapport de force au niveau européen?
La bagarre contre les OGM de première génération – OGM pesticides et/ou OGM résistants à un herbicide – n’est pas gagnée en Europe. Depuis 15 ans cependant, nous maintenons un rapport de force qui nous est favorable et qui est important pour les pays du Sud car il justifie leurs moratoires. Mais cela risque d’évoluer avec l’arrivée sur le marché des OGM de deuxième génération. Ces OGM sont dits «sécurisés» et «éco-compatibles» car ils sont censés garantir l’absence de risque pour l’environnement et la coexistence entre les cultures OGM et les autres cultures. Leur transgène deviendrait inactif avant la floraison ou la récolte, ou ne serait pas activé sans l’usage d’un produit chimique. Cela empêcherait toute contamination. Actuellement, ces OGM de deuxième génération font l’objet de recherches dans le cadre d’un programme appelé «Transcontainer»5 financé par la Commission européenne.
OGM de deuxième génération en préparation, plantes mutées déjà commercialisées … Que nous préparent encore les apprentis sorciers du XXIe siècle?
Pendant longtemps, la biologie moléculaire a reposé sur l’idée qu’à un gène correspondait une protéine. Lorsque l’on modifiait un gène, on pensait ne modifier que la protéine. Ce dogme est totalement remis en cause aujourd’hui par la biologie synthétique. Aussi appelée biologie «systémique», elle porte sur la manière dont les gènes sont reliés entre eux. Les liens qui organisent les relations entre les gènes influeraient tout autant que les gènes eux-mêmes sur la présence et la nature des protéines. C’est ainsi que des chercheurs travaillent actuellement sur la combinaison de plusieurs gènes en vue de créer des plantes résistantes à la sécheresse. Mais ces recherches n’ont pas abouti pour le moment.
Dans la transgénèse, les gènes transférés sont déjà issus de synthèse chimique recopiant la séquence de gènes naturels. Aujourd’hui, une nouvelle étape est franchie. On passe de l’insertion de gènes synthétiques dans des organismes vivants réels – les OGM – à la mise en réseau de ces gènes et à la fabrication de portions de génomes ou de génomes totalement synthétiques. Autrement dit, il est possible de fabriquer aujourd’hui des organismes vivants et reproductibles complètement nouveaux. Des laboratoires ont réussi à le faire avec des bactéries. Leur travail porte aujourd’hui sur les plantes. C’est là que réside le principal danger: la plante entière étant fabriquée par synthèse, les chercheurs n’ont plus besoin de graines vivantes mais seulement de leur séquence génétique numérisée dans un ordinateur.
Les banques de semences, qui conservent la biodiversité des plantes cultivées, risquent-elles d’être abandonnées au profit de semences «numériques» privatisées?
C’est déjà le cas, notamment dans les pays du Sud. C’est la mission des Etats de préserver les ressources génétiques – animaux, microbes, plantes – et de les mettre à disposition de tous. Cette mission est d’autant plus essentielle dans les pays qui ont industrialisé leur agriculture que la biodiversité cultivée dans les champs a disparu. Cette mission est pourtant délaissée progressivement au prétexte de manque de crédits. Une partie des banques de gènes est aujourd’hui privatisée, avec un accès de plus en plus restreint pour l’agriculteur ou le jardiner. Toutes les firmes ont construit leurs propres banques de gènes grâce à leur accès facilité aux banques de semences publiques.
En France, le Bureau des ressources génétiques (BRG) a été absorbé par une Fondation de droit privé (Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité) ouverte aux fondateurs publics – INRA,6 CNRS, Musée national d’histoire naturelle, CIRAD – mais également privés.7 Ceux-ci siègent d’office au Conseil d’administration où ils deviendront facilement majoritaires.
Sur l’île de Svalbard en Norvège, les fondations Bill Gates et Rockefeller ont financé une banque de gènes dans laquelle sont entreposés dans le froid plus de 4,5 millions d’échantillons de semences. L’accès à cette banque est réservé aux institutions contrôlées par les multinationales semencières. Ces semences ne seront pas ressemées: elles perdront rapidement toute leur capacité de germination. Même mortes, elles pourront livrer leurs séquences génétiques aux ordinateurs de l’industrie, convaincue de sa capacité à recréer un monde artificiel à partir de ces seules séquences. Un monde qui sera totalement fiché par la marque des droits de propriété industrielle sur les gènes. Mais l’industrie ne pourra jamais faire des plantes capables de s’adapter partout. Elle en fabriquera quelques-unes pour toute la planète, qui ne pousseront qu’avec davantage d’engrais chimiques et de pesticides. En agissant ainsi, elle remet en cause la possibilité même de nos enfants de se nourrir.
Comment éviter cette destruction du vivant?
Créé en 2003, le Réseau semences paysannes s’est développé très rapidement avec l’apparition des OGM. Paysans et jardiniers ont pris conscience que s’ils ne voulaient pas avoir d’OGM, ils devaient s’emparer du travail de conservation, de sélection et de multiplication des semences. La première étape a donc été de se réapproprier les savoirs et les ressources génétiques pour les remettre dans les champs. Tout en continuant ce travail de réappropriation, nous sommes en train de passer à une deuxième étape. Face au risque de disparition de milliers de graines enfermées dans des banques, face à l’impossibilité de sélectionner des plantes saines à partir de semences commerciales modernes trafiquées – à cause de la perte de leur qualité nutritionnelle et du besoin d’engrais chimiques pour pousser – nous appelons à vider les banques de semences pour faire des maisons de la semence.
A quoi servent ces maisons de la semence? Quel rôle peuvent jouer les simples citoyens?
L’idée des maisons de la semence est que paysans et jardiniers s’y regroupent pour mettre leurs semences en commun et gèrent ensemble ce patrimoine. On ne peut pas chacun de son côté replanter chaque année 500 à 800 variétés de semences. Dans la mesure où l’Etat privatise cette mission de service public, la société civile doit s’en emparer en faisant reposer la gestion de ce patrimoine sur une organisation collective. Les paysans ont un rôle clair à jouer dans ce travail de culture. Les jardiniers amateurs sont aussi une composante essentielle. Ils ont préservé ces dernières années des milliers de variétés anciennes de potagères ou d’arbres fruitiers qui seront une bonne partie de l’alimentation de demain. Pour celles et ceux qui n’ont pas de terre, nous avons besoin d’une aide administrative mais aussi de personnes qui communiquent sur ce travail et lui donnent du sens. La société civile doit aussi nous aider à mobiliser les élus pour la reconnaissance des droits des paysans et des jardiniers à conserver, ressemer et échanger leurs semences. Des conseils municipaux ont déjà pris des délibérations pour cela.
Les lois actuelles empêchent donc les paysans de ressemer leur propre récolte?
Le verrouillage juridique est de pire en pire. En France, les agriculteurs n’ont pas le droit d’échanger des semences. Ils ne peuvent plus ressemer une partie de leur récolte sans payer de royalties, c’est à dire une redevance aux semenciers. On parle de «contribution volontaire obligatoire» pour le blé tendre. C’est un système qui pourrait être étendu à toutes les espèces. On a encore le droit aujourd’hui d’échanger des semences qui ne sont pas inscrites au catalogue à titre payant ou gratuit si c’est pour une exploitation non commerciale. On peut par exemple vendre une semence à un jardinier amateur car il va consommer sa propre récolte et ne pas la vendre sur un marché. Mais cette dernière marge de manœuvre risque aussi de disparaître avec une réforme actuelle des règlements européens. Pourtant, le Parlement a ratifié un traité, le TIRPAA8 qui reconnaît les droits des paysans à ressemer, échanger et vendre leurs semences. Mais le gouvernement n’applique pas ce traité et une campagne citoyenne est aujourd’hui indispensable pour la reconnaissance de ces droits.
Ces alternatives ont-elles des équivalents en Europe?
Des réseaux ressemblent beaucoup aux nôtres en Italie, en Espagne, en Allemagne ou en Autriche. La mobilisation citoyenne en Europe sur le thème des semences prend de l’ampleur et accompagne très souvent les luttes anti-OGM. Nous avons du retard sur les pays du Sud où la conservation de la biodiversité est le premier acte de l’agriculture vivrière. Tous ces paysans conservent et échangent leurs semences. Leur mobilisation aujourd’hui est extrêmement importante à la fois contre les lois européennes qui s’imposent à l’ensemble de la planète, et contre les OGM pour protéger leurs semences des contaminations. Nous avons beaucoup à apprendre des pays du Sud. •
Source: www.bastamag.net: Sophie Chapelle. L’industrie génétique remet en cause la possibilité pour nos enfants de se nourrir.
1 Semences Paysannes est un réseau constitué d’organisations paysannes et d’agriculture biologique nationales, d’organisations spécialisées, d’artisans, de paysans, d’associations semencières ou pépiniéristes, d’associations de développement et d’associations de conservation de la Biodiversité cultivée.
2 Sophie Chapelle a réalisé cette interview pour le site internet Basta! (www.bastamag.net) qui se considère comme alternative à la presse «mainstream» et met à dispositions des informations sur les mouvements sociaux et environnementaux.
3 «Les scientifiques de l’AIEA utilisent les rayonnements pour produire des plantes améliorées à rendement élevé qui soient capables de s’adapter à des conditions climatiques difficiles comme la sécheresse ou les inondations, ou de résister à certaines maladies et insectes ravageurs. L’induction de mutations, c’est le nom de la technique, est sûre, éprouvée et rentable. Elle est utilisée depuis les années 20 », communiqué de l’AIEA du 2 décembre 2008, « La science nucléaire au service de la sécurité alimentaire».
