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Environnement Protection des patrimoines

conséquences des bombardements sur les installations nucléaires de l’Iran

Posté le 26.06.2008 par djamazz
Regardez attentivement les conséquences des bombardements sur les installations nucléaires de l’Iran et ensuite, priez!

Et on ne fait rien , on vit nos petites vies , on attend tel des veaux!

Il ne reste que quelques semaines pour informer les Français de se qui se trame derrière leurs dos! Mobilisons nous , informons ! Faites passer l' info!Coller des affiches , faites des tracts , laisser vos idées !Sly

Jamais dans toute l’histoire ne s’est produit le bombardement délibéré de centrales nucléaires et d’installations d’enrichissement nucléaire. De telles installations, partout dans le monde, sont exploitées sous de sévères règles de sécurité parce que le rejet de matières radioactives est mortel au moment même où l’événement se produit et longtemps après y avoir été exposé. Si le États-Unis ou Israël devait bombarder délibérément une centrale nucléaire pleine de combustible nucléaire ou encore des installations d’enrichissement de combustible nucléaire, cette règle serait violée; des éléments radioactifs seraient alors rejetés dans l’environnement. Il y aurait d’horribles décès dans la population environnante. L’Union of Concerned Scientists [L'Union des scientifiques préoccupés aux USA] estime que 3 millions de décès surviendraient dans les 3 semaines suivant les bombardements des installations nucléaires d’enrichissement près d’Ispahan et la contamination recouvrirait l’Afghanistan, le Pakistan, jusqu’en Inde.

Les réacteurs de même que les installations d’enrichissement sont construits en béton extra fort, souvent avec de multiples couches de rétention en dômes et ils sont souvent construits sous terre. Le bombardement de telles installations exigent de puissants explosifs, tels que des ogives pénétrantes sous terre voire même des ogives nucléaires. De telles explosions souffleraient la contamination très haut dans l’atmosphère. Mais où irait cette contamination? C’est une question difficile à répondre et difficile à prévoir.

Au cours de la guerre du Golfe de janvier 1991, de nombreux puits de pétrole au Koweït ont été incendiés. Selon le Département d’État américain, « des pluies noires ont été signalées en Turquie et de la neige noire est tombée au pied des montagnes de l’Himalaya. » Le nuage radioactif causé par le bombardement des installations nucléaires de l’Iran prendrait possiblement ces mêmes directions si les conditions météorologiques étaient les mêmes. Mais le nuage radioactif pourrait aller vers le nord c’est-à-dire, en Europe.

Les retombées nucléaires des bombardements sur l’Iran auraient une demi-vie de 700 millions d’années. C’est une durée difficile à comprendre. Jésus-Christ prêchait il y a environ 2 000 ans. Dans l’évolution de l’homme, nos ancêtres, les premiers hommes singes auraient marché debout il y a à peine 5 millions d’années. L’administration Bush et ses conseillers israéliens sont maintenant en train de planifier la contamination de la planète pour 700 millions d’années. Selon la rhétorique des candidats à la présidence John McCain et Hillary Clinton, eux aussi, pensent que c’est une bonne idée. Pour leur part, les médias US semblent applaudir.

Soit les états-uniens ne comprennent pas ce qu’ils s’apprêtent à faire ou soit ils se pensent eux-mêmes à l’abri des conséquences. La planète n’est pas si grande. Ce qui se passe quelque part sur le globe fini par se répercuter partout sur le globe. La fumée des puits de pétrole incendiés pendant la guerre du Golfe s’est propagée tout autour de la planète et elle a été détectée en Amérique du Sud. Les retombées radioactives du bombardement d’un réacteur nucléaire se propageront en de lieux aussi éloignés, surtout si l’on considère que le voyage s’effectuera sur des millions d’années.

Les pays du Golfe Persique soit principalement l’Arabie Saoudite, le Koweït, l’Iraq et l’Iran possèdent plus de la moitié des réserves de pétrole connues. En 1981, une étude de « Fetter and Tsipis » parue dans le magazine « Scientific American » portant sur « La propagation catastrophique de la radioactivité » estimait que le bombardement d’un réacteur nucléaire rendrait inhabitable une superficie équivalente à 8 600 milles carrés [NDT : 1 mille = 1,609 km] autour du réacteur, tout dépendant de la façon dont le vent soufflerait. Bombarder le réacteur de Bushehr signifierait que la moitié des réserves de pétrole deviendraient instantanément inaccessibles. Bombarder l’Iran signifierait que les états-uniens ne prendraient plus leurs voitures pour se rendre où que ce soit, plus jamais et ce, pour une très longue période.

Le mode de vie à l’américaine serait terminé. Un effondrement économique inimaginable pour les états-uniens suivrait. La culture vivrière mécanisée et le transport de la nourriture seraient choses du passé. Les émeutes de la faim deviendraient chose certaine si jamais la jauge à carburant indiquait que le réservoir est vide, même aux États-Unis, une terre d’abondance.

Les nations du monde ne peuvent pas compter sur les États-Unis et sur leurs conseillers israéliens pour que ces derniers pensent et agissent de façon rationnelle au sujet des bombardements des réacteurs.

Il est insensé de dire que « toutes les options sont sur la table » et c’est même un crime contre l’humanité. Les États-Unis et Israël sont en train de préparer le public à accepter cette folie en annonçant qu’ils ont bombardé avec succès un réacteur nucléaire syrien, sans effets nocifs. Israël a aussi récemment publié sa vidéo du bombardement du réacteur nucléaire d’Osiraq survenu en 1981 en Iraq. Voyez comme c’est facile. Il n’y a aucune conséquence fâcheuse. Mais les deux sites étaient en construction et les réacteurs n’étaient pas remplis à ras bord de tonnes d’uranium enrichi.

Les peuples et les gouvernements du Golfe Persique, du Moyen-Orient, de l’Europe et aussi de ces pays vers où soufflera le vent c’est-à-dire l’Inde et la Chine doivent maintenant prendre des mesures pour que cesse cette folie. Une fois que la radiation sera libérée, les résolutions de l’ONU ne ramèneront pas ces radiations dans un milieu confiné.

Les états-uniens ayant de la famille et des amis qui servent dans les forces armées dans la région du Golfe Persique, que ce soit en Iraq et en Afghanistan devraient se demander jusqu’à quel point l’administration Bush considère que ses troupes peuvent être sacrifiées.

La planète implore, « Ne bombardez pas les réacteurs nucléaires. »!!!!

Traduction de Dany Quirion pour Alter Info

Source : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=8839

Notes du traducteur :



--

Pétition européenne contre les OGM

Posté le 12.06.2008 par djamazz
Pétition européenne contre les OGM

​​​​Fin octobre, le Commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas, s'est courageusement opposé aux grandes compagnies de l'agro-alimentaire en proposant l'interdiction de la culture de deux maïs OGM (le Bt11 et le 1507) développés par les firmes Syngenta et Pioneer/Dow.

​​​​Des scientifiques ont en effet démontré que la culture de ces OGM censés combattre des insectes nuisibles au maïs pouvait avoir des conséquences graves, notamment sur des insectes non nuisibles du maïs, comme le papillon monarque ou sur des organismes non ciblés comme des oiseaux.

​​​​Récemment, il a également été prouvé que les écosystèmes aquatiques pouvaient aussi être affectés.

​​​​Si la proposition de Dimas était adoptée, il s'agirait d'un véritable tournant... Très favorable aux OGM, la Commission a jusqu'à présent toujours donné son feu vert aux demandes d'autorisation d'OGM. Et les autres Commissaires européens, par peur de froisser les puissants intérêts pro-OGM, notamment américains, risquent de s'opposer à l'initiative courageuse de Stavros Dimas.

​​​​Mais celui-ci vient de confirmer publiquement sa position : « Le risque est trop élevé pour l'environnement selon plusieurs études scientifiques récentes, a indiqué M. Dimas à Bruxelles le 22 novembre. J'envisage de donner un avis négatif pour la demande d'autorisation. »

​​​​Il faut absolument soutenir la position prise par Stravros Dimas, qui, si elle est adoptée par la Commission européenne, sera le premier rejet d'OGM dans l'histoire de la Commission européenne et représentera un pas décisif pour une Europe sans OGM.

​​​​Une mobilisation massive est nécessaire pour cette opportunité historique !

​​​​Cap sur les 100.000 signatures !

​​​​Le plus grand nombre possible d'Européens doivent interpeller la Commission européenne pour que la santé publique et l'environnement priment sur les intérêts de quelques multinationales et que les maïs Bt11 et 1507 ne soient pas autorisés.

​​​​Signez et faites signer la pétition à destination de Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, et aux Commissaires Dimas, Kyprianou (consommateurs), Fischer-Boel (agriculture) et Barrot (transports).

​​​​Plus de 75.000 européens l'ont déjà signée en quelques semaines, dont 10.000 en France...

​​​​La pétition française s'adresse également à Jacques Barrot, Commissaire européen aux transports, car il votera également sur la proposition de Stravros Dimas et doit tenir compte de l'avis des citoyens français et de la nouvelle ligne politique française sur les OGM à l'issue du Grenelle de l'environnement.

​​​​Signez la pétition :

http://write-a-letter.greenpeace.org/332

​​​​Pour saisir cette opportunité historique, faites circuler cette pétition dans tous vos réseaux...

Samedi 31 Mai 2008

Pourquoi les fleurs ont perdu leur parfum ?

Posté le 26.05.2008 par djamazz
Pourquoi les fleurs ont perdu leur parfum ?

Mondialisation.ca, Le 21 mai 2008
The Independant

Les chercheurs disent que la pollution réduit considérablement la distance de propagation de l'odeur des fleurs

Une des plus belles fleurs du monde: le pois de senteur

Geoffrey Lean, directeur de la publication Environnent, écrit que la pollution étouffe le parfum des plantes et, en empêchant la pollinisation des abeilles, met en danger le cycle le plus essentiel de la nature.

