Defense militaire Securite
Posté le 02.05.2008 par djamazz
Les conséquences des bombardements sur les installations nucléaires de l'Iran
par Floyd Rudmin
Mondialisation.ca, Le 30 avril 2008
Regardez attentivement les conséquences qu'auraient des bombardements sur les installations nucléaires de l'Iran et ensuite, priez
Regardez attentivement les conséquences qu'auraient des bombardements sur les installations nucléaires de l'Iran et ensuite, priez
Dernièrement, le gouvernement des États-Unis a augmenté d'un cran le ton belligérant qu'il emploie contre l'Iran.
Une série de reportages dans une variété de journaux anglophones laissent entendre que la guerre est en route: le Mail & Guardian le 1er avril, le Rutland Herald le 4 avril, le Telegraph le 7 avril, l'International Herald Tribune le 11 avril, le Washington Post le 12 avril, le Washington Times le 16 avril, The Progressive le 24 avril, le Santa Monica Mirror le 24 avril, l'Asia Times le 25 avril, l'International Herald Tribune le 25 avril, le Toronto Star le 25 avril, le Christian Science Monitor le 25 avril, le Washington Post le 26 avril, le Washington Times le 26 avril, le First Post le 26 avril, le Los Angeles Times le 26 avril, le Washington Times le 26 avril et le Telegraph le 26 avril.
Deux flottes offensives de porte-avions sont maintenant près de l'Iran et une autre serait en route. À la fin mars, l'Arabie Saoudite s'est exercée à faire face aux retombées nucléaires qui surviendraient à la suite d'une attaque US contre l'Iran. Au début avril, Israël s'exerçait à affronter des tirs de représailles de missiles suite à une attaque US contre l'Iran. Tout le monde dans la région se prépare à un bombardement de la centrale nucléaire et les installations d'enrichissement d'uranium de l'Iran. Tout comme eux, l'Iran est prêt pour la guerre.
Les États-Unis aurait retenu quelque 10 000 cibles en Iran. Les principales sont l'ensemble des installations nucléaires, y compris la centrale nucléaire de Bushehr sur la côte du Golfe Persique, près du Koweït, et les installations d'enrichissement de Natanz près d'Ispahan. Bushehr est une ville industrielle comptant près de 1 million d'habitants. Pas moins de 70 000 ingénieurs étrangers travaillent dans cette région qui comprend un grand gisement d'hydrocarbures. Natanz est le principal site d'enrichissement d'uranium de l'Iran, au nord d'Ispahan, qui comptent aussi des installations de recherches nucléaires. Ispahan est une ville du patrimoine mondial avec une population de 2 millions d'habitants.
Le réacteur nucléaire iranien de Bushehr dispose de 82 tonnes d'uranium enrichi (U235) qui sont maintenant chargé dans le réacteur, selon des reportages de la presse israélienne et chinoise. Il est prévu que la centrale deviendra opérationnelle cet été, ce qui lui permettra de produire de l'électricité. Les installations d'enrichissement de Natanz opèrent à pleine capacité et elles enrichissent de l'uranium afin que cet uranium puisse être utilisé dans des réacteurs selon les rapports de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique.
Selon le Centre de contrôle des maladie [des USA], l'uranium 235 utilisé dans les réacteurs nucléaires a une demi-vie de 700 millions d'années. Lorsqu'il est utilisé à titre de combustible pour des réacteurs, il se transforme en uranium 238 qui lui, a une demi-vie de 4,5 milliards d'années. Ces isotopes radioactifs sont dangereux pour la santé parce qu'ils émettent des particules alpha et aussi parce qu'ils sont chimiquement toxiques. Lorsque inhalé, il crée des dommages aux tissus pulmonaires. Lorsque ingéré, il crée des dommages aux reins et causer le cancer des os et des tissus du foie. Selon une récente étude de recherche médicale, l'exposition à l'uranium engendre des déformations aux nouveaux-nés ou engendre des mort-nés.
Jamais dans toute l'histoire ne s'est produit le bombardement délibéré de centrales nucléaires et d'installations d'enrichissement nucléaire. De telles installations, partout dans le monde, sont exploitées sous de sévères règles de sécurité parce que le rejet de matières radioactives est mortel au moment même où l'événement se produit et longtemps après y avoir été exposé. Si le États-Unis ou Israël devait bombarder délibérément une centrale nucléaire pleine de combustible nucléaire ou encore des installations d'enrichissement de combustible nucléaire, cette règle serait violée; des éléments radioactifs seraient alors rejetés dans l'environnement. Il y aurait d'horribles décès dans la population environnante. L'Union of Concerned Scientists [L'Union des scientifiques préoccupés aux USA] estime que 3 millions de décès surviendraient dans les 3 semaines suivant les bombardements des installations nucléaires d'enrichissement près d'Ispahan et la contamination recouvrirait l'Afghanistan, le Pakistan, jusqu'en Inde.
Les réacteurs de même que les installations d'enrichissement sont construits en béton extra fort, souvent avec de multiples couches de rétention en dômes et ils sont souvent construits sous terre. Le bombardement de telles installations exigent de puissants explosifs, tels que des ogives pénétrantes sous terre voire même des ogives nucléaires. De telles explosions souffleraient la contamination très haut dans l'atmosphère. Mais où irait cette contamination? C'est une question difficile à répondre et difficile à prévoir.
Au cours de la guerre du Golfe de janvier 1991, de nombreux puits de pétrole au Koweït ont été incendiés. Selon le Département d'État américain, « des pluies noires ont été signalées en Turquie et de la neige noire est tombée au pied des montagnes de l'Himalaya. » Le nuage radioactif causé par le bombardement des installations nucléaires de l'Iran prendrait possiblement ces mêmes directions si les conditions météorologiques étaient les mêmes. Mais le nuage radioactif pourrait aller vers le nord c'est-à-dire, en Europe. Au cours de l'invasion de l'Irak par les États-Unis qui étaient accompagnés par le Royaume-Uni, l'Australie et d'autres pays en mars 2003, des munitions et des bombes à l'uranium appauvri (U238) ont été utilisées. Il a fallu 9 jours pour que des particules d'uranium provenant de ces armes en Irak atteignent l'Angleterre où des échantillons de filtres à air ont démontré une hausse de 300 % de particules d'uranium attribuable à la guerre. Les conditions météorologiques qui ont permis que ces particules soient transportées jusqu'en Angleterre ont passé sur le centre de la Turquie, l'Ukraine, l'Autriche, la Pologne, l'Allemagne, la Suède et le Danemark, pour finalement arriver en Angleterre d'où elles ont poursuivi leur route sur la Norvège, la Finlande et jusqu'en Arctique. Ce fait a été signalé par The Times [un journal en Angleterre], qui dans un article résumait une étude européenne de biologie et de bioélectromagnétique.
Les retombées nucléaires des bombardements sur l'Iran auraient une demi-vie de 700 millions d'années. C'est une durée difficile à comprendre. Jésus-Christ prêchait il y a environ 2 000 ans. Dans l'évolution de l'homme, nos ancêtres, les premiers hommes singes auraient marché debout il y a à peine 5 millions d'années. L'administration Bush et ses conseillers israéliens sont maintenant en train de planifier la contamination de la planète pour 700 millions d'années. Selon la rhétorique des candidats à la présidence John McCain et Hillary Clinton, eux aussi, pensent que c'est une bonne idée. Pour leur part, les médias US semblent applaudir.
Soit les états-uniens ne comprennent pas ce qu'ils s'apprêtent à faire ou soit ils se pensent eux-mêmes à l'abri des conséquences. La planète n'est pas si grande. Ce qui se passe quelque part sur le globe fini par se répercuter partout sur le globe. La fumée des puits de pétrole incendiés pendant la guerre du Golfe s'est propagée tout autour de la planète et elle a été détectée en Amérique du Sud. Les retombées radioactives du bombardement d'un réacteur nucléaire se propageront en de lieux aussi éloignés, surtout si l'on considère que le voyage s'effectuera sur des millions d'années.