4 «Je comprends que les gens se méfient de ces technologies mais, pour ce qui nous concerne, il faut bien comprendre que, dans la sélection des plantes, nous ne produisons rien qui ne soit produit par la nature elle-même. Aucun rayonnement résiduel ne subsiste dans une plante après l’induction de mutation», Pierre Lagoda, Division mixte FAO/AIEA.
5 Dans le cadre du projet «Transcontainer» de l’UE le développement de la soi-disant technologie «Terminator» est poursuivie malgré un moratoire contre la libération et l’utilisation de ces technologies qui jouent sur une modification génétique destinée à stériliser la semence pour éviter la reproduction et le développement de cette dernière par les agriculteurs. On parle de la deuxième génération d’OGM. Avec la technologie Terminator, le pouvoir des multinationales agroalimentaires se renforce davantage, car les agriculteurs sont obligés de racheter chaque année des semences chères aux multinationales de la semence.
6 INRA: Institut public de recherche agronomique.
7 France génétique élevage pour les éleveurs, Limagrain ou Oleosem pour les semenciers, L’Oréal ou LVMH pour les cosmétiques. Total pour l’énergie ou encore le Medef, pour n’en citer que quelques-uns, font partie du Conseil d’orientation stratégique de la fondation aux côtés de structures publiques ou d’associations de défense de l’environnement. (ndlr)
8 TIRPAA: Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture.
*Guy Kastler est délégué général du «Réseau semences paysannes», chargé de mission pour «Nature et Progrès», membre de la Confédération paysanne et de la Commission Biodiversité de «Via Campesina».
Le terme mutation est utilisé pour désigner une modification irréversible de l’information génétique et héréditaire d’un organisme. Elle peut se produire de manière spontanée et naturelle ou être provoquée artificiellement. A quel endroit du matériel génétique une mutation a lieu et quels en sont les effets sur l’organisme, cela n’est pas prévisible, et pas davantage en ce qui concerne les mutations artificiellement provoquées.
La mutagenèse est une technique destinée à provoquer des mutations dans le génome d’un organisme. Dans le domaine de la recherche biologique et médicale et de la culture, la mutagenèse est appliquée afin de trouver des caractéristiques souhaitées. Les mutations incitées sont des mutations qui sont provoquées par des mutagènes (des agents provoquant des mutations) d’origine physique, chimique ou biologique.
Un organisme génétiquement modifié (OGM) est un organisme vivant dont le patrimoine génétique a été modifié par l’homme. Suivant les législations, les moyens permettant ces modifications vont de la sélection aux méthodes de génie génétique. Ces dernières permettent de modifier des organismes par transgénèse, c’est-à-dire l’insertion dans le génome d’un ou de plusieurs nouveaux gènes. Un «organisme transgénique», terme qui désigne les organismes qui contiennent dans leur génome des gènes «étrangers», est donc toujours un organisme génétiquement modifié, l’inverse n’étant pas toujours vrai. Les OGM présentent encore d’autres caractéristiques, le maïs BT par exemple produit dans chaque cellule un pesticide. Les recherches sur les autres effets qu’une séquence génétique étrangère peut avoir sur l’organisme ne sont pas encore effectuées.
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (connue sous les sigles ONUAA ou, plus couramment FAO soit en anglais Food and Agriculture Organization of the United Nations) est une organisation spécialisée du système des Nations unies, créée en 1945 à Québec. Son siège est à Rome depuis 1951. La FAO regroupe 191 Etats membres.
Son devoir est d’améliorer la production et la distribution des produits agricoles et alimentaires dans le monde entier afin de construire un monde libéré de la faim.
L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture met l’accent sur quatre domaines:
• Fournir une assistance technique aux pays en développement.
• Fournir des informations et harmoniser les normes dans les domaines de la nutrition, l’agriculture, les forêts et la pêche,
• Conseiller les gouvernements et leur fournir un espace de débat multilatéral.
• Organiser des forums neutres entre les Etats pour débattre des principaux problèmes relatifs à l’agriculture et l’alimentation.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est une organisation scientifique et technique autonome qui occupe un statut particulier au sein des Nations unies. Il ne s’agit pas d’une organisation spécialisée des Nations unies mais d’une organisation liée à ces dernières par un accord particulier. L’AIEA fournit régulièrement des rapports à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité des Nations unies si jamais elle constate que la sécurité internationale est en danger. Elle cherche à promouvoir les usages pacifiques de l’énergie nucléaire et s’efforce d’empêcher la prolifération des armes atomiques et leurs applications militaires.
cf. http://fr. wikipedia.org
Toujours exposés au danger de l'agression du régime sioniste, les lieux saints de Qods, surtout l'esplanade des Mosquées se trouvent au centre des préoccupations de l'Organisation de la Conférence islamique, OCI, dont le secrétaire général, Ekmeleddin Ihsanoglu, a lancé une mise en garde, à la réunion d'urgence du comité exécutif de l'instance à Djedda en Arabie Saoudite. Il a tenu à souligner que la question de la sainte Qods était la ligne rouge du monde de l'Islam et tout préjudice contre ce lieu saint ferait déferler un tollé général dans le monde de l'Islam et torpillerait la paix et la stabilité du monde. D'après le Secrétaire général de l'OCI, les pays islamiques qui en ont assez des profanations systématiques de Qods et de ses lieux saints, par le régime sioniste, exigent une action urgente de la communauté internationale pour protéger les principes sacrés de l'Islam et ses hauts lieux dans la ville sainte. Les ministres des Affaires étrangères de l'OCI se sont retrouvés, dimanche le premier novembre, dans la ville portuaire de Djedda en Arabie Saoudite, pour se pencher sur les impacts des agressions d'Israël contre la sainte Qods et la mosquée Al-Aqsa. La déclaration finale de cette réunion demande au Conseil de sécurité de l'Onu de se réunir en urgence pour examiner cette question. Le texte appelle l'Unesco à décréter une résolution afin d'arrêter les actes dévastateurs d'Israël pour changer le tissu culturel de la sainte Qods et détruire son patrimoine historique. Or, faisant fi aux protestations mondiales, le régime de Tel-Aviv a lancé ses bulldozers à Qods, rasant lundi plusieurs maisons dans cette ville. Les forces du régime usurpateur ont établi une ceinture de sécurité au tour des régions où s'effectuaient des opérations de destruction pour les rendre plus faciles. Le juge des juges de la Palestine Taysir Al-Tamimi a lancé un appel vibrant, déclarant dangereuse la situation où se trouvait la mosquée Al-Aqsa. Toujours d'après lui, le régime sioniste cherchait à la diviser. Tel-Aviv, a-t-il martelé, est responsable des conséquences de ses crimes et de ses actes blasphématoires contre la sainte Qods et l'esplanade des Mosquées. Ces dernières semaines Qods et l'esplanade des Mosquées notamment la mosquée Al-Aqsa ont été le théâtre des agressions consécutives des militaires sionistes. |
Qu’est-ce que Monsanto : l’archétype de la multinationale tentaculaire et planétaire ! Née en 1901, active dans 46 pays, forte de 17500 salariés et d’un chiffre d'affaires de 7,5 milliards de $ en 2006 Monsanto se fait véritablement connaître comme nuisance globale avec le fameux Agent orange. Un défoliant à base de dioxine largué à partir 1961 et pendant une décennie sur les forêts du Nord Vietnam couvrant le lacis de la piste Hô Chi Minh par laquelle transitait hommes et armes à destination du Sud. Puissamment carcinogène, tératogène et mutagène l’Agent orange 47 ans plus tard continue à tuer. Au glorieux palmarès de la marque, ajoutons l’herbicide total connu sous le nom de Round Up présenté mensongèrement comme biodégradable (1), un produit pourtant suspect de favoriser des malformations embryonnaires et d’être un agent précurseur de la carcinogenèse ; l’édulcorant de synthèse Aspartame possible inducteur de lésions cérébrales que l’on retrouve dans tous les produits light mais pour lequel la firme ne touche plus aujourd’hui de royalties le brevet étant tombé en
1992 dans le domaine public ; ajoutons les hormones de croissances bovine et laitière interdites en Europe ; les PCB, polychlorobiphényles ou pyralènes utilisés dans les transformateurs électriques mais qui ont contaminé chacun d’entre nous et toute la chaîne alimentaire depuis les phoques de l’Arctique jusqu’au lait humain ; enfin les OGM, organismes génétiquement modifiés grâce auxquels Monsanto via ses complicités dans l’Administration américaine (2), donneuse d’ordre aux classes dirigeantes de la démocratie mondiale, est en train d’établir une hégémonie planétaire sur les semences. Ce qui signifie en clair la mise sous tutelle de l’agriculture et partant, la dépendance alimentaire des États.
L’Amérique déjà maîtresse des robinets pétroliers aurait ainsi aussi à sa main le sort des nations placées sous l’épée de Damoclès d’un embargo semencier, de pénuries, voire d’un retour des disettes. L’énergie et l’alimentation, quoi de mieux pour assurer une domination mondiale et instaurer indirectement un nouveau servage, universel cette fois ?
Or, à quoi servent les OGM ? Inexistants avant 1993, les OGM végétaux, soja, maïs, coton, en 2006 couvraient 100 millions d'hectares soit 7 % des terres cultivées (1 md1/2 d'ha). Certains d’entre eux sont prétendument utiles à rendre les plantes résistantes aux insectes ravageurs, ce qui est évidemment archifaux : en France par exemple la pyrale attaque toujours les plantations BT pourtant réputées résistantes. D’autres variétés sont censées rendre les végétaux réfractaires aux herbicides en particulier au Roundup généreusement déversé à travers le monde sur les terres agricoles avant de se retrouver un jour ou l’autre dans la nappe phréatique.
