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bof, tous ces imposteurs seront bientôt très éprouvés par dieu, la majorité d'eux disparaitra, leur monde maud...
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Par gg, le 01.11.2009
ron paul ? un autre robot de la haute finance ?
on s inquiete de briser le dollard et les vies humaines qu o...
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Par justicier, le 19.10.2009
c est l horreur commise par ces monstres genocidaires qui emploient tous les moyens pour exterminer les pauvr...
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Par justicier, le 16.10.2009
les pays d’afrique et d’amérique latine ont-ils d’autres choix que de compter sur eux-mêmes? de savoir placer ...
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Par Saïd LOUKIL, le 11.10.2009
salam ! la grandeur humaine chez certains hommes celebres n a rien a voir avec leurs origines !! dieu guide v...
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Par justicier, le 09.10.2009
didier votre commentaire temoigne de votre humanisme et votre sens de justice ! faut agir autour de vous pour ...
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Par justicier, le 09.10.2009
salam !! parler d honneur avec des sionistes ?? des gens depourvus de tout humanisme ; des monstres maudits ...
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Par divine, le 09.10.2009
bonjour,
je suis francais et j'ai honte des positions politique de mon pays, ils ne pense pas plus loin que...
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Par didier, le 27.09.2009
salam alaykoum,
les "initiés" apprécieront la floppée de symboles nazilluminati sur les logos de leurs prod...
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Par bagdad, le 26.09.2009
allaho akbar !! si ces analyses sur d eventuelles guerres sur la planete s averent vraies; ce sera surement ...
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Par justicier, le 16.09.2009
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Date de création : 04.10.2007
Dernière mise à jour :
08.11.2009
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articles
Pour en comprendre les enjeux, voici un extrait du chapitre 2 de Israël-Palestine, vérités sur un conflit (Fayard, 2001 et 2007).
Le conflit se noue (1917-1939)
Un monde s’effondre. La première guerre mondiale entre dans sa dernière année. Des empires séculaires, celui des Ottomans - le turc -, l’empire austro-hongrois, n’y survivront pas. La Russie tsariste est déjà morte et les bolcheviks s’apprêtent à prendre le Palais d’hiver et à instaurer un régime dont la durée de vie coïncidera avec ce que les livres d’histoire désignent comme le XXe siècle. Nous sommes le 2 novembre 1917 et lord Arthur James Balfour, ministre du puissant empire britannique, met la dernière touche à sa lettre. Hésite-t-il un instant à y apposer son paraphe ? Est-il saisi d’une sombre prémonition ? Sans doute pas, car le texte, plus connu sous le nom de « déclaration Balfour », a été longuement débattu par le gouvernement de Sa Majesté. Celui-ci déclare qu’il « envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif ». La déclaration qui, dans une première version, évoquait « la race juive », précise que, pour la réalisation de cet objectif, « rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les juifs jouissent dans tout autre pays ». Comment créer un foyer national juif sans affecter les populations locales arabes ? Cette contradiction, la Grande-Bretagne ne pourra jamais la résoudre et elle sera à l’origine du plus long conflit qu’ait connu le monde contemporain.
La lettre de Balfour est adressée à lord Walter Rothschild, un des représentants du judaïsme britannique, proche des sionistes. Qu’est-ce que le sionisme ? J’y reviendrai dans le prochain chapitre. Bornons-nous pour l’instant à dire que ce mouvement réclame « la renaissance nationale du peuple juif » et son « retour » sur la terre de Palestine. La déclaration Balfour répond à plusieurs préoccupations du gouvernement de Londres. Alors que la guerre s’intensifie sur le continent, il s’agit de se gagner la sympathie des juifs du monde entier, perçus comme disposant d’un pouvoir considérable, souvent occulte. Cette vision, ironie de l’histoire, n’est pas éloignée de celle des pires antisémites qui détectent, partout, « la main des juifs ». Le premier ministre britannique de l’époque évoque dans ses Mémoires la puissance de « la race juive », guidée par ses seuls intérêts financiers, tandis que Lord Balfour lui-même avait été le promoteur, en 1905, d’un projet de loi sur la limitation de l’immigration en Grande-Bretagne, qui visait avant tout les juifs de Russie. Mark Sykes, un des négociateurs des accords qui partagèrent le Proche-Orient en 1916, écrivait à un dirigeant arabe : « Croyez-moi, car je suis sincère lorsque je vous dis que cette race [les juifs], vile et faible, est hégémonique dans le monde entier et qu’on ne peut la vaincre. Des juifs siègent dans chaque gouvernement, dans chaque banque, dans chaque entreprise. »
La déclaration Balfour s’adresse particulièrement aux juifs américains, soupçonnés de sympathie pour l’empire austro-hongrois, et aux juifs de Russie, influencés par les organisations révolutionnaires qui ont renversé le tsar au printemps 1917. Nombreux sont favorables à ce que la Russie signe une paix séparée. Londres espère éviter ce « lâchage ». Balfour évoque même la mission qui serait confiée aux juifs en Palestine : faire que les juifs du monde se comportent « convenablement » ! Ce calcul échouera puisque, dans la nuit du 6 au 7 novembre 1917, les insurgés bolcheviks s’emparent du pouvoir à Petrograd et appellent à la paix immédiate.
Mais la Grande-Bretagne, en confortant le mouvement sioniste, vise un objectif plus stratégique, le contrôle du Proche-Orient. Le dépeçage des vaincus est négocié entre Paris, Londres et Moscou, alors même que la victoire n’est pas acquise. En 1916, sont signés entre Paris et Londres, puis ratifiés par le tsar, les accords connus sous le nom de Sykes-Picot (Mark Sykes et Georges Picot sont deux hauts fonctionnaires, l’un britannique l’autre français) qui définissent les lignes de partage et les zones d’influence au Proche-Orient. Pour Londres, la Palestine « protège » le flanc est du canal de Suez, ligne vitale entre les Indes, le fleuron de l’empire, et la métropole. Le parrainage accordé au sionisme permet au gouvernement britannique d’obtenir un contrôle total sur la Terre sainte.
Mais les Britanniques ne se sont pas contentés de promesses au mouvement sioniste, ils en ont fait aussi aux dirigeants arabes. Le calife ottoman (il exerce son autorité sur les territoires arabes du Proche-Orient et il est « le commandeur des croyants ») s’est joint en 1914 à l’Allemagne et à l’empire austro-hongrois. Il a même lancé un appel à la guerre sainte contre les infidèles. Pour riposter, Londres suscite une révolte des Arabes contre l’empire ottoman, animée par un dirigeant religieux, le chérif Hussein de La Mecque. En échange, Hussein obtient l’engagement britannique d’appuyer l’indépendance des Arabes. Mais les promesses n’engagent que ceux qui y croient... Comment, en effet, concilier l’indépendance arabe et la création d’un foyer national juif ? La révolte arabe deviendra célèbre dans une version bien déformée forgée par un des agents britanniques qui y jouèrent un rôle capital, Thomas E. Lawrence, dit Lawrence d’Arabie. Ce récit, « Les Sept piliers de la sagesse », sera porté au cinéma par David Lean et Peter O’Toole dans le rôle de Lawrence.
Le Proche-Orient sera donc partagé entre la France et la Grande-Bretagne. Créée en 1920, la Société des Nations (SDN), l’ancêtre des Nations unies, ne regroupe alors que quelques dizaines d’Etats, pour l’essentiel européens. Elle invente le système des « mandats » que la charte de la SDN définit comme suit : « Certaines communautés, qui appartenaient autrefois à l’Empire ottoman, ont atteint un degré de développement tel que leur existence comme nations indépendantes peut être reconnue provisoirement, à la condition que les conseils et l’aide d’un mandataire guident leur administration jusqu’au moment où elles seront capables de se conduire seules. » Ainsi des peuples considérés comme « mineurs », auraient besoin de tuteurs pour accéder, un jour peut-être, à la majorité...
Le 24 juillet 1922, la SDN octroie à la Grande-Bretagne le mandat sur la Palestine. Le texte prévoit que la puissance mandataire sera « responsable de la mise à exécution de la déclaration originairement faite le 2 novembre 1917 par le gouvernement britannique et adoptée par [les puissances alliées], en faveur de l’établissement d’un foyer national pour le peuple juif ». Les fils du chérif Hussein, étroitement contrôlés par Londres, s’installent sur les trônes d’Irak et de Transjordanie (pays créé par les Britanniques à l’Est du Jourdain), tandis que les territoires libanais et syrien tombent dans l’escarcelle de la France. L’Egypte, formellement indépendante depuis 1922, reste sous occupation britannique.
Tous les acteurs du drame palestinien sont en place : la puissance dominante, la Grande-Bretagne, qui souhaite maintenir son contrôle sur une région stratégique, riche en pétrole dont le rôle économique et militaire grandit ; le mouvement sioniste, fort de son premier grand succès diplomatique, et qui organise l’immigration en Palestine ; les Arabes de Palestine, que l’on ne désigne pas encore sous le nom de Palestiniens, et qui commencent à se mobiliser contre la déclaration Balfour ; enfin, les pays arabes, pour la plupart sous influence britannique et qui vont s’impliquer graduellement dans les affaires palestiniennes.
Pour la première fois dans les deux pays, des gens de ces ethnies s’installent à la présidence.
J’ai dit à plusieurs reprises qu’Obama était quelqu’un d’intelligent, élevé dans le système social et politique auquel il croit. Il aspire à étendre les services de santé à presque cinquante millions d’Etasuniens, à sortir l’économie de la profonde crise qu’elle souffre et à redorer l’image de son pays, ternie par des guerres génocidaires et par les tortures. Il ne conçoit pas qu’il faille changer le système politique et économique de son pays, il ne le souhaite pas et il ne le peut pas.
Le Prix Nobel de la paix avait été concédé auparavant à trois présidents des USA, à un ex-président et à un candidat à la présidence.
Le premier fut Theodore Roosevelt, élu en 1901, celui des Rough Riders (les rudes cavaliers), qui débarqua ses cavaliers à Cuba, mais sans monture, à la suite de l’intervention menée en 1898 pour empêcher l’indépendance de notre pays.
