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Dernière mise à jour : 24.11.2009
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Environnement Protection des patrimoines

tant pis pour les pauvres et pour la planète !

Publié le 22/11/2009 à 07:37 par djamazz
Droit dans le mur, tant pis pour les pauvres et pour la planète !
De Copenhague à Mexico et au-delà

par Daniel Tanuro
Mondialisation.ca, Le 21 novembre 2009

Alors que l’urgence est maximale, le sommet des Nations Unies sur le climat, à Copenhague en décembre prochain, ne débouchera pas sur un traité international contraignant. Au mieux, les de millions de gouvernements s’accorderont sur une déclaration politique. Une de plus… Les négociations pourraient se conclure à Mexico, fin 2010. Sur base des positions en présence, elles ne peuvent qu’accoucher d’un texte écologiquement insuffisant, socialement inacceptable et technologiquement dangereux. Il convient donc de sonner le tocsin. La logique productiviste du capitalisme, sa course au profit planétaire et sa guerre de concurrence sont en train de nous précipiter droit dans le mur. Des centaines pauvres risquent d’en faire les frais, des richesses naturelles irremplaçables d’être détruites. Une mobilisation sans frontières, massive et unitaire, est absolument nécessaire pour imposer, dans la justice sociale, des objectifs et des mesures à la hauteur du danger. Au sein de cette mobilisation, une aile gauche, anticapitaliste, doit faire entendre sa voix.

 

Plus un seul responsable politique important ne doute que le réchauffement est dû principalement à la combustion de charbon, de pétrole et de gaz naturel. Tous connaissent les dangers de la situation. Le résumé à l’intention des décideurs du quatrième rapport du GIEC– un document qui engage les Etats - propose un  tableau des impacts sur les ressources en eau douce, les écosystèmes, la production agricole, les zones côtières et la santé humaine. Il en ressort que le seuil de dangerosité est bien inférieur au chiffre de +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle. En réalité, dans les îles du Pacifique, les régions arctiques, les vallées andines, les zones côtières du Bangladesh, le seuil est déjà dépassé. Les représentants des petits  Etats insulaires exigent de tout mettre en œuvre pour ne pas excéder 1,5°C de hausse. Comme le mercure a déjà gagné 0,7°C depuis 1780 et qu’une augmentation de 0,6°C est inévitable (vu la quantité de gaz à effet de serre accumulée dans l’atmosphère), la conclusion coule de source : il n’y a plus une minute à perdre ! Les conditions d’existence de centaines de millions de gens dépendent d’une action rapide, coordonnée, mondiale, pour réduire radicalement et rapidement les émissions, principalement les émissions de CO2. Mais cette action ne vient pas !

Fumisterie

Médias et  responsables politiques continuent de dire que les négociations ont pour but de rester au-dessous des 2°C. C’est de la fumisterie. En réalité, les rapports du GIEC ne prévoient déjà plus cette possibilité. Dans le meilleur des cas, la température ne monterait « que » de 2 à 2,4°C et le niveau des mers de 40cm à 1,4m. Nous sommes donc déjà dans la zone dangereuse. Pour ne pas s’y enfoncer davantage, que faudrait-il faire ? 1°) Les pays développés devraient réduire leurs émissions de 80 à 95% d’ici 2050 (par rapport à 1990) en passant par une étape de 25 à 40% d’ici 2020 ; 2°) les pays en développement devraient prendre des mesures pour que leurs émissions, dès 2020 (2050 pour l’Afrique), soient inférieures de 15 à 30% aux projections ; 3°) les émissions mondiales devraient baisser de 50 à 85% d’ici 2050 (par rapport à 2000) et devenir nulles, voire négatives, avant la fin du siècle ; 4°) cette diminution au niveau mondial devrait débuter au plus tard en 2015. Ces chiffres sont à considérer comme des minima, car ils sont établis à partir de modèles qui tiennent insuffisamment compte de l’inquiétante désintégration des calottes glaciaires, entre autres. Selon le climatologue en chef de la NASA, James Hansen, en tenant compte de cette désintégration, la hausse des océans correspondant à la concentration actuelle en gaz à effet de serre pourrait être de « plusieurs mètres » en quelques décennies. Conclusion : au nom du principe de précaution, les objectifs de stabilisation du climat devraient être les suivants : au moins 95% de réduction des émissions des pays développés d’ici 2050 (par rapport à 1990), au moins 40% d’ici 2020, au moins 85% de réduction au niveau mondial d’ici 2050 (par rapport à 2000).

Ils s’en fichent

Réunis à Barcelone le 6 novembre, les gouvernements ont conclu à l’impossibilité de signer à Copenhague, en décembre, un traité international prenant le relais du Protocole de Kyoto. Ces messieurs-dames ont d’autres chats à fouetter : sauver les profits des banques et des trusts de l’automobile, réduire les déficits en attaquant la sécurité sociale et en démantelant les services publics, traquer les chômeurs et précariser l’emploi. La mobilisation en faveur du climat, ils la voient surtout comme un prétexte pour imposer plus de sacrifices au monde du travail et donner plus de cadeaux aux capitalistes. Serrer la ceinture aux travailleurs et créer de nouveaux marchés pour que le capital fasse encore plus de profits, voilà les seuls biais par lesquels le défi climatique pénètre les neurones des « décideurs ». En cette matière, leur imagination est aussi illimitée que la soif de plus-value de leurs maîtres : taxe carbone,  marché des droits d’émission, marché des crédits de carbone, marché des fraudes au marché de ces crédits, marché des produits dérivés des assurances contre les accidents climatiques, etc… A défaut de faire baisser les quantités de gaz à effet de serre dans l’air, cette politique néolibérale fait maigrir les revenus des travailleurs et grossir ceux des agioteurs. Sur le marché climatique, chaque chef d’Etat se transforme en représentant de commerce pour faire la promotion de ses capitalistes « propres »: Obama ne jure que par le « charbon propre », qu’il veut vendre aux Chinois et aux Indiens ; Merkel se démène pour l’industrie allemande du photovoltaïque, qui dispute aux Japonais le leadership mondial ; Sarkozy tente de fourguer partout les centrales nucléaires d’Areva ; et les Danois voient dans la réunion de Copenhague une vitrine pour Vestas, le N°1 mondial de l’éolien. La décision de ne pas conclure de traité montre clairement les vraies priorités de ces gens. Mais le plus important est de prendre conscience du fait que, s’ils concluaient un accord, celui-ci serait écologiquement insuffisant, socialement criminel et technologiquement dangereux. 

Ecologiquement insuffisant

Le « paquet énergie-climat » de l’Union Européenne prévoit d’ici 2020 de réduire les émissions de 20%, soit moins que le chiffre le plus bas du GIEC. En outre, plus de la moitié de l’objectif pourra être réalisé en recourant à l’achat de crédits de carbone, ces « droits de polluer » générés par des investissements « propres » dans les pays en développement. Le principe : quand un investissement au Sud permet de diminuer les émissions par rapport aux projections (hypothétiques), des droits de polluer peuvent être mis sur le marché au prorata de la quantité de gaz non émis (un droit = une tonne). Ces « crédits de carbone » peuvent remplacer les réductions d’émission dans les pays développés. Les multinationales sont très friandes de ce système qui leur permet de maquiller leurs investissements au Sud en contributions à la protection du climat, de faire des profits en vendant des crédits et d’éviter les investissements technologiques plus coûteux qui seraient nécessaires pour réduire leurs émissions au Nord.

Au plus les gouvernements se rendent compte du fait que le réchauffement est une affaire sérieuse, au plus ils cherchent des astuces pour produire des crédits moins chers. C’est ainsi que le sommet de Bali a décidé que non seulement les plantation d’arbres mais aussi la protection des forêts existantes serait génératrice de crédits (les arbres en croissance absorbent le CO2 de l’air). Cela permet de mettre sur le marché des crédits dont le prix de revient tourne autour de 2-3 Euros/tonne, revendus sur le marché mondial au-dessus de 10 Euros/tonne. En fait, plus de 50% des crédits ne correspondent à aucune diminution réelle et structurelle des émissions. Soit parce qu’ils proviennent d’investissements qui auraient été réalisés de toute façon, soit parce qu’ils proviennent d’investissements forestiers, soit parce que la certification est entachée de fraude (les organismes qui certifient la réduction sont choisis et payés par les investisseurs).  Selon des chercheurs de l’université de Stanford, jusqu’à 60% des crédits sont bidon. Si les entreprises et les gouvernements de l’UE utilisent à fond la possibilité qui leur est offerte de remplacer les réductions d’émission par ces achats de crédits, un simple calcul indique que la réduction effective d’émission sera de 15% à peine en huit ans (de 2012 à 2020). En base annuelle, c’est moins que ce qui était prévu par Kyoto (8% entre 20O8 et 2012).

Le topo est identique aux Etats-Unis. Le projet de loi sur le climat adopté par la Chambre en juin prévoit une réduction de 80% d’ici 2050 (les USA, vu leurs responsabilités, devraient faire au moins 95%). L'année de référence est 2005, tandis que les 80 à 95% du GIEC sont calculés par rapport à 1990. Or, les rejets de CO2 des USA sont passées de 5,8 à 7 milliards de tonnes entre ces deux dates. D’ici 2020, le projet de loi prévoit 17% de réduction par rapport au présent. Cet objectif n’est pas seulement au-dessous des 25 à 40% par rapport à 1990 avancés par le GIEC, mais aussi inférieur à ce que les USA auraient dû réaliser avant 2012, s’ils avaient ratifié Kyoto. Quant aux crédits d’émission, Washington fait encore plus fort que Bruxelles : ils pourront provenir non seulement d’investissements propres au Sud mais aussi de la création de « puits de carbone » aux USA mêmes (par la plantation d’arbres, l’enterrement de charbon de bois et diverses pratiques agricoles censées accroître le stockage du carbone dans les sols). Si l’industrie utilisait intégralement la manne des crédits, elle  pourrait se dispenser de réduire ses propres émissions jusqu’en 2026…

Si ces projets européens et étasuniens servaient de base à un traité, la hausse de température oscillerait entre 3,2 et 4,9°C, et le niveau des océans monterait de 60cm à 2,9 mètres… sans compter la hausse due à la désintégration des calottes glaciaires. Selon le tableau des impacts (cf. plus haut), il en découlerait de « lourdes conséquences pour les services sanitaires », la « perte d’environ 30% des zones humides de la planète », « des millions de personnes supplémentaires exposées à des inondations côtières chaque année », une « baisse du rendement de toutes les cultures céréalières aux basses latitudes », une « tendance de la biosphère à devenir une source nette de carbone » (effet boule de neige du changement climatique), « jusqu’à 30% des espèces exposées à un risque d’extinction accru » et « l’exposition de centaines de millions de personnes à une stress hydrique accru ». Voilà, en termes très généraux, les catastrophes qui se profilent et dont les pauvres de la Terre sont déjà les victimes. Les dirigeants le savent, mais, comme on l’a dit, ils ont d’autres chats à fouetter. De toute manière, leur réélection ne dépend pas des damnés de la terre du Tuvalu, du Bangladesh, du Pérou ou du Mali.