Les pays du Golfe Persique soit principalement l'Arabie Saoudite, le Koweït, l'Iraq et l'Iran possèdent plus de la moitié des réserves de pétrole connues. En 1981, une étude de « Fetter and Tsipis » parue dans le magazine « Scientific American » portant sur « La propagation catastrophique de la radioactivité » estimait que le bombardement d'un réacteur nucléaire rendrait inhabitable une superficie équivalente à 8 600 milles carrés [NDT : 1 mille = 1,609 km] autour du réacteur, tout dépendant de la façon dont le vent soufflerait. Bombarder le réacteur de Bushehr signifierait que la moitié des réserves de pétrole deviendraient instantanément inaccessibles. Bombarder l'Iran signifierait que les états-uniens ne prendraient plus leurs voitures pour se rendre où que ce soit, plus jamais et ce, pour une très longue période. Le mode de vie à l'américaine serait terminé. Un effondrement économique inimaginable pour les états-uniens suivrait. La culture vivrière mécanisée et le transport de la nourriture seraient choses du passé. Les émeutes de la faim deviendraient chose certaine si jamais la jauge à carburant indiquait que le réservoir est vide, même aux États-Unis, une terre d'abondance.
Les nations du monde ne peuvent pas compter sur les États-Unis et sur leurs conseillers israéliens pour que ces derniers pensent et agissent de façon rationnelle au sujet des bombardements des réacteurs. Il est insensé de dire que « toutes les options sont sur la table » et c'est même un crime contre l'humanité. Les États-Unis et Israël sont en train de préparer le public à accepter cette folie en annonçant qu'ils ont bombardé avec succès un réacteur nucléaire syrien, sans effets nocifs. Israël a aussi récemment publié sa vidéo du bombardement du réacteur nucléaire d'Osiraq survenu en 1981 en Iraq. Voyez comme c'est facile. Il n'y a aucune conséquence fâcheuse. Mais les deux sites étaient en construction et les réacteurs n'étaient pas remplis à ras bord de tonnes d'uranium enrichi.
Les peuples et les gouvernements du Golfe Persique, du Moyen-Orient, de l'Europe et aussi de ces pays vers où soufflera le vent c'est-à-dire l'Inde et la Chine doivent maintenant prendre des mesures pour que cesse cette folie. Une fois que la radiation sera libérée, les résolutions de l'ONU ne ramèneront pas ces radiations dans un milieu confiné.
Les Étatsuniens ayant de la famille et des amis qui servent dans les forces armées dans la région du Golfe Persique, que ce soit en Iraq et en Afghanistan devraient se demander jusqu'à quel point l'administration Bush considère que ses troupes peuvent être sacrifiées.
La planète implore, « Ne bombardez pas les réacteurs nucléaires. »
Pour les sources de l'article voir l'article en anglais:
Article original en anglais, Consider the Consequences of Bombing Iran’s Nuclear Power Plant and Pray, publié le 29 avril 2008.
Traduction de Dany Quirion pour Alter Info
Articles de Floyd Rudmin publiés par Mondialisation.ca
--
Posté le 19.04.2008 par djamazz
L'armée iranienne est autosuffisante (Défense)
L'Iran n'a plus besoin d'importer du matériel de guerre, a déclaré jeudi le ministre iranien de la Défense Mostafa Mohammad Najjar.
"Le pays n'a plus besoin de ravitailler son armée en équipements et armements importés", a-t-il annoncé lors de la parade militaire organisée à l'occasion de la journée de l'armée.
Il a affirmé qu'au cours de l'année 2008 les spécialistes militaires iraniens seraient capables de présenter leurs propres acquis et développements dans le domaine des armements.
De plus, il a démenti les assertions américaines et israéliennes sur l'intention de Téhéran de créer l'arme atomique, en ajoutant qu'il s'agit d'un programme nucléaire civil.
"L'armée et le ministère iranien de la Défense prônent exclusivement le développement d'armements conventionnels défensifs", a-t-il souligné.
Vendredi 18 Avril 2008
RIA-Novosti
Posté le 19.04.2008 par djamazz
Mohammad-Nadjar : la doctrine défensive iranienne est dissuasive
Le ministre iranien de la Défense et de la Logistique des forces armées a déclaré que la doctrine défensive de la RII se basait sur la dissuasion. Le général Mustapha Mohammad-Nadjar, interviewé jeudi par l'IRNA a ajouté que tous les équipements militaires de l'Iran étaient défensifs et visaient à défendre le pays, sauvegarder la paix et dissuader l'ennemi. Il a précisé que la politique de la RII se fondait sur de bonnes relations avec les Etats voisins, notamment ceux du littoral du Golfe persique, et que l'Iran avait prouvé ces 30 dernières années qu'il était toujours pour la paix et la stabilité. Le ministre iranien de la défense a estimé que l'occupation de l'Irak et de l'Afghanistan était un facteur de troubles dans la région, ajoutant que l'Amérique, massacrait des gens dans ces pays au nom de l'instauration de la démocratie
Vendredi 18 Avril 2008
IRIB
Posté le 19.04.2008 par djamazz
Afghanistan : l'armée américaine torture ses prisonniers
L'effet boomerang, vous connaissez? L'Afghanistan en est désormais le dispensateur après en avoir longtemps été la victime. Juste retour de manivelle, cet éternelle arène de la guerre des autres qu'est l'Afghanistan, se trouve désormais non au rang de spectateur, ce serait trop beau, mais d'empêcheur de tourner en rond. C'est à Gardriz, près de Kaboul, que tout a commencé : en 2003, des geôliers américains se livrent à l'une de leur fameuse séance d'interrogatoire où ils mettent, toutefois, un peu plus d'entrain que d'habitude ; le résultat, le prisonnier Jemal Nasser ne résiste pas aux chocs et décède en prison. Les 300 pages qui ont dévoilé jeudi aux Etats-Unis cette scabreuse affaire de meurtre risquent, pourtant d'éveiller des fantômes que l'armée américaine croyait à jamais disparus! Car à lire ces documents, les similitudes sont plus que nombreuses avec Abou Ghraib ! A Bagram, principale base des militaires américains en Afghanistan, la torture est désormais si bien ancrée dans les moeurs des gardes- chiourmes yankees que ces derniers ne sentent même pas le besoin de s'en défendre. Des centaines de personnes y sont détenus, depuis des années, en attente de leur procès, sans qu'ils sachent, au juste, de quoi on les accuse. Quiconque, de nationalité afghane, oserait s'aventurer à proximité de la base, pourrait être arrêté, au seul motif d'avoir des apparences terroristes et ceux qui, par chance, parviennent à échapper de l'enfer, risquent les représailles des américains, si jamais ils ouvrent la bouche et qu'ils se mettent à raconter leur calvaire. Mais les 300 pages en question n'en restent pas là. Ses auteurs, membres des associations de défense des droits de l'homme se disent scandalisés que ces comportements d'un autre âge soient inculqués aux militaires américains dans le cadre de leur formation c'est à dire au su et au vu de leur hiérarchie. Une hiérarchie qui, rappelons-le, se plaint de la résurgence terroriste en Afghanistan, de la multiplication des attentats et des attaque contre la coalition étrangère, bref, de l'insécurité, de l'instabilité. De deux choses, l'une : ou bien, les Américains tiennent les Afghans pour un peuple sans âme contre qui tout est permis ou bien ils s'arrogent le droit de tuer, d'humilier, de torturer au nom du droit du plus fort. Qu'ils soit l'un ou l'autre cas, la réponse afghane est compréhensible : on n'applaudit pas le criminel, on le châtie
Vendredi 18 Avril 2008
http://french.irib.ir http://french.irib.ir
Posté le 19.04.2008 par djamazz
L'honneur ou la mort : le suicide du colonel Ted Westhusing
Le 5 juin cela fera trois ans que le colonel usaméricain Ted Westhusing s'est suicidé en Irak. Il avait été promu quelques semaines plus tôt et il était à cinq semaines de la fin de sa mission dans le pays occupé. On le trouva dans sa caravane avec un trou derrière l'oreille tiré par son Beretta 9 millimètres de service. En réalité il ne s'est pas tué : ce qui l'a tué c'est son sens de l'honneur militaire.