Le second fut Thomas Woodrow Wilson, qui fit entrer les USA dans la Première guerre pour le partage du monde. Au Traité de Versailles, il imposa des conditions si sévères à l’Allemagne vaincue qu’il jeta les bases de l’apparition du nazisme et de l’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale.
Le troisième est Barack Obama.
L’ex-président, c’est Carter qui reçut le Prix Nobel plusieurs années après avoir conclu son mandat. Sans aucun doute, l’un des rares présidents de ce pays à avoir été incapable d’ordonner l’assassinat d’un adversaire, contrairement à d’autres ; il restitua le Canal de Panama, créa la Section des intérêts des USA à La Havane, évita de sombrer dans de gros déficits budgétaires et de gaspiller l’argent au profit du complexe militaro-industriel, contrairement à Reagan.
Le candidat est Al Gore, quand il était déjà vice-président, le politique étasunien meilleur connaisseur des terribles conséquences des changements climatiques. Il fut victime de la fraude électorale alors qu’il était candidat à la présidence, et privé de la victoire par W. Bush.
Les avis ont été très partagés au sujet de l’octroi de ce prix. Beaucoup partent de conceptions morales ou relèvent des contradictions évidentes dans cette décision surprenante.
Ils auraient préféré que ce prix récompense une œuvre accomplie. Le Prix Nobel de la paix n’est pas toujours allé à des gens qui le méritaient. Il a parfois été décerné à des gens pleins de ressentiments, suffisants, ou pis encore. Apprenant la nouvelle, Lech Walesa s’est exclamé avec mépris : « Qui ? Obama ? C’est trop tôt. Il n’a encore rien fait. »
Dans notre presse et sur CubaDebate, des compagnons honnêtes et révolutionnaires se sont montrés critiques. L’un d’eux a affirmé : « La semaine où Obama a reçu le Prix Nobel de la paix, le Sénat étasunien a voté le budget militaire le plus élevé de l’histoire : 626 milliards de dollars. » Au journal télévisé, un autre journaliste a commenté : « Qu’a donc fait Obama pour mériter une telle distinction ? » D’autres se sont demandés : « Et la guerre d’Afghanistan et la recrudescence des bombardements ? » Ce sont là des vues basées sur des réalités.
De Rome, le cinéaste Michael Moore a eu une phrase lapidaire : « Mes félicitations, président Obama, pour le Prix Nobel de la paix. Maintenant, s’il vous plaît, gagnez-le donc ! »
Je suis sûr qu’Obama est d’accord avec Moore. Il est assez intelligent pour comprendre les circonstances qui entourent son cas. Il sait qu’il n’a pas encore gagné ce prix. Ce jour-là, il a déclaré dans la matinée : « Je n’ai pas l’impression de mériter d’être en compagnie de tant de personnalités transformatrices qui l’ont reçu. »
On dit que les membres du fameux comité qui décerne le Prix Nobel de la paix sont au nombre de cinq. Un porte-parole dit qu’ils ont été unanimes. On pourrait se demander : ont-ils consulté ou non Obama ? Peut-on prendre une décision de ce genre sans en avertir auparavant la personne récompensée ? Obama ne peut être jugé de la même manière sur le plan moral selon qu’il connaissait d’avance ou non l’octroi de ce prix. On peut en dire autant de ceux qui ont pris la décision.
Peut-être serait-il nécessaire de créer le Prix Nobel de la transparence.
La Bolivie compte d’importants gisements de gaz et de pétrole, et possède aussi les plus grandes réserves connues de lithium, un minerai extrêmement utile à notre époque pour stocker et utiliser l’énergie.
Evo Morales, paysan indigène très pauvre, faisait paître dans les Andes, en compagnie de son père, le troupeau de lamas de sa communauté indigène. Il n’avait même pas six ans. Tous deux les conduisaient quinze jours durant jusqu’au marché où ils les vendaient pour acheter les aliments de la communauté. Quand j’ai interrogé Evo sur cette expérience singulière, il m’a raconté qu’il « descendait dans un hôtel 1 000 étoiles », une belle formule pour désigner le ciel si dégagé de la Cordillère qu’on y installe parfois des télescopes.
Durant ces dures années de son enfance, la seule autre issue pour les paysans de la communauté aymara où il est né était d’aller couper la canne à sucre dans la province argentine de Jujuy, où une partie de la communauté se réfugiait parfois lors de la campagne sucrière.
Quand le Che, blessé et désarmé, fut assassiné à La Higuera le 9 octobre 1967, Evo, qui est né le 26 de ce mois, mais en 1959, n’avait pas encore fêté son huitième anniversaire. Il apprit à lire et à écrire en espagnol dans une petite école publique où il se rendait à pied, à cinq kilomètres de la chaumière où il vivait avec ses frères et ses parents.
Pendant son enfance hasardeuse, Evo était constamment à la recherche de maîtres. Il a appris de son peuple trois principes moraux : ne pas mentir, ne pas voler, ne pas être faible.
Quand il eut treize ans, son père l’autorisa à vivre à San Pedro de Oruro pour y faire des études secondaires. L’un de ses biographes nous dit qu’il était meilleur en géographie, en histoire et en philosophie qu’en physique et en maths. Le plus important, toutefois, c’est que pour payer ses études, il se levait à deux heures du matin pour aller travailler comme boulanger, manœuvre ou dans d’autres métiers qui demandent un effort physique. Il allait en classe l’après-midi. Ses compagnons l’admiraient et l’aidaient. Dès l’école primaire, il avait appris à jouer divers instruments à vent, et il fut trompettiste d’une prestigieuse fanfare d’Oruro.
Encore adolescent, il avait organisé l’équipe de football de sa communauté, dont il était le capitaine.
L’accès à l’université n’était pas à la portée d’un indigène aymara pauvre.
Une fois ses études secondaires terminées, il fit son service militaire et retourna dans sa communauté, sur les hauteurs de la cordillère. La pauvreté et les catastrophes naturelles obligèrent sa famille à émigrer vers la région subtropicale d’El Chapare, où elle obtint un petit lopin de terre. Evo avait vingt-trois ans quand son père mourut en 1983. Il travailla durement la terre, mais c’était aussi un militant né qui organisa tous les travailleurs, créa des syndicats et combla par là des vides dans des secteurs où l’Etat ne faisait rien.
Les conditions d’une révolution sociale s’étaient peu à peu créées en Bolivie dans les cinquante dernières années. Elle éclata le 9 avril 1952, avant même le début de notre lutte armée à Cuba, sous la conduite du Mouvement nationaliste révolutionnaire de Victor Paz Estenssoro : les mineurs révolutionnaires vainquirent les forces répressives et le MNR prit le pouvoir.
Les objectifs révolutionnaires étaient loin de s’accomplir en Bolivie. Dès 1956, selon des gens bien renseignés, le processus commença à s’étioler. La Révolution triompha à Cuba le 1er janvier 1959. Trois ans plus tard, en janvier 1962, notre patrie était expulsée de l’OEA. La Bolivie s’abstint. Plus tard, tous les gouvernements, hormis le Mexique, rompirent leurs relations avec nous.
Les scissions du mouvement révolutionnaire international se firent sentir en Bolivie. Pour que les choses y changent, il allait falloir plus de quarante ans de blocus à Cuba, le néolibéralisme et ses conséquences désastreuses, la révolution bolivarienne au Venezuela et l’ALBA, mais surtout Evo et le Mouvement au socialisme (MAS).
Il est malaisé de résumer cette riche histoire en quelques pages.
Je me bornerai à dire qu’Evo a été capable de vaincre les terribles campagnes de calomnies orchestrées par l’impérialisme, ses coups d’Etat et ses ingérences dans les affaires intérieures du pays, de défendre la souveraineté de la Bolivie et le droit de son peuple millénaire au respect de ses coutumes. « La coca n’est pas de la cocaïne », a-t-il lâché au plus gros producteur de marihuana et au plus gros consommateur de drogues au monde, dont le marché nourrit la criminalité organisée qui coûte des milliers de vies au Mexique tous les ans. Deux des pays où se trouvent les troupes yankees et leurs bases militaires sont les plus gros producteurs de drogues de la planète.
La Bolivie, le Venezuela et l’Equateur, pays révolutionnaires qui, à l’instar de Cuba, sont membres de l’ALBA, ne tombent pas dans le piège mortel du commerce des drogues : ils savent ce qu’ils peuvent faire et ce qu’ils doivent faire pour apporter la santé, l’éducation et le bien-être à leurs peuples. Ils n’ont pas besoin de troupes étrangères pour combattre le trafic de drogues.
La Bolivie mène de l’avant un programme étonnant sous la direction d’un président aymara qui jouit de l’appui de son peuple.
En moins de trois ans, l’analphabétisme a été éliminé : 824 101 Boliviens ont appris à lire et à écrire ; 24 699 l’ont fait en aymara et 13 599 en quechua. La Bolivie est le troisième pays délivré de l’analphabétisme, après Cuba et le Venezuela.
Des millions de personnes reçoivent maintenant, pour la première fois de leur vie, des soins médiaux gratuits : la Bolivie est l’un des sept pays au monde à avoir, ces cinq dernières années, réduit la mortalité infantile, et elle pourra atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement avant 2015, ainsi que diminué les morts maternelles dans une proportion similaire ; 454 161 personnes y ont été opérées de la vue, dont 75 974 Brésiliens, Argentins, Péruviens et Paraguayens.
La Bolivie a engagé un programme social ambitieux : tous les enfants des écoles publiques, de la première à la huitième année de classe -soit presque deux millions d’élèves- reçoivent un don annuel pour pouvoir acheter les fournitures scolaires.
Plus de 700 000 personnes de plus de soixante ans perçoivent un bon équivalent à 342 dollars par an.
Toutes les femmes enceintes et les enfants de moins de deux ans touchent une aide d’environ 257 dollars.