​​​​Une nouvelle étude suggère que la pollution atténue le parfum des fleurs et empêche certains des processus les plus fondamentaux de la nature, perturbe la vie des insectes et met en danger l'approvisionnement alimentaire.

​​​​Une recherche potentiellement extrêmement importante, financée par la précieuse fondation étatsunienne National Science, a constaté que les gaz surtout formés à partir des émissions d'échappement des voitures, empêchent les fleurs d'attirer les abeilles et les autres insectes pour la pollinisation. Et les scientifiques qui ont mené l'étude craignent que la capacité des insectes à repousser leurs ennemis et à attirer leurs congénères pour s'accoupler puisse aussi être gênée.

​​​​À l'Université de Virginie, les chercheurs disent que la pollution réduit de façon spectaculaire la distance parcourue par le parfum des fleurs. Le professeur José Fuentes, qui a dirigé l'étude, a déclaré : « Les molécules de parfum produites par les fleurs dans un environnement moins pollué peuvent se répandre sur à peu près 1.000 à 1.200 mètres. Mais aujourd'hui, elles peuvent circuler seulement sur 200 à 300 mètres. Cela rend la localisation des fleurs de plus en plus difficile pour les abeilles et les autres insectes. »

​​​​Les chercheurs, qui ont travaillé sur l'odeur dégagée par les gueules-de-loup, ont constaté que les molécules sont instables et se lient rapidement à des polluants comme l'ozone et les radicaux nitrate, formés surtout dans les émissions des véhicules. Cela modifie chimiquement les molécules, faisant qu'elles n'ont plus l'odeur des fleurs. Un cercle vicieux s'installe donc, les insectes ayant du mal à obtenir assez de nourriture et les plantes n'étant pas assez pollinisées pour proliférer.

​​​​Déjà les abeilles, pollinisatrices de la plupart des cultures du monde, sont en déclin sans précédent en Grande-Bretagne et dans la majeure partie du globe. En moins d'un trimestre, 2,5 millions de colonies d'abeilles domestiques d'Amérique ont été mystérieusement exterminées par le syndrome d'effondrement des colonies (CCD), qui laisse les ruches soudainement déserte.

​​​​La crise s'est maintenant étendue à l'Europe. Les hommes politiques insistent sur le fait que le CCD n'a pas encore été constaté en Grande-Bretagne, mais les insectes sont en baisse, là aussi, et le Ministre de l'Agriculture Lord Rooker a signalé que « les populations d'abeilles pourraient être anéanties dans 10 ans. »

​​​Les chercheurs ne pensent pas avoir trouvé la cause du CCD, mais disent que la pollution rend la vie des abeilles et des autres insectes plus difficile à bien des égards.

Article original en anglais :
http://www.independent.co.uk/environment/nature/why-flowers-have-lost-their-scent-812168.html

Traduit par Pétrus Lombard.

La production de semences est également une question politique

Posté le 14.05.2008 par djamazz
La production de semences est également une question politique

par Hedwig Schär

Mondialisation.ca, Le 8 mai 2008
Horizons et débats No 18

Les semences saines et sans OGM sont capitales pour la culture jardinière et l’agriculture. Elles seules garantissent une nourriture saine et protègent de la dépendance créée par les grandes entreprises agroalimentaires. Horizons et Débats a souvent fait état des agissements dans le domaine de la production des semences. Voici cependant un exemple positif.

La reproduction végétale

La nature a prévu différents types de reproduction, selon les conditions locales et climatiques qui varient beaucoup. Il est fascinant d’observer la multiplicité de ces «méthodes».

Il faut différencier deux mécanismes principaux: la reproduction végétative, qui aboutit à la formation de plantes génétiquement identiques, et la reproduction générative qui opère grâce à des semences. La multiplication végétative asexuée produit une nouvelle plante identique issue d’une partie de la plante originale. C’est le cas, pour prendre un exemple concernant les jardins familiaux, de la fraise qui forme, chaque année, de longues pousses munies de nouvelles plantes. De même, la pomme de terre, organisme accumulateur, donne, l’année suivante, des plantes génétiquement identiques.

Le deuxième mécanisme, la reproduction sexuée par le biais de semences, est beaucoup plus important pour le jardin familial. La plus grande partie de nos légumes provient de semences ou de plantes.

Dans la reproduction sexuée, la plante forme une fleur qui est ensuite fécondée. Le pollen (mâle) est transporté sur le stigmate (femelle). Cette fertilisation se fait par les vents ou les insectes, avant tout les abeilles qui volent de fleur en fleur, disséminant ainsi le pollen sur les différentes fleurs de la même espèce. Une fois fécondé, le stigmate produit de nouvelles semences. Autour de la semence se forme une enveloppe dure qui la protège des champignons et d’autres agents nuisibles de l’environnement, chaque plante produisant des semences dont la taille et la forme lui sont propres. Souvent les semences sont enfermées dans une sorte de «compartiment» qu’on peut très bien voir en regardant un cynorrhodon, une pomme coupée en deux ou un haricot. L’enveloppe protectrice forme, avec les semences, le fruit. Les semences de beaucoup de plantes se détachent facilement, comme celles du pissenlit. On procède de la manière suivante: on coupe la partie porteuse de semences avant que celles-ci ne se détachent, on la suspend à l’envers et on recueille les semences dans un linge ou un sac.

Amélioration des légumes de jardin

Dès les débuts de la civilisation, depuis qu’il cultive des plantes, l’homme a cherché à améliorer la reproduction grâce à des croisements ciblés.
C’est ainsi que se sont formées, au cours des siècles, les différentes variétés de légumes que nous cultivons dans nos jardins et nos champs. L’homme a su tirer profit de la diversité génétique des semences et cultiver, par la sélection, les plantes les plus précieuses et les plus efficaces. Malheureusement, on observe aujourd’hui une tendance inverse: On réduit la diversité par la sélection, l’amélioration et les monocultures. D’anciennes plantes cultivées, qui étaient souvent à la base des croisements, disparaissent entièrement avec leur matériel génétique. Il en résulte un appauvrissement de la diversité naturelle.

Le génie génétique dans la production de semences

Ces dernières années ont amené un autre changement important dans la production de semences. De nombreuses plantes ont été génétiquement modifiées. Ce faisant, on a créé un cheval de Troie car il s’agit là d’une emprise massive sur l’écosystème naturel savamment équilibré qui ne tardera pas à entraîner des conséquences importantes. Les manipulations génétiques ont eu pour effet que ces semences ont pu être brevetées, si bien que Monsanto et d’autres grandes sociétés agro­alimentaires contraignent les agriculteurs à acheter leurs semences chaque année chez elles. Cela représente un changement fondamental. Dans le monde entier, depuis des milliers d’années, depuis que l’homme cultive la terre, on gardait une partie de la récolte pour la semer dans les champs l’année suivante. Or cette coutume millénaire vient d’être interdite puisqu’il est exclu de tirer de nouvelles semences des semences brevetées!

Les semences biologiques Zollinger

Il y a 25 ans, la famille Zollinger a commencé à produire elle-même des semences au moment où l’on offrait de plus en plus de semences hybrides sur le marché et que la production était profondément bouleversée. Les semences hybrides, il est vrai, ont normalement un bon rendement la première année mais il est impossible d’en tirer des semences soi-même, si bien que chaque année, on doit en acheter de nouvelles (voir encadré). Au cours des années, la famille Zollinger a donc développé de plus en plus la production de semences biologiques et en offre aujourd’hui une large gamme.

Au vu de l’évolution des semences OGM, ce qu’a réalisé la famille Zollinger n’en apparaît que plus valable, car cela permet de s’opposer à cette tendance.
L’entreprise Zollinger est située aux Evouettes, à l’entrée du Valais (Suisse). On y voit des champs entiers de fleurs, de légumes et de céréales. Tout est très soigné et les couleurs sont un plaisir pour les yeux.

Autrefois, la famille était installée en Suisse orientale, mais bientôt elle a cherché un terrain plus vaste. La production de semences nécessite un climat doux où les températures hivernales ne tombent pas beaucoup en dessous de 0° C et où les étés sont chauds et secs pour que les semences atteignent leur pleine maturité. En même temps, les conditions doivent correspondre à celles qui règnent en Suisse, c’est-à-dire à la production de variétés robustes. C’est pourquoi des terres situées dans le Sud, par exemple dans le Midi de la France, ne convenaient pas. En Suisse, il existe différentes régions idoines: la vallée du Rhin, le Klettgau schaffhousien et le Bas-Valais. Ainsi la famille Zollinger a-t-elle finalement, il y a 14 ans, jeté l’ancre aux Evouettes. Depuis, elle y produit, sur un terrain de 5 à 7 hectares, des semences biologiques destinées aux petits consommateurs.
Les expériences faites au cours de ces années ont permis aux Zollinger d’acquérir un grand savoir horticole très demandé en matière d’évaluation, de production de semences et de diffusion de variétés précieuses. L’Office fédéral suisse de l’agriculture tire profit de ces connaissances dans le cadre de son Plan d’action national (PAN) de sauvegarde de la diversité des plantes cultivées.

Préparation du sol et culture

Même dans la production de semences, on respecte la rotation des cultures afin que le sol soit exploité de manière équilibrée et possède suffisamment d’engrais. La première année, on cultive une céréale, de préférence de l’épeautre. L’année suivante, on sème de la luzerne, bon fournisseur d’azote; l’année suivante, on cultive une plante sarclée: maïs, pomme de terre ou légumes. La quatrième année, on cultive des légumes, des herbes et des fleurs pour la production de semences. L’entreprise dispose en tout de 25 hectares, dont 5 à 7 sont réservés à la production des semences de légumes, d’herbes et de fleurs. Les tunnels et terrains de culture réservés à la production de semences sont souvent très éloignés les uns des autres, afin d’éviter le croisement involontaire de plantes de la même famille et de garantir la pureté des variétés. C’est pourquoi la plantation du chou blanc est très éloignée de celle du chou rouge. Si le pollen est diffusé par le vent, les plantes doivent être cultivées en maintenant une distance d’au moins 1200 mètres.