AUTEUR: Juan GELMAN
Traduit par Gérard Jugant, révisé par Fausto Giudice
L'honneur ou la mort : le suicide du colonel Ted Westhusing
Beaucoup de vétérans de l’Irak et de l’Afghanistan se sont suicidés - 687 au 30 mars 2007 (The Independent, 1-4-07)-soit en plein service, soit à leur retour à la maison, pour des raisons qu’un groupe de psychologues des forces occupantes continue de rechercher. Celles qui ont conduisit à la mort de sa propre main le colonel Westhusing – le gradé le plus haut à ce jour - paraissent claires, au moins la principale : sa découverte de la carence de valeurs militaires en lesquelles il croyait profondément. Il était professeur de philosophie et d’anglais à West Point, il était licencié en stratégie militaire et en philosophie russe, avait publié des travaux au sujet de son thème central, l’éthique militaire. Sa thèse de doctorat en philosophie de l’Université de Emory, Atlanta, s’intitulait “La vertu concurrentielle et coopérative dans l’ethos guerrier usaméricain”, un texte qui exige du “guerrier qu’il se consacre totalement à la défense de la Constitution des USA à laquelle il a juré loyauté” (Texas Observer, 9-3-07), dont il était un pratiquant véritable.
Fin 2004, convaincu que l’accomplissement de ses idéaux exigeait de lui qu’il aille à la guerre inventée par W. Bush, il abandonna la sécurité de sa chaire professorale pour s’offrir comme volontaire en Irak. Il fut affecté au commandement multinational de sécurité sous les ordres directs des généraux Joseph Fil et David Petraeus, le même qui, aujourd’hui commandant en chef des troupes occupantes, a comparu la semaine dernière devant le Sénat US pour exiger que s’éternise l’occupation de l’Irak. Ils assignèrent à Westhusing la tâche de superviser le travail d’USIS (US Investigation Services), une entreprise privée à laquelle le Pentagone a sous-traité l’entraînement des troupes du “gouvernement” irakien dans des opérations spéciales antiterroristes. Par conséquent il a vécu de près les contradictions entre le philosophe qui se pose des questions et le soldat qui doit obéissance.
Le contrat d’USIS, d’un montant de 77 millions de dollars, oblige l’entreprise à fournir des instructeurs en matière de sécurité et son unique coût est le paiement des 15 mercenaires israéliens qu’elle a envoyé en Irak, payés 7500 dollars par mois chacun. Westhusing a pu établir que certains d’entre eux n’accomplissaient pas leur travail, qu’ USIS volait le gouvernement et que ce personnel assassinait à sa guise des civils irakiens. Il transmit à ses supérieurs un rapport détaillé sur la corruption dominante et la réponse fut le silence qui le conduisit à penser que la situation bénéficiait aussi à ses chefs. Il commença ainsi à descendre les marches de l’alarme et du désespoir.
“Dans l’e-mail qu’il envoya à sa famille, Westhusing se montrait particulièrement troublé par une conclusion qui s’imposait à lui : les valeurs militaires comme le devoir, l’honneur et le pays avaient été remplacées par l’appât du gain en Irak, là où les USA en sont arrivés à dépendre excessivement des entrepreneurs pour des tâches antérieurement réalisées par les militaires” (The Huffington Post, 10-4-08). Près du suicidé il y avait une lettre de quatre pages, écrite en lettres majuscules, qu’il destinait à Fil et à Petraeus. Elle dit dans son paragraphe initial : “Je ne sais pas si je peux ou non avoir confiance en vous” (www.texasobserver.org, 9-3-07).
La lettre ne mâche pas ses mots : “Merci de m’avoir dit que tout allait bien jusqu’à ce que je vous informe (sur USIS). La seule chose qui vous intéresse, c’est votre carrière et non à l’appui à votre personnel... Je ne peux pas être partie d’une mission qui entraîne la corruption, le viol des droits humains et le mensonge. J’en ai assez, rien de plus. Je n’ai pas décidé volontairement (de venir en Irak) pour seconder la corruption, des entreprises avides d’argent, des commandants seulement intéressés par eux-mêmes. Je suis venu pour servir honorablement et je me sens déshonoré... Pourquoi servir quand on ne peut accomplir la mission, quand on ne croit plus dans la cause, quand chaque effort que l’on fait se heurte aux mensonges, au manque de soutien et à l’égoïsme ? Je n’en peux plus. Regardez-vous, commandants. Vous n’êtes plus ce que vous pensez que vous êtes et je le sais” (www.alternet.org, 10-4-08). Quand il a découvert cela, il est entré dans une profonde dépression. La semaine précédant le suicide on l’a vu découragé, absent, et regardant souvent fixement son Beretta 9 mn. Le catholique Westhusing, soldat et philosophe, n’a trouvé que cette manière d’en finir avec la violation manifeste de sa foi dans l’honneur militaire. Il y a des désillusions qui tuent.
Source : www.pagina12.com.ar/diario/contratapa/13-102575-2008-04-17.html
Article original publié le 17Avril 2008
Sur l’auteur
Gérard Jugant et Fausto Giudice sont membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=4988&lg=fr
Vendredi 18 Avril 2008
Posté le 17.04.2008 par djamazz
Conseil de guerre à Bucarest: Le sommet de l’OTAN consolide l’alliance de guerre Etats-Unis – Union européenne
par Karl Müller
Mondialisation.ca, Le 16 avril 2008
Horizons et débats, No 15
Alors que d’un côté les acteurs du sommet de l’OTAN, de cette année, les chefs d’Etats et de gouvernements, adoptaient le document final du pacte de l’Atlantique Nord dans les locaux de l’énorme bâtiment construit sous l’ère du dictateur Ceausescu, le tout accompagné de pieux discours sur la démocratie, la liberté et la paix, de l’autre côté les adversaires de l’OTAN étaient battus par des commandos masqués de la police spéciale roumaine. Toute manifestation contre le sommet de l’OTAN était interdite et les arrestations étaient monnaie courante. D’aucuns avaient même lancé des appels au travers des médias roumains pour que les gens jettent des pierres depuis leurs fenêtres sur les manifestants.
Angela Merkel a-t-elle triomphé de George Bush?
Les reportages des médias sur ce sommet ne le cédèrent en rien au caractère grotesque de l’évènement lui-même. On trompait, on édulcorait, on désinformait:
• en prétendant qu’il y aurait eu des désaccords entre les gouvernements européens de l’OTAN et le gouvernement américain concernant une éventuelle adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine. L’ancien général allemand Klaus Naumann, un homme étroitement lié à la politique américaine et à sa stratégie guerrière, s’est même permis de prétendre que le sommet de Bucarest montrait «que l’OTAN n’était pas du tout une assemblée de béni-oui-oui envers Washington» (Deutschlandfunk du 3 avril) … pour préciser, tout de suite après, à quel point l’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine est importante;
• en prétendant que la Russie «s’était montrée satisfaite de ce sommet» («Rheinische Post» du 4 avril) alors que par ailleurs on pouvait lire dans Spiegel Online du 3 avril que la Russie avait émis de sévères critiques quant à l’adhésion prévue de la Géorgie et de l’Ukraine;
• concernant les raisons qui avaient poussé le président américain à passer par la capitale Kiev un jour avant le sommet;
• à propos d’un prétendu texte secret contenant, à l’encontre de toutes les affirmations officielles, des conditions d’un retrait de l’OTAN d’Afghanistan, et ceci dans les bureaux officiels allemands, alors que les fortifications allemandes dans le Nord de l’Afghanistan sont construites pour tenir pendant des décennies;
• à propos du président américain qui aurait assuré, avant le sommet, ne pas vouloir exercer de pression sur l’Allemagne pour qu’elle s’engage dans les combats dans le Sud de l’Afghanistan – mais qui aurait aussi affirmé qu’on «ne pouvait pas perdre l’Afghanistan, quel qu’en fût le coût» (Deutschlandfunk du 2 avril);
• concernant le rôle de l’Allemagne, et particulièrement celui d’Angela Merkel qui aurait, paraît-il triomphé à Bucarest contre Bush et se serait affirmée comme «une protagoniste réfléchie et futée dans le cercle de l’OTAN» (Spiegel Online du 3 avril) – Elle aurait même, affirme-t-on, parlé d’une «OTAN destinée à maintenir la paix.»