La Bolivie, l’un des trois pays les plus pauvres du continent, a fait passer sous le contrôle de l’Etat ses principales ressources énergétiques et minérales, tout en respectant et en indemnisant les intérêts lésés. Elle avance précautionneusement pour ne pas avoir à reculer d’un pas. Ses réserves en devises ont augmenté, au point d’avoir triplé depuis le début du gouvernement d’Evo. La Bolivie fait partie des pays qui utilisent le mieux la coopération étrangère et défendent fermement l’environnement.
Elle est parvenue à établir en très peu de temps le Recensement électoral biométrique, enregistrant près de 4,7 millions d’électeurs, presque un million de plus que le dernier de janvier 2009, soit 3,8 millions.
Les élections auront lieu le 6 décembre. Le peuple soutiendra assurément encore plus son président. Rien ni personne n’a pu freiner son prestige et sa popularité qui ne cessent de croître.
Pourquoi ne décerne-t-on donc pas le Prix Nobel de la paix à Evo ?
Il a un lourd handicap, je sais : il n’est pas président des Etats-Unis.
Granma - Vous pouvez consulter cet article à :
En attendant l’épave
Rebelote. Revoilà la chienlit et son arlésienne, l’identité nationale avec en fond sonore, l’immigration. Autrement dit, en réponse aux problèmes posés par la dette, le climat, le pouvoir d’achat, le chômage, quel est, selon nos dirigeants, le seuil acceptable de nègres et de bougnoules parmi nous? Car comme dit l’autre, «ne nous cachons pas, c’est quand même eux qui foutent le bordel». Donc, question sérieuse et urgente, doivent-ils ou non déclarer publiquement leur amour pour nous? D’ailleurs l’Empereur a été élu pour ça et il le clame: «Ces mots (identité nationale) ne me font pas peur». Qui donc en doutait? On a cependant eu droit cette semaine à une variante à laquelle le pouvoir ne nous avait pas habitués. Déclinaison tellurique du «Nous et les autres qui nous font chier». L’Empereur a énergiquement enfoncé le soc dans la Frônce profonde, tripatouillant les dessous de Barrès, Maurras, pour gratter «la terre qui ne ment pas», histoire de farfouiller dans les entrailles génitrices du sol de quoi il Pétain. Ca sent l’élection… Et le gadin aussi on parie? Gare, ça peut commencer par la Marseillaise dès bas-âge et dès potron minet dans nos écoles pour finir sur des airs obligatoires de "Maréchaal, nous voilà!".
Vous commencez à connaître la méthode du doigt dans le cul. Qui est contre la pluie lève le doigt! Sans rire, non seulement un ventilateur à merde tel qu’Opinion Way trouverait matière à faire une étude, mais sur l’immigration, n’importe quelle officine sondagière trouverait à distinguer les doigts dans le cul des doigts dans le nez pour en faire une actu. A notre très moderne époque, réforme oblige, on sonde tout, on sonde pour tout. Il faut bien faire ce que le peuple attend, donc être à l’écoute de ses humeurs, le sentir. Sentir le doigt de l’homme… Pour autant, parfois, souvent et même tout le temps, les olibrius qui nous prennent pour des pignoufs et nous gouvernent se prennent la banane pour rien.
Sur l’identité nationale, dernière corde en date, La Feuille De Manioc attend de voir l’épave grossière sur les platanes de la démagogie pour se marrer. Certes les premiers retours de sondages à propos du débat sur les nègres et les bougnoules affichent des scores soviétiques et l’Empire pavoise. La tendance serait à obliger les jeunes issus de l’immigration à faire profession publique d’amour de la France, ses emblèmes, son hymne. Qui doute en effet un seul instant, en présence de cette question, qu’elle ne concerne pas les «français de souche» par rapport aux «français de branche»? Pas grand monde. La Feuille De Manioc va même plus loin, et met quiconque au défi de soutenir que cette question ne concerne pas que les français issus de noirs et d’arabo-musulmans… Chiche? Puisqu’on vous dit que ce sont eux qui foutent le bordel. C’est vrai qu’il n’y a pas de problèmes avec les descendants de polonais, d’espagnols, d’italiens. Ceux-ci se sont bien intégrés puisqu’on ne les voit pas. Avec les nègres et la burka avouez que c’est tout de même différent! Mais les déficits alors? La crise financière? Le scandale d’Outreau, la grippe H1N1… Il n’empêche, c’est quand même de leur faute.
Indécidable identité
En attendant l'identité nationale... On songe évidemment à la pièce de Samuel Beckett, à l'histoire d'une attente vaine... C'est l'histoire comme disait Coluche de Vladimir et Estragon, une paire de cloches qui attendent un troisème personnage énigmatique, Godot. Ainsi l''énigme de la pièce cesse d'être Godot et se déplace sur l'attente. Les personnages s'occupent, se chamaillent, s'écharpent... au point de ne plus savoir pourquoi ils attendent. Il n'empêche, ils persistent à attendre. Quoi? On ne sait finalement rien de Godot. On finit même par ne rien apprendre de Vladimir et Estragon. Si c'était ça l'identité nationale? Un OPNI, pour Objet Politique Non Identifié?
«Deux vagabonds, Vladimir et Estragon, se retrouvent sur scène, dans un non-lieu (« Route de campagne avec arbre ») "à la tombée de la nuit" pour attendre « Godot ». Cet homme - qui ne viendra jamais - leur a promis de les aider et représente un espoir de changement. En t'attendant, les deux amis tentent de trouver des occupations, des "distractions" pour que "le temps passe» En attendant Godot.
L'arlésienne sur l'immigration identitaire rappelle fichtrement l'attente névrotique de Godot ne trouvez-vous pas? Admettons pour faire court, l'identité comme la conscience qu’on a de soi, sorte d’idée vague et en perpétuel devenir de ce que l'on est, par soi-même ou par les autres. Chacun mesure dès le prononcé, le côté plastique et mouvant d’un terme qui prétend fixer les critères de ce que l’on est.
Prenons par exemple l'identité d'une vieille personne, la France n'est plus toute jeune. En parcourant, le nez pincé pour éviter d’humer la poussière, le vieil album de la non moins vieille Tante Yvonne, on devine bien sous ses fossettes ourlées de babines, l’air déjà malicieux d’icelle à 3 mois. Ce n'est plus la même mais c'était déjà la même. On se comprend? Tante Yvonne avait déjà les yeux de sa sœur, notre Tante Frédégonde, celle des trois qui a le plus hérité de notre grand’mère au visage de mégère acariâtre. Bref, à feuilleter ce vieil album photo on parvient à deviner y compris sous ses lèvres pincées faute de râtelier, qu’à 10, 20, 30, 50, 75 et maintenant 92 ans, la ci-devant Tante Yvonne décatie, burinée par le temps est la même qu’à 3 mois.
La prétention identitaire c’est comme la vieillesse de Tante Yvonne. Prétendre fixer ce qui est à chaque fois la même chose dans ce qui change, évolue fatalement, bref, qui vit. Empruntée aux propriétés des choses inertes, l’identité est indécidable par la loi, insaisissable par la règle s’agissant de ce qui vit. Or étant une idée de la République s’il en est, la Nation a une prétention corporelle, vivante, toutes choses qui l’éloigne de cette fixité identitaire et névrotique à laquelle le débat actuel nous prépare.
Plus «objectives», les identités culturelle et sociale de la Nation auraient davantage d’intérêt pour le débat et les politiques publiques. Elles engloberaient les éléments et les rapports qui permettraient de singulariser la Gaule érectile de l'extérieur, de déterminer les dénominateurs communs de ses membres de ses différents groupes d'appartenance. Bref de faire de la politique au sens noble du concept. Sauf que ce genre de chose est électoralement moins porteur qu'une bonne démagogie de derrière les fagots, et qu’il est plus rentable d’annoncer un débat sur l’identité nationale pour re-susciter celui délétère de l’immigration. Là il s’agit d’enfiler le peuple. On y reviendra plus sérieusement. LFDM
Et c’est là que le tour de passe passe tient du sublime, révélé parMediapartsous la plume de Jade Lindgaard : "En dispensant de taxe les entreprises qui sont soumises au marché européen des quotas de CO2, le gouvernement leur fait économiser deux milliards d’euros par an jusqu’en 2013. Soit presque la moitié de ce que le nouvel impôt doit rapporter à l’Etat ! Principaux bénéficiaires, quelques grandes multinationales : Arcelor-Mittal, GDF Suez, EDF, Total, Véolia environnement, Saint-Gobain, Dalkia, Lafarge..." On ne va quand même pas mettre à contribution les multinationales, vous rêviez ! "Environ 600 entreprises hexagonales dans les secteurs les plus émetteurs de dioxyde de carbone : production d’énergie, transformation de métaux ferreux, industries minérales, verre, ciment et pâte à papier", précise l’article. Voilà donc une taxe dont l’objectif est de lutter contre la pollution et qui épargne... les plus gros pollueurs. Vous avez dit hypocrite et cynique ?
Le 17 octobre on a célébré la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté (voir aussihttp://www.oct17.org/fr), qui a été l’occasion d’un nombre élevé de conférences sur la pauvreté. Pendant quelques jours ce fut un sujet visible dans les moyens de communication les plus importants du monde, bien qu’en Espagne cette visibilité ait été limitée. Dans les pays développés on a mis une fois de plus l’accent sur la nécessité d’ “aider” les pays pauvres, notamment par l’envoi d’aliments et de fonds. On a aussi mis l’’accent, dans divers forums internationaux, sur la nécessité de transférer connaissances et nouvelles technologies des pays riches aux pauvres pour augmenter la productivité de leurs secteurs agricoles, les plus importants dans leurs économies.
Cet intérêt médiatique pour le thème de la pauvreté se répète année après année à la même date. Et pendant ce temps, huit millions d’enfants meurent chaque année de malnutrition (un toutes les deux secondes), l’équivalent des morts que causeraient 43 bombes atomiques comme celle lancée sur Hiroshima, des bombes qui explosent chaque année sans produire aucun bruit. En réalité ce nombre de morts fait partie de la réalité qui nous entoure de telle manière qu’ils n’apparaissent même pas ni à la première ni même à la dernière page des journaux les plus importants du monde.