La récolte des semences La récolte se fait principalement à la main. Ensuite, les semences sont séchées, puis délicatement battues. Le nettoyage se fait à l’aide de machines spéciales et à la main. Il s’agit d’un long travail.

L’entreprise possède ses propres sélections et produit des variétés garanties sans OGM (voir encadré) pour les jardins familiaux et les petits consommateurs. Souvent, on lui envoie d’anciennes variétés de semences qu’elle cultive en examinant ensuite si elles s’adaptent au jardinage familial.
Dans la production en gros pour les besoins de l’agriculture, les plantes devraient préférablement mûrir toutes au même moment pour que les produits se présentent, à l’étalage des marchands de primeurs, tous aussi beaux les uns que les autres. Mais ce n’est pas souhaitable pour le jardinage familial. Là, un certain retard dans la maturation est apprécié pour que la famille puisse récolter petit à petit les différents légumes. Dans chaque sachet se trouvent donc également des semences au mûrissement retardé, la quantité étant destinée à un carré de 5 mètres sur 5 environ.

Catalogue

L’entreprise édite un catalogue à la présentation soignée où les plantes sont décrites précisément et accompagnées d’une illustration. Sont indiquées la famille, la taille, la saveur, les semences et la récolte. Certaines descriptions sont complétées par des informations supplémentaires, notamment sur l’origine de la plante et par des recettes. En feuilletant le catalogue, on ressent l’enthousiasme qui anime l’entreprise.

Il vaut la peine de se faire inscrire au fichier clients de l’entreprise Zollinger. On reçoit alors gratuitement, chaque mois de janvier, le nouveau catalogue. Et un soir d’hiver, on peut s’installer confortablement, jeter un coup d’œil à ses anciens sachets de semences et commander par la poste ce dont on a besoin. Ainsi, même avant que la saison des jardins ne commence, on est déjà pourvu en semences.

A part l’alimentation équilibrée à base de plantes saines, la production de semences pures et biologiques est une question hautement politique. Les grandes multinationales agroalimentaires sont axées sur le profit. Elles font que l’agriculture dépende d’elles et s’accommodent du fait qu’elles détruisent des terres précieuses et l’écosystème avec des plantes OGM et des produits chimiques. Aussi toute initiative visant à s’opposer à ce processus ne saurait-elle être trop louée.

On peut commander le catalogue, disponible également en français, par courriel: info@zollinger-samen.ch, www.zollinger-samen.ch •

Qu’entend-on par semences hybrides?

Les semences hybrides sont produites par le croisement de deux plantes parentes sélectionnées. Le rendement de la première génération étant notablement meilleur et homogène, elles sont par conséquent, à première vue, intéressantes pour l’agriculture. Mais si l’on essaie de récolter des semences à partir de cette première génération, il s’avère que tous les descendants ne sont pas génétiquement purs et manquent de vigueur, ce qui veut dire que le jardinier est contraint d’acheter chaque année de nouvelles semences et dépend entièrement du semencier. Il peut facilement reconnaître les semences hybrides: Les sachets portent le sigle F1 qui signifie «Filius 1»: la première génération a un bon rendement.
Il faut noter que les semences hybrides ne sont pas génétiquement modifiées, mais issues du croisement de générations parentes sélectionnées.
Qu’est-ce que la sélection?

La sélection est une procédure visant à créer des variétés pures et robustes. On sélectionne les meilleurs exemplaires d’une variété en les faisant mûrir dans un tunnel. On en tire les semences destinées aux cultivateurs, les semences de base.

Prenons l’exemple du chou blanc. On le souhaite beau et compact. Aussi élimine-t-on les plantes ne répondant pas à ce critère. Cependant les beaux légumes ont de la peine à fleurir et par conséquent à produire des semences. C’est pourquoi on coupe la moitié supérieure des dix exemplaires les plus beaux, ce qui facilite la formation de pousses et de fleurs, puis de semences. Celles-ci possèdent et transmettent alors toutes les bonnes propriétés de la plante.

Articles de Hedwig Schär publiés par Mondialisation.ca

Le grand fantasme des cultures d'OGM est mis à nu

Posté le 26.04.2008 par djamazz
Le grand fantasme des cultures d'OGM est mis à nu

Une nouvelle étude de premier ordre montre que le soja modifié produit dix pour cent de moins de nourriture que son équivalent naturel.

Par Geoffrey Lean, le 20 avril 2008

​​​​Sapant l'affirmation répétée de la nécessité de passer aux OGM pour résoudre la croissance de la crise alimentaire dans le monde, une nouvelle étude qui fait autorité démontre en fait que cette technologie controversée réduit le rendement des cultures.

​​​​L'étude, effectuée au cours des trois dernières années à l'Université du Kansas, dans la Grain Belt (ceinture de grain) de Zunie, a constaté que le soja OGM produit environ 10 pour cent de nourriture en moins que son équivalent traditionnel, en contradiction avec l'affirmation des partisans de la technologie, selon lesquels les OGM augmenteraient le rendement.

​​​​Le professeur Barney Gordon, de la subdivision agronomique de l'université, a dit avoir commencé cette étude, signalée dans le journal Better Crops, parce que de nombreux agriculteurs passés aux cultures génétiquement modifiées (GM) ont « constaté que le rendement n'est pas aussi élevé que prévu, même en conditions optimales. » Il a ajouté : « Les gens se demandent pourquoi ils n'obtiennent pas de plus haut rendement depuis qu'ils les utilisent. »

​​​​Il a cultivé du soja GM Monsanto et une variété traditionnelle presque identique dans le même champ. Les cultures GM n'ont produit que 70 boisseaux de grain à l'acre [0,4 hectare], comparés aux 77 boisseaux des cultures naturelles.

​​​​Ces cultures GM, conçues pour résister au Roundup, le propre désherbant de Monsanto, n'ont été « retapées » qu'après rajout de manganèse, ce qui suggère que l'absorption des éléments essentiels du sol par les plantes est gênée par la modification génétique. Même avec ce complément le rendement du soja GM est égal à celui du traditionnel plutôt que supérieur.

​​​​La nouvelle étude confirme une recherche antérieure à l'Université du Nebraska, qui a révélé qu'un autre soja GM de Monsanto produisait 6 pour cent de moins que son plus proche parent traditionnel, et 11 pour cent de moins que le meilleur soja non GM.

​​​​La nouvelle étude au Nebraska suggère que deux facteurs sont à l'œuvre. D'abord, il faut du temps pour modifier une plante et, pendant que c'est en train de se faire, de meilleures plantes naturelles sont développées. C'est reconnu même par le Ministère de l'Agriculture zunien ardemment pro-OGM, qui a admis que le retard pourrait conduire à une « diminution » de rendement.

​​​​Mais le fait que les cultures d'OGM soient inférieure à leurs quasi-identiques homologues traditionnelles suggère qu'un deuxième facteur est aussi à l'œuvre, et que le processus de modification lui-même abaisse la productivité. La nouvelle étude au Kansas le confirme et montre comment cela se passe.

​​​​Une situation similaire semble s'être produite avec le coton GM en Zunie, où la récolte totale du pays a diminué alors même que la technologie GM prenait la relève.

​​​​Monsanto a déclaré hier qu'il était surpris par l'ampleur de la baisse constatée par l'étude au Kansas, mais pas par le fait que le rendement ait chuté. Il a dit que le soja n'avait pas été conçu pour augment le rendement, et qu'il était maintenant en train d'en développer un pour ça.

​​​​Les critiques doutent que la compagnie y parviendra, affirmant que cela exige des modifications plus complexes. Et Lester Brown, président du Earth Policy Institute (institut des politiques pour la Terre) de Washington, l'un des premiers ayant prédit la crise alimentaire actuelle, affirme que les plantes d'aujourd'hui ont atteint la limite de productivité que leur physiologie leur permet d'atteindre.

​​​​Ancien champion cultivateur lui-même, il a fait la comparaison avec des coureurs humains. Depuis que Roger Bannister a couru le premier le mile en quatre minutes il y a plus de 50 ans, le meilleur chrono n'a amélioré ce temps que modestement. « Malgré tous les progrès dans le domaine de l'entraînement, personne n'envisage un chrono de trois minutes au mile. »

​​​​La semaine dernière, la plus grande étude de ce type jamais réalisée : l'International Assessment of Agricultural Science and Technology for Development (évaluation internationale des sciences agricoles et de la technologie de développement), a conclu que les OGM n'étaient pas la réponse à la faim dans le monde.

​​​​Quand on lui a demandé si les OGM pourraient résoudre la faim dans le monde, le Professeur Bob Watson, directeur de l'étude et directeur scientifique du Ministère de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales, a déclaré : « La simple réponse est non. »


Original : http://www.independent.co.uk/environment/green-living/exposed-the-great-gm-crops-myth-812179.html
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info


Note du traducteur : En France, les sénateurs, des gens non élus démocratiquement, ont torpillé la dernière loi du parlement, qui visait à empêcher la pollution des cultures traditionnelles par les OGM, au prétexte de deux mensonges : selon eux, les OGM permettent de réduire la faim dans le monde !

​​​​Même si les OGM avaient un rendement meilleurs et étaient comestibles, ce qu'ils ne sont pas, ils ne serviraient qu'à continuer à paupériser le tiers monde, comme le fait actuellement le dumping des cultures traditionnelles occidentales dans les pays pauvres.

​​​​En effet, l'agriculture occidentale est subventionnée pour que ses produits soient meilleur marché que ceux des pays pauvres. Ils peuvent ainsi être déversés là-bas et empêcher ces pays de vivre de leurs propres cultures. Ce qui a pour effet de ruiner les cultures vivrières à usage local là-bas et de provoquer la paupérisation et la famine.