N’aurait-on pas plutôt prévu des plans pour l’emploi de bombes atomiques miniaturisées?
On se heurte rarement à des phrases qui incitent à réflexion. Par exemple: «Le journal français ‹Le Canard enchaîné› a informé que les chefs d’Etats et de gouvernements auraient discuté, dans les couloirs, de l’utilisation éventuelle de bombes atomiques miniaturisées. A ce propos, on connaît l’existence d’un texte rédigé par d’anciens commandants en chef européens et américains de l’OTAN, n’excluant pas un emploi préventif de telles armes. L’objectif en serait de prévenir l’extension d’armes de destruction massive.» («Frankfurter Rundschau» du 3 avril). Klaus Naumann, évoqué ci-dessus, fait partie de ces anciens commandants en chef. Le texte comporte 151 pages et s’appelle «Towards a Grand Strategy for an Uncertain World. Renewing Transatlantic Partnership» (Vers une grande stratégie pour un monde devenu incertain. Rénover le partenariat transatlantique). Les peuples n’en ont toujours pas pris connaissance.
OTAN-UE-Europe a vendu son âme
Qu’on se le dise: l’OTAN-UE-Europe a vendu son âme et adopté, en accord avec le gouvernement américain, lors du sommet, un document final de neuf pages, incluant 50 points, confortant l’alliance de guerre transatlantique:
• L’Albanie et la Croatie ont été invitées officiellement à des consultations pour une adhésion. La Macédoine n’a pas été invitée, du fait, semble-t-il, de l’opposition de la Grèce qui n’accepte pas le nom officiel de ce pays. Mais aussi, selon des sources allemandes, du fait que ses frontières ne sont pas sûres. Envers le Kosovo? Il y a de quoi s’inquiéter.
• L’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine est chose décidée, toutefois sans qu’une date ait été précisée. Cela devrait être le cas en automne.
• L’OTAN a donné son feu vert au gouvernement américain quant à ses plans d’installation d’un système anti-missile en Republique tchèque et en Pologne. Le gouvernement tchèque (après la Pologne) a donné son accord pour l’installation du système anti-missile par les Etats-Unis.
• La guerre en Afghanistan doit être renforcée. Il faut envoyer plus de soldats dans ce pays. La France, l’Australie, l’Espagne et des pays d’Europe orientale, membres de l’OTAN, auraient déjà donné leur accord pour fournir plus de soldats. Le gouvernement canadien est prêt, lui aussi, à continuer le combat. Il ne doit plus y avoir de limites à l’engagement sur place des troupes des différents pays de l’OTAN. Les organisations civiles d’aide devront se soumettre entièrement aux objectifs militaires. On tente de faire passer cela comme une démarche globale («comprehensive approach») pour faire croire au public qu’il s’agit d’apporter plus d’aide humanitaire aux malheureux de ce pays. Mais la situation réelle du pays se présente différemment. C’est pourquoi la résistance aux troupes d’occupation s’accroît. Le rapport des Nations Unies sur l’Afghanistan estime que «le degré d’activité des rebelles et des insurgés a pris de l’ampleur par rapport à l’année précédente.» En 2007, huit mille personnes auraient péri du fait de la violence dans ce pays.
• Dans le document final, la Russie est le seul pays à être sévèrement critiqué du fait qu’il empêcherait d’assurer la paix.
• L’OTAN veut maintenir l’occupation du Kosovo et s’appuie, pour ce faire, sur la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations Unies – alors que les Etats de l’OTAN, qui tiennent le haut du pavé, ont ignoré cette résolution en reconnaissant la déclaration d’indépendance de ce pays.
• L’OTAN veut se lancer dans une offensive au travers des médias. Le centre médiatique de l’OTAN («Media Operations Centre») est tenu d’améliorer la «communication»: à l’avenir, on trouvera sur Internet les émissions d’un «Nato TV channel».
• L’OTAN veut renforcer son «combat contre le terrorisme» pour empêcher la propagation d’armes de destruction massive. Est-ce que cela signifie pour l’OTAN de mener une guerre contre l’Iran, aux côtés d’Israël et des Etats-Unis?
• Il faut renforcer la collaboration de l’UE et de l’OTAN dans le domaine de la guerre. L’UE ne doit pas avoir de politique de défense autonome.
• L’OTAN se réserve le droit d’intervenir militairement au Soudan et en Somalie.
• Le gouvernement irakien fantoche, aux ordres des USA, doit être soutenu par l’OTAN dans la mise sur pied d’une armée.
• La coopération militaire avec les alliés les plus proches des Etats-Unis au Moyen-Orient, soit l’Egypte et Israël, doit être renforcée.
• L’OTAN aussi doit exercer une pression sur l’Iran à cause de ses programmes nucléaires et ses missiles.
• L’OTAN doit être, de plus en plus, «transformée» en une alliance très mobile et pouvant être engagée dans le monde entier «à l’intérieur et à l’extérieur de la sphère de l’alliance […] quelque soit l’accord du pays visé».
• Les chefs d’Etats et de gouvernements ont pris connaissance du rapport sur le «rôle de l’OTAN en matière de sécurité des sources d’énergie».
• Les organisations internationales, notamment les Nations Unies, doivent se soumettre à la politique de l’OTAN.
Jusqu’où ira l’Europe dans sa déchéance?
Karsten Voigt, coordonnateur du gouvernement fédéral pour les relations américano-allemandes, membre du parti socialiste et aussi de l’organisme Transatlantik-Brücke (pont transatlantique), a critiqué, lors d’une interview avec le Deutschlandfunk du 3 avril, la façon de procéder du président Bush dans la question de l’adhésion à l’OTAN de l’Ukraine et de la Géorgie. Les Etats-Unis devraient prendre acte que les Européens expriment leur avis au sein de l’OTAN. Mais: ce sont les Etats-Unis qui doivent diriger l’OTAN, ce qui signifie que l’OTAN européenne doit se laisser diriger par un régime de criminels de guerre – et de leurs successeurs qui ne vaudront pas mieux. Jusqu’où ira la déchéance de l’Europe?
2008 © Horizons et débats. Tous droits réservés.
Karl Müller, Allemagne.
Articles de Karl Müller publiés par Mondialisation.ca
Posté le 08.04.2008 par djamazz
Le Pentagone veut s'attaquer à vos blogs
Mondialisation.ca, Le 7 avril 2008
Blog.wired
Le Pentagone affirme qu’il ne s’agit là que d’un ‘exercice intellectuel’… mais il suffit de regarder autour de soi pour voir que toutes ces méthodes sont déjà en usage sur Internet. La revue “Le Meilleur des Mondes” en est un parfait exemple…
Une étude du Pentagone propose d'interférer de manière illégale avec les blogs, y compris en recrutant de bloggeurs influents, en créant de faux blogs, en hackant et en modifiant leur contenu, voire en “éliminant” purement et simplement de sites “contraires aux intérêts des États-Unis”. (Grégoire Seither - IES News Service - 03/0/2008)
Depuis le début de la guerre en Irak, la question des blogs suscite un vif débat au sein de l’armée des Etats-unis - surtout quand ce sont des soldats et des officiers qui veulent les tenir. Au sein de l’Etat-major, certains pensent que les blogs posent un danger à la sécurité et sont une perte de temps pour les soldats, tandis que d’autres, comme le Gen. David Petraeus et le Lt. Gen. William Caldwell, estiment que les blogs sont une précieuse source d’information et une manière, pour des soldats ordinaires, de “gagner les coeurs” en façonnant l’opinion, tant aux Etats-unis qu’à l’étragner.
Mais il existe une troisième approche, illustrée par une étude réalisée en 2006 pour l’académie militaire des forces spéciales (Joint Special Operations University) et intitulée “Blogs and Military Information Strategy”. Des stratéges de la “guerre de l’information” au sein du Pentagone proposent de recruter des bloggeurs et de faire grimper leur cote en créant du buzz, puis de les utiliser comme outils de propagande. “Embaucher une équipe de bloggeurs influents et leur donner l’ordre d’attaquer verbalement une personne désignée, leur demander de discréditer de manière répétée une information ou une théorie qui va à l’encontre de nos intérèts, ou encore leur demander de faire passer un message spécifique est une option qui mérite d’être prise en compte,” écrivent les auteurs du rapport, James Kinniburgh et Dororthy Denning.