Ce qui rend cette situation moralement intolérable est que du point de vue scientifique nous savons comment résoudre tant le problème de la pauvreté que de ses conséquences, dont la faim est la plus dramatique. Et le paradoxe de la situation est que la pauvreté n’est pas due au manque de ressources. En réalité, la planète a suffisamment de terre fertile pour alimenter deux fois la population existant aujourd’hui (FAO 2008). Dans les pays économiquement développés, les États vont même jusqu’à subventionner les agriculteurs pour qu’ils ne produisent pas plus d’aliments. Mais ce qui est encore plus intolérable est qu’on appelle ces pays pauvres, alors qu’ils ne le sont pas. Les pays ainsi appelés ont des populations de manière prédominante pauvres, mais eux-mêmes en soi ne le sont pas.
Pourquoi donc la pauvreté se produit-elle et se reproduit-elle? Si nous analysons le pays le plus pauvre du monde (la liste de candidats à une telle distinction est longue), nous verrons que les racines de la pauvreté sont faciles à voir, si on veut les voir. Le quotidien The New York Times, un journal d’orientation libérale, qui publie de temps à autre quelques informations qui ne cadrent pas avec cette sensibilité, a publié un rapport sur la pauvreté au Bangladesh, un des pays que l’on peut identifier comme les plus pauvres (24-1-05).
Ce rapport était écrit par un groupe d’économistes qui avait visité ce pays. Parmi leurs nombreuses observations ressortaient les suivantes: “Les racines du problème de la pauvreté au Bangladesh sont dans l’énorme concentration de la terre (le principal moyen de production dans une économie agricole) dans ce pays. Seulement 16% de la population rurale contrôle les deux tiers de toute la terre cultivable, tandis que 60% de la population possède seulement un acre (4 000 m2, NdT). D’autre part, le rapport ajoutait que “l’introduction des nouvelles technologies-comme des nouveaux fertilisants-accentuait encore plus la polarisation dans la propriété de la terre, car seuls les grands propriétaires peuvent avoir accès au crédit et à d’autres facteurs nécessaires pour pouvoir exploiter et utiliser les nouvelles technologies”.
Ben Heine, Tlaxcala
Quant à l’ “aide” qui provient de l’extérieur, le rapport signalait “que les responsables chargés de l’aide aux nécessiteux au Bangladesh reconnaissent eux-mêmes (dans des conversations privées) que seule une fraction minuscule des millions de tonnes d’aliments qui arrive dans le pays, comme partie de l’aide extérieure, finissent dans les mains des familles affamées qui en ont besoin. Les aliments de l’extérieur sont canalisés par le gouvernement, qui les vend aux militaires, à la police, aux classes moyennes des villes...”. Le rapport concluait que “l’énorme potentiel productif de terres énormément fertiles est tel que le Bangladesh pourrait alimenter une population bien supérieure à l’actuelle”.
Mais les produits alimentaires qui sont produits ne sont pas consommés, dans leur majeure partie, au Bangladesh, car la majorité de la population n’a pas un pouvoir d’achat suffisant. Au lieu de cela, ils sont exportés, surtout dans les pays de niveau de revenu plus élevé, ce qui contribue à reproduire ainsi une économie basée, non sur la consommation et la demande internes, mais sur la consommation externe et les exportations. Il semblerait que le plus logique serait de créer une telle demande interne, en redistribuant les ressources (dont la terre) pour permettre le développement du pouvoir d’achat de la grande majorité de la population.
Seulement voilà, la structure de pouvoir, monopolisée par les grands agriculteurs, s’oppose à de tels changements dans la redistribution. Comme le soulignait bien le rapport cité “le parlement de ce qui est prétendument un système politique démocratique (le Bangladesh figure dans la classification établie par le Département d’Etat des USA, comme une démocratie) est contrôlé par les grands agriculteurs. 75% des membres du Parlement possèdent de grandes superficies de terres, et il ya là peu de possibilités de changement”. Le système économique et politique soutenu en partie par l’armée et en partie par des systèmes d’information et de persuasion (avec des connexions à des groupes médiatiques étrangers), a de maigres possibilités de changement. La Constitution du pays, écrite par cette structure de pouvoir, inscrit par écrit l’impossibilité d'engendrer un tel changement. D’où la présentation de la défense de cette structure de pouvoir comme une défense de la démocratie.
Ce sont là les causes de la pauvreté, de la faim et de la malnutrition dans le monde. Et quand la population “pauvre” se mobilise pour changer cette situation, on l’accuse de violer l’ordre démocratique. Le cas du Honduras est le plus récent mais je doute qu’il soit le dernier. Ce sont là les causes de la pauvreté dans le monde, qui rarement apparaissent dans les médias de persuasion.
"Ne nous donnez pas d'argent...Apprenez-nous à devenir riches".Juan Ramón Mora, Málaga
Il y a quelques mois, à Munich, deux jeunes assomment un homme qui voulait s’interposer pour empêcher un acte de violence. Récemment, à Ansbach, un élève de 18 ans pénètre dans une école, lance des cocktails Molotov dans une classe et frappe à coups de hache les élèves qui s’enfuient. Et demain? Nos villes, espaces publics, ne sont plus sûres. Chaque jour, on déplore des actes de violence. Jusqu’où ira la spirale de la violence? Dans ce contexte, une étude du canton de Saint-Gall sur la délinquance juvénile tombe à point. Elle fournit aux parents, aux éducateurs, aux enseignants ainsi qu’aux responsables politiques une base de réflexion pour la recherche de mesures de prévention.
Au printemps 2008, à la demande du Département de l’Education et de celui de la Sécurité et de la Justice du canton de Saint-Gall, 5200 élèves de 338 classes de 9e année ont été interrogés essentiellement sur les actes de violence commis et subis. Ce sondage anonyme qui s’adressait à des adolescents de 15–16 ans de tous les types d’école a été bien accueilli de sorte que l’on a pu finalement retenir les réponses de 83% de ces élèves appartenant à des classes de tout le canton, taux sans doute unique en Europe.
Cette étude qui vient d’être publiée sous le titre «Jugenddelinquenz im Kanton St-Gallen» a été préparée et menée par Simone Walser de l’Institut de criminologie de l’Université de Zurich. Le chef de projet était Martin Killias, professeur de droit pénal et de procédure pénale, spécialiste international de criminologie.
Cette enquête est davantage qu’un constat. Elle permet de mieux comprendre le contexte et la part de responsabilité de la société, elle entend inciter à analyser les causes et propose des moyens de prévention et d’intervention. Ses résultats recoupent en grande partie ceux d’études antérieures menées à Zurich et à Zoug et de l’enquête effectuée auprès des cantons par le Département fédéral de Justice et Police concernant les jeunes multirécidivistes et publiée en juillet de cette année.
Aussi l’étude saint-galloise a-t-elle une valeur qui dépasse les limites du canton et peut servir partout de base à la recherche de solutions efficaces. Les questions très précises concernant les coups et blessures, les bagarres en groupe, les vols (à l’étalage, de deux-roues, cambriolage, etc.), la violence sexuelle, le vandalisme, le port d’arme, la vente de drogue donnent un poids particulier aux résultats (tableau 1). Elles montrent que ces élèves n’ont pas été interrogés sur des délits sans gravité mais sur des actes criminels.
Les trois tableaux suivants donnent un aperçu des taux de délits commis et subis jusqu’au moment de l’enquête et au cours des douze derniers mois seulement (année 2007) ainsi que de la consommation d’alcool et de drogues (tableau 2).
17% des jeunes indiquent avoir infligé des coups et blessures et participé à des bagarres en groupe, environ 4% disent avoir été victimes de vol avec violence et 1% de violence sexuelle.
35,5% avouent avoir déjà volé quelque chose dans un magasin et 30% l’ont fait ailleurs (à la maison, à l’école, etc.). Environ 16% ont déjà volé une bicyclette ou un vélomoteur et 3,5% ont participé à un cambriolage. (Le cambriolage fait partie des délits graves contre les biens.)
Presque un jeune sur quatre a déjà endommagé ou tagué quelque chose. 10,5% ont déjà vendu de la drogue ou servi d’intermédiaire et environ 17% ont déjà porté une arme illégalement (tableau 3).
Les taux de victimes de coups et blessures sont identiques à ceux des auteurs de ce délit. En revanche, les taux de victimes de violence sexuelle et de vol avec violence sont nettement supérieurs à ceux concernant les auteurs de ces délits, ce qui s’explique par le fait que les jeunes sont aussi victimes de délits sexuels commis par des adultes.
Le tableau 4 montre l’extrême importance de la consommation d’alcool, et pas seulement de bière et de vin mais également d’alcools forts. La consommation de cannabis est aussi très répandue. Plus d’un quart des jeunes a fumé au moins une fois un joint au cours des 12 mois écoulés et environ 6% indiquent qu’ils ont consommé des drogues dures (tableau 4).
Les résultats détaillés de l’étude montrent que la violence est corrélée aux familles incomplètes, aux milieux d’immigrés, aux mauvais résultats scolaires, au faible contrôle familial, aux nombreuses sorties le soir, à la consommation de grandes quantités d’alcool et de drogues, à certains phénomènes scolaires, à certains sports et notamment à l’appartenance à certains groupes. Il apparaît nettement que c’est souvent l’occasion qui fait le larron, c’est-à-dire que ce sont certaines situations qui incitent les jeunes à commettre des délits.
Les 11 délits énumérés sont commis plus souvent par des garçons que par des filles. La différence est hautement significative, en particulier en ce qui concerne tous les actes de violence, comme le port d’arme ou le cambriolage. Cette différence est moins marquée en ce qui concerne le vol et le vandalisme. Ainsi 23% des garçons et 7% des filles ont déjà participé à une bagarre en groupe alors que le rapport en ce qui concerne les vols à l’étalage (les taux sont à vrai dire très élevés) n’est que de 30% contre 20%.