Précisons que la question cruciale de l'innocuité en soi des OGM pour la santé humaine est encore loin d’être réglée car de vrais doutes subsistent ! Ce qui pose la question de leur dissémination dans l’environnement. Une contamination, qui se généralise, des souches naturelles crée dans certains cas des situations ubuesques : au Paraguay, au Brésil ou aux Etats-Unis des agriculteurs dont les cultures ont été contaminées par OGM se voient en effet contraints de verser des royalties à Monsanto ! En Inde, les graines de coton non OGM se raréfient or les semences brevetées sont quatre fois plus chères et requièrent tout autant de pesticides contrairement à ce que prétend Monsanto. Les déclarations des Organisations internationales présentant les OGM comme un moyen de lutte contre la famine et la sous-nutrition au bénéfice des petits propriétaires des pays en développement prennent au final tout leur sens quand on sait qu’en 2006 le coton BT soi-disant résistant, mais atteint par la maladie, a sur un semestre entraîné la faillite et le suicide de quelque 680 paysans indiens !
À quoi donc finalement servent Monsanto, sa chimie, ses OGM ? À polluer la planète ; à créer un empire financier, rouleau compresseur que plus rien ne semble devoir arrêter et qui étend chaque jour davantage son emprise dans le monde où les entreprises semencières sont rachetées les uns après les autres conférant progressivement au géant Nord américain un quasi-monopole planétaire. Rien ni personne ne lui résiste et les gouvernements compradores comme celui qui est aujourd’hui à la barre en France, après avoir donné des assurances, reviennent allégrement sur les engagements pris sous la pression
des opinions.
Souvent stériles, les OGM n’étant pour la plupart pas réensemençables l’année suivante, la dépendance à l’égard du fournisseur Monsanto constitue donc une menace immédiate, autrement sérieuse que nucléaire iranien, pour notre sécurité alimentaire ! L’allégeance aux OGM dans l’espoir de superprofits est un danger immédiat surtout en ces temps d’instabilité mondiale, de récession et de crise. Si l’on a en mémoire que pendant la Guerre froide les grands programmes de recherche en matière d'armes biologiques, notamment aux Etats-Unis, se portaient sur les agents de morbidité végétale, des épidémies comme celle de la fièvre aphteuse ou de la peste porcine qui décimèrent les cheptels européens à la fin du XXe siècle, transposées aux cultures végétales nous livreraient pieds et poings liés au bon vouloir de Monsanto et consort.
On comprendra de ce point de vue à quel point une agriculture assurant une stricte indépendance alimentaire devient, surtout dans la conjoncture actuelle de flambée spéculative mondiale sur les matières premières, un impératif absolu auquel nos décisionnaires tournent résolument le dos dans le but explicite d’assujettir l’Europe à la Destinée manifeste du continent Nord-américain. Grâce leur soit rendue !
Jean-Michel Vernochet
9 avril 2008
1 .
http://www.ouest-france.fr/actu/actuDetFdj_-Roundup.-Monsanto-condamne-pour-publicite-mensongere_39382-1111254_actu.Htm
2 . Une spécialité maison que met en évidence la journaliste d’investigation Marie-Monique Robin (Le Monde Selon Monsanto Arte Editions/La Découverte 2008) est un authentique savoir-faire en matière de manipulation des dossiers d’homologation de produits Monsanto en recourant à un lobbying intensif caractérisé par la nomination ou l’éviction sur commande des hommes susceptibles de servir ou de desservir Monsanto à la tête des grandes agences américaines de contrôle sanitaire comme la Food & Drugs Administration. L’exemple le plus impressionnant restera sans doute celui, apparemment oublié de tous, du rôle joué par Donald Rumsfed, pour faire autoriser par l’administration fédérale la mise sur le marché de l’Aspartame (cf. Caligula au Pentagone. Andrew Cockburn, Éd. Xenia 2007).
Ajoutons que dès 1983, Rumsfeld relayait déjà auprès de Saddam Hussein les intérêts du groupe pétrochimique américain Bechtel, une relation qui lui permettait en 1988 – époque où la guerre chimique faisait rage entre l’Iran et l’Irak, affrontement qui culmina avec le martyr de la ville kurde d’Hallabja – de conclure un contrat pour la construction à Bagdad d’une usine chimique à des fins civiles… et militaires !
http://www.terrefuture.fr/monsanto-446
Le CGIAR impliqué dans l’accaparement des terres au niveau mondial | |
Mondialisation.ca, Le 8 octobre 2009 | |
Il était quasiment inévitable que les instances internationales de la recherche agricole se retrouvent dans la mêlée actuelle aux côtés des gouvernements et des investisseurs privés qui cherchent des terres pour assurer une production alimentaire à l’étranger. Après tout, voila où arrive en ce moment une bonne partie de l’argent affecté à la « sécurité alimentaire » : une foule de nouveaux projets destinés à acquérir et mettre en exploitation d’immenses étendues de terres pour une production agricole à l’étranger. GRAIN a identifié plus d’une centaine de transactions de ce type, la plupart d’entre elles déclenchées par les crises alimentaire et financière de la fin de l’année dernière.(1) Six mois plus tard, l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) a estimé que, effectivement, 15 à 20 millions d’hectares, essentiellement en Afrique et en Asie, ont récemment été loués, achetés ou font l’objet de négociations pour une production alimentaire destinée à d’autres pays.(2) La Banque mondiale a entrepris sur cette question une grande étude, qui bénéficie de l’appui de la Banque puisqu’elle encourage le développement de la privatisation et des agro-industries au Sud, et qui devrait être finalisée d’ici la fin de cette année.(3) L’accaparement des terres est même devenu cette année un sujet récurrent dans la plupart des débats officiels sur les politiques de sécurité alimentaire dans les plus hautes instances politiques, que ce soit la réunion des dirigeants du G8, l'Union africaine ou l'Assemblée générale des Nations Unies. Des dizaines de milliards de dollars ont été mobilisés jusqu’à présent, sur le papier pour la plus grande partie, pour transformer ces transactions sur les terres en nouvelles plantations productives.(4) C’est de l’argent frais qui se répand par ci par là dans un monde en proie à une famine croissante. Il n’est pas douteux, donc, que les instituts de recherche qui développent de nouveaux types de semences, de machines agricoles ou de technologies d’irrigation dans le cadre de missions humanitaires, vont vouloir une part du gâteau.Mais peuvent-ils se le permettre ? L’IFPRI, l’une des 16 structures de recherche financées par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) de la Banque mondiale, a fait bruyamment savoir en avril dernier qu’il redoutait que ces opérations d’accaparement de terres puissent se retourner contre leurs protagonistes et qu’il essayait de promouvoir un certain nombre de principes qui en feraient des accords « gagnant-gagnant ». Toutefois, l’encre de cet appel à la prudence n’était pas encore sèche que l'Institut international de recherche sur le riz (IRRI), un centre du même groupement, commençait déjà à s’aventurer dans les eaux troubles de l’accaparement des terres. L’IRRIentre dans la mêlée Le Dr Abdelbagi Ismail, de l’IRRI, Ahmed Al-Sadhan du ministère saoudien du Commerce et de l’Industrie, et Bob Zeigler, Directeur général de l’IRRI Un document interne, récemment mis en ligne sur le site web de l’IRRI, révèle que l’Institut aconseillé l’Arabie saoudite dans le contexte de sa stratégie d’acquisition de terres agricoles à l’étranger pour sa propre production alimentaire. Cette information apparaît dans le compte rendu d’une réunion de mars 2009 à Riyad entre le Dr Robert Zeigler, le directeur général de l’IRRI, et des représentants officiels du gouvernement et du secteur privé saoudiens. L’IRRI, dont le siège est aux Philippines, est souvent considéré comme le premier institut de recherche rizicole du monde. L’Arabie saoudite est le troisième importateur mondial de riz, et une bonne partie de ses projets agricoles à l’étranger gravitent autour de cette céréale de base. Pour les Saoudiens, les enjeux sont considérables. La facture des importations alimentaires du pays devrait atteindre 15 milliards de dollars cette année, en hausse de 25 % par rapport à 2008.(5) Les notes sur ces discussions, prises par l’IRRI et initialement mises en ligne sur son site web, révèlent que l’IRRI a rencontré et conseillé legouvernement d’Arabie saoudite et des sociétés saoudiennes sur les pays où investir pour produire du riz. Elles indiquent également que les deux parties ont travaillé sur une proposition visant à formaliser le rôle de l’IRRI dans le développement et la mise en œuvre des projets du royaume saoudien en matière de riziculture à l’étranger. Le 7 mars 2009, Zeigler et deux autres représentants de l’IRRI ont rencontré le Dr Ahmed Al-Sadhan, ledirecteur général de l’Office national des stratégies industrielles au sein du Ministère du Commerce et de l’Industrie, ainsi que des représentants de certaines des principales sociétés impliquées dans les efforts coordonnés de l’Arabie saoudite pour assurer une production alimentaire à l'étranger, notamment la Tabuk Agricultural Development Company (TADCO). Cette réunion faisait suite à la visite d’une délégation saoudienne de représentants du gouvernement et d’hommes d’affaires au siège de l’IRRI, aux Philippines. À l’occasion du voyage en Arabie saoudite, la délégation de l’IRRI a également rendu visite à la Banque islamique de développement et à deux sociétés impliquées dans la planification de l’externalisation de la production de riz, l’Olayan Financing Company et Foras International. Les notes précisent clairement que, au cours de cette visite en Arabie saoudite, l’IRRI a conseillé des représentants officiels saoudiens sur des investissements dans la riziculture à l’étranger. « Le conseil de Bob [Zeigler] a été d’investir dans des pays à faible densité de population et qui ont des