Le rapport précise un certain nombre de méthodes à travers lesquelles l’armée des Etats-unis - et notamment les unités chargées des relations publiques, mais aussi le renseignement ainsi que les équipes d’action psychologique (PsyOps) - peuvent tirer profit du phénomène des blogs :
Les stratèges de l’information peuvent secrètement recruter ou rémunèrer des bloggueurs influents ou bien d’autres personnes qui ont l’oreille de la communauté cybernaute (…) afin de diffuser un message favorable aux Etats-unis.
De cette manière les Etats-unis peuvent franchir le fossé de l’information et contourner les préjugés enracinés, mais aussi tirer profit du capital intellectuel et social pre-existant. Parfois, le nombre de ces agents d’influence fait la différence.
Embaucher une équipe de bloggeurs influents et leur donner l’ordre d’attaquer verbalement une personne désignée, leur demander de discréditer de manière répétée une information ou une théorie qui va à l’encontre de nos intérèts, ou encore leur demander de faire passer un message spécifique est une option qui mérite d’être prise en compte.
Toutefois, ces opérations doivent être menées avec la plus grande discrétion car elles peuvent avoir des conséquences très négatives pour l’image de l’armée, comme le montre la réaction de l’opinion publique quand l’armée a révélé avoir payé des journalistes pour qu’ils publient des articles élogieux dans la presse irakienne. Ou quand il a été découvert que l’armée payait des journalistes aux Etats-unis pour influencer la manière dont ils rendaient compte de la situation en Irak.
Les gens n’aiment pas qu’on les trompe, et si ces méthodes sont révélées au public, le prix à payer sera une perte de crédibilité et de confiance.
Une autre stratégie est de “fabriquer” un blog et un bloggeur et de “booster” sa position pour en faire une voix influente dans la blogosphère. Ce processus peut prendre un certain temps et - selon la personne choisie pour animer le blog - nécessiter un gros investissement en termes de formation culturelle et linguistique, avant que le blog ne soit efficace. Néanmoins, il y a aujourd’hui des gens dans l’armée qui aiment blogguer. Dans certains cas leurs talents peuvent être redirigés vers la tenue d’un blog dans le cadre d’une campagne d’information. Si in blog militaire propose des informations intéressantes qui ne sont pas disponibles ailleurs, sa réputation et donc son indice de confiance et d’influence grimpent très vite.
Dorothy Denning, co-auteure du rapport, n’est pas une inconnue dans le domaine de la surveillance d’Internet - et ce n’est pas la première fois que ses propositions font des vagues. Au début des années 1990 - quand elle dirigeait le Département des Etudes Informatiques de l’université de Georgetown, elle avait été une des principales avocates du “Clipper Chip”. La “puce Clipper” était un projet de cryptoprocesseur conçu par la NSA et destiné à doter les appareils électroniques vendus au grand public d’une puce de sécurité. La clé de chiffrement devait être fournie au gouvernement qui devenait ainsi capable d’écouter les communications si nécessaire. Le projet fut annulé en 1996.
Dans son rapport de 2006, Denning agite la menace d’une utilisation des blogs par les ennemis de l’Amérique. Mais - affirme t’elle - ces sites peuvent être détournés au profit des intérêts américains.
Il y a des cas où un site, situé en dehors de la zone d’influence du gouvernement U.S., promeut un message qui est contraire aux intérêts des Etats-unis, ou bien soutient activement les activités d’information, de recrutement et de logistique de nos ennemis.
La première réaction pourrait être d’éliminer ce site, mais cette solution pose problème car elle ne garantit pas que le site en question va rester hors-ligne. Comme c’est souvent le cas, le site oppositionnel risque de tout simplement migrer vers un autre serveur, souvent dans un autre pays. De plus, une telle action risque de générer de la publicité pour ce site et contribuer à en faire connaître ses contenus à un public encore plus vaste.
Par ailleurs, le fait d’éliminer un site qui diffuse des EEI ennemis (éléments essentiels d’information) et nous fournit un accès aux informations ennemies n’est pas une bonne stratégie : cela nous prive d’une précieuse source d’informations. Cela ne veut pas dire non plus que, une fois l’information obtenue devient obsolète ou bien qu’il est supplanté par une source plus intéressante, que le site doit alors être éliminé.
Plutot que d’attaquer de front, une meilleure stratégie consiste à détourner secrètement le blog ennemi et de s’en servir comme d’un moyen pour diffuser des informations “amies”. Il suffit de “hacker” le site et d’apporter de subtils changements aux informations - parfois il suffit de changer une phrase ou deux - pour que la crédibilité du blog soit remise en question par son lectorat, ce qui est une méthode plus efficace pour réduire au silence une voix qui nous déplait.
Encore mieux, s’il s’avère que le blog diffuse des communications ennemies ou bien des informations logistiques, le contenu informatif peut être manipulé. En modifiant discrètement les messages du blog et en corrompant les informations, on peut améner l’ennemi à croire que le bloggeur en question les a trahis - ce qui aboutit souvent à l’élimination du blog (et du bloggeur)…
Hacker un blog pour en modifier les informations peut également mettre le bloggeur en délicatesse avec l’ennemi et ainsi le rendre maléable à une influence amie, voire permettre aux U.S. de lui proposer de faire défection et d’assurer sa sécurité en échange d’informations. (…)
Source de la publication en français: http://libertesinternets.wordpress.com/
Posté le 06.04.2008 par djamazz
Le bouclier anti-missiles et l'Otan
par Georges Spriet
Mondialisation.ca, Le 2 avril 2008
Alerte OTAN no 29
La protection contre des missiles offensifs est manifestement une des premières mesures de l'Otan au cas où un allié se trouve en danger. C'est ainsi que la Turquie a reçu des missiles Patriot dans le cadre de l'Otan, lors des Guerres du Golfe en 1990-93 et en 2003.
En mars 2005, l'Otan a entamé le programme ALTBMD (Active Layered Theatre Ballistic Missile Defence). Il s'agit d'une protection locale contre les missiles, qui comprend plusieurs niveaux. ALTBMD se propose de développer différents systèmes de boucliers anti-missiles en un réseau cohérent de protection d'opérations de troupes. Il serait prêt en 2010.
Pendant une rencontre des ministres de la Défense de l'Otan en juin 2006, une étude de faisabilité a été présentée en vue d'un bouclier antimissiles plus général, qui ne protégerait pas seulement les troupes, mais également de grands morceaux de territoires et même des villes. Les discussions comportent un volet militaire, mais aussi un volet un volet politico-militaire. D'après ce qu'on dit, on tendrait de plus en plus vers une défense « full-spectrum », à la fois contre des missiles tactiques et contre des missiles stratégiques. L'Otan fait la constatation que le nombre de missiles balistiques hors de l'Alliance augmente, et insiste que ceux-ci pourraient être chargés d'armes de destruction massive. Il pourrait d'ailleurs se produire un chevauchement entre des états et des groupes « terroristes », comme c'est le cas en ce qui concerne les missiles à courte portée pour le Hesbollah (Liban) et la Syrie et l'Iran.
Tout le monde n'est pas convaincu des possibilités techniques, ni même du danger imminent. Tout le monde ne suit pas la ligne des Etats-Unis. Il semble quand même qu'une unanimité existe parmi les états membres de l'Otan sur le risque d'une évolution rapide dans ce dossier ; soit qu'un pays commence à exporter des technologies et des missiles (on pense en premier lieu à la Corée du Nord), soit qu'un changement de régime modifie les circonstances. En soi,même des missiles techniquement non fiables (chargés d'armes de destruction massives) constituent un danger. Les partisans argumentent qu'un bouclier anti-missiles de l'Otan aurait par lui-même un sérieux degré de dissuasion car il signifierait un mur de défense trop fort pour un éventuel attaquant et surtout les représailles des Alliés seraient trop puissantes. Mais un bon bouclier de l'espace donnerait aussi aux Alliés un plus grand espace de manœuvre que l'attaque préventive purement militaire : une autre stratégie à long terme serait plus envisageable et pourrait être plus soutenue. Un bouclier de l'espace offrirait encore l'avantage de répondre de façon différenciée à des crises déterminées : une hausse de l'état d'alerte du bouclier peut donner à l'adversaire un message de cohésion, de conviction et de détermination. Ainsi, toujours selon les partisans, la fourniture des Patriots à Israël en 1991 avait aussi un rôle d'apaisement, de limitation du conflit, de gestion de crise.