En général, les immigrés commettent plus de délits que les Suisses. Il est toutefois intéressant de constater que la différence en ce qui concerne les vols à l’étalage, les autres vols, le vandalisme et la vente de drogue n’est pas significative, c’est-à-dire que les Suisses commettent ces délits presque aussi souvent que les étrangers.
Facteurs familiaux, contrôle parental
Les jeunes qui vivent avec leurs deux parents biologiques commettent moins de délits que ceux qui vivent avec le père ou la mère seuls ou dans une famille recomposée, c’est-à-dire où l’un des parents a un nouveau / une nouvelle partenaire.
Le facteur le plus déterminant pour la délinquance est celui du contrôle parental, c’est-à-dire le fait que les parents savent avec qui leur enfant sort le soir, où il ou elle va, le fait d’imposer des heures de rentrée. Les jeunes dont les parents exercent un contrôle réel commettent beaucoup moins de délits que ceux dont les parents sont plus laxistes. Les jeunes qui, au cours des 12 mois écoulés, ont passé toute une nuit hors de la maison – ils sont 22% – présentent un taux plus élevé pour tous les types de délits.
88% des jeunes s’attendent à être punis quand ils sont pris en flagrant délit. Ce taux élevé indique que les parents sont quand même dans leur majorité conscients de leurs responsabilités d’éducateurs.
Et 70% indiquent qu’ils s’attendent à des conséquences à l’école en cas de délit. En revanche, ce qui est inquiétant, c’est le fait que 42% estiment qu’ils n’ont rien à craindre de la police parce qu’ils sont mineurs.
Le graphique 3 montre la prévalence des délits pendant les 12 mois écoulés pour les 4 types d’écoles. A considérer les 3 premiers types d’école, on observe une tendance montrant que la délinquance augmente inversement au niveau de l’école, mais elle n’est pas absolue. Si elle se confirme pour les élèves des Kleinklassen en ce qui concerne les actes de violence, on observe que pour les autres délits, ces adolescents se situent généralement en deçà de ceux des Realklassen et parfois même des Sekundarklassen.
Les élèves des «écoles à problèmes» (forte consommation de drogues, bagarres et vols fréquents) s’avèrent plus violents. 16% d’entre eux indiquent que ces délits sont typiques de leur école. Les élèves fréquentant ces écoles commettent davantage d’actes de violence non seulement à l’école mais aussi ailleurs.
Le même phénomène s’observe à propos des quartiers. Les jeunes qui habitent dans des quartiers difficiles présentent quatre fois plus de risques de commettre des actes de violence que ceux qui habitent des quartiers sans problèmes.
Les redoublants et plus encore les élèves qui sèchent les cours ont un taux plus élevé de délinquance que les autres. Dans l’ensemble, 17% des jeunes interrogés ont manqué au moins une fois l’école toute une journée durant les 12 mois écoulés. Leur taux de délinquance est nettement plus élevé, notamment pour les vols avec violence, les cambriolages, les vols de deux-roues et la vente de drogue.
Les règles scolaires, concernant par exemple le respect d’autrui, l’honnêteté ou l’interdiction d’utiliser son portable, ne sont efficaces que lorsqu’on les impose de manière systématique. Les actes de violence sont très peu nombreux dans les écoles où l’interdiction d’utiliser son portable est imposée systématiquement.
Le lien affectif à l’égard de l’école est «la plus importante des variables scolaires». Il est réjouissant de constater que 68% des élèves déclarent aimer l’école. Ces élèves commettent nettement moins de délits que les autres. En outre, un lien affectif positif avec l’école diminue la violence non seulement à l’école mais également dans les activités de loisir.
Le lien entre les activités de loisirs et les sorties d’une part et la violence d’autre part a été étudié. Les résultats sont clairs: «Les jeunes violents se livrent à toutes les activités pratiquées en dehors de la maison (énumérées dans le questionnaire) plus souvent que les jeunes non-violents: ils vont plus souvent dans les discothèques, dans des soirées ou à des concerts, passent plus de temps dans les restaurants, les bars et les bistrots, vont plus souvent dans des lieux de rencontre de jeunes, traînassent plus souvent dans les lieux publics, «glandent» plus souvent chez des copains et font plus souvent du shopping. A la maison, ils surfent plus souvent sur Internet ou jouent plus souvent à des jeux vidéo. Ils jouent moins souvent d’un instrument chez eux et lisent moins de livres. Ils sont moins souvent avec leurs parents (à la maison ou à l’extérieur).» La violence augmente parallèlement à la fréquence des sorties, et cela aussi bien chez les garçons que chez les filles (graphique 79).
Comme le montre le tableau 4, 81% des adolescents ont consommé de l’alcool au cours de l’année écoulée et 29% boivent régulièrement (chaque semaine).
Tandis que 79% ne boivent de l’alcool qu’à des occasions particulières, 21% en consomment fréquemment sans raisons particulières. 75% déclarent que généralement, ils ne boivent que peu mais 26% boivent fréquemment jusqu’à l’ivresse. 40% ont déjà été ivres et 24% disent avoir eu, pendant ou après la consommation d’alcool, des trous de mémoire. 2% ont même dû être hospitalisés à la suite d’une intoxication alcoolique (graphique 56).
En ce qui concerne les drogues, le bilan n’est pas plus réjouissant. 26% ont consommé du cannabis dans les 12 mois écoulés et 6% d’autres drogues figurant dans le graphique 58 et que l’on appelle communément drogues dures. L’étude montre explicitement le «rapport étroit qui existe entre la délinquance et la consommation de cannabis». En outre, 56% des amateurs d’alcool consomment également du cannabis.
Aussi la consommation régulière d’alcool et celle de drogues sont étroitement corrélées à la délinquance pour tous les délits envisagés (graphique 61).
La majorité des délits, c’est-à-dire 73%, sont commis dans des lieux publics: rues, places, parcs, transports en commun, gares, restaurants, bars, bistrots, centres commerciaux, etc. et la plupart après 20 heures et en groupe. 20% des vols avec violence et des bagarres ont lieu dans les gares et 19% des vols avec violence et des coups et blessures dans les écoles.
Comme une grande partie des délits sont perpétrés dans des lieux publics et en groupe, les auteurs ont également étudié l’appartenance à des bandes. Ils ont constaté que 29% des jeunes appartiennent à une bande qui se livre parfois à des activités illégales. 6% des jeunes – 8% de garçons et 4% de filles – font partie d’une bande qui se définit explicitement par ses activités criminelles. L’étude constate chez ces gangs une structure comportementale criminogène: «Les membres d’un gang manifestent plus fréquemment des conduites à risques que les autres. Ils consomment plus fréquemment de l’alcool et des drogues que les autres, ont plus souvent une attitude négative à l’égard de l’école, sèchent plus souvent les cours, fuguent plus souvent. En outre, ils habitent plus souvent dans des quartiers difficiles et leurs parents exercent moins de contrôle.»
De nombreux délits commis en bande le sont «simplement parce qu’on s’ennuie.» L’ennui a été mentionné comme mobile d’un bon quart des délits commis en bande. Cela montre que les jeunes glandent souvent en groupe et, ne sachant pas vraiment quoi faire, commettent des actes de violence.
Le rapport entre le sport et la violence a également été étudié. 91% des jeunes pratiquent un ou plusieurs sports, 86% régulièrement, au moins une fois par semaine. Le pourcentage de garçons (93%) est légèrement supérieur à celui des filles (89%).
Parmi les 22 disciplines envisagées, on observe des différences importantes quant à leurs effets sur la violence. Les sports de combat, la musculation, le basketball, le football, le hockey sur glace et le skateboard sont corrélés à un taux élevé de violence alors que l’équitation, la gymnastique artistique, la marche, les sports de neige, le badminton, la natation et le cyclisme sont liés à un taux de violence inférieur (graphiques 71 et 72).
Les sports liés à la violence sont souvent des sports d’équipe impliquant un contact corporel avec l’adversaire. Avant les compétitions, on fait monter l’agressivité des joueurs car c’est uniquement dans cet état d’esprit qu’ils jouent vraiment bien. Il est possible que les jeunes apprennent dans ces sports à s’imposer physiquement et qu’ils manifestent cette attitude dans les contacts non sportifs. Le gain de force procuré par la musculation apporte des avantages dans les bagarres. Il en va autrement dans la pratique du skateboard où ce sont plutôt des facteurs situationnels, comme le fait d’être fréquemment avec des camarades, qui favorisent la violence.
Les sports individuels et ceux qui font plutôt appel à l’agilité et à la technique sont moins étroitement associés à la violence.
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ds. Les résultats de cette étude sont clairs. Rendez-vous compte que parmi les 5200 jeunes de 15–16 ans interrogés, 840 ont infligé des coups et blessures et participé à des bagarres en groupe. Plus d’un tiers, c’est-à-dire plus de 1700 ont déjà volé quelque chose dans un magasin et 830 un deux-roues. 570 ont déjà vendu de la drogue et 880 ont porté une arme interdite.
4200 ont consommé de l’alcool au cours des 12 mois précédant l’enquête et 3300 de l’alcool fort. Environ 1500 boivent régulièrement, c’est-à-dire chaque semaine. Environ 200 ont déjà été ivres et 1200 ont eu des trous de mémoire pendant ou après l’ivresse et plus de 100 ont été hospitalisés à la suite d’une intoxication alcoolique. Plus de 1500 ont consommé du cannabis et 320 des drogues dures. Les chiffres concernant l’alcool et les drogues sont particulièrement alarmants. Comme le cerveau et le foie des jeunes ne sont pas encore entièrement développés, l’alcool et les drogues peuvent nuire à leur développement aussi bien physique que psychique. En outre, l’ivresse totale peut entraîner la mort puisqu’il s’agit, médicalement parlant, d’une intoxication.
1500 jeunes appartiennent à une bande qui se livre à l’occasion à des activités illégales et plus de 300 appartiennent même à un gang criminel.