​​​​Le contribuable occidental, quant à lui, est sollicité doublement : il paye les subventions à l'agriculture chimique occidentale et l'aide aux pays plongés dans la famine.


Jeudi 24 Avril 2008

l’inauguration de Svalbard ne fait pas l’unanimité.

Posté le 10.04.2008 par djamazz
Des "fissures" dans la Caverne : l’inauguration de Svalbard ne fait pas l’unanimité.

par Grain

Mondialisation.ca, Le 8 avril 2008
GRAIN

Voir aussi une mise au point de GRAIN
Après des mois d'extraordinaire publicité, et avec le soutien apparemment unanime de la communauté scientifique internationale, la "Global Seed Vault" a été officiellement inaugurée aujourd'hui sur l'île de Svalbard, en Norvège. Nichée au cœur d'une montagne, cette Caverne est en fait un morceau de glace géant capable de contenir 4,5 millions d'échantillons de semences entreposées dans le froid pour les besoins futures de l'humanité. L'idée est que si une catastrophe majeure frappait l'agriculture mondiale, comme les retombées d'une guerre atomique par exemple, les pays pourraient se tourner vers la Caverne pour en retirer des semences et redémarrer une production alimentaire. Cependant, cette "ultime niche de sécurité" pour la biodiversité dont dépend l'agriculture mondiale est malheureusement le dernier acte d'une stratégie plus vaste qui vise à faire de la conservation ex situ (hors sites) dans des banques de semences l'approche dominante pour la conservation de la diversité des plantes cultivées. Elle procure une fausse impression de sécurité dans un monde où la diversité des plantes cultivées présente dans les champs des agriculteurs continue de s'éroder et d'être détruite à un degré qui va en s'aggravant et contribue aux problèmes d'accès qui rongent le système ex situ international.

Des affirmations fausses

Cary Fowler, directeur du Global Crop Diversity Trust et l'un des principaux partisans de la Caverne, déclare que l'initiative " sauvera les plus importantes collections au niveau mondial des 21 plantes cultivées alimentaires les plus importantes des pays en développement." Même s'il est vrai que la diversité des plantes cultivées nécessite d'être sauvegardée et protégée, car une diversité irremplaçable est en train de disparaître à une vitesse alarmante, compter uniquement sur l'enfouissement de semences dans des congélateurs n'est pas une réponse. Il y a actuellement dans le monde 1500 banques de gènes ex situ qui n'arrivent pas à conserver et préserver la diversité des plantes cultivées. Des centaines d'échantillons stockés sont morts, car beaucoup ont été rendus inutilisables par manque d'information de base sur les semences, et une quantité innombrable d'autres ont perdu leurs caractéristiques uniques ou ont été génétiquement contaminés lors de remises en culture périodiques pour la multiplication. Cela s'est produit partout dans le système ex situ, pas seulement dans les banques de gènes des pays en développement. C'est pourquoi le problème n'est pas d'être pour ou contre les banques de gènes, mais réside dans le fait de compter sur une seule stratégie de conservation qui comporte, en elle-même, une série de problèmes.

Le problème le plus grave quand on axe la conservation des semences uniquement sur le système ex situ, et que la Caverne de Svalbard renforce, c’est qu'il est fondamentalement injuste. Il enlève des variétés végétales uniques aux agriculteurs et aux communautés qui les ont créées au départ, sélectionnées et partagées et les empêchent d'y accéder. La logique est que comme les variétés traditionnelles des communautés sont remplacées par des nouvelles variétés qui sortent des laboratoires de recherche - des semences qui sont censées produire des rendements plus élevés pour nourrir une population qui augmente – les variétés anciennes doivent être mises de côté comme "matière première" pour une sélection végétale future. Ce système oublie que les agriculteurs sont les premiers sélectionneurs du monde et qu'ils continuent de l'être. Pour avoir accès aux semences, vous devez être intégré à tout un cadre institutionnel dont la plupart des agriculteurs dans le monde ignorent même l'existence. Dit simplement, l'ensemble de la stratégie ex situ répond aux besoins des scientifiques et non des agriculteurs.

De plus, le système fonctionne sur l'hypothèse suivante : une fois que les semences des agriculteurs entrent dans une unité de stockage, elles ne leur appartiennent plus et la négociation sur les droits de propriété intellectuelle et autres droits sur ces semences est l'affaire des gouvernements et de l'industrie des semences elle-même. Dans les soit disant banques de gènes publiques, les semences deviennent partie du "domaine public" quand ce n'est pas "sous la souveraineté nationale" (ce qui se traduit de plus en plus par propriété de l'Etat). Le Groupe consultatif de recherche agricole international (GCRAI), qui dirige près de 15 banques mondiales de gènes pour les plantes alimentaires de base les plus utilisées, a même mis en place un arrangement légal de "curatelle" qu'il exerce sur le coffre au trésor des semences paysannes qu'il détient "pour le compte" de la communauté internationale, sous les auspices de la FAO. Pourtant ils n'ont jamais demandé aux agriculteurs dont ils ont pris les semences au départ, si cela leur convenait et ils les ont laissés totalement en dehors de l'arrangement de la curatelle.

La nouvelle Caverne de Svalbard est bien installée au sommet de cette mauvaise construction et de ces fausses hypothèses, et exacerbe inévitablement ces problèmes. Et comme c'est une collection de sauvegarde pour la "fin du monde", cela élève les enjeux à de nouvelles extrémités. Personne ne peut vraiment garantir que la Caverne sera efficace pour conserver les semences vivantes et sa sécurité n'a pas été testée. Quelques jours avant l'ouverture de la Caverne, Svalbard a été le centre du plus gros tremblement de terre de l'histoire de la Norvège, même si l'étude de faisabilité de l'équipement garantissait qu' "il n'y avait pas d'activité volcanique ou sismique significative" dans la région. Mais ce qui est plus gênant que n'importe quelle question technique, c'est le problème de l'accès, car les clés sont détenues par un petit nombre de mains.

Difficultés pour l’accès et les bénéfices

La Caverne ne résout pas les problèmes cruciaux relatifs à l'accès et aux bénéfices du bien le plus précieux de la biodiversité agricole mondiale. Le gouvernement norvégien est responsable en dernier ressort de la Caverne et il est actuellement vu comme juste et digne de confiance, mais il n'y a aucune garantie que la politique de ce pays ne change pas un jour. Le gouvernement norvégien le reconnaît d'ailleurs lui-même, puisqu'il a fourni des accords aux dépositaires, qui durent seulement dix ans et qui comprennent des clauses les autorisant à y mettre fin en cas de changement de politique. Mais ce qui est sans doute encore plus important, c'est que le gouvernement norvégien ne prendra pas ses décisions de manière autonome. Les décisions seront partagées avec le Global Crop Diversity Trust, une entité privée bénéficiant d'importants financements du privé et des multinationales.

ll y a déjà quelques problèmes d'accès avec la Caverne. Pour toutes sortes de raisons pratiques, les semences ne peuvent pas être entreposées dans la Caverne si elles ne proviennent pas de banques de gènes qui ont réussi à dupliquer leurs échantillons dans une autre banque. De plus, les dépositaires ne sont pas autorisés à déposer des semences qui sont déjà dans la Caverne. L'Accord standard du dépositaire stipule que "le dépositaire devra déposer seulement des échantillons de ressources génétiques de plantes qui sont, autant que le dépositaire puisse le savoir, des échantillons de ressources génétiques de plantes qui n'ont pas encore été déposée dans la "Caverne mondiale de semences de Svalbard" et que "le dépositaire reconnaît le droit au Ministère royal de l'agriculture et de l'alimentation norvégien de refuser d'accepter des échantillons en dépôt ou de mettre un terme au dépôt d'échantillons déjà déposés si les échantillons se trouvent être des doubles de ressources génétiques déjà mises en dépôt dans la Caverne mondiale de semences de Svalbard."

Une règle stipule que seuls les dépositaires peuvent avoir accès à leurs propres collections à Svalbard ou donner l'autorisation à quelqu'un d'autre de le faire. Avec tous les paquets de semences du GCRAI arrivant déjà en Norvège, cela veut dire que les centres GCRAI seront les dépositaires de la majeure partie des semences de la Caverne, ce qui leur donne pratiquement le contrôle exclusif sur l'accès. En effet, comme l'indique l'étude de faisabilité de la Caverne des semences, il a été "supposé que la Caverne commencerait avec un noyau composé de ressources génétiques en provenance des GCRAI et de celles de quelques banques de gènes nationales clés et que ces "collections fondatrices" décourageraient toute duplication ultérieure inutile des ressources à l'intérieur des équipements de Svalbard." En dehors des 19 instituts dépositaires qui se sont inscrits à la Caverne jusqu'à présent, seuls trois sont des banques de semences nationales de pays en voie de développement. La Caverne n'est donc pas un lieu de dépôt sûr pour n'importe qui, c'est surtout la planque privée du GCRAI.

En pratique cela signifie que beaucoup de pays en développement qui voudraient dupliquer leurs collections à Svalbard ne seraient pas en mesure de le faire si facilement. Cela serait vu comme une duplication de ce que le GCRAI a déjà déposé. Ils n'auront pas par conséquent un accès direct aux semences se trouvant dans la Caverne et qui ont pu être collectées dans leur pays. Pour l'instant, cela peut ne pas beaucoup inquiéter les gouvernements qui ont des collections de sauvegarde pour les semences mais la situation pourrait être totalement différente en cas de scénario apocalyptique lorsque cette ressource unique et cruciale se trouverait alors uniquement à Svalbard : quelles décisions prendre alors? Pour les agriculteurs il n'y a pratiquement aucune possibilité d'accès direct aux semences se trouvant dans la Caverne.