Socialement criminel

Pas besoin de longs développements pour caractériser socialement cette politique climatique capitaliste: des centaines de millions de pauvres sont victimes des changements climatiques alors que leur responsabilité est proche de zéro. Peut-on imaginer plus grande injustice ? Une adaptation à un certain réchauffement est possible, mais elle requiert des moyens dont les pays les moins avancés ne disposent pas. Au nom du principe (libéral) pollueur-payeur, les pays développés devraient payer mais s’y refusent, tout simplement. Selon le PNUE, l’adaptation nécessiterait le transfert annuel de 86 milliards de dollars du Nord vers le Sud. Les différents fonds disponibles en contiennent à peine 26 millions. La dernière réunion du G20 n’a pas dégagé d’accord pour accroître ces montants. Cette avarice criminelle risque de coûter la vie à de très nombreuses personnes, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées sans ressources. Certains parleront de « catastrophes naturelles » mais c’est  de refus d’assistance à personnes en danger qu’il s’agit. Ce n’est pas que les dirigeants capitalistes soient inconscients, non. Simplement, pour eux, adaptation bien ordonnée commence par soi-même : les fonds que le land du Bade Wurtemberg investit dans les infrastructures contre les inondations, par exemple, sont supérieurs à l’ensemble des budgets disponibles pour l’adaptation dans les pays en développement. Il faut protéger les usines, le capital fixe, les infrastructures par où circulent les marchandises!

Le passage du cyclone Katrina à la Nouvelle Orléans montre que les pauvres du Nord sont menacés également. Les canicules, inondations et autres accidents climatiques font toujours plus de victimes dans les groupes sociaux à bas revenus : travailleurs, précaires, chômeurs, spécialement les femmes. Plus largement, le but des classes dominantes est de faire payer leur politique climatique – mérite-t-elle ce nom ?- à la classe ouvrière, par le biais du prix du carbone. Pour les libéraux, en effet, tout problème peut se résoudre par des mécanismes de marché, en jouant sur les prix. Il y a du chômage parce que le prix du travail est trop élevé, tout le monde sait cela, et trop de carbone dans l’air parce que celui du CO2 est trop bas. On sait ce qu’il en est de l’efficacité de ce paradigme dans le domaine social : la crise sociale s’approfondit sans cesse. Eh bien, il en ira de même en matière climatique : la crise s’approfondira. Plaçons-nous un instant dans la logique de la régulation par les prix, et posons-nous la question : quel devrait être le prix d’une tonne de CO2 pour réduire les émissions de 50% ? Réponse de l’Agence Internationale de l’Energie: de 500 à 700 dollars. A la limite, les patrons peuvent s’accommoder d’une taxe carbone modérée s’ils ont la double garantie que tous les concurrents la paient et qu’elle sera répercutée intégralement sur les consommateurs finaux, c’est-à-dire essentiellement les travailleurs. Ils voient d’un bon œil les propositions visant à utiliser le produit de la taxe pour diminuer leurs cotisations à la sécurité sociale. Mais, à 500-700 dollars/tonne, tous ces scénarios deviennent absurdes car des montants de cet ordre signifieraient une récession sociale si brutale que plus personne ne pourrait acheter la camelote capitaliste.

Technologiquement dangereux

Dans le délai imparti, les réductions d’émissions à réaliser ne peuvent être atteintes sans diminuer sérieusement la consommation d’énergie, donc aussi, dans une certaine mesure, la production matérielle. Vu les conditions techniques, cette réduction est la condition nécessaire pour que les renouvelables puissent se substituer aux fossiles. Or, cette condition, le capitalisme est incapable de remplir. Chaque propriétaire de capitaux cherche en effet à remplacer des travailleurs par des machines afin d’augmenter la productivité du travail et de toucher un surprofit par rapport à ses concurrents. Tous font de même, de sorte que le système est agité en permanence d’une véritable danse de saint-gui productiviste qui met en circulation toujours plus de marchandises et crée artificiellement des besoins. Réchauffement ou pas, le capital a donc besoin de plus d’énergie, toujours plus d’énergie. Pour tenter de concilier tant soit peu cette exigence avec les contraintes physiques du climat, les trois solutions technologiques qui ont les faveurs des capitalistes sont les agrocarburants, le nucléaire et le « charbon propre ».

La folie des agrocarburants a déjà été dénoncée si abondamment qu’on peut se permettre de ne pas y insister. On se contentera de souligner qu’un péril majeur vient des recherches sur la production d’agrocarburants par des organismes génétiquement modifiés. Le nucléaire fait un come-back remarqué en se présentant – à tort – comme une filière énergétique sans carbone. Outre les arguments bien connus – les déchets, la prolifération militaire, l’état policier, etc – il faut préciser que les projets qui circulent sont totalement irréalistes. Pour réduire les émissions de 50%, l’AIE mise sur un triplement du parc, soit la construction de 32 centrales par an, pendant 40 ans. C’est du délire : la construction d’une centrale prend 10 ans, et les réserves connues d’uranium permettent à peine de faire fonctionner le parc actuel pendant une cinquantaine d’années. Le dernier né des Frankenstein productivistes est le « charbon propre » – autrement dit l’exploitation massive des énormes réserves de charbon (300 ans au rythme de consommation actuel) avec stockage du CO2 dans les couches géologiques profondes. Il risque de réserver quelques surprises désagréables, car personne ne peut garantir l’étanchéité à long terme des réservoirs, en cas d’accident sismique notamment… 

Choix de civilisation

Produire moins ? Le capitalisme n’en est capable que temporairement , par la crise qui sème le chômage et la misère. Dans ces conjonctures-là, oui, les émissions de gaz à effet de serre diminuent. Elles baisseront de 3% cette année. Mais, outre les dégâts sociaux qu’elle occasionne, la suppression d’activités opère à l’aveuglette, sur la seule base de la rentabilité, sans égard pour l’utilité sociale de la production. Il va de soi que seul des fous pourraient souhaiter plus de crises dans l’espoir qu’il y ait moins de production, donc moins d’émissions ! D’       autant plus que trois milliards d’êtres humains manquent de tout, notamment de l’essentiel. Pour satisfaire leurs besoins fondamentaux – des maisons, des écoles, des soins de santé, des aliments, des transports en commun, un eau potable de qualité – il faut produire davantage. Mais cette production-là n’intéresse pas le capitalisme, car la demande est non solvable. Or, le capitalisme ne produit pas des valeurs d’usage pour les besoins mais des marchandises pour le profit. Il y a donc deux défis contradictoires: d’une part, pour stabiliser le climat au niveau le moins dangereux possible, il faut produire moins. D’autre part, pour satisfaire les besoins sociaux fondamentaux, il faut produire plus. L’économie de marché est incapable de relever chacun de ces défis séparément, les relever ensemble relèverait pour elle de la quadrature du cercle.

Comment en sortir ?  A moins d’accepter les technologies des apprentis sorciers (et encore), il n’y a pas d’issue possible sans incursions dans la propriété privée capitaliste. Pour stabiliser le climat tout en satisfaisant les besoins fondamentaux, il faut supprimer les productions inutiles ou nuisibles (armes, publicité, etc), reconvertir les travailleurs, réduire le temps de travail sans perte de salaire (avec baisse des cadences et embauche compensatoire), étendre radicalement le secteur public dans les secteurs du logement et des transports. La hausse de l’efficience énergétique et le passage aux renouvelables doivent être planifiés et réalisés indépendamment des coûts, et la plus grande partie de la production agricole doit être relocalisée via un soutien à l’agriculture paysanne. L’énergie et le crédit doivent être placés sous statut public, et un fonds mondial d’adaptation doit être créé à partir de ponctions sur les bénéfices de monopoles. Quant à la recherche, elle doit être refinancée et libérée de la tutelle de l’industrie. Toutes ces mesures devraient être prises sous le contrôle du monde du travail, dont la participation active est une condition de succès.

C’est plus facile à dire qu’à faire, diront certains. Certes, cela implique une lutte à contre-courant contre un ennemi très puissant. Mais il n’y a pas d’autre issue possible. La première chose à faire, c’est de le dire. Il faut que les cadres des mouvements sociaux, notamment syndicaux, comprennent que la lutte pour le climat est beaucoup plus qu’une lubie environnementale : un choix de civilisation qui passe par une lutte à la fois écologique et sociale –une lutte écosocialiste- contre le capitalisme. Ce système, comme disait Marx, épuise à la fois les deux seules sources de toute richesse : la Terre et le travailleur - Il faut le liquider, sans quoi l’histoire risque vraiment de mal tourner.         


Daniel Tanuro est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Daniel Tanuro publiés par Mondialisation.ca


Les glaciers himalayens ne fondent pas

Publié le 15/11/2009 à 22:25 par djamazz
Les glaciers himalayens ne fondent pas

par Doug L. Hoffman
Mondialisation.ca, Le 15 novembre 2009

D’après un déluge d’articles récents, de la BBC et d'autres grands médias, les glaciers himalayens fondent à une allure record. C’est bien sûr interprété comme démontrant que le changement climatique s’effectue toujours à une vitesse de plus en plus grande, en dépit du fait que la température mondiale stagne depuis dix ans. Qu'est-ce qui pourrait bien expliquer le rapide recul des glaciers himalayens ? Rien du tout, puisque ces glaciers ne reculent pas. Un nouveau rapport, publié par un grand glaciologue indien, indique que les glaciers restent congelés et absolument intacts.

Le rapport de Vijay Kumar Raina, autrefois à l’Inspection Géologique de l'Inde, cherche à corriger les communications largement répandues, selon lesquelles les quelques 10.000 glaciers himalayens de l'Inde se réduisent rapidement à cause du changement climatique. Ce n'est pas vrai, dit Raina. Les rumeurs pourraient provenir du rapport de 2007 du Deuxième Groupe de Travail de la branche asiatique du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC), qui prétend que les glaciers de l'Himalaya « diminuent plus vite que partout ailleurs dans le monde et, si le rythme actuel se maintient, la probabilité qu'ils aient disparu en 2035, et peut-être avant, est très élevée si le réchauffement de la Terre conserve son rythme actuel. » Cette fausse déclaration s’appuyait, évidemment, sur des relevés limités à seulement un petit nombre de glaciers.

Le rapport de Raina se sert des études publiées et des conclusions inédites d'une demie douzaine de groupes indiens, qui ont analysé les données de télédétection des satellites ou ont mené des enquêtes sur place dans des lieux éloignés, souvent à plus de 5000 mètres d’altitude. Bien que le rapport étudie un certain nombre de glaciers, deux particulièrement emblématiques se distinguent. Le premier est le Gangotri, un glacier de 30 km de long aux sources du Gange. Entre 1934 et 2003, ce glacier a reculé en moyenne de 70 pieds (22 mètres) par an, et perdu au total 5% de sa longueur. Mais, selon le rapport de Raina en 2004 et 2005 le recul a ralenti jusqu’à environ 12 mètres par an et, depuis septembre 2007, le Gangotri est « quasiment stable. »


 http://theresilientearth.com/files/images/himilayan_glacier.jpg
Le glacier Gangotri, aux sources du Gange, a reculé de quelques dizaines de mètres de 2004 à 2008. Photos fournies par VK Raina .

Le second glacier, le Siachin au Cachemire, est encore plus stable. Des racontars rapportés par la presse populaire, selon lesquels le Siachin aurait rétréci de pas moins de 50%, sont tout simplement bidons, dit Raina, dont le rapport note que le glacier « n’a montré aucun recul notable au cours des 50 dernières années. » Ces conclusions reposent en partie sur des mesures sur le terrain de l'écologiste Kireet Kumar, du GB Pant Institute of Himalayan Environment and Development d'Almora. Tout comme l'hystérie au sujet de la calotte glaciaire du Groenland, il semble que les histoires sur la disparition des glaciers soient un peu prématurées.

Selon un article de la revue Science, « plusieurs experts occidentaux, qui ont mené des études dans la région, sont d'accords avec l'analyse nuancée de Raina, même si elle entre en conflit avec ce qu’assume le GIEC sur l'Himalaya. » Ces conclusions, « extrêmement provocantes, » sont compatibles avec ce que j’ai appris indépendamment, » affirme Jeffrey S. Kargel, un glaciologue de l'Université de l'Arizona, à Tucson. De nombreux glaciers montagneux du Karakoram, à la frontière entre l'Inde et le Pakistan, « se sont stabilisés ou ont fait montre d’une progression énergique, » a-t-il dit en citant de nouvelles preuves recueillies par une équipe dirigée par Michael Bishop, un géomorphologue de montagne de l'Université du Nebraska.