Ajoutons que le rapport sur les jeunes multirécidivistes – enquête effectuée auprès des polices cantonales et municipales de Suisse – évalue à 500 environ le nombre des jeunes multirécidivistes en Suisse qui, la plupart du temps, sévissent au sein de bandes petites ou moyennes dont la composition, les chefs et les suiveurs sont variables. La gravité des délits et la violence pour la violence dans les bagarres ont fortement augmenté. Les jeunes récidivistes agissent plus fréquemment et avec plus de brutalité.
Dans son ouvrage intitulé «Vorsicht Bürgerkrieg! Was lange gärt, wird endlich Wut.» [Attention, guerre civile! Ce qui fermente longtemps, explose enfin], 2009 (ISBN 978-3-938516-94-2), Udo Ulfkotte décrit la situation dans de nombreuses zones à forte concentration urbaine d’Europe dans lesquelles des bandes de jeunes font la loi dans des quartiers entiers et mettent en danger la vie sociale. Les jeunes enclins à la violence trouvent dans ces bandes la possibilité d’acquérir considération et pouvoir.
Flambée d’autisme aux États-Unis par Steven Higgs | |
Mondialisation.ca, Le 3 novembre 2009 | |
Pendant que l’attention du pays se focalise sur la pandémie du H1N1 qui fait rage, d’autres signes d’une épidémie plus insidieuse, accueillis par un haussement d’épaule tout à fait prévisible des grands médias, sont apparus. Les conclusions de deux études fédérales annoncées en octobre, indiquent que les parents ont au moins une chance sur cent d'avoir un enfant atteint d'un trouble du spectre autistique (TSA). Comme les garçons sont quatre fois plus touchés, leurs chances grimpent jusqu’à 1 sur 60.
Le 2 octobre, Kathleen Sebelius, secrétaire de Health and Human Services (HHS, Services de santé et à la personne) a déclaré à la presse et à environ 50 membres de la communauté de l'autisme, qu'une étude inédite du CDC (Centres de contrôle et de prévention des maladies) montre que l'incidence du TSA chez l’enfant de 8 ans né en 1996 était de 1 sur 100. Les deux dernières études de l’agence sur les enfants nés en 1992 et 1994 évaluait cette incidence à 1 sur 150.
Le 5 octobre, la revue Pediatrics a publié le résultat du « Sondage national de 2007 sur la santé des enfants » du Bureau de la Santé Infantile du HHS. Il montre que, chez les enfants de 3 à 17 ans, 1 sur 91 est autiste.
Le TSA inclue les troubles autistiques, le syndrome d'Asperger et les troubles envahissants du développement non spécifiés autrement (PDD-NOS), caractérisés par des déficits tout au long de la croissance, dans le domaine social, comportemental et dans les qualités relationnelles. Selon le CDC, les gens atteints de TSA « ont d’importantes déficiences de qualités sociales et relationnelles. Ils ont souvent un comportement répétitif et des intérêts inhabituels. »
Les données de l’enquête nationale sur la santé des enfants sont issues du sondage téléphonique de 78.000 parents, qui ont déclaré que leur enfant avait été diagnostiqué et a toujours un TSA. Bien que la méthodologie ait été critiquée, les résultats ne sont pas très éloignés de ceux d'autres rapports récents.
Dans l'Indiana, un État énormément empoisonné par un taux d'autisme relativement élevé, les données communiquées au ministère de l'Enseignement local par chacun de ses réseaux scolaires publics, ont montré dans les trois dernières années des pointes dans le nombre d'enfants inscrits dans l'enseignement spécial de la catégorie « autiste. » Le gouvernement fédéral exige que ces données soient appelées Données du Dénombrement des Enfants.
« L'année dernière, 1 étudiant sur 128 remplissait les conditions de la catégorie du TSA, » a déclaré, pour un article au printemps dernier, Cathy Pratt, directrice du Centre de ressources de l'Indiana et présidente de la Société nationale de l'autisme d'Amérique. « Le taux déterminé cette année est de 1 sur 113. »
En juin, Cathy Pratt a signalé les derniers chiffres dans un courriel au journal Bloomington Alternative : « Maintenant, les Données du Dénombrement des Enfants donnent 1 sur 101. » Dans un autre courriel la semaine dernière, elle a confirmé son chiffre : « Ce sont les dernières données que j'ai. »
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Comme l’a observé le blogueur David Kirby du journal Huffington Post dans sa rubrique du 9 octobre, la réaction des grands médias aux dernières données du CDC a été « plutôt nonchalante. » Mais les implications des nouveaux chiffres sont tout sauf banales. Comme le dit Kirby, auteur du best-seller Evidence of Harm: Mercury in Vaccines and the Autism Epidemic: A Medical Controversy (Preuve de nuisance : Mercure dans les vaccins et épidémie d'autisme : Une controverse médicale), ils sont « effrayants. »
L’amélioration de la méthode de diagnostic et la modification des critères [de test de l’autisme] ont longtemps compliqué un débat national parfois incendiaire sur l'autisme, sa fréquence et ses causes.
Publiée en 1994, la 4ème édition (DSM-IV) de Diagnostic and Statistical Manual of Mental Health Disorders a élargi les critères du TSA afin d’inclure l'Asperger et les PDD-NOS. De cette manière, les 0,44 cas d’autisme sur 1000 naissances que le ministère californien de la Santé a déterminé en 1980, par exemple, ne peuvent être comparés rigoureusement aux études du CDC qui indiquaient un taux de 6,7 et 6,6 pour 1000 en 1992 et 1994. Les sujets californiens furent diagnostiqués avant la mise à jour du DSM-IV, les sujets du CDC après [ndt : c’est curieux, cela implique que la mise à jour publiée en 1994 était déjà en vigueur en 1992].
Mais le nouveau rapport de 1 pour 100 chez les enfants nés en 1996 apparaît comme une comparaison raisonnable. Les trois groupes de sujets ont été déterminés avec les mêmes critères de diagnostic. Et, bien que l'étude actuelle ne sera pas publiée avant la fin de cette année, il ne semble pas que le CDC ait modifié sa méthodologie.
Et il est rapporté que la réponse des fonctionnaires fédéraux aux nouveaux chiffres évoque le drame. Dans son article du 5 octobre, Age of Autism, Kirby décrit l’appel de Kathleen Sebelius à la communauté de l'autisme comme une « causerie téléphonique organisée à la hâte, » au cours de laquelle elle a annoncé que le « caractère généralisé de l'autisme pourrait être encore plus important que ce qui était estimé auparavant. »
La secrétaire a ensuite un peu évité de se compromettre (« Nous ne savons pas si ça a augmenté, et nous espérons pouvoir lever ces mystères. »), a déclaré que l'autisme est un « défi urgent de santé publique, » et a « promptement mis fin à sa causerie, » toujours selon Kirby.
Associated Press a signalé le 5 octobre que le CDC avait annoncé le constat inédit du 1 sur 100 « au cours d'une conférence de presse mise sous embargo, » en réponse à la publication du taux de 1 sur 91 du sondage sur la santé des enfants.
Le Dr Thomas R. Insel, directeur de l'Institut national de santé mentale et président du Comité de coordination interagences de l’autisme, a fourni plus de détails.
Dans une interview au Chicago Tribune, il a fait une remarque précautionneuse, semblable à celle de Sebelius. « À quoi est due l’augmentation n'est pas très clair, » a-t-il dit. « On ne sait pas si plus d'enfants sont affectés ou si ce ne sont que les changements dans nos possibilités de les déceler. »
Une autre interview avec un journaliste médical d’Associated Press a donné plus à réfléchir. « Le souci ici, c’est que, enfouie sous ces chiffres, il y a une véritable hausse, » a dit Insel. « Nous allons devoir réfléchir très sérieusement sur ce que nous allons faire pour le 1 sur 100. »
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Personne ne sait ce qui provoque l'autisme, et encore moins ce qui est responsable de la preuve statistique de la flambée du nombre de cas. « Honnêtement, si quelqu'un devait donner une conférence sur l'étiologie de l'autisme, ce serait pure spéculation, » selon le Dr Christopher McDougle, chercheur sur l'autisme et président du département de psychiatrie de l’école de médecine de l’Université de l'Indiana. « Il n'y a rien qui soit connu. »
La recherche a porté sur les causes périnatales et prénatales, a-t-il dit, parce que les symptômes autistiques apparaissent entre un an et un an et demi. Les dommages fœtaux suspectés incluent les torts liés aux médicaments, le développement anormal du cerveau pour cause génétique ou les infections. Les facteurs contributifs à la naissance pourrait être la prématurité, le manque d'oxygène au cerveau, un accouchement prolongé ou des infections. Peu de temps après la naissance, il y a les infections ou les causes environnementales.
Selon McDougle, un nombre croissant de chercheurs pensent que l'autisme est déclenché par « contact environnemental » chez les individus prédisposés génétiquement.
Kirby compte parmi ceux qui affirment que la pollution de l'environnement est la cause probable de l'épidémie d'autisme. Les responsables fédéraux de la santé, qui ont amené l'Associated Press à annoncer, « Une plus grande sensibilisation, des définitions plus larges et le repérage de l'autisme chez les enfants, pourrait expliquer en partie cette augmentation, » se sont égarés, a-t-il affirmé.
« Certains ont qualifié de « bonne nouvelle » le fait que les médecins soient aujourd’hui aussi compétents dans le diagnostic des formes de TSA plus bénignes, » a écrit Kirby dans le Huffington Post... Beaucoup me diront alarmiste, mais je pense qu’un jeune garçon sur 60 souffrant d'un trouble du spectre autistique est une crise nationale, et pas seulement une confirmation rassurante de la façon dont les choses ont toujours été. »
De plus, a-t-il ajouté, gober cet argument c’est accepter la conclusion qu’un homme sur 60, jeunes et vieux, a un TSA. « Croyez-vous vraiment qu’un homme sur 60 soit autiste ? » a-t-il demandé.
Pour Kirby, l'augmentation parallèle de la pollution environnementale et du taux d'autisme sont liés. Et les fonctionnaires fédéraux doivent réorienter leur attention en conséquence.