La fin du monde mise à part, il est important de se demander qui profite réellement du système ex situ auquel la Caverne contribue. Comme les quelques multinationales des semences qui contrôlent plus de la moitié des 30 milliards annuels du marché mondial des semences mettent la main sur les programmes publics de sélection végétale, et que les gouvernements se désengagent de la sélection végétale, les ultimes bénéficiaires seront ces mêmes entreprises qui sont à l'origine de la destruction de la diversité des plantes cultivées.

Cessez plutôt de détruire la diversité!

Si les gouvernements étaient réellement intéressés par la conservation de la biodiversité pour l'alimentation et l'agriculture, ils feraient deux choses. Leur priorité centrale serait d'abord de concentrer leurs efforts sur le soutien à la diversité dans les fermes et les marchés de leurs pays plutôt que de parier seulement sur les grosses banques de gènes centralisées. Cela signifie qu'ils laisseraient les semences entre les mains des agriculteurs locaux, avec leurs pratiques agricoles actives et innovantes, en respectant et en encourageant les droits des communautés à conserver, produire, sélectionner, échanger et vendre les semences. Mais cela ne se produira pas si les gouvernements ne remettent pas complètement en question la politique et les réglementations agricoles et n'arrêtent pas de développer en priorité l'industrialisation et d'alimenter les marchés mondiaux contrôlés par les entreprises au lieu de laisser les agriculteurs nourrir librement leurs propres communautés et pays. Cela signifie faire de la souveraineté alimentaire le fondement d'une politique agricole au lieu de continuellement pousser l'agriculture toujours plus sur la voie destructive de l'intégration au marché global dirigé par les entreprises.

Svalbard est sur le point d'enfermer la diversité, dans le cas d'une éventuelle catastrophe. La réelle urgence cependant, est de laisser la diversité vivre – dans les fermes, dans les mains des agriculteurs, et à travers les marchés contrôlés par les populations et orientés vers les communautés – aujourd'hui.

Mise au point de GRAIN

Quelques jours après la publication de ce numéro d’A contre-courant du 26 février 2008, une critique a été exprimée disant que notre article aurait suggéré une conspiration alliant la Caverne, le Global Crop Diversity Trust et les multinationales des semences. C’est une incompréhension qui, heureusement, n’a pas suscité de réponses ni de couverture médiatique importantes pour cet article. Notre opinion était que la Caverne et les collections ex situ en général (et en particulier les institutions impliquées dans la gestion de ces collections) sont empêtrées dans le contexte mondial actuel où quelques entreprises dominent la sélection végétale et se servent des brevets et d’autres mécanismes de manière agressive pour monopoliser l’accès et le contrôle sur les semences. Dans un tel contexte, même lorsque les intentions sont parfaitement honorables, les questions relatives à l’accès et au contrôle des ressources génétiques par n’importe quelle banque de gènes sont extrêmement importantes et inévitables, et doivent être traitées en profondeur. Nous espérons que les échanges et le débat autour de la Caverne et autour des banques de gènes en général continuera sur ces bases.

Il nous a aussi été signalé que la note concernant Cary Fowler (paragraphe 2) était dans le contexte non pas en référence à la Caverne elle-même mais à une ‘initiative’ de Global Trust, en relation avec la Caverne, pour « sauvegarder » les semences dans les banques de gènes dans les pays en développement. Nous regrettons tout malentendu que cela peut avoir entraîné. Pour des commentaires spécifiques plus récents de Fowler sur la Caverne, vous pouvez consulter l’article du N-Y Times du 29 février 2008.

Article publié le 26 février 2008. Lectures complémentaires:

Aasa Christine Stoltz, "Norway's biggest quake hits Svalbard archipelago," Reuters, 21 February 2008, http://www.reuters.com/article/ environmentNews/idUSL2173668320080221

Le gouvernement norvégien et la Caverne de Svalbard: http://www.nordgen.org/sgsv/

Le Global Crop Diversity Trust et la Caverne de Svalbard: http://www.croptrust.org/main/arctic.php?itemid=216

Le Traité international sur les ressources génétiques des plantes pour l'alimentation et l'agriculture: http://www.planttreaty.org/

GRAIN, " Le Traité sur les semences de la FAO: des droits des agriculteurs aux privilèges des obtenteurs Seedling, octobre 2005, http://www.grain.org/seedling/?id=418

Center for International Environment and Development Studies et al, "Study to assess the feasibility of establishing a Svalbard Arctic seed depository for the international community", prepared for the Ministry of Foreign Affairs and the Ministry of Agriculture and Food, 14 September 2004, http://www.regjeringen.no/en/dep/ lmd/campain/svalbard-global-seed-vault/publications.html?id=463313

Svalbard Global Seed Vault – Standard Depositor Agreement: http://www.nordgen.org/sgsv/index.php?page=depositor_guidelines

Articles de Grain publiés par Mondialisation.ca

L’agriculture millénaire irakienne détruite par les transnationales

Posté le 10.04.2008 par djamazz
Monsanto à Babylone

L’agriculture millénaire irakienne détruite par les transnationales agro-alimentaires étatsuniennes

par Joëlle Pénochet

Mondialisation.ca, Le 13 fevrier 2008

Une version abrégée de ce texte a été publié sur le site Votre santé:

http://www.votre-sante.com/

“Contrôlez le pétrole, et vous contrôler des nations entières ; contrôlez le système alimentaire, et vous contrôlez les populations. »

Henry Kissinger

C’est au cœur de la Mésopotamie qu’a été inventée l’agriculture - avec un système d’irrigation sophistiqué -, voici plus de dix mille ans. La plaine alluviale exceptionnellement fertile située entre le Tigre et l’Euphrate offre des conditions idéales pour la culture des céréales. C’est là qu’est apparu le blé sauvage dans l’Antiquité. On y faisait pousser presque toutes les variétés connues aujourd’hui dans le monde (plus de 200 000). Les palmiers dattiers, qui fournissaient l’autre ressource vitale du pays, abritaient des plantes potagères très variées.

Les « semences de la démocratie » *

Depuis son invasion en 2003, l’Iraq n’a pas été seulement spoliée par ses agresseurs de sa souveraineté politique, de son patrimoine archéologique, de ses ressources pétrolières, mais aussi de sa souveraineté alimentaire.

En violation de la Constitution irakienne, et des conventions de la Haye et de Genève qui stipulent que l’occupant doit respecter la juridiction du pays occupé, l’administrateur provisoire Paul Bremer (un ancien collaborateur de Kissinger) a édicté, avant l’installation d’un gouvernement fantoche par Washington, cent ordonnances scélérates qui ont force de loi et qui ne peuvent être abolies ni modifiées par aucun gouvernement irakien (article 26 de la nouvelle constitution). Le pays tombait ainsi sous le joug économique total de l’Occupant, qui avait décidé de réformer drastiquement son économie sur le modèle économique néo-libéral américain.

L’ordonnance 81 du 26 avril 2004 a livré le pays en pâture aux nécro-entreprises géantes qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto (le fabriquant de l’agent Orange), Syngenta et Dow Chemicals. Elle conduit à la destruction irréversible de l’agriculture Iraqienne. L’Afghanistan avait subi le même sort en 2002.

Biopiratage dans le jardin d’Eden

Cette ordonnance, rédigée de façon très perverse, a institué de fait une obligation pour les fermiers irakiens d’acheter chaque année une licence et des semences transgéniques aux multinationales américaines - alors que la juridiction irakienne interdisait toute privatisation des ressources biologiques.

La règle de« Protection des variétés des plantes » (PVP), au centre de cette loi, ne traite pas de conservation de la biodiversité, mais de la protection des intérêts des transnationales semencières américaines (qui, en vertu des ordonnances Bremer, sont exonérées d’impôts, ne sont pas obligées de réinvestir dans le pays et possèdent le droit de rapatrier tous leurs profits). Pour être qualifiées, les plantes doivent être « nouvelles, distinctes, uniformes et stables », des critères que les plantes traditionnelles ne peuvent pas remplir.

Ces sociétés étrangères détiennent un droit de propriété intellectuelle (semblable à ceux que Washington a introduit dans les règles de l’OMC- dont l’Iraq ne fait pas partie) qui leur concède pendant vingt ans le monopole sur la production, la reproduction, la vente, l’exportation, l’importation et le stockage de toutes les semences génétiquement modifiées et les variétés de plantes «similaires».

Monsanto a fait un hold-up sur les semences millénaires de l’Iraq pour les modifier génétiquement et les breveter. Et les agriculteurs sont maintenant contraints de payer pour pouvoir les cultiver (1).

Dans un premier temps, pour faciliter l’introduction de l’agriculture transgénique, le « ministère » irakien de l'Agriculture, à la façon d’un dealer de drogue dure, a distribuées quasi gratuitement les « nouvelles semences » aux fermiers irakiens. Sans leur dire qu’ils entraient ainsi dans un système infernal dont ils ne pourraient plus sortir.

Paysans dans la région de Kufa, Irak.

Les fermiers iraqiens rançonnés par les géants semenciers

L’ordonnance 81 a rendu illégales les traditions antiques de sélection des meilleures semences par les agriculteurs pour les réutiliser d’une année sur l’autre, et les échanges entre voisins. (Selon la FAO, 97% des fermiers irakiens réutilisaient encore leurs graines, ou les achetaient sur le marché local en 2002). Par croisements, au fil des générations, ils avaient créé des variétés hybrides adaptées au dur climat de la région.

Les agriculteurs « coupables » d’avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé accidentellement, encourent de fortes amendes, voire des peines d’emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installations!

Le terrorisme alimentaire pratiqué par les multinationales comme Monsanto dans les pays qu’elles colonisent a conduit au suicide de dizaines de milliers paysans du Tiers Monde - ruinés par l’achat annuel de semences transgéniques et des pesticides, herbicides et fongicides très toxiques qui leur sont nécessairement associés. Ainsi, pour la seule année 2003, 17 000 agriculteurs indiens auxquels les banques ne voulaient plus prêter d’argent pour acheter les semences de Monsanto se sont suicidés.