Récemment rentré d'une expédition au K2, l’un des sommets les plus élevés du monde, le glaciologue canadien Kenneth Hewitt a dit avoir constaté l’avancée de cinq glaciers et le recul d’un seul. Ces indications « mettent en doute l'idée que, dans les hauteurs de l’Indus, les glaciers sont en train de fondre ‘’rapidement’’ et auront disparu dans 30 ans, » a déclaré Hewitt. « Il n'existe aucune signe étayant cette opinion et, de fait, la vitesse de recul a été moindre dans les trente dernières années qu’au cours des six dernières décennies. »

D'autres chercheurs et éminents experts ont élevé la voix à l'appui des conclusions de Raina. Selon le spécialiste des glaciers himalayens John « Jack » Shroder, la seule conclusion possible est que l'évaluation du GIEC sur l'Himalaya est « affreusement fausse. » Le chercheur de l'Université du Nebraska ajoute : « Ils ont été trop prompts à sauter sur la conclusion avec trop peu de données. »

 

http://theresilientearth.com/files/images/Lake_Imja_Tsho_1997-500.jpg

L'Himalaya reste gelé. Photo UNEP.

Le GIEC a aussi commis une bourde dans sa prévision de l'impact de la fonte des glaciers sur l'approvisionnement en eau, déclare Donald Alford, un hydrologue du Montana qui a récemment terminé une étude sur l'eau pour la Banque Mondiale. L'une des prédictions alarmantes du rapport du GIEC concerne la pénurie d'eau dans la région. « Nos données montrent que le Gange résulte principalement des pluies de la mousson, et tant que la mousson ne disparaîtra pas complètement, le Gange sera très semblable à ce qu’il est aujourd’hui. » La fonte glacière contribue au débit annuel pour seulement 3 à 4%, dit Kireet Kumar. Un autre pan de la propagande du catastrophisme climatique est démystifié.

Même devant les données montrant l’erreur de ses travaux, le GIEC semble incapable d'admettre avoir tort. Typiquement, Murari Lal, le président du Centre d’Analyse du Climat, de l’Énergie et du Développement Durable de New Delhi et le coordinateur principal, auteur du rapport 2007 de la branche asiatique du GIEC, rejettent l'idée que le GIEC s’est éloigné de la réalité sur les glaciers himalayens. D’un ton encore plus irrité, le président du GIEC Rajendra Pachauri, a accusé le ministère de l'environnement indien d’« arrogance, » pour son rapport qui affirme qu'il n’existe aucun signe montrant que le changement climatique a réduit les glaciers himalayens. Malheureusement pour les alarmistes du changement climatique, la vérité a émergé. Les glaciers de l'Himalaya restent congelés sans problème et ils ne sont pas prêts à disparaître de sitôt.

Prenez soin de vous, profitez de l'ère interglaciaire et demeurez sceptique.

 

Original : http://theresilientearth.com/?q=content/himalayan-glaciers-not-melting, 13 novembre 2009.    

Traduction : Pétrus Lombard


 Articles de Doug L. Hoffman publiés par Mondialisation.ca

«Nous avons beaucoup à apprendre des pays du Sud.»

Publié le 07/11/2009 à 16:56 par djamazz
«Nous avons beaucoup à apprendre des pays du Sud.»

 

Guy Kastler Jeudi 5 Novembre 2009


«Nous avons beaucoup à apprendre des pays du Sud.»

L’agroindustrie met en danger les fondements alimentaires de nos enfants

Interview de Guy Kastler, «Réseau semences paysannes»1, France*

sl. Dans le monde entier les voix en faveur d’une agriculture sans organismes génétiquement modifiés (OGM) se multiplient. En Suisse, il est interdit de cultiver des OGM jusqu’à 2010 et le Parlement décidera cette année encore si les cultures d’OGM seront même interdites au-delà de 2010. L’Autriche, la France, la Hongrie, la Grèce et depuis le 14 avril également l’Allemagne interdisent la culture de plantes génétiquement modifiées. Ils émettent tous des réserves quant à la compatibilité avec l’environnement. En Europe entière 230 régions, plus de 4200 communes et associations locales, des dizaines de milliers d’agriculteurs et de fabricants de produits alimentaires se sont déclarés «sans OGM».
Le «Rapport mondial sur l’agriculture» publié l’année passée constate également que les manipulations génétiques posent jusqu’à nos jours plus de problèmes qu’elles n’en résolvent et orientent la recherche vers les produits brevetables. (cf. Horizons et débats no 44/08, no 27/09). Il ouvre de bonnes perspectives permettant de nourrir de façon durable la totalité de la population mondiale. 400 scientifiques ont étudié les méthodes et techniques culturales dans le monde entier et sont parvenus à la conclusion que de petites exploitations agricoles à fort ancrage régional sont à même de garantir une nourriture suffisante pour tous.
L’industrie agroalimentaire, ne voulant pas renoncer à ses profits, continue de développer les OGM malgré les nombreux moratoires. Les dix plus grandes multinationales de la semence et du génie génétique con­trôlent presque 60% du marché semencier planétaire.
Guy Kastler, agriculteur français et membre du «Réseau semences paysannes», parle dans l’interview ci-dessous de ce que préparent les multinationales de l’industrie génétique et agroalimentaire: des plantes mutées à coup de radiations, des OGM de deuxième génération, des semences de synthèse dont les gènes seront numérisés et privatisés. Des projets développés et réalisés à huit clos, sans débat public alors que l’humanité toute entière en sera directement concernée. Il est impératif que soit lancé un large débat public à ce sujet. Le délégué général du «Réseau semences paysannes» explique également comment nous, jardiniers paysans ou simples citoyens urbains, pouvons empêcher cette destruction programmée du vivant.

Sophie Chapelle2: Y a t-il aujourd’hui des plantes mutées dans nos assiettes ?

Guy Kastler: Oui, nous mangeons tous des blés mutés ou des potagères mutées. Contrairement aux plantes transgéniques [des plantes auxquelles des gènes étrangers à leur patrimoine génétique ont été implantés pour les rendre résistantes aux parasites et pesticides, ndlr.], il n’y a aucune obligation d’information du consommateur. Les plantes mutées sont considérées comme des OGM par la directive européenne 2001-18, mais elles sont exclues de son champ d’application. Près de 3000 variétés de 170 espèces différentes obtenues à partir de mutations incitées sont recensées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Elles sont commercialisées sans aucun étiquetage et sans aucune évaluation environnementale ou sanitaire. Pourtant, de l’aveu même des chercheurs, le stress violent que subit la plante génère des recombinaisons génétiques aléatoires plus nombreuses qu’avec la transgénèse. Ces recombinaisons sont responsables de la plupart des effets nocifs des OGM sur la santé. Il n’y a aucune raison pour qu’elles soient inoffensives avec les plantes mutées.

Depuis quand l’Agence internationale de l’énergie atomique s’occupe-t-elle d’agriculture?

Elle travaille depuis une dizaine d’années, en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur l’augmentation de la production alimentaire des Etats membres. Ils justifient le recours à la mutagenèse par le besoin de trouver des plantes dès maintenant pour nourrir le monde.

En quoi consiste cette mutagenèse?

Depuis les années 1950, les chercheurs travaillent sur des cellules qu’ils soumettent à un stress important: par irradiations – bombardements au cobalt ou rayons gamma – ou avec des produits chimiques très agressifs comme la colchicine. C’est ce stress qui provoque une mutation de gènes aussi appelée «mutation incitée» par l’AIEA3. Pendant des années, le coût de cette technique aléatoire a freiné son développement. Après avoir soumis des milliers de cellules au stress mutagène, il fallait les multiplier en autant de plantes avant de savoir si cette mutation présentait un intérêt. La connaissance aujourd’hui du génome de la plante rend la méthode de la mutagenèse intéressante économiquement et industriali­sable. A partir du moment où l’on a la séquence génétique complète d’une plante, on repère immédiatement dans la cellule si un gène a muté ou pas et si la mutation est intéressante. Une dizaine de multiplications suffisent ensuite pour obtenir les lignées recherchées. La mutation incitée est considérée comme une «méthode de sélection traditionnelle», une tradition pourtant bien récente. On ne ferait qu’accélérer le processus naturel de modifications spontanées des plantes, au fil des millénaires et de leur co-évolution avec l’environnement.4
La lutte contre les «simples» OGM est-elle déjà dépassée? Où en est le rapport de force au niveau européen?
La bagarre contre les OGM de première génération – OGM pesticides et/ou OGM résistants à un herbicide – n’est pas gagnée en Europe. Depuis 15 ans cependant, nous maintenons un rapport de force qui nous est favorable et qui est important pour les pays du Sud car il justifie leurs moratoires. Mais cela risque d’évoluer avec l’arrivée sur le marché des OGM de deuxième génération. Ces OGM sont dits «sécurisés» et «éco-compa­tibles» car ils sont censés garantir l’absence de risque pour l’environnement et la coexistence entre les cultures OGM et les autres cultures. Leur transgène deviendrait inactif avant la floraison ou la récolte, ou ne serait pas activé sans l’usage d’un produit chimique. Cela empêcherait toute contamination. Actuellement, ces OGM de deuxième génération font l’objet de recherches dans le cadre d’un programme appelé «Transcontainer»5 financé par la Commission européenne.

OGM de deuxième génération en préparation, plantes mutées déjà commercialisées … Que nous préparent encore les apprentis sorciers du XXIe siècle?

Pendant longtemps, la biologie moléculaire a reposé sur l’idée qu’à un gène correspondait une protéine. Lorsque l’on modifiait un gène, on pensait ne modifier que la protéine. Ce dogme est totalement remis en cause aujourd’hui par la biologie synthétique. Aussi appelée biologie «systémique», elle porte sur la manière dont les gènes sont reliés entre eux. Les liens qui organisent les relations entre les gènes influeraient tout autant que les gènes eux-mêmes sur la présence et la nature des protéines. C’est ainsi que des chercheurs travaillent actuellement sur la combinaison de plusieurs gènes en vue de créer des plantes résistantes à la sécheresse. Mais ces recherches n’ont pas abouti pour le moment.
Dans la transgénèse, les gènes transférés sont déjà issus de synthèse chimique recopiant la séquence de gènes naturels. Aujourd’hui, une nouvelle étape est franchie. On passe de l’insertion de gènes synthétiques dans des organismes vivants réels – les OGM – à la mise en réseau de ces gènes et à la fabrication de portions de génomes ou de gé­nomes totalement synthétiques. Autrement dit, il est possible de fabriquer aujourd’hui des organismes vivants et reproductibles complètement nouveaux. Des laboratoires ont réussi à le faire avec des bactéries. Leur travail porte aujourd’hui sur les plantes. C’est là que réside le principal danger: la plante entière étant fabriquée par synthèse, les chercheurs n’ont plus besoin de graines vivantes mais seulement de leur séquence génétique numérisée dans un ordinateur.

Les banques de semences, qui conservent la biodiversité des plantes cultivées, risquent-elles d’être abandonnées au profit de se­mences «numériques» privatisées?