bonnes ressources et un climatpropice à la production rizicole. Parmi les pays potentiels mentionnés au cours de la réunion figuraient l’Éthiopie, le Soudan et l’Égypte. Bob a également ajouté la Tanzanie, le Mozambique, le Mali et le Sud du Brésil », selon les notes de la réunion dans les bureaux du Dr Ahmed M. Al-Sadha. L’IRRI, néanmoins, nie avoir fourni un conseil à un quelconque gouvernement sur des acquisitions à l’étranger de terres destinées à la production alimentaire. « L’IRRI n’intervient dans aucun projet d’acquisition de terres pour la production de riz, et ne fournit aucun conseil sur l’acquisition de terres : ceci ne fait pas partie de la mission de l’IRRI », déclare l’institution dans la réponse prudemment formulée qu’elle a apportée à la demande d’éclaircissements de GRAIN. Pourtant, au cours de cette même réunion à Riyad, les deux parties ont discuté d’un rôle officiel pour l’IRRI dans le cadre du plan de sécurité alimentaire du gouvernement saoudien, ce qui a conduit l’IRRI à fournir des « recommandations » pour l’élaboration d’un « cadre pour ce qui doit être fait en termes de besoins de recherche, pays ciblés et assistance nécessaire, etc. » « Sur la base de cette discussion, la réunion a proposé que l’IRRI soumette d’ici fin mars une ébauche de projet sur 5 ans. Cette ébauche de projet devrait faire apparaître les domaines de recherche qui nécessitent une assistance supplémentaire de l’IRRI et sont pertinents pour l’initiative saoudienne à l’étranger, un budget approximatif et des directives pour des investissements dans la production rizicole à l’étranger » relève l’IRRI dans ses notes. Il y a aussi eu des discussions entre les deux parties sur le rôle que pourrait jouer le Centre africain du riz (WARDA), un autre centre du CGIAR, basé à Cotonou. Dans sa lettre à GRAIN, l’IRRI reconnaîtavoir soumis à l’Arabie saoudite des « notes conceptuelles pour des propositions de recherche » mais précise qu’ « aucun accord n’a été conclu avec le Royaume d’Arabie saoudite et [qu’]aucun projet n’est actuellement financé par ce pays. » Foras a informé l’IRRI de son acquisition de 500 000 ha de terres agricoles au Sénégal et de 200 000 ha de terres agricoles au Mali pour la production de riz. Le « modèle Foras »Une grande partie de la visite de R. Zeigler en Arabie saoudite a été consacrée à des réunions avec des représentants de sociétés agro-industrielles chargées de la mise en œuvre de la stratégie du gouvernement saoudien pour la production alimentaire à l’étranger. L’IRRI a notamment rencontré TADCO, une société activement impliquée dans l’installation d’exploitations agricoles hors du pays.(6) Entre autres projets, TADCO participe à un consortium saoudien qui investit actuellement 40 millions de dollars dans l’acquisition de plus de 200 000 ha de terres agricoles à l’étranger pour la riziculture et d’autres cultures vivrières. Ahmad Mohamed Ali Al-Madani, président du groupe IDB rencontre le directeur général de l’IRRI, Bob Zeigler. Source: IRRI L’IRRI a également eu une réunion avec Foras International Investment Company, une autre entreprise qu’il avait déjà rencontrée à une autre occasion aux Philippines. Selon le compte rendu de la réunion établi par l’IRRI, Foras a informé le centre du CGIAR de son achat de 500 000 ha de terres agricoles au Sénégal et de 200 000 ha de terres agricoles au Mali pour la production de riz. Les représentants de l’IRRI ont alors conseillé Foras sur son projet et discuté de la participation de l’IRRI. Les représentants de Foras et les gouvernements concernés n’ont pas encore à ce jour reconnu publiquement ce transfert de terres, qui aurait évidemment des répercussions politiques dans les pays concernés. L’IRRI a confirmé à GRAIN que les deux parties ont signé un protocole d’accord en décembre 2008 qui « formalise de façon générale les relations entre IRRI et Foras et indique que les deux organisations rechercheront des opportunités de collaboration de recherche avantageuses pour chacune. » Foras est une filiale récemment créée de la Chambre islamique du commerce et de l’industrie, financée par la Banque islamique de développement, le gouvernement saoudien et des investisseurs privés.Sa mission est de développer les investissements dans les pays islamiques et elle joue un rôle particulièrement actif dans le soutien aux objectifs des pays du Golfe en matière de production de denrées alimentaires à l’étranger. Reuters a récemment rapporté que Foras gère un projet, intitulé « 7x7 », qui, sur une période de sept ans, prévoit la production de 7 millions de tonnes de riz sur 700 000 hectares de terres, principalement au Sénégal et au Mali. La Mauritanie, l’Ouganda, le Soudan et le Niger ont été évoqués parmi les pays ciblés.(7) Foras a commencé un projet pilote dans une exploitation rizicole de 2 000 ha en Mauritanie en 2008, supervisé par une équipe de consultants de l’université thaïlandaise de Kasetsart. Dans son compte rendu des discussions avec la Banque islamique de développement, l’IRRI note que le « modèle Foras » offre de « bonnes opportunités » de collaboration ave l’IRRI. Au cours des discussions de l'IRRI avec la Banque islamique de développement, il a été indiqué que le « modèle Foras » offrait de « bonnes opportunités » de collaboration avec l'IRRI. Ce soi-disant « modèle Foras » semble aller de pair avec l’acquisition massive de terres de rizières dans des pays africains, la réhabilitation de systèmes d’irrigation existants et une agriculture mécanisée à grande échelle, principalement pour une exportation vers les pays du Golfe. Une dépêche Reuters du 3 août 2009 rapporte que des représentants de Foras ont seulement déclaré qu’ils « cherchaient » des terres dans trois ou quatre pays, et ont refusé de préciser le type de titre de propriété qui serait acquis pour ces terres.Les notes de l’IRRI sur sa réunion avec Foras, néanmoins, indiquent que Foras a déjà acheté des centaines de milliers d’hectares de terres. « Le projet a déjà permis l’acquisition de 200 000 ha au Mali, 500 000 ha au Sénégal et 10 000 acres au Soudan, et toutes ces terres seront aménagées pour la production de riz », indiquent les notes. Dans une réponse à GRAIN, Foras a confirméavoir déjà acheté des terres sur les rives de rivières importantes au Mali et au Sénégal pour son projet de riziculture. Les notes de l’IRRI révèlent également que l’Institut a fourni des conseils aux représentants de Foras sur les types de riz qui devraient être utilisés etles pays où l’entreprise devrait investir pour la production rizicole. La réunion a aussi été l’occasion de discuter de la « nécessité d’une communication et d’une couverture médiatique énergiques pour assurer une bonne compréhension de la mission du projet », « la nécessité de créer une unité de recherche pour évaluer et sélectionner des variétés adaptées à ces conditions en utilisant le matériel végétal mis au point à l’IRRI et à WARDA », et « la nécessité d’un soutien de l’IRRI (et de WARDA) pour assurer le succès de cette vaste entreprise. » L’IRRI, toutefois,affirme qu’il n’a reçu aucun financement de Foras et ne lui a fourni que les informations générales qu’il fournirait à n’importe qui. La réponse de l’IRRI à la demande de clarification de GRAIN précise : « Nous faisons des suggestions d’ordre général sur les variétés adaptées ou les meilleures pratiques de gestion et les problèmes socioéconomiques et environnementaux à prendre en compte. » Des agriculteurs expulsés Même si elle n’est pas surprenante, la participation de l’IRRI au projet très controversé du Royaume saoudiend’externalisation de sa production alimentaire est très dérangeante, tout particulièrement compte tenu du rôle privilégié de l’IRRI dans la définition des programmes de recherche et développement pour les politiques agricoles dans beaucoup des pays qui sont la cible de l’Arabie saoudite dans ses efforts d’acquisition de terres agricoles. Elle révèle un autre conflit d’intérêt pour une institution déjà enlisée dans les controverses du fait de ses liens étroits avec des sociétés semencières multinationales, comme Monsanto et Syngenta. Et elle est embarrassante pour le CGIAR, qui pourrait donner l’impression de jouer une stratégie de « bon flic – mauvais flic » dans la situation actuelle d’accaparement des terres qui, après tout, représente la mobilisation d’un financement nouveau non négligeable en réponse à la crise alimentaire mondiale. La Coalition paysanne d’Asie a déjà réagi à l’annonce de la participation de l’IRRI à l’initiative saoudienne et a accusé avec colère l’Institut d’expulser des riziculteursdans la mesure où ces projets leur volent leurs terres(8) De son côté, en Afrique, la Confédération nationale des organisations paysannes du Mali, qui fait partie du mouvement paysan international Via Campesina, est engagée dans une lutte difficile contre un projet similaire, dans le cadre duquel un fonds souverain libyen est en train de prendre possession de 100 000 ha dans la zone Office du Niger pour cultiver du riz.(9) Au niveau régional, leRéseau des organisations paysannes et de producteurs de l'Afrique de l'Ouest (ROPPA) a également protesté vivement contre les accaparements de terres par des étrangers dans la région.(10) Il est grand temps que les gouvernements, les sociétés et les agences impliquées dans ces transactions à un titre ou un autre, commencent à écouter. Lectures complémentaires La version intégrale des notes de la visite de l’IRRI en Arabie saoudite a été retirée du site web de l’IRRI à la suite de la demande d’informations complémentaires de la part de GRAIN le 27 août 2009: http://beta.irri.org/news/bulletin/2009.14/PDFs/DG%20in%20KSA%20March%207-8.pdf. (Maintenant disponible) Dans la mesure où elles étaient en accès public, GRAIN les met actuellement à disposition (en anglais) : Les réponses de l’IRRI à nos questions sur ce sujet (en anglais) : http://www.grain.org/articles_files/irri-2009-responses.pdf Une vidéo du projet de riziculture de Foras en Mauritanie, évalué par une équipe de l’Université de Kasetsart, peut être visionné sur : http://www.youtube.com/watch?v=4rG9sHGysZc. GRAIN tient à jour une page de ressources sur l’accaparement des terres, avec des liens vers des documents, des sites web, diverses initiatives et d’autres documents : http://www.grain.org/landgrab/ On peut trouver des informations quotidiennes sur l’évolution de l’accaparement des terres et la résistance que les populations lui opposent surhttp://www.farmlandgrab.org. Le site offre un service hebdomadaire de messages électroniques auquel vous pouvez vous inscrire. Références 1 GRAIN, « Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière », rapport, octobre 2008 : http://www.grain.org/briefings/?id=212. Disponible en anglais, français, espagnol, arabe et bahasa indonesia. 