Il reste toutefois beaucoup de questions en discussions, même dans l'éventualité qu' on serait d'accord en principe : les structures de commandement et d'instructions ; qui reçoit quoi ; une croissante indépendance vis-à-vis de la technologie US ; quid des fragments et des charges nucléaires d'un missile intercepté ; transferts de technologies ; coûts ; analyse de la menace ; et.. ce qui n'est pas la moindre chose : les réactions de la Russie.
Des structures de commandement et d'instruction doivent d'abord être établies avec précision, dit-on . En pratique, la direction militaire actuelle, le Saceur (Supreme Allied Commander Europe), pourrait recevoir la responsabilité finale. De toutes façons, des questions restent encore posées. Par exemple : quels pays, quelles villes seraient protégés le mieux et en premier lieu ? les pays les plus actifs ? quid des pays européens neutres ? Quels intercepteurs servent la Défense américaine en premier lieu ?
La question des chutes de fragments de missiles atteints et charges nucléaires est une problématique qui doit être également envisagée. Que faire si ces morceaux tombent sur un pays contre lequel aucune attaque n'aurait été lancée ? ou si ce pays n'était pas membre de l'Otan ? D'autre part, des fragments pourraient brûler entièrement à leur entrée dans l'atmosphère. Même une arme à tête nucléaire ennemie conçue spécialement pour exploser dès l'interception (une preuve de haute technologie) et qui pourrait engendrer un choc électromagnétique, provoquerait moins de dégâts qu'une explosion nucléaire au sol. Ces constats ont fait dire à un officier britannique : « aucun Etat européen, du moins je l'espère, ne refuserait le risque d'une petite pluie de fragments sur son territoire si c'est le prix à payer pour sauver une nation amie ou un pays allié d'une attaque de missiles ». Par ailleurs, les oppositions ou les appréhensions de la Russie doivent pouvoir se traiter par la consultation et le dialogue, qui est en cours déjà depuis 2002.
Les partisans du bouclier otanien disent aussi que le fait qu'un bon bouclier pousserait l'ennemi à chercher d'autres techniques d'attaques, ne doit pas servir d'argument contre le Missile Défense. C'est pourquoi l'Otan cherche aussi des technologies de protection contre les missiles de croisière, contre les avions avec ou sans pilotes. C'est pourquoi le contrôle des ports doit être également renforcé. Seuls les intercepteurs de courte portée peuvent faire quelque chose contre les missiles de croisière. Il est donc très important que les membres de l'Otan continuent à investir dans les différents aspects de la défense antimissiles. Un sérieux « problème » réside dans les limitations des budgets militaires de la plupart des Etats européens membres de l'Otan et dans le fait que d'autres priorités s'imposent : aux Balkans et en Afghanistan par exemple avec la transformation de leurs armées pour agir comme forces d'intervention effectives. Peut-être que plusieurs d'entre eux souhaiteraient attendre que les problèmes technologiques posés par le bouclier antimissiles soient d'abord réglés de façon convaincante.
La stratégie des Etats-Unis pour convaincre les Alliés, consiste à faire un détour, en réalisant des accords bilatéraux, en supposant qu'à un certain moment, suffisamment de pays seraient concernés pour entraîner toute l'Alliance. Travailler directement avec l'Otan ne rencontrerait peut-être pas de consensus. Donc l'approche dispersée semble plus appropriée. A la mi-juin 2007, les ministres de la Défense de l'Otan se sont mis d'accord pour réaliser un schéma de bouclier de l'espace qui protégerait les pays membres du sud-est qui ne seraient pas couverts par les intercepteurs US. Cela veut-il dire une approbation implicite des uns et des autres, ainsi que Washington l'interprète ? Jaap de Hoop Scheffer se positionne clairement quand il affirme : « la route pour le bouclier de l'espace est tracée... elle est pratique et tout le monde est d'accord ». Il y a certes des projets dans ce sens. Il y a le SAMPT programme avec la France et l'Italie ; le Patriot programma avec l'Allemagne, la Hollande et les Etats-Unis ; le Medium Extended Air Defence System (MEADS) avec l'Allemagne, l'Italie et les Etats-Unis. SAMP-T, Patriot et MEADS sont des systèmes défensifs contre les missiles à courte portée. Et ensuite, l'installation d'un site pour radar en République Tchèque et une base d'intercepteurs en Pologne.
Dans le débat autour des éléments « européens » du bouclier de l'espace, on oublie souvent le troisième larron : la Grande Bretagne. A Fylingdales l'installation de radars existante a été modernisée et est actuellement entièrement prête pour s'intégrer au système. L'été passé, le ministre britannique de la Défense Des Browne, a annoncé que la base US d'espionnage de Menwith Hill serait utilisée comme élément du système antimissiles . Cela n'était pas une surprise, vu que la station est déjà utilisée pour le système de recherche infra-rouge dans l'espace. Avec le nouveau gouvernement de Gordon Brown on dit même que la Grande Bretagne pourrait elle aussi installer des missiles intercepteurs.
sources:
www.nato-int.org
www.cnd.org
Congressional Research Center USA
David S. Yost: Missile Defense in Nato
Extrait de la revue VREDE - vredescahier 4/2007
vrede@vrede.be
Articles de Georges Spriet publiés par Mondialisation.ca
Posté le 03.04.2008 par djamazz
EADS et sa filiale Airbus au service du bloc atlantique
Le complexe militaro-industriel euro-US
par Pierre Hillard
Mondialisation.ca, Le 18 mars 2008
Réseau Voltaire
Brisant la sacro-sainte règle selon laquelle les forces armées US s’appuient exclusivement sur leur industrie nationale, le Pentagone a conclu un gigantesque contrat avec Airbus pour renouveler ses avions ravitailleurs. Cependant à y regarder de plus près, observe Pierre Hillard, il ne s’agit pas d’une ouverture du marché états-unien, mais au contraire de la première étape de la constitution du complexe militaro-industriel atlantique. Devant nous émerge un Empire transatlantique, euro-US, appelé à prendre le relais d’États-Unis essoufflés.
JPEG - 63.5 ko
Thomas Enders, directeur d'Airbus, reçoit Condoleezza Rice à L'Atlantic-Brücke.
L’annonce par le Pentagone de choisir EADS, maison-mère d’Airbus, pour le renouvellement de sa flotte d’avions ravitailleurs aux dépens de Boeing a fait l’effet d’une bombe. Le méga-contrat remporté par le consortium européen en liaison avec son allié états-unien Northrop Grumman permet de conclure un marché à hauteur de 35 milliards de dollars. Cette annonce a paru incroyable pour de nombreux dirigeants politiques de part et d’autre de l’Atlantique. Cependant, en étudiant certains acteurs à l’origine de cet accord, on comprend beaucoup mieux l’orientation prise par le Pentagone.
Les mondes germanique et anglo-saxon ont toujours su développer une spécialité qui échappe aux Français : le réseau. Certes, de nombreux instituts, fondations ou cercles de réflexions occupent en France des positions qui sont loin d’être négligeables ; cependant, ils n’atteignent pas le même degré d’influence que leurs homologues d’outre-Rhin, d’outre-Manche, d’outre-Atlantique ou encore israélien. L’exemple de l’institut allemand « Atlantik-Brücke » est significatif des liens profonds noués entre Berlin et les milieux israélo-anglo-saxons.