« Ils ne semblent pas comprendre que l'augmentation du niveau d’exposition aux toxiques environnementaux chez les enfants génétiquement prédisposés pourraient aussi être en jeu ici, » a-t-il écrit dans le Huffington Post. « Je pense personnellement que les toxiques comme le mercure peuvent déclencher le TSA chez les enfants. Ces expositions toxiques sont à la hausse, et il en est de même de l'incidence du TSA. »
Article original en anglais:www.counterpunch.com/higgs11022009.html, le 2 novembre 2009.
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Articles de Steven Higgs publiés par Mondialisation.ca | |
La géopolitique derrière la guerre bidon des États-Unis en Afghanistan par F. William Engdahl | |
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Mondialisation.ca, Le 3 novembre 2009 | |
Derrière tous les débats officiels trompeurs sur le nombre de troupes nécessaires pour « gagner » la guerre en Afghanistan, si 30 000 soldats de plus sont suffisantes ou si le besoin est au moins 200 000, le but réel de la présence militaire étasunienne dans ce pays pivot d'Asie centrale est éclipsé
Pendant sa campagne présidentielle de 2008, le candidat Obama a même affirmé que l'Afghanistan, et non pas l'Irak, est l’endroit où les États-Unis doivent faire la guerre. Sa raison ? Parce que, selon lui, c'est là que l'organisation Al-Qaïda est retranchée et c’est la « vraie » menace pour la sécurité nationale. Les raisons de l'implication étasunienne en Afghanistan sont tout à fait différentes.
L'armée US occupe l'Afghanistan pour deux raisons : principalement pour rétablir et contrôler la plus grande fourniture mondiale d’opium des marchés internationaux de l'héroïne et utiliser la drogue comme arme contre ses adversaires sur le plan géopolitique, tout particulièrement, la Russie. Le contrôle du marché de la drogue afghane est capital pour les liquidités de la mafia financière en faillite et dépravée de Wall Street.
La géopolitique de l'opium afghan
D’après un rapport officiel de l'ONU, la production d'opium afghan a augmenté de façon spectaculaire depuis la chute du régime taliban en 2001. Les données du Bureau des drogues et des crimes des Nations-Unies montrent qu’il y a eu plus de cultures du pavot pendant chacune des quatre dernières saisons de croissance (2004-2007), qu’en une année sous le régime taliban. Plus de terres sont dédiées à l'opium à présent en Afghanistan que pour la culture du coca en Amérique latine. En 2007, 93% des opiacés du marché mondial provenaient d'Afghanistan. Ce n'est pas par hasard.
Il a été démontré que Washington à choisi soigneusement le controversé Hamid Karzaï, un chef de guerre pachtoune de la tribu Popalzai, longtemps au service de la CIA, revenu de son exil aux États-Unis, fabriqué comme une mythologie hollywoodienne autour de sa « courageuse autorité sur son peuple. » Selon des sources afghanes, Hamid Karzaï est aujourd'hui le « Parrain » de l'opium afghan. Ce n’est apparemment pas par hasard s’il a été et reste aujourd'hui encore l'homme préféré de Washington à Kaboul. Pourtant, même avec l'achat massif de votes, la fraude et d'intimidation, les jours de Karzaï en tant que président pourraient se terminer.
Longtemps après que le monde a oublié qui est le mystérieux Oussama Ben Laden et ce qu'est Al Qaida, sa prétendue organisation terroriste, -- ou se demande même s'ils existent -- la seconde raison de la fixation de l’US army en Afghanistanapparait comme un prétexte pour créer une force de frappe militaire étasunienne permanente avec un série de bases aériennes fixes en Afghanistan. L'objectif de ces bases n'est pas de faire disparaître les cellules d'Al Qaïda qui pourraient avoir survécu dans les grottes de Tora Bora ou d'éradiquer un « taliban » mythique, qui, selon des rapports de témoins oculaires, est en ce moment composé majoritairement d’habitants afghans ordinaires en lutte une fois encore pour débarrasser leurs terres des armées occupantes, comme ils l’ont fait dans les années 80 contre les Soviétiques.
Pour les États-Unis, la raison des bases afghanes, c’est d’avoir dans leur ligne de mire et d’être capables de frapper les deux nations du monde qui, réunies, constituent aujourd'hui la seule menace à leur pouvoir suprême sur le monde, à l’America's Full Spectrum Dominance (domination US sous tous ses aspects), comme l’appelle le Pentagone.
La perte du « Mandat Céleste »
Le problème pour les élites* au pouvoir à Wall Street et à Washington, c’est le fait qu'ils soient désormais enlisés dans la plus profonde crise financière de leur histoire. Cette crise est indubitable pour le monde entier, et le monde agit en faveur de sa propre survie. Les élites étasuniennes ont perdu ce qui est connu dans l'histoire impériale chinoise sous le nom de Mandat Céleste. Ce mandat est donné à un souverain ou à une élite régnante à condition qu'ils dirigent leur peuple avec justice et équité. Quand ils règnent tyranniquement et comme des despotes, en opprimant leur peuple et en en abusant, ils perdent ce Mandate Céleste.
Si les puissantes élites riches du privé qui ont contrôlé les politiques essentielles, financière et étrangère, la plupart du temps au siècle dernier au moins, ont eu un jour le mandat céleste, il est évident qu'elles l’ont perdu. L'évolution interne vers la création d'un État policier injuste, avec des citoyens privés de leurs droits constitutionnels, l'exercice arbitraire du pouvoir par des non élus, comme le ministre des Finances Henry Paulson et maintenant Tim Geithner, qui volent des billions de dollars du contribuable sans son consentement pour renflouer de la banqueroute les plus grandes banques de Wall Street, des banques jugées « trop grosses pour couler, » tout cela démontre au monde qu'elles ont perdu le mandat.
Dans cette situation, les élites au pouvoir sont de plus en plus désespérées de maintenir leur contrôle sur un empire mondial parasitaire, faussement appelé « mondialisation » par leur machine médiatique. Pour maintenir leur domination, il est essentiel que les États-Unis soient capables de rompre toute coopération naissante dans le domaine économique, énergétique ou militaire, entre les deux grandes puissances de l'Eurasie qui, en théorie, pourraient présenter une menace au futur contrôle de l’unique superpuissance : la Chine associée à la Russie.
Chaque puissance eurasienne complète le tableau de contributions essentielles. La Chine est l'économie la plus robuste du monde, une énorme main-d'œuvre jeune et dynamique, une classe moyenne éduquée. La Russie, dont l'économie ne s'est pas remise de la fin destructrice de l'ère soviétique et des grossiers pillages au cours de l'ère Eltsine, possède toujours des atouts essentiels pour l’association. La force de frappe nucléaire de la Russie et son armée présentent la seule menace dans le monde d'aujourd'hui à la domination militaire des États-Unis, même si ce sont en grande partie des reliquats de la Guerre Froide. Les élites de l'armée russe n'ont jamais renoncé à ce potentiel.
La Russie détient également le plus grand trésor du monde en gaz naturel et d’immenses réserves pétrolières dont la Chine a impérieusement besoin. Ces deux puissances convergent de plus en plus à travers une nouvelle organisation créée par elles en 2001, connue sous le nom d'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). En plus de la Chine et de la Russie, l’OCS inclut les plus grands pays d'Asie centrale, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan.
Le but allégué de la guerre des États-Unis contre à la fois les talibans et Al Qaïda, consiste en réalité à installer leur force de frappe militaire directement en Asie centrale, au milieu de l'espace géographique de l'OCS montante. L'Iran est une diversion. La principale cible, c’est la Russie et la Chine.
Officiellement, Washington affirme bien sûr avoir établi sa présence militaire en Afghanistan depuis 2002 pour protéger la « fragile » démocratie afghane. C'est un argument singulier, quand on voit la réalité de sa présence militaire là-bas.
En décembre 2004, lors d'une visite à Kaboul, le ministre de la Guerre Donald Rumsfeld a finalisé ses projets de construction de neuf nouvelles bases en Afghanistan, dans les provinces de Helmand, Herat, Nimrouz, Balkh, Khost et Paktia. Les neuf se rajoutent aux trois bases militaires principales déjà installées à la suite de l’occupation de l'Afghanistan pendant l'hiver de 2001 à 2002, prétendument pour isoler et éliminer la menace terroriste d'Osama Ben Laden.
Le Pentagone a construit ses trois premières bases sur les aérodromes de Bagram, au nord de Kaboul, son principal centre logistique militaire ; de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan ; et de Shindand, dans la province occidentale de Herat. Shindand, sa plus grande base afghane, est construite à seulement 100 kilomètres de la frontière iranienne, et à distance de frappe contre la Russie et la Chine.
L'Afghanistan est historiquement au cœur du grand jeu anglo-russe, la lutte pour le contrôle de l'Asie centrale au 19ème siècle et au début du 20ème. La stratégie britannique était alors d'empêcher à tout prix la Russie de contrôler l'Afghanistan, ce qui aurait été une menace pour le joyau de la couronne impériale britannique, l’Inde.
L'Afghanistan est de même considéré par les planificateurs du Pentagone comme hautement stratégique. Il constitue une plate-forme d’où la puissance militaire étasunienne pourrait menacer directement la Russie et la Chine, ainsi que l'Iran et les autres riches pays pétroliers du Moyen-Orient. Peu de choses ont changé sur le plan géopolitique en plus d'un siècle de guerres.
L'Afghanistan se trouve sur une position extrêmement vitale, à cheval sur l'Asie du Sud, l'Asie centrale et le Moyen-Orient. L'Afghanistan est aussi situé le long de l’itinéraire envisagé pour le pipeline pétrolier, depuis les champs pétrolifères de la mer Caspienne jusqu’à l'océan Indien, où la société pétrolière étasunienne, Unocal, avec Enron et Halliburton de Cheney, avaient été en négociation pour les droits exclusifs du gazoduc d’acheminement du gaz naturel du Turkménistan à travers l'Afghanistan et le Pakistan, vers l’énorme centrale électrique à gaz naturel d’Enron à Dabhol près de Mumbai (Bombay). Avant de devenir le président fantoche des États-Unis, Karzai avait été un lobbyiste d'Unocal.
