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Date de création : 04.10.2007
Dernière mise à jour : 08.11.2009
6151 articles


La fin du « tout est permis » ?

Publié le 05/11/2009 à 11:34 par djamazz
La fin du « tout est permis » ?

Un Etat qui a déclaré avec arrogance être une « lumière pour les nations » est devenu un symbole d’agression, de crimes de guerre, et de discrimination ethnique et religieuse, écrit As’ad Abu Khalil.

As’ad AbuKhalil - Al Jazeera

As’ad AbuKhalil Jeudi 5 Novembre 2009


10 janvier - Manifestation à Barcelone contre les crimes israéliens à Gaza - Photo : AP
10 janvier - Manifestation à Barcelone contre les crimes israéliens à Gaza - Photo : AP

Plus de 60 années après avoir été fondé en lieu et place d’une nation existante, Israël fait face à d’inhabituelles circonstances.

Cet Etat a amassé un énorme arsenal d’armes de destruction massive et a construit un appareil militaire impressionnant (en grande partie grâce à des soutiens extérieurs venus d’abord de France puis des États-Unis). Il a aussi remporté des guerres successives contre les régimes arabes.

Pourtant, Israël fait face à de nombreux défis politiques et même existentiels. Un Etat qui a déclaré avec arrogance être une « lumière pour les nations » est devenu un symbole d’agression, de crimes de guerre, et de discrimination ethnique et religieuse.

Un Etat qui a toujours bénéficié du soutien américain pour maintenir sa supériorité militaire sur les régimes arabes a été humilié par quelques centaines de jeunes combattants sur le champ de bataille du sud-Liban en 2006.

Un Etat qui se vante depuis des décennies des compétences et de la supériorité de son appareil de renseignement, a loupé une tentative d’assassinat contre Khaled Mishaal, le dirigeant du Hamas, et ont enlevé un agriculteur libanais en 2006 parce que son nom était Hasan Nasrallah (et il a fallu des « experts » israéliens et plusieurs jours pour réaliser que ce n’était « pas le bon » Hasan Nasrallah).

Un Etat qui a signé des traités de paix avec plusieurs régimes arabes et qui entretient des relations secrètes avec beaucoup d’autres, reste haï par le public arabe et musulman.

Il semble que plus Israël devient fort, plus il devient impuissant à faire changer son statut dans la région.

L’opinion dans le monde a changé

Le rapport Goldstone n’a fait qu’ajouter aux problèmes d’Israël.

Israël a d’abord compté sur les États-Unis pour couvrir ses crimes de guerre et les Etats-Unis se sont toujours précipités, que ce soit au Nations Unies ou au Congrès, pour sauver Israël de la condamnation et la honte.

Les États-Unis ont le plus souvent utilisé leur droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies au bénéfice d’Israël.

Israël a compris, en particulier depuis la Guerre froide, qu’il pouvait toujours compter sur son allié américain pour le sauver de poursuites internationales pour crimes de guerre, pouvant en particulier venir de la Cour pénale internationale (CPI).

Mais Israël est également conscient que l’opinion publique à l’égard d’Israël a changé partout dans le monde. Même le gouvernement turc (un allié stratégique clé depuis des décennies) a été obligé de prendre ses distances, en grande partie pour répondre aux pressions de son opinion publique.

L’opinion publique dans les pays européens a changé en faveur des Palestiniens, même dans les pays - comme l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Suède et le Danemark - où le soutien fanatique à Israël a été une constante politique de la part des gouvernements depuis des dizaines d’années.

Les votes concernant Israël à l’Assemblée générale des Nations Unies sont tout à fait indicatif. Année après année, Israël se retrouve dans un petit groupe qui comprend les États-Unis, les Îles Marshall et la Micronésie. Le reste du monde est de l’autre côté, bien que certains alliés européens des Etats-Unis s’abstiennent souvent de voter par peur de mesures de rétorsion.

Erreur de calcul

Quand Israël a demandé l’aide des États-Unis, l’administration de Barack Obama, le président américain, a cru que la question serait simple.

Mahmoud Abbas, le président palestinien, ne peut refuser aucune demande venue des États-Unis, peu importe l’humiliation imposée. Ainsi, M. Abbas a succombé aux pressions américaines et a demandé à son ambassadeur à Genève d’écarter tout débat sur le rapport Goldstone au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Les Etats-Unis (et le régime d’Abbas, ironie du sort) ont fait un mauvais calcul. Ils ne se rendaient pas compte qu’il y avait des limites que même la direction du Fatah ne pouvait franchir. Mais, il était trop tard pour inverser la tendance : Le gouvernement israélien a dû choisir entre permettre à la discussion d’aller de l’avant ou saper la crédibilité - ou le peu qu’il en reste - du régime d’Oslo de Ramallah.

Et Israël est confronté à d’autres dilemmes sur cette question. Il peut insister en disant que le rapport est partial, mais cette fois il ne peut pas accuser son auteur d’antisémitisme. On ne peut pas accuser Goldstone de sympathiser avec l’islam ou l’intégrisme islamique. Le juge, comme sa fille en a informé les médias israéliens, est un sioniste qui se soucie Israël, mais les preuves de crimes de guerre ont été écrasantes.

Le gouvernement israélien ne peut pas recourir à la propagande avec les clichés utilisés pendant des décennies au complet mépris des lois et du droit au niveau international.

Les États-Unis ne devrait pas pouvoir tirer Israël d’affaire cette fois-ci, car de nombreux pays ont vu de leurs yeux les scènes de l’agression brutale contre Gaza et sa population civile.

Un nouveau cadre moral

Israël sait aussi qu’il y a un nouveau cadre moral qui émerge au niveau international : un cadre qui a produit la CPI, aussi faible qu’elle puisse encore être.

La capacité d’Israël à lancer des guerres et des invasions, sans aucun égard pour le droit international ou la moindre morale de base sera plus limitée dans le temps, même si le soutien américain à Israël reste constant.

L’Union Européenne a fait avancer l’idée d’une intervention internationale au nom d’une morale internationale dans les cas où des crimes de guerre se produisent, surtout s’ils se répètent sur une même modèle sur toute une période.

Il est possible que la sauvagerie des attaques israéliennes sur le Liban en 2006 et sur Gaza en 2008, puissent être plus difficile à renouveler dans l’avenir, ce qui ne fera qu’aggraver la situation problématique d’Israël, un État qui a toujours considéré que seule la force brute peut résoudre ses problèmes.

Israël prétend (comme les États-Unis) qu’aucun organisme international n’a le droit d’enquêter, de lancer des poursuites ou de juger sa conduite de la guerre parce qu’elle est une « démocratie ».

Cette ligne de défense a une faible résonance aujourd’hui, et pas seulement parce que le racisme de l’Etat d’Israël (qui se manifeste à plusieurs niveaux : au gouvernement et dans le discours officiel) est plus visible, mais aussi parce que la conduite de la guerre israélienne ne se distingue pas de celle des régimes les plus brutaux. Israël ne peut pas non plus faire valoir d’enquêtes internes crédibles sur le comportement de ses forces armées.

Des champs de bataille aux tribunaux

Il est peu probable que la défaite du projet sioniste qui se passera dans la façon dont les Arabes ont espéré depuis des décennies. Toutefois, il est possible - surtout si les États-Unis perdent leur suprématie internationale - qu’Israël puisse être forcé de reconnaître les aspirations politiques fondamentales des Palestiniens, et même leur droit au retour, sur injonction de la communauté internationale.

Les options israélienne options, excepté les invasions et les bombardements brutaux, sont en nombre plutôt limité.

L’ironie de la situation est que l’influence d’Israël n’a pas grandi en même temps que sa puissance militaire, et sa puissance militaire n’a pas réussi à faire une brèche dans le rejet populaire d’Israël dans la région.

De toute évidence, les Arabes - du moins la populaire à défaut des régimes - ne sont toujours pas prêts à accepter les diktats israéliens et les « faits accomplis sur le terrain ».

Il est possible que la prochaine phase du conflit israélo-arabe puisse se déplacer du champ de bataille vers les organisations internationales et les tribunaux. Dans un tel cadre, la supériorité militaire israélienne est plutôt obsolète.

(JPG)
As’ad AbuKhalil

* As’ad AbuKhalil est professeur en sciences politiques à la « California State University, Stanislas », et auteur du blog Angry Arab

 Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :



“Cette accalmie ne durera pas”

Publié le 05/11/2009 à 11:31 par djamazz
“Cette accalmie ne durera pas”

Leila Khaled est devenue une icone de la lutte palestinienne en 1969, lorsqu’à 24 ans, elle faisait partie du dispositif du Front Populaire de Libération de la Palestine qui a planifié le détournement d’un Boeing 707, le premier d’une série d’actions d’envergure destinées à mettre les Palestiniens sur la carte politique. Elle faisait partie du groupe qui a détourné le vol TWA Los Angeles-Tel Aviv en 1969 après être monté dans l’avion pendant une escale à Rome et l’avoir contraint à se rendre à Damas, où ils ont fait évacuer les 116 personnes présentes à bord du Boeing qu’ils ont fait ensuite sauter.

Par Leila Khaled
Leila Khaled est interviewée par Jon Elmer pour IPS.

Leila Khaled Jeudi 5 Novembre 2009


“Cette accalmie ne durera pas”

Elle a participé ensuite à une tentative de détournement d’un vol El Al Amsterdam-New York l’année suivante, mais a été arrêtée et remise à la police britannique après que le vol soit dérouté sur Londres. Elle a été libérée le 1er octobre 1970 lors d’un échange de prison de prisonniers.

"Héroïne de la guérilla”, comme l’a appelé le Time Magazineen 1970, Khaled a été chassée de sa maison d’Haifa lors de la création d’Israël. Elle est restée un dirigeant de premier plan de la gauche palestinienne, et une porte-parole déterminée de la lutte pour les droits palestiniens. Elle répond aux questions d’IPS depuis sa maison, à Amman.


IPS : Peut-être pouvons-nous commencer par le Rapport Goldstone sur l’invasion à Gaza, et en particulier sur les retombées politiques du rôle de Mahmoud Abbas dans le retard du débat sur le rapport à Genève.

Leila Khaled : Nous avons déclaré que c’était une erreur politique – une grosse erreur. Ce n’est pas seulement une erreur tactique. Nous avons demandé une enquête complète. Qui a donné les ordres de report du débat ? C’est un rapport des Nations Unies. Il a fallu des mois pour le finaliser. Nous aurions dû l’accepter directement, parce qu’il dénonce l’invasion et tous les actes qui en ont résulté – au point qu’Israël devrait être présenté devant la Cour Pénale Internationale pour inculper les criminels de guerre, que ce soit au niveau politique ou militaire.


IPS: Quelle est votre réaction à l’invasion de Gaza en général ?

LK: Ce n’est pas nouveau. Ce n’est pas la première fois. Mais aujourd’hui, nous avons une opportunité d’inculper les criminels de guerre.


IPS : Au sujet du conflit entre le Fatah et le Hamas, quelle est votre réaction sur ce qui s’est passé à Gaza en 2007, mais aussi sur ce qui s’est passé en Cisjordanie sous Fayyad et Abbas ?

LK: C’est une situation très grave, parce que les Palestiniens sont toujours sous occupation. Notre peuple est sous siège à Gaza. A Ramallah, l’Autorité Palestinienne n’a aucune souveraineté, ni sur la terre ni sur les frontières. Les Israéliens continuent de confisquer les terres, de démolir les maisons, d’arrêter les gens n’importe quand et n’importe où.

Une division entre Palestiniens, d’un point de vue politique, entrave notre capacité à relever tous ces défis des Israéliens. Nous et d’autres appelons à la réconciliation entre ces deux factions parce que la division ne va pas dans l’intérêt de notre peuple. Elle a affaibli les Palestiniens vis-à-vis d’Israël, et elle a aussi affaibli la solidarité avec les droits humains palestiniens au niveau international.

Nous la considérons comme une catastrophe.


IPS : Pensez-vous que l’élection du Hamas en 2006 lui a donné la légitimité de traiter la contestation à Gaza d’Abbas et de Dahlan et le projet israélien de le renverser ? Chaque bord accuse l’autre de coup d’Etat. Qu’en pensez-vous ?

LK : Nous ne pensons pas que le Hamas ait utilisé sa légitimité de la bonne façon. Ils ont eu la majorité aux élections, mais ils n’auraient pas dû aller jusqu’à résoudre les contradictions entre eux et le Fatah par les armes. Cela n’a rien amélioré pour les Palestiniens. Gaza est toujours sous siège. Et pendant ce temps, ils ont laissé l’Autorité Palestinienne faire ce qu’elle voulait en Cisjordanie.

Ils auraient pu se servir du dialogue et de davantage de discussions sur les différents problèmes, les négociations. Cela aurait montré à la société que nous sommes un peuple démocratique. Dans notre histoire, nous avons toujours eu des divergences, des visions différentes, mais n’avons jamais eu recours aux armes. La contradiction principale est avec l’occupation, pas entre nous.


IPS : Le général U.S. Keith Dayton entraîne une force palestinienne de sécurité qui vise ouvertement le Hamas, mais aussi le Front Populaire. Comment voyez-vous ces contradictions à la lumière de cette situation ?

LK : Le plan Dayton met sur pied un appareil non pas pour défendre notre peuple, mais pour empêcher notre peuple de résister. Ce qui veut dire non seulement l’entraînement, mais aussi la traque de toutes les cellules de la résistance – de toutes les factions, pas seulement le Hamas. Pendant ce temps, tous les jours, Israël entre dans les villes, arrête les gens, les assassine.

Au lieu de cela, l’Autorité Palestinienne devrait renforcer ceux qui sont prêts à résister. Malheureusement, c’est l’une des principales contradictions au niveau palestinien : l’Autorité Palestinienne, le gouvernement, ou l’appareil sécuritaire ou la police sont construits selon la vision Dayton, et non au bénéfice de notre peuple.


IPS: Comment voyez-vous la prochaine intifada qui se profile ? Avec le mur encerclant les communautés palestiniennes, avec les forces de sécurité entraînées par Dayton, beaucoup en Cisjordanie voient que toute forme de résistance à Israël se heurte à ce projet. Est-ce la création d’un paradigme où la prochaine intifada serait contre l’Autorité Palestinienne ?