À l’origine, la création d’Atlantik-Brücke (« Pont atlantique ») en 1952 remonte à l’action déterminante de deux personnages : Eric M. Warburg (1900-1990) et Erik Blumenfeld (1915-1997). Le premier fondateur appartient à une très grande famille juive de la banque germano-US. Eric M. Warburg est le fils du banquier allemand d’Hambourg Max Warburg (1867-1946) qui finançait la Paneurope, institut mondialiste promouvant l’unité de l’Europe dans le cadre d’une organisation mondiale unifiée . Son père fut à l’origine de la première rencontre, en 1925, entre le chancelier Gustav Stresemann et le dirigeant paneuropéen, Richard de Coudenhove-Kalergi. L’influence de la famille Warburg dépassait largement le cadre allemand puisque le frère du banquier hambourgeois, Paul Moritz Warburg de nationalité états-unienne rédigea en 1903 une étude intitulée Plan pour une banque centrale qui joua un rôle déterminant dans la création en 1913 de la « Réserve fédérale » (Federal Reserve Bank), la Fed. Par la suite, ses activités se sont poursuivies en liaison avec le conseiller du président Wilson, le Colonel Edward Mandell House, dans la création du Council on Foreign Relations (CFR) [1]. C’est cet état d’esprit familial fidèle aux liens germano-US qui poussa Eric M. Warburg, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à persévérer dans cette voie en s’associant à Erik Blumenfeld fils d’un commerçant juif de Hambourg. Ce dernier fut un député actif au sein du parti politique, la CDU (Christliche-Demokratische Union). Cependant, son action se manifesta aussi en tant que président de la « Société germano-israélienne » (Deutsch-Israelische Gesellschaft) de 1977 à 1991. Son prosélytisme fut récompensé en 1980 par le titre de docteur honoris causa de l’université Ben-Gourion. Sa carrière politique consista essentiellement à améliorer les relations de l’Allemagne avec Israël et les États-Unis. Enfin, il faut remarquer la forte tradition familiale puisque un Max M. Warburg est membre du comité d’administration d’Atlantik-Brücke.
En raison des convictions des fondateurs, Atlantik-Brücke poursuit l’objectif de resserrer les liens entre l’Allemagne et les États-Unis dans tous les domaines, politique étendus au Canada depuis 1986. L’objectif consiste à favoriser des travaux entre de « hautes sommités de l’économie, de la politique et des sciences qui puissent régulièrement échanger annuellement des idées lors de conférences germano-américaines au sein de petits groupes de travail ». Les textes officiels précisent aussi qu’une « attention particulière est donnée aux organisations juives aux États-Unis ». Il est vrai qu’Atlantik-Brücke s’est lié en 1993 à l’organisation juive états-unienne, Armonk Institute (dissoute depuis), oeuvrant à l’approfondissement des liens germano-US. En raison de cette collusion, les principaux dirigeants de la haute industrie allemande ou germano-US (DaimlerChrysler, Volkswagen, Deutsche Bank, BMW, General Motors, …) ont reçu le « Prix Vernon A. Walters » . Une telle activité souligne l’imprégnation de cet institut à l’idéal mondialiste comme le prouvent les états de service de son président d’honneur, Walther Leisler Kiep. Outre son rôle de « chargé personnel » du chancelier Helmut Schmidt dans les années 1970 pour « la coordination de l’aide financière de l’occident et du Japon à la Turquie », W. L Kiep est membre de la Commission Trilatérale depuis 1985. Atlantik-Brücke navigue dans les hautes sphères de l’aristocratie mondialiste puisqu’elle octroie son « Prix Eric M. Warburg » à ceux contribuant aux renforcements des liens transatlantiques. On peut relever parmi les noms : Henry Kissinger (1992), Manfred Wörner (1994, ancien secrétaire général de l’OTAN), l’ancien chancelier Helmut Kohl (1996), Otto Graf Lambsdorff (2000, ministre de l’économie), le général Klaus Naumann (2000, ancien président du comité militaire de l’OTAN et membre du comité d’administration d’Atlantik-Brücke jusqu’en 2007) et George H. W. Bush senior (2002, pour le cinquantième anniversaire de la création de l’institut) . Enfin, Atlantik-Brücke compte environ 500 représentants occupant des postes clefs de la société constituant un réseau élitiste au sein de l’économie, de la politique, de la culture et des médias en Allemagne. Ces représentants sont les intermédiaires incontournables permettant des liens privilégiés avec les États-Unis et Israël. Comme le souligne avec raison Beate Lindemann, directrice en charge d’Atlantik-Brücke et ancienne chargée aux affaires du très atlantiste German Marshall Fund [2] : « Atlantik-Brücke peut être considérée comme un think-tank diplomatique » .
La puissance de cet institut et son influence outre-Atlantique concernent d’une manière déterminante la vie politique et économique française et européenne en raison des activités du dirigeant d’Atlantik-Brücke. En effet, son patron n’est autre que Thomas Enders. Après un passage à la DGAP (Deutsche Gesellschaft für Auswärtige Politik, institut chargé des questions internationales au service de Berlin) et à l’IISS (International Institute for Strategic Studies, chargé des questions sécuritaires [3]), Thomas Enders s’est illustré entre autres au sein du bureau de planification de la défense allemand pour ensuite diriger Atlantik-Brücke en 2005. Alors que cet institut poursuit l’objectif de resserrer les liens transatlantiques, Thomas Enders est en même temps le président d’Airbus filiale d’EADS dirigée par Louis Gallois . Airbus dont l’objectif est de rivaliser avec Boeing, présente cette particularité incroyable d’être dirigé par un homme dont les activités à la tête d’Atlantik-Brücke sont absolument opposées – du moins officiellement - à celles du consortium européen. Par conséquent, on peut comprendre que le méga-contrat obtenu auprès du Pentagone a dû combler d’aise Thomas Enders qui, à la tête d’Atlantik-Brücke et d’Airbus, a fait d’une pierre deux coups. En fait, ce contrat entre dans la volonté de renforcer l’interdépendance euro-US en faveur de l’émergence d’un bloc atlantique unifié.
L’annonce par le Pentagone de choisir EADS, maison-mère d’Airbus, pour le renouvellement de sa flotte d’avions ravitailleurs aux dépens de Boeing a fait l’effet d’une bombe. Le méga-contrat remporté par le consortium européen en liaison avec son allié états-unien Northrop Grumman permet de conclure un marché à hauteur de 35 milliards de dollars. Cette annonce a paru incroyable pour de nombreux dirigeants politiques de part et d’autre de l’Atlantique. Cependant, en étudiant certains acteurs à l’origine de cet accord, on comprend beaucoup mieux l’orientation prise par le Pentagone.
Les mondes germanique et anglo-saxon ont toujours su développer une spécialité qui échappe aux Français : le réseau. Certes, de nombreux instituts, fondations ou cercles de réflexions occupent en France des positions qui sont loin d’être négligeables ; cependant, ils n’atteignent pas le même degré d’influence que leurs homologues d’outre-Rhin, d’outre-Manche, d’outre-Atlantique ou encore israélien. L’exemple de l’institut allemand « Atlantik-Brücke » est significatif des liens profonds noués entre Berlin et les milieux israélo-anglo-saxons.
À l’origine, la création d’Atlantik-Brücke (« Pont atlantique ») en 1952 remonte à l’action déterminante de deux personnages : Eric M. Warburg (1900-1990) et Erik Blumenfeld (1915-1997). Le premier fondateur appartient à une très grande famille juive de la banque germano-US. Eric M. Warburg est le fils du banquier allemand d’Hambourg Max Warburg (1867-1946) qui finançait la Paneurope, institut mondialiste promouvant l’unité de l’Europe dans le cadre d’une organisation mondiale unifiée . Son père fut à l’origine de la première rencontre, en 1925, entre le chancelier Gustav Stresemann et le dirigeant paneuropéen, Richard de Coudenhove-Kalergi. L’influence de la famille Warburg dépassait largement le cadre allemand puisque le frère du banquier hambourgeois, Paul Moritz Warburg de nationalité états-unienne rédigea en 1903 une étude intitulée Plan pour une banque centrale qui joua un rôle déterminant dans la création en 1913 de la « Réserve fédérale » (Federal Reserve Bank), la Fed. Par la suite, ses activités se sont poursuivies en liaison avec le conseiller du président Wilson, le Colonel Edward Mandell House, dans la création du Council on Foreign Relations (CFR) [1]. C’est cet état d’esprit familial fidèle aux liens germano-US qui poussa Eric M. Warburg, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à persévérer dans cette voie en s’associant à Erik Blumenfeld fils d’un commerçant juif de Hambourg. Ce dernier fut un député actif au sein du parti politique, la CDU (Christliche-Demokratische Union). Cependant, son action se manifesta aussi en tant que président de la « Société germano-israélienne » (Deutsch-Israelische Gesellschaft) de 1977 à 1991. Son prosélytisme fut récompensé en 1980 par le titre de docteur honoris causa de l’université Ben-Gourion. Sa carrière politique consista essentiellement à améliorer les relations de l’Allemagne avec Israël et les États-Unis. Enfin, il faut remarquer la forte tradition familiale puisque un Max M. Warburg est membre du comité d’administration d’Atlantik-Brücke.