C’est déjà le cas, notamment dans les pays du Sud. C’est la mission des Etats de préserver les ressources génétiques – animaux, microbes, plantes – et de les mettre à disposition de tous. Cette mission est d’autant plus essentielle dans les pays qui ont industrialisé leur agriculture que la biodiversité cultivée dans les champs a disparu. Cette mission est pourtant délaissée progressivement au prétexte de manque de crédits. Une partie des banques de gènes est aujourd’hui privatisée, avec un accès de plus en plus restreint pour l’agriculteur ou le jardiner. Toutes les firmes ont construit leurs propres banques de gènes grâce à leur accès facilité aux banques de semences publiques.
En France, le Bureau des ressources génétiques (BRG) a été absorbé par une Fondation de droit privé (Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité) ouverte aux fondateurs publics – INRA,6 CNRS, Musée national d’histoire naturelle, CIRAD – mais également privés.7 Ceux-ci siègent d’office au Conseil d’administration où ils deviendront facilement majoritaires.
Sur l’île de Svalbard en Norvège, les fondations Bill Gates et Rockefeller ont financé une banque de gènes dans laquelle sont entreposés dans le froid plus de 4,5 millions d’échantillons de semences. L’accès à cette banque est réservé aux institutions contrôlées par les multinationales semencières. Ces semences ne seront pas ressemées: elles perdront rapidement toute leur capacité de germination. Même mortes, elles pourront livrer leurs séquences génétiques aux ordinateurs de l’industrie, convaincue de sa capacité à recréer un monde artificiel à partir de ces seules séquences. Un monde qui sera totalement fiché par la marque des droits de propriété industrielle sur les gènes. Mais l’industrie ne pourra jamais faire des plantes capables de s’adapter partout. Elle en fabriquera quelques-unes pour toute la planète, qui ne pousseront qu’avec davantage d’engrais chi­miques et de pesticides. En agissant ainsi, elle remet en cause la possibilité même de nos enfants de se nourrir.

Comment éviter cette destruction du vivant?

Créé en 2003, le Réseau semences pay­sannes s’est développé très rapidement avec l’apparition des OGM. Paysans et jardiniers ont pris conscience que s’ils ne voulaient pas avoir d’OGM, ils devaient s’emparer du travail de conservation, de sélection et de multiplication des semences. La première étape a donc été de se réapproprier les savoirs et les ressources génétiques pour les remettre dans les champs. Tout en continuant ce travail de réappropriation, nous sommes en train de passer à une deuxième étape. Face au risque de disparition de milliers de graines enfermées dans des banques, face à l’impossibilité de sélectionner des plantes saines à partir de se­mences commerciales modernes trafiquées – à cause de la perte de leur qualité nutritionnelle et du besoin d’engrais chimiques pour pousser – nous appelons à vider les banques de semences pour faire des maisons de la semence.

A quoi servent ces maisons de la semence? Quel rôle peuvent jouer les simples citoyens?

L’idée des maisons de la semence est que paysans et jardiniers s’y regroupent pour mettre leurs semences en commun et gèrent en­semble ce patrimoine. On ne peut pas chacun de son côté replanter chaque année 500 à 800 variétés de semences. Dans la mesure où l’Etat privatise cette mission de service public, la société civile doit s’en emparer en faisant reposer la gestion de ce patrimoine sur une organisation collective. Les paysans ont un rôle clair à jouer dans ce travail de culture. Les jardiniers amateurs sont aussi une composante essentielle. Ils ont préservé ces der­nières années des milliers de variétés anciennes de pota­gères ou d’arbres fruitiers qui seront une bonne partie de l’alimentation de demain. Pour celles et ceux qui n’ont pas de terre, nous avons besoin d’une aide administrative mais aussi de personnes qui communiquent sur ce travail et lui donnent du sens. La société civile doit aussi nous aider à mobiliser les élus pour la reconnaissance des droits des paysans et des jardiniers à conserver, ressemer et échanger leurs semences. Des conseils municipaux ont déjà pris des délibérations pour cela.

Les lois actuelles empêchent donc les paysans de ressemer leur propre récolte?

Le verrouillage juridique est de pire en pire. En France, les agriculteurs n’ont pas le droit d’échanger des semences. Ils ne peuvent plus ressemer une partie de leur récolte sans payer de royalties, c’est à dire une redevance aux semenciers. On parle de «contribution volontaire obligatoire» pour le blé tendre. C’est un système qui pourrait être étendu à toutes les espèces. On a encore le droit aujourd’hui d’échanger des semences qui ne sont pas inscrites au catalogue à titre payant ou gratuit si c’est pour une exploitation non commerciale. On peut par exemple vendre une semence à un jardinier amateur car il va consommer sa propre récolte et ne pas la vendre sur un marché. Mais cette dernière marge de manœuvre risque aussi de disparaître avec une réforme actuelle des règlements européens. Pourtant, le Parlement a ratifié un traité, le TIRPAA8 qui reconnaît les droits des paysans à ressemer, échanger et vendre leurs semences. Mais le gouvernement n’applique pas ce traité et une campagne citoyenne est aujourd’hui indispensable pour la reconnaissance de ces droits.

Ces alternatives ont-elles des équivalents en Europe?

Des réseaux ressemblent beaucoup aux nôtres en Italie, en Espagne, en Allemagne ou en Autriche. La mobilisation citoyenne en Europe sur le thème des semences prend de l’ampleur et accompagne très souvent les luttes anti-OGM. Nous avons du retard sur les pays du Sud où la conservation de la biodiversité est le premier acte de l’agriculture vivrière. Tous ces paysans conservent et échangent leurs semences. Leur mobilisation aujourd’hui est extrêmement importante à la fois contre les lois européennes qui s’im­posent à l’ensemble de la planète, et contre les OGM pour protéger leurs semences des conta­minations. Nous avons beaucoup à apprendre des pays du Sud.    •

Source: www.bastamag.net: Sophie Chapelle. L’industrie génétique remet en cause la possibilité pour nos enfants de se nourrir.

1    Semences Paysannes est un réseau constitué d’organisations paysannes et d’agriculture biologique nationales, d’organisations spécialisées, d’artisans, de paysans, d’associations semencières ou pépiniéristes, d’associations de développement et d’associations de conservation de la Biodiversité cultivée.
2     Sophie Chapelle a réalisé cette interview pour le site internet Basta! (www.bastamag.net) qui se considère comme alternative à la presse «main­stream» et met à dispositions des informations sur les mouvements sociaux et environnementaux.
3     «Les scientifiques de l’AIEA utilisent les rayonnements pour produire des plantes améliorées à rendement élevé qui soient capables de s’adapter à des conditions climatiques difficiles comme la sécheresse ou les inondations, ou de résister à certaines maladies et insectes ravageurs. L’induction de mutations, c’est le nom de la technique, est sûre, éprouvée et rentable. Elle est utilisée depuis les années 20 », communiqué de l’AIEA du 2 décembre 2008, « La science nucléaire au service de la sécurité alimentaire».
4     «Je comprends que les gens se méfient de ces technologies mais, pour ce qui nous concerne, il faut bien comprendre que, dans la sélection des plantes, nous ne produisons rien qui ne soit produit par la nature elle-même. Aucun rayonnement résiduel ne subsiste dans une plante après l’induction de mutation», Pierre Lagoda, Division mixte FAO/AIEA.
5     Dans le cadre du projet «Transcontainer» de l’UE le développement de la soi-disant technologie «Terminator» est poursuivie malgré un moratoire contre la libération et l’utilisation de ces technologies qui jouent sur une modification génétique destinée à stériliser la semence pour éviter la reproduction et le développement de cette dernière par les agriculteurs. On parle de la deuxième génération d’OGM. Avec la technologie Terminator, le pouvoir des multinationales agroalimentaires se renforce davantage, car les agriculteurs sont obligés de racheter chaque année des semences chères aux multinationales de la semence.
6     INRA: Institut public de recherche agronomique.
7     France génétique élevage pour les éleveurs, Limagrain ou Oleosem pour les semenciers, L’Oréal ou LVMH pour les cosmétiques. Total pour l’énergie ou encore le Medef, pour n’en citer que quelques-uns, font partie du Conseil d’orientation stratégique de la fondation aux côtés de structures publiques ou d’associations de défense de l’environnement. (ndlr)
8     TIRPAA: Traité international sur les ressources phy­togénétiques pour l’alimentation et l’agriculture.

*Guy Kastler est délégué général du «Réseau se­mences paysannes», chargé de mission pour «Nature et Progrès», membre de la Confédération paysanne et de la Commission Biodiversité de «Via Campesina».

Mutation

Le terme mutation est utilisé pour désigner une modification irréversible de l’information génétique et héréditaire d’un organisme. Elle peut se produire de manière spontanée et naturelle ou être provoquée artificiellement. A quel endroit du matériel génétique une mutation a lieu et quels en sont les effets sur l’organisme, cela n’est pas prévisible, et pas davantage en ce qui concerne les mutations artificiellement provoquées.

Mutagenèse

La mutagenèse est une technique destinée à provoquer des mutations dans le génome d’un organisme. Dans le domaine de la recherche biologique et médicale et de la culture, la mutagenèse est appliquée afin de trouver des caractéristiques souhaitées. Les mutations incitées sont des mutations qui sont provoquées par des mutagènes (des agents provoquant des mutations) d’origine physique, chimique ou biologique.

Organismes transgéniques ou OGM

Un organisme génétiquement modifié (OGM) est un organisme vivant dont le patrimoine génétique a été modifié par l’homme. Suivant les législations, les moyens permettant ces modifications vont de la sélection aux méthodes de génie génétique. Ces dernières permettent de modifier des organismes par transgénèse, c’est-à-dire l’insertion dans le génome d’un ou de plusieurs nouveaux gènes. Un «organisme transgénique», terme qui désigne les organismes qui contiennent dans leur génome des gènes «étrangers», est donc toujours un organisme génétiquement modifié, l’inverse n’étant pas toujours vrai. Les OGM présentent encore d’autres caractéristiques, le maïs BT par exemple produit dans chaque cellule un pesticide. Les recherches sur les autres effets qu’une séquence génétique étrangère peut avoir sur l’organisme ne sont pas encore effectuées.

FAO

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (connue sous les sigles ONUAA ou, plus couramment FAO soit en anglais Food and Agriculture Organization of the United Nations) est une organisation spécialisée du système des Nations unies, créée en 1945 à Québec. Son siège est à Rome depuis 1951. La FAO regroupe 191 Etats membres.
Son devoir est d’améliorer la production et la distribution des produits agricoles et alimentaires dans le monde entier afin de construire un monde libéré de la faim.
L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture met l’accent sur quatre domaines:
•    Fournir une assistance technique aux pays en développement.
•    Fournir des informations et harmo­niser les normes dans les domaines de la nutrition, l’agriculture, les forêts et la pêche,
•    Conseiller les gouvernements et leur fournir un espace de débat multilatéral.
•    Organiser des forums neutres entre les Etats pour débattre des principaux problèmes relatifs à l’agriculture et l’alimentation.