2 Joachim von Braun and Ruth Suseela Meinzen-Dick, « 'Land grabbing' by foreign investors in developing countries : Risks and opportunities », IFPRI Policy Brief 13, International Food Policy Research Institute, Washington DC, avril 2009 : http://www.ifpri.org/publication/land-grabbing-foreign-investors-developing-countries 3 Voir Klaus Deininger, « Land grabbing : International community responses », présentation à la réunion d’experts du DPRN le 8 juillet 2009 à Utrecht,http://www.landcoalition.org/cpl-blog/wp-content/uploads/wb_policy_utrecht2.pdf, ainsi qu’un webcast d’un séminaire antérieur de la Banque mondiale sur « Large scale investments in land : Déjà vu or new development opportunity ? », Washington DC, 2 mars 2009 surmms://wbmswebcast1.worldbank.org/ARD/10680250/ARD_Week_3.wmv 4 En avril 2009, l’IFPRI a évalué la somme à 20-30 milliards de dollars. De nombreuses transactions, cependant, ne figuraient pas dans l’étude de l’IFPRI et d’autres ont été engagées depuis sa publication. Beaucoup des fonds du secteur privé consacrés aux investissements dans les terres agricoles étaient également absents. Même si nous ne pouvons pas donner un chiffre précis, GRAIN estime que le montant est maintenant plus proche des 100 milliards de dollars. 5 Orient Planet, « Saudi Arabia's food and agro imports to grow some 25 per cent during Q4 of 2009 », communiqué de presse, 30 août 2009. http://www.zawya.com/story.cfm/sidZAWYA20090830075138 6 Voirhttp://farmlandgrab.org/cat/tadco pour plus d’informations sur TADCO. 7 Souhail Karam, « Saudi-based partners launch Africa rice farming plan », Reuters, 3 August 2009 : http://farmlandgrab.org/6636 (une traduction en français est également disponible) 8 Voir le site web de l’APC : http://www.asianpeasant.org/ 9 Lamine Coulibaly et Boaventura Monjane, « La Libye s'accapare des terres rizicoles maliennes », Via Campesina, 18 août 2009 : http://viacampesinaafrica.blogspot.com/2009/08/la-libye-saccapare-des-terres-rizicoles.html. [Traductions en anglais et en espagnol bientôt en ligne surhttp://www.viacampesina.org.] 10 PANA, « Le ROPPA opposée à la vente massive des terres agricoles en Afrique », 1er juin 2009 : http://farmlandgrab.org/3785. | |
Le scandale des agrocarburants dans les pays du Sud | |
Mondialisation.ca, Le 11 septembre 2009 | |
L’idée d’étendre la culture des agrocarburants dans le monde et particulièrement dans les continents du Sud est désastreuse. Elle s’inscrit dans une perspective globale de recherche de solution à la crise énergétique. De fait, dans les cinquante prochaines années, nous devrons changer de cycle, passant de l’énergie fossile se faisant de plus en plus rare à d’autres sources. Au lieu de réduire sérieusement la consommation et d’investir massivement dans de nouvelles technologies, notamment pour l’énergie solaire, il est, à court terme, plus facile d’utiliser ce qui est immédiatement rentable, c’est-à-dire les agrocarburants et cela d’autant plus que se développe une crise financière et économique réduisant les possibilités d’investissements et exigeant des profits rapides. Comme toujours, dans un projet capitaliste, on ignore ce que les économistes appellent les externalités, c’est-à-dire ce qui n’entre pas dans le calcul du marché, en l’occurrence, les dommages écologiques et sociaux. Pour que l’agroénergie contribue à la solution de la crise énergétique, dans une mesure de 25 à 30% de la demande, il faudra utiliser des centaines de millions d’hectares de terres arables, en majeure partie dans le Sud, car le Nord n’en dispose pas suffisamment. Il faudra également, selon des estimations prudentes, expulser au moins 60 millions de paysans de leurs terres. Le prix de ces « externalités » non payés par le capital, mais bien par la communauté et par les individus, est donc effrayant. Les agrocarburants sont produits, le plus souvent par des entreprises transnationales du Nord, sous forme de monocultures, détruisant la biodiversité et polluant les sols et l’eau. J’ai personnellement marché des kilomètres dans des plantations de palmes du Chocó en Colombie, où il n’y avait plus ni un oiseau, ni un papillon, ni un poisson dans les rivières, à cause de l’usage massif de produits chimiques comme fertilisants et pesticides. Face à la crise hydrique qui affecte la planète, l’utilisation de l’eau pour produire de l’éthanol ou de l’agrodiesel est irrationnelle. Ainsi, pour obtenir un litre d’éthanol à partir du maïs on utilise entre 1200 et 3400 litres d’eau et la canne à sucre en exige énormément aussi. La pollution des sols et de l’eau atteint des niveaux inédits, jusqu’à créer un phénomène de mer morte dans les estuaires des fleuves (20 Km² à l’embouchure du Mississipi, en grande partie à cause de l’extension de la monoculture de maïs pour l’éthanol). L’extension de ces cultures entraîne une destruction directe ou indirecte (par le déplacement d’autres activités agricoles et de l’élevage) des bois et des forêts qui sont des puits de carbone grâce à leur capacité d’absorption. L’impact des agrocarburants sur la crise alimentaire a été prouvé. Non seulement leur production entra en conflit avec la production d’aliments dans un monde où selon la FAO, plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim, mais il fut également un élément important de la spéculation sur la production alimentaire des années 2007 et 2008. Un rapport de la Banque mondiale affirme que 85% de l’augmentation des prix alimentaires qui précipita en deux ans plus de 100 millions de personnes en dessous de la ligne de pauvreté (ce qui signifie la faim) fut influencé par le développement de l’agroénergie. Pour cette raison, Jean Ziegler, lorsqu’il était le relateur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, qualifia les agrocarburants de « crime contre l’humanité » et son successeur Olivier De Schutter, de l’UCL, a demandé un moratoire de 5 ans.
L’extension de la monoculture pour remplir les réservoirs des véhicules signifie aussi l’expulsion de nombreux paysans de leurs terres. Dans de nombreux cas, cela se réalise par l’utilisation de la ruse ou de la violence. Dans des pays comme la Colombie et l’Indonésie, on fait appel aux forces armées, aux paramilitaires qui n’hésitent pas à massacrer les récalcitrants. Des milliers de communautés autochtones, en Amérique latine, en Afrique et en Asie, sont dépossédées de leur territoire traditionnel. Des dizaines de millions de paysans ont déjà été déplacés, en fonction du développement d’un mode productiviste de la production agricole et d’une reconcentration des terres. Le résultat en est l’augmentation de l’urbanisation sauvage et une pression migratoire à la fois interne et internationale. Il faut également noter que les salaires des travailleurs sont très bas et les conditions de travail généralement infrahumaines à cause des exigences de productivité. La santé des travailleurs est aussi gravement affectée et dans plusieurs cas les familles souffrent de la contamination de l’eau et de l’air. Durant la session du Tribunal permanent des Peuples sur les entreprises multinationales européennes en Amérique latine, organisée à Lima en mai 2008, à l’occasion du Sommet européen-latino-américain, de nombreux cas ont été présentés de malformation des enfants, fruit de l’utilisation de produits chimiques dans la monoculture de la banane, du soja, de la canne à sucre ou des palmiers. Dire que les agrocarburants sont une solution pour le climat est également de mode. Il est vrai que la combustion des moteurs émet moins de CO2 dans l’atmosphère, mais quand on considère le cycle complet de la production, de la transformation et de la distribution du produit, le bilan est beaucoup plus nuancé. Dans certains cas, il devient même négatif par rapport à l’énergie fossile.
Or, la solution est de réduire la consommation d’énergie, surtout dans le Nord et d’investir dans de nouvelles technologies (solaire notamment). L’agroénergie n’est pas un mal en soi et elle peut être intéressante au niveau local, à condition de respecter la biodiversité, la qualité des sols et de l’eau, la souveraineté alimentaire et l’agriculture paysanne, c’est-à-dire tout le contraire de la logique du capital. En Equateur, le président Rafaël Correa a eu le courage de geler l’exploitation du pétrole dans la réserve naturelle du Yasuni. On peut espérer que les gouvernements de l’Amérique latine, de l’Afrique et de l’Asie feront preuve de la même fermeté en adoptant une attitude similaire face à l’escalade des agrocarburants. Résister au Nord, comme au Sud, à la pression des pouvoirs économiques est un problème politique et éthique. C’est donc un devoir de dénoncer le scandale que signifie la production des agrocarburants dans le Sud. François Houtard est professeur émérite de l’Universite catholique de Louvain, fondateur du Centre tricontinental et auteur de l’ouvrage "L’Agroénergie – Solution pour le climat ou sortie de crise pour le capital ?", Charleroi, Couleur Livres, 2009. | |
La mémoire palestinienne n’est pas prête d’oublier le massacre pratiqué dans le sanctuaire Al-Ibrahimi (dit tombeau des Patriarches), dans la ville d’Al-Khalil (Hébron). Il ne s’efface pas de la mémoire si facilement et si rapidement, un tel acte planifié, aussi terrible.