LK : Toute intifada a ses raisons objectives. La situation n’est pas suffisamment mûre pour une troisième intifada, avec toute cette pression contre notre peuple, qu’elle vienne du côté palestinien ou du côté israélien.

Les gens se sont rendus compte qu’après la première et la deuxième intifada, ils avaient fait beaucoup de sacrifices, celui de leurs familles, de leurs maisons, de leurs enfants, qu’ils soient martyrs ou prisonniers. Nous avons actuellement 11.000 prisonniers dans les prisons israéliennes. Derrière eux, il y a 11.000 familles.

Je pense que nous devons commencer par mettre fin à cette division. Cela donnera plus de pouvoir à notre peuple. Nous avons vu, au moment de l’invasion de Gaza, que les manifestations étaient réprimées par la police palestinienne, pas par la police israélienne.

Je ne pense pourtant pas qu’une intifada soit proche.


IPS: Où en est le Front Populaire en particulier et la gauche en général, en ce moment, en particulier dans la division entre le Hamas et le Fatah ? La gauche est à l’évidence à un de ses niveaux le plus bas dans l’histoire du mouvement national.

LK : Je pense que les Accords d’Oslo ont été un tournant dans la lutte palestinienne. Une partie de notre peuple en Palestine a soutenu les négociations avec les Israéliens. Ils pensaient qu’ils leur apporteraient l’indépendance, un Etat national. Mais après des années (à ne rien obtenir), les gens ont réalisé qu’ils ne leur apportaient rien. C’est la raison pour laquelle la deuxième intifada a éclaté.

La gauche a été affectée par ce qui s’est passé, et elle est affaiblie par ses divisions. Nous avons essayé pendant des années de bâtir un seul front de gauche, pas en tant que parti, mais comme un front avec un programme politique et une résistance unifiés.

Nous avons le sentiment que si nous réussissions, cela créerait une troisième ligne. Dans les médias, on n’entend parler que du Fatah et du Hamas, mais en fait, ce n’est pas comme ça. Et ça affaiblit la situation toute entière.

Au sujet du Front Populaire, il fait face à de nombreux défis. Notre secrétaire général, Abu Ali Mustafa, a été assassiné. Ahmed Sa’adat est en prison. Beaucoup de nos cadres ont été arrêtés. Beaucoup ont été tués par les Israéliens. Des centaines de nos cadres et membres sont en prison. Tout ceci affaiblit le Front Populaire.


IPS: J’ai discuté de cette question avec le secrétaire général Ahmed Sa'adat en 2003. Il m’a parlé d’Israël se servant de l’intifada pour se centrer immédiatement sur le FPLP, pour casser les reins de l’organisation par les assassinats et les arrestations. Non seulement parce qu’il voyait le FPLP comme une menace historique, mais aussi parce qu’il avait été tellement affaibli par le climat politique tout au long des années 1990 – tant localement que globalement.

LK: Abu Ali Mustafa a été assassiné parce qu’il a déclaré que le FPLP était là pour résister et pas pour compromettre nos droits. Ca, les Israéliens l’ont très bien compris. Ce fut la première fois que les Israéliens ont assassiné une personnalité politique comme Abu Ali Mustafa.

Les Israéliens savaient très bien que le FPLP était dans une position de résistance. Qu’il avait son programme de résistance, ce qui signifiait qu’ils n’allaient pas chercher à négocier. Ils savaient que soit en assassinant, soit en arrêtant la direction, ils affaibliraient le FPLP, et ils l’ont fait. Mais nous pouvons aussi nous reconstruire, et nous avons encore beaucoup à faire.

Mais la situation générale n’est pas, elle non plus, avec la résistance – au niveau palestinien, mais surtout au niveau arabe. Ceci affaiblit la situation globale, pas seulement le Front Populaire.


IPS : Je me demande si nous pouvons parler un peu de la trajectoire de la lutte palestinienne armée : quelles sont les possibilités et les limites de la lutte armée, avec le mur et le paradigme du nouveau ghetto ?

LK : En général, les gens trouvent toujours les moyens de résister. Après 1967, nous avons utilisé les détournements d’avion. Puis notre peuple s’est servi des pierres pour exprimer sa résistance, puis ce qu’on appelle les attentats-suicide, qui ont cessé. Puis les roquettes depuis Gaza, parce que les Israéliens sont partis et qu’il y avait de nouveaux espaces, alors qu’en Cisjordanie, elle est réduite au silence.

Vous avez utilisé le terme de « ghetto » - oui, nos villes sont comme des ghettos aujourd’hui. Elles sont encerclées par des colonies, par le mur, à toutes les entrées des villes, nous avons des checkpoints.

Mais les gens trouveront les moyens de leur résistance, auxquels je ne pense pas moi-même. Personne n’avait pensé à une intifada des pierres, que les enfants les utiliseraient eux aussi. Cela a provoqué beaucoup de critiques contre Israël, et davantage de solidarité avec les Palestiniens.

Donc, par tous les moyens. Où il y a occupation, il y a toujours résistance. Chaque fois, cette résistance a sa propre forme et ses propres moyens. Je pense que la situation d’accalmie ne durera pas. Notre peuple a une très longue expérience de lutte et ne peut pas accepter que cette situation perdure. Un jour, ça éclatera à nouveau. De quelle manière, je ne peux le dire. Mais ça viendra.

Source : IPS  
  Traduction : MR pour ISM

Les armées secrètes de l’OTAN (III) 1

Publié le 05/11/2009 à 11:29 par djamazz
Gladio : Pourquoi l’OTAN, la CIA et le MI6 continuent de nier

Les armées secrètes de l’OTAN (III)  

Alors que l’existence du gouvernement de l’ombre institué par les États-Unis et le Royaume-Uni dans l’ensemble des États alliés est attestée par des enquêtes judiciaires et parlementaires dans les années 80-90, l’OTAN, la CIA et le MI6 continuent à nier. C’est que Washington et Londres n’y voient pas un épisode historique, mais un dispositif actuel (comme l’a montré l’affaire des enlèvements en Europe et des vols secrets durant l’ère Bush). Les armées secrètes de l’OTAN sont toujours couvertes par le secret-Défense, parce qu’elles sont toujours actives.

Daniele Ganser Mercredi 4 Novembre 2009


Avant même sa prise de fonction (le 2 juillet 2009) comme nouveau commandeur suprême de l’OTAN (SACEUR), l’amiral James G. Stavridis s’est discrètement rendu au SHAPE pour rencontrer les chefs des réseaux stay-behind.
Avant même sa prise de fonction (le 2 juillet 2009) comme nouveau commandeur suprême de l’OTAN (SACEUR), l’amiral James G. Stavridis s’est discrètement rendu au SHAPE pour rencontrer les chefs des réseaux stay-behind.

Cet article fait suite à :
1. « Quand le juge Felice Casson a dévoilé le Gladio… »