AIEA

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est une organisation scientifique et technique autonome qui occupe un statut particulier au sein des Nations unies. Il ne s’agit pas d’une organisation spécialisée des Nations unies mais d’une organisation liée à ces dernières par un accord particulier. L’AIEA fournit régulièrement des rapports à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité des Nations unies si jamais elle constate que la sécurité internationale est en danger. Elle cherche à promouvoir les usages pacifiques de l’énergie nucléaire et s’efforce d’empêcher la prolifération des armes atomiques et leurs applications militaires.
cf. http://fr. wikipedia.org    


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La mosquée Al-Aqsa: l'OCI lance une mise en garde

Publié le 04/11/2009 à 11:56 par djamazz
La mosquée Al-Aqsa: l'OCI lance une mise en garde  03/11/2009
Sample Image Toujours exposés au danger de l'agression du régime sioniste, les lieux saints de Qods, surtout l'esplanade des Mosquées se trouvent au centre des préoccupations de l'Organisation de la Conférence islamique, OCI, dont le secrétaire général, Ekmeleddin Ihsanoglu, a lancé une mise en garde, à la réunion d'urgence du comité exécutif de l'instance à Djedda en Arabie Saoudite. Il a tenu à souligner que la question de la sainte Qods était la ligne rouge du monde de l'Islam et tout préjudice contre ce lieu saint ferait déferler un tollé général dans le monde de l'Islam et torpillerait la paix et la stabilité du monde. D'après le Secrétaire général de l'OCI, les pays islamiques qui en ont assez des profanations systématiques de Qods et de ses lieux saints, par le régime sioniste, exigent une action urgente de la communauté internationale pour protéger les principes sacrés de l'Islam et ses hauts lieux dans la ville sainte. Les ministres des Affaires étrangères de l'OCI se sont retrouvés, dimanche le premier novembre, dans la ville portuaire de Djedda en Arabie Saoudite, pour se pencher sur les impacts des agressions d'Israël contre la sainte Qods et la mosquée Al-Aqsa. La déclaration finale de cette réunion demande au Conseil de sécurité de l'Onu de se réunir en urgence pour examiner cette question. Le texte appelle l'Unesco à décréter une résolution afin d'arrêter les actes dévastateurs d'Israël pour changer le tissu culturel de la sainte Qods et détruire son patrimoine historique. Or, faisant fi aux protestations mondiales, le régime de Tel-Aviv a lancé ses bulldozers à Qods, rasant lundi plusieurs maisons dans cette ville. Les forces du régime usurpateur ont établi une ceinture de sécurité au tour des régions où s'effectuaient des opérations de destruction pour les rendre plus faciles. Le juge des juges de la Palestine Taysir Al-Tamimi a lancé un appel vibrant, déclarant dangereuse la situation où se trouvait la mosquée Al-Aqsa. Toujours d'après lui, le régime sioniste cherchait à la diviser. Tel-Aviv, a-t-il martelé, est responsable des conséquences de ses crimes et de ses actes blasphématoires contre la sainte Qods et l'esplanade des Mosquées. Ces dernières semaines Qods et l'esplanade des Mosquées notamment la mosquée Al-Aqsa ont été le théâtre des agressions consécutives des militaires sionistes.

http://french.irib http://french.irib

MONSANTO

Publié le 04/11/2009 à 11:36 par djamazz
MONSANTO

Une entreprise « des sciences de la vie au service d’un développement durable »

ou

UN NOUVEAU SERVAGE À ECHELLE PLANÈTAIRE ?

barmya@orange.fr Mardi 3 Novembre 2009


MONSANTO

Qu’est-ce que Monsanto : l’archétype de la multinationale tentaculaire et planétaire ! Née en 1901, active dans 46 pays, forte de 17500 salariés et d’un chiffre d'affaires de 7,5 milliards de $ en 2006 Monsanto se fait véritablement connaître comme nuisance globale avec le fameux Agent orange. Un défoliant à base de dioxine largué à partir 1961 et pendant une décennie sur les forêts du Nord Vietnam couvrant le lacis de la piste Hô Chi Minh par laquelle transitait hommes et armes à destination du Sud. Puissamment carcinogène, tératogène et mutagène l’Agent orange 47 ans plus tard continue à tuer. Au glorieux palmarès de la marque, ajoutons l’herbicide total connu sous le nom de Round Up présenté mensongèrement comme biodégradable (1), un produit pourtant suspect de favoriser des malformations embryonnaires et d’être un agent précurseur de la carcinogenèse ; l’édulcorant de synthèse Aspartame possible inducteur de lésions cérébrales que l’on retrouve dans tous les produits light mais pour lequel la firme ne touche plus aujourd’hui de royalties le brevet étant tombé en
1992 dans le domaine public ; ajoutons les hormones de croissances bovine et laitière interdites en Europe ; les PCB, polychlorobiphényles ou pyralènes utilisés dans les transformateurs électriques mais qui ont contaminé chacun d’entre nous et toute la chaîne alimentaire depuis les phoques de l’Arctique jusqu’au lait humain ; enfin les OGM, organismes génétiquement modifiés grâce auxquels Monsanto via ses complicités dans l’Administration américaine (2), donneuse d’ordre aux classes dirigeantes de la démocratie mondiale, est en train d’établir une hégémonie planétaire sur les semences. Ce qui signifie en clair la mise sous tutelle de l’agriculture et partant, la dépendance alimentaire des États.  
 
 L’Amérique déjà maîtresse des robinets pétroliers aurait ainsi aussi à sa main le sort des nations placées sous l’épée de Damoclès d’un embargo semencier, de pénuries, voire d’un retour des disettes. L’énergie et l’alimentation, quoi de mieux pour assurer une domination mondiale et instaurer indirectement un nouveau servage, universel cette fois ?
   
 Or, à quoi servent les OGM ? Inexistants avant 1993, les OGM végétaux, soja, maïs, coton, en 2006 couvraient 100 millions d'hectares soit 7 % des terres cultivées (1 md1/2 d'ha).  Certains d’entre eux sont prétendument utiles à rendre les plantes résistantes aux insectes ravageurs, ce qui est évidemment archifaux : en France par exemple la pyrale attaque toujours les plantations BT pourtant réputées résistantes. D’autres variétés sont censées rendre les végétaux réfractaires aux herbicides en particulier au Roundup généreusement déversé à travers le monde sur les terres agricoles avant de se retrouver un jour ou l’autre dans la nappe phréatique.  
 
 Précisons que la question cruciale de l'innocuité en soi des OGM pour la santé humaine est encore loin d’être réglée car de vrais doutes subsistent ! Ce qui pose la question de leur dissémination dans l’environnement. Une contamination, qui se généralise, des souches naturelles crée dans certains cas des situations ubuesques : au Paraguay, au Brésil ou aux Etats-Unis des agriculteurs dont les cultures ont été contaminées par OGM se voient en effet contraints de verser des royalties à Monsanto ! En Inde, les graines de coton non OGM se raréfient or les semences brevetées sont quatre fois plus chères et requièrent tout autant de pesticides contrairement à ce que prétend Monsanto. Les déclarations des Organisations internationales présentant les OGM comme un moyen de lutte contre la famine et la sous-nutrition au bénéfice des petits propriétaires des pays en développement prennent au final tout leur sens quand on sait qu’en 2006 le coton BT soi-disant résistant, mais atteint par la maladie, a sur un semestre entraîné la faillite et le suicide de quelque 680 paysans indiens !  
 
 À quoi donc finalement servent Monsanto, sa chimie, ses OGM ? À polluer la planète ; à créer un empire financier, rouleau compresseur que plus rien ne semble devoir arrêter et qui étend chaque jour davantage son emprise dans le monde où les entreprises semencières sont rachetées les uns après les autres conférant progressivement au géant Nord américain un quasi-monopole planétaire. Rien ni personne ne lui résiste et les gouvernements compradores comme celui qui est aujourd’hui à la barre en France, après avoir donné des assurances, reviennent allégrement sur les engagements pris sous la pression
des opinions.   
 
 Souvent stériles, les OGM n’étant pour la plupart pas réensemençables l’année suivante, la dépendance à l’égard du fournisseur Monsanto constitue donc une menace immédiate, autrement sérieuse que nucléaire iranien, pour notre sécurité alimentaire ! L’allégeance aux OGM dans l’espoir de superprofits est un danger immédiat surtout en ces temps d’instabilité mondiale, de récession et de crise. Si l’on a en mémoire que pendant la Guerre froide les grands  programmes de recherche en matière d'armes biologiques, notamment aux Etats-Unis, se portaient sur les agents de morbidité végétale, des épidémies comme celle de la fièvre aphteuse ou de la peste porcine qui décimèrent les cheptels européens à la fin du XXe siècle, transposées aux cultures végétales nous livreraient pieds et poings liés au bon vouloir de Monsanto et consort.
 
 On comprendra de ce point de vue à quel point une agriculture assurant une stricte indépendance alimentaire devient, surtout dans la conjoncture actuelle de flambée spéculative mondiale sur les matières premières, un impératif absolu auquel nos décisionnaires tournent résolument le dos dans le but explicite d’assujettir l’Europe à la Destinée manifeste du continent Nord-américain. Grâce leur soit rendue !  
   
 Jean-Michel Vernochet
 9 avril 2008
   
   
 1 .
http://www.ouest-france.fr/actu/actuDetFdj_-Roundup.-Monsanto-condamne-pour-publicite-mensongere_39382-1111254_actu.Htm

 
 2 . Une spécialité maison que met en évidence la journaliste d’investigation Marie-Monique Robin (Le Monde Selon Monsanto Arte Editions/La Découverte 2008) est un authentique savoir-faire en matière de manipulation des dossiers d’homologation de produits Monsanto en recourant à un lobbying intensif caractérisé par la nomination ou l’éviction sur commande des hommes susceptibles de servir ou de desservir Monsanto à la tête des grandes agences américaines de contrôle sanitaire  comme la Food & Drugs Administration. L’exemple le plus impressionnant restera sans doute celui, apparemment oublié de tous, du rôle joué par Donald Rumsfed, pour faire autoriser par l’administration fédérale la mise sur le marché de l’Aspartame (cf. Caligula au Pentagone. Andrew Cockburn, Éd. Xenia 2007).
Ajoutons que dès 1983, Rumsfeld relayait déjà auprès de Saddam Hussein les intérêts du groupe pétrochimique américain Bechtel, une relation qui lui permettait en 1988 – époque où la guerre chimique faisait rage entre l’Iran et l’Irak, affrontement qui culmina avec le martyr de la ville kurde d’Hallabja – de conclure un contrat pour la construction à Bagdad d’une usine chimique à des fins civiles… et militaires !
 
 http://www.terrefuture.fr/monsanto-446

Le CGIAR et l’accaparement des terres au niveau mondial

Publié le 09/10/2009 à 09:34 par djamazz
Le CGIAR impliqué dans l’accaparement des terres au niveau mondial
Mondialisation.ca, Le 8 octobre 2009

Il était quasiment inévitable que les instances internationales de la recherche agricole se retrouvent dans la mêlée actuelle aux côtés des gouvernements et des investisseurs privés qui cherchent des terres pour assurer une production alimentaire à l’étranger. Après tout, voila où arrive en ce moment une bonne partie de l’argent affecté à la « sécurité alimentaire » : une foule de nouveaux projets destinés à acquérir et mettre en exploitation d’immenses étendues de terres pour une production agricole à l’étranger. GRAIN a identifié plus d’une centaine de transactions de ce type, la plupart d’entre elles déclenchées par les crises alimentaire et financière de la fin de l’année dernière.(1)

Six mois plus tard, l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) a estimé que, effectivement, 15 à 20 millions d’hectares, essentiellement en Afrique et en Asie, ont récemment été loués, achetés ou font l’objet de négociations pour une production alimentaire destinée à d’autres pays.(2) La Banque mondiale a entrepris sur cette question une grande étude, qui bénéficie de l’appui de la Banque puisqu’elle encourage le développement de la privatisation et des agro-industries au Sud, et qui devrait être finalisée d’ici la fin de cette année.(3) L’accaparement des terres est même devenu cette année un sujet récurrent dans la plupart des débats officiels sur les politiques de sécurité alimentaire dans les plus hautes instances politiques, que ce soit la réunion des dirigeants du G8, l'Union africaine ou l'Assemblée générale des Nations Unies.

Des dizaines de milliards de dollars ont été mobilisés jusqu’à présent, sur le papier pour la plus grande partie, pour transformer ces transactions sur les terres en nouvelles plantations productives.(4) C’est de l’argent frais qui se répand par ci par là dans un monde en proie à une famine croissante. Il n’est pas douteux, donc, que les instituts de recherche qui développent de nouveaux types de semences, de machines agricoles ou de technologies d’irrigation dans le cadre de missions humanitaires, vont vouloir une part du gâteau.Mais peuvent-ils se le permettre ? L’IFPRI, l’une des 16 structures de recherche financées par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) de la Banque mondiale, a fait bruyamment savoir en avril dernier qu’il redoutait que ces opérations d’accaparement de terres puissent se retourner contre leurs protagonistes et qu’il essayait de promouvoir un certain nombre de principes qui en feraient des accords « gagnant-gagnant ». Toutefois, l’encre de cet appel à la prudence n’était pas encore sèche que l'Institut international de recherche sur le riz (IRRI), un centre du même groupement, commençait déjà à s’aventurer dans les eaux troubles de l’accaparement des terres.