Seize ans après
Médecin d’origine américaine, militant du mouvement raciste Kach, Baruch Goldstein entre, il y a seize ans de là, dans le sanctuaire Al-Ibrahimi où les fidèles musulmans accomplissent leur prière. Goldstein entre, sans être inquiété par la police de l’occupation israélienne. Et dès qu’il entre, il ouvre le feu de sa mitraillette sur les fidèles musulmans qui accomplissent la prière de l’aube du vendredi 15 ramadan de l’année hégire 1414 (correspondant au 25 février 1994). 29 fidèles perdent la vie et 350 sont blessés.
Le sauvage carnage attise la colère des Palestiniens. Et des confrontations éclatent partout dans les territoires palestiniens. Le nombre de martyrs arabes s’élève à 50 Palestiniens.
Qui est-ce ?
Baruch Goldstein, qui a commis le crime, vivait dans la colonie Kariat Arbaa. Il avait été entraîné par le mouvement sioniste extrémiste de Kach. Les fidèles musulmans le voyaient se dandiner devant eux.
Ce racisme les narguait, les défiait, les menaçait, mais pas seulement. Il participait dans des camps d’entraînement à l’intérieur comme à l’extérieur de la Palestine, en vue de tuer un maximum de Palestiniens !
Après le carnage
Le carnage a donné un bon prétexte aux occupants israéliens. Ils changent tout l’aspect de la ville d’Al-Khalil (Hébron). Les institutions palestiniennes de l’ancien bourg sont fermées, tels le tribunal religieux, le bureau du patrimoine, le bureau de la restauration. Sont fermés aussi la rue des Martyrs, la rue As-Sahla, l’ancien marché de légumse. Par une décision militaire, des centaines de magasins sont également fermés.
Une nouvelle réalité
Après un certain de temps de fermeture, le sanctuaire Al-Ibrahimi s’ouvre de nouveau devant les fidèles, à la fin de l’année 2005. Mais ils aperçoivent que les occupants israéliens ont mis la main sur deux tiers de leur sanctuaire. Les Musulmans n’ont de leur mosquée que le tiers. Le reste ne s’ouvre à eux que neuf jours seulement par ans, les jours de célébrations religieuses. Les colons sionistes y ont cependant libre accès toute l’année !
Les Juifs ont quatre portes, les Musulmans n’en ont qu’une, et pourtant, c’est leur lieu de culte !
Les occupants israéliens ont profité du massacre pour installer des systèmes de contrôle. C’est un Juif qui a commis le carnage, mais ce sont les Musulmans qui en paient le prix. Ils sont inspectés méticuleusement. Ils mettent de longues heures avant qu’ils soient permis de pénétrer dans le sanctuaire. Des portails en fer sont placés sur le chemin reliant la mosquée et le marché.
L’accord d’Al-Khalil conclu entre l’autorité palestinienne de Ramallah et les occupants israéliens n’arrange pas les choses. Il ne fait que mettre le cœur de la ville avec la mosquée sous le contrôle direct de ces derniers.
Argentine : Trafic clandestin d’eau douce par Grano de Arena | |
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Mondialisation.ca, Le 2 septembre 2009 | |
C’est une histoire de pirates qui viennent avec des embarcations, qui emportent l’eau et qui l’a vendent de l’autre côté de l’Atlantique sans qu’aucune restriction juridique nationale ou provinciale vienne les « déranger ». Grano de arena, 1 septembre 2009. Il semble démesuré que des entreprises transnationales mettent en vente sur internet l’eau des fleuves argentins au Moyen-Orient et en Afrique, c’est en tout cas ce que révèle un rapport diffusé ces derniers jours par l’ONG écologiste Río Paraná. L’eau douce, au vu de sa rareté sur notre planète (3% du total), sera le principal objet des conflits géopolitiques du 21e siècle. L’Argentine dispose de grandes quantités d’eau douce (22.000 m³ par habitant et par an), mais celle-ci est répartie de manière très inégale : les deux tiers du territoire nationale se trouvent dans des zones arides ou semi-arides. C’est dans ce contexte que l’entreprise Makhena S.A., dont le siège est à Miami et qui possède une agence à Buenos Aires, vent de l’eau douce par internet, qui provient des fleuves de la plaine argentine, et notamment du plus important d’entre eux, le Paraná. Sur son site internet, l’entreprise Makhenamet en avant les caractéristiques du produit qu’elle offre (eau douce, non bouillie, sans traitement), son origine (les fleuves de la plaine argentine), les quantités (entre 60.000 et 70.000 tonnes par envoi), l’usage (potabilisation, consommation, irrigation), ainsi que le moyen de transport (tanker). Le business est facile et presque sans risques. Il s’agit de vendre un produit peu cher à des prix très élevés. Oui mais « cette ressource à la fois irremplaçable et inépuisable se fait de plus en plus rare, au fur et à mesure que la demande augmente et que les conflits d’usage aussi », comme l’admet Makehna sur son propre site internet. Concrètement, Makhena procède ainsi : elle charge l’eau du littoral argentin pour lester les bateaux. N’importe quel bateau de transport a besoin d’être lesté pour naviguer, afin que son équilibre soit maintenu. Pour pouvoir naviguer sans prendre de risques, les bateaux doivent embarquer d’importantes quantités d’eau dans leurs cales. C’est ainsi qu’ils déchargent leurs marchandises à leur arrivée dans les ports argentins, avant de charger le bateau en eau douce, également dans les ports argentins, « pour le retour ». Ensuite, ils la vendent sur les marchés du Moyen-Orient, d’Afrique ou d’Europe où elle est potabilisée. Ils prennent l’eau du fleuve Paraná car elle est moins polluée que celle du fleuve de la Plata. Jusqu’à présent, aucune loi ne régule le « trafic clandestin d’eau douce ». Makhena développe impunément son business à la vue de tous, au nez et à la barbe de la préfecture navale argentine, qui sait parfaitement ce qu’il se passe mais qui ne dispose pas des outils juridiques pour réagir. Pendant ce temps, nous les voyons naviguer tous les jours sur les canaux du delta du Paraná, et ils embarquent gratuitement nos ressources naturelles dans leurs cales. Texte traduit et publié en français par info sud télé | |
Articles de Grano de Arena publiés par Mondialisation.ca | |
Conséquences du « miracle chilien » : les saumoneries et la privatisation de la mer par Raúl Zibechi | |
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Mondialisation.ca, Le 2 septembre 2009 | |
![]() À un peu plus de mille kilomètres au sud de Santiago, vers Puerto Montt, après avoir traversé le canal de Chacao, surgit cette île fantastique, Chiloé. Chiloé aux paysages de plaines et de collines où se mélangent les tons de verts du fait des abondantes pluies australes. Au printemps, à cette symphonie de verts s’ajoutent d’innombrables fleurs sauvages, jaunes, violettes et rouges, alors que sur les collines surgissent les chênes, les noisetiers, la myrte ou la rhubarbe. Ces bois sur lesquels tombent chaque années 2500 mm de pluie, sont tapissés de fougères et de mousses, qui, aux pieds des espèces d’arbres natives, donnent un environnement plutôt mystérieux. La grande biodiversité de l’île et l’existence d’espèces animales et végétales endémiques ont impressionné Charles Darwin au 19ème siècle, qui crut que la pomme de terre était originaire de Chiloé. Même s’il a été démontré plus tard qu’elle est originaire du Pérou, 400 variétés différentes sont encore conservées sur l’île, à partir desquelles ont été obtenues la majorité de pommes de terre qui sont aujourd’hui consommées dans le monde. Mais l’isolement dû à l’insularité n’a pas seulement permis l’apparition et la conservation d’une impressionnante diversité de la vie, incarnée par cheval chilote qui mesure 1,25 mètre de haut, ou le pudú, le cerf le plus petit du monde. L’isolement a aussi fait que les Chilotes préservent des tournures linguistiques propres, leur artisanat, la pêche artisanale et une architecture particulière, qui fait appel à des tuiles de bois. Les églises, d’inspiration bavaroise, et les pilotis, indiquent que les traditions ont perduré plus longtemps ici que dans d’autres régions. Ce paradis enclavé dans l’extrémité sud orientale de l’océan pacifique est une des cinq aires marines les plus productives au monde. D’après le rapport de l’organisation environnementaliste Ecoceanos[1], « bien qu’elle représente moins de 1% de la superficie des océans, les volumes pêchés représentent 25% des tonnages mondiaux ». Une telle productivité ne peut qu’attirer les investisseurs du monde entier, avides de juteux profits. Il y a quinze ans, l’île de Chiloé et la région autour de Puerto Montt ont connu une forte croissance de l’aquaculture, plus particulièrement l’élevage du saumon. Les investissements considérables réalisés par des entreprises d’Europe du nord et du Japon ont fait croître la salmoniculture chilienne de 15% par an. La production a été multipliée par 13 en quinze ans. En 2007, le Chili exportait pour 2,5 milliards de dollars de saumons vers les Etats-Unis, le Japon et l’Union Européenne. Ainsi, ce poisson joue un rôle clé dans la croissance de 70% des exportations nationales. Aux côtés du cuivre et de la cellulose, le saumon prend une part active dans le « miracle chilien[2] ». Le Chili est aujourd’hui le cinquième pays au monde en tonnage de produits issus de la mer, le septième exportateur de produits de pêche et le deuxième exportateur de saumons d’élevage derrière la Norvège. Il y a une seule raison à cette impressionnante croissance : le Chili est le pays où les coûts de production du saumon sont les plus bas au monde. Le talon d’Achille Le 27 mars 2008, The New York Times publiait un article intitulé « Un virus chez les saumons révèle les méthodes de pêche au Chili[3] ». Un gros scandale. L’article attirait l’attention sur les millions de saumons qui étaient en train de mourir du virus ISA (anémie infectieuse du saumon), et sur le licenciement de milliers de travailleurs que la crise sanitaire avait provoqué. « L’élevage des saumons dans des enclos sous-marins est en train de contaminer des eaux qui il y a peu étaient pures, et de produire des poissons potentiellement insalubres » précisait l’article. Le professeur Felipe Cabello, du département de microbiologie et d’immunologie de l’école de médecine de New York, signalait « le manque de contrôle sanitaire » et expliquait que les infections parasitaires, virales et mycotiques « se transmettent quand les poissons sont stressés et que les enclos sont