En raison des convictions des fondateurs, Atlantik-Brücke poursuit l’objectif de resserrer les liens entre l’Allemagne et les États-Unis dans tous les domaines, politique étendus au Canada depuis 1986. L’objectif consiste à favoriser des travaux entre de « hautes sommités de l’économie, de la politique et des sciences qui puissent régulièrement échanger annuellement des idées lors de conférences germano-américaines au sein de petits groupes de travail ». Les textes officiels précisent aussi qu’une « attention particulière est donnée aux organisations juives aux États-Unis ». Il est vrai qu’Atlantik-Brücke s’est lié en 1993 à l’organisation juive états-unienne, Armonk Institute (dissoute depuis), oeuvrant à l’approfondissement des liens germano-US. En raison de cette collusion, les principaux dirigeants de la haute industrie allemande ou germano-US (DaimlerChrysler, Volkswagen, Deutsche Bank, BMW, General Motors, …) ont reçu le « Prix Vernon A. Walters » . Une telle activité souligne l’imprégnation de cet institut à l’idéal mondialiste comme le prouvent les états de service de son président d’honneur, Walther Leisler Kiep. Outre son rôle de « chargé personnel » du chancelier Helmut Schmidt dans les années 1970 pour « la coordination de l’aide financière de l’occident et du Japon à la Turquie », W. L Kiep est membre de la Commission Trilatérale depuis 1985. Atlantik-Brücke navigue dans les hautes sphères de l’aristocratie mondialiste puisqu’elle octroie son « Prix Eric M. Warburg » à ceux contribuant aux renforcements des liens transatlantiques. On peut relever parmi les noms : Henry Kissinger (1992), Manfred Wörner (1994, ancien secrétaire général de l’OTAN), l’ancien chancelier Helmut Kohl (1996), Otto Graf Lambsdorff (2000, ministre de l’économie), le général Klaus Naumann (2000, ancien président du comité militaire de l’OTAN et membre du comité d’administration d’Atlantik-Brücke jusqu’en 2007) et George H. W. Bush senior (2002, pour le cinquantième anniversaire de la création de l’institut) . Enfin, Atlantik-Brücke compte environ 500 représentants occupant des postes clefs de la société constituant un réseau élitiste au sein de l’économie, de la politique, de la culture et des médias en Allemagne. Ces représentants sont les intermédiaires incontournables permettant des liens privilégiés avec les États-Unis et Israël. Comme le souligne avec raison Beate Lindemann, directrice en charge d’Atlantik-Brücke et ancienne chargée aux affaires du très atlantiste German Marshall Fund [2] : « Atlantik-Brücke peut être considérée comme un think-tank diplomatique » .
La puissance de cet institut et son influence outre-Atlantique concernent d’une manière déterminante la vie politique et économique française et européenne en raison des activités du dirigeant d’Atlantik-Brücke. En effet, son patron n’est autre que Thomas Enders. Après un passage à la DGAP (Deutsche Gesellschaft für Auswärtige Politik, institut chargé des questions internationales au service de Berlin) et à l’IISS (International Institute for Strategic Studies, chargé des questions sécuritaires [3]), Thomas Enders s’est illustré entre autres au sein du bureau de planification de la défense allemand pour ensuite diriger Atlantik-Brücke en 2005. Alors que cet institut poursuit l’objectif de resserrer les liens transatlantiques, Thomas Enders est en même temps le président d’Airbus filiale d’EADS dirigée par Louis Gallois . Airbus dont l’objectif est de rivaliser avec Boeing, présente cette particularité incroyable d’être dirigé par un homme dont les activités à la tête d’Atlantik-Brücke sont absolument opposées – du moins officiellement - à celles du consortium européen. Par conséquent, on peut comprendre que le méga-contrat obtenu auprès du Pentagone a dû combler d’aise Thomas Enders qui, à la tête d’Atlantik-Brücke et d’Airbus, a fait d’une pierre deux coups. En fait, ce contrat entre dans la volonté de renforcer l’interdépendance euro-US en faveur de l’émergence d’un bloc atlantique unifié.
Notes
1] « Comment le Conseil des relations étrangères détermine la diplomatie US », par Réseau Voltaire, 25 juin 2004.
[2] « Le German Marshall Fund, un reliquat de la Guerre froide ? », Réseau Voltaire, 5 octobre 2004.
[3] « Les experts qui ont donné raison à la CIA », Réseau Voltaire, 4 février 2004.
Pierre Hillard est docteur en science politique. Dernier ouvrage publié : La marche irrésistible du nouvel ordre mondial
Articles de Pierre Hillard publiés par Mondialisation.ca
Posté le 18.03.2008 par djamazz
Démission de l'Amiral Fallon : guerre de Cheney avant l'automne ?
Démission de l'Amiral Fallon : guerre de Cheney avant l'automne ?
11 mars 2008 (LPAC) – Le commandant en chef du CentCom (commandement américain pour la zone Asie centrale/Asie du Sud-Ouest/Corne africaine), l'Amiral William Fallon a donné sa démission mardi et annoncé sa retraite anticipée. Cette démission arrive au moment où un ancien conseiller de Donald Rumsfeld au Pentagone, Thomas Barnett – auteur de plusieurs livres promouvant la guerre préventive au nom de la mondialisation - publie un article dans Esquire Magazine visant à faire tomber Fallon. Bien qu'écrit sur la base d'interviews avec l'Amiral, l'article l'accuse d'insubordination, notamment pour avoir manifesté ouvertement son opposition à la politique d'attaque contre l'Iran venant de la Maison Blanche.
Des sources américaines dans le milieu du renseignement ont confirmé que cette démission a été orchestrée afin d'éliminer une des entraves à la faction Cheney et à sa politique de guerre permanente dans le Golfe et au Proche-Orient. Pour eux, ce n'est pas un hasard si cette démission intervient à 5 jours du voyage du vice-président Cheney dans la région.Un officiel haut placé et aguerri par des dizaines d'années d'expérience en Asie du Sud-Ouest a expliqué que tous les points chauds du coin se ravivent en même temps. Le Liban est sur le point d'exploser à cause des provocations en série de la part des saoudiens et des américains, et qui visent en réalité la Syrie et l'Iran ; le conflit israélo-palestinien s'intensifie et l'on s'attend à une invasion générale de Gaza par Israël d'ici au printemps/début de l'été ; le regain du déploiement américain en Irak provoque de nombreuses attaques contre les troupes US dans les régions sunnites. Pour cette source, toutes ces crises participent à l'opération britannique de « chaos contrôlé » au niveau régional. Elles s'intègrent également dans la plan général de déstabilisation britannique visant simultanément l'Asie du Sud Ouest, l'Asie du Sud, l'Afrique et l'Amérique du Sud.
D'après un autre expert régional, ce départ forcé de Fallon arrive au moment où l'administration Bush tente de consolider une série d'accords bilatéraux avec l'Irak pour assurer la présence militaire à long terme des Etats-Unis dans la région, un plan n'ayant pas le soutien de l'Amiral Fallon.
D'autres sources ont tiré la sonnette d'alarme, expliquant que le départ de Fallon accroissait le danger d'une attaque du gang Cheney contre l'Iran avant leur fin de mandat, probablement avant les élections présidentielles de cet automne.
Source: http://www.solidariteetprogres.org/article3921.html
Jeudi 13 Mars 2008
danyquirion@videotron.ca