Vers le contrôle total de la chaîne alimentaire par les transnationales américaines

Les bombardements incessants depuis 1991 avec des armes à l’uranium appauvri - qui ont transformé le pays en une vaste déchetterie radioactive - et l’embargo de treize ans, avaient déjà commencé de détruire l’agriculture irakienne - anéantissement du système d’irrigation, du matériel agricole et des palmiers dattiers (2). De 1990 (date de l’instauration des sanctions) à 2003, le volume de la production de céréales avait diminué de moitié. Les troupeaux d’animaux d’élevage ont été décimés.

En plus de subir les exactions quotidiennes des occupants, les fermiers iraqiens, devenus des serfs, sont désormais condamnés à produire des plantes artificielles, destinées pour moitié à l’exportation mondiale (ou aux troupes d’occupation, comme les variétés de blé réservées à la fabrication de pâtes, étrangères au régime alimentaire irakien), au seul bénéfice de Monsanto et consorts. Ceci alors même que la population irakienne meurt de faim (3). C’est pourquoi, à l'instar de leurs homologues afghans, de plus en plus de fermiers désespérés abandonnent la culture des céréales pour celle de l’opium.

Les chimères issues des nécro-technologies représentent un très grave danger sur les plans environnemental, sanitaire, économique et éthique. Elles entraînent une pollution environnementale aussi irréversible que celle qui est provoquée par l’uranium appauvri. Par ailleurs, elles peuvent être utilisées dans le cadre de guerres biologiques ou bactériologiques silencieuses (3).

Les OGM constituent l’une des principales armes des instigateurs du Nouvel Ordre Mondial pour asservir l’une après l’autre les populations du monde entier. L’Iraq est devenue le nouveau laboratoire en grandeur réelle de cet instrument de domination diabolique, et les Irakiens les cobayes.

* Allusion à la phrase de Bush peu après l’invasion : « Nous sommes en Irak pour y répandre les semences de la démocratie de façon à ce qu'elles y prospèrent et se propagent dans toute la région où règne l'autoritarisme." (George Bush). Notes

(1) Des échantillons de chacune de leurs variétés avaient été conservés dans la Banque nationale de semences… d’Abu Ghraib, qui a été détruite par l’Occupant.


(2) Cf. http://www.planetenonviolence.org/

Non-violence-ecologie-Une-catastrophe-ecologique-passee-sous-silence-la-destruction-des-palmeraies-en-Iraq_a225.html .


(3) En 2004, la police militaire américaine a fermé le journal al Hawza, qui avait publié un article affirmant que Bremer "menait une politique visant à affamer le peuple irakien afin, qu'entièrement occupé à se procurer son pain quotidien, il n'ait aucune chance de réclamer des libertés politiques et individuelles."

(4) Cf. les articles de Mae Wang Ho et Joe Cumming, de l’Institute of Science in Society (ISIS).

Sources

Michel Chossudovky:
Sowing the Seeds of Famine in Ethiopia,
www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=366, 10 septembre 2001.

William Engdhal:
WTO, GMO and Total Spectrum Dominance , 29 mars 2006.
Le pillage «libéral» de l'Irak, 14 novembre 2005.

Ghali Hassan:
Iraq’s New Constitution , 17août 2005.
Biopiracy and GMOs: The Fate of Iraq's Agriculture, 12 décembre 2005.

Stephen Lendman:
Unleashing GMO Seeds: "Food is Power"
Reviewing F. William Engdahl's Seeds of Destruction, Part 3. 19 janvier 2008.

Agribusiness Giants seek to gain Worldwide Control over our Food Supply, 7 janvier 2008.

Arun Shrivastava:
Suicides en masse de fermiers indiens : ce qui se profile à l’horizon , 14 novembre 2006.

Jeffrey Smith:
Genetically Modified Foods Unsafe? Evidence that Links GM Foods to Allergic Responses Mounts, 8 novembre 2007.

ORDER 81: Re-engineering Iraqi agriculture, 27 août 2005.


Autres documents et articles consultés :

L'ordonnance n° 81:
http://www.mindfully.org/Farm/2004/Iraq-Plant-Variety-Law26apr04.htm


William Engdahl, Iraq and Washington’s ‘seeds of democracy,
http://www.engdahl.oilgeopolitics.net/GMO/Iraq_and_seeds_of_democracy/iraq_and_seeds_of_democracy.HTM

Christopher D. Cook, Plowing for Profits U.S. Agribusiness Eyes Iraq’s Fledgling Markets, In These Times 15mar2005 : ***
http://www.mindfully.org/GE/2005/Iraq-US-Agribusiness-Profit15mar05.html

Iraq's New Patent Law: A Declaration of War Against Farmers Focus on the Global South and GRAIN 15oct04 :
http://www.mindfully.org/Farm/2004/Iraq-Patent-Law-CPA15oct04.htm

Iraq's Crop Patent Law A Threat To Food Security By GM Free Cymru03 March 2005 ***
http://www.countercurrents.org/iraq-cymru030305.htm

Patrick Cockburn, Desesperate Iraqi Farmers Turn to Opium, 24 janvier 2008: http://www.counterpunch.org/patrick01242008.html


Voir également le dernier livre de William Enghdal:

Seeds of Destruction

Articles de Joëlle Pénochet publiés par Mondialisation.ca

Guerre et environnement: l’attention monte

Posté le 10.04.2008 par djamazz
Guerre et environnement: l’attention monte

par Victor Roux-Goeken

Mondialisation.ca, Le 18 mars 2008
Journal de l'environnement

Une bonne gestion de l’après-conflit pourrait permettre de réduire l’impact d’une guerre sur l’environnement. La question, qui peut paraître futile au moment où la prise en charge des civils semble prioritaire, est pourtant vitale pour faciliter la reconstruction et éviter une cascade de conflits.

Guerre et environnement: les accords internationaux existent

- 1925: protocole de Genève interdisant l’emploi, à la guerre, de gaz asphyxiants, toxiques et de moyens bactériologiques
- 1949: convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre
- 1963: traité interdisant les essais d’armes nucléaires dans l’atmosphère, dans l’espace extra-atmosphérique et sous l’eau
- 1972: convention sur l’interdiction des armes bactériologiques
- 1977: convention Enmod sur l’interdiction des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires
- 1997: convention sur l’interdiction des armes chimiques
- 1997: convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines anti-personnelles
(Source: WWF)

Vietnam, 1962-1970: 70 millions de litres de défoliant –le «fameux» agent orange– ont détruit la forêt tropicale et sont à l’origine de cancers et de malformations congénitales. Irak, 1991 et 2003: l’utilisation d’armes à uranium appauvri a irradié de vastes zones du pays, et un nombre incalculable de personnes. Afghanistan: en 23 ans de conflit, 95% des forêts ont été détruites. Kosovo, 1999: des 550 sites industriels bombardés par l’Otan s’écoulent 80.000 tonnes de pétrole. Liban, août 2006: marée noire sur les côtes du pays. Il faudrait une somme pour dresser une liste exhaustive des pays fortement pollués à la suite de conflits.

A priori, le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), les Amis des bonobos du Congo, Urgence réhabilitation développement (URD), le programme Héritage de la guerre froide et l’Association d’amitié franco-vietnamienne n’ont aucun point commun. Mais tous gèrent à leur niveau des situations d’après-conflit, et ont témoigné de leur expérience lors d’un colloque intitulé «Guerre et environnement», organisé jeudi 6 mars par WWF et la sénatrice Verts du Nord, Marie-Christine Blandin.

Dès 1999, le Pnue a créé une branche nommée «gestion post-conflit et désastre» afin d’étudier d’un point de vue environnemental l’après-conflit dans les Balkans. L’organisation a 18 rapports d’évaluation à son actif, est intervenue dans 25 pays, mais les moyens d’action manquent. Silja Halle, chargée de communication, note par exemple que «les opérations d’assistance humanitaire font des dégâts sur l’environnement, ainsi que les camps de réfugiés». Bien sûr, il ne s’agit pas de remettre en cause la nécessité de ces aides extérieures, mais de minimiser l’impact sur l’environnement des «litres d’huile de vidange des véhicules des organisations humanitaires qui polluent les nappes phréatiques», selon François Grunewald, président du groupe URD et membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme. Ou de mieux gérer le peu de ressources. Ainsi, 300 kilomètres carrés (km²) de forêt du parc national de Virunga ont été détruits en 6 mois par les soldats hutus et les réfugiés rwandais des camps autour de la ville de Goma (RDC), selon l’Union mondiale pour la nature (UICN).

Ces pollutions et dégradations de l’environnement et de la biodiversité engendrent d’autres conflits, surtout lorsqu’il s’agit aussi de contrôler des ressources naturelles à haute valeur ajoutée – minéraux, bois exotique, pétrole. Elles rendent impossible le retour sur les terres agricoles, comme au Liban, où «toutes les bombes à sous-munitions n’ont pas explosé dans le sud du pays», explique Claude-Marie Vadrot, journaliste à Politis.

Ces dégradations peuvent avoir des répercussions pendant de très nombreuses années. Ainsi, 40 ans après les faits, raconte Jacques Maître, socio-anthropologue et président de l’Association d’amitié franco-vietnamienne, l’agent orange continue à être à l’origine de malformations chez les bébés, ce qui entraîne aussi le bouleversement de tout un système de représentations mentales – «l’équivalent de l’Apocalypse» pour les chrétiens.

Autre type de pollution oubliée: le bruit. Ainsi, ces avions qui passent le mur du son au-dessus de Gaza ville, plusieurs fois dans la nuit, et qui empêchent les habitants de dormir. Les atteintes à l’environnement sont d’autant plus graves que certains profitent de l’instabilité politique. «En Somalie, les côtes et les terres sont devenues le dépotoir mondial de déchets toxiques, ce qui permet à des navires affrétés par des sociétés écran de balancer des conteneurs sur les côtes», témoigne Claude-Marie Vadrot.