très proches les uns des autres ». De plus, il assurait qu’au Chili, il est fait usage de dosages élevés d’antibiotiques pour les poissons, dont certains d’entre eux sont interdits aux Etats-Unis. Sachant que 30% des exportations de saumon chilien arrivent aux Etats-Unis, la révélation du Times s’est révélée désastreuses. L’entreprise norvégienne Marine Harvest, la plus grande productrice de saumons d’élevage au monde, qui exporte 20% du saumon chilien, reconnût que ses élevages étaient à l’origine du virus ISA, et qu’elle utilisait des doses élevées d’antibiotiques au Chili. « Les biologistes et les défenseurs de l’environnement affirment que les excréments des saumons et l’alimentation en granulés absorbent l’oxygène de l’eau. Ils causent ainsi la mort d’autres espèces marines et participent à la propagation de maladies », signalait l’article. La réponse apportée par la plus grande entreprise au monde, devant l’observation des problèmes environnementaux et sanitaires provoqués, attire l’attention : « Comme on faisait beaucoup d’argent et que tout se passait bien, il n’y avait pas de raison d’adopter des mesures plus strictes » déclarait au Times Arne Hjeltnes, le porte-parole de Marine Harvest à Oslo[4]. En 2005, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avait déjà émis un rapport critiquant sévèrement l’industrie chilienne du saumon sur trois points notamment : la fuite d’un million de poissons par an, l’utilisation de fongicides comme le vert de malachite, un produit cancérigène interdit depuis 2002, et l’usage excessif d’antibiotiques. Le professeur Felipe Cabello estime que le Chili utilise entre 70 et 300 fois plus d’antibiotiques que la Norvège, et qu’il existe au Chili un marché noir d’antibiotiques pour saumons[5]. Les jours suivants, le gouvernement de Michelle Bachelet appuya l’industrie du saumon, préoccupé par le contexte commercial et par une éventuelle chute des exportations[6]. Malgré tout, la production chuta de 30 à 50% et 20.000 des 50.000 travailleurs du secteur furent licenciés. L’industrie du saumon entra dans une crise grave ; elle s’était endettée auprès des banques qui commencèrent à réclamer qu’on les rembourse, ce qui était devenu impossible du fait de la chute de la production. Pourtant, plusieurs travaux de recherche avaient anticipé tout ce qui est arrivé ces dernières années (le virus a été découvert en juillet 2007). Les coûts les plus bas du monde Les mauvaises conditions de travail des 50.000 employés du secteur sont la première explication des bas coûts de production du saumon chilien. La salmoniculture enregistre les taux d’accident les plus élevés du pays ; il a été constaté qu’entre février 2005 et juin 2007, 42 travailleurs du secteur sont morts ou ont disparu en mer, d’après des données de la Marine chilienne et de la Direction nationale du travail. Entre 2003 et 2005, des inspections du travail prévues à l’avance ont été réalisées à 572 reprises, et même dans ces conditions, des amendes ont été infligées aux entreprises dans 70% des cas[7]. Les principaux problèmes rencontrés relèvent de l’hygiène et de la sécurité au travail, tant sur les lieux de « pêche » (d’énormes cages sous-marines) que sur les chaînes de transformation du poisson. Deux tiers des entreprises saumonières violent la législation du travail, alors que le travail informel occupe une place importante, notamment en ce qui concerne les tâches les plus dangereuses. Les femmes, qui représentent 70% des travailleurs du secteur et 90% sur les chaînes de production, souffrent du froid, de l’humidité, de la promiscuité ; on tente même de limiter leur accès aux toilettes. Ces pratiques ont également été observées auprès de femmes enceintes, certaines d’entre elles ont été licenciées. Les plongeurs assurent les tâches les plus périlleuses. Des 4.000 plongeurs qui travaillaient en 2007, seuls 100 disposaient d’une formation certifiée d’après des normes internationales[8]. La sous-traitance, la pression et les menaces que pratiquent les chefs d’entreprises font que seuls 13 à 15% des travailleurs sont affiliés à un syndicat. Mais les ouvriers ne sont pas les seuls à se plaindre. Les entreprises touristiques et les pêcheurs artisanaux souffrent aussi de la salmoniculture. Jusqu’en 2005, presque 5.000 hectares avaient été concédés aux saumoneries sur le bords des lacs, dans les fjords, les canaux et les estuaires (Marine Harvest contrôlait 1.215 ha). Autrement dit, elles occupaient les sites où se rendent les touristes et où pêchent les communautés locales. Les gens se plaignent de la pollution et des fuites massives de saumons (2 millions de poissons se sont échappés en 2004), qui contribuent à la propagation de maladies contagieuses à d’autres espèces et aux humains, et qui menacent la survie des espèces sauvages. Mais c’est l’usage massif d’antibiotiques qui est le plus préoccupant et le plus scandaleux. Le professeur Cabello soutient que l’usage d’antibiotiques dans la pisciculture peut stimuler la résistance bactérienne et ainsi provoquer la génération de souches résistantes affectant les humains et les poissons[9]. Au Japon et aux Etats-Unis, des résidus d’antibiotiques ont plusieurs fois été détectés dans les saumons chiliens. Un des objectifs de l’utilisation d’antibiotiques est le contrôle de la septicémie hémorragique virale. Les entreprises font usage de quinolones, mais la résistance bactérienne à ces substances croît de façon alarmante dans le monde entier. Lors du séminaire organisé par Ecoceanos en mars 2007 à Puerto Montt, le directeur de l’école de chimie et de pharmacie de l’université australe, présenta des preuves convaincantes sur la croissance de la résistance bactérienne dans les hôpitaux de Puerto Montt et de Castro, sur l’île de Chiloé. De 1999 à 2003, la résistance au ciprofloxacine passa de 2,6 à 9% à Puerto Montt, alors qu’elle passa de 4,4 à 8,3% à Castro[10]. Les saumoneries ont décidé de diminuer leurs coûts et de travailler au maximum de leur capacité productive. Conséquences : « Leur apport à la recherche scientifique a été infime, elles ont engendré des concentrations de salmonidés très élevées dans les centres de culture, elles ont employé de manière indiscriminée et sans rotation des antiparasitaires comme l’emamectine benzoate et des antimicrobiens. Elles ne se sont jamais préoccupé du respect des aspects les plus élémentaires de la gestion environnementale et sanitaire[11] ». Par ailleurs, d’autres problèmes environnementaux graves sont liés à l’usage des filets de pêche et aux rejets. En 2005, dans la région de Aysén au sud de Chiloé, 100% des usines de fabrication de filets ont reçu des amendes de la part des autorités environnementales chiliennes, car ils ne respectent pas les normes internationales. La même année, dans la région de Lagos (où se situe Puerto Montt), 50% des saumoneries ont été verbalisées pour mauvais traitements des résidus industriels liquides. En 2006, aucune décharge industrielle de Los Lagos ne remplissait les normes, ce qui a conduit à la fermeture de 30 d’entre elles, sur les 49 existantes. Juans Carlos Cárdenas, vétérinaire et directeur de Ecoceanos, affirme que « les multinationales européennes font au Chili ce qui leur est interdit dans leurs pays[12] ». Il pense que le sud du Chili est une des dernières zones d’expansion des multinationales de la pêche, minières et forestières. Les région de Puerto Montt et de Chiloé présentent des avantages comparatifs par rapport à l’Europe du nord parce l’eau y est moins froide, et par conséquent la productivité du saumon y est supérieure. C’est la concentration qui est à l’origine des problèmes de pollution. « Ici, sur 300 kilomètres, il y a 600 centres de salmonicultures qui produisent 120 millions de poissons. En Norvège, les mêmes quantités sont produites sur 1000 kilomètres », explique Cárdenas. Les saumons grandissent dans des cages circulaires de 30 mètres de diamètre sur 60 mètres de profondeur. Cette culture intensive a conduit les exportations de saumons à passer de 190 millions de dollars en 1991 à 2,4 milliards en 2008. Les prix sont imbattables : le Chili produit des saumons à 2,9 dollars le kilo alors que le prix sur le marché international est de 7,9 dollars. « Mais ici au Chili, le kilo de saumon se vend à 10 dollars en supermarché, c’est plus cher qu’à New York », affirme Cárdenas. Maintenant que les régions de Puerto Montt et de Chiloé sont contaminées, les saumoneries cherchent à aller plus au sud, vers les régions de Aysén et de Magallanes. Mais la contamination suit les mêmes sentiers, à tel point que le virus ISA a déjà été détecté dans ces zones, ce qui indique que la maladie s’est étendue sur 2.000 kilomètres de côtes en dix mois, d’après Cárdenas. « Rien de cela ne serait arrivé si l’État avait joué son rôle et si la corruption n’atteignait pas des niveaux si élevés », ajoute-t-il. Cela semble évident au regard d’une seule donnée tirée du dernier rapport annuel de Marine Harvest : en 2007, l’entreprise a utilisé 0,02 gramme d’antibiotiques par tonne de saumon produite en Norvège. La même année, elle a utilisé 732 grammes par tonne produite au Chili. En 2008, 0,07gramme en Norvège et 560 grammes au Chili[13]. Soit 36.000 fois plus en 2007 et 8.000 fois plus en 2008, sans qu’aucune autorité formule la moindre remarque ou la moindre question. En juillet dernier, à la demande de l’organisation Oceana, le gouvernement chilien a déclassé un rapport de 2008 qui signale que l’industrie chilienne du saumon a utilisé 325 tonnes de produits pharmaceutiques, pendant que la Norvège, leader du marché mondial utilisait une tonne seulement. Le rapport assure que presque 40% des antibiotiques utilisés appartiennent à la famille des quinolones, un produit interdit par l’Administration des denrées alimentaires et des médicaments (FDA, Food and Drug Administration) aux États-Unis[14]. Le professeur Cabello soutient qu’il est démontré que le virus ISA fut introduit au Chili en 1996, probablement depuis la Norvège. Sa dissémination « a vraisemblablement été facilitée par d’importantes populations de virus générées par les pernicieuses conditions sanitaires présentes dans l’élevage des salmonidés au Chili[15] ». D’un point de vue biologique, il compare les faits chiliens aux influences porcine et aviaire.