Al Qaïda n'existe pas en tant que menace
La vérité, concernant toute cette tromperie autour du but réel en Afghanistan, devient claire si on examine de plus près la prétendue menace d’« Al Qaïda » là-bas. Selon l'auteur Erik Margolis, avant les attentats du 11 septembre 2001, le Renseignement étasunien accordait assistance et soutien à la fois aux talibans et à Al Qaïda. Margolis affirme que « La CIA projetait d'utiliser Al Qaïda d’Osama Ben Laden pour inciter à la révolte les Ouïgours musulmans contre la domination chinoise, et les talibans contre les alliés de la Russie en Asie centrale. »
Les États-Unis ont manifestement trouvé d'autres moyens pour soulever les Ouïgours musulmans contre Pékin en juillet dernier, par l’intermédiaire de leur soutien au Congrès mondial ouïghour. Mais la « menace » d’Al Qaida demeure le pivot d’Obama pour justifier l’intensification de sa guerre en Afghanistan.
Mais, à présent, James Jones, le conseiller en sécurité nationale du Président Obama, ancien général de Marine, a fait une déclaration, enterrée opportunément par les aimables médias étasuniens, sur l’évaluation de l’importance du danger représenté actuellement par Al Qaïda en Afghanistan. Jones a déclaré au Congrès, « La présence d'Al Qaïda est très réduite. L'évaluation maximale est inférieure à 100 exécutants dans le pays, aucune base, aucune capacité à lancer des attaques contre nous ou nos alliés. »
À toutes fins utiles, cela signifie qu’Al Qaïda n'existe pas en Afghanistan. Diable...
Même au Pakistan voisin, les restes d'Al Qaïda ne sont presque plus décelables. Le Wall Street Journal signale : « Chassés par les drones étasuniens, en proie à des problèmes d'argent, et trouvant plus de difficultés à attirer les jeunes Arabes dans les montagnes sombres du Pakistan, Al Qaïda voit son rôle rapetisser là-bas et en Afghanistan, selon des rapports du Renseignement et des responsables pakistanais et étasuniens. Pour les jeunes arabes qui sont les principales recrues d’Al Qaida, ‘’il n'est pas romantique d’avoir froid et faim et de se cacher’’, a déclaré un haut responsable étasunien en Asie du Sud. »
Si nous comprenons les conséquences logiques de cette déclaration, nous devons donc conclure que la raison pour laquelle de jeunes soldats allemands et d'autres de l'OTAN meurent dans les montagnes afghanes n'a rien à voir avec « gagner une guerre contre le terrorisme. » Opportunément, la plupart des médias choisissent d'oublier le fait qu’Al Qaïda, dans la mesure où cette organisation a existé, était une création de la CIA dans les années 80. Elle recrutait et formait à la guerre des musulmans radicaux de la totalité du monde islamique contre les troupes russes en Afghanistan, dans le cadre d'une stratégie élaborée par Bill Casey, chef de la CIA sous Reagan, et d'autres, pour créer un « nouveau Viêt-nam » pour l'Union Soviétique, qui aboutirait à la défaite humiliante de l'Armée Rouge et l'effondrement final de l'Union Soviétique.
James Jones, le patron du National Security Council, reconnaît à présent qu'il n'y a pratiquement personne d’Al Qaida en Afghanistan. Peut-être serait-il temps d’une explication plus honnête de nos dirigeants politiques sur la véritable raison de l'envoi d’autres jeunes en Afghanistan, pour mourir en protégeant les récoltes d'opium.
Ndt : Le mot élite est un euphémisme de plus en plus utilisé ces derniers temps pour désigner un individu qu’aucune valeur humaine n’embarrasse dans la réalisation de ses ambitions. C’est devenu un synonyme de psychopathe.
Article original en anglais : America's Phoney War in Afghanistan, publié le 21 octobre 2009. Traduction : Pétrus Lombard F. William Engdahl est l'auteur de plusieurs ouvrages en anglais dont deux sont traduits en français : OGM : Semences de destruction : L’arme de la faim(le livre original en anglais,Seeds of destruction) ![]() etPétrole, une guerre d'un siècle : L'ordre mondial anglo-américain. Il est joignable depuis son site. Pour contacter l'auteur : www.engdahl.oilgeopolitics.net | |
F. William Engdahl est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de F. William Engdahl publiés par Mondialisation.ca | |
Tunisie: Le pays du jasmin, le miroir déformé de l’occident par René Naba | |
Mondialisation.ca, Le 3 novembre 2009 | |
L’arrestation du journaliste Toufic Ben Brick, le 29 octobre, cinq jours après la réélection du président Zine El-Abidine Ben Ali a retenti comme un camouflet à l’égard de ses protecteurs occidentaux et des pensionnaires gracieux de ses sites balnéaires. Il porte condamnation de leur complaisance et discrédite leur discours. Paris, 2 novembre 2009. La Tunisie célèbre, le 7 novembre 2009, le 22 ème anniversaire du coup d’état médical du général Zine El-Abidine Ben Ali, contre le père de l’indépendance tunisienne, le combattant suprême Habib Bourguiba, dans une ambiance de résignation de la population découragée par la perspective d’une présidence à vie de leur «général président» du fait de ses jongleries constitutionnelles visant à assurer sa longévité politique avec la complicité silencieuse de ses protecteurs occidentaux. Régime décrié pour son usage abusif du népotisme, de la répression, de l’intimidation et de la corruption, la Tunisie continue de bénéficier néanmoins d’une étonnante mansuétude de la part des pays occidentaux, plus prompts à dénoncer les violations des droits de l’Homme en Iran ou en Syrie que dans l’arrière cour de la France (Tunisie, Maroc, Gabon, Tchad), plus prompts à s’enflammer pour le Darfour que pour Gaza, pour le Tibet que pour le Yémen. Plus prompts à fustiger la fraude électorale en Iran à grands renforts de campagne médiatique que le trucage massif en Afghanistan, ou la parodie de la démocratie à la tunisienne ou encore la vénalité de la féodalité politique du bloc parlementaire du milliardaire libano saoudien Saad Hariri au Liban. Plus prompts enfin à carboniser un chef d’état coupable d’avoir prolongé son mandat de trois ans, rien que trois ans, le libanais Emile Lahoud, que leurs clients arabes multirécidivistes de la reconduction, l’égyptien Hosni Moubarak (28 ans de pouvoir) ou le tunisien Ben Ali (22 ans de pouvoir) ou encore les dinosaures de la Françafrique Doté d’une coterie familiale agglomérant des trafiquants de drogue, des écumeurs des mers et des prédateurs des banques, le roitelet tunisien trône en partage avec son envahissante épouse Leïla sur le pays du jasmin, devenu au fil des ans le royaume putride de la corruption, une parodie de démocratie, l’alibi occidental à la lutte contre le fondamentalisme religieux, le miroir déformé de l’occident, la face honteuse de ses pratiques dévoyées. En vue de la reconduction de son mandat, le petit génie de Carthage s’est surpassé lors de la dernière consultation électorale, dimanche 25 octobre, faisant preuve d’imagination et d’innovation au point que la plupart des observateurs s‘accordent à penser que le scrutin présidentiel aura été un chef d’œuvre de mascarade et d’arbitraire. Si Zine El-Abidine Ben Ali a été officiellement réélu, sans surprise, pour un cinquième mandat avec 89,62 % des suffrages exprimés, selon les résultats définitifs du ministère de l’intérieur, le président sortant n’a toutefois pas réussi à dépasser les 90 % réalisés lors des deux précédents scrutins, en 1999 et 2004. L’homme n’avait pourtant pas ménagé ses efforts. Il a ainsi veillé à donner l’apparence d’une compétition pluraliste en s’assurant la présence de trois autres concurrents, dont deux figurants, représentants des partis proches du pouvoir, Mohamed Bouchiha, du Parti de l’Unité populaire et Ahmed Inoubli de l’Union démocratique unioniste, ainsi que M. Ahmed Brahim, dirigeant du parti Ettajdid (Renouveau, ex-communiste), seul véritable contestataire dans cette compétition. Préconisant une transparence qui fera date dans les annales des scrutins électoraux à l’effet d’inspirer plus d’un dirigeant aspirant à l’éternité, le président Ben Ali a retourné l’équation aménageant une transparence non pas du scrutin mais des votants par le biais des enveloppes à déposer dans les urnes, coloriées en fonction des candidats. L’arbitraire est incrusté à toutes les strates de l’état. Le ministre de la communication a ainsi payé de son poste le fait de n’avoir su aménager un tirage au sort favorable au président Ben Ali pour la présentation de son programme à la télévision alors qu’il avait déjà accaparé 97,22 % de l’espace consacré à la campagne présidentielle par la presse écrite, contre 0,22 % pour son principal rival, Ahmed Brahim, et 1,27 et 1,28 % pour les deux autres candidats, selon une étude commune de l’Association des femmes démocrates, de la Ligue de défense des droits de l’homme et «Reporters sans Frontières» (LeMonde.fr 23.10.2009 ). Sacrifions à l’usage et souhaitons donc longue vie au président réélu Ben Ali (73 ans) et à ses protecteurs français, l’homme de la rupture affichée mais de la continuité pratiquée, le Président Nicolas Sarkozy, le Président gaulliste de la Cour des comptes, Philippe Seguin, le vacancier de Bizerte, Bertrand Delanoë, Maire socialiste de Paris, le résident de Sidi Bou Saïd, Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, et la cohorte des intellectuels médiatiques, pensionnaires gracieux de ses sites balnéaires, qui assurent sa promotion et celle de son paradis d’enfer, notamment l’équipe de Télé matin de France 2, William Leymergie, Sophie Davant, Françoise Laborde, ainsi que les natifs de Tunisie, le producteur Richard Moatti et la présentatrice Daniella Lombroso. Leur silence sur l’arrestation du journaliste Toufic Ben Brick, le 29 octobre, cinq jours après la réélection de M. Ben Ali retentit comme un camouflet à leur égard. Il porte condamnation de leur complaisance et discrédite leur discours.
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Articles de René Naba publiés par Mondialisation.ca | |