L’IRRIentre dans la mêlée

photo of meeting

Le Dr Abdelbagi Ismail, de l’IRRI, Ahmed Al-Sadhan du ministère saoudien du Commerce et de l’Industrie, et Bob Zeigler, Directeur général de l’IRRI

Un document interne, récemment mis en ligne sur le site web de l’IRRI, révèle que l’Institut aconseillé l’Arabie saoudite dans le contexte de sa stratégie d’acquisition de terres agricoles à l’étranger pour sa propre production alimentaire. Cette information apparaît dans le compte rendu d’une réunion de mars 2009 à Riyad entre le Dr Robert Zeigler, le directeur général de l’IRRI, et des représentants officiels du gouvernement et du secteur privé saoudiens. L’IRRI, dont le siège est aux Philippines, est souvent considéré comme le premier institut de recherche rizicole du monde. L’Arabie saoudite est le troisième importateur mondial de riz, et une bonne partie de ses projets agricoles à l’étranger gravitent autour de cette céréale de base. Pour les Saoudiens, les enjeux sont considérables. La facture des importations alimentaires du pays devrait atteindre 15 milliards de dollars cette année, en hausse de 25 % par rapport à 2008.(5)

Les notes sur ces discussions, prises par l’IRRI et initialement mises en ligne sur son site web, révèlent que l’IRRI a rencontré et conseillé legouvernement d’Arabie saoudite et des sociétés saoudiennes sur les pays où investir pour produire du riz. Elles indiquent également que les deux parties ont travaillé sur une proposition visant à formaliser le rôle de l’IRRI dans le développement et la mise en œuvre des projets du royaume saoudien en matière de riziculture à l’étranger.

Le 7 mars 2009, Zeigler et deux autres représentants de l’IRRI ont rencontré le Dr Ahmed Al-Sadhan, ledirecteur général de l’Office national des stratégies industrielles au sein du Ministère du Commerce et de l’Industrie, ainsi que des représentants de certaines des principales sociétés impliquées dans les efforts coordonnés de l’Arabie saoudite pour assurer une production alimentaire à l'étranger, notamment la Tabuk Agricultural Development Company (TADCO).

Cette réunion faisait suite à la visite d’une délégation saoudienne de représentants du gouvernement et d’hommes d’affaires au siège de l’IRRI, aux Philippines. À l’occasion du voyage en Arabie saoudite, la délégation de l’IRRI a également rendu visite à la Banque islamique de développement et à deux sociétés impliquées dans la planification de l’externalisation de la production de riz, l’Olayan Financing Company et Foras International.

Les notes précisent clairement que, au cours de cette visite en Arabie saoudite, l’IRRI a conseillé des représentants officiels saoudiens sur des investissements dans la riziculture à l’étranger.

« Le conseil de Bob [Zeigler] a été d’investir dans des pays à faible densité de population et qui ont des bonnes ressources et un climatpropice à la production rizicole. Parmi les pays potentiels mentionnés au cours de la réunion figuraient l’Éthiopie, le Soudan et l’Égypte. Bob a également ajouté la Tanzanie, le Mozambique, le Mali et le Sud du Brésil », selon les notes de la réunion dans les bureaux du Dr Ahmed M. Al-Sadha.

L’IRRI, néanmoins, nie avoir fourni un conseil à un quelconque gouvernement sur des acquisitions à l’étranger de terres destinées à la production alimentaire. « L’IRRI n’intervient dans aucun projet d’acquisition de terres pour la production de riz, et ne fournit aucun conseil sur l’acquisition de terres : ceci ne fait pas partie de la mission de l’IRRI », déclare l’institution dans la réponse prudemment formulée qu’elle a apportée à la demande d’éclaircissements de GRAIN.

Pourtant, au cours de cette même réunion à Riyad, les deux parties ont discuté d’un rôle officiel pour l’IRRI dans le cadre du plan de sécurité alimentaire du gouvernement saoudien, ce qui a conduit l’IRRI à fournir des « recommandations » pour l’élaboration d’un « cadre pour ce qui doit être fait en termes de besoins de recherche, pays ciblés et assistance nécessaire, etc. »

« Sur la base de cette discussion, la réunion a proposé que l’IRRI soumette d’ici fin mars une ébauche de projet sur 5 ans. Cette ébauche de projet devrait faire apparaître les domaines de recherche qui nécessitent une assistance supplémentaire de l’IRRI et sont pertinents pour l’initiative saoudienne à l’étranger, un budget approximatif et des directives pour des investissements dans la production rizicole à l’étranger » relève l’IRRI dans ses notes. Il y a aussi eu des discussions entre les deux parties sur le rôle que pourrait jouer le Centre africain du riz (WARDA), un autre centre du CGIAR, basé à Cotonou.

Dans sa lettre à GRAIN, l’IRRI reconnaîtavoir soumis à l’Arabie saoudite des « notes conceptuelles pour des propositions de recherche » mais précise qu’ « aucun accord n’a été conclu avec le Royaume d’Arabie saoudite et [qu’]aucun projet n’est actuellement financé par ce pays. »

Foras a informé l’IRRI de son acquisition de 500 000 ha de terres agricoles au Sénégal et de 200 000 ha de terres agricoles au Mali pour la production de riz.

Le « modèle Foras »

Une grande partie de la visite de R. Zeigler en Arabie saoudite a été consacrée à des réunions avec des représentants de sociétés agro-industrielles chargées de la mise en œuvre de la stratégie du gouvernement saoudien pour la production alimentaire à l’étranger. L’IRRI a notamment rencontré TADCO, une société activement impliquée dans l’installation d’exploitations agricoles hors du pays.(6) Entre autres projets, TADCO participe à un consortium saoudien qui investit actuellement 40 millions de dollars dans l’acquisition de plus de 200 000 ha de terres agricoles à l’étranger pour la riziculture et d’autres cultures vivrières.

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Ahmad Mohamed Ali Al-Madani, président du groupe IDB rencontre le directeur général de l’IRRI, Bob Zeigler. Source: IRRI

L’IRRI a également eu une réunion avec Foras International Investment Company, une autre entreprise qu’il avait déjà rencontrée à une autre occasion aux Philippines. Selon le compte rendu de la réunion établi par l’IRRI, Foras a informé le centre du CGIAR de son achat de 500 000 ha de terres agricoles au Sénégal et de 200 000 ha de terres agricoles au Mali pour la production de riz. Les représentants de l’IRRI ont alors conseillé Foras sur son projet et discuté de la participation de l’IRRI. Les représentants de Foras et les gouvernements concernés n’ont pas encore à ce jour reconnu publiquement ce transfert de terres, qui aurait évidemment des répercussions politiques dans les pays concernés.

L’IRRI a confirmé à GRAIN que les deux parties ont signé un protocole d’accord en décembre 2008 qui « formalise de façon générale les relations entre IRRI et Foras et indique que les deux organisations rechercheront des opportunités de collaboration de recherche avantageuses pour chacune. »

Foras est une filiale récemment créée de la Chambre islamique du commerce et de l’industrie, financée par la Banque islamique de développement, le gouvernement saoudien et des investisseurs privés.Sa mission est de développer les investissements dans les pays islamiques et elle joue un rôle particulièrement actif dans le soutien aux objectifs des pays du Golfe en matière de production de denrées alimentaires à l’étranger. Reuters a récemment rapporté que Foras gère un projet, intitulé « 7x7 », qui, sur une période de sept ans, prévoit la production de 7 millions de tonnes de riz sur 700 000 hectares de terres, principalement au Sénégal et au Mali. La Mauritanie, l’Ouganda, le Soudan et le Niger ont été évoqués parmi les pays ciblés.(7) Foras a commencé un projet pilote dans une exploitation rizicole de 2 000 ha en Mauritanie en 2008, supervisé par une équipe de consultants de l’université thaïlandaise de Kasetsart.

Dans son compte rendu des discussions avec la Banque islamique de développement, l’IRRI note que le « modèle Foras » offre de « bonnes opportunités » de collaboration ave l’IRRI.

Au cours des discussions de l'IRRI avec la Banque islamique de développement, il a été indiqué que le « modèle Foras » offrait de « bonnes opportunités » de collaboration avec l'IRRI.

Ce soi-disant « modèle Foras » semble aller de pair avec l’acquisition massive de terres de rizières dans des pays africains, la réhabilitation de systèmes d’irrigation existants et une agriculture mécanisée à grande échelle, principalement pour une exportation vers les pays du Golfe. Une dépêche Reuters du 3 août 2009 rapporte que des représentants de Foras ont seulement déclaré qu’ils « cherchaient » des terres dans trois ou quatre pays, et ont refusé de préciser le type de titre de propriété qui serait acquis pour ces terres.

Les notes de l’IRRI sur sa réunion avec Foras, néanmoins, indiquent que Foras a déjà acheté des centaines de milliers d’hectares de terres.

« Le projet a déjà permis l’acquisition de 200 000 ha au Mali, 500 000 ha au Sénégal et 10 000 acres au Soudan, et toutes ces terres seront aménagées pour la production de riz », indiquent les notes.

Dans une réponse à GRAIN, Foras a confirméavoir déjà acheté des terres sur les rives de rivières importantes au Mali et au Sénégal pour son projet de riziculture.

Les notes de l’IRRI révèlent également que l’Institut a fourni des conseils aux représentants de Foras sur les types de riz qui devraient être utilisés etles pays où l’entreprise devrait investir pour la production rizicole. La réunion a aussi été l’occasion de discuter de la « nécessité d’une communication et d’une couverture médiatique énergiques pour assurer une bonne compréhension de la mission du projet », « la nécessité de créer une unité de recherche pour évaluer et sélectionner des variétés adaptées à ces conditions en utilisant le matériel végétal mis au point à l’IRRI et à WARDA », et « la nécessité d’un soutien de l’IRRI (et de WARDA) pour assurer le succès de cette vaste entreprise. »

L’IRRI, toutefois,affirme qu’il n’a reçu aucun financement de Foras et ne lui a fourni que les informations générales qu’il fournirait à n’importe qui. La réponse de l’IRRI à la demande de clarification de GRAIN précise : « Nous faisons des suggestions d’ordre général sur les variétés adaptées ou les meilleures pratiques de gestion et les problèmes socioéconomiques et environnementaux à prendre en compte. »

Des agriculteurs expulsés

Même si elle n’est pas surprenante, la participation de l’IRRI au projet très controversé du Royaume saoudiend’externalisation de sa production alimentaire est très dérangeante, tout particulièrement compte tenu du rôle privilégié de l’IRRI dans la définition des programmes de recherche et développement pour les politiques agricoles dans beaucoup des pays qui sont la cible de l’Arabie saoudite dans ses efforts d’acquisition de terres agricoles. Elle révèle un autre conflit d’intérêt pour une institution déjà enlisée dans les controverses du fait de ses liens étroits avec des sociétés semencières multinationales, comme Monsanto et Syngenta. Et elle est embarrassante pour le CGIAR, qui pourrait donner l’impression de jouer une stratégie de « bon flic – mauvais flic » dans la situation actuelle d’accaparement des terres qui, après tout, représente la mobilisation d’un financement nouveau non négligeable en réponse à la crise alimentaire mondiale.