Alors, quelles solutions? Détruire les stocks d’armes chimiques accumulées pendant la Guerre froide? C’est le rôle du programme Héritage de la guerre froide, de Green cross international, coordonné par Stephan Robinson. On peut aussi réparer les infrastructures. Mais comment, lorsque le climat de guerre est permanent, comme à Bagdad, où les forces de la «coalition» ont détruit les deux stations d’épuration de la capitale irakienne? Depuis 2003, toutes les eaux usées filent dans le Tibre, devenu égout à ciel ouvert.

«Pactiser» avec l’armée? C’est ce qu’a fait, sans trop de succès, Claudine André, présidente des Amis des bonobos du Congo et marraine de la cellule environnement des forces armées congolaises. La cellule est raillée par l’état-major, et Claudine André n’est jamais invitée par les ONG occidentales… Pourquoi ne pas ajouter «l’écocide», crime écologique, dans la liste des crimes de guerre de la convention de Genève? Bonne idée, mais faire respecter une convention internationale, y compris par les adeptes de la guerre «propre et chirurgicale», est une gageure. Reste une solution, ingénue: interdire la guerre, mais c’est un autre combat.

Victor Roux-Goeken

Articles de Victor Roux-Goeken publiés par Mondialisation.ca

Séminaire international sur le changement climatique

Posté le 08.04.2008 par djamazz
Séminaire international sur le changement climatique

par Laurent Garrouste

Mondialisation.ca, Le 17 mars 2008
Europe solidaire sans frontières

C’est un séminaire à bien des égards fructueux et stimulant qui s’est tenu à Amsterdam du 23 au 27 février 2008 à l’invitation de l’IIRE. Intitulé « Face aux changements climatiques, Révolution énergétique et transformation sociale », cette initiative sans précédent au niveau de la Quatrième Internationale a rassemblé de manière ouverte militants experts et experts militants, membres ou non de notre courant politique. Parmi les experts notons notamment des interventions de Jean-Pascal van Ypersele, climatologue, Daniel Tanuro, ingénieur agronome, Carine Barbier, économiste de l’énergie, Michel Husson et Jean-Marie Harribey, économistes, Phil Ward, chimiste, le physicien Jean-Paul Deléage s’étant fait excuser. Au total, plus de 50 personnes ont assisté au séminaire venant d’Europe (Allemagne, Belgique, Danemark, Suède, Italie, Espagne, France, Grande-Bretagne, Grèce), d’Asie (Turquie), d’Amérique du Nord (Canada, États-Unis) et du Sud (Brésil), beaucoup étant directement impliquées dans la construction de mobilisations et mouvements contre le changement climatique.

Faire le point des connaissances scientifiques sur le changement climatique, analyser les réponses néolibérales qui y sont apportées, et définir les grandes lignes d’une réponse alternative à ce défi, en termes programmatiques comme en termes de construction d’une mobilisation mondiale sur le changement climatique, tels étaient les fils conducteurs de ces échanges. Pour cela, il était indispensable de revenir de manière détaillée sur la question énergétique dans toute ses dimensions : les débats ont ainsi porté sur les contours de la transition énergétique nécessaire mais aussi sur le corpus théorique marxiste.

Invité en tant que personne ressource, le climatologue Jean-Pascal van Ypersele (Université Catholique de Louvain) a détaillé, à la lumière des derniers travaux du GIEC, la gravité du diagnostic sur la modification climatique et ses conséquences prévisibles au niveau écologique, social, sanitaire ou encore alimentaire, qui fait l’objet désormais d’un consensus très large de la communauté scientifique. Il a notamment insisté sur le fait que le GIEC fondait ses analyses sur une prise en compte exhaustive de l’ensemble de la littérature scientifique : une démarche qui peut avoir pour effet de sous-estimer quelque peu l’ampleur des changements en cours, mais qui, en même temps, fonde la crédibilité très forte de ses travaux. De fait les conséquences en terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre découlant de l’objectif de stabilisation de la température déterminé par le GIEC apparaissent comme un défi gigantesque. De nombreux participants ont insisté sur le point d’appui constitué par ces travaux : une analyse et des préconisations partagées par la communauté scientifique mondiale dont la prise en compte heurte de fait de plein fouet le fonctionnement de l’économie capitaliste et ses bases techniques. Michel Husson a examiné dans cette perspective, notamment à la lumière de la théorie des ondes longues, la possibilité d’émergence d’un capitalisme vert. Il a insisté sur la redoutable question de rentabilité à laquelle serait confronté un capitalisme vert qui prétendrait être autre chose qu’un simple capitalisme « verdi ».

Daniel Tanuro a présenté les différentes facettes de la réponse néolibérale à la crise climatique, détaillant le caractère limité et insuffisant des objectifs fixés à Kyoto et des mesures prises mais aussi les effets pervers des mécanismes choisis. Il a insisté sur le tournant en train d’être pris au niveau des classes dirigeantes : la récente conférence de Bali en décembre 2007 a montré que celles-ci prennent conscience de la nécessité d’apporter une réponse à la crise en cours, ce qui ne signifie nullement que cette réponse soit efficace sur le plan écologique ou satisfaisante du point de vue des opprimés. Non seulement elle risque d’être totalement insuffisante, mais les mécanismes privilégiés risquent de conduire à un renforcement de la domination impérialiste et de l’offensive néolibérale. Jean-Marie Harribey a dans cette perspective présentée une critique détaillée à la fois des marchés de droits à polluer et de l’écotaxe, tout en s’interrogeant sur les modalités d’utilisation des mécanismes marchands dans le cadre d’une dynamique de transformation sociale progressiste. Phil Ward a complété cette critique par le démontage de la réponse malthusienne qui accompagne souvent les discours dominants mais aussi certains discours écologistes sur la “surpopulation”. Plusieurs camarades ont souligné combien ce type de réponse était toujours accompagné de violentes attaques contre le droit des femmes. Joao Alfredo, militant brésilien, a par ailleurs présenté la politique de lutte contre le changement climatique du gouvernement Lula. Il a montré combien cette politique a pour effet de démultiplier les dégâts écologiques notamment par le développement forcené des agrocarburants avec les conséquences désastreuses qui en découlent pour les paysans pauvres et sans terre.

Carine Barbier a présenté les grands paramètres à partir desquels les contours d’une transition énergétique peuvent être pensés : partant des caractéristiques actuelles de la production et de la consommation d’énergie, elle a mis en évidence la nécessité pour tout processus de transformation sociale de s’accompagner d’une révolution énergétique. Elle a insisté sur le fait que le point cardinal de cette transition était la réduction drastique de l’énergie produite et consommée, ce qui est compatible non seulement avec un maintien mais même avec une amélioration du niveau de vie des populations. C’est seulement dans cette perspective d’économie que le système peut être basé sur les énergies renouvelables et s’émanciper tant du fossile que du nucléaire. Elle a expliqué en quoi les réponses purement techniques à la crise climatique constituent des illusions et souvent des dangers (capture et séquestration du carbone, recours à l’hydrogène, etc...). Daniel Tanuro a lui insisté sur la nécessité de s’appuyer sur le concept de système énergétique capitaliste, en détaillant les grands traits de ce système. De fait toute analyse du capitalisme, faisant abstraction de ses soubassements énergétiques, apparaît éminemment insuffisante, notamment lorsqu’il s’agit de faire face à un défi tel que celui du changement climatique et des réponses à y apporter. Tirant le fil de son analyse, il a également plaidé pour une révision du marxisme sur la question énergétique. Il met en avant l’absence de distinction chez Marx entre énergie de flux et énergie de stock, qui l’a empêché de percevoir une des dimensions clés d’un capitalisme basé sur les énergies fossiles, et de donner toute sa force à son concept de “régulation rationnelle du métabolisme social » caractéristique des relations entre l’humanité et la nature. A plusieurs reprises la question de l’impact possible sur la crise du capitalisme de la raréfaction des ressources pétrolières a été discutée, la plupart des intervenants ayant tendance à relativiser la question en soulignant l’importance des ressources existantes en charbon.

Michael Löwy et Joël Kovel, deux des principaux animateurs du réseau écosocialiste international récemment mis sur pied, ont présenté des rapports relatifs à la perspective écosocialiste en lien notamment avec la crise climatique en cours. Au travers d’un rapport intitulé « scénarios du pire et écosocialisme », le premier a souligné combien les développements de la crise écologique globale renforcent l’urgence d’un changement de société. La discussion a porté notamment sur les conditions d’utilisation des pronostics pessimistes dans la mobilisation et le discours politique, certains camarades pointant notamment les effets négatifs des réflexes de peur pouvant être générés. Rédacteur en chef de la revue “Capital, Nature, Socialism”, Joël Kovel a lui tenté d’esquisser une vision globale de la perspective écosocialiste. Le débat a notamment porté sur la pertinence théorique de l’analyse de la nature en tant que valeur, et les risques d’une telle approche.

Enfin, le séminaire a abordé sous plusieurs angles la question des luttes et de la construction de la mobilisation contre le changement climatique. Terisa Turner, professeure à l’Université de Guelph et militante écoféministe, a analysé de manière détaillée et passionnante une série de mobilisations au Sud et au Nord relatives à l’appropriation ou l’utilisation de ressources pétrolières, en soulignant le rôle cardinal joué par les femmes dans ces luttes, par exemple au Nigéria . Pierre Rousset est revenu lui sur le bilan des mobilisations populaires face aux catastrophes naturelles : il a présenté les exemples concrets de solidarité internationaliste Nord-Sud notamment suite au tsunami en Asie et au tremblement de terre au Cachemire. Il a souligné l’importance de construire une solidarité internationale concrète lors de ces évènements, solidarité qui ne peut s’appuyer que sur les mouvements populaires implantés sur le terrain. Manolo Gari, collaborateur de l’Institut Syndical du Travail, de l’Environnement et de la Santé (ISTAS) des Commissions Ouvrières (Etat espagnol), a développé pour sa part l’exigence du développement du syndicalisme comme écosyndicalisme. Plaidant l’importance pour le mouvement syndical de se saisir de la question climatique et de la placer au coeur de son orientation, il en a souligné les différentes facettes, notamment dans les combats internes aux entreprises, mais aussi les enjeux. L’investissement des syndicats sur ces questions sera déterminant par rapport aux contours et aux effets des réponses capitalistes. Il a notamment mis en avant la revendication de « transition juste » : ce ne doit pas être aux salariés de payer pour les bouleversements à réaliser. Ce qui suppose de combiner défense de l’emploi et défense de l’environnement. Enfin, les camarades présents ont fait part des mobilisations en cours sur le climat qui ont pris une dimension de masse dans plusieurs pays, notamment en Australie, en Belgique, en Espagne ou en Grande-Bretagne. Alan Thornett a fait le point sur l’état de la mobilisation dans ce pays où notamment s’est tenue une conférence de 300 syndicalistes au cours de ce même mois de février.