La privatisation de l’océan « Ils sont en train de transformer les biens communs en capital financier », fait remarquer Lucio Cuenca, de l’Observatoire latino-américain des conflits environnementaux[16]. Cela dure depuis des années avec le consentement total des autorités. Un exemple : en avril 2007, la Chambre des députés a approuvé un rapport de la Commision de pêche, d’agriculture et des ressources naturelles, qui soutenait que l’industrie chilienne du saumon « travaille selon les niveaux élevés d’exigence des standards mondiaux (environnementaux inclus), déterminés par les marchés modernes auxquels elle s’adresse ». Le rapport a été approuvé par 67 voix pour, une voix contre et une abstention. Trois mois plus tard, l’épidémie du virus ISA était déclarée, et nombreux étaient ceux qui assuraient que l’existence de la maladie était occultée depuis longtemps déjà. Quoi qu’il en soit, l’omission du Parlement chilien est évidente. Récemment, un fait s’est produit qui met en évidence tous ces problèmes. Felipe Sandoval fut sous-secrétaire du ministère de la Pêche sous le gouvernement de Ricardo Lagos (2000-2006), poste à partir duquel il a impulsé la privatisation de l’industrie étatique de la pêche. Actuellement il est secrétaire exécutif de la Table du saumon et de la corporation aquicole, qui réunit les entrepreneurs et l’État pour repositionner l’industrie du saumon. Il représente la présidente Michelle Bachelet pour les questions liées au saumon. Le 5 février 2009, l’Inspection des finances de la région de Valparaíso a accusé Sandoval d’avoir abusé du principe de probité administrative en faisant usage de 740.000 dollars d’argent public en notes de services fausses ou falsifiées, alors qu’il était sous-secrétaire de la Pêche. L’accusation de l’organisme de contrôle a été rendue publique au moment où une nouvelle loi sur la pêche et l’agriculture, rédigée sur mesure pour les entrepreneurs, était débattue au Parlement. Le 21 juillet, le gouvernement de Michelle Bachelet a émis un décret suprême par lequel il absout Sandoval des charges qui pesaient contre lui, argumentant que sa responsabilité est caduque du fait du temps qui s’est écoulé. D’après le rapport de Ecoceanos News du 3 août, Sandoval a géré depuis son poste de sous-secrétaire de la Pêche, des crédits de 450 millions de dollars destinés à l’industrie du saumon, comptant avec 60% d’aval des contribuables chiliens. Dans ce cas précis, l’État travaille en faveur de l’industrie, alors que celle-ci a démontré son incapacité à respecter la législation du travail, environnementale et sanitaire. La loi de la pêche cherche la réactivation de l’industrie du saumon par la cession à vie de droits sur le territoire maritime à des entreprises privées[17]. D’après le ministre de l’Économie, Hugo Lavados, la loi permet « le droit d’usage et de jouissance » de l’espace maritime et côtier pour les entreprises. De cette manière, elles s’approprient un bien hypothécable, élément décisif pour que les banques concèdent de nouveaux prêts et refinancent les dettes. Juan Carlos Cárdenas affirme que les articles 81 et 81 bis permettent « aux entreprises endettées de pouvoir hypothéquer des biens nationaux d’utilité publique, comme les concessions aquicoles, grâce aux banques de crédits ». Le candidat aux élections présidentielles de décembre, le sénateur Marco Enríquez-Ominami, comme d’autres parlementaires, affirme que la loi « privatise la mer en remettant aux saumoneries des concessions aquicoles à vie et hypothécables ». En cela, il la considère « inconstitutionnelle[18] ». Fin juillet, le Sénat a interposé 160 observations à la loi de la pêche, ce qui a enthousiasmé les défenseurs de l’environnement qui ne s’attendaient pas à une opposition aussi forte. « Ce qui s’est passé au Sénat est un pas important franchi contre l’inconstitutionnalité, l’impunité et la tentative de vol de nos biens nationaux d’utilité publique », a déclaré Cárdenas. Pendant ce temps, il y a ceux qui investissent en pleine crise du saumon. Marine Harvest a annoncé que malgré les pertes qu’elle enregistre au Chili, elle s’apprête à acheter des saumoneries chiliennes pour participer au processus de restructuration de l’industrie, vu que chaque crise offre des « opportunités » (achats, ventes, fusions) comme l’a reconnu Jorgen Andersen, le président de l’entreprise[19]. Dans la mesure où le Chili a signé des accords de libre échange avec 24 pays, où les élites soutiennent, d’après les propos de Lucio Cuenca, « une projection stratégique qui amène le Chili à se convertir en puissance alimentaire », tout indique que la salmoniculture va continuer de croître. Les régions les plus australes, où les entreprises sont en train de se déplacer, peuvent se regarder dans un miroir, elles y verront Chiloé. Il y a quinze ans, l’île était habitée par des petits agriculteurs, des éleveurs et des artisans pêcheurs. « Aujourd’hui ils sont devenus des ouvriers qui dépendent de l’industrie transnationale », font remarquer les membres de Ecoceanos. « À moins que – ajoute Lucio Cuenca – le processus de politisation en cours, soutenu par des dizaines de petites luttes contre la contamination des productions de minéraux, de saumons et de cellulose, et qui a déjà obtenu que des questions stratégiques comme celle de l’eau figure dans l’agenda public, continue de croître jusqu’à ce qu’un véritable mouvement social se mette en marche ». Les critiques qui fusent dans les couloirs du Sénat reflètent dans une bonne mesure cette nouvelle politisation de la société chilienne.
[1] Radiografía de la industria del salmón en Chile. Rapport rédigé par Patricio Igor Melillanca et Isabel Díaz Medina, Ecoceanos, 2007, p. 5. [2] Idem. [3] Salmon Virus IndictsChile’s Fishing Methods. Alexei Barrionuevo, The New York Times, 27 mars 2008. [4] Idem. [5] Idem. [6] Reuters, 2 avril 2008. [7] Radiografía de la industria del salmón en Chile. Rapport rédigé par Patricio Igor Melillanca et Isabel Díaz Medina, Ecoceanos, 2007, p. 10. [8] Idem, p. 14. [9] Heavy use of prophilactic antibiotics in acquaculture: a growing problem for human and animal health and for the environment. Felipe C. Cabello in Environmental Microbiology, 2006, cité dans Radiografía de la industria del salmón en Chile. Rapport rédigé par Patricio Igor Melillanca et Isabel Díaz Medina, Ecoceanos, 2007, p. 28. [10] Idem, p. 30. [11] Idem. [12] Entretien personnel. [13] Marine Harvest Sustainability Report 2008. p. 16. [14] Sergio Jara Román, ob cit. [15] Felipe Cabello, ob cit. [16] Entretien personnel. [17] Agence Xinhua, 31 juillet 2009. [18] Ecoceanos News, 5 août 2009. [19] La Tercera, 15 juillet 2009.
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Raúl Zibechi est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Raúl Zibechi publiés par Mondialisation.ca | |
Dans la capitale libanaise Beyrouth, des institutions s’intéressant à la ville d’Al-Quds ont donné une conférence de presse, hier jeudi 27 août 2009. Elles ont exposé le rapport intitulé « Un œil sur Al-Aqsa ». Ce rapport mentionne que les agressions menées par les occupants israéliens contre la sainte mosquée d’Al-Aqsa ont été quasiment multipliées par cinq par rapport à l’année dernière.
Cinq nouveaux creusements ont été entamés cette année autour de la mosquée. Ainsi, le nombre de ces creusements ont atteint les 25.
Les raids donnés à la mosquée ont aussi augmenté. Le dernier en date a été donné par le ministre israélien de la sécurité intérieure.
Les soldats y ont même pratiquée deux manœuvres, dit le directeur de l’Institution internationale d’Al-Quds.
Diviser la mosquée n’est plus qu’une question de temps. Cet acte n’attend que le moment propice, avertissent les institutions Union des savants musulmans, le bureau du soutien d’Al-Quds et l’association culturelle d’Al-Quds.
C’est à nous d’empêcher l’occupant de diviser la mosquée, c’est à nous de ne pas lui donner ce moment propice qu’il cherche, dit l’Institution internationale d’Al-Quds
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La police de l’occupation israélienne n’est pas prête d’arrêter ses oppressions contre les Palestiniens. En effet, elle vient d’imposer de nouvelles restrictions sur les habitants de la Cisjordanie voulant aller pratiquer leur culte dans la sainte mosquée d’Al-Aqsa. Dans ce vendredi, le premier du mois béni de Ramadan, beaucoup se trouvent privés de leur droit d’aller à leur mosquée. Les occupants ont déclaré que seuls les hommes dont l’âge dépasse la cinquantaine et les femmes dont l’âge dépasse les quarante ans peuvent y aller ! Selon la radio israélienne, des milliers de policiers israéliens se déploieront dans l’ancienne partie de la ville, surtout autour du sanctuaire de la mosquée d’Al-Aqsa. |