La Coalition paysanne d’Asie a déjà réagi à l’annonce de la participation de l’IRRI à l’initiative saoudienne et a accusé avec colère l’Institut d’expulser des riziculteursdans la mesure où ces projets leur volent leurs terres(8) De son côté, en Afrique, la Confédération nationale des organisations paysannes du Mali, qui fait partie du mouvement paysan international Via Campesina, est engagée dans une lutte difficile contre un projet similaire, dans le cadre duquel un fonds souverain libyen est en train de prendre possession de 100 000 ha dans la zone Office du Niger pour cultiver du riz.(9) Au niveau régional, leRéseau des organisations paysannes et de producteurs de l'Afrique de l'Ouest (ROPPA) a également protesté vivement contre les accaparements de terres par des étrangers dans la région.(10) Il est grand temps que les gouvernements, les sociétés et les agences impliquées dans ces transactions à un titre ou un autre, commencent à écouter.

 

Lectures complémentaires

La version intégrale des notes de la visite de l’IRRI en Arabie saoudite a été retirée du site web de l’IRRI à la suite de la demande d’informations complémentaires de la part de GRAIN le 27 août 2009: http://beta.irri.org/news/bulletin/2009.14/PDFs/DG%20in%20KSA%20March%207-8.pdf. (Maintenant disponible)

Dans la mesure où elles étaient en accès public, GRAIN les met actuellement à disposition (en anglais) :
http://www.grain.org/articles_files/DG-in-KSA-March-7-8.pdf

Les réponses de l’IRRI à nos questions sur ce sujet (en anglais) : http://www.grain.org/articles_files/irri-2009-responses.pdf

Une vidéo du projet de riziculture de Foras en Mauritanie, évalué par une équipe de l’Université de Kasetsart, peut être visionné sur : http://www.youtube.com/watch?v=4rG9sHGysZc.

GRAIN tient à jour une page de ressources sur l’accaparement des terres, avec des liens vers des documents, des sites web, diverses initiatives et d’autres documents : http://www.grain.org/landgrab/

On peut trouver des informations quotidiennes sur l’évolution de l’accaparement des terres et la résistance que les populations lui opposent surhttp://www.farmlandgrab.org. Le site offre un service hebdomadaire de messages électroniques auquel vous pouvez vous inscrire.

 

Références

1 GRAIN, « Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière », rapport, octobre 2008 : http://www.grain.org/briefings/?id=212. Disponible en anglais, français, espagnol, arabe et bahasa indonesia.

2 Joachim von Braun and Ruth Suseela Meinzen-Dick, « 'Land grabbing' by foreign investors in developing countries : Risks and opportunities », IFPRI Policy Brief 13, International Food Policy Research Institute, Washington DC, avril 2009 : http://www.ifpri.org/publication/land-grabbing-foreign-investors-developing-countries

3 Voir Klaus Deininger, « Land grabbing : International community responses », présentation à la réunion d’experts du DPRN le 8 juillet 2009 à Utrecht,http://www.landcoalition.org/cpl-blog/wp-content/uploads/wb_policy_utrecht2.pdf, ainsi qu’un webcast d’un séminaire antérieur de la Banque mondiale sur « Large scale investments in land : Déjà vu or new development opportunity ? », Washington DC, 2 mars 2009 surmms://wbmswebcast1.worldbank.org/ARD/10680250/ARD_Week_3.wmv

4 En avril 2009, l’IFPRI a évalué la somme à 20-30 milliards de dollars. De nombreuses transactions, cependant, ne figuraient pas dans l’étude de l’IFPRI et d’autres ont été engagées depuis sa publication. Beaucoup des fonds du secteur privé consacrés aux investissements dans les terres agricoles étaient également absents. Même si nous ne pouvons pas donner un chiffre précis, GRAIN estime que le montant est maintenant plus proche des 100 milliards de dollars.

5 Orient Planet, « Saudi Arabia's food and agro imports to grow some 25 per cent during Q4 of 2009 », communiqué de presse, 30 août 2009. http://www.zawya.com/story.cfm/sidZAWYA20090830075138

6 Voirhttp://farmlandgrab.org/cat/tadco pour plus d’informations sur TADCO.

7 Souhail Karam, « Saudi-based partners launch Africa rice farming plan », Reuters, 3 August 2009 : http://farmlandgrab.org/6636 (une traduction en français est également disponible)

8 Voir le site web de l’APC : http://www.asianpeasant.org/

9 Lamine Coulibaly et Boaventura Monjane, « La Libye s'accapare des terres rizicoles maliennes », Via Campesina, 18 août 2009 : http://viacampesinaafrica.blogspot.com/2009/08/la-libye-saccapare-des-terres-rizicoles.html. [Traductions en anglais et en espagnol bientôt en ligne surhttp://www.viacampesina.org.]

10 PANA, « Le ROPPA opposée à la vente massive des terres agricoles en Afrique », 1er juin 2009 : http://farmlandgrab.org/3785.

Enquête 'Déchets, le cauchemar du nucléaire'

Publié le 07/10/2009 à 14:16 par djamazz
Enquête 'Déchets, le cauchemar du nucléaire'

 

Mercredi 07 Octobre 2009


Enquête 'Déchets, le cauchemar du nucléaire'
Fédération Grand-Est STOP déchets nucléaires  
BP 17 - 52101 SAINT DIZIER Cedex - FRANCE
06 66 95 97 77 - 06 71 06 81 17 - 06 81 31 17 36
portail internet spécifique en gestation
      
 
 
ENQUETE
 
 
MARDI 13 Octobre
ARTE   -   20H45  -   97 mn
"Déchets, le cauchemar du nucléaire"
 
 un reportage "référence"
.... même si le maillon "actualité" (poubelles nucléaires de Soulaines, Bure, Morvilliers, FAVL')
-et quelle actualité !-
aurait mérité un vrai développement
.... mais... > suite en bas de cette page
 
"En pleine prise de conscience des menaces de réchauffement climatique, les industriels et certains politiques nous présentent l’énergie nucléaire comme la solution d’avenir, une énergie propre, maîtrisée, sans impact sur l’environnement et la santé. Parfois même, une énergie qui s’inscrit dans le « développement durable ». Mais l’énergie nucléaire est-elle aussi propre qu’on nous le dit ?
 
Car les déchets sont le point faible du nucléaire, son talon d’Achille, son pire cauchemar

Entre les pro et les anti-nucléaires, le débat fait rage. Faut-il oui ou non relancer cette énergie que la plupart des pays européens avaient déjà décidé d’abandonner ? Au cœur des débats, la crainte des déchets nucléaires, partagée par tous. Car les déchets sont le point faible du nucléaire, son talon d’Achille, son pire cauchemar. Les populations en ont peur, les scientifiques ne trouvent pas de solution acceptable, les industriels tentent de nous rassurer et les politiques évitent le sujet. Comment les populations peuvent-elles avoir une vision claire d’un domaine couvert depuis toujours par le secret ? Pourquoi ce déficit démocratique sur une question politique et environnementale majeure ? Nous partons en quête de « la vérité sur les déchets » en France, en Allemagne, aux États-Unis et en Russie…

Les scientifiques de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité) nous accompagnent sur les sites nucléaires. À l’aide des mesures et des prélèvements qu’ils effectuent sur le terrain, d’analyses et de rencontres avec des travailleurs du nucléaire et des opposants, nous tentons de répondre aux questions que tout le monde se pose :
    • Les déchets sont-ils dangereux ?
    • Comment sont-ils gérés depuis l’origine du nucléaire ?
    • Existe-t-il une solution pour les déchets ?

Nous allons également à la rencontre des responsables politiques (Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement, Robert Alvarez, ancien conseiller énergétique de l’administration Clinton) et industriels (Areva, EDF) pour tenter de résoudre d’autres interrogations :
    • Les populations sont-elles informées des dangers des déchets ?
    • Le nucléaire peut-il être démocratique ?
    • Qui détient réellement le pouvoir ?
    • Quels sont les vrais enjeux politiques et industriels ?
    • Les déchets menacent-ils l’avenir du nucléaire ?

En partant à la quête de « la vérité sur les déchets », nous abordons le sujet tabou du nucléaire par sa zone la plus sombre. Ce film a l’ambition de donner enfin à chacun les clefs pour comprendre des choix qui pèsent lourd dans l’avenir de l’humanité."
 
Présentation du reportage
http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Dechets--le-cauchemar-du-nucleaire/2766888.html 
 
Interview video des auteurs
 
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La diffusion est suivie à 22h25 d’un numéro du magazine « L’Avis des autres », présenté par Patrick Poivre d’Arvor
Cette émission, à laquelle participe Laure Noualhat, co-réalisatrice du reportage, a pour thème :
« Le débat démocratique et la transparence peuvent-ils aider l'industrie nucléaire à gagner la confiance des citoyens ? »
  également sur le plateau-débat :
Jacques LERAY, représentera la 'Fédération Grand-Est STOP déchets nucléaires'
et témoignera du lourd vécu des populations de BURE et SOULAINES sur "démocratie-transparence-confiance"

Le scandale des agrocarburants dans les pays du Sud

Publié le 12/09/2009 à 17:06 par djamazz
Le scandale des agrocarburants dans les pays du Sud
Mondialisation.ca, Le 11 septembre 2009

L’idée d’étendre la culture des agrocarburants dans le monde et particulièrement dans les continents du Sud est désastreuse. Elle s’inscrit dans une perspective globale de recherche de solution à la crise énergétique. De fait, dans les cinquante prochaines années, nous devrons changer de cycle, passant de l’énergie fossile se faisant de plus en plus rare à d’autres sources. Au lieu de réduire sérieusement la consommation et d’investir massivement dans de nouvelles technologies, notamment pour l’énergie solaire, il est, à court terme, plus facile d’utiliser ce qui est immédiatement rentable, c’est-à-dire les agrocarburants et cela d’autant plus que se développe une crise financière et économique réduisant les possibilités d’investissements et exigeant des profits rapides.

Comme toujours, dans un projet capitaliste, on ignore ce que les économistes appellent les externalités, c’est-à-dire ce qui n’entre pas dans le calcul du marché, en l’occurrence, les dommages écologiques et sociaux. Pour que l’agroénergie contribue à la solution de la crise énergétique, dans une mesure de 25 à 30% de la demande, il faudra utiliser des centaines de millions d’hectares de terres arables, en majeure partie dans le Sud, car le Nord n’en dispose pas suffisamment. Il faudra également, selon des estimations prudentes, expulser au moins 60 millions de paysans de leurs terres. Le prix de ces « externalités » non payés par le capital, mais bien par la communauté et par les individus, est donc effrayant.

Les agrocarburants sont produits, le plus souvent par des entreprises transnationales du Nord, sous forme de monocultures, détruisant la biodiversité et polluant les sols et l’eau. J’ai personnellement marché des kilomètres dans des plantations de palmes du Chocó en Colombie, où il n’y avait plus ni un oiseau, ni un papillon, ni un poisson dans les rivières, à cause de l’usage massif de produits chimiques comme fertilisants et pesticides. Face à la crise hydrique qui affecte la planète, l’utilisation de l’eau pour produire de l’éthanol ou de l’agrodiesel est irrationnelle. Ainsi, pour obtenir un litre d’éthanol à partir du maïs on utilise entre 1200 et 3400 litres d’eau et la canne à sucre en exige énormément aussi. La pollution des sols et de l’eau atteint des niveaux inédits, jusqu’à créer un phénomène de mer morte dans les estuaires des fleuves (20 Km² à l’embouchure du Mississipi, en grande partie à cause de l’extension de la monoculture de maïs pour l’éthanol). L’extension de ces cultures entraîne une destruction directe ou indirecte (par le déplacement d’autres activités agricoles et de l’élevage) des bois et des forêts qui sont des puits de carbone grâce à leur capacité d’absorption.