Si on peut regretter que le débat sur les revendications à mettre en avant dans le cadre de la bataille contre le changement climatique n’ait pas été plus développé, ou encore que trop peu de participants venaient de pays du Sud, ce séminaire n’en constitue pas moins une réussite remarquable soulignée par tous les participants. Tous ont souhaité qu’un nouveau séminaire se tienne dans deux ans en espérant que d’ici là des pas aient été faits dans la construction d’une mobilisation de masse sur la question climatique. D’ores et déjà, ces quatre jours de débat ont eu un premier résultat concret puisque les membres présents de la quatrième internationale, au cours d’une réunion de bilan consécutive au séminaire, ont élaboré un projet de résolution à soumettre à leurs instances internationales, et que celles-ci l’ont, entre-temps, adopté.
Dès que disponibles, les contributions au séminaire « Climat » sont mises en lignes sur le site d’ESSF. Elles peuvent être en français et/ou en anglais et peuvent être placées dans divers rubriques, selon leur contenu. Les liens sont indiqués ci-dessous et seront mis à jour :

Joao Alfredo Telles Melo : The Brazilian government’s (un)sustainable policy for climate change and the response of civil society

Leigh Brownhill & Terisa Turner : Commoners Against Climate Change

Jean-Marie Harribey : Fiscalité écologique, mécanismes de marché et régulation climatique — Leçons pour après le capitalisme ?

Quatrième Internationale : Résolution sur le changement climatique

Fourth International : Resolution on Climate Change

Articles de Laurent Garrouste publiés par Mondialisation.ca

Privatisation de la Biodiversité

Posté le 09.03.2008 par djamazz
Privatisation de la Biodiversité: Le Projet « Arche de Noé végétal' dans l'Arctique »

par Michel Chossudovsky

Mondialisation.ca, Le 26 fevrier 2008

Un reportage de Radio Canada (Le Point, 25 février) passe en revue un projet de Banque de la biodiversité situé dans l'Arctique. Il s'agit d'un projet de "chambre forte" permettant d'entreposer des échantillons de toutes les variétés de semences de la planète. La chambre forte est située à Svalbard, sur l'île norvégienne de Spitsbergen:

(Radio Canada, Le Point, 25 février 2008) - Une installation très particulière sera inaugurée cette semaine dans l'archipel du Svalbard, au large de la Norvège dans l'océan Arctique. Il s'agit d'un abri souterrain destiné à sauvegarder les graines des différentes espèces végétales de la planète.

Ce projet international ambitieux, appelé Voûte internationale des semences, vise à préserver une biodiversité de plus en plus

Le projet est une "chambre forte" des semences mondiales situé à Svalbard, sur l'île norvégienne de Spitsbergen.

Jean-François Bélanger l'a visitée. http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/tj22h/index.shtml#

Video du programme (real)

Ce reportage présente le projet de Svalbard sous la forme d'une initiative à caractère humanitaire visant la protection de la biodiversité mondiale.

Afin de protéger l'agriculture biologique, les échantillons de semences seront déposés dans cette chambre forte de Svalbard, à l'abris des catastrophes.

Le reportage ne mentionne pas qu'il s'agit d'une initiative financée par la Fondation Bill et Melinda Gates (30 millions de dollars) et que les principaux partenaires de Bill Gates sont Monsanto, la plus grande société mondiale de biotechnologie, la Fondation Sygenta, géant des semences OGM et des produits de l'agrochimie ainsi que la Fondation Rockefeller. Également associé au projet est le géant américain de l'agro-alimentaire DuPont/Pioneer Hi-Bred, impliqué dans le brevetage d'organismes génétiquement modifiés (OGM).

Quand à La Fondation Rockefeller, elle est impliquée, par l'entremise de son réseau mondial (CGIAR) (Consultative Group on International Agriculural Research) qui est partenaire du Global Crop Diversity Trust (GCDT) qui gère le fonctionnment du projet.

Alors que le gouvernment norvégien figure comme promoteur ($ 7 millions), les coûts de fonctionnement du projet 'Arche de Noé végétal' sont financés par la fondation Bill Gates, qui se présente à l'opinion publique comme les gardiens de la biodiversité. C'est le monde à l'envers!

Il ne s'agit nullement d'un projet humanitaire. Bien au contraire. Car les promoteurs de ce projet sont impliqués dans de nombreux pays dans des actions souvent illégales à l'endroit des agriculteurs, visant le développement à outrance des semences OGM au detriment de la biodiversité.

Ce projet permet à une poignée d'entreprises de la biotechnologie de prendre le contrôle des semences biologiques de la planète. Ce projet vise la privatisation de la biodiversité mondiale au détriment des peuples.

Il est averé que les principaux partenaires (la Fondation Gates, Monsanto, Sygenta et la Fondation Rockefeller) de ce projet dont le but annoncé est de 'sauvegarder les graines des différentes espèces végétales de la planète' constituent une des principales menaces à la biodiversité mondiale, nottament par des actions visant la contamination des cultures biologiques par les semences OGM.

Que la participation de Monsanto à ce projet n'ait pas été mentionnée, relève de la désinformation, sachant que Monsanto fut impliquée dans des actions fort controversées, dont la semence 'Terminator', visant par l'intermédiare de l'ingénierie génétique à détruire l'agriculture biologique.

Le Centre de recherche sur la mondialisation (CRM) basé à Montréal vient de publier une étude détaillée de William F, Engdahl (Associé de recherche du CRM) au sujet du projet de Svaarlberg. En voici quelques extraits

Bill Gates investit des millions dans une chambre forte pour semences sur la Mer de Barents, près de l'Océan Arctique, à quelque 1.100 kilomètres du Pôle Nord.

Sur cette île perdue, Bill Gates investit des dizaines de millions avec la Fondation Rockefeller, Monsanto Corporation, la Fondation Syngenta et le gouvernement de Norvège, entre autres, dans ce qui est appelé doomsday seed bank [arche de Noé végétale traduit au mieux cette expression qui combine chambre forte, semences et fin des temps ou apocalypse, NDT]. Officiellement, le projet est appelé chambre forte à semences mondiales de Svalbard, sur l'île norvégienne de Spitsbergen, qui fait partie de l'archipel de Svalbard. ......

La Fondation Rockefeller avec la Fondation Gates, qui investissent à présent des millions de dollars dans la préservation de toutes les semences contre un scénario « apocalyptique » éventuel, investissent aussi des millions dans un projet nommé Alliance pour la Révolution Verte en Afrique (AGRA).

L'AGRA, comme elle s'est elle-même appelée, est une alliance avec cette même Fondation Rockefeller qui a créé la « Révolution Génétique » .

Bien qu'à ce jour ils gardent profil bas, Monsanto et les principaux géants de l'agro-alimentaire OGM sont soupçonnés d'être au cœur du problème en se servant de Kofi Annan de l'AGRA pour disséminer leurs semences OGM brevetées dans toute l'Afrique sous l'étiquette trompeuse de « biotechnologie, » le nouvel euphémisme pour semences génétiquement modifiées brevetées. À ce jour, l'Afrique du Sud est le seul pays africain qui autorise légalement la plantation de cultures OGM. En 2003 le Burkina Faso a autorisé des essais d'OGM. En 2005, le Ghana de Kofi Annan a rédigé des lois sur la sécurité biologique et les principaux responsables ont exprimé leur intention de poursuivre la recherche sur les cultures OGM.

Qu'est-ce qui conduit les fondations Gates et Rockefeller à financer en même temps la prolifération de semences, bientôt Terminator, brevetées à travers toute l'Afrique, un processus qui, comme il l'a fait dans chaque autre lieu de la Terre où la monoculture agro-alimentaire industrialisée a été introduite, a détruit la diversité des semences végétales ? Dans le même temps, ils investissent des dizaines de millions de dollars pour préserver toutes les variétés de semences connues dans une chambre forte à l'épreuve de l'apocalypse à proximité du lointain Cercle Arctique, « afin que la diversité végétale puisse être préservée pour l'avenir, » pour reprendre leur communiqué de presse officiel ?

​ ​​​Il n'est pas fortuit que les fondations Rockefeller et Gates s'associent pour préconiser une Révolution OGM de style Révolution Verte en Afrique, tout en finançant tranquillement l'« arche de Noé végétale » à Svalbard. Les géants de l'agro-alimentaire OGM sont jusqu'aux oreilles dans le projet de Svalbard.

​ ​​​...À Svalbard, le futur entrepôt à semences le plus sûr du monde sera gardé par les policiers de la Révolution Verte OGM, par les fondations Rockefeller et Gates, Syngenta, DuPont et CGIAR.

Texte en français (traduction)

L'« arche de Noé végétale » en Arctique - par F. William Engdahl - 2008-02-15

Original en anglais:

"Doomsday Seed Vault" in the Arctic - by F. William Engdahl - 2007-12-04

contact: Michel Chossudovsky crgeditor@yahoo.com

Articles de Michel Chossudovsky publiés par Mondialisation.ca
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