2. « Quand le Gladio fut découvert dans les États européens… »
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Au moment des découvertes sur le réseau Gladio en 1990, l’OTAN, la plus grande alliance militaire du monde, regroupait 16 nations : l’Allemagne, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni, la Turquie et les États-Unis, ces derniers assumant un rôle de commandement. L’Alliance réagit confusément aux révélations du Premier ministre italien Andreotti et craignit pour son image lorsque les armées stay-behind furent associées à des attentats, des actes de torture, des coups d’États et d’autres opérations terroristes perpétrés dans plusieurs pays d’Europe de l’Ouest.
Le lundi 5 novembre 1990, après un long silence de près d’un mois, l’OTAN nia catégoriquement les allégations d’Andreotti concernant son implication dans l’Opération Gladio et ses liens avec les armées secrètes. Le principal porte-parole de l’Organisation, Jean Marcotta, affirma depuis le quartier général du SHAPE, à Mons, en Belgique, que : « L’OTAN n’a jamais envisagé de recourir à la guérilla ou à des opérations clandestines ; elle s’est toujours occupée de questions exclusivement militaires et de la défense des frontières des pays Alliés [1]. » Puis, le mardi 6 novembre, un autre porte-parole expliqua que le démenti de la veille était faux. Il ne fournit aux journalistes qu’un bref communiqué précisant que l’OTAN ne commentait jamais les questions couvertes par le secret militaire et que Marcotta aurait dû observer le silence [2]. La presse internationale critiqua amèrement ces cafouillages dans la stratégie de relations publiques de l’alliance militaire : « Pendant que de véritables séismes frappent le continent entier, un porte-parole de l’OTAN apporte un démenti : on ignore tout de Gladio et des réseaux stay-behind. Et voici qu’un communiqué laconique vient ensuite démentir le démenti "incorrect" et rien de plus [3] ».
Tandis que la crédibilité de l’OTAN s’ébranlait, les journaux titraient « Une unité clandestine de l’OTAN "soupçonnée de liens avec le terrorisme" » [4]. « Un réseau secret de l’OTAN accusé de subversion : La Commission a découvert que Gladio, le bras armé clandestin de l’OTAN en Italie, était devenu un repaire de fascistes combattant le communisme au moyen d’attentats terroristes visant à justifier un durcissement des lois. » [5] « La bombe qui a explosé à Bologne provenait d’une unité de l’OTAN » [6]. Un diplomate de l’OTAN, qui insista pour conserver l’anonymat, justifia devant des journalistes : « Puisqu’il s’agit d’une organisation secrète, je ne m’attends pas à ce que les réponses abondent, même si la Guerre froide est terminée. S’il y a eu des liens avec des organisations terroristes, ce genre d’informations doit être enterré très profondément. Si ce n’est pas le cas, qu’y a-t-il de mal à préparer le terrain pour la résistance pour le cas où les Soviétiques attaqueraient ? » [7]
Selon la presse espagnole, immédiatement après le fiasco de l’opération de communication des 5 et 6 novembre, le secrétaire général de l’OTAN Manfred Wörner convoqua les ambassadeurs de l’Alliance Atlantique pour une réunion d’information à huis clos sur Gladio, le 7 novembre. Le «  Supreme Headquarters Allied Powers Europe ou SHAPE, l’organe de commandement de l’appareil militaire de l’OTAN, coordonnait les actions de Gladio, c’est ce qu’a révélé le secrétaire général Manfred Wörner pendant un entretien avec les ambassadeurs des 16 nations alliées de l’OTAN », put-on lire dans la presse espagnole. « Wörner aurait demandé du temps pour mener une enquête afin de découvrir les raisons du démenti formel » rendu public la veille par l’OTAN. « C’est ce qu’il aurait annoncé aux ambassadeurs du Conseil Atlantique réunis le 7 novembre, si l’on en croit certaines sources. » L’officier le plus haut placé de l’OTAN en Europe, le général états-unien John Galvin, avait confirmé que les allégations de la presse étaient en grande partie fondées, mais que le secret devait être gardé. « Au cours de cette réunion à huis clos, le secrétaire général de l’OTAN a précisé que les gradés interrogés, (il faisait référence au général John Galvin, commandant en chef des forces alliées en Europe), avaient indiqué que le SHARP coordonnait les opérations menées par Gladio. Dorénavant, la politique de l’OTAN sera de refuser tout commentaire sur les secrets officiels. » [8]
Selon des sources qui ont souhaité conserver l’anonymat, le Bureau de Sécurité de l’OTAN aurait été directement impliqué dans l’Opération Gladio [9]. Hébergé au quartier général de l’OTAN à Bruxelles, le mystérieux Bureau de Sécurité fait partie intégrante de l’OTAN depuis la création de l’Alliance en 1949. Sa mission consiste à coordonner, superviser et appliquer les politiques de sécurité de l’OTAN. Le directeur de la Sécurité est le principal conseiller du secrétaire général pour les questions de sécurité ; il dirige le Service de Sécurité du quartier général et est responsable de la coordination générale de la sécurité au sein de l’OTAN. Mais surtout, il est le président du Comité de Sécurité de l’Alliance qui réunit régulièrement les chefs des Services de Sécurité des pays membres pour discuter des questions d’espionnage, de terrorisme, de subversion et d’autres menaces, parmi lesquelles le communisme en Europe de l’Ouest, qui pourraient représenter un danger pour l’OTAN.
En Allemagne, le chercheur Erich Schmidt Eenboom rapporta que les patrons des services secrets de plusieurs pays d’Europe occidentale, et notamment de l’Espagne, de la France, de la Belgique, de l’Italie, de la Norvège, du Luxembourg et du Royaume-Uni, s’étaient réunis plusieurs fois à la fin de l’année 1990, et ce, afin d’élaborer une stratégie de désinformation pour contrer les nombreuses révélations sur Gladio [10]. Ces réunions se déroulèrent vraisemblablement au très secret Bureau de Sécurité. « Le fait que les structures clandestines de Gladio aient été coordonnées par un comité de sécurité international composé uniquement de représentants des services secrets », remarque le quotidien portugais Expresso, « pose un autre problème : celui de la souveraineté nationale de chacun des États ». Durant la Guerre froide, certains services de renseignement agissaient hors de tout cadre démocratique. «  Il semble que plusieurs gouvernements européens aient perdu le contrôle de leurs services secrets » tandis que l’OTAN entretenait, elle, des liens très étroits avec les services secrets militaires de chacun des États membres. « Il paraît évident que l’OTAN applique un principe de confiance restreinte. Selon cette doctrine, certains gouvernements ne luttant pas assez activement contre le communisme, il est donc inutile de les informer des activités de l’armée secrète de l’OTAN. » [11].
Sous le titre « Manfred Wörner raconte le Gladio », la presse portugaise publia des détails supplémentaires sur la réunion du 7 novembre. « Le secrétaire général de l’OTAN, l’Allemand Manfred Wörner a expliqué aux ambassadeurs des 16 pays alliés de l’OTAN la fonction du réseau secret - qui fut créé dans les années cinquante afin d’organiser la résistance dans l’éventualité d’une invasion soviétique. » Derrière des portes closes, « Wörner a confirmé que le commandement militaire des forces alliées, le Supreme Headquarters Allied Powers Europe (SHAPE), coordonne les activités du “Réseau Gladio”, mis sur pied par les services secrets des différents pays de l’OTAN, par l’intermédiaire d’un comité créé en 1952 et actuellement présidé par le général Raymond Van Calster, chef des services secrets militaires belges », on apprit plus tard qu’il s’agissait de l’ACC. D’après le journal, « la structure a été bâtie en Italie avant 1947, puis des réseaux similaires ont été créés en France, en Belgique, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, au Luxembourg, au Danemark, en Norvège et en Grèce ». « Le secrétaire général a également reconnu que le SHAPE avait fourni de "fausses informations" en niant l’existence d’un tel réseau secret, mais il a refusé de s’expliquer sur les nombreuses contradictions dans lesquelles les différents gouvernements s’étaient englués en confirmant ou niant la réalité des réseaux Gladio dans leurs pays respectifs ». [12]
Au milieu de la tourmente, la presse tenta à plusieurs reprises d’obtenir une explication ou, ne serait-ce qu’un commentaire, de la plus haute autorité civile de l’OTAN, le secrétaire général de l’OTAN Manfred Wörner. Mais, conformément à la politique de l’Alliance qui consistait à ne pas se prononcer sur les secrets militaires, Wörner rejeta toutes les demandes d’interviews [13]. Le terme « secrets militaires » focalisa l’attention des journalistes qui se mirent en quête d’anciens responsables de l’OTAN à la retraite susceptibles de s’exprimer plus librement sur toute l’affaire. Joseph Luns, un ancien diplomate de 79 ans, qui avait occupé les fonctions de secrétaire général de l’OTAN de 1971 à 1984 accorda un entretien téléphonique à des reporters depuis son appartement de Bruxelles. Il prétendit n’avoir jamais été informé de l’existence du réseau secret jusqu’à ce qu’il l’ait récemment lue dans la presse : «  Je n’en ai jamais entendu parler et pourtant j’ai exercé quelques responsabilités au sein de l’OTAN ». Luns admit toutefois avoir été briefé « ponctuellement » à l’occasion d’opérations spéciales et estima « peu probable mais pas impossible » que Gladio ait pu exister à son insu [14].
« Le seul organisme international qui ait jamais fonctionné, c’est l’OTAN, tout simplement parce qu’il s’agit d’une alliance militaire et que nous étions aux commandes », répondit un jour le président états-unien Richard Nixon [15]. Il faisait remarquer à juste titre que, bien que l’OTAN ait son siège européen en Belgique, son véritable quartier général se trouve au Pentagone, à Washington. Depuis la création de l’Alliance Atlantique, le commandant en chef de la zone Europe, le SACEUR (Supreme Allied Commander Europe), exerçant ses fonctions depuis son quartier général, le SHAPE, établi à Casteau, en Belgique, avait toujours été un général états-unien. Les Européens pouvaient, quant à eux, nommer le plus haut responsable civil, le secrétaire général. Mais depuis la nomination du général Dwight Eisenhower comme premier SACEUR, la plus haute fonction militaire en Europe fut systématiquement occupée par des officiers états-uniens [16]
Officier de la CIA à la retraite, Thomas Polgar confirma, après la découverte des armées secrètes d’Europe de l’Ouest, que celles-ci étaient coordonnées par « une sorte de groupe de planification de guerre non conventionnelle » lié à l’OTAN [17]. Ses propos furent confirmés par la presse allemande qui souligna que, durant toute la période de la Guerre froide, ce département secret de l’OTAN était demeuré sous domination états-unienne. « Les missions des armées secrètes sont coordonnées par la “Section des Forces Spéciales”, située dans une aile du quartier général de l’OTAN à Casteau placée sous haute surveillance », relata un journal allemand. « Une porte grise en acier qui s’ouvre comme un coffre-fort de banque et protégée par une combinaison chiffrée, défend l’accès à toute personne non autorisée. Les officiers des autres départements, qui sont invités à y entrer, doivent dès l’entrée se présenter à un guichet sombre où ils sont contrôlés. La Section des Forces Spéciales est dirigée par des officiers britanniques ou états-uniens exclusivement et la plupart des documents qui y circulent portent l’inscription “American eyes only” (À l’intention du personnel US uniquement) » [18].
Pour contrer l’influence des partis communistes dans certains pays d’Europe de l’Ouest, l’OTAN s’était livrée, dès sa création au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à une guerre secrète non conventionnelle. D’après les découvertes de l’enquête parlementaire belge sur Gladio, cette lutte aurait même été engagée avant la fondation de l’Alliance, et coordonnée dès 1948 par le "Clandestine Committee of the Western Union" (CCWU), le Comité Clandestin de l’Union Occidentale. Selon la presse, toutes les « nations [participant à Gladio] étaient membres du CCWU et assistaient régulièrement à des réunions par l’intermédiaire d’un représentant de leurs services secrets. Ceux-ci étaient généralement en contact direct avec les structures stay-behind » [19].
Quand, en 1949, fut signé le Traité de l’Atlantique Nord, le CCWU fut secrètement intégré au nouvel appareil militaire international et opéra à partir de 1951 sous la nouvelle appellation CPC. À cette époque, le quartier général européen de l’OTAN était situé en France et le CPC avait son siège à Paris. Comme le CCWU avant lui, le Comité assurait la planification, la préparation et la direction des opérations de guerre non conventionnelle menées par les armées stay-behind et les Forces Spéciales. Seuls les officiers disposant des autorisations de niveau supérieur étaient autorisés à pénétrer au siège du CPC où, sous la surveillance des experts de la CIA et du MI6, les chefs des services secrets des États d’Europe occidentale se réunissaient plusieurs fois dans l’année afin de coordonner les opérations de guerre clandestine menées dans tout l’Ouest du continent.
Lorsqu’en 1966 le président de la République Française Charles de Gaulle chassa l’OTAN de France, le quartier général européen de l’Alliance militaire dut, à la colère du président des États-Unis Lyndon Johnson, déménager de Paris à Bruxelles. Dans le plus grand secret, le CPC s’installa lui aussi en Belgique, comme le révéla l’enquête sur le Gladio belge [20]. L’expulsion historique de l’OTAN du territoire français offrit alors un premier véritable aperçu des noirs secrets de l’Alliance militaire. Pour le spécialiste des opérations secrètes Philip Willan : « L’existence de protocoles secrets de l’OTAN impliquant les services secrets des pays signataires et visant à éviter l’accession au pouvoir par les communistes fut divulguée pour la première fois en 1966, quand le président de Gaulle décida de se retirer du commandement conjoint de l’OTAN et dénonça ces protocoles comme une atteinte à la souveraineté nationale » [21].
Si les documents originaux des protocoles anticommunistes secrets de l’OTAN demeurent confidentiels, les spéculations sur leur contenu ne cessèrent de se multiplier suite à la découverte des armées secrètes stay-behind. Dans un article consacré à Gladio, le journaliste américain Arthur Rowse écrivit qu’une « clause secrète du traité initial de l’OTAN de 1949 stipulait que tout pays candidat à l’adhésion devait avoir établi au préalable une autorité de Sécurité nationale chargée d’encadrer la lutte contre le communisme par des groupes clandestins de citoyens » [22]. Un spécialiste italien des services secrets et des opérations clandestines, Giuseppe de Lutiis, découvrit qu’au moment d’intégrer l’OTAN en 1949, l’Italie signa, outre le Pacte Atlantique, une série de protocoles secrets prévoyant la création d’une organisation non officielle « chargée de garantir l’alignement de la politique intérieure italienne sur celle du bloc de l’Ouest par tous les moyens nécessaires, même si la population devait manifester une inclination divergente » [23]. L’historien italien spécialiste du Gladio Mario Coglitore a également confirmé l’existence de ces protocoles secrets de l’OTAN [24]. Suite aux révélations de 1990, un ancien officier du renseignement de l’OTAN, qui veilla à conserver l’anonymat, alla jusqu’à affirmer que ces documents protégeaient explicitement les membres de l’extrême droite jugés utiles dans la lutte contre les communistes. Le président des États-Unis Truman et le chancelier allemand Adenauer auraient « signé un protocole secret lors de l’adhésion de la RFA à l’OTAN en 1955, dans lequel il était convenu que les autorités de l’Allemagne de l’Ouest s’abstiendraient d’entamer des poursuites à l’encontre des extrémistes de droite reconnus » [25].
Le général italien Paolo Inzerilli, qui commanda le Gladio dans son pays de 1974 à 1986, souligna que les « Américains omniprésents » contrôlaient le CPC secret qui était en charge de la coordination de la guerre clandestine. Selon lui, le Comité avait été fondé « sur ordre du commandant en chef de l’OTAN en Europe. Il constituait l’intermédiaire entre le SHAPE, le quartier général des puissances alliées d’Europe, et les services secrets des États membres pour les question de guerre non conventionnelle » [26]. Les États-Unis contrôlaient le CPC avec leurs vassaux britanniques et français et constituaient avec eux une "Commission Exécutive" au sein du Comité. « Les réunions se succédaient au rythme d’une ou deux par an au quartier général du CPC, à Bruxelles, et les questions à l’ordre du jour étaient débattues entre la “Commission Exécutive” et les responsables militaires », témoigna Inzirelli [27].
« La coordination des actions de notre réseau stay-behind avec celles des structures clandestines analogues en Europe était assurée par le CPC, le Coordination and Planning Committee [Comité de Planification et de Coordination] du SHAPE, le quartier général des puissances alliées d’Europe », décrivit le général italien Gerardo Serravalle. Prédécesseur du général Inzirelli, il avait commandé le Gladio en Italie entre 1971 et 1974 ; il raconta que « pendant les années soixante-dix, les membres du CPC étaient les officiers responsables des structures secrètes de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne, de la Belgique, du Luxembourg, des Pays-Bas et de l’Italie. Ces représentants des réseaux clandestins se réunissaient chaque année dans l’une des capitales européennes » [28]. Des hauts responsables de la CIA assistaient à chacune de ces réunions. «  Des représentants de la CIA étaient toujours présents aux réunions des armées stay-behind », se souvient Serravalle. « Ils appartenaient à l’antenne de l’Agence de la capitale où se déroulait la réunion et ne participaient pas aux votes » [[Ibid., p.79. ]]. « La “Directive SHAPE” faisait office de référence officielle, si ce n’est de doctrine pour les réseaux stay-behind alliés », explique Serravalle dans son livre consacré à Gladio. Il précise également que les enregistrements du CPC, qu’il a pu consulter mais qui demeurent confidentiels, « portent [surtout] sur l’entraînement des Gladiateurs en Europe, sur comment les réveiller depuis le quartier général secret en cas d’occupation de l’ensemble du territoire national et sur d’autres questions techniques telles que, pour citer la plus importante, l’unification des différents systèmes de communication entre les bases stay-behind » [29].
Parallèlement au CPC, un second poste de commandement secret fonctionnant comme un quartier général stay-behind fut créé par l’OTAN au début des années cinquante sous le nom d’ACC. Comme le CPC, l’ACC était en lien direct avec le SACEUR, lui-même sous contrôle états-unien. D’après les conclusions de l’enquête belge sur Gladio, l’ACC aurait été créé en 1957 et chargé de « la coordination des réseaux “stay-behind” en Belgique, au Danemark, en France, en Allemagne, en Italie, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Norvège, au Royaume-Uni et aux USA ». Selon le rapport d’enquête belge, en temps de paix, les fonctions de l’ACC « comprenaient l’élaboration de directives à l’intention du réseau, le développement de ses capacités secrètes et l’établissement de bases au Royaume-Uni et aux USA. Dans le cas d’une guerre, il était censé préparer des actions stay-behind conjointement avec le SHAPE ; de là, les organisateurs devaient alors activer les bases clandestines et préparer les opérations » [30].
Le commandant du Gladio italien Inzirelli affirme que « les relations au sein de l’ACC étaient totalement différentes » de celles existant au CPC. « L’atmosphère [y] était clairement plus décontractée et amicale qu’au CPC. » L’ACC, fondé sur « un ordre express du SACEUR au CPC » serait « devenue une ramification » de celui-ci [31]. Il semble que cet organisme ait servi surtout de forum où l’on se partageait le savoir-faire Gladio entre patrons de services secrets : « L’ACC était un comité essentiellement technique, un forum où l’on pouvait à loisir échanger des informations et des expériences, évoquer les moyens disponibles ou à l’étude, partager ses connaissances sur les réseaux, etc... » Le général Inzerilli se souvient : « C’était un échange de bons procédés. Chacun savait que s’il lui manquait un expert en explosifs, en télécommunication ou en répression pour une opération, il pouvait sans problème s’adresser à un confrère étranger puisque les agents avaient reçu le même entraînement et utilisaient le même type de matériel » [32].
Les transmetteurs radio baptisés Harpoon figuraient notamment dans l’équipement de tous les membres de l’ACC. Ils avaient été conçus et fabriqués sur ordre du comité de direction de Gladio, au milieu des années 1980, par la firme allemande AEG Telefunken pour un montant total de 130 millions de marks, en remplacement d’un ancien système de communication devenu obsolète. Le système Harpoon était capable d’émettre et de recevoir des messages radio cryptés sur une distance de 6 000 km et permettaient donc les communications entre les réseaux stay-behind situés de part et d’autre de l’Atlantique. « Le seul équipement qu’ont en commun tous les membres de l’ACC est le fameux transmetteur radio Harpoon », révéla Van Ussel, un membre du Gladio belge qui s’en était lui-même servi au cours des années 1980, alors qu’il était un membre actif de l’organisation. Selon lui, « ce système était régulièrement utilisé pour transmettre des messages entre les bases et les agents (en particulier lors des exercices de communication radio), mais il était avant tout destiné à communiquer des renseignements en cas d’occupation » [33]. L’ACC disposait de bases dans tous les pays européens dont une au Royaume-Uni, à partir desquelles les unités présentes dans les territoires occupés pourraient être activées et commandées. Apparemment, l’ACC éditait à l’intention des Gladiateurs des manuels indiquant les procédures communes à suivre relatives aux actions clandestines, aux communications radio basées sur le cryptage et le saut de fréquence mais aussi aux largages aériens et aux atterrissages.
L’ACC fonctionnait avec une présidence tournante d’une période de deux ans, en 1990 celle-ci était assumée par la Belgique. La réunion de l’ACC des 23 et 24 novembre se déroula sous la présidence du général de division Raymond Van Calster, patron du SGR, les services secrets militaires belges. Le général Inzerilli se souvint que « contrairement au CPC, l’ACC n’avait pas de direction établie et permanente. La présidence du Comité était assumée pour deux ans et tournait entre tous les membres, en suivant l’ordre alphabétique », pour cette raison, l’ACC n’était pas soumis à « la même domination des grandes puissances ». Inzirelli affirma avoir préféré travailler à l’ACC plutôt qu’au CPC contrôlé par les États-uniens : « Je dois reconnaître, pour l’avoir moi-même présidé pendant deux ans, que l’ACC était un comité véritablement démocratique » [34].
Dans le cadre de toute recherche approfondie sur l’Opération Gladio et les réseaux stay-behind de l’OTAN, les transcriptions et enregistrements des réunions du CPC et de l’ACC s’imposent comme des sources essentielles. Hélas, alors que des années se sont écoulées depuis la découverte du réseau top secret, les autorités de l’OTAN se bornent, comme en 1990, à opposer constamment aux sollicitations du public le silence ou le refus. Quand dans le cadre de nos propres recherches, nous contactâmes, à l’été 2000, le service des archives de l’OTAN pour demander l’accès à des informations supplémentaires sur Gladio et notamment sur le CPC et l’ACC, nous reçûmes la réponse suivante : « Après vérification de nos archives, il n’existe aucune trace des comités que vous évoquez ». Lorsque nous insistâmes, le service des archives nous répondit : « Je vous confirme une nouvelle fois que les comités dont vous parlez n’ont jamais existé au sein de l’OTAN. En outre, l’organisation que vous appelez “Gladio” n’a jamais fait partie de la structure militaire de l’OTAN » [35]. Sur quoi, nous appelâmes le Bureau de Sécurité de l’OTAN, mais ne pûmes ni parler au directeur ni même connaître son identité classée “confidentielle”. Mme Isabelle Jacobs nous informa qu’il était hautement improbable que nous obtenions jamais des réponses à nos questions sur un sujet sensible comme Gladio et nous conseilla de transmettre notre requête par écrit via l’ambassade de notre pays d’origine.
C’est ainsi qu’après que la Mission Suisse d’Observation à Bruxelles eut transmis à l’OTAN nos questions relatives à l’affaire Gladio, l’ambassadeur de Suisse Anton Thalmann nous répondit qu’à son grand regret : « L’existence des comités secrets de l’OTAN que vous mentionnez dans votre lettre n’est connue ni de moi, ni de mon personnel » [36]. « Quel est le lien entre l’OTAN et le Clandestine Planning Committee (CPC) et le Allied Clandestine Committee (ACC) ? Quel est le rôle du CPC et de l’ACC ? Quel est le lien entre le CPC, l’ACC et le Bureau de Sécurité de l’OTAN ? », telles étaient nos questions : le 2 mai 2001, nous reçûmes une réponse de Lee McClenny, directeur du service de presse et de communication de l’OTAN. Dans sa lettre, McClenny prétendait que « Ni le Allied Clandestine Committee, ni le Clandestine Planning Committee n’apparaissent dans toute la documentation de l’OTAN, confidentielle ou non, que j’ai consultée. » Il ajoutait : « En outre, je n’ai pu rencontrer personne travaillant ici qui ait eu entendu parler de l’un ou l’autre de ces deux comités. J’ignore si de tels comités ont un jour existé à l’OTAN, ce qui est sûr c’est que ce n’est pas le cas aujourd’hui » [37]. Nous insistâmes une fois encore et demandâmes : « Pourquoi le porte-parole de l’OTAN Jean Marcotta a-t-il, le 5 novembre 1990, catégoriquement nié tout lien entre l’OTAN et Gladio pour voir ses propos démentis deux jours plus tard par un second communiqué ? », ce à quoi Lee McClenny rétorqua : «  Je ne suis pas au courant de l’existence de liens entre l’OTAN et l’Opération Gladio”. De plus, je ne trouve personne du nom de Jean Marcotta parmi la liste des porte-parole de l’OTAN » [38]. Le mystère restait entier.
La CIA, l’Agence de renseignement la plus puissante du monde, ne fut pas plus coopérative que la plus grande alliance militaire du monde quand il s’agit d’aborder la délicate question de Gladio et des armées stay-behind. Fondée en 1947, deux ans avant la création de l’OTAN, la CIA eut pour principale tâche pendant la Guerre froide de combattre le communisme sur toute la planète en menant des opérations secrètes qui visaient à étendre l’influence des États-Unis. « Par actions clandestines », le président Nixon indiqua un jour qu’il entendait « ces activités qui, bien qu’elles soient destinées à favoriser les programmes et politiques des États-Unis à l’étranger, sont planifiées et exécutées de telle sorte que le public n’y voit pas la main du gouvernement américain » [39]. Historiens et analystes politiques ont depuis décrit en détail comment la CIA et les Forces Spéciales états-uniennes ont, au moyen de guerre secrètes et non déclarées, influencé l’évolution politique et militaire de nombreux pays d’Amérique latine ; parmi les faits les plus marquants, on peut citer le renversement du président guatémaltèque Jakobo Arbenz en 1954, le débarquement raté de la baie des Cochons en 1961, qui devait amener à la destitution de Fidel Castro, l’assassinat d’Ernesto Che Guevara en Bolivie en 1967, le coup d’État contre le président chilien Salvador Allende et l’installation au pouvoir du dictateur Augusto Pinochet en 1973, ou encore le financement des Contras au Nicaragua, suite à la révolution sandiniste de 1979. [40]

Les armées secrètes de l’OTAN (III) 2

Publié le 05/11/2009 à 10:35 par djamazz

Outre ses agissements sur le continent sud-américain, la CIA est également intervenue à de nombreuses reprises en Asie et en Afrique, notamment pour renverser le gouvernement de Mossadegh en Iran en 1953, pour soutenir la politique d’Apartheid en Afrique du Sud, ce qui conduisit à l’emprisonnement de Nelson Mandela, pour assister ben Laden et al-Qaida en Afghanistan, lors de l’invasion soviétique de 1979 et pour appuyer le leader Khmer Rouge Pol Pot depuis des bases conservées au Cambodge, après la défaite états-unienne au Vietnam en 1975. D’un point de vue purement technique, le département des opérations secrètes de la CIA correspond à la définition d’une organisation terroriste donnée par le FBI. Le "terrorisme" est, selon le FBI, « l’usage illégal de la force ou de la violence contre des personnes ou des biens dans le but d’intimider ou de contraindre un gouvernement, une population civile, ou un segment de celle-ci, à poursuivre certains objectifs politiques ou sociaux » [41].
Quand, au milieu des années soixante-dix, le Congrès des États-Unis découvrit que la CIA et le Pentagone avaient étendu leurs pouvoirs presque au-delà de tout contrôle et l’avaient outrepassé en de nombreuses occasions, le sénateur états-unien Frank Church fit avec assez de clairvoyance ce commentaire : « La multiplication des abus commis par nos services de renseignement révèle un échec plus général de nos institutions fondamentales ». Il présidait alors l’une des trois commissions du Congrès qui furent chargées d’enquêter sur les agissements des services secrets US, et dont les rapports, présentés dans la seconde moitié des années soixante-dix, font aujourd’hui encore autorité sur la question des guerres secrètes menées par Washington [42] Cependant, les investigations du Congrès n’eurent qu’un impact limité et les services secrets continuèrent, avec l’appui de la Maison-Blanche, à abuser de leur pouvoir, comme le démontra le scandale de l’Irangate en 1986. Cela amena l’historienne Kathryn Olmsted à se poser cette « question cruciale » : « Pourquoi, après avoir débuté leur enquête, la plupart des journalistes et des membres du Congrès ont-ils renoncé à défier le gouvernement secret ? » [43]
Alors qu’aux États-Unis se poursuit le débat sur l’existence ou non d’un « gouvernement de l’ombre », le phénomène Gladio prouve que la CIA et le Pentagone ont opéré à plusieurs reprises hors de tout contrôle démocratique pendant la Guerre froide mais également après l’effondrement du communisme et ce, sans jamais rendre compte de leurs agissements. Lors d’une interview accordée à la télévision italienne en décembre 1990, l’amiral Stansfield Turner, directeur de la CIA de 1977 à 1981, refusa catégoriquement d’évoquer l’affaire Gladio. Quand les journalistes, qui avaient à l’esprit le grand nombre de victimes des nombreux attentats perpétrés en Italie, se permirent d’insister, l’ex-patron de la CIA arracha furieusement son micro et hurla : « J’ai dit : pas de questions sur Gladio ! », mettant ainsi un terme à l’entretien [44]
D’anciens officiers de la CIA moins gradés acceptèrent plus volontiers d’évoquer les secrets de la Guerre froide et les opérations illégales de l’Agence. Parmi eux, Thomas Polgar, qui prit sa retraite en 1981 après 30 ans de bons et loyaux services. En 1991, il avait témoigné contre la nomination de Robert Gates à la tête de la CIA, reprochant à celui-ci d’avoir couvert le scandale de l’Irangate. Interrogé sur les armées secrètes d’Europe, Polgar expliqua, en se référant implicitement au CPC et à l’ACC, que les programmes stay-behind étaient coordonnés par « une sorte de groupe de planification de guerre non conventionnelle lié à l’OTAN ». Dans leurs quartiers généraux secrets, les chefs des armées secrètes nationales « se rencontraient tous les deux ou trois mois, à chaque fois dans une capitale différente ». Polgar souligne que « chaque service national le faisait avec plus ou moins de zèle » tout en admettant que « dans les années soixante-dix en Italie, certains sont allés même plus loin que l’exigeait la charte de l’OTAN » [45]. Le journaliste Arthur Rowse, ancien collaborateur du Washington Post, tira, dans un essai consacré au sujet « Les leçons de Gladio » : « Aussi longtemps que le peuple états-unien ignorera tout de ce sombre chapitre des relations étrangères des USA, cela n’incitera pas véritablement les agences responsables de cette situation à changer de comportement. La fin de la Guerre froide n’a changé que très peu de choses à Washington. Les États-Unis (...) attendent toujours avec impatience un vrai débat national sur les moyens, les buts, et les coûts de nos politiques fédérales de sécurité. » [46].
Spécialisés dans l’étude des opérations clandestines de la CIA et des secrets de la Guerre froide, les chercheurs de l’institut de recherches privé et indépendant National Security Archive de l’université George Washington à Washington ont déposé une requête basée sur le Freedom of Information Act (FOIA) auprès de la CIA, le 15 avril 1991. D’après les termes de cette loi sur la liberté d’information, tous les services du gouvernement doivent justifier devant le peuple de la légalité de leurs actions. Malcolm Byrne, vice-directeur de recherche au National Security Archive, demandait à la CIA l’accès à « toutes les archives concernant (...) les décisions du gouvernement états-unien, probablement prises entre 1951 et 1955, concernant le financement, le soutien ou la collaboration avec toute armée secrète, tout réseau ou toute autre unité, créé dans le but de résister à une possible invasion de l’Europe de l’Ouest par des puissances sous domination communiste ou de mener des opérations de guérilla dans des pays d’Europe occidentale dans l’hypothèse où ceux-ci seraient sous l’emprise de partis ou de régimes communistes, de gauche ou soutenus par l’Union soviétique ». Byrne ajoutait : « Je vous prie d’inclure à vos recherches tout document se rapportant à des activités connues sous le nom d’"Opération Gladio", en particulier en France, en Allemagne et en Italie » [47].
Byrne précisait à juste titre que « tous les documents obtenus suite à cette requête contribueront à faire connaître au public la politique étrangère des États-Unis au cours de la période qui suivit la Seconde Guerre mondiale, ainsi que l’impact de la connaissance, de l’analyse et de l’acquisition du renseignement dans la politique états-unienne de l’époque ». Mais la CIA refusa de coopérer et, le 18 juin 1991, elle fournit la réponse suivante : « La CIA ne peut ni confirmer ni infirmer l’existence ou l’inexistence d’archives répondant aux critères de votre requête ». Quand Byrne tenta de contester le refus de l’Agence de lui fournir des informations sur Gladio, il fut débouté. La Centrale fonda son refus de coopérer sur deux exceptions "fourre-tout" à la loi sur la liberté d’information qui excluent les documents soit parce qu’ils sont « classés "confidentiel" conformément à une décision de l’Exécutif dans l’intérêt de la Défense nationale ou de la politique étrangère » (Exemption B1), soit au nom des « obligations statutaires du directeur de protéger la confidentialité des sources et méthodes de renseignement, telles que l’organisation, les fonctions, noms, titres officiels, revenus et nombre des employés de l’Agence, conformément aux National Security Act de 1947 et CIA Act de 1949 » (Exemption B3).
Quand les responsables européens tentèrent de se confronter au gouvernement secret, ils n’eurent guère plus de chance. En mars 1995, une commission du Sénat italien présidée par Giovanni Pellegrino qui avait mené une enquête sur Gladio et sur les attentats commis en Italie adressa une requête FOIA à la CIA. Les sénateurs italiens demandaient l’accès à toutes les archives relatives aux Brigades Rouges et à l’affaire Moro afin de découvrir si la CIA avait, dans le cadre du programme d’immixtion dans les affaires politiques internes du pays, infiltré le groupe terroriste d’extrême gauche avant qu’ils n’assassinent l’ancien Premier ministre et leader de la DCI Aldo Moro en 1978. Refusant de coopérer, l’Agence s’abrita derrière les clauses B1 et B3 et refusa, en mai 1995, tous les accès demandés en ajoutant que ça ne « confirmait ni n’infirmait l’existence ou l’inexistence dans les archives de la CIA des documents recherchés ». La presse italienne souligna le caractère embarrassant de ce refus et titra : « La CIA rejette la demande d’assistance de la Commission parlementaire. L’enlèvement de Moro, un secret d’État aux USA » [48].
La seconde demande de renseignements relatifs à Gladio émanant d’un gouvernement européen fut adressée à la CIA par le gouvernement autrichien en janvier 2006, après que des caches d’armes “top secrètes” aménagées par l’Agence à l’intention de Gladio aient été découvertes dans les alpages et les forêts du pays pourtant neutre. Des représentants du gouvernement américain répondirent que les États-Unis couvriraient les frais occasionnés par l’exhumation et la récupération de l’équipement des réseaux [49]. L’enquête autrichienne fut menée par les services du ministre de l’Intérieur Mickael Sika qui livra son rapport final sur les dépôts de munition de la CIA le 28 novembre 1997 en déclarant : « On ne peut établir aucune certitude quant aux caches d’armes et à l’usage auxquelles elles étaient destinées ». En conséquence de quoi : « Afin de faire toute la lumière sur cette affaire, il serait nécessaire de disposer des documents s’y rapportant, et notamment ceux abrités aux États-Unis » [50]. Un membre de la Commission, Oliver Rathkolb de l’université de Vienne, déposa donc une requête en FOIA dans le but d’obtenir l’accès aux archives de la CIA. Mais en 1997, le comité de divulgation de l’Agence opposa un nouveau refus motivé par les mêmes exemptions B1 et B3 qui laissa aux Autrichiens l’amère impression que l’agence américaine n’était tenue de rendre des comptes auprès de personne.
Étant donné que c’est là l’unique moyen d’accéder aux archives relatives à Gladio, nous déposâmes le 14 décembre 2000 une requête en FOIA auprès de la CIA. Deux semaines plus tard, nous reçûmes une réponse évasive à notre demande « se rapportant à l’"Opération Gladio" » : « La CIA ne peut ni confirmer ni infirmer l’existence ou l’inexistence de documents correspondant à votre requête ». En invoquant les clauses restrictives B1 et B3, la coordinatrice chargée de l’information et des questions de respect de la vie privée Kathryn I. Dyer nous refusa l’accès aux informations sur l’Opération Gladio [51]. Nous fîmes appel de cette décision en rétorquant que : « Les documents retenus doivent être publiés en vertu de la loi FOIA sur la liberté d’expression car les clauses B1 et B3 ne peuvent s’appliquer qu’à des opérations de la CIA encore tenues secrètes ». En produisant les données recueillies au cours de nos recherches, nous prouvâmes que ce n’était plus le cas et conclûmes : « Si vous, Mme Dyer, invoquez les clauses restrictives B1 et B3 dans ce contexte, vous privez la CIA de la possibilité de s’exprimer sur des informations relatives à l’affaire Gladio, qui seront de toute façon révélées, que la CIA décide d’intervenir ou non » [52].
En février 2001, l’Agence nous répondit : « Votre appel a été accepté et des dispositions seront prises pour qu’il soit examiné par les membres du comité de divulgation de l’Agence. Vous serez informé de la décision rendue. » Dans le même temps, la CIA précisa que cette commission traitait les demandes en fonctions de leur date de dépôt et que « en ce moment, nous avons à examiner environ 315 appels » [53]. Notre requête portant sur le réseau Gladio fut ainsi mise en attente et rangée en bas de la pile. Au moment de la rédaction de cet ouvrage, la commission n’avait toujours pas rendu son avis [54].
Après l’OTAN et la CIA, la troisième principale organisation impliquée dans l’opération stay-behind était le MI6. Celui-ci ne prit pas position sur l’affaire Gladio en 1990 en raison d’une légendaire obsession du secret, l’existence de cette Agence elle-même ne fut officiellement admise qu’en 1994, avec la publication de l’Intelligence Services Act qui établit que l’organisation avait pour missions d’obtenir du renseignement et d’exécuter des opérations secrètes à l’étranger.
Tandis que l’exécutif britannique et le MI6 se refusaient à tout commentaire, Rupert Allason, membre du parti conservateur, rédacteur de l’Intelligence Quarterly Magazine sous le pseudonyme de Nigel West et auteur de plusieurs ouvrages sur les services de sécurité britanniques, confirma, en novembre 1990, au plus fort du scandale Gladio, lors d’un entretien téléphonique accordé à Associated Press : « Nous étions, et sommes toujours, fortement impliqués (...) dans ces réseaux ». West expliqua que la Grande-Bretagne «  a bien entendu participé, aux côtés des États-uniens, au financement et au commandement » de plusieurs réseaux et qu’elle était également engagée dans le cadre de la collaboration entre le MI6 et la CIA : « Ce sont les agences de renseignement britanniques et états-uniennes qui sont à l’origine du projet ». West affirma qu’à partir de 1949, l’action des armées stay-behind avait été coordonnées par la Structure de Commandement et de Contrôle des Forces Spéciales de l’OTAN au sein desquelles le Special Air Service (SAS) jouait un rôle stratégique [55].
« La responsabilité de la Grande-Bretagne dans la mise en place des réseaux stay-behind dans toute l’Europe est absolument fondamentale », rapporta la BBC avec un certain retard dans son édition du soir du 4 avril 1991. Le présentateur des informations John Simpson accusa le MI6 et le ministère de la Défense britannique de ne pas divulguer toutes les informations dont ils disposaient sur le sujet « alors que les révélations sur Gladio ont entraîné la découverte d’armées stay-behind dans d’autres pays européens - en Belgique, en France, aux Pays-Bas, en Espagne, en Grèce et en Turquie. Même dans des pays neutres comme la Suède et la Suisse, cela a donné lieu à un débat public. Dans certains cas, des enquêtes officielles ont été diligentées. En revanche, en Grande-Bretagne, toujours rien. Rien que les habituels communiqués du ministère de la Défense qui ne souhaite pas commenter les questions de Sécurité nationale » [56]. Simpson déclara qu’après la chute du Mur de Berlin les Britanniques avaient pris connaissance des complots et des opérations de terrorisme ourdis par la Stasi, la Securitate et d’autres services secrets d’Europe de l’Est avec une horreur mêlée de fascination. « Se peut-il alors que notre camp se soit livré à des actions comparables ? Jamais ! » commenta-t-il avec ironie avant d’attirer l’attention sur les services de sécurité d’Europe occidentale : « Mais des informations commencent à présent à filtrer concernant des abus qui auraient été commis par la plupart des services secrets des membres de l’OTAN. En Italie, une commission parlementaire a été chargée d’enquêter sur les agissements d’une armée secrète créée par l’État dans le but de résister à une éventuelle invasion soviétique. L’enquête a permis de découvrir l’existence de forces armées clandestines similaires dans toute l’Europe. Mais le groupe italien, connu sous le nom de Gladio, est, lui, soupçonné d’avoir participé à une série d’attentats terroristes » [57].
La BBC ne put obtenir aucune réaction des responsables du gouvernement sur le scandale Gladio, la confirmation officielle de l’implication du MI6 ne vint que des années plus tard et dans un cadre plutôt inhabituel : un musée. En juillet 1995, une nouvelle exposition permanente baptisée « Les guerres secrètes » fut inaugurée à l’Imperial War Museum de Londres. « Tout ce que vous pouvez voir dans cette exposition fait partie des secrets les mieux gardés du pays », assurait-on aux visiteurs à l’entrée. « C’est la première fois qu’ils sont dévoilés au public. Et le plus important : tout est véridique... la réalité est bien plus incroyable et passionnante que la fiction. » Sur l’une des vitrines consacrées au MI6, un commentaire discret confirmait que : « Les préparatifs en vue d’une Troisième Guerre mondiale incluaient la création de commandos stay-behind parés à opérer derrière les lignes ennemies dans le cas d’une invasion soviétique de l’Europe de l’Ouest ». Dans la même vitrine, une grosse caisse pleine d’explosifs était accompagnée de la légende suivante : « Explosifs conçus spécialement par le MI6 pour être cachés dans des territoires susceptibles de passer à l’ennemi. Ils pouvaient rester enterrés pendant des années sans subir la moindre altération. » À côté d’un manuel consacré aux techniques de sabotage pour commandos stay-behind, on pouvait lire : « Dans la zone d’occupation britannique en Autriche, des officiers de la Marine Royale furent spécialement détachés pour aménager des caches d’armes en montagne et collaborer avec des agents recrutés sur place » [58]
D’anciens officiers du MI6 interprétèrent à juste titre cette exposition comme un signe qu’ils étaient à présent libres de s’exprimer sur l’Opération Gladio. Quelques mois après l’inauguration, les anciens officiers de la Marine Royale Giles et Preston, les seuls agents du MI6 dont les noms étaient cités dans l’exposition à côté d’une photographie prise « dans les Alpes autrichiennes, 1953-1954 », confirmèrent à l’écrivain Michael Smith qu’à la fin des années quarante et au début des années cinquante, États-uniens et Britanniques avaient recruté des unités stay-behind en Europe de l’Ouest en prévision d’une invasion soviétique. Giles et Preston furent envoyés à Fort Monckton, non loin de Portsmouth en Angleterre, où les Gladiateurs partageaient l’entraînement des SAS sous l’égide du MI6. Ils étaient formés au cryptage, au maniement des armes à feu et aux opérations secrètes. « On nous faisait faire des exercices, sortir au beau milieu de la nuit et faire semblant de faire exploser des trains sans que le chef de gare ou les porteurs ne nous repèrent », se souvint Preston. « On approchait en rampant et on faisait semblant de fixer des charges explosives sur le côté droit de la locomotive » [59]
Giles se remémora avoir pris part à des opérations de sabotage sur des trains britanniques en service comme, par exemple, l’exercice qui eut lieu à la gare de triage d’Eastleigh : « Nous déposions des briques dans les locomotives pour simuler des pains de plastic. Je me rappelle les files et les files de wagons, entièrement recouverts d’une épaisse couche de neige, arrêtés là au milieu des nuages de vapeur. Des soldats patrouillaient avec des chiens. À un moment donné, les gardes se sont approchés, j’ai alors dû me cacher entre les cylindres des locomotives et attendre qu’ils passent. Nous ôtions aussi le bouchon des réservoirs d’huile des essieux pour y verser du sable, ce qui avait pour conséquence, au bout de quelques dizaines de kilomètres, de les faire tous surchauffer » [60]. Le fait qu’il s’agisse de trains publics en service ne semblait pas gêner les deux agents : «  Ce n’était pas mon problème », expliqua Giles, « nous ne faisions que jouer ». « J’ai dû arpenter Greenwich pendant 10 jours pour apprendre à filer des gens et à semer ceux qui me filaient, la réalité concrète du boulot d’espion », raconta Preston. Puis, ils furent envoyés en Autriche avec pour mission de recruter et de former des agents et supervisèrent le réseau de « bunkers souterrains remplis d’armes de vêtements et de matériel » mis en place par « le MI6 et la CIA » à destination du Gladio autrichien [61] En visitant le quartier général du MI6 sur les bords de la Tamise à Londres en 1999, il ne fut pas surpris outre mesure d’apprendre que le MI6 a pour règle de ne jamais évoquer les secrets militaires.
(À suivre…)




Daniele Ganser
Historien suisse, spécialiste des relations internationales contemporaines. Il est enseignant à l’Université de Bâle.





Cet article constitue le troisième chapitre des Armées secrètes de l’OTAN
© Version française : éditions Demi-lune (2007).

 


[1] Quotidien britannique The European du 9 novembre 1990.
[2] Ibid. Il semble que le représentant de l’OTAN qui apporta le rectificatif soit Robert Stratford. Voir Regine Igel, Andreotti. Politik zwischen Geheimdienst und Mafia (Herbig Verlag, Munich, 1997), p.343.
[3] Quotidien britannique The Observer du 18 novembre 1990.
[4] Quotidien britannique The Guardian du 10 novembre 1990.
[5] Ibid., 30 janvier 1992.
[6] Ibid., 16 janvier 1991.
[7] Agence de presse internationale Reuters, 15 novembre 1990.
[8] Aucun auteur spécifié, « Gladio. Un misterio de la guerra fria. La trama secreta coordinada por mandos de la Alianza Atlantica comienza a salir a la luz tras cuatro decadas de actividad » dans le quotidien espagnol El Pais du 26 novembre 1990.
[9] Aucun auteur spécifié, « El servicio espanol de inteligencia mantiene estrechas relaciones con la OTAN. Serra ordena indagar sobre la red Gladio en Espana » dans le quotidien espagnol El Pais du 16 novembre 1990.
[10] Erich Schmidt Eenboom, Schnüffler ohne Nase. Der BND. Die unheimliche Macht im Staate (Econ Verlag, Düsseldorf, 1993), p.365.
[11] Quotidien portugais Expresso du 24 novembre 1990.
[12] Ibid.
[13] Agence de presse internationale Reuters, 13 novembre 1990. Quotidien britannique The Independent du 16 novembre 1990.
[14] Agence de presse internationale Associated Press, 14 novembre 1990. Agence de presse internationale Reuters, 12 november 1990. Agence de presse internationale Reuters, 15 novembre 1990.
[15] Hebdomadaire britannique The Independent on Sunday du 21 juin 1998. Critique d’un ouvrage sur Nixon (Nixon in Winter) par l’ancienne assistante de Nixon : Monica Crowley.
[16] Ils furent :
1951–1952 Gén. Dwight D Eisenhower, US Army ;
1952–1953 Gén. Matthew B Ridgway, US Army ;
1953–1956 Gén. Alfred M Gruenther, US Army ;
1956–1962 Gén. Lauris Norstad, US Air Force ;
1963–1969 Gén. Lyman L Lemnitzer, US Army ;
1969–1974 Gén. Andrew J Goodpaster, US Army ;
1974–1979 Gén. Alexander M Haig Jr, US Army ;
1979–1987 Gén. Bernard W Rogers, US Army ;
1987–1992 Gén. John R Galvin, US Army ;
1992–1993 Gén. John M Shalikashvili, US Army ;
1993–1997 Gén. George A Joulwan, US Army ;
1997–2000 Gén. Wesley K. Clark, US Army.
2000-2003 Gén. Joseph Ralston, US Air Force ;
2003-2006 Gén. James L. Jones, US Marine Corps ;
2006-2009 Gén. Bantz J. Craddock, US Army ;
2009- Am. James G. Stavridis, US Navy.
[17] Jonathan Kwitny, « The CIA’s Secret Armies in Europe » dans The Nation, 6 avril 1992, p.445.
[18] Hebdomadaire allemand Der Spiegel, n°47, p.20, 19 novembre 1990.
[19] Pietro Cedomi, « Services Secrets, Guerre Froide et ‘stay-behind’ Part III. Répertoire des réseaux S/B » dans le périodique belge Fire ! Le Magazine de l’Homme d’Action, novembre/ décembre 1991, p.82.
[20] Commission d’enquête parlementaire sur Gladio, tel que résumé dans le périodique britannique Statewatch, janvier/février 1992.
[21] Philip Willan, Puppetmasters : The Political Use of Terrorism in Italy (Constable, Londres, 1991), p.27.
[22] Arthur Rowse, « Gladio : The Secret US War to subvert Italian Democracy » dans Covert Action Quarterly, n°49, Été 1994, p.3.
[23] Extrait de Willan, Puppetmaster, p.27.
[24] Mario Coglitore (ed.), La Notte dei Gladiatori. Omissioni e silenze della Repubblica (Calusca Edizioni, Padoue, 1992), p.34. « L’existence des protocoles secrets de l’OTAN est un fait avéré car de Gaulle les a dénoncés explicitement le 7 mars 1966 et le Parlement de la RFA a récemment admis qu’ils existaient » (ibid.).
[25] Périodique britannique Searchlight, janvier 1991.
[26] Paolo Inzerili, Gladio. La Verità negata (Edizioni Analisi, Bologne, 1995), p.61.
[27] Inzerilli, Gladio, p.62.
[28] Gerardo Serravalle, Gladio (Edizione Associate, Rome, 1991), p.78.
[29] Ibid., p.78.
[30] Commission d’enquête parlementaire sur Gladio, tel que résumé dans le périodique britannique Statewatch, janvier/février 1992.
[31] Inzerilli, Gladio, p.63.
[32] Ibid.
[33] Michel Van Ussel : Georges 923. Un agent du Gladio belge parle. Témoignage (Éditions La Longue Vue, Bruxelles, 1991), p.139.
[34] Inzerilli, Gladio, p.64.
[35] Courriel d’Anne-Marie Smith du service des archives de l’OTAN à l’auteur, 18 août 2000.
[36] Lettre du chef de la mission suisse à l’OTAN, l’ambassadeur Anton Thalmann, à l’auteur, datée du mai 2001.
[37] Lettre de Lee McClenny, responsible du service de relation presse et médias de l’OTAN, à l’auteur, datée du 2 mai 2001.
[38] Ibid.
[39] Presidential Directive, National Security Decision Memorandum 40, Responsibility for the Conduct, Supervision and Coordination of Covert Action Operations, Washington February 17 1970. Signed : Richard Nixon.
[40] Pour découvrir un historique complet des opérations secrètes de la CIA dans le monde depuis 1945, voir William Blum : Killing Hope. US Military and CIA interventions since World War II (Common Courage Press, Maine, 1995). Version française : Les Guerres scélérates (Parangon, 2004).
[41] Source : www.terrorism.com
[42] Les trois commissions étaient la Commission du Sénat présidée par Frank Church, la Commission de la Chambre des Représentants présidée par Ottis Pike et la Commission Murphy du Président Ford.
1. Report of the House Select Committee on Intelligence[Pike Committee], Ninety-fourth Congress, Publié par Village Voice, New York City, février 1976.
2. Report of the Commission on the Organization of the Government for the Conduct of Foreign Policy [Murphy Commission], US Government Printing Office, Washington DC, June 1975.
3. Final Report, of the United States Senate Select Committe to Study Governmental Operations with Respect to Intelligence Activities [Church Committee], US Government Printing Office, Washington DC, April 1976.
Celui qui peut être considéré comme le meilleur des trois rapports, le Rapport final de la Commission Sénatoriale d’Enquête sur les Opérations du Gouvernement en matière de Renseignement, se compose de six volumes. Le premier traite du « Renseignement Extérieur et Militaire, de la CIA, des opérations secrètes et la question du contrôle démocratique des services secrets ». Dans le second volume, intitulé « Activités de Renseignement et Droits des Citoyens États-uniens » le rapport Church révèlent de quelle manière la NSA et le FBI ont violé la vie privée des citoyens états-uniens. Le troisième volume, intitulé « Rapports Internes Complémentaires sur les Activités de Renseignement et les Droits des Citoyens États-uniens », prolonge l’analyse du précédent et affirme que « contre-espionnage » est une appellation impropre pour « opération clandestine intérieure ». Le quatrième volume, intitulé « Rapports Internes Complémentaires sur le Renseignement Extérieur et Militaire » présente un historique de la CIA de 1946 à 1975. Le cinquième volume, intitulé « L’Assassinat du Président John F. Kennedy et le Travail des Agences de Renseignement », tente d’établir si les services secrets US ont ou non conspiré pour entretenir le secret autour de l’assassinat de JFK. Le dernier volume, intitulé « Rapports Complémentaires sur les Activités de Renseignement », traite de l’évolution historique et de l’organisation de la capacité de renseignement nationale de 1776 à 1976.
Des extraits de ces rapports ont été publiés en français sous le titre Les Complots de la CIA. Manipulations et assassinats (Stock, 1976).
[43] Kathryn Olmsted, Challenging the Secret Government : The Post-Watergate Investigations of the CIA and FBI (University of North Carolina Press, Chapelhill, 1996), p.9.
[44] Quotidien britannique The Independent du 1er décembre 1990.
[45] Jonathan Kwitny, « The CIA’s Secret Armies in Europe » dans The Nation , 6 avril 1992, p.445.
[46] Arthur Rowse, « Gladio. The Secret US War to Subvert Italian Democracy » dans Covert Action Quarterly, n°49, Été 1994.
[47] Requête FOIA : « L’Operation ‘Gladio’ de la CIA », déposée par Malcolm Byrne le 15 avril 1991. Requête FOIA n° 910113.
[48] Quotidien italien Corriere della Sera du 29 mai 1995.
[49] Magazine politique autrichien Zoom, n° 4/5, 1996 : « Es muss nicht immer Gladio sein. Attentate, Waffenlager, Erinnerungslücken », p.6.
[50] Bericht betreff US Waffenlager. Oesterreichisches Bundesministerium für Inneres. Generaldirektor für die öffentliche Sicherheit. Mag. Michael Sika. 28 novembre 1997. Vienne, p.10.
[51] Lettre datée du 28 décembre 2000 et adressée par la CIA à l’auteur concernant la requête FOIA F-2000-02528 portant sur l’opération Gladio.
[52] Lettre datée du 23 janvier 2001 et adressée par l’auteur à Mme Dyer de la CIA.
[53] Lettre datée du 7 février 2001 et adressée par la coordinatrice des questions d’information et de respect de la vie privée Kathryn I. Dyer à l’auteur.
[54] Au moment de la mise sous presse de l’édition française, soit 6 ans après la demande, l’auteur attend toujours… (Note de l’éditeur)
[55] Agence de presse internationale Associated Press, 14 novembre 1990.
[56] Télévision britannique. BBC Newsnight, 4 avril 1991, 22 h 30. Reportage du journaliste Peter Marshall sur Gladio.
[57] Ibid.
[58] Imperial War Museum, Londres. Exposition sur les Guerres Secrètes. Visitée par l’auteur le 20 mai 1999. Le 4 juin 1999, l’auteur rencontra Mark Siemens, du département de recherche du musée et en charge de l’exposition sur les Guerres Secrètes, qui souligna que l’unité secrète SOE, créée pendant le Seconde Guerre mondiale, était le prédécesseur des stay-behinds Gladio. L’auteur ne parvint à obtenir du MI6 aucune information supplémentaire sur le phénomène.
[59] Michael Smith, New Cloak, Old Dagger : How Britain’s Spies Came in from the Cold (Gollancz, Londres, 1996), p.117. Basé sur des entretiens avec Simon Preston le 11 octobre 1995 et Michael Giles le 25 octobre 1995.
[60] Smith, Dagger, p.117.
[61] Ibid., p.118.

http://www.voltairenet.org/article162763.html http://www.voltairenet.org/article162763.html

Sécu : l’eugénisme économique

Publié le 05/11/2009 à 10:35 par djamazz
Sécu : l’eugénisme économique

 

Olivier Bonnet Mercredi 4 Novembre 2009


Sécu : l’eugénisme économique

Adopté hier à l’Assemblée nationale, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale entérine la baisse du taux de remboursement de 35% à 15% d’une centaine de médicaments - que les mutuelles ont annoncé ne pas pouvoir prendre en charge - et la hausse du forfait hospitalier de 16 à 18 euros. Il ne touche pas aux 31,5 sjmilliards d’euros d’exonérations de cotisations patronales en 2010. L’occasion de relire l’entretien publié par l’édition papier de La Provence du 17 septembre dernier avec Serge Jacquet, président des mutuelles France-Sud. Il ne mâche pas ses mots sur l’augmentation du forfait hospitalier : "Pour nous, c’est une aberration totale. Nous avons toujours été contre ce forfait journalier du temps où il était à 20 francs, nous le sommes encore aujourd’hui qu’il s’élève à 16 euros et vous imaginez bien que nous le serons plus encore demain (...). Imaginez : une personne qui est hospitalisée pendant un mois devra payer 600 euros de forfait(il part à l’époque de l’hypothèse d’un forfait à 20 euros. A 18, ça représente 540 euros, NdA). Beaucoup ne peuvent se le permettre. Envisager cette mesure, comme celle du déremboursement de certains médicaments, repose à chaque fois le problème endémique du déficit de la Sécurité sociale." Ne sortez pas tout de suite les fourches, camarades, à l’évocation du fameux "trou" dont la propagande néolibérale nous enseigne constamment qu’il prouve que l’on ne peut plus s’offrir une Sécu solidaire. Sans évidemment aborder la question du financement, comme si celui-ci, tel qu’il est actuellement, ne pouvait être remis en question. Typique des adeptes de Tina (pour there is no alternative) : avec des présupposés faux, on justifie ses choix politiques en invoquant une mensongère inéluctabilité. Et malheureusement, la thèse porte dans l’opinion : le vieillissement de la population fournit aux fossoyeurs* de la Sécu un argument de poids. Alors qu’il faut poser le problème dans le bon sens : c’est le devoir de l’Etat de garantir que la société ne laisse pas crever ses faibles, donc il doit s’en donner les moyens. Tina répond : "c’est impossible, les caisses sont vides". Mais lesquelles ? Il nous semble que certaines sont bien pleines... Revenons à ce que dit Serge Jacquet : "Il faut revoir complètement le système des cotisations. Ne plus les récupérer sur la seule masse salariale mais sur la totalité des plus values des entreprises. Lorsque les entreprises dégraissent, la masse salariale diminue, les recettes de la Sécu aussi. Mais ce n’est pas pour autant que ces mêmes entreprises ne font plus de profit. En fait, le problème n’est pas dans les dépenses mais dans les recettes" (lire à ce sujet Les charognards de la sécu).



Le dogme de Tina veut qu’on ne touche pas aux entreprises : sur elles est censée reposer la régulation sociale pour le bien du plus grand nombre. Contre l’évidence : la redistribution des richesses par les entreprises est tout sauf équitable, les bénéfices étant accaparés par les actionnaires et grands dirigeants tandis que la majorité n’en voit qu’une portion de plus en plus congrue. Bonus, caviar et champagne pour l’oligarchie, pain noir pour le peuple. Résultat ? "Il y a de plus en plus de Français qui renoncent à prendre une couverture complémentaire car ils n’ont plus les moyens financiers de l’assumer, constate Serge Jacquet. On estime aujourd’hui que 8% de la population ne bénéficie pas d’une mutuelle, c’est un pourcentage énorme." Sans mutuelle, on ne peut plus se soigner. Mesure après mesure - dont les franchises médicales ne sont pas les moins scandaleuses -, nos gouvernants ont patiemment rogné les remboursements. La logique de ce système n’aboutit ni plus, ni moins qu’à instaurer un eugénisme économique : les privilégiés accèdent aux soins et les victimes de la guerre des classes*, s’ils tombent malades ou ont un accident, n’ont plus qu’à mourir. Dans cette société où la valeur d’un individu se mesure à son pouvoir d’achat, les pauvres ne méritent pas de vivre.



PS : L’illustration ci-dessus est l’oeuvre du dessinateur Goubelle.

couvcouv* Relire les excellents ouvrages de notre ami Christian Lehmann, Les fossoyeurs, et de François Ruffin, La guerre des classes. Qui met en exergue la phrase suivante : « La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter. » Warren Buffett, première fortune mondiale.


http://www.plumedepresse.info/ http://www.plumedepresse.info/

Objectif du G20 en Ecosse: destruction du Dollar

Publié le 05/11/2009 à 10:33 par djamazz
Objectif du sommet du G20 en Ecosse: destruction du Dollar

 

Mercredi 4 Novembre 2009


Objectif du sommet du G20 en Ecosse: destruction du Dollar
L’auteur de best-sellers, Daniel Estulin, a déclaré que le sujet clé à discuter cette semaine au sommet du G20, réunissant les Ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays du G20, à Saint Andrews, en Ecosse, est de déterminer comment  libérer le système actuel financier mondial de l’emprise du dollar US. Estulin a déjà parlé de cette initiative, comme étant déjà décidé lors de la dernière réunion des Bilderberg en Grèce en Mai 2009. Estulin a indiqué que le succès ou l'échec de ce plan sensible, s'articule sur la capacité des représentants des USA et du Royaume-Uni, à convaincre les Russes, les Chinois et les autres gouvernements de suivre leur plan.  
 
 Estulin maintient que si les Co-conspirateurs réussissent, une telle dévaluation soudaine du dollar US aurait pour conséquence la destruction de l'économie mondiale par un effondrement en chaîne du système financier mondial. Comme discuté lors de la réunion secrète du groupe de Bilderberg en Mai, cet effondrement sera alors utilisé comme prétexte pour lancer un nouveau système monétaire mondial. Les leaders du G20 sont conscients que ceux qui dirigent les marchés monétaires, le système monétaire, contrôlent le monde.
C'est pourquoi aujourd'hui, le monde est dirigé par un système monétaire reposant sur une devise unique dominante et non pas sur des systèmes de crédit national.  
 
 Un effondrement provoquant une grave crise affecterait chaque coin du monde et serait un prélude à l'instabilité, aux guerres et à une hostilité sur le plan financier, géographique et géopolitique, n’affectant pas seulement certains pays en particulier mais aussi les sociétés, les cultures et des continents entiers. Un tel effondrement pourrait avoir pour conséquence la consolidation du système monétaire mondial.  
 
 Estulin a déclaré que la création d’une nouvelle devise mondiale est le véritable sens de la globalisation, qui n'est rien d’autre qu'un empire.
C'est l'élimination des États-nation, la dégradation des différentes libertés nationales et la dépravation des droits civiques.  
 
 Détruire le dollar US, tout d'abord, est une attaque contre la structure de l'économie Américaine vers la création d’une « World Company. » Ce concept, énonce Estulin, a été initialement discuté lors de la réunion du groupe de Bilderberg en Avril 1968, au Canada, au Mont Trembland, par George Ball, banquier sénior de Lehman Brothers et ancien sous-secrétaire aux affaires économiques auprès des Présidents John Kennedy et Lyndon Johnson.
 
 Le but de cette World Company, comme l’a expliqué Ball était « d'éliminer la structure politique archaïque, que sont les États-nation » en faveur d’une structure « moderne » plus corporative. Ball a également appelé à davantage d'intégration politique en Europe, et puis dans le reste du monde, comme condition préalable pour étendre la puissance d'une « World Company », mettant de ce fait les financiers au même niveau que les gouvernements.  
 
 Cette Initiative, l'éloignement du dollar US en tant que devise mondial, est le véritable but de la réunion du G20 du 6-7 Novembre à Saint Andrews en Ecosse, l'emplacement de la conférence de Bilderberg de 1998, a déclaré Estulin.
 
Traduction Alter Info

http://www.infowars.com/estulin-g-20-meeting-in-scotland-this-week-about-dumping-u-s-dollar/

Le CFR veut effrayer... et inciter à prendre le vaccin

Publié le 05/11/2009 à 10:31 par djamazz
Le CFR veut effrayer les gens pour les inciter à prendre le vaccin

Visiblement les efforts de la communauté internationale pour donner l'ensemble de l'information aux gens concernant le vaccin, a bien fonctionné. Du moins, c'est ce que semble dire les pontes du CFR, qui redoublent d'effort dans leur travail de propagande et de mensonge pour inciter les gens à prendre le vaccin.

Mercredi 4 Novembre 2009


Le CFR veut effrayer les gens pour les inciter à prendre le vaccin
Un enregistrement d'un récent colloque de Conseil aux Affaires Étrangères
(CFR) révèle des participants discutant des moyens et de la manière d'obliger le public à prendre le vaccin contre la grippe H1N1, malgré la croissante résistance des masses concernant sa sûreté.  
 
 L'enregistrement date du 16 Octobre, lors d’un colloque du CFR à New York, intitulé : Pandémie de grippe: Science, Economies, et Politique Etrangère.  
 
 http://www.cfr.org/project/1442/cfr_symposium_on_pandemic_influenza.html
 
 La réunion s'est tenue afin de promouvoir un consensus politique à présenter au gouvernement fédéral concernant la soi-disant pandémie de grippe porcine.  
 
 Dans l’assemblé figurait des professeurs et des médecins de plusieurs Universités et Facultés de Médecine influentes, avec les représentants des médias de Science Magazine, The Canadian Press et The Financial Times.  
 
 D'autres participants notables incluant Robert E. Rubin, ancien Secrétaire au Trésor Américain et co-président en poste du CFR, John Lange, dirigeant sénior du programme de Santé Global du Bill and Melinda Gates Foundation.  
 
 Dans une partie de la discussion (voir la transcription) pour déterminer si oui ou non le vaccin devait être rendu obligatoire pour les professionnels de la santé et les écoliers, Lone Simonsen, professeur de recherches et directeur de recherche au Département de Santé Globale, Université George Washington, a suggéré de créer une pénurie artificielle afin de fabriquer une demande pour le vaccin.  
 
 Transcript :
http://www.cfr.org/publication/20442/session_i_of_a_council_on_foreign_relations_symposium_on_pandemic_influenza.html

 
 « Je pense que ce qui fonctionnerait le mieux serait de dire qu'il y a une pénurie et les gens tendront plus à acheter quelque chose qui est demandé.
(Rire.) Nous avons vu que - il y a eu une saison où, vraiment, les gens ont fait la queue toute la nuit pour obtenir un vaccin contre la grippe. » a dit Simonsen, plus pour amuser les autres participants du colloque. (ironisant sur les gens qui font actuellement la queue pour le vaccin)
 
 L'enregistrement entier est sur le site Web du CFR :
http://www.cfr.org/publication/20439/pandemic_influenza.html
 
 , mais une version apparaît dans la courte vidéo suivante :
 
[http://www.youtube.com/watch?v=ImeSieEZDdU&feature=player_embedded]url: http://www.youtube.com/watch?v=ImeSieEZDdU&feature=player_embedded
   
 Ce que l’on peut y entendre est certainement très intéressant, étant donné que les médias conventionnels sont actuellement en train d’exagérer, de façon effréné, la pénurie de vaccin et des reportages sont diffusés tous les jours montrant des milliers de personnes se faisant recaler des cliniques.  
   
 http://www.cbc.ca/canada/story/2009/11/02/f-viewpoint-cassels.html
 
 Tout ceci malgré le fait que plusieurs sondages scientifiques ont enregistré que plus de 60% d'Américains ont indiqué qu’ils ne veulent pas être vaccinés car ils croient que le vaccin est peu sûr et non testé.  
 
 http://infowars.net/articles/october2009/221009Vaccinations.htm
 
 Dans une autre partie de la discussion, Andrew Jack, correspondant pharmaceutique pour The Financial Times compare les personnes circonspectes du vaccin aux extrémistes politiques :  
 
 « Je pense que nous sommes tous conscient que le mouvement anti-vaccin a beaucoup travaillé sur Internet et sur des moyens de communication comme Fox News, causant des réductions dans la prise du vaccin et cela semble être une alliance assez profane entre l’ultra droite et l’ultra gauche, travaillant ensemble dans une sorte de pacte Hitler-Stalin.» a déclaré Jack, provoquant encore des rires parmi les autres délégués.  
 
 « Je ne suis pas sûr que nous controns correctement ces personnes. » a conclu Jack avant de proposer que le CFR sorte de petites phrases pour marquer les esprits (faibles), comme dire qu’il y a plus de mercure dans un sandwich au thon que dans le vaccin H1N1, afin de convaincre « les fous »que le vaccin est sûr.  
 
 Le fait est que personne ne s’'injecte directement un sandwich au thon dans les veines. L’augmentation de 1500% de l'autisme depuis 1991 est directement liée au thimerosal des vaccins ou aux sandwichs au thon ?  
 
http://www.prisonplanet.com/autism-explodes-as-childhood-vaccines-increase.html
 
 M. Jack propose de suivre l'exemple du New York Times pour dissiper les soi-disant « mythes » concernant le vaccin – ce qui n’est pas une sage décision étant donné que leurs pauvres efforts ont déjà été complètement démystifiés et retournés.
 
 http://infowars.net/articles/october2009/161009Propaganda.htm
 
Traduction Alter Info
 
 
http://www.prisonplanet.com/cfr-recording-suggests-creating-false-scarcity-to-drive-up-demand-for-h1n1-vaccine.html

le PM Ukrainien joue sur la peur pour... les élections

Publié le 05/11/2009 à 08:54 par djamazz
le PM Ukrainien joue sur la peur pour remporter les élections
Mercredi 4 Novembre 2009


le PM Ukrainien joue sur la peur pour remporter les élections
Le gouvernement a surréagi  à la manifestation de grippe porcine en Ukraine, pour donner l'avantage  au Premier Ministre, Yulia Tymoshenko, aux prochaines élections présidentielles, a déclaré un rival de Tymoshenko Lundi.  
 
 La panique déclenchée par la décision du gouvernement de déclarer cet événement comme une menace importante, a servi à éclipser les récents scandales impliquant des fidèles de Tymoshenko, a déclaré Arseniy Yatseniuk, le 3ième candidat à la présidentielle.  
 
 « Cela fait fait partie de la campagne politique, » a dit Yatseniuk dans une interview avec ICTV. « Le principal est d'obtenir le bureau présidentiel.
Tous les efforts et ressources ont été jetés pour ce but. »  
 
 Au moins 71 personnes, dans des régions occidentales de l'Ukraine, ont été tuées par la grippe porcine au cours des trois dernières semaines, mais le nombre de mort plane apparemment autour des niveaux habituellement connus avec la grippe saisonnière.  
 
 Oleksandr Bilovol, adjointe au Ministre de la Santé, a indiqué Lundi que la manifestation de grippe a été essentiellement contenue dans 11 régions sur 25 en Ukraine, avec un nombre de cas seulement 15% supérieur aux années précédentes.  
 
 « Les chiffres dans les autres régions sont en conformité avec ceux de 2007 et 2008, » a dit Bilovol.  
 
 Le gouvernement de Tymoshenko a déclaré Vendredi la manifestation de grippe comme menace de niveau 3 – la plus haute possible - pour ouvrir un budget de 3 milliards de hryvnias pour combattre la grippe porcine.  
 
 D’autres mesures ont été prises impliquant la fermeture des écoles et l’interdiction des rassemblements publiques pour trois semaines à travers toute l'Ukraine, et le gouvernement envisage également de mettre des restrictions dans les mouvements de personnes entre les régions.  
 
 Les mesures, les plus sévères au monde,  contrastent totalement avec celles des autres pays d’Europe Orientale, qui font face à des défis similaires, ont déclaré les analystes.  
 
 Margaret Chan, Directeur Général de l'Organisation Mondiale de la Santé, qui traque la grippe porcine à l’international, voit la pandémie comme étant « modérée » pour la majorité écrasante de patients, éprouvant seulement des symptômes doux et un rétablissement complet, la plupart du temps en l'absence même de traitement médical.
 
 Yatseniuk a dit que l'interdiction des rassemblements publiques propage la peur et la panique, aidant Tymoshenko à se vendre à la télévision, tout en gênant la compagne des autres candidats à la présidentielle.  
 
 Yatseniuk est le plus grand rival de Tymoshenko, étant donné que tout deux sont en concurrence pour les voix des régions occidentales de l'Ukraine. Il est sans doute le seul candidat qui puisse challenger Tymoshenko lors du premier tour du 17 janvier 2010, pour ensuite faire une coalition avec le Chef de l'opposition, Viktor Yanukovych, lors du 2ieme tour.  
 
 Les intentions de vote pour Yatseniuk ne cessent de chuter au cours des mois passés, suggérant que Tymoshenko a gagné les votes des électeurs des régions occidentales.  
 
 « Pourquoi la manifestation du virus inconnu a-t-elle juste lieu dans les quatre régions occidentales ? Parce que ce sont les quatre régions représentant le véritable champ de bataille pour les élections, » a déclaré Yatseniuk.  
 
 Il a indiqué que la panique diffusée par le gouvernement, contribue à mettre de côté les problèmes politiques qui nuisent à Tymoshenko, y compris le cas de pédophilie et les scandales de meurtre impliquant des députés du camp de Tymoshenko, et les faibles performances économiques de l'Ukraine provoquées par une mauvaise gestion.  
 
 « Maintenant, regardez ce qui se passe, » a indiqué Yatseniuk. « Est-ce que quelqu'un parle du scandale de pédophilie ? Non. Peut-être quelqu'un parle-t-il de Lozynskiy [un député de Tymoshenko accusé de meurtre] ? Non.
Peut-être quelqu'un parle-t-il des salaires ? Non. Peut-être quelqu'un parle-t-il des quatre millions de chômeurs ? Non. Peut-être quelqu'un parle-t-il des factures impayées de gaz naturel ? Non »  
 
 « Les gens qui vivent dans la peur, qui sont pauvres, sont plus faciles à manipuler, » a dit Yatseniuk. « Voila le but de l'appareil d'État - manipuler les gens. »
 
Traduction Alter Info

http://www.prisonplanet.com/rival-ukrainian-pm-using-flue-scare-for-politics.html

Le voile, symptôme de la modernité

Publié le 05/11/2009 à 08:50 par djamazz
Le voile, symptôme de la modernité

Le discours dominant stigmatise le voile « islamique » comme signe religieux portant atteinte au pacte laïque, refus communautaire d’intégration, ou encore soumission au pouvoir masculin. Cependant la recherche effectué sur le terrain par la sociologue Tülay Umay fait apparaître une toute autre signification du choix de ce vêtement. Il affirme une identité féminine personnelle et appelle les hommes à la révolte.

Tülay Umay Mercredi 4 Novembre 2009


Le voile, symptôme de la modernité
Les jeunes filles d’origine immigrée qui portent le voile sont de plus en plus nombreuses. Les différentes mesures prises, pour interdire ou limiter cette pratique, ne font qu’accélérer le phénomène. Cela est aussi vrai en Belgique qu’en France. Dès le départ, même lorsqu’il était socialement insignifiant, le voile était désigné comme une menace pour notre société. Il serait le cheval de Troie de l’intégrisme musulman. Il serait un symbole de la soumission de la femme [1].


Il s’agit là d’un discours qui se substitue à la parole des femmes elles-mêmes. On estime d’ailleurs qu’il n’est pas nécessaire qu’elles parlent. Elles n’auraient rien à dire de spécifique. Elles ne seraient que de simples femmes porteuses de valeurs qui ne leur appartiennent pas, de valeurs qui seraient celles des hommes de leur communauté. Le port du foulard leur serait imposé. Il serait le produit d’une domination directe ou résulterait de l’intériorisation de ce rapport par la victime. Il serait inutile de les interroger puisqu’elles ne pourraient que reproduire un discours qui les aliène.


Pourtant, de nombreuses recherches montrent que le port du voile résulte d’un choix individuel et que ce choix ne peut être réduit à celui de la victime émissaire. Certaines le portent, d’autres pas. Généralement, dans une même famille, certaines sont voilées, d’autres non. Entre celles qui le portent et celles qui ne le portent pas, il y a une décision personnelle. C’est la possibilité de ce choix qui spécifie le voile de la modernité.


Si on prend la peine de les entendre, et c’est ce que nous avons fait dans le cadre d’une recherche de terrain, il apparaît que ce phénomène n’est pas d’ordre religieux, ni d’ordre communautaire. Lorsque l’on interroge ces jeunes femmes, ce qu’elles mettent en avant, c’est leur volonté propre, la démarche individuelle qu’elles ont faite. Ce faisant, elles nient la lecture faite par les médias. Elles s’opposent à la vision d’un voile imposé par la famille, par le père, par le mari. Souvent, elles font observer qu’elles portent le voile en désaccord avec ceux-ci ou font mention de fortes réticences familiales face à leur démarche. Si l’on donne la parole aux jeunes filles, un élément s’impose : le voile n’est ni un retour à la tradition, ni un réflexe communautaire. Il est un choix d’individus inscrits dans la modernité.



D’ailleurs, l’observation du phénomène nous montre que tout, dans ce voile, fait référence à la modernité et non à la tradition. Ainsi, autrefois, le foulard effaçait le corps de la femme face au regard de l’homme. Actuellement, le voile est devenu, au contraire, présence du corps féminin, présence de la femme dans l’espace public. Au lieu de cacher, le voile montre. Il est acte de dévoiler grâce à la médiation du corps. Il est ainsi un moyen d’accéder au droit d’être, au droit d’exister en tant qu’individu particulier.


Toutes les valeurs de la tradition sont renversées par le voile moderne, telle la dissimulation de la femme, son retrait de l’espace public et l’effacement du corps, ainsi que la conception de l’individu comme simple reflet de sa communauté.


Dans la modernité, le voile n’est plus passivité, adéquation de l’individu à la norme, il est prise de parole, affirmation de l’individu. Ainsi, c’est une subjectivité qui se donne le droit d’apparaître. Le voile devient l’espace de leur voix, de leur parole, de leur subjectivité. C’est du voilement partiel de leur corps que peut procéder le dévoilement de leur réel, de leur intériorité.


Le voile est le symptôme de la modernité. Il cache, tout en montrant. Ce voilement, qui est simultanément dévoilement, est langage, c’est-à-dire symbole qui se représente à partir de l’autre, à partir de la société d’accueil et de l’image maternelle.


Le discours des médias ou des institutions nie la spécificité de phénomène inscrit dans la modernité. Pour cela, il fait un amalgame entre différentes choses. Il confond le voile de nos sociétés, qui résulte d’un choix individuel, avec celui de la tradition, qui est un signe social, et celui-ci avec le voile tel qu’il existe dans les sociétés islamiques modernes, là où il est imposé par l’État. Cette démarche réductrice n’est pas sans arrière-pensée. Il s’agit de nier un fait perturbant. Tel le Sphinx, le voile nous questionne. Il questionne la modernité et nous renvoie à nous-même, à nos propres valeurs et à nos contradictions. En fait, ce n’est pas parce que le voile serait le symbole de la soumission des femmes qu’il serait dérangeant, mais, au contraire, parce qu’il apparaît comme le symptôme de la faillite des hommes. Cet élément est central dans le discours des femmes voilées. Le voile révèle, met en lumière, l’incapacité des hommes à faire respecter leur communauté et surtout leur incapacité à nommer la discrimination subie. Le voile se substitue à ce manque. Mais il n’est pas un drapeau, il n’est pas l’expression d’un mouvement social. S’il nomme, ce n’est pas sur le mode de l’affrontement et du collectif, c’est sur le mode de l’individualité et de la différence.


Le voile n’est pas soumission aux hommes, il n’est généralement pas imposé par eux, mais se substitue à ceux-ci. Ces jeunes femmes n’occupent pas la place que leur désigne la communauté patriarcale. Ce sont elles qui rendent leur place aux hommes. Contrairement aux féministes, elles ne veulent pas occuper la place des hommes, mais que ceux-ci reprennent la fonction qu’ils ont abandonnée, la capacité de représenter, de faire reconnaître leur existence, la capacité de transmettre la culture, de défendre leur spécificité culturelle


Le voile actuel est le symbole de la faillite de la fonction du père, faillite de l’homme issu de l’immigration mais aussi celle de l’homme dans notre société. Ce phénomène que révèle le voile, la théorie lacanienne le désigne comme étant « organique » à l’ensemble de la modernité. Pour ce faire, elle utilise le terme de « forclusion-du-nom-du père ». La fonction du-nom-du-père représente le pouvoir de nommer et par conséquent de se reconnaître et d’être reconnu. Cette fonction est la capacité de sortir d’un réel stigmatisant, et de dire « je ». C’est cette fonction que reprend le voile. Le voile nomme, dit « je ». Il est affirmation paradoxale d’une autonomie. Il s’appuie sur la culture pour tenter d’échapper à un manque, à un déni de reconnaissance, à une aliénation sociale.
Pour rétablir le lien social, la fonction du-nom-du-père, le voile fait appel non plus aux représentations paternelles mais à l’imago maternelle, à une intériorité féminine qui se fait extériorité. Contrairement à l’image de la femme véhiculée par la publicité, cette extériorité, le voile, n’est plus la forme du regard de l’autre, du regard de l’homme mais se veut la forme de l’intériorité féminine, de l’imago maternelle. Ces femmes sont ainsi en décalage avec le féminisme institutionnel qui part des valeurs masculines pour se constituer une identité. Il s’agit là d’un élément paradoxal qui explique en partie le caractère incompris et perturbant de ce phénomène social.




Documents joints Auteurs, traduction, source
Auteurs Ajouter {!traduction} à boucle article lors du passage à Spip 1.8.2 Tülay Umay
Sociologue. Née en Anatolie, elle vit en Belgique. Elle travaille sur les structures sociales et psychiques de la postmodernité. Comme support concret de cette recherche, la question du voile dit « islamique » est objet d’étude privilégié, non comme objet en soi, mais comme symptôme de notre société.



Traduction Ajouter {!traduction} à boucle article lors du passage à Spip 1.8.2 Source Ajouter {!traduction} à boucle article lors du passage à Spip 1.8.2
________________________________- PS Notes

[1] « Nos « valeurs » valent-elles plus que nos enfants ? », par par Tülay Umay, Réseau Voltaire, le 15 octobre 2009.


http://www.voltairenet.org/article162762.html http://www.voltairenet.org/article162762.html

USA la «puissance intelligente » au service de la guerre

Publié le 05/11/2009 à 08:42 par djamazz
États-Unis la «puissance intelligente » au service de la guerre

par Jules Dufour

 
Mondialisation.ca, Le 4 novembre 2009
 



Les derniers événements entourant le déroulement des guerres d’invasion en Asie centrale nous permettent de saisir quelques-uns des éléments de la stratégie des États-Unis et les différentes manœuvres diplomatiques et médiatiques visant à faire basculer l’opinion des Étatsuniens en faveur d’une poursuite de leurs opérations guerrières dans cette région.

La réintronisation du Hamid Karzai à la tête du gouvernement fantoche de Kaboul a été orchestrée pour que le climat politique qui a prévalu depuis 2001 se maintienne avec la présence d’un allié acquis aux intérêts des conquérants. Les mots sont difficiles à trouver pour qualifier le caractère légitime de la «victoire» de H. Karzai. On s’évertue à essayer de rendre maintenant son élection valide alors que la plupart des intervenants, depuis le 20 août dernier, ont discrédité le processus électoral et mis en doute ses résultats.

En même temps, l’administration Obama et les stratèges du Pentagone ont fait semblant de tergiverser concernant l’envoi ou non de renforts alors que cette manœuvre avait vraisemblablement un double objectif. Le premier celui de jauger le potentiel de troupes additionnelles pouvant être offert par les membres de la coalition et le second, celui de disposer du temps nécessaire pour mesurer le degré de résistance des insurgés et des Talibans au Pakistan. Ainsi, elle a ordonné à l’armée nationale pakistanaise de livrer une guerre sans merci contre les Talibans et les insurgés dans le territoire du Sud-Waziristan. Ce faisant, les États-Unis pourraient peu à peu faire valoir que les efforts de guerre du Pakistan devraient être confortés par des forces militaires additionnelles en Afghanistan afin de faire face à la résistance pouvant éventuellement trouver refuge dans ce territoire. L’administration Obama serait ainsi en mesure de justifier les renforts qu’elle se propose de déployer.

Il est primordial pour cette administration qu’elle donne suite aux pressions exercées par la droite américaine qui réclame une intensification de l’effort de guerre en Afghanistan tout en emmenant l’opinion publique à accepter la décision d’ajouter un contingent important de soldats (on a mentionné des chiffres allant de 40 000 à 60 000). Peu à peu les guerres de l’Afghanistan et du Pakistan pourraient se fondre en un seul et même conflit et il serait alors plus facile de démontrer qu’il est crucial d’augmenter globalement les forces militaires dans cet ensemble, étant donné les menaces grandissantes posées par la résistance tant en Afghanistan qu’au Pakistan. Les États-Unis feront valoir qu’après huit années de guerre un «petit» effort supplémentaire serait nécessaire afin de ne pas revivre un autre Viêtnam.

Obama, une diplomatie de ralliement pour la conquête du monde par la guerre ?

Depuis leur arrivée à la Maison-Blanche le président Obama et sa secrétaire d’État, Hillary Clinton, ont parcouru le monde pour faire entendre le message renouvelé de l’Empire américain. Une rhétorique nouvelle faisant la promotion du modèle bien connu de domination et d’intervention sur tous les continents, modèle basé sur le plan du commandement unifié des États-Unis (pour voir voir la carte, cliquez sur le lien :  Le Plan du commandement unifié des États-Unis). Ce plan de commandement «a été mis à jour par le Département de la Défense et s’avère un document stratégique clé qui définit les missions, les responsabilités et les aires géographiques de responsabilité pour les commandants en charge des commandements de combattants» étatsuniens et alliés à travers le monde. La totalité de la surface terrestre est encore, dans les faits, le champ de bataille des Étatsuniens et, sous la nouvelle administration, aucune modification substantielle n’a été apportée à ce plan en vue d’en réduire la portée sur l’ensemble des pays du monde.

Le Plan du commandement unifié des États-Unis

Map of World with Commanders' Areas of Responsibility


Les itinéraires suivis par les responsables de la diplomatie étatsusienne leur ont permis de vérifier sur le terrain le taux de solidité de leurs alliances et le degré de fidélité de leurs partenaires et alliés traditionnels et aussi d’identifier et circonscrire les éléments discordants et hostiles. Ainsi, il leur est permis ensuite d’ajuster les orientations de même que l’intensité des opérations qui s’imposent.

La secrétaire d’État s’est même permis de se faire la protectrice des droits humains lors de son séjour à Moscou : «Toutes ces questions - emprisonnements, détentions, coups, meurtres - sont douloureuses à regarder de l'extérieur", a déclaré Mme Clinton, au deuxième jour de sa visite en Russie, sur la radio Echo de Moscou ». Il est difficile de croire que de tels propos puissent être tenus par la responsable de la diplomatie américaine quand on se rappelle les menaces d’oblitération totale qu’elle a proférées contre l’Iran au cours de la campagne présidentielle . Il importe aussi de rappeler que son pays détenait en 2005 la population carcérale la plus élevée au monde avec 2 186 230 prisonniers (25% du total mondial) et que le taux de détention par 100 000 habitants était également le plus élevé avec 737.6 résidents (http://www.populationdata.net/chiffres/monde-prisonniers-2006.php). De plus, «la Peine de mort aux États-Unis est appliquée au niveau fédéral et dans trente-cinq États fédérés sur cinquante que comptent les États-Unis. Aujourd'hui les États-Unis font partie du cercle restreint des démocraties libérales qui appliquent la peine de mort» (Wikipedia). Il est à espérer que la secrétaire d’État trouve aussi douloureuse cette situation qui prévaut dans son pays.

Mes intentions profondes sont les mêmes

Enfin, il convient d’ajouter que les guerres de l’Asie centrale se poursuivent dans la plus grande impunité et que la torture continue d’être pratiquée dans les prisons «secrètes». S’il s’agit là des manifestations des nouveaux concepts proposés en janvier dernier de la «puissance intelligente» et de la «responsabilité» il y a lieu de s’interroger, car il nous semble plutôt que les propos de la diplomatie étatusienne viennent tout simplement voiler le visage de l’impérialisme. Je suis un acteur qui pense maintenant autrement, mais mes intentions profondes sont les mêmes. En réalité, le concept de la «guerre permanente» reste le guide suprême de mon approche diplomatique qui se veut à géométrie variable en fonction des intérêts qu’il me faut sauvegarder. (Les deux pilliers de la nouvelle diplomatie américaine).

Conclusion

Pour la diplomatie étatsunienne il importe de conserver l’appui des plus puissants malgré certains irritants majeurs, car elle pourrait avoir besoin d’eux quand se produira l’effondrement annoncé de l’économie et l’implosion sociale qui en sera la résultante inéluctable. Faire la guerre pourrait devenir trop lourd pour la société et des mandataires capables de le faire seront alors invités à «donner» davantage pour permettre à l’Empire de survivre encore un certain temps. Cette consigne est sans doute celle qui a été transmise aux pays alliés. Ceux-ci, cependant, bien malgré eux, pourraient être entraînés éventuellement avec lui dans sa chute.



 
Jules Dufour, Ph.D., est président de l'Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) /Section Saguenay-Lac-Saint-Jean, professeur émérite à l'Université du Québec à Chicoutimi,   membre du cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, membre chevalier de l'Ordre national du Québec.

Jules Dufour est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Jules Dufour publiés par Mondialisation.ca


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