L’impact des agrocarburants sur la crise alimentaire a été prouvé. Non seulement leur production entra en conflit avec la production d’aliments dans un monde où selon la FAO, plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim, mais il fut également un élément important de la spéculation sur la production alimentaire des années 2007 et 2008. Un rapport de la Banque mondiale affirme que 85% de l’augmentation des prix alimentaires qui précipita en deux ans plus de 100 millions de personnes en dessous de la ligne de pauvreté (ce qui signifie la faim) fut influencé par le développement de l’agroénergie. Pour cette raison, Jean Ziegler, lorsqu’il était le relateur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, qualifia les agrocarburants de « crime contre l’humanité » et son successeur Olivier De Schutter, de l’UCL, a demandé un moratoire de 5 ans.

L’extension de la monoculture pour remplir les réservoirs des véhicules signifie aussi l’expulsion de nombreux paysans de leurs terres. Dans de nombreux cas, cela se réalise par l’utilisation de la ruse ou de la violence. Dans des pays comme la Colombie et l’Indonésie, on fait appel aux forces armées, aux paramilitaires qui n’hésitent pas à massacrer les récalcitrants. Des milliers de communautés autochtones, en Amérique latine, en Afrique et en Asie, sont dépossédées de leur territoire traditionnel. Des dizaines de millions de paysans ont déjà été déplacés, en fonction du développement d’un mode productiviste de la production agricole et d’une reconcentration des terres. Le résultat en est l’augmentation de l’urbanisation sauvage et une pression migratoire à la fois interne et internationale.

Il faut également noter que les salaires des travailleurs sont très bas et les conditions de travail généralement infrahumaines à cause des exigences de productivité. La santé des travailleurs est aussi gravement affectée et dans plusieurs cas les familles souffrent de la contamination de l’eau et de l’air. Durant la session du Tribunal permanent des Peuples sur les entreprises multinationales européennes en Amérique latine, organisée à Lima en mai 2008, à l’occasion du Sommet européen-latino-américain, de nombreux cas ont été présentés de malformation des enfants, fruit de l’utilisation de produits chimiques dans la monoculture de la banane, du soja, de la canne à sucre ou des palmiers.

Dire que les agrocarburants sont une solution pour le climat est également de mode. Il est vrai que la combustion des moteurs émet moins de CO2 dans l’atmosphère, mais quand on considère le cycle complet de la production, de la transformation et de la distribution du produit, le bilan est beaucoup plus nuancé. Dans certains cas, il devient même négatif par rapport à l’énergie fossile.

Si les agrocarburants ne sont pas une solution pour le climat, s’ils ne le sont que de manière marginale pour pallier à la crise énergétique, avec les graves conséquences sociales et naturelles qui les caractérisent, on est en droit de se demander pourquoi ils rencontrent un tel succès. La raison en est qu’à court et moyen terme, ils contribuent à augmenter le taux de profit du capital de manière considérable et rapide. C’est pour cela que les entreprises multinationales du pétrole, de l’automobile, de la chimie et de l’agronégoce s’intéressent au secteur. Ils sont accompagnés par le capital financier (George Soros par exemple) et par les entrepreneurs et les propriétaires terriens locaux, héritiers de l’oligarchie rurale. La fonction principale de la l’agroénergie est en fait d’aider une partie du capital à sortir de la crise et à maintenir ou éventuellement accroître sa capacité d’accumulation. En effet, le processus agroénergétique se caractérise par une surexploitation du travail, l’ignorance des externalités, le transfert de fonds publics vers le privé, tout cela permettant des gains rapides, mais aussi une hégémonie des compagnies multinationales et une nouvelle forme de dépendance du Sud vis-à-vis du Nord , tout cela avec l’image de bienfaiteurs de l’humanité parce que produisant de « l’énergie verte ». Quant aux gouvernements du Sud, ils y voient une source de devises, utiles à maintenir, entr’autres, le niveau de consommation des classes privilégiées.

Or, la solution est de réduire la consommation d’énergie, surtout dans le Nord et d’investir dans de nouvelles technologies (solaire notamment). L’agroénergie n’est pas un mal en soi et elle peut être intéressante au niveau local, à condition de respecter la biodiversité, la qualité des sols et de l’eau, la souveraineté alimentaire et l’agriculture paysanne, c’est-à-dire tout le contraire de la logique du capital. En Equateur, le président Rafaël Correa a eu le courage de geler l’exploitation du pétrole dans la réserve naturelle du Yasuni. On peut espérer que les gouvernements de l’Amérique latine, de l’Afrique et de l’Asie feront preuve de la même fermeté en adoptant une attitude similaire face à l’escalade des agrocarburants. Résister au Nord, comme au Sud, à la pression des pouvoirs économiques est un problème politique et éthique. C’est donc un devoir de dénoncer le scandale que signifie la production des agrocarburants dans le Sud.


François Houtard est professeur émérite de l’Universite catholique de Louvain, fondateur du Centre tricontinental et auteur de l’ouvrage "L’Agroénergie – Solution pour le climat ou sortie de crise pour le capital ?", Charleroi, Couleur Livres, 2009.

16 ans après le carnage israélien du sanctuaire Al-Ibrahimi

Publié le 08/09/2009 à 20:57 par djamazz
Rapport: Seize ans après le carnage israélien du sanctuaire Al-Ibrahimi

 

Mardi 08 Septembre 2009


Rapport: Seize ans après le carnage israélien du sanctuaire Al-Ibrahimi

La mémoire palestinienne n’est pas prête d’oublier le massacre pratiqué dans le sanctuaire Al-Ibrahimi (dit tombeau des Patriarches), dans la ville d’Al-Khalil (Hébron). Il ne s’efface pas de la mémoire si facilement et si rapidement, un tel acte planifié, aussi terrible.

Seize ans après

Médecin d’origine américaine, militant du mouvement raciste Kach, Baruch Goldstein entre, il y a seize ans de là, dans le sanctuaire Al-Ibrahimi où les fidèles musulmans accomplissent leur prière. Goldstein entre, sans être inquiété par la police de l’occupation israélienne. Et dès qu’il entre, il ouvre le feu de sa mitraillette sur les fidèles musulmans qui accomplissent la prière de l’aube du vendredi 15 ramadan de l’année hégire 1414 (correspondant au 25 février 1994). 29 fidèles perdent la vie et 350 sont blessés.

Le sauvage carnage attise la colère des Palestiniens. Et des confrontations éclatent partout dans les territoires palestiniens. Le nombre de martyrs arabes s’élève à 50 Palestiniens.

Qui est-ce ?

Baruch Goldstein, qui a commis le crime, vivait dans la colonie Kariat Arbaa. Il avait été entraîné par le mouvement sioniste extrémiste de Kach. Les fidèles musulmans le voyaient se dandiner devant eux.

Ce racisme les narguait, les défiait, les menaçait, mais pas seulement. Il participait dans des camps d’entraînement à l’intérieur comme à l’extérieur de la Palestine, en vue de tuer un maximum de Palestiniens !

Après le carnage

Le carnage a donné un bon prétexte aux occupants israéliens. Ils changent tout l’aspect de la ville d’Al-Khalil (Hébron). Les institutions palestiniennes de l’ancien bourg sont fermées, tels le tribunal religieux, le bureau du patrimoine, le bureau de la restauration. Sont fermés aussi la rue des Martyrs, la rue As-Sahla, l’ancien marché de légumse. Par une décision militaire, des centaines de magasins sont également fermés.

Une nouvelle réalité

Après un certain de temps de fermeture, le sanctuaire Al-Ibrahimi s’ouvre de nouveau devant les fidèles, à la fin de l’année 2005. Mais ils aperçoivent que les occupants israéliens ont mis la main sur deux tiers de leur sanctuaire. Les Musulmans n’ont de leur mosquée que le tiers. Le reste ne s’ouvre à eux que neuf jours seulement par ans, les jours de célébrations religieuses. Les colons sionistes y ont cependant libre accès toute l’année !

Les Juifs ont quatre portes, les Musulmans n’en ont qu’une, et pourtant, c’est leur lieu de culte !

Les occupants israéliens ont profité du massacre pour installer des systèmes de contrôle. C’est un Juif qui a commis le carnage, mais ce sont les Musulmans qui en paient le prix. Ils sont inspectés méticuleusement. Ils mettent de longues heures avant qu’ils soient permis de pénétrer dans le sanctuaire. Des portails en fer sont placés sur le chemin reliant la mosquée et le marché.

L’accord d’Al-Khalil conclu entre l’autorité palestinienne de Ramallah et les occupants israéliens n’arrange pas les choses. Il ne fait que mettre le cœur de la ville avec la mosquée sous le contrôle direct de ces derniers.


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Argentine : Trafic clandestin d’eau douce

Publié le 04/09/2009 à 15:30 par djamazz
Argentine : Trafic clandestin d’eau douce

par Grano de Arena

Mondialisation.ca, Le 2 septembre 2009

C’est une histoire de pirates qui viennent avec des embarcations, qui emportent l’eau et qui l’a vendent de l’autre côté de l’Atlantique sans qu’aucune restriction juridique nationale ou provinciale vienne les « déranger ».  Grano de arena, 1 septembre 2009.

Il semble démesuré que des entreprises transnationales mettent en vente sur internet l’eau des fleuves argentins au Moyen-Orient et en Afrique, c’est en tout cas ce que révèle un rapport diffusé ces derniers jours par l’ONG écologiste Río Paraná.

L’eau douce, au vu de sa rareté sur notre planète (3% du total), sera le principal objet des conflits géopolitiques du 21e siècle.

L’Argentine dispose de grandes quantités d’eau douce (22.000 m³ par habitant et par an), mais celle-ci est répartie de manière très inégale : les deux tiers du territoire nationale se trouvent dans des zones arides ou semi-arides. C’est dans ce contexte que l’entreprise Makhena S.A., dont le siège est à Miami et qui possède une agence à Buenos Aires, vent de l’eau douce par internet, qui provient des fleuves de la plaine argentine, et notamment du plus important d’entre eux, le Paraná.

Sur son site internet, l’entreprise Makhenamet en avant les caractéristiques du produit qu’elle offre (eau douce, non bouillie, sans traitement), son origine (les fleuves de la plaine argentine), les quantités (entre 60.000 et 70.000 tonnes par envoi), l’usage (potabilisation, consommation, irrigation), ainsi que le moyen de transport (tanker). Le business est facile et presque sans risques. Il s’agit de vendre un produit peu cher à des prix très élevés. Oui mais « cette ressource à la fois irremplaçable et inépuisable se fait  de plus en plus rare, au fur et à mesure que la demande augmente et que les conflits d’usage aussi », comme l’admet Makehna sur son propre site internet.

Concrètement, Makhena procède ainsi : elle charge l’eau du littoral argentin pour lester les bateaux. N’importe quel bateau de transport a besoin d’être lesté pour naviguer, afin que son équilibre soit maintenu. Pour pouvoir naviguer sans prendre de risques, les bateaux doivent embarquer d’importantes quantités d’eau dans leurs cales. C’est ainsi qu’ils déchargent leurs marchandises à leur arrivée dans les ports argentins, avant de charger le bateau en eau douce, également dans les ports argentins, « pour le retour ». Ensuite, ils la vendent sur les marchés du Moyen-Orient, d’Afrique ou d’Europe où elle est potabilisée. Ils prennent l’eau du fleuve Paraná car elle est moins polluée que celle du fleuve de la Plata.

Jusqu’à présent, aucune loi ne régule le « trafic clandestin d’eau douce ». Makhena développe impunément son business à la vue de tous, au nez et à la barbe de la préfecture navale argentine, qui sait parfaitement ce qu’il se passe mais qui ne dispose pas des outils juridiques pour réagir.

Pendant ce temps, nous les voyons naviguer tous les jours sur les canaux du delta du Paraná, et ils embarquent gratuitement nos ressources naturelles dans leurs cales.


Eau embouteillée par Makhena.


Article original en espagnol sur Rebelión : Lastran los buques con agua del río Paraná para luego venderla al exterior

Texte traduit et publié en français